Evelyne Bonis

Professeur
Droit privé et sciences criminelles.
Faculté de droit et science politique

Institut de Sciences Criminelles et de la Justice

Responsabilités administratives et scientifiques :

Responsable de la formation :
  • THESE

    Les décisions provisoires en procédure pénale, soutenue en 2000 à Bordeaux 4, sous la direction de Philippe Conte 

  • Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Virginie Peltier, Droit de la peine, 4e éd., LexisNexis, 2023, Manuel, 909 p. 

    Evelyne Bonis, Elisa Baron, Aurélie Bergeaud, Évelyne Bonis-Garçon, Julien Lagoutte, Jean-Christophe Saint-Pau (dir.), Liber amicorum en hommage à Yannick Capdepon,, 2023, 362 p.  

    Le 25 octobre 2019, Yannick Capdepon, maître de conférences à la Faculté de droit et science politique de l'Université de Bordeaux, nous quittait brutalement alors qu'il dispensait un cours de procédure civile à ses étudiants de 3e année de Licence dans l'amphithéâtre Vizioz. Agé de seulement 40 ans, il avait participé à l'épanouissement de la recherche bordelaise en procédure à travers sa thèse intitulée « Essai d'une théorie générale des droits de la défense », de nombreux articles et un ouvrage de procédure civile. Sa disparition, au seuil d'une carrière qui s'annonçait riche, a plongé la communauté universitaire dans une profonde tristesse. En hommage à un esprit brillant mais aussi à une personnalité pétillante et attachante, ses collègues et amis ont souhaité lui dédier cet ouvrage à titre posthume. Yannick Capdepon était un processualiste, au sens plein du terme, mais sa curiosité le poussait à s'intéresser à tout. Aussi, l'amitié et le respect qu'ont voulu lui témoigner les contributeurs à ce Liber Amicorum conduiront-ils ses lecteurs, comme son dédicataire de son vivant, vers le droit processuel et au-delà.

    Evelyne Bonis, Aurélie Bergeaud, Évelyne Bonis-Garçon, Guillaume Drouot, 150 ans de la faculté de droit de Bordeaux, quel héritage doctrinal ?, LGDJ, un savoir faire lextenso, 2021, 165 p. 

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Valérie Malabat (dir.), La qualité de la norme: L'application de la norme, Mare & Martin, 2020, Droit et science politique, 257 p. 

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Virginie Peltier, Droit de la peine, 3e éd., LexisNexis, 2019, Manuel, 866 p.  

    La 4e de couverture indique : "Le droit pénal est indissociable de la peine : un comportement n’est incriminé que dans la mesure où il expose son auteur à ce type de sanction juridique. Souvent alors, dans les ouvrages de droit pénal général, la peine est abordée moins pour elle-même que dans ce rôle de révélateur d’une infraction à laquelle elle devient, paradoxalement, subordonnée. Et si l’on se tourne vers des ouvrages de science pénitentiaire, voire de criminologie, on l’y rencontre sous des dehors différents, certes, mais, ici aussi, avec certaines particularités, celles que déterminent les influences de ces disciplines. Au contraire, ce manuel tente de voir dans la peine l’objet spécifique d’un droit particulier qui, en tant que branche incontestable de la matière pénale, ne s’y rattache toutefois que pour y conquérir sa véritable place. On trouvera donc dans ces pages les aspects exclusivement juridiques de la peine, à travers le corpus de règles qui, issu du Code pénal ou du Code de procédure pénale, lui est propre : le droit de la peine."

    Evelyne Bonis, Aurélie Bergeaud, Évelyne Bonis-Garçon, Yannick Capdepon, Procédure civile, Editions Cujas, 2017, Référence, 623 p.  

    La 4e de couv. indique : "La procédure civile désigne l'ensemble des actes par lesquels un litige peut être porté devant une juridiction de l'ordre judiciaire statuant en matière civile, commerciale, sociale ou encore rurale. Aussi cet ouvrage a-t-il fait le choix de présenter la matière en se mettant à la place d'un plaideur qui souhaite porter une demande devant les tribunaux. Plusieurs questions se posent alors nécessairement à lui afin de parvenir à l'obtention d'une décision. Ai-je le droit de saisir le juge ? Comment dois-je m'y prendre ? À quel juge dois-je m'adresser ? Autant de questions qui portent sur le déclenchement du procès civil et qui doivent être résolues avant de pouvoir envisager le déroulement du procès civil jusqu'à la première décision, voire jusqu'à l'obtention d'une décision définitive. Cet ouvrage s'articule donc autour de deux parties : le déclenchement du procès civil (1ère partie), le déroulement du procès civil (2e partie). Cette édition est à jour de la législation et de la jurisprudence au r septembre 2017, notamment la très importante loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle, dite J21, et ses nombreux décrets d'application."

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Valérie Malabat (dir.), La qualité de la norme: l'élaboration de la norme, Mare & Martin, 2016, Collection Droit & science politique, 425 p.  

    La 4e de couv. indique : "La question de la qualité des normes se pose de longue date déjà et le constat est communément fait d'une perte de qualité. Pour dépasser ce simple constat, il a semblé souhaitable d'engager une réflexion sur le sens et le contenu de l'exigence de qualité dans un contexte normatif en pleine mutation. L'exigence de qualité de la norme ne semble en effet aujourd'hui pouvoir se comprendre que dans une approche globale tenant compte de la place de la norme interne dans des contextes international et interne plus complexes. La recherche s'est ainsi attachée à confronter l'exigence de qualité avec la diversification et la complexification des sources entendues dans une dimension verticale (tant dans l'ordre supra-législatif que dans l'ordre infra-législatif) mais aussi horizontale ce qui met en concurrence la loi avec d'autres sources ... A ce pluralisme normatif s'ajoute en outre une expansion du champ d'intervention de la règle de droit. Le développement néolibéraliste du rôle de l'Etat se traduit en effet par un accroissement de la production normative et sans doute également par un changement de fonction de la règle. La recherche du contenu de l'exigence de qualité des règles de droit implique donc aussi de s'interroger davantage sur la fonction de cette règle si l'on considère que la qualité de la règle doit s'apprécier au regard de sa finalité. Afin de mener à bien cette recherche, trois colloques ont été organisés dans le but de comprendre l'exigence de qualité lors du processus d'élaboration de la norme, les modes d'élaboration de la norme étant d'inévitables critères d'appréciation de sa qualité. Cet ouvrage retrace ainsi les réflexions conduites lors de ces trois colloques relatifs : • Au rôle essentiel aujourd'hui dévolu aux professionnels du droit au sein du processus d'élaboration de la norme, • A la place des « petites sources du droit » dans le processus d'élaboration des normes, • A la place des jurisprudences dans la qualité de la norme en se demandant notamment si le dialogue des juges contribue à améliorer la qualité de la norme ou au contraire participe au déclin de cette qualité."

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon (dir.), Pour une refonte du droit des peines, LexisNexis, 2016, 226 p. 

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Virginie Peltier, Droit de la peine, 2e éd., LexisNexis, 2015, Manuel, 707 p. 

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Alexandre Zabalza, Marion Lacaze (dir.), Environnement et peine privative de liberté, Éditions Cujas, 2013, 363 p. 

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Virginie Peltier, Droit de la peine, Litec, 2010, Manuel, 633 p. 

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Les décisions provisoires en procédure pénale, Presses universitaires Aix-Marseille, 2002, 497 p. 

    Evelyne Bonis, Évelyne Bonis-Garçon, Le droit à l'assistance d'un interprête, 1996 

  • Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et de procédure pénale (juillet 2020 à décembre 2020) », Titre VII , 2021, n° 6, pp. 96-109   

    Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et de procédure pénale : (janvier 2020 à juin 2020) », Titre VII , 2020, n° 5, pp. 112-125   

    Evelyne Bonis, « Chronique 2019 (janvier-juin) », Titre VII , 2019, n° 3, pp. 80-97   

    Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et de procédure pénale », Titre VII , 2019, n° 2, pp. 92-103   

    Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et de procédure pénale », Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel , 2018, n° 58, pp. 87-106       

    Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et de procédure pénale », Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel , 2017, n° 55-56, pp. 101-127       

    Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et de procédure pénale », Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel , 2016, n° 50, pp. 103-115         

    Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et de procédure pénale », Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel , 2015, n° 47, pp. 155-171       

    Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et de procédure pénale », Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel , 2014, n° 42, pp. 151-160           

    Evelyne Bonis, « Chronique de droit pénal et procédure pénale », Les Nouveaux Cahiers du Conseil constitutionnel , 2013, n° 40, pp. 183-189     

  • Evelyne Bonis, « Droit pénal et numérique », le 01 décembre 2023  

    Colloque organisé par les masters Droit pénal et sciences criminelles et Contentieux judiciaire, Université de Bordeaux

    Evelyne Bonis, « Les formes de la délinquance lucrative », le 10 novembre 2023  

    Demi-journée d'études organisée par l'ISCJ, Université de Bordeaux sous la direction scientifique de Charlotte Claverie-Rousset, Professeur de droit privé et sciences criminelles, Université de Bordeaux ISCJ

    Evelyne Bonis, « Discours de haine et droit pénal », le 29 septembre 2023  

    Colloque organisé par l'ISCJ, Université de Bordeaux sous la direction de Mme le professeur Valérie Malabat - ISCJ, Université de Bordeaux

    Evelyne Bonis, « Les infractions sexuelles en question(s) : Retour sur les dernières évolutions législatives et jurisprudentielles », le 28 mars 2023  

    Organisé par l'ISCJ, Bordeaux sous la direction scientifique de Elise Baron, Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l'université de Bordeaux

