Ingrid Maria

Professeur
Droit privé et sciences criminelles.
Faculté de Droit de Grenoble

Centre de Recherches Juridiques

Responsabilités administratives et scientifiques :

  • THESE

    Les incapacités de jouissance : étude critique d'une catégorie doctrinale, soutenue en 2006 à SaintEtienne sous la direction de Pascal Ancel 

  • Ingrid Maria, Aude Gauthier (dir.), Le(s) temps dans la protection juridique des majeurs, Institut Francophone pour la Justice et la Démocratie, 2025, Colloques & Essais, 194 p. 

    Ingrid Maria, Pascal Ancel, Olivier Gout, Introduction au droit, LexisNexis, 2023, Objectif droit (TD), 267 p. 

    Ingrid Maria, Olivier Gout, Pascal Ancel, Introduction au droit des personnes et de la famille: méthodologie juridique appliquée, LexisNexis, 2023, Objectif droit (TD), 245 p.  

    Le présent ouvrage vise à compléter, à travers une approche concrète du droit en application, les cours et les manuels de droit civil de la première année de licence. Les auteurs proposent, sur différents thèmes du droit des personne et de la famille, un apprentissage méthodologique progressif des exercices habituellement pratiqués dans les travaux dirigés (cas pratique, analyse et commentaire de décisions de justice, dissertation, note de synthèse). L'ouvrage contient aussi une initiation aux différentes techniques de recherche documentaire. Destiné à priori aux étudiants de L1 droit, l'ouvrage, parce qu'il met l'accent sur la méthodologie plus que sur les méthodes enseignées, peut aussi bien être utilisé par des étudiants plus avancés. Thèmes abordés : l'identification des personnes, la protection de la personnalité, la protection du corps humain, les majeurs protégés, les mineurs, le couple non marié, le mariage, la filiation, le divorce, la preuve

    Ingrid Maria, Pascale Deumier, Olivier Gout, David Hiez, André Prüm (dir.), Mélanges en l'honneur de Pascal Ancel, Larcier, 2021, Collection de la Faculté de droit de, d'économie et de finance de l'université du Luxembourg, 940 p.   

    Ingrid Maria, Gilles Raoul-Cormeil, Muriel Rebourg (dir.), Protection des majeurs: bilan et perspectives de la loi n°2007-308 du 5 mars 2007 à la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019, et après ? actes des colloques de Brest [8 mars 2019], Caen [26 avril 2019] et Grenoble [5 avril 2019], Lexisnexis, 2020, 454 p. 

    Ingrid Maria (dir.), Simplification et modernisation du droit de la famille: mythe ou réalité ? actes du colloque tenu à Grenoble les 30 et 31 mars 2017, Connaissances et savoirs, 2018, Collection Droit civil et procédures, 272 p.  

    Ingrid Maria, Pascal Ancel, Olivier Gout, Travaux dirigés: introduction au droit et droit civil méthodologie juridique appliquée, LexisNexis, 2017, Objectif droit (TD), 435 p. 

    Ingrid Maria, Michel Farge (dir.), Le lien familial hors du droit civil de la famille, Institut universitaire Varenne, 2014, Colloques & Essais, 212 p. 

    Ingrid Maria, Annick Batteur, Agnès Cerf-Hollender, Gilles Raoul-Cormeil, Nouveau droit des majeurs protégés: difficultés pratiques [actes du colloque de Caen, 17 juin 2011], Dalloz, 2012, Thèmes & commentaires (Actes), 294 p.     

    Ingrid Maria, Pascal Ancel, Olivier Gout, Travaux dirigés: introduction au droit et droit civil méthodologie juridique appliquée, LexisNexis, 2012, Objectif droit (TD), 413 p. 

    Ingrid Maria, Les incapacités de jouissance: étude critique d'une catégorie doctrinale, Defrénois, lextenso éditions, 2010, Doctorat & notariat, 392 p. 

    Ingrid Maria, Pascal Ancel, Les incapacités de jouissance: étude critique d'une catégorie doctrinale, 2006, 492 p.  

    Systématiquement cité par les auteurs par opposition au concept d'incapacité d'exercice, le concept d'incapacité de jouissance est inconnu du législateur et du juge français. L'incapacité de jouissance est une pure construction de la doctrine. Mais étonnamment, les auteurs n'exploitent guère plus cette notion que ne le font le législateur et la jurisprudence. Uniquement mentionnée dans les manuels de droit, elle ne fait l'objet d'aucun développement approfondi. Ce paradoxe s'explique doublement. D'une part, l'intérêt théorique ayant justifié l'apparition de cette notion dans le discours doctrinal n'est plus d'actualité. Il n'est, en effet, plus nécessaire de se réferer aux incapacités de jouissance pour comprendre que les mineurs et les majeurs protégés sont de véritables personnes. D'autre part, l'absence de critères définis et de conséquences juridiques spécifiques attachées ne favorise pas l'identification des incapacités de jouissance et ne permet de déduire de cette qualification un régime juridique particulier. La construction doctrinale unitaire de la notion est donc aujourd'hui largement inappropriée (première partie). La présentation traditionnelle doit laisser place à une approche dualiste plus conforme au réel contenu des incapacités de jouissance. Celles-ci se présentent, en effet, tantôt comme des règles protectrices de la personne contractante, très proches du mécanisme des incapacités d'exercice, tantôt comme des simples règles intéressant l'ordre public et protégeant l'intérêt général. Seules les premières méritent, en réalité, le nom d'incapacités (deuxième partie)

  • Christine Bidaud, préface à Guillaume Millerioux, La capacité juridique des majeurs vulnérables, Institut francophone pour la justice et la démocratie, 2022, Collection des thèses, 491 p.  

    Étudier la capacité juridique des majeurs vulnérables ne revient pas à étudier les incapacités. Au contraire, parce qu'elle est la règle pour les majeurs, la capacité juridique dispose d'un véritable pouvoir normatif. Elle est l'alpha et l'oméga du droit de la protection des majeurs parce que le tempérament ne peut se comprendre qu'à l'aune du principe dont il constitue une application particulière. Outre cette lecture de lege lata du droit positif, l'étude confronte le droit français à l'article 12 de la Convention internationale relative des droits des personnes handicapées. Il est en particulier discuté de l'opportunité de reconnaitre un "droit à la capacité juridique" et de ses implications sur les rapports entre capacité et incapacité. Entre le statu quo et une relecture du droit de la protection des majeurs à l'aune d'un droit à la capacité juridique, une voie médiane est envisagée dans le but de renforcer la fonction de principe de la capacité juridique. L'étude envisage la possibilité de basculer d'un système de protection à un système de soutien de la capacité d'agir reposant sur une fonction renouvelée de la vulnérabilité et la technique du soutien

  • Ingrid Maria, « La décision dans la protection juridique des majeurs », le 27 mars 2026  

