L'INVARIANCE DANS L'OBLIGATION Essai sur les attributs et fonctions a-systémiques du « vinculum iuris », décodés de l'hérédité civiliste et du milieu de Common law [I. Que dit cette thèse ?] Les biens procèdent des liens : Le droit, grâce auquel sont tractés des biens par les liens du contrat, de responsabilité, de garantie ou de la loi, assure notre conservation. Tel l'inviolable programme de l'hérédité inscrit en nous qui préside à notre conformation et à notre maintenance, il nous contient face à la dispersion exigeant sans fin des prises pour notre permanence et des dons pour nos reproductions. En tout milieu, nous entretenir rend nécessaire d'accaparer des valeurs et de les voir circuler par alliances. D'un point de vue a-systémique, ce lien de droit, dit « obligation » depuis que Rome l'a défini en lacet ligotant un débiteur (iuris vinculum), se révèle plutôt un ligament conducteur pour le transit d'une « charge » mise en tension. L'invariance est la loi du droit : Comme les brins d'ADN véhiculant l'invariance reproductive entre générations, l'obligation (unique voie pour nous assurer l'indispensable comme l'insignifiant hormis le don) véhicule dans le temps une invariance performative entre les permutations interpersonnelles, qu'elle rend viables. Ce privilège qu'autrui tient sur moi de lui épargner une dépréciation en me défaisant d'un « superflu » (fruit d'un détriment indu, insu, inconçu ou voulu) pour assurer un flux primant mon intérêt, obéit au principe naturel d'attribution oblative ou captative, sans rétroaction interne, nécessaire aux permutations ultérieures. [II. Que prouve cette thèse ?] Ce lien, a-systémique, est invariant ; les systèmes sont variations : En droit civil ou en Common law, cette loi universelle, qui n'est pas une règle, préside à tous nos engagements et guide la norme, législative ou coutumière, qui ne peut perdurer dans sa contrariété. Telle est l'invariance dans l'obligation : ce qui y contrevient s'annihile en principe et ne perdure que par l'effet d'un variant juridique (fraude, défaillance ou empêchement). Ainsi, si un flux de valeur est contrecarré par un avatar juridique de l'un d'eux, le système qui s'est localement accaparé le monopole de sa circulation va prétendre à le corriger selon ses règles et ses juges, institués à cette fin. Mais, dans cette lutte de chaque instant où le progrès concurrence l'évolution, d'immenses déperditions « d'exact-juste » sont subies (injustices), attestant de l'oscillation permanente entre loi de conservation et loi de dispersion. Variances invasives, deux risques systémiques : Un premier risque, chronique, tient aux affrontements que provoque cette compétition d'efficacité extensive entre des normes valides, par la sélection de variations différenciatives selon des sources diverses aux solutions variables. Cette quête, dite de « sécurité juridique », érode la compréhension du lien de droit universel en sédimentant les systèmes locaux : le faux remède de la variance systémique peut alors s'infiltrer dans la matrice normative. Ce second, et émergent, risque d'emprunts techniques, par le cheval de Troie d'imports légiférés, devient là facteur d'un péril d'éviction du « droit sécrété » par le « droit décrété » générant une confrontation entre les sources elles-mêmes. Ces mutations engendrèrent les variances de la monnaie et de la faute civile (antiques, que Rome nous communiqua par le iuris vinculum), de la propriété privée (moderne, en France révolutionnaire et au Code civil) ou bien inhibèrent l'essor très tardif (toujours contemporain) du Tort of Negligence en droit anglais au siècle dernier. [III. Que permet cette thèse ?] Décoder la science dans le droit (apport de la thèse) : L'étude théorique et comparatiste du rapport d'obligation décode la présence d'une « loi d'invariance » opérant au cur du droit, qui « justifie » une science juridique en raison de ce qui est constaté. Attributs inaltérables (immuables) et fonctions inviolables (indépassables) de l'obligation