    Evelyne Bonis, « « Les usages sociaux du droit » - Rodéos urbains et karting en prison », le 09 janvier 2023  

    Organisé par le Laboratoire de Sociologie Juridique & Centre de Recherche sur la Justice et le règlement des conflits, Université Paris Panthéon-Assas

    Evelyne Bonis, « L’entrée en vigueur du Code pénitentiaire », le 27 octobre 2022  

    Inscriptions ouvertes jusqu’au 24 octobre via le formulaire en ligne : https://colloques.univ-tln.fr/Colloques/RegistrationCOPE22.jsp Gratuit pour les étudiants et universitaires. Payant pour les professionnels : 50€ (2 pauses café comprises), 70€ (3 pauses café comprises). Possibilité de valider la présence au colloque au titre de la formation continue des agents de l’administration pénitentiaire, des magistrats et avocats. Renseignements : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

    Evelyne Bonis, « La crise de la Covid-19 en milieu carcéral », le 20 octobre 2022  

    Organisé par l'ISCJ, Université de Bordeaux sous la responsabilité scientifique de Mmes Évelyne Bonis et Virginie Peltier, professeurs à l'université de Bordeaux

    Evelyne Bonis, « Addiction et droit pénal », le 08 juillet 2022  

    Organisée par l’Association des doctorants et docteurs (A2D) de l’ISCJ, Bordeaux sous la direction scientifique de Sarah Cherqaoui, Mathieu Garcia, Hilaire Nyadjam Tomi, Valentin Laborde et Yoann Nabat, doctorants

    Evelyne Bonis, « Les contentieux des conditions de détention », le 25 mai 2022  

    Journée d'études organisée par l'Institut Léon Duguit, Université de Bordeaux.

    Evelyne Bonis, « Le volet peines de la LPJ en pré-sententiel ou la lente découverte du champ des possibles », le 12 mai 2022  

    Organisée par l'ISCJ, Université de Bordeaux

    Evelyne Bonis, « Regards croisés sur la peine de mort et son abolition : 40 ans déjà, 40 ans seulement ! », le 12 octobre 2021  

    Cycle de conférences organisé pour l’ÉNAP par Philippe Claerhout, responsable de la communication, UCACE, Jack Garçon, responsable du CRHCP, DRDRI, Fabienne Huard-Hardy, chargée de formation, DDSP et Eric Paillissé, chargé de formation juridique, DDSP.

    Evelyne Bonis, « COVID-19 Symposium : Constitutional, political, social and health threats and challenges in France and the United Kingdom », le 27 mai 2021  

    Co-organised by Aurélien Antoine, Saint Étienne University and Lyon University; Andrew Blick, King’s College London; Géraldine Gadbin-George, Panthéon-Assas University and Elizabeth Gibson-Morgan, Poitiers University in association with the FBLS

    Evelyne Bonis, « Regards sur la prison 2020-2021 », le 21 mai 2021  

    Organisé par la promotion 2020-2021 du Master 2 Exécution des peines et Droits de l’Homme d’Agen, Université de Pau et des Pays de l’Adour, Université de Bordeaux, École Nationale d’Administration Pénitentiaire

    Evelyne Bonis, « L'impact de la loi de programmation et de réforme pour la justice sur les moyens d'investigation en matière pénale », le 25 juin 2019  

    Organisé par l’institut de sciences criminelles et de la justice - ISCJ, Bordeaux

    Evelyne Bonis, « La responsabilité des professionnels et des dirigeants », le 21 juin 2019  

    Troisièmes Journées des Cahiers de Jurisprudence d’Aquitaine et Midi-Pyrénées organisée par M Pierre-Yves Ardoy, Maître de Conférences du Centre de Recherche et d'Analyse Juridiques de l'Université de Pau

    Evelyne Bonis, « Le sens de la longue peine », le 14 juin 2019  

    Colloque organisé sous la direction scientifique d’Evelyne Bonis, Professeur, Université de Bordeaux et Nicolas Derasse, Maître de conférences, Université de Lille.

    Evelyne Bonis, « La défense pénale du majeur protégé », le 28 mai 2019  

    Conférence organisée par l'Institut de Sciences Criminelles et de la Justice.

    Evelyne Bonis, « Regards croisés sur la libération sous contrainte », le 20 novembre 2018  

    Co-organisé par le Centre de Droit Pénal de l’Équipe de recherche Louis Josserand et par le laboratoire de recherche sur la personne et la Faculté de droit (UCLy)

    Evelyne Bonis, « Les 20 ans du suivi socio-judiciaire », le 15 novembre 2018  

    Organisé par l’ISCJ de l’Université de Bordeaux sous la direction scientifique de Virginie Peltier, Professeur, Université de Bordeaux

    Evelyne Bonis, « Le parcours d’exécution de peine », le 19 octobre 2018  

    Evénement organisé par la Mission de recherche Droit et Justice, l'Institut de Préparation à l'administration générale, l'Institut de criminologie, l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire, le LERADP et le Centre d'Histoire Judiciaire

    Evelyne Bonis, « La loyauté dans le procès », le 22 juin 2018  

    Deuxièmes journées des Cahiers de jurisprudence d’Aquitaine et Midi-Pyrénées organisées par Pierre-Yves Ardoy, MCF à l’Université de Pau avec le concours de l’Institut de droit privé de Toulouse 1 Capitole et l’Institut d’Etudes Judiciaires de Bordeaux

    Evelyne Bonis, « La loyauté dans le procès. Jurisprudence des Cours d’appel du Sud-Ouest », le 08 juin 2018 

    Evelyne Bonis, « Analyse économique du droit et matière pénale », le 09 novembre 2017  

    Organisé pour l’ ISCJ par Charlotte Claverie-Rousset

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Robin Sanchez, Les courtes peines d'emprisonnement , thèse en cours depuis 2023  

    De nos jours, la prison demeure la peine de référence en matière correctionnelle, alors que le Code pénal prévoit que l'emprisonnement ne doit être qu'une mesure de dernier recours. Plus encore, la grande majorité des peines d'emprisonnement fermes prononcées par les juridictions restent les courtes peines d'emprisonnement, et cela malgré les nombreuses critiques de la doctrine et les efforts du législateur pour les diminuer. Pourtant, les courtes peines d'emprisonnement entraînent de effets néfastes sur la réinsertion du détenu et sur la prévention de la récidive. Elles participent également à la surpopulation pénale, et donc à une aggravation des mauvaises conditions de détention et à une multiplication des condamnations par la Cour européenne des droits de l'homme. Enfin, elles accentuent considérablement le coût financier de la prison. Finalement, les courtes peines d'emprisonnement semblent être des peines onéreuses pour l'Etat avec de mauvais résultats, tout en subsistant dans notre système pénal comme la principale peine d'emprisonnement ferme. Ayant déjà fait l'objet d'une étude universitaire en 2010 par Mme Agata de Laforcade, les courtes peines d'emprisonnement ont connu de nombreuses et profondes évolutions législatives, notamment avec la loi n° 2019-222 du 23 mars 2019 de programmation 2018-2022 et de réforme pour la justice. Il est donc d'autant plus légitime de se repencher sur la pertinence des courtes peines d'emprisonnement. Enfin, bien que les enjeux humains et les droits fondamentaux ne sauraient être mis de côté pour des arguments purement financiers, il est aujourd'hui nécessaire de prendre en compte les contraintes économiques qui touchent durement notre société. Il devient alors primordial d'étudier les courtes peines d'emprisonnement sous l'angle de l'analyse économique du droit, et de s'intéresser de la même façon aux alternatives possibles.

    Sanae Lakaaibi, L'image du procès pénal, thèse en cours depuis 2023  

    Peinture rupestre, gravure ou photographie : quelle que soit sa forme, l'image a toujours eu un rôle fondamental dans notre société. La place qui lui est faite peut notamment s'expliquer par la polyvalence de cette représentation figée. En effet, informer, sensibiliser, ou encore mémoriser sont autant de fonctions que l'image est à même de réaliser. De la même manière, la propriété polysémique du terme « image » fait de ce dernier une notion riche de sens étroitement liés. À ce titre, la justice pénale n'échappe pas à ce besoin de représentation polymorphe, qu'elle soit visuelle ou mentale. En effet, il y a, d'une part, un désir institutionnel de restaurer la confiance citoyenne dans l'institution judiciaire - représentation mentale de la justice - qui fait ainsi écho, d'autre part, au besoin croissant des citoyens défiants de comprendre le déroulement du procès pénal par l'image - représentation visuelle de la justice -. Ainsi, les représentations visuelle et mentale du procès pénal par l'Image concourent, concomitamment, à l'amélioration de la justice pénale rendue par une institution judiciaire alors pédagogue, transparente et digne de confiance. L'étude de l'image du procès pénal, entendu comme l'audience intervenant lors de la phase décisoire, induit l'examen des principes du procès devant être conciliés avec ce besoin d'image. En effet, en cas de représentation visuelle du procès pénal, certains principes viennent s'imposer. On peut citer à cet égard la présomption d'innocence, le droit au respect de la vie privée, le droit à l'oubli ou encore le huis clos. En dépit du fait qu'un travail approfondi sur la question de « l'image et le procès pénal » ait été réalisé dans le cadre d'une thèse soutenue à Nancy, l'intérêt de notre réflexion réside dans sa nouveauté. En effet, il ne s'agit pas de mettre en exergue la réception de l'image, au titre de preuve, dans le cadre du procès pénal mais d'analyser l'Image - entendue comme représentation visuelle et mentale d'origine sensible - du procès pénal.