    Colloque organisée par le CRJA, Faculté de droit, Université de Grenoble-Alpes

    Ingrid Maria, « La régulation carcérale », le 13 mars 2026  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique d'Anne-Gaëlle Robert, MCF HDR en droit privé et sciences criminelles, Directrice du Master de droit pénal et de sciences criminelles, Université Grenoble Alpes

    Ingrid Maria, « Vulnérabilités et accès aux soins », le 07 novembre 2025  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique d’Élise Roumeau

    Ingrid Maria, « Penser le droit des majeurs vulnérables », le 03 octobre 2025  

    Séminaire organisé par le CMH, Université Clermont-Auvergne avec l’IRJS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la direction scientifique de S. Prétot, F. Bellivier, E. Jeuland, X. Lagarde et C. Vernières

    Ingrid Maria, « Le droit au rebond du chef d'entreprise », le 15 mai 2025  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Christelle Varin, Delphine Sassolas et Fabienne Bernard

    Ingrid Maria, « Re-réformer le droit des majeurs protégés : Pourquoi ? Comment ? Jusqu’à quel point ? », le 04 avril 2025  

    Colloque organisé par l'ICREJ, Université Caen-Normandie sous la direction scientifique de Gilles Raoul-Cormeil, Professeur de droit privé et sciences criminelles à l’Université de Caen Normandie

    Ingrid Maria, « La parole de l'enfant dans les hypothèses de séparation parentale », le 13 décembre 2024  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Anne-Sophie Brun-Wauthier avec le Conseil Interdisciplinaire sur la Responsabilité PArentale PArtagée – France (CIRPA-France) et le Barreau de Grenoble

    Ingrid Maria, « La rémunération en propriété intellectuelle », le 29 novembre 2024  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique d'Amélie Favreau

    Ingrid Maria, « Économie numérique et droit du commerce international », le 21 novembre 2024  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Gérard Anou, Agrégé des facultés de droit, professeur à l’Université Grenoble Alpes, directeur du master droit de l’entreprise, juristes-conseils d’affaires

    Ingrid Maria, « Les relations de travail à l'épreuve du droit de l'environnement », le 08 novembre 2024  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Marielle Picq et Nathalie Baruchel avec le Barreau de Grenoble et l'IES

    Ingrid Maria, « Les métamorphoses de la protection juridique des majeurs : regards prospectifs sur les 15 ans d’application de la loi du 5 mars 2007 », le 18 octobre 2024  

    Colloque organisé par le CTAD - CNRS et la Faculté de droit de l'UPEC, avec le concours de l'IERDJ et de la Cour de Cassation.

    Ingrid Maria, « Vulnérabilité et relation médicale », le 20 septembre 2024  

    Table ronde organisée par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Élise Roumeau

    Ingrid Maria, « Déficience intellectuelle et élections », le 23 mai 2024  

    Colloque organisé par Faculté de Droit à Vannes, Université de Bretagne Sud sous la direction scientifique de Jeanne Charlotin-Kervazo et Vincent Boyer

    Ingrid Maria, « Déjudiciarisation et régulation de nouvelles activités économiques : les nouveaux enjeux du droit de la consommation et du droit du travail », le 17 mai 2024  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Delphine Sassolas, Christelle Varin et Iony Randrianirina

    Ingrid Maria, « Deux ans d’application du statut de l’entrepreneur individuel à deux patrimoines : ce qui a changé et ce qui doit changer », le 15 mai 2024  

    Colloque organisé par le CRJA, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Nathalie Pierre

    Ingrid Maria, « Contrôler la psychiatrie ? », le 09 avril 2024  

    Colloque organisé par le DCS, Nantes Université, Le Lab-LEX, CNRS, Centre Max Weber

    Ingrid Maria, « Le(s) temps dans la protection juridique des majeurs », le 21 mars 2024  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes en partenariat avec E.V.A Tutelles

    Ingrid Maria, « Regards croisés sur les modalités de détermination de l’âge du mineur non accompagné », le 18 janvier 2024  

    Colloque organisé par le CRECRID-UMR 5137, Université Jean Monnet St Etienne avec le soutien de l'IERDJ et de la Faculté de Droit de Saint-Etienne sous la direction scientifique de Fanny Jacquelot, MCF HDR en Droit public à l’Université Jean Monnet Saint-Etienne, CERCRID (UMR CNRS 5137)

    Ingrid Maria, « Le mandat de protection future dans tous ses états », le 17 novembre 2023  

    Le laboratoire IODE a le plaisir de vous informer de la tenue du colloque "Le mandat de protection future dans tous ses états", qui se déroulera le 17 novembre 2023 à la Faculté de droit et de science politique de l'Université de Rennes.

    Ingrid Maria, « Justice et séparations parentales : vers de nouveaux outils », le 10 novembre 2023  

    Colloque organisé par le CRJ, le Barreau de Grenoble et le Centre des avocats médiateurs de l'Isère sous la direction scientifique de Anne-Sophie Brun-Wauthier, CRJ, et Corinne Beaufour-Garaude, Avocat médiateur

    Ingrid Maria, « Les évolutions de l'acte authentique : un outil moderne au service de la société », le 25 octobre 2023  

    Colloque organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes, en partenariat avec la Chambre des notaires de l'Isère

    Ingrid Maria, « Code vs. Code », le 21 juin 2023  

    Conference organised by the CRJ Laboratory Grenoble-Alpes University

    Ingrid Maria, « En relisant Jean Larguier », le 11 mai 2023  

    Journée d'étude en hommage au Professeur Larguier, organisée par le Centre de recherches juridiques, Faculté de droit de Grenoble.

    Ingrid Maria, « Le mineur, entre protection et autonomie », le 24 mars 2023  

    Organisé pour l'ICREJ par Laurence Mauger-Vielpeau, Pr.de droit privé et sciences criminelles, Université de Caen Normandie, Fanny Rogue, MCF en droit privé et sciences criminelles, Université de Caen Normandie et Véronique Mikalef-Toudic, MCF HDR de droit privé et sciences criminelles, Université de Caen Normandie

    Ingrid Maria, « L'émergence d'un droit des données », le 02 décembre 2022  

    Organisé par le CUERPI et le CRJ, Université Grenoble Alpes

    Ingrid Maria, « Ce que la nécessité fait au droit », le 25 novembre 2022  

    Organisée par le CESICE et le CRJ, Université Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Julie Courtois du CRJ et Amélie Imbert du CESICE

    Ingrid Maria, « Droit(s) et patrimoine(s) », le 16 novembre 2022  

    Organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes

    Ingrid Maria, « L’habilitation familiale », le 28 octobre 2022  

    Matinée organisée par le CERFAPS en partenariat avec l'IRDAP, Université de Bordeaux sous la direction scientifique de Jean-Jacques Lemouland & Jean-Marie Plazy

    Ingrid Maria, « La loi Fauchon du 10 juillet 2000 : retour sur plus de 20 ans d'application », le 24 mars 2022  

    Organisée pour le CRJ, Université Grenoble-Alpes par Stéphanie Fournier, Pr. et Anne-Gaëlle Robert, MCF, co-directrices du Master de droit pénal et sciences criminelles, Fac. droit de Grenoble/UGA, avec la Cour d’appel de Grenoble et l’ordre des avocats

    Ingrid Maria, « Assistance médicale à la procréation : quels changements avec la nouvelle loi de bioéthique ? », le 13 décembre 2021  

    Organisée par le CRJ, Université Grenoble-Alpes dans le cadre de ses conférences citoyennes.

