Par un arrêt du 3 juillet 2025, la cinquième section de la Cour européenne des droits de l’homme n’a pas constaté de violation, par la France, de l’article 10 de la Convention européenne des droits de l’homme protégeant le droit à la liberté d’expression, après la condamnation pénale de militants écologistes pour les vols en réunion de portraits du président de la République dans plusieurs mairies françaises. Si les actes de soustraction, qui portaient sur un objet de faible valeur matérielle, ont été commis sans violence et médiatisés dans le but de dénoncer l’inaction alléguée du Gouvernement français en matière de dérèglement climatique, leur répression n’a pas constitué, selon la Cour, une ingérence disproportionnée dans l’exercice de la liberté d’expression des militants. Les condamnations en cause, prononcées au terme d’une mise en balance des intérêts contradictoires par les juridictions internes, reposaient sur des motifs jugés pertinents et suffisants, en particulier au regard de la rétention prolongée des portraits dérobés dans l’attente de mesures concrètes en matière environnementale, caractérisant une appropriation dépassant l’objectif médiatique poursuivi par les requérants.