    Manon Aracil, La notion de victime , thèse en cours depuis 2023  

    Nouvelle figure dans les débats de société, la victime s'est émancipée du carcan contemporain d'un système pénal qui n'a eu de cesse d'écarter la place de la victime, assujettie à la vengeance privée. Or, la victime n'est plus nommée comme elle a pu l'être autrefois : la « grande oubliée du procès pénal ». Elle n'en occupe pas le cœur qui a vocation à traiter du lien entre l'auteur de l'infraction et la société. La victime n'est que l'expression des conséquences irréversibles de l'acte réprimandé. En dépit de cela, il est relevé une approche casuistique se développant dans une société où l'émotion façonne l'énoncé juridique. Au contact de l'opinion publique, les faits divers pétrissent les politiques criminelles assurant de facto à la victime une place influente dans l'assise judiciaire par l'attachement de divers droits. Cependant, nul terme ne serait plus empreint de particularisme que celui de victime. L'usage d'une telle expression illustre l'état d'une catégorie largement insaisissable qui fait écho à un besoin de précision. Concourir à la recherche sur un tel concept conviendrait d'identifier des hypothèses afin d'en proposer une définition. L'absence de délimitation bornant les contours de la notion n'est que la conséquence d'un déficit de conceptualisation, à l'inverse de l'action civile. De par l'usage d'une telle action, la figure de victime n'est plus ternie par un absentéisme procédural. En effet, ce mécanisme judiciaire offert à la victime ne vise plus seulement une réparation civile, elle permet l'enclenchement de poursuites pénales devant une juridiction d'instruction. Dès lors, le Code de procédure pénale traduit une faculté pour la victime de se constituer partie civile sur la scène pénale. Or, la nature juridique de l'action civile a fait précisément l'objet de plusieurs travaux indépendamment de l'aspect définitoire de la victime. En ce sens, le champ pénal et civil offrent une latitude d'action à la victime, appelant ainsi à construire sa définition sur la scène pénale. En parallèle, par les effets combinés de la victimologie, des sciences sociales et de l'histoire, l'expression de victime fait, irrémédiablement, référence à une approche pluridisciplinaire portée par une étude comparative des ordres juridiques internes et européens. Ainsi, évoquer la transversalité de cette étude n'a pas pour but de renouveler la question de la place de la victime dans le procès pénal, mais celle de contribuer à une définition comparée de la victime.

    Manon de Saint-Léger, L'articulation des procédures pénale et fiscale, thèse soutenue en 2022 à Bordeaux en co-direction avec Évelyne Bonis-Garçon, membres du jury : Marc Segonds (Rapp.), Stéphane Detraz (Rapp.), Virginie Peltier et Clarisse Sand  

    Infraction délictuelle incriminée à l’article 1741 du code général des impôts, la fraude fiscale peut être doublement réprimée et sanctionnée en droit français. Le contribuable auteur d’une fraude fiscale est susceptible de se voir infliger tant des sanctions pécuniaires prononcées par l’administration fiscale, que des peines par la juridiction correctionnelle. L’addition des répressions pénale et fiscale en présence d’une fraude a fait émerger un « droit pénal fiscal », matière symptomatique du développement de branches transversales ayant entraîné des intersections entre différents droits.Alors que le code général des impôts octroie aux procédures pénale et fiscale une place semblable dans la lutte contre la fraude fiscale, un constat s’impose : il n’existe aucune règle légale permettant d’articuler les deux procédures, qui peuvent se mener simultanément ou successivement à l’égard des mêmes faits. Ainsi, la répression de la fraude fiscale se situe au confluent de deux branches autonomes du droit qui n’ont jamais été pensées pour se déployer ensemble.La dualité de répressions applicable à la fraude fiscale est en quête d’un équilibre entre des principes antagonistes. D’un côté, le droit pénal fiscal doit assurer et garantir le recouvrement de l’impôt, en menaçant les contribuables qui chercheraient à s’y soustraire de sanctions dissuasives et certaines. De l’autre, le fait que les mêmes agissements puissent être doublement poursuivis et réprimés est susceptible d’atteindre des principes juridiques fondamentaux.Selon le droit interne, le cumul des sanctions pénale et fiscale doit être contenu dans les limites des principes constitutionnels de proportionnalité, de nécessité des délits et des peines et de clarté et prévisibilité de la loi pénale. D’un point de vue externe, la faculté d’additionner les répressions a été examinée sous l’angle du principe ne bis in idem, garanti par l’article 4 du protocole n°7 additionnel à la Convention européenne des droits de l’homme et par l’article 50 de la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne. À l’aune de ces différentes tensions, l’articulation des procédures pénale et fiscale devient une nécessité. L’articulation doit, en premier lieu, être d’ordre conceptuel et déterminer les hypothèses susceptibles d’entraîner une répression bicéphale. L’articulation doit, en second lieu, être de nature processuelle afin que les procédures pénale et fiscale s’imbriquent et se synchronisent.

    Hilaire Nyadjam Tomi, Le temps dans la répression pénale : comparaison des systèmes français et camerounais, thèse soutenue en 2022 à Bordeaux en co-direction avec Évelyne Bonis-Garçon et Dominique Junior Zambo, membres du jury : François Fourment (Rapp.), Vanessa Valette (Rapp.), Maxime Brenaut  

    En matière pénale, la meilleure manière d’appréhender le phénomène répressif est de l’analyser par rapport au temps. En faisant porter notre recherche sur « Le temps dans la répression pénale : comparaison des systèmes français et camerounais », notre ambition a été de l’aborder dans une perspective comparative et évolutive. Ainsi, cette thèse a abordé plusieurs questions mettant en évidence l’ambivalence de cette mobilisation. D’une part, considérant le facteur temps dans l’organisation de la répression, les législateurs ont généralement pour objectif de réduire le temps des procédures en accélérant le cours de la justice afin de permettre à la répression pénale d’être plus efficace. Les règles encadrant les différentes institutions qui subissent l’action du temps sont substantiellement identiques en France et au Cameroun. Cependant, de nombreuses institutions connues du droit français sont ignorées du droit camerounais qui pourrait s’en inspirer. En outre, la recherche de ces objectifs a montré que ces systèmes pénaux souffrent toujours de plusieurs maux notamment : les lenteurs, l’inaccessibilité, les excès de formalisme, les dérèglements procéduraux, qui entachent leur bon fonctionnement et leur efficacité. D’autre part, dans une conception finaliste de la répression pénale qui consiste à faire subir effectivement une sanction répressive, le temps influence la peine suivant le trinôme peine encourue, peine prononcée et peine exécutée (subie). Le temps permet de déterminer la peine et de mettre en oeuvre l’exécution de cette dernière suivant les objectifs poursuivis. Or, si l’on excepte la détermination de la peine qui suit un peu la même logique dans les deux systèmes, un ensemble de techniques propres au droit français permettent de modeler la durée de la peine finalement exécutée par le délinquant. En revanche, en droit camerounais, la durée de la peine prononcée est très souvent identique à celle effectivement exécutée. Le temps dans la répression pénale est donc un temps qui doit être mesuré en fonction des systèmes, car il est à la guise de celui qui s’en sert. De ce fait, au lieu de servir, le temps peut plutôt dans ses différentes mobilisations, desservir la répression pénale.

    Latifah Alshammari, Le droit de l'avortement , thèse en cours depuis 2022 en co-direction avec Évelyne Bonis-Garçon  

    L'avortement est une technique pratiquée de tous temps, depuis les premiers âges de l'humanité. Nous ne pouvons nier la réalité des risques résultant de sa pratique. Aujourd'hui encore, le décès de milliers de femmes, chaque année est à déplorer en raison d'avortements pratiqués dans de mauvaises conditions, sans respect du cadre légal. La législation moderne sur le droit à l'avortement a oscillé entre pénalisation et légalisation, entre restriction et expansion dans son application. Certains pays cherchent encore à l'empêcher, voire font « machine arrière » en matière de droit à l'avortement. L'exemple le plus prégnant nous vient des Etats-Unis. En effet, le 24 juin 2022, la Cour suprême des États-Unis a décidé de révoquer le droit de l'avortement, considérant ainsi ce droit comme ne figurant pas parmi les droits fondamentaux des individus « our conclusion that the Constitution does not confer such a right ». En Europe, la réglementation du droit à l'avortement diffère selon les pays. Certains l'interdisant totalement (par exemple Malte) pour des raisons idéologiques liées à l'Église catholique. D'autres, à l'instar du législateur polonais, ne criminalisent pas complètement l'avortement sans pour autant le faire figurer parmi les droits constitutionnels. Pour autant le législateur polonais prévoit par exemple des exceptions qui permettent de recourir à des techniques d'avortement notamment en cas de viol, d'inceste ou de danger pour la vie de la mère. Cependant, même dans les Etats où le droit à l'avortement est consacré, le droit pénal trouve à s'appliquer toutes les fois où la pratique de l'avortement s'effectue en contradiction avec les règles légales. Tel est le cas en France. Si la France a longtemps connu la pénalisation de l'avortement, elle a légalisé sa pratique depuis 1975. Toutefois, le droit pénal comprend encore des dispositions permettant à la fois de protéger ce droit et de sanctionner les atteintes qui pourraient être portées à la vie si l'avortement était pratiqué dans des conditions contraires à la norme. A titre d'illustration, il convient de noter que le droit pénal français pénalise tout avortement qui serait pratiqué sans le consentement de la personne concernée. Il en va ainsi de l'hypothèse où une femme se verrait présenter des moyens matériels lui permettant de pratiquer elle-même un avortement. Ces modalités d'avortement « sauvage » sont constitutives d'un délit passible d'une peine d'emprisonnement. La loi française protège également le droit à l'avortement, qu'elle considère comme un droit fondamental, en réprimant toute entrave à l'accès à l'avortement volontaire. Tel est aussi le cas du Koweït. Dans ce pays, le droit à l'avortement a été réglementé pour la première fois par le Code pénal koweïtien de 1960. Le Code pénal dresse l'avortement en infraction absolue, et ce, que la femme y ait consenti ou pas. La seule exception prévue par le Code pénal koweïtien est celle de la nécessaire protection de la vie de la femme enceinte. En d'autres termes, l'avortement n'échappe à la répression que si la vie de la femme enceinte en dépend. La législation pénale koweïtienne réglemente le droit à l'avortement de manière très stricte. Il faut par exemple noter que la peine prévue par le Code pénal koweïtien est alourdie lorsqu'une personne est à l'origine ou crée tout moyen ou médicament pouvant entraîner l'avortement. La peine peut alors s'élever de 10 à 15 ans. Ces textes interrogent sur l'étendue de la liberté des femmes d'exercer ce droit. S'agissant du Code pénal français, il prévoit que le droit à l'avortement doit être réalisé dans certaines conditions, qui font l'objet de vérifications strictes par des praticiens dans un but de préserver la santé physique et psychique des femmes. Par ailleurs, l'autre problématique qui se pose est celle de l'efficacité du droit pénal à dissuader ou limiter les crimes découlant de l'avortement illégal. Ainsi, le recours à une étude comparative entre le Code pénal français et le Code pénal koweïtien permettra de mieux comprendre la disparité des sanction