    Ingrid Maria, « La détermination de l'âge du jeune migrant non accompagné », le 09 décembre 2021  

    Organisé par le CERCRID (UMR 5137) avec le soutien de la Mission de recherche Droit et Justice et de la Faculté de Droit de Saint-Etienne sous la direction scientifique de Fanny Jacquelot, MCF HDR en Droit public à l’Université Jean Monnet Saint-Etienne

    Ingrid Maria, « La para-propriété intellectuelle », le 24 septembre 2021  

    Organisé par l'équipe CUERPI du Centre de recherches juridiques, Université Grenoble Alpes

    Ingrid Maria, « Peine de mort, politiques pénales et conditions de détention des condamnés à mort », le 04 mars 2021  

    Organisé par le CRJ de la Faculté de droit de Grenoble, avec la Clinique juridique en droit et libertés (Clinidroit) financée par l'Idex-formation, l'ONG Planète Réfugiés-Droits de l'Homme, et l'Institut des droits de l'homme (IDH) du barreau de Grenoble

    Ingrid Maria, « La gestion du patrimoine des mineurs », le 08 novembre 2019  

    Organisé par l’IRDAP, Université de Bordeaux sous la direction scientifique de Frédérique Julienne, Maître de conférences, Institut en droit des affaires et du patrimoine de l'université de Bordeaux

    Ingrid Maria, « Droit et handicap », le 19 septembre 2019  

    Organisée par le Master 2 Droit Privé Général de l’Université Rennes 1

    Ingrid Maria, « Rester parents après une séparation », le 14 juin 2019  

    Organisé par le CRJ, Université Grenoble-Alpes en partenariat avec la CAF de l’Isère et l'ordre des avocats du Barreau de Grenoble

    Ingrid Maria, « Bilan des 10 ans d’application de la loi de 2007 et perspectives de réforme du droit des majeurs protégés », le 26 avril 2019  

    Organisé sous la responsabilité scientifique de Gilles Raoul Cormeil (coordonnateur), Pr. à l'UBO, Membre du groupe de travail interministériel sur l'évolution de la protection juridique des majeurs, et Annick Batte, Pr.émérite,Univ.Caen Normandie

    Ingrid Maria, « Protection juridique des majeurs : bilan et perspectives », le 05 avril 2019  

    Organisé sous la direction scientifique d’Ingrid Maria, Professeur Université Grenoble Alpes

    Ingrid Maria, « Loi de modernisation de la justice », le 22 mars 2019  

    Demi-journée d'étude animée par les étudiants du Master 2 Droit des personnes et de la famille et du Master 2 Justice, procès et procédure, CRJ, Université Grenoble-Alpes

    Ingrid Maria, « Les mutations contemporaines du droit de la famille », le 21 mars 2018  

    Coorganisée par le CRJ et l'association Code, sous la direction de M. Farge et S. Bernard

    Ingrid Maria, « Procédures, majeurs protégés et juge au XXIe siècle », le 16 juin 2017 

    Ingrid Maria, « Simplification et modernisation du droit de la famille, mythe ou réalité ? », le 30 mars 2017  

    Sous la direction scientifique d'Ingrid Maria

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Blandine Cretallaz, Justice consensuelle en matière familiale, thèse en cours depuis 2024  

    Ces dernières années, dans le cadre du mouvement de déjudiciarisation, les MARD se sont rapidement développés au sein de la justice française et de manière particulière en matière familiale, notamment en matière extra-patrimonial. De plus, certains juges réfléchissent actuellement à une nouvelle mise en œuvre des MARD. Quelle est leur opportunité, leur mise en œuvre et leur encadrement ? Il est nécessaire de questionner leur objectif : S'agit-il de résoudre le conflit, le différend ou le litige ? Il s'agira également de s'intéresser à la procédure familiale. D'une part, il est nécessaire de se questionner sur le rôle du juge en matière familiale et sur son positionnement face aux familles. On se questionnera sur le retrait de la personne du juge et sur la réforme de son office. D'autre part, il faudra s'interroger sur le contrôle des choix des parents. Quelle place accorder aux MARD dans la procédure familiale ? Comment envisager l'office du juge et la procédure familiale pour mieux répondre aux besoins des familles ? Il existe une grande variété de MARD codifiés en matière civile, pénale ou administrative. De plus, dans la pratique, les juges développent également des alternatives à droit constant. Cependant, concernant la matière familiale, si on en croit les textes, les MARD semblent se limiter à la procédure participative en matière de divorce et surtout à la médiation. A l'inverse, l'audience de règlement amiable n'est pas prévue pour la matière familiale. La césure du procès et la conciliation ne sont également pas mises en œuvre en la matière. En parallèle, à droit constant, les juges mettent en œuvre des thérapies familiales, des enquêtes sociales, des processus de consensus parental, ou des coordinations parentales par exemple. Cette variété importante, qui est la réalité actuelle des MARD, questionne. Pourquoi met-on en œuvre tel ou tel MARD et pourquoi écarte-t-on tel ou tel autre ? Cela répond-il à un besoin des familles ? L'existence d'une grande variété de MARD est-elle opportune ou faudrait-il se recentrer autour de seulement un seul ou quelques-uns de ces MARD ? Pour justifier leur présence au sein de l'organisation judiciaire, il faudra analyser les garanties offertes par les MARD. Cette question qui a divisé les auteurs me paraît nécessiter une réflexion approfondie. En effet, les MARD tendent à prendre de plus en plus de place dans les procédures judiciaires et ainsi dans la mise en œuvre de la justice, et il est donc nécessaire d'assurer qu'ils apportent des garanties suffisantes pour être qualifiés de justice. Cette thèse sera organisée autour de trois axes : une recherche théorique, une recherche de terrain et une recherche en droit comparé. La recherche théorique comprendra une recherche pluridisciplinaire.