    Alexis Maitre-millat, L'action au stade de l'application des peines, thèse en cours depuis 2021  

    Le rattachement de la phase post sentenciam au reste du procès pénal, opéré par les lois du 15 juin 2000 et du 9 mars 2004, est une avancée marquante de la matière. Toutefois, l'absence de réflexion autour de la notion d'action par le législateur constitue un manque et les conséquences ne sont pas négligeables. En effet, les enjeux d'une telle réflexion résident à plusieurs égards dans la protection dont bénéficiera le condamné, au regard notamment du lien de cause à effet reconnu entre l'action exercée et les garanties offertes à ce dernier. Cette absence fait perdre en prévisibilité la procédure suivie alors même que l'exercice du droit d'agir est au coeur de l'effectivité des droits substantiels. L'évolution de la jurisprudence en matière de prohibition de la reformatio in pejus ou bien l'abandon de la règle de l'objet unique en appel, proposé par le rapport Cotte, sont deux exemples d'enjeu que cette réflexion a vocation à cerner. Face à cette absence, plusieurs pistes sont envisageables. La réutilisation des concepts habituels de la procédure pénale a ses limites. Le passage de la phase ante sentenciam à la phase post sentenciam est marqué par la décision de la juridiction de jugement, cause d'extinction de l'action publique par l'effet de la chose jugée. L'action publique ne prospère plus au stade de l'application des peines. Les exemples à ce propos peuvent se multiplier. Cette inadéquation, qui correspond aussi à la position de la jurisprudence judiciaire, écarte le recours à cette grille de lecture. Cette inadéquation conduit nécessairement à s'intéresser aux travaux d'Henri Motulsky en lien avec la théorie de l'action. L'article 30 du Code de procédure civile, qui dispose que « l'action est le droit, pour l'auteur d'une prétention, d'être entendu sur le fond de celle-ci afin que le juge la dise bien ou mal fondée (…) », offre une première indication dans la construction d'une réflexion quant à l'action exercée à ce stade ultime du procès pénal. La référence à la prétention est pertinente puisque celle-ci peut prendre plusieurs formes qu'il s'agisse d'obtenir un aménagement de peine, une modification d'une mesure, des modalités d'exécutions de la peine, une conversion de peine ou bien la révocation d'un sursis probatoire. Derrière cette diversité, l'enjeu est d'envisager l'unité de l'action mise en oeuvre.

    Claire Mandon, L'identité de la notion de sanction pénale en droit pénal français, thèse soutenue en 2020 à Bordeaux en co-direction avec Évelyne Bonis-Garçon, membres du jury : François Rousseau (Rapp.), Antoine Botton (Rapp.), Virginie Peltier  

    L’étude de la sanction pénale s’ouvre sur un paradoxe, celui où la sanction pénale, bien que notion fondatrice du droit pénal, non seulement n’aurait fait l’objet d’aucune définition à ce jour, mais serait encore rétive à toute conceptualisation. Dès lors, le constat de la perte d’identité apparaît inéluctable, particulièrement en ce que l’identification de la notion de sanction pénale s’avère doublement impossible. Cette impossibilité se vérifie tant au regard du contenu de la sanction pénale, dont on ne peut savoir avec exactitude ce qu’il recouvre, qu’au regard des critères de définition qui pourraient lui être associés et qui, tous, présentent des vicissitudes. Dès lors, faut-il relever deux aspects : d’une part, l’impossible identification-assimilation, c’est-à-dire l’impossibilité d’identifier la notion de sanction pénale à partir de ses composantes et, d’autre part, l’impossible identification-individualisation, autrement dit l’impossibilité d’identifier la notion de sanction pénale à partir de critères précis qui permettraient de l’individualiser et de la particulariser par rapport aux autres sanctions. S’agissant, d’abord, de l’impossible identification-assimilation, s’il est classique d’affirmer que la sanction pénale présente deux composantes, la peine et la mesure de sûreté, ces dernières se révèlent insaisissables, tant elles fourmillent d’incertitudes quant à leur sens (fuyant et instable) et à leur contenu (indéterminé et interchangeable). Quant à l’impossible identification-individualisation, ensuite, il s’agit de constater que la notion de sanction pénale ne présente aucun code identificatoire qui lui soit propre, en ce que les critères qui auraient pu lui donner corps apparaissent insuffisants, qu’ils fassent l’objet d’une analyse isolée – chacun pris indépendamment des autres – ou d’une analyse combinée – en les envisageant comme un tout. Or, l’absence de code identificatoire entraine deux séries de retombées, tant pratiques que théoriques, qu’il est nécessaire de mettre en lumière.Finalement, s’intéresser à l’identité de la notion de sanction pénale en droit pénal français, c’est faire état de la crise identitaire que traverse actuellement la notion de sanction pénale, tout en espérant que celle-ci n’atteigne pas le point de fracture.

    Montassir nicolas Oufkir, La répression des infractions terroristes au Maroc , thèse en cours depuis 2019 en co-direction avec Évelyne Bonis-Garçon et Baudouin Dupret  

    Le 16 mai 2003, une série de cinq attentats a frappé le Maroc au cœur de sa capitale économique. Jusque-là dépourvu de toute législation antiterroriste, le royaume s'est vu contraint d'agir en urgence afin de créer un cadre juridique lui permettant d'encadrer l'action judiciaire antiterroriste. Cet encadrement a pour but de faire face aux menaces à la sécurité nationale et de protéger les intérêts fondamentaux de la Nation. C'est dans ce contexte sécuritaire de crise que l'adoption de la loi n° 03-03 du 28 mai 2003 relative à la lutte contre le terrorisme est intervenue. Cette loi, inspirée du droit commun et du droit français, s'est voulue en premier lieu garante de la sûreté de l'État et protectrice des droits des justiciables. Cependant, et bien qu'amendée par la loi n° 86-14 du 20 mai 2015, cette loi antiterroriste ne contient toujours pas de définition assez précise de la notion de terrorisme nécessaire au respect du principe de légalité des infractions. A partir de décisions rendues au Maroc sur le fondement de ces textes entre 2011 et 2021, décisions auxquelles nous avons pu avoir accès, la thèse a pour objet de livrer une contribution à la réflexion sur la lutte contre le terrorisme. Nous analysons ainsi les conditions de la mise en œuvre concrète de la norme antiterroriste applicable au Maroc avant de souligner les écarts existants entre la théorie et la mise en œuvre pratique de cette législation antiterroriste d'exception à travers des affaires jugées. Puis, par une analyse du fonctionnement des différentes institutions judiciaires créées pour accompagner cette répression des infractions terroristes, nous nous interrogeons sur l'effectivité et l'efficacité de ces règles ainsi que sur les possibilités de développer de nouveaux services ou de nouvelles règles au nom de la préservation des droits des justiciables et d'une lutte efficace contre le terrorisme. Cette recherche est menée en tenant compte des spécificités du royaume chérifien, dans une optique de prévention et de répression de l'acte terroriste, à travers le prisme de l'État de droit. Elle est aussi construite en mettant en perspective le droit marocain et le droit français de la lutte antiterroriste qui a servi d'inspiration à la norme marocaine.

    Yan Carpentier, Essai d'une théorie générale des aménagements de peine, thèse soutenue en 2016 à Bordeaux en co-direction avec Évelyne Bonis-Garçon  

    Les aménagements de peine sont devenus le fer de lance d’une politique pénale de lutte contre la récidivefondée sur l’insertion ou la réinsertion des condamnés. Le nombre de mesures qualifiées comme desaménagements de peine n’a jamais cessé de croître au fil du XXe siècle. Pourtant, au fur et à mesure ques’amoncelaient les réformes éparses, aucune réflexion d’ensemble relative aux aménagements de peine n’a eu lieu.Ainsi, la notion d’aménagement de peine n’a jamais été construite alors que la France est sûrement le payseuropéen qui recourt le plus à ces mesures. La France apparaît alors comme le pays le plus fertile en matièred’aménagement de peine avec une variété de mécanismes importante. Cette variété rend nécessaire une théoriegénérale des aménagements de peine dans la mesure où le sens technique de cette notion demeure obscur.Une théorie générale semble le moyen le plus sûr pour tenter de déceler une cohérence parmi les diversesmesures. En ce sens, il ne peut y avoir de théorie générale s’il est impossible d’identifier abstraitement ce qu’estune mesure d’aménagement de peine. En effet, le désordre normatif a effacé les frontières entre les modalitésd’exécution de la peine, les aménagements de peine et les mesures de sûreté. Aussi, le cadre d’une théorie généralepermet de construire la notion même d’aménagement de peine. En outre, la construction d’une notion unitaire doitpermettre d’apprécier la technique unitaire de ces mesures. Ce faisant, la théorie générale restaure une certainelisibilité du droit et met en lumière toute la cohérence d’un système tendant à responsabiliser le condamné.

    Yan Carpentier, Éssai d'une théorie générale des aménagements de peine, thèse soutenue en 2016, membres du jury : Bertrand de Lamy (Rapp.), Muriel Giacopelli (Rapp.), Virginie Peltier    

    Les aménagements de peine sont devenus le fer de lance d’une politique pénale de lutte contre la récidivefondée sur l’insertion ou la réinsertion des condamnés. Le nombre de mesures qualifiées comme desaménagements de peine n’a jamais cessé de croître au fil du XXe siècle. Pourtant, au fur et à mesure ques’amoncelaient les réformes éparses, aucune réflexion d’ensemble relative aux aménagements de peine n’a eu lieu.Ainsi, la notion d’aménagement de peine n’a jamais été construite alors que la France est sûrement le payseuropéen qui recourt le plus à ces mesures. La France apparaît alors comme le pays le plus fertile en matièred’aménagement de peine avec une variété de mécanismes importante. Cette variété rend nécessaire une théoriegénérale des aménagements de peine dans la mesure où le sens technique de cette notion demeure obscur.Une théorie générale semble le moyen le plus sûr pour tenter de déceler une cohérence parmi les diversesmesures. En ce sens, il ne peut y avoir de théorie générale s’il est impossible d’identifier abstraitement ce qu’estune mesure d’aménagement de peine. En effet, le désordre normatif a effacé les frontières entre les modalitésd’exécution de la peine, les aménagements de peine et les mesures de sûreté. Aussi, le cadre d’une théorie généralepermet de construire la notion même d’aménagement de peine. En outre, la construction d’une notion unitaire doitpermettre d’apprécier la technique unitaire de ces mesures. Ce faisant, la théorie générale restaure une certainelisibilité du droit et met en lumière toute la cohérence d’un système tendant à responsabiliser le condamné.

  • Yoann Nabat, Fichiers de police et de justice et libertés fondamentales, thèse soutenue en 2023 à Bordeaux sous la direction de Virginie Peltier, membres du jury : Olivier Cahn (Rapp.), Charles Girard (Rapp.), Cédric Ribeyre (Rapp.)  

    Ces dernières années sont marquées par la multiplication frénétique des fichiers de police et de justice. Mises à contribution aussi bien dans le cadre de la procédure pénale que lors des enquêtes administratives, ces bases de données sont déployées très largement. Il en découle d’importantes atteintes aux libertés fondamentales et un renversement des principes du droit criminel moderne. Plus encore, les fichiers constituent à la fois le symptôme et le vecteur d’une transformation profonde de la matière pénale vers un modèle fondé sur l’intolérance au risque et l’identification de la dangerosité. La présente thèse propose de prendre pour point de départ l’étude des principaux fichiers de police et de justice pour mettre en évidence ce phénomène au regard de l’inefficacité des garanties classiques des libertés fondamentales et de la disproportion des atteintes concédées. Ce constat n’est pas seulement juridique : il a des incidences en termes philosophiques, sociologiques, psychologiques et criminologiques que le présent ouvrage analyse en s’inscrivant donc dans une véritable démarche interdisciplinaire. La démonstration tend alors in fine à mettre en lumière les carences du droit positif et les risques introduits par ces bouleversements tant pour l’individu que pour la société. Il en résulte la nécessité de réformes importantes visant à encadrer davantage le développement du fichage et des dispositifs de surveillance au regard des impératifs de sauvegarde des libertés fondamentales.

    Barbara Drevet, Les motifs d'exonération en droit pénal international, thèse soutenue en 2022 à Bordeaux sous la direction de Valérie Malabat, membres du jury : Olivier Cahn (Rapp.), Michel Massé (Rapp.), Anne-Laure Vaurs-Chaumette  

    En droit pénal international, les motifs d’exonération ont été invoqués dès le Jugement de Nuremberg et ont fait l’objet d’un examen jurisprudentiel par les tribunaux pénaux internationaux ad hoc. Pourtant, leur reconnaissance au sein d’un instrument juridique international n’a été opérée qu’en 1998 avec la création du Statut de Rome de la Cour pénale internationale. Cette consécration tardive révèle la difficulté du droit pénal international à concevoir que l’auteur d’une infraction internationale par nature puisse faire l’objet d’une exonération. La possibilité de bénéficier d’un motif d’exonération s’inscrit en effet mal dans la volonté de punir qui implique nécessairement une responsabilité pénale. Face à cette antinomie apparente entre la lutte contre l’impunité et l’admission d’un motif d’exonération, l’objet de l’étude est alors, à partir de la façon dont les motifs d’exonération sont prévus et appliqués, d’élaborer les caractéristiques propres à l’exonération en droit pénal international. Il faut pour ce faire déterminer leurs conditions de mise en oeuvre, ce qui permet de proposer leur modélisation autour des conditions substantielles et procédurales, et confronter ces conditions tant aux infractions internationales par nature qu’aux individus qui les commettent, ce qui permet de dresser les limites à la mise en oeuvre des motifs d’exonération en droit pénal international.

    Jean Gazelix, La prise en compte des éléments de personnalité du délinquant par le droit pénal, thèse soutenue en 2019 à Bordeaux sous la direction de Charlotte Claverie, membres du jury : Muriel Giacopelli (Rapp.), Jacques-Henri Robert (Rapp.)  

    L’étude des éléments de personnalité du délinquant relève avant tout du domaine des sciences comportementales telles que la psychologie, la psychiatrie, la criminologie ou encore la philosophie. Cependant, sous l’impulsion de la défense sociale, le droit pénal s’y est progressivement intéressé. Ce dernier ne considère plus le délinquant de manière abstraite mais le place au même rang que la gravité de l’infraction constatée. Pour ce faire, une connaissance approfondie de la personnalité était nécessaire, ce qui a conduit à une étroite collaboration entre le droit pénal et les sciences comportementales. Cette étude sur la personnalité du délinquant démontre que le droit pénal contemporain est axé sur les éléments de personnalité. Celui-ci en fait des éléments déterminants dans l’engagement de la responsabilité pénale et de la réaction pénale à la commission de l’infraction. En pratique, l’utilisation faite correspond à l’importance que leur accorde le législateur. Par exemple, au stade de l’instruction un dossier de personnalité est constitué. Ce dernier est souvent utilisé lors du jugement et au moment de la détermination de la peine. Cependant, le doute persiste toujours sur les moyens accordés par la justice pour évaluer la personnalité du délinquant. Quant aux éléments de personnalité pris en compte, ils diffèrent tout au long de la procédure. Ces derniers sont appréhendés différemment et par des personnes distinctes. Force est de constater que les éléments de personnalité affectent autant l’engagement de la responsabilité que la réaction pénale. Il est tout d’abord apparu que les conditions d’engagement de la responsabilité sont affectées par les éléments de personnalité du délinquant dont le dossier de personnalité en est un élément déterminant. Les conditions d’engagement de la responsabilité pénale ont été revues. Cela a permis de redéfinir les notions de culpabilité et d’imputabilité à l’aune des éléments de personnalité du délinquant. Si ces notions sont également dévolues à la personne morale, il est établi que la personnalité du délinquant telle que nous la concevons ne peut le lui être appliquée. Il a ensuite été question de s’intéresser à la réaction du droit pénal en réponse aux infractions commises. Cette phase est très importante au regard de la prise en compte de la personnalité du délinquant car la réaction pénale doit s’adapter tantôt à la gravité de l’infraction tantôt à la personnalité du délinquant. C’est aux magistrats du parquet et du siège qu’il revient la charge d’appliquer ce principe d’individualisation de la réponse pénale.

    Julien Valiergue, Les conflits d'intérêts en droit privé : contribution à la théorie juridique du pouvoir, thèse soutenue en 2016 à Bordeaux sous la direction de Guillaume Wicker, membres du jury : Thomas Genicon (Rapp.), Philippe Didier (Rapp.)  