    Angeline Victoire Coffi, Liberté et couple : étude comparative des droits français et ivoirien. Pour une évolution de la conjugalité en droit ivoirien, thèse soutenue en 2024 à Université Grenoble Alpes présidée par Laurence Mauger-Vielpeau, membres du jury : Brou Akpoué (Rapp.), Christine Bidaud (Rapp.), Michel Farge   

    La place accordée à la liberté dans les couples est une problématique commune à tous les systèmes juridiques. Toutefois, les réponses de chaque système diffèrent en raison de facteurs socioculturels ou religieux.Si la France et la Côte d’Ivoire ont un passé commun, il n’en demeure pas moins que face à l’évolution des mœurs, les deux systèmes juridiques ont mué vers un langage juridique différent concernant la réception du principe de liberté dans le droit des couples. Le droit ivoirien semble aujourd’hui avoir du mal à faire plus de place à la liberté dans l’ordre conjugal a contrario du droit français qui évolue sous une impulsion forte du principe de liberté. Pourtant, la prise en compte de la liberté, dans le droit des couples, n’est pas discutable et est totalement essentielle même s’il est vrai que cette prise en compte doit rester mesurée.Cette réflexion se veut autant critique, que prospective afin de faire évoluer le droit ivoirien vers une meilleure prise en compte de la liberté dans l’ordre conjugal. L’étude propose ainsi un pluralisme juridique plus cohérent à l’aune du droit français, en effectuant néanmoins un retour aux coutumes ivoiriennes.

    Mélanie Poncet, La prise en charge civile des mineurs non accompagnés, thèse soutenue en 2023 à Université Grenoble Alpes présidée par Fanny Jacquelot, membres du jury : Adeline Gouttenoire (Rapp.), Sylvie Bernigaud (Rapp.), Michel Farge   

    Les mineurs non accompagnés correspondent à une problématique qui prend de plus en plus d'ampleur en France depuis plusieurs années. Leur vulnérabilité, du fait de leur minorité et de leur isolement, nécessite une protection efficace offerte par l'Etat français. Cependant, de nombreux majeurs étrangers se prétendent mineurs afin d'intégrer le système de la protection de l'enfance. En effet, Les mineurs non accompagnés font l'objet d'une protection en France, notamment par une prise en charge au titre de la protection de l'enfance. Pour autant, cette protection n'est pas optimale et fait face à de nombreuses difficultés juridiques et pratiques. Cette thèse s'intéresse principalement à la question de savoir comment organiser une protection maximale tant les mineurs non accompagnés que de l'Etat. Pour comprendre comment doit s'organiser cette protection, il faut comprendre les difficultés rencontrées par les mineurs non accompagnés ainsi que les acteurs de la protection. Il est alors indispensable de déterminer des solutions pour améliorer la prise en charge et favoriser la protection.

    Mickaël Gros, Les métamorphoses de la protection des biens en droit de la famille, thèse soutenue en 2022 à Université Grenoble Alpes en co-direction avec Pierre Murat présidée par Christophe Vernières, membres du jury : Nathalie Peterka (Rapp.), Yann Favier (Rapp.), Michel Farge      

    En 1804, la protection des biens en droit de la famille est une protection des biens eux-mêmes. La protection s’entend comme un maintien des biens dans la famille. Sous l’influence de la définition de la famille, de l’internationalisation des situations, des évolutions du droit civil en général, la conception de la protection des biens en droit de la famille a fortement évolué. La thèse défendue avance que les métamorphoses de la protection des biens en droit de la famille ont abouti à un changement de la philosophie de la protection qui peut se résumer en une protection de la personne au moyen des biens. Les lois ne protègent donc plus les biens, mais davantage leurs utilités mises au service des membres de la famille. La protection est recentrée autour de la personne. La protection de l’avoir est un moyen d’atteindre la protection de l’être. Ce changement de philosophie passe notamment par une mise en valeur, par principe, de la volonté individuelle de membres de la famille, considérés en leur qualité de propriétaire. Le droit repose désormais moins sur la prescription de comportements jugés comme étant la norme, le bon comportement à adopter, que sur la liberté de chaque membre de la famille d’agir conformément à sa volonté. Ainsi, le droit familial ne prescrit plus le comportement attendu des individus dans le cadre familial. Il tend simplement à assurer la plus grande liberté de chacun. La solidarité familiale devient dépendante des choix opérés par les individus du groupe. La prise en compte du lien familial par la loi n’est que résiduelle. Elle agit comme la garantie du minimum de solidarité que la famille doit assurer à l’égard de ses membres. Le législateur accorde davantage de place à la volonté des membres de la famille pour déterminer la manière dont la protection des biens sera assurée. Il y a donc une privatisation de la protection des biens, qui s’incarne dans un libéralisme législatif, ainsi qu’une déjudiciarisation de la protection des biens.

    Melissa Amrous, L'exécution contractuelle en nature, thèse en cours depuis 2022  

    L'exécution forcée en nature consiste à contraindre le débiteur à exécuter l'obligation qu'il n'a pas ou qu'il a mal exécutée. A contrario, l'exécution forcée par équivalent permet pour le créancier d'obtenir un équivalent monétaire : des dommages-intérêts. L'ordonnance du 10 février 2016 modernise les dispositions relatives à l'exécution forcée en nature. Bien qu'elle permet d'obtenir une satisfaction complète du cocontractant , celle ci connaît cependant des limites dans sa mise en œuvre ..

    Maryam Alsabah, Responsabilité du fait des choses : étude comparative du droit français et du droit Koweïtien, thèse soutenue en 2020 à Université Grenoble Alpes présidée par Stéphane Gerry-Vernieres, membres du jury : Cristina Corgas (Rapp.), Christophe Quézel-Ambrunaz (Rapp.), Nicolas Rias      

    Notre recherche étudie comment le système koweïtien indemnise les victimes dans les situations où le système français utilise la responsabilité générale du fait des choses, en se fondant sur l’article 1242, alinéa premier du Code civil français. Cette étude tire son intérêt du fait que ce fondement de responsabilité en France est très décrié ; il est même envisagé, dans un des grands projets de réforme du droit des obligations, de la modifier. En particulier, les tribunaux français ont été confrontés, au problème de plus en plus posé de savoir quoi faire des lois obsolètes manifestement inadaptées aux conditions actuelles. Jusqu’en 1985 au moins, les tribunaux français ont statué sur la quasi-totalité des affaires délictuelles en vertu des lois rédigées à une époque préindustrielle et pré-automobile. Leur performance est un hommage à ce que les juges peuvent faire. Le législateur français n’est jamais intervenu depuis 1804, date de la codification du Code civil français, pour modifier le régime du droit commun de la responsabilité délictuelle. Cela ne veut pas dire que le droit commun de la responsabilité extracontractuelle française est resté inchangé. Ce droit est, en France, essentiellement jurisprudentielle. Le législateur français, par le projet de loi de mars 2017, a repris, cependant, cette tâche. Nombreux sont les changements à venir ils concernent à, titre d’exemples, la disparition de la responsabilité de fait des bâtiments en ruine, la disparation de la responsabilité pour faute en cas d’incendie ou l’absorbation de la responsabilité du fait des animaux par la responsabilité du fait des choses. Il est donc intéressant de voir, à l’heure où l’on envisage les réformes du droit des obligations en France, ce que font les autres pays sur ce terrain-là, comme le Koweït, afin de pouvoir mettre en avant le système le plus intéressant. Il ressort de notre exploration que le droit koweïtien de la responsabilité civile, de codification récente, présente certaines réflexions assez novatrices que nous évoquons dans cette thèse.