    Le conflit d'intérêts désigne une opposition entre deux ou plusieurs intérêts distincts, relevant de personnes ou groupes de personnes eux-mêmes distincts. Il se peut que le conflit oppose l’intérêt d’une personne – ou l’intérêt d’une autre personne à laquelle elle est liée – à l’intérêt d’un tiers dont elle a par ailleurs la charge. Il est alors un risque que le conflit en cause ne soit réglé de manière illégitime, au préjudice de l’intérêt pris en charge. C’est à l’étude de ce type de conflit d’intérêts que la thèse se consacre. Elle propose de le rattacher à la théorie juridique du pouvoir. Le pouvoir y est défini comme la prérogative par laquelle son titulaire est habilité à participer à la création d’actes juridiques pour le compte d’autrui, par l’expression d’un ou plusieurs intérêts distincts du sien.Les pouvoirs peuvent faire l’objet d’une double différenciation. La première consiste à différencier les pouvoirs en fonction du rôle joué par leurs titulaires dans la détermination du contenu de l’acte juridique à créer. Elle aboutit à distinguer les pouvoirs intellectuels et les pouvoirs décisionnels. La seconde consiste à différencier les pouvoirs en fonction des devoirs pesant sur leurs titulaires. Elle aboutit à distinguer les pouvoirs-loyauté et les pouvoirs-impartialité. Ce rattachement du conflit d'intérêts à la théorie juridique du pouvoir a deux conséquences. Il permet tout d’abord d’en délimiter le domaine. Il permet ensuite de le définir. Le conflit d'intérêts correspond en effet à une situation de détournement potentiel de pouvoir. Il manifeste le risque que le titulaire du pouvoir n’agisse contrairement à son devoir. Il en découle une typologie des conflits d’intérêts. Celle-ci repose sur une distinction principale entre les conflits de loyauté et les conflits d’impartialité et sur deux distinctions secondaires : d’une part, la distinction des conflits directs et des conflits indirects ; d’autre part, la distinction des conflits d’intérêt et de devoir et des conflits entre devoirs. Cette différenciation des conflits justifie une différenciation de leurs traitements. En effet, les différents types de conflits ne présentent pas le même risque d’aboutir à un détournement effectif de pouvoir, ce dont leurs traitements devraient tenir compte. La typologie dressée se veut ainsi une typologie hiérarchisée pouvant servir à déterminer le traitement adapté à chaque type de conflit.

    Hélène Bioy, Le jour-amende en droit pénal français, thèse soutenue en 2014 à Bordeaux sous la direction de Valérie Malabat, membres du jury : Jocelyne Leblois-Happe (Rapp.), Muriel Giacopelli (Rapp.), Pierre Rouvière  

    Le jour-amende, introduit en France par la loi n°83-466 du 10 juin 1983, est une « peine pécuniairecorrectionnelle qui astreint le condamné à verser au Trésor public une somme, dont le montantglobal résulte de la détermination par le juge d'une contribution quotidienne pendant un certainnombre de jours, et qui peut être prononcée à la place de l'emprisonnement ou cumulativement ».Cette définition passe toutefois sous silence le second aspect de cette peine, dont la particularité,par rapport à l'amende ordinaire, réside dans la possibilité d'ordonner l'exécution d'une détentionpour une durée équivalente au nombre de jours-amende impayé. Cette sanction pénale est ainsicaractérisée par sa dualité matérielle, qui a conduit le législateur à lui attribuer un régime enapparente adéquation avec cette spécificité. Or, trente ans après sa consécration en France, lejour-amende peine à trouver sa place au sein du système répressif. Loin d'avoir satisfait auxespoirs portés par son introduction, dans un contexte de lutte contre les courtes peinesd'emprisonnement, le jour-amende semble se heurter à des difficultés liées à son fonctionnement.Sa dualité matérielle, qui est son atout majeur, a conduit à une réelle ambiguïté fonctionnelle. Uncertain nombre d'incohérences est à déplorer dans le système mis en place par le législateurfrançais. Ce constat, accentué par l'étude du droit comparé, conduit à la certitude que le jouramendedoit être réformé. Aussi, ce travail de recherche tend à élaborer un certain nombre depropositions pouvant servir de base à l'initiation d'une réflexion législative, en vue d'une réformequi semble indispensable.

    Yannick Joseph-Ratineau, La privatisation de la répression pénale, thèse soutenue en 2013 à AixMarseille sous la direction de Muriel Giacopelli, membres du jury : François Rousseau (Rapp.), Mélina Douchy-Oudot (Rapp.), Emmanuel Putman  

    Il est traditionnellement admis que le droit pénal a pour fonction de défendre l’intérêt général, ce qui explique le rôle prééminent de l’État tout au long du processus répressif. Pourtant, l’analyse du droit positif met en exergue une extension de la fonction normative du droit pénal en direction des intérêts privés, individuels ou collectifs qui ne peut que bouleverser les fonctions traditionnellement assignées à la responsabilité pénale et à la sanction pénale qui l’accompagne. Parce que les intérêts privés concurrencent l’intérêt général dans l’ordre des valeurs protégées par les textes d’incrimination, les règles de la responsabilité pénale et les fonctions de la sanction pénale sont désormais sollicitées pour résoudre des litiges entre particuliers, et assurer la réparation du dommage causé par l’infraction. Parce que la configuration des acteurs au procès pénal n’est que le reflet des valeurs protégées par la norme pénale, l’introduction des intérêts privés dans le champ de protection de la loi pénale a naturellement entraîné une mutation de la répartition traditionnelle des rôles processuels du juge et des parties dans le procès pénal au profit des parties privées. Même si cette mutation a trouvé dans l’influence du modèle européen de procès équitable le terreau favorable à une telle évolution, celui-ci n’a joué qu’un rôle catalyseur dans l’ascension des parties dans la maîtrise de la direction de l’instance pénale comme dans la maîtrise de la matière litigieuse ; la véritable cause de ces évolutions.

    Alice Boivinet, Les techniques audiovisuelles et la justice pénale : des outils au service de la justice ?, thèse soutenue en 2012 à Bordeaux 4 sous la direction de Jacques Faget et Dan Kaminski, membres du jury : Laurence Dumoulin (Rapp.), Laurence Leturmy (Rapp.), Cécile Vigour  

    Le développement des techniques audiovisuelles tout au long du XXème siècle, jadis réservéau domaine artistique puis progressivement étendu à d’autres sphères d’activités, n’a approchéque tardivement la justice.Plus particulièrement, la justice pénale n’a recours à ces innovations que depuis unequinzaine d’années. D’abord destinées à poursuivre des objectifs limités, les techniquesaudiovisuelles ont vu progressivement leur champ d’application s’étendre, jusqu’à devenir desoutils incontournables de la procédure pénale française.La présente étude, fondée sur une base empirique combinant analyse documentaire,entretiens semi-directifs et observations, tend néanmoins à démontrer que, malgré leur caractèreinévitable, et nonobstant les bienfaits que la justice pénale a su en tirer, l’introduction et lamise en oeuvre des techniques audiovisuelles en son sein ont eu des répercussions inattendues,de telle sorte que l’on peut se demander si elles n’ouvrent pas la voie vers une autre justice.

  • Daniel Ruiz, La loyauté de la preuve en procédure pénale française, thèse soutenue en 2023 à Perpignan sous la direction de Vanessa Valette, membres du jury : Jean-Baptiste Perrier (Rapp.), Philippe Conte    

    L'article 427 du Code de procédure pénale dispose que la preuve en matière pénale est libre. Cette preuve doitpermettre d'obtenir la vérité judiciaire afin de condamner la personne suspectée ou poursuivie. On assiste depuis de nombreuses années à l'essor d’un principe de loyauté de la preuve. Il va impacter la façon dont elle est recueillie et produite en justice et ce afin de protéger le procès équitable, la présomption d'innocence et les droits de la défense des personnes suspectées ou poursuivies. Cette notion conduit à un grand scepticisme quand elle consiste à l'application d'une règle morale judéo-chrétienne afin d'encadrer les comportements qui vont prendre place dans le cadre de la procédure pénale. Traditionnellement, la jurisprudence criminelle interdit les preuves qui sont obtenues de manière déloyale. La question de la loyauté de la preuve sera cependant différente qu'on l'étudie sous le prisme des preuves rapportées par les membres de l'autorité publique, ou bien des preuves rapportées par des personnes privées. Ce travail de recherche se propose de répondre aux problèmes posés par l’essor de la loyauté probatoire en procédure pénale française et notamment sur la question de ce que doit faire le juge pénal face aux preuves déloyalement ou illégalement recueillies. Deux solutions opposées peuvent être adoptées, l'admission inconditionnelle de ces preuves car elles sont probantes pour l'affaire en cours ou bien leur exclusion en vertu de la suprématie du respect d'une certaine moralité dans la découverte de la vérité. Une solution intermédiaire semble cependant pouvoir être dégagée. L'objet de ce travail de recherche est donc, d'une part d'étudier si la loyauté probatoire est appliquée de manière absolue en procédure pénale française. D'autre part, il s'agira de se concentrer sur les enjeux pratiques de la loyauté qui mettront en exergue la relativité du principe, en explorant comment il peut être influencé par plusieurs facteurs

    Manon Leblond, Le principe d'individualisation de la peine en droit pénal français, thèse soutenue en 2021 à Montpellier sous la direction de Anne Ponseille, membres du jury : Muriel Giacopelli (Rapp.), Julien Bonnet  

    Depuis le début du XXe siècle, le principe d’individualisation de la peine jouit d’une renommée grandissante. L’époque où la peine était fixée en fonction de la seule gravité des faits est révolue. Désormais, il est acquis qu’elle doit également être adaptée à la personnalité ainsi qu’à la situation du délinquant. Néanmoins, la réalité de la place occupée par le principe d’individualisation de la peine au sein du droit pénal français interroge. D’abord consacré par la loi, le principe a ensuite acquis une valeur constitutionnelle. Il s’est ainsi diffusé progressivement à de nouvelles mesures grâce à l’action combinée du législateur et du Conseil constitutionnel. Malgré l’importance accordée au principe, son affirmation demeure ambivalente eu égard aux nombreuses limites qui persistent et qui sont encore créées au service des politiques pénales successives et contradictoires. La mise en œuvre du principe obéit à ce même paradoxe. Alors que les outils d’individualisation de la peine se multiplient, ces derniers sont d’une complexité telle que le juge n’est plus en mesure de les utiliser correctement. À ces difficultés s’ajoute également le manque d’informations sur le prévenu. Démunie, la juridiction de jugement est contrainte d’utiliser régulièrement les mêmes peines de l’arsenal répressif, déléguant la mission d’individualisation à la juridiction de l’application des peines. Bénéficiant d’un plus grand recul, le juge de l’application des peines voit ses compétences se développer afin d’assurer une adaptation tardive de la peine. Si la généralisation récente de la motivation de la peine aurait pu servir l’individualisation, elle est encore trop aléatoire pour assurer l’effectivité du principe.

    Amélie Marcellin, Essai d'une théorie générale de la substitution en matière pénale, thèse soutenue en 2018 à Lyon sous la direction de Xavier Pin, membres du jury : Laurent Saenko (Rapp.), Édouard Verny et Patrick Mistretta    

    Du supin latin « substituere », la substitution désigne le fait de « mettre une personne ou une chose à la place d’une autre pour lui faire jouer le même rôle ». Utilisé dans de nombreux domaines, juridiques ou non, le mécanisme est actuellement intéressant en matière de lutte contre la surpopulation carcérale et la lenteur de la procédure pénale. Aussi, concernant le prononcé des peines, la substitution substantielle parfaite permet au juge pénal de remplacer la peine d’emprisonnement encourue par une peine non privative de liberté. Celle imparfaite octroie au juge le droit de prononcer un aménagement de peine, un sursis avec mise à l’épreuve ou un sursis avec obligation d’accomplir un travail d’intérêt général. Quant au procès pénal, la substitution procédurale parfaite conduit à l’évitement de ce procès par la mise en œuvre d’alternatives aux poursuites. Celle imparfaite consiste enfin à modifier certaines règles relatives au procès pénal afin d’accélérer la procédure et de renforcer son efficacité. Malgré ses avantages, la substitution, en matière pénale, n’est pas suffisamment connue ni maîtrisée par les professionnels et théoriciens. Ceux-ci dénoncent le manque de clarté et de précisions dans les règles relatives au mécanisme. Les ambiguïtés existantes nuisent à sa pertinence. Il est donc intéressant de s’interroger sur la possibilité de définir la substitution et d’en établir une théorie générale.

    Sabrina Delattre, Les peines préventives : étude comparée de leurs dynamiques en France, en Angleterre et au pays de Galles, thèse soutenue en 2017 à Paris 1 sous la direction de Geneviève Giudicelli-Delage, membres du jury : Olivier Cahn (Rapp.), Nicola Padfield  

    Si toutes les peines ont une fonction préventive, les peines préventives sont celles pour lesquelles la fonction de prévention devient prépondérante. La notion de peine préventive vise à comparer, en droit français et anglais, ainsi qu'au sein de chaque droit interne, diverses atteintes à la liberté, qu'elles soient ou non qualifiées de peines, qu'elles soient de nature pénale, civile ou administrative. Les peines préventives ont deux critères. La protection du public en est le critère-fin, tandis que la dangerosité en est le critère-moyen. L'étude des peines préventives est structurée autour de deux dynamiques. La première partie de l'étude est consacrée à la dynamique de construction du champ de ces peines. D'abord, cette construction est le fait d'une lente émergence, commençant par une élaboration théorique à partir de la fin du XVIIIe siècle et se poursuivant par des expérimentations dès la fin du XIXe. Ensuite, cette construction semble aboutir actuellement à la consécration des peines préventives en droit positif, bien que le modèle traditionnel et initial, celui de la privation de liberté, décline au profit d'un modèle complémentaire, en plein essor, celui de la restriction de liberté. À cette dynamique de construction s'ajoute une autre dynamique, celle du déploiement et de l'expansion des peines préventives hors de leur champ. D'une part, les peines préventives dénaturent certaines longues peines et les peines de réintégration dans la société. D'autre part, les peines préventives s'étendent en bouleversant les rapports entre la peine et l'infraction, en imprégnant de leur esprit le régime des atteintes à la liberté avant le jugement et avant l'infraction.

    Thibaut Aznar, La protection pénale du consentement donné par le consommateur, thèse soutenue en 2017 à Perpignan sous la direction de Vanessa Valette, membres du jury : Marie-Christine Sordino (Rapp.), Christine Gavalda-Moulenat et Yves Picod  

    La protection pénale du consommateur est un enjeu essentiel, à plus forte raison, à la suite des dernières réformes législatives intervenues en la matière. La protection du consentement du consommateur représente l'essence même de l'intervention du droit pénal dans la sphère consumériste. La question fondamentale qu'il convient de se poser est donc celle de savoir si ce droit pénal sanctionne les comportements délictueux dont peut faire preuve le professionnel de manière accessoire au droit civil ou bien, plus intéressant, s'il revêt une autonomie dans la protection du consentement du consommateur, sans être un simple droit sanctionnant et dissuasif.

    Céline Michta, L'administration de la preuve en droit pénal français : exemple et pratique judiciaire de la gendarmerie nationale, thèse soutenue en 2017 à Strasbourg sous la direction de Magalie Wagner, membres du jury : Jean-François Seuvic (Rapp.), Gilles Straehli et Olivier Courtet    

    « Depuis la constatation d'une infraction jusqu'au jugement de son auteur, toute la chaîne pénale est articulée autour de la question cardinale de la preuve ». Placées au coeur du procès pénal, la preuve et son administration sont aujourd'hui confrontées à de nouveaux enjeux. La modernisation de la société et le développement exponentiel des nouveaux moyens de communications et des nouvelles technologies, en tous domaines, bousculent l'administration de la preuve et les règles qui la régissent. Dans un même temps, les droits processuels s'invitent désormais aux côtés des droits fondamentaux, résultat de la place prépondérante prise par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme,mais aussi du droit pénal de l'Union européenne. Aussi, l’administration de la preuve doit profiter de cette période de crise d’identité pour se construire un socle juridique pérenne qui tient compte des nouvelles exigences juridiques, judiciaires et sociétales. Ainsi, l'administration de la preuve doit à la fois conduire à la manifestation de la vérité tout en garantissant les droits et les libertés fondamentales. Ensuite et afin de faire face aux enjeux et aux défis de son temps, l'administration de la preuve doit satisfaire à une double exigence, celle de la qualité et de l'efficacité de la loi. Tel est l'objectif de ces travaux, qui se voulant résolument pragmatiques, ont pour fil rouge la loi n°2011-392 du 14 avril 2011 relative à la garde à vue, et s'appuient sur la pratique judiciaire de la gendarmerie nationale, dont la mission ne se cantonne pas à la seule recherche de la preuve. En effet,cette Institution qui met en pratique quotidiennement les règles relatives à l'administration de la preuve se veut aussi être une force de proposition, notamment lors de la phase de conception de la loi.

    Arnaud Devaux, La catégorisation en droit de l'exécution des peines. Exemple pris des procédures particulières fondées sur la dangerosité des condamnés, thèse soutenue en 2016 à Poitiers sous la direction de Laurence Leturmy, membres du jury : Anne Ponseille (Rapp.)  

    Le droit de l'exécution des peines est un droit récent. Ce droit vise à encadrer l'exécution de la sanction prononcée par les juridictions de jugement en raison de l'infraction commise par le condamné. Ces règles permettent de concrétiser les fonctions de la peine qui sont de sanctionner et d'amender le condamné. Pour que ce droit soit efficace, il faut qu'il permette d'individualiser la peine, c'est-à-dire d'adapter l'exécution de la peine à l'évolution du condamné.La redécouverte du concept de dangerosité a amené le législateur à créer des mesures de sûreté. Ces mesures ne sont applicables qu'à un nombre restreint de condamnés. La systématisation des condamnés concernés par de nouvelles mesures de droit de l'exécution des peines, ainsi que des conditions procédurales supplémentaires, amène au constat que l'individualisation de la peine se fait par la catégorisation des condamnés. Le législateur choisit d'adapter les procédures du droit de l'exécution des peines aux catégories de condamnés qu'il estime être dangereux.Cette nouvelle approche de l'exécution de la peine interroge tant sur ses fondements théoriques que sur son efficacité pratique.

    Maxime Brenaut, Le renouveau des mesures de sûretés en droit pénal français, thèse soutenue en 2016 à Paris 2 sous la direction de Philippe Conte, membres du jury : François Rousseau (Rapp.), Agathe Lepage et Rémy Libchaber  

    En 1992, à l'occasion de la réforme du code pénal, décision fut prise d'unifier les différentes sanctions pénales sous la seule bannière de la « peine » ; ce faisant, l'existence formelle des mesures de sûreté semblait promise à une complète désuétude. Pourtant, à partir de 2004, par une volte-face remarquée, le législateur institua des mesures de sûreté expressément dénommées comme telles,rompant ainsi l'unité lexicale qu'il avait lui-même établie une décennie auparavant. Il en profitait, desurcroît, pour consacrer la notion contestée de dangerosité comme fondement desdites mesures.La doctrine y vit un « renouveau des mesures de sûretés ». Une telle réapparition formelle a certes des causes conjoncturelles évidentes, tenant à l'opportunité politique de déroger au régime des peines, notamment en matière d'application de la loi dans le temps, mais elle ne saurait s'y réduire ;en effet, elle s'explique encore par des raisons structurelles qui tiennent à la nature de la mesure de sûreté, devant s'analyser comme une fonction – la garantie de la bonne exécution par un individu dangereux de l'obligation de resocialisation mise à sa charge – susceptible d'être exprimée par divers mécanismes : peines complémentaires, mesures de la phase d'instruction, modalités d'application des peines…L'analyse démontre que la mesure de sûreté n'avait pas déserté le droit criminel et qu'en fait de« renouveau », il s'est principalement agi, pour le législateur français, d'en étendre l'empire en multipliant les supports de cette fonction de garantie.