    Christine Bernard, L'animal dans les procédures civiles d'exécution/Relation animal-huissier, thèse en cours depuis 2019  

    L'animal est officiellement reconnu comme un être vivant doué de sensibilité en ce début de l'année 2015. L'article 515-14 du CC dispose que « l'animal est un être vivant doué de sensibilité. Sous réserve des lois qui les protègent, les animaux sont soumis au régime des biens. » Cette dernière partie de texte interpelle car elle renvoie au régime des choses dont Le traitement du sort de l'animal en droit de l'exécution comporte des difficultés parfois difficiles à surmonter. Il n'est pas rare qu'un huissier de justice/commissaire de justice doive s'occuper et traiter le cas d'un de ces êtres vivants, abandonnés avec des meubles meublants, enfermés dans des appartements, des caves… L'huissier doit alors faire preuve d'imagination pour combiner les droits des animaux avec le droit du propriétaire de l'animal qui, bien que défaillant, conserve son droit de propriété absolue sur cet être vivant doué de sensibilité. Il y a donc une dichotomie entre le droit de l'animal, et la pratique du droit sur cet animal soumis au droit des biens. Sans tomber dans l'anthropomorphisme, ou les excès d'une pensée protectrice extrême incompatible avec le droit humain, il convient de réfléchir à une l'application réelle et pratique du droit de l'animal dans le droit des procédures civiles d'exécution.

  • Nagham Mrad, La preuve numérique : étude comparative du droit français, libanais et québécois, thèse soutenue en 2024 à Université Libanaise sous la direction de Étienne Vergès et Bilal Osman Abdallah, membres du jury : Corinne Bléry (Rapp.), Ali Ibrahim (Rapp.), Mona Al Achkar   

    La droit de la preuve a subi, avec l’ère du numérique, des transformations profondes, introduisant des nouvelles formes de preuve. En réponse à ses avancées technologiques, le droit de la preuve a dû s’adapter afin de pouvoir encadrer adéquatement les nouvelles formes de preuve numérique, produits en procès.L’adaptation à ces nouvelles technologies n’est pas toutefois la même dans les systèmes juridiques français, libanais et québécois. Ainsi, bien qu’elle est similaire en droit français et en droit libanais, elle diffère en droit québécois, qui intègre la notion de document technologique dans la loi concernant le cadre juridique des technologies de l’information. Deux approches distinctes poursuivent en effet la même finalité d’assurer un encadrement rigoureux de ces nouvelles formes de preuves technologiques. Ainsi, alors que le droit libanais et le droit français se concentrent sur les écrits électroniques, le droit québécois adopte une approche plus large, incluant non seulement les écrits électroniques mais également toute forme de document technologique à savoir les témoignages et mes éléments matériels également.L’adaptation des lois, bien qu’elle semble être différente, toutefois les trois systèmes juridiques s’accordent sur un régime presque commun concernant ces nouvelles formes d’éléments de preuve. Un contrôle similaire est ainsi effectué s’agissant de l’authenticité des éléments de preuve numérique mais également de leurs licéités.Alors à travers cette approche comparative, la présente étude tend à montrer que même si les approches d’adaptation sont différentes, la marche poursuivi par les tribunaux pour admettre et recevoir ces éléments de preuves sont similaires du point de vue du contrôle de l’authenticité et de la licéité de ces preuves.

    Asma Boudaya, L'enquête privée au service du droit probatoire : état des lieux et perspectives d'avenir, thèse soutenue en 2021 à Université Grenoble Alpes sous la direction de Cédric Ribeyre, membres du jury : Stéphane Detraz (Rapp.), Guillaume Beaussonie (Rapp.), Jean-François Dreuille    

    L'article L. 621-1 du code de la sécurité intérieure prévoit que l'enquête privée est « la profession libérale indépendante qui consiste, pour une personne, à recueillir, même sans faire état de sa qualité ni révéler l'objet de sa mission, des informations ou renseignements destinées à des tiers, en vue de la défense de leurs intérêts ». Le rapport, récapitulant les investigations, constitue un élément décisif permettant, en tant que besoin, à l'avocat du requérant, de saisir la juridiction compétente, soitpour apporter une preuve, des présomptions, soit pour solliciter une mesure d'instruction, ou pour déposer des sûretés provisoires. La jurisprudence impose donc que l'auteur du rapport soit d'abord identifiable, que l'offre de preuve soit légale et licite, que les témoignages soient précis, détaillés et circonstanciés, enfin qu'aucune animosité à l'égard d'une partie ne s'en dégage (Cassation, 2èmechambre civile, arrêt n° 1020 du 11.07.1962). Le rapport d'enquête du détective privé doit scrupuleusement respecter la vie privée des individus ; les témoignages présents dans ce dernier pas être obtenus par des manœuvres frauduleuses ou illicites. Les rapports d'enquête établis par des enquêteurs de droit privé ne sont jamais obligatoires lors d'une instance judiciaire. L'article 1353 du Code civil prévoit que « les présomptions qui ne sont point établies par la loi, sont abandonnées aux lumières et à la prudence du magistrat, qui ne doit admettre que des présomptions graves, précises et concordantes, et dans les cas seulement où la loi admet les preuves testimoniales, à moins que l'acte ne soit attaqué pour cause de fraude ou de dol». A la lecture de ces observations, il pourrait sembler que le rôle du détective soit inexistant, au point de rendre son intervention inutile, car mal appropriée.Mais nous découvrirons que l'enquête privée en matière familiale a un rôle à jouer, c'est un outil de plus à qui sait l'utiliser. L'enquêteur privé doit être au fait de cette matière familiale pour optimiser sa mission,mener ses actions dans l'intérêt de son client. Sa principale préoccupation doit être de rendre le fruit de son travail utile, et exploitable par le client. Il ne doit donc pas sortir de ses rôles et attributions, mais se servir au mieux des outils de travail dont il dispose, et limiter ses actions au strict cadre d'intervention que la loi lui reconnaît.

    Alix Coat, L'aptitude à consentir du majeur vulnérable, thèse soutenue en 2020 à Lorient sous la direction de Brigitte Lotti et Muriel Rebourg, membres du jury : Yann Favier (Rapp.), Augustin Boujeka (Rapp.), Gilles Raoul-Cormeil    

    En présence d’une personne âgée dépendante, d’un majeur malade, d’un adulte handicapé ou encore d’un majeur protégé, le droit recherche les moyens de préserver l’équilibre précaire entre leur protection et la préservation de l’autonomie de la personne. Inévitablement, la question de la prise en compte de la volonté de la personne en situation de vulnérabilité surgit, tandis que la capacité et le consentement s’imposent comme outils juridiques classiques. Or, la vulnérabilité, qui introduit de la subjectivité dans la protection, met à l’épreuve ces figures juridiques classiques et fait émerger la notion d’aptitude et, plus particulièrement, d’aptitude à consentir. Celle-ci va exercer une influence importante sur la théorie des pouvoirs du majeur vulnérable et sur l’éthique de sa protection. D’une part, elle met en relief les défaillances des notions de capacité et de consentement, de même que leur ambivalence, puisque celles-ci se présentent tour à tour comme des vecteurs d’autonomie et des facteurs aggravant la vulnérabilité du majeur vulnérable. D’autre part, elle permet de concilier autonomie et protection du majeur vulnérable en interrogeant la manière dont la capacité et le consentement sont appréhendés.

    Tedya Raksmey Thorng, L'indemnisation des préjudices dans le droit de la responsabilité civile cambodgien, thèse soutenue en 2019 à Lyon sous la direction de Olivier Gout, membres du jury : Christelle Coutant-Lapalus (Rapp.), Nicolas Rias    

    Notre travail de recherche traite des problématiques de l’indemnisation des préjudices, qu’ils soient patrimoniaux ou extrapatrimoniaux, en droit cambodgien de la responsabilité civile. Il concerne, principalement mais pas exclusivement, les problématiques portant sur les caractères indemnisables du préjudice subi, l’identification des postes de préjudice indemnisables, les modalités d’indemnisation et l’évaluation des préjudices subis. Cette étude présente des avantages dans la mesure où la société cambodgienne actuelle se heurte à l’explosion des risques dans tous les domaines, et que la mentalité des cambodgiens à l’égard des préjudices subis a considérablement changé. Ces constats nous permettent de déduire que les besoins indemnitaires des victimes sont de plus en plus pressants. S’il est vrai que le droit de la responsabilité civile en vigueur pose certaines règles d’indemnisation, mais celles-ci sont parfois insuffisantes ou incohérentes. Dans certains cas, elles ne sont pas équitables et ne correspondent pas aux contextes socio-économiques de la société cambodgienne actuelle. Notre objectif est donc de proposer, sans prétendre à l’exhaustivité, certains remèdes aux règles actuelles d’indemnisation des préjudices afin de permettre à la victime d’obtenir la compensation intégrale ou sinon d’aboutir la plus proche possible à la compensation intégrale des seuls préjudices subis. Également, les solutions proposées pourront permettre d’éviter l’enrichissement de la victime en raison d’un fait dommageable commis par un tiers et de réduire les disparités entre les victimes.

  • Jeanne Barsali, La femme sous l'angle des droits fondamentaux, thèse soutenue en 2025 à Bordeaux sous la direction de Charlotte Claverie présidée par Jérôme Porta, membres du jury : Paul Cazalbou (Rapp.)      

    Les droits fondamentaux, par leur universalité, visent à protéger les valeurs les plus essentielles de tout individu. Leur effectivité suppose cependant le respect du principe d’égalité, lequel ne se limite pas à un traitement uniforme : il implique que des situations différentes appellent un traitement différencié, afin d’assurer une égalité réelle. Or, les femmes, en raison de spécificités biologiques et sociales qui leur sont propres, se trouvent souvent dans des situations particulières qui justifient une protection accrue. Cette spécificité conduit à distinguer deux formes de protection. La première, explicite, consiste à prévoir des dispositifs visant directement les femmes dans les situations qui ne les concernent qu’elles, comme la grossesse ou la maternité. La seconde, implicite, agit par l’intermédiaire de normes générales applicables à tous, mais dont les femmes demeurent les principales bénéficiaires en raison de leur exposition particulière à certains phénomènes sociaux. Tel est notamment le cas des violences conjugales, où les femmes représentent la grande majorité des victimes. L’articulation de ces deux formes de protection révèle néanmoins des insuffisances structurelles. Les textes, bien que nombreux, se heurtent à une application imparfaite, qui laisse subsister un écart significatif entre la proclamation des droits et leur effectivité concrète. De plus, certaines problématiques spécifiques aux femmes demeurent insuffisamment encadrées ou ignorées par le législateur, ce qui entretient des discriminations persistantes dans des domaines essentiels tels que l’économie ou la santé. L’analyse met ainsi en lumière la nécessité d’un double mouvement : d’une part, renforcer l’application et l’efficacité des dispositifs existants afin d’assurer leur pleine effectivité ; d’autre part, envisager de nouvelles pistes d’amélioration pour combler les lacunes actuelles et garantir une protection plus complète et plus équitable des droits fondamentaux des femmes.

    Gwendoline Taffin, La capacité de la personne représentée, thèse soutenue en 2024 à Bordeaux sous la direction de Adeline Gouttenoire présidée par Fabien Marchadier, membres du jury : Gilles Raoul-Cormeil (Rapp.), Jean-Marie Plazy      

    Les études concernant les personnes représentées que sont le mineur ou le majeur protégé (majeur placé sous un régime de représentation) se focalisent souvent sur l’incapacité de ces derniers, celle-ci ayant pour objet de les protéger. En effet, l’incapacité du majeur protégé et du mineur a une finalité protectrice cependant, il ne faut pas négliger que ces incapacités viennent également réduire l’exercice de certains droits. Il convient alors de constater qu’il est possible de protéger la personne représentée, protection nécessaire au regard de sa particulière vulnérabilité, tout en soutenant qu’elle dispose d’une certaine forme de capacité. La capacité des personnes représentées a beaucoup évolué à travers l'influence des différentes réformes récentes en droit des personnes ou encore en droit des obligations. Le droit français tend alors à évoluer vers une meilleure reconnaissance de l’autonomie des personnes soumises à un régime d'incapacité, qu'elles soient mineures ou majeures protégées bénéficiant d'une mesure de représentation.

    Ameni Kchaou, La responsabilité civile et Internet, thèse soutenue en 2022 à Lyon 3 sous la direction de Olivier Gout et Rekik Noomen présidée par Mohamed Kessentini, membres du jury : Fadwá al- Qahwājī (Rapp.), Bélinda Waltz      

    La nouveauté du support internet et les spécificités qui le caractérisent ont fait émergé de nouveaux types de dommages causant préjudices aux individus. Également, l’immatérialité du réseau internet et le dépassement des frontières spatiales et géographiques qui caractérise ce réseau a fait élargir d’une part, les auteurs potentiels des faits dommageables, et les victimes potentiels de ces faits. La nécessité de la réparation des victimes de ces dommages a posé la question du fondement de la responsabilité civile des auteurs de ces faits dommageables sur ce réseau. En l’absence d’un cadre juridique spécifique à la responsabilité civile sur internet soit en droit français ou en droit tunisien également, le rattachement des dommages causés sur ce réseau au régime classique de la responsabilité sera la seule solution afin de ne pas laisser ces dommages sans réparation. Réparer les dommages causés sur ce réseau que ce soit sur les fondements subjectifs ou objectifs de la responsabilité civile sera un défi. Cette thèse va traiter la capacité de la matière de la responsabilité civile d’intégrer de nouveaux types de dommages caractérisés comme dommages modernes notamment les dommages du numérique et plus particulièrement, les faits dommageables commis via internet.

    Anne-Claire Limeul, La durée du dommage : étude de droit de la responsabilité civile, thèse soutenue en 2022 à Rennes 1 sous la direction de Cristina Corgas présidée par Cédric Coulon, membres du jury : Fabrice Leduc (Rapp.)      

    Bien qu’étant une notion fondamentale du droit de la responsabilité civile, le dommage est encore assez méconnu et les études portant sur le sujet se limitent à l’examen de sa matérialité au détriment de sa temporalité. Pourtant, le dommage possède une dimension temporelle certaine qui, rarement réduite à un instantané par la norme juridique, traduit son existence et influe sur sa consistance.La durée du dommage, qui s’entend de l’étendue temporelle identifiée par deux instants fondateurs et reconnue par la norme juridique de l’atteinte subie par la victime, appartient au temps juridique. A ce titre, elle est marquée par une distanciation entre ses règles de mesure et celles de la durée existante dans le temps mathématique de l’Horloge. Cette lecture de la durée par le droit se répercute sur la caractérisation même du dommage. En tant que composant de l’atteinte, la durée du dommage permet alors d’en identifier le comportement temporel.Participant à la détermination de la consistance de l’atteinte, la durée du dommage constitue également un élément d’évaluation du montant de l’indemnité accordée à la victime. Cependant, la réparation accordée au titre de l’élément temporel de l’atteinte est trop souvent implicite et parfoispartielle. Par ailleurs, l’incertitude entourant la caractérisation de l’étendue temporelle de certainesatteintes, ajoutée à l’imprécision des règles d’évaluation, met en exergue les difficultés pour la victime d’obtenir une pleine réparation de son dommage.La durée du dommage revêt ainsi plusieurs intérêts que ce soit pour la définition du dommage que pour sa réparation. Toutefois, les difficultés présentées par la notion invitent à s’intéresser à l’identification de ses caractéristiques et à son régime de réparation.

    Guillaume Millerioux, La capacité juridique des majeurs vulnérables, thèse soutenue en 2021 à Lyon sous la direction de Hugues Fulchiron et Christine Bidaud présidée par Anne-Marie Leroyer, membres du jury : Fabien Marchadier (Rapp.), William Dross et Jean-Marie Plazy    

    Étudier la capacité juridique des majeurs vulnérables ne revient pas à étudier les incapacités. Au contraire, parce qu’elle est la règle pour les majeurs, la capacité juridique dispose d’un véritable pouvoir normatif. Elle est l’alpha et l’oméga du droit de la protection des majeurs parce que le tempérament ne peut se comprendre qu’à l’aune du principe dont il constitue une application particulière. Outre cette lecture de lege lata du droit positif, l’étude confronte le droit français à l’article 12 de la Convention internationale relative des droits des personnes handicapées. Il est en particulier discuté de l’opportunité de reconnaitre un « droit à la capacité juridique » et de ses implications sur les rapports entre capacité et incapacité. Entre le statu quo et une relecture du droit de la protection des majeurs à l’aune d’un droit à la capacité juridique, une voie médiane est envisagée dans le but de renforcer la fonction de principe de la capacité juridique. L’étude envisage la possibilité de basculer d’un système de protection à un système de soutien de la capacité d’agir reposant sur une fonction renouvelée de la vulnérabilité et la technique du soutien.

    Fatemeh Bahrani, Les inégalités entre époux en droit iranien de la famille, thèse soutenue en 2017 à AixMarseille sous la direction de Emmanuel Putman présidée par Vincent Egéa, membres du jury : Guillaume Payan (Rapp.)   

    Au moment de l’élaboration du projet de la loi de la protection de la famille en 2007, il semblait exister un consensus général parmi les politiciens, les religieux, les universitaires et les activistes des droits de la femme, sur la nécessité de réformer les dispositions légales iraniennes concernant la famille. Pourtant, en dépit des attentes, la nouvelle L.P.F. a totalement maintenu la même structure de rapport entre les époux que celle qui avait été régie par les dispositions antérieures. Ces inégalités étant fondées sur le droit imamite, ont été justifiées depuis la fin des années 1960, par la théorie de non similitude exposée par Ayatollah Motahari. Selon la théorie de non similitude, du fait de leur différence de nature, l’homme et la femme ne peuvent pas avoir le même rôle : à la femme, le rôle de reproduction de la vie au sein de l’instance familiale, à l’homme la reproduction de la richesse afin de subvenir aux besoins de la famille. A travers l’étude des inégalités dans rapports personnels et patrimoniaux des époux, l’étude montre que cette division du travail n’assure pas une vie conjugale pacifique, digne et équilibrée. L’étude montre aussi que la protection matérielle de l’épouse dure uniquement durant la vie du mari. Par ailleurs, les mesures matérielles de protection théoriquement accordées à l’épouse, sont, en pratique, très difficiles à percevoir. En outre, cette compensation matérielle n’est pas suffisante pour réparer le dommage moral subi par celle-ci

    Sonia Zouag, L’accompagnement dans la protection juridique des majeurs : une notion en devenir, thèse soutenue en 2015 à Lyon 3 sous la direction de Hugues Fulchiron présidée par Annick Batteur, membres du jury : Gilles Raoul-Cormeil (Rapp.)    

    La loi du 5 mars 2007 a fait de la question de protection de la personne et de son autonomie le point d'ancrage de la réforme. Pourtant en agissant de la sorte, le législateur a consacré une double injonction paradoxale – protéger et rendre autonome – positionnant ainsi le protecteur comme agent d'une contrainte et à la fois garant des libertés de la personne : tenu lui-même de respecter le libre-arbitre du majeur mais également de le faire respecter (P. Bouttier, 2012). Dans ces conditions, on s'interroge sur la façon dont s'agence la relation entre le protecteur et la personne protégée. Comment le « tuteur » peut-il en effet rendre sa capacité au majeur tout en le protégeant ? Favoriser l'expression de la volonté, et donc l'autonomie du majeur ne conduirait-il pas à un désengagement de l’organe de protection ? Les modes de protection traditionnelles ont-ils alors encore leur place dans le système tutélaire ? Ou l’autonomie impose-t-elle de les reconsidérer ? On devine derrière ces interrogations les traces d'une nouvelle figure juridique attribuée à l'organe chargé de protection. Il ne s'agirait plus pour lui de faire fi du sujet mais bien de l'intégrer dans le processus décisionnel. En définitive, la protection se rénove et se transforme pour admettre une autre alternative : un accompagnement. L'accompagnement n'est pas qu'un phénomène de mode. Il est symptomatique de notre société post-moderne où le modèle paternaliste laisse place à un modèle collatéral (fraternel). Il constitue à cet égard une posture professionnelle avérée, reconnue et revendiquée par le milieu « tutélaire », en particulier chez les MJPM. Pourtant, le législateur ne l'a pas considéré, ni même défini. Sans doute n'a-t-il pas pris toute la mesure de cette pratique quotidienne ? Sans doute aussi se cache derrière ce vocable singulier, une posture plurielle difficilement saisissable par le droit.

  • Jeanne Charlotin-Kervazo, Le droit de vote du majeur déficient intellectuel : droit affirmé ou droit effectif ?, thèse soutenue en 2023 à Lorient sous la direction de Michel Séjean, membres du jury : Gilles Raoul-Cormeil (Rapp.), Romain Rambaud (Rapp.), Paul Veron      

    Toutes les personnes déficientes intellectuelles sont titulaires de leur droit de vote. Une loi de 2019 a en effet ouvert le droit de vote à toutes les personnes sous tutelle. La dignité de la personne imposait cette ouverture. Aucune condition de capacité, civile comme matérielle, n’est désormais requise pour être électeur. Un vote exprimé avec une altération des facultés mentales est ainsi valable, et ne porte pas atteinte à la sincérité du scrutin. Si l’affirmation du droit de vote des personnes déficientes intellectuelles est indéniable, l’effectivité de ce droit de vote souffre cependant d’entraves importantes, portant ainsi atteinte à la dignité intrinsèque à toutes les personnes déficientes intellectuelles. Le manque d’accessibilité des opérations de scrutin dans leur ensemble est la première des difficultés. Les contraintes de la vie en établissements sociaux et médicosociaux, situation courante pour des personnes porteuses d’une déficiente intellectuelle, viennent renforcer ces difficultés d’accès au vote. La mise en conformité des opérations de scrutin aux impératifs légaux d’accessibilité sera donc la première des réponses à apporter. D’autre part, un meilleur encadrement de l’assistance au vote sera essentiel pour correspondre aux particularités de la déficience intellectuelle. L’articulation de l’assistance au vote et de la prestation de compensation du handicap permettra par ailleurs aux personnes sans solution d’être accompagnées dans l’exercice de leur droit de vote. Toutes ces mesures permettront de mieux répondre à l’impérative dignité de toute personne déficiente intellectuelle.

    Audrey Granvorka, La prodigalité en droit privé, thèse soutenue en 2020 à Bordeaux sous la direction de Jean-Marie Plazy présidée par Philippe Delmas Saint-Hilaire, membres du jury : Nathalie Peterka (Rapp.), Dominique Fenouillet (Rapp.), Jérémy Houssier      

    La parabole du fils prodigue est connue. Elle conte le retour de celui qui est accueilli avec chaleur par son père après des années d’absence. Mais elle est également l’histoire d’un homme qui revient chez ses père et mère après avoir gaspillé son héritage. C’est dire que la prodigalité, loin d’être un mal d’époque, est un phénomène qui sévit depuis un peu plus de deux mille ans. Le droit a tenté d’encadrer cette attitude. Le droit romain, tout d’abord, puis le droit classique, coutumier, l’ancien droit, avant d’être progressivement délaissée par le législateur. La difficulté résidait -réside toujours- dans l’appréciation de ce comportement, difficile à établir sauf à être absolument notoire. Comment caractériser ce que le droit décrit lui-même comme des « folles dépenses » ? La question est celle de savoir de quel droit le législateur tire sa légitimité, et cela d’autant plus lorsqu’il décide d’intervenir dans la gestion des biens d’autrui. Car la dilapidation des biens relève avant tout d’un problème des familles. Chacun doit être libre de déshériter ses enfants ou, à tout le moins, de faire en sorte que son patrimoine ait un solde négatif afin qu’ils n’héritent de rien. Pour autant, lorsqu’il aboutit à l’état de besoin du débiteur, ce problème des familles devient un problème de société. Le droit se devait d’appréhender ce comportement qui exige la conciliation de deux intérêts somme toute contradictoires : la solidarité des intérêts de la famille et l’émancipation économique du prodigue qui, en vertu de l’absolutisme du droit de propriété, devrait toujours pouvoir disposer de l’ensemble de ses biens. Étudier le prodigue, le définir, puis le qualifier afin de lui proposer un régime de protection adapté, nécessitait donc de retracer l’historique de la prodigalité. Il a précisément fallu identifier les éléments constitutifs à l’origine de cette attitude afin de mettre en exergue le fait que le prodigue n’agit pas à l’instar de l’homme rationnel économique, faisant ainsi de lui une personne inapte à prendre en compte ses intérêts patrimoniaux au sein de la société. Afin de lui éviter une ruine certaine, le péril de ses intérêts et des intérêts de ceux qui dépendent de lui, le législateur devrait encadrer et surtout protéger ces personnes en difficultés. La prodigue n’est pas seulement un mauvais gestionnaire mais dispose d’une volonté défaillante car hétéronome, en ce qu’elle est uniquement guidée par ses passions et ses pulsions dépensières. C’est notamment ce à quoi s’attache à démontrer cette étude.

    Hamou Ben Aydi, Recherches pour un recours sécurisé à la société civile immobilière, outil de gestion patrimoniale du couple., thèse soutenue en 2019 à Université Grenoble Alpes ComUE sous la direction de Frédérique Cohet-Cordey présidée par Dorothée Cochet, membres du jury : Anne Rabreau (Rapp.), Cécile Le Gallou (Rapp.)    

    Cette étude s’articule autour des différents montages de SCI qu’il est possible de réaliser au sein du couple pour optimiser son patrimoine immobilier. Nous verrons en effet que de multiples sociétés et techniques peuvent se cumuler à la SCI dans un objectif d’optimisation patrimoniale. Mais étant donné que tous ces montages peuvent être risqués s’ils ne sont pas correctement réalisés, il nous paraît essentiel de savoir comment réaliser le juste montage, qui ne sera pas susceptible d’être sanctionné par la justice. C’est pourquoi la problématique de ce travail consiste à démontrer comment parvenir à une optimisation maximale du patrimoine immobilier du couple par l’intermédiaire d’une SCI. Nous allons voir qu’il est possible de proposer une solution non seulement optimale, mais sécurisée et pérenne.Pour y parvenir, il conviendra de s’assurer que la protection du couple ne contrevient pas à celle des tiers non associés. Ainsi, divers éléments devront être intégrés dans le schéma du stratège. Certains consisteront à connaitre les objectifs licites, ou non, et les montages qui peuvent être réalisés à travers une SCI. D’autres serviront à se défendre en justice, lorsque par exemple un montage, bien que licite, est remis en cause. C’est l’imbrication opportune de tous ces éléments qui permettra de proposer au couple une solution pérenne et sécure : ce que nous appelons le juste montage.Ce travail permettra en fin de compte, d’envisager tous les aspects nécessaires, pour proposer un montage optimisé à long terme, c’est-à-dire avec peu de risque d’être remis en cause devant la justice, ou un maximum de chance d’avoir gain de cause si le montage, bien que licite, était remis en question devant justice. Il permettra, au surplus, de se protéger ou de se défendre en justice, lorsqu’on considère qu’un montage est de nature à porter atteinte aux droits du couple, des membres de sa famille ou d’éventuels tiers.