    Alexandre Roy, Etude du principe d'individualisation en matière pénale, thèse soutenue en 2016 à Lyon sous la direction de Xavier Pin, membres du jury : Bruno Py (Rapp.), Patrick Mistretta et Muriel Giacopelli    

    Le principe d’individualisation de la sanction pénale constitue, aujourd’hui, la pierre angulaire du droit pénal et de la procédure pénale française. Toutefois, un courant de pensée contemporain issu du mouvement américain Law and Economics a émergé progressivement en France. Celui-ci serait le seul à pouvoir apporter une réponse pertinente aux questions juridiques contemporaines, en se fondant sur le pragmatisme et l’efficacité. Cette logique a d’abord investi la procédure pénale, mais le droit de la peine n’y échappe pas. L’efficacité d’une mesure renvoie à un objectif atteint, c’est-à-dire l’absence de réitération d’infractions. Alors, comment l’individualisation de la peine peut-elle permettre d’accroître l’efficacité de la sanction pénale ? En effet, celle-ci doit permettre de rendre la peine équitable pour lui donner du sens. Ainsi, les différents législateurs n’ont eu de cesse de diversifier les mesures pouvant être prononcées par le juge, afin d’accompagner les délinquants et de les ramener à la vie collective. La doctrine considère qu’une peine est plus efficace lorsque le délinquant participe à la mesure ; il est donc possible d’en développer de nouvelles, qui permettront de responsabiliser le délinquant, en s’inspirant des mesures de justice restaurative, et en modifiant le prononcé de la peine. La césure du procès pénal permettrait ainsi de se diriger vers une peine juste, équitable et à la fois individualisée.

    Astrid Garraud, La réforme pénitentiaire, thèse soutenue en 2015 à Nice sous la direction de Christine Courtin, membres du jury : Muriel Giacopelli (Rapp.), Jean-François Renucci, Jean-Paul Céré et Jean-Marie Delarue  

    Si la prison fait beaucoup parler d’elle, ses caractéristiques sont trop souvent connues par les données négatives qu’elle reflète. Révélées par de multiples facteurs dont le surpeuplement pénitentiaire, les violences carcérales ou encore la santé fragile des détenus (etc.), les problématiques de la prison remettent en question sa capacité à remplir ses missions de garde et d’accompagnement de la personne détenue. Dans ces conditions, la notion de réinsertion de l’individu incarcéré pourrait être largement compromise. Le sujet de cette thèse est loin d’être anodin : c’est précisément de ces difficultés que semble se nourrir le débat pénitentiaire. Ce sont, en effet, autant d’éléments qui font barrage à l’efficacité de notre réponse pénitentiaire mais qui donnent raison aux préconisations et impératifs européens d’humanisation des prisons. Encouragé par le droit supranational du Conseil de l’Europe, notre droit tiraillé entre deux perceptions sécuritaire et humaniste, se tourne vers d’autres solutions pour satisfaire à la qualité opérante de la politique pénale. Il faut donc faire le constat de l’avancée majeure de la probation, laquelle concurrence la sanction strictement pénitentiaire. Indéniablement, et parce que la peine de prison demeure, toutefois, la peine la plus élevée sur l’échelle de gravité des peines, des réflexions efficaces sont devenues indispensables pour guérir les maux du droit pénitentiaire. Cette thèse permet alors d’analyser la signification, en matière pénitentiaire, du terme « réforme » et souscrit ainsi à la réflexion d’une nouvelle structure émancipatrice du droit de l’exécution de la peine singulière que représente la peine privative de liberté.

    Catherine Tzutzuiano, L'effectivité de la sanction pénale, thèse soutenue en 2015 à Toulon sous la direction de Mélina Douchy-Oudot et Sylvie Cimamonti, membres du jury : Muriel Giacopelli (Rapp.), Édouard Verny  

    La question de l’effectivité de la sanction pénale fait régulièrement débat. La sanction pénale serait, bien souvent, partiellement effective. Il faut dire que selon une acception classiquement répandue, l’effectivité de la sanction pénale correspondrait au taux d’application de la sanction prononcée et au rapport de conformité entre la sanction prononcée et la sanction exécutée. Tout écart entre ces deux pôles serait la manifestation d’une situation d’ineffectivité. Cette approche de l’effectivité est réductrice, elle ne permet pas d’appréhender cette notion dans sa globalité. Considérant comme effectif « ce qui produit un effet », l’étude de l’effectivité de la sanction pénale ne peut se limiter à une simple vérification de la correspondance entre la sanction prononcée et la sanction exécutée, elle s’étend à l’appréciation des effets produits par la sanction. L’effectivité, qui est un état, ne peut se confondre avec l’exécution qui correspond à l’ensemble du processus permettant d’y parvenir. Au cœur de la recherche de production des effets de la sanction, l’exécution est alors source de l’effectivité recherchée. Selon toute probabilité, la sanction exécutée produira des effets. Pourtant, sauf à vider de son sens la notion d’effectivité, il n’est pas possible de considérer que tous les effets que la sanction est susceptible de produire relèvent de son effectivité. Seuls les effets conformes à la finalité qui lui est assignée intègrent cette notion. Tout en distinguant l’effectivité de l’efficacité, l’effectivité de la sanction s’appréciera à l’aune des effets qui contribuent au maintien de la paix sociale.

    Laure Pelletier, Le rôle du juge répressif dans les mesures pénales d'enfermement, thèse soutenue en 2015 à Besançon sous la direction de Béatrice Lapérou-Scheneider, membres du jury : Jean Pradel (Rapp.), Haritini Matsopoulou et Jocelyne Leblois-Happe  

    La thèse se propose d’aborder l’enfermement strictement pénal sous l’angle des pouvoirs du juge répressif. À partir du choix d’une classification binaire des mesures pénales d’enfermement, articulée autour du critère de culpabilité, deux mouvements distincts ont pu être identifiés. Tout d’abord, la première évolution porte sur le rôle du juge répressif dans l’enfermement qui se fonde sur le critère de culpabilité, autrement dit qui se justifie par la commission certaine de l’infraction pénale et qui vise principalement à punir son auteur. L’étude s’emploie à déterminer le degré de liberté qui est accordé au juge dans le processus de la peine d’enfermement. Sa souveraineté est sujette à une double mutation. Tandis qu’elle se trouve limitée dans le processus de recours à la peine d’enfermement, tantôt par le parquet, tantôt par le législateur, elle est au contraire pleinement consacrée lorsqu’il s’agit pour le juge d’adapter son exécution, de manière prépondérante au stade post-sentenciel et de manière plus ponctuelle au stade sentenciel. Ensuite, la seconde partie de la thèse tend à démontrer que le rôle du juge, dans le cadre de l’enfermement qui n’est pas la conséquence directe de la culpabilité, car ne remplissant pas une fonction essentiellement punitive, est en construction. L’étude distingue alors les mesures privatives de liberté pré-sentencielles, destinées au bon déroulement d’une procédure pénale, qualifiées d’ « enfermement procédural », de celles qui se fondent essentiellement sur la dangerosité de l’individu auquel elles s’appliquent, qualifiées d’« enfermement-sûreté ». Pour les premières, le rôle du juge semble être en quête d’équilibre, eu égard à l’impérieuse nécessité de concilier le respect de la présomption d’innocence et les nécessités de la détention comme ultima ratio, à travers la recherche permanente de la garantie judiciaire idéale. S’agissant des secondes, on assiste à l’émergence d’un rôle original, inédit, dépassant les frontières classiques du droit de punir. Pour preuve, depuis 2008, le juge peut, d’une part, tirer les conséquences juridiques de l’irresponsabilité pénale de l’auteur de l’infraction atteint d’un trouble mental et d’autre part, prononcer un nouvel enfermement à l’encontre d’une personne ayant déjà exécuté une première condamnation. Dans ces deux situations, le fondement de la dangerosité vient se substituer à la responsabilité pénale classique. En conclusion, à la charnière du droit de la peine et de la procédure pénale, cette étude se présente comme un essai de théorisation de l’évolution du rôle du juge répressif en matière d’enfermement et s’inscrit dans une réflexion plus globale sur l’office du juge au XXIème siècle.

    Philippe Collet, L'acte coercitif en procédure pénale, thèse soutenue en 2014 à Paris 2 sous la direction de Didier Rebut, membres du jury : Haritini Matsopoulou (Rapp.), Jacques Buisson et Agathe Lepage  

    Par essence coercitive, la procédure pénale française se compose d’une succession d’actes auxquels procèdent les autorités publiques. De nature différente, ceux-ci constituent principalement des mesures d’administration judiciaire, des actes de police judiciaire, des actes de poursuite ou d’instruction ou bien des actes juridictionnels. Parmi cette multitude d’actes, certains se révèlent coercitifs. Leur trait commun est de porter atteinte aux libertés individuelles. Il suffit d’évoquer les contrôles et vérifications d’identité, la garde à vue, les perquisitions et saisies, les interceptions de correspondances émises par la voie des télécommunications, les sonorisations et fixations d’images, le contrôle judiciaire, l’assignation à résidence avec surveillance électronique ou la détention provisoire. Ces actes, a priori hétérogènes, forment en réalité une catégorie propre. Correspondant à la réalité juridique, une notion d’acte coercitif existe en procédure pénale, parallèlement aux concepts traditionnels. Son critère principal réside dans la spécificité de son grief. Une classification bipartite des actes, fondée sur leur caractère coercitif ou non, devient alors possible. Au-delà d’un intérêt théorique tangible, des intérêts pratiques apparaissent. Par exemple, les actes interdits au juge d’instruction lorsqu’il découvre des faits nouveaux pourront être identifiés, eu égard à l’interdiction d’accomplir des actes coercitifs dans une telle situation. Cette notion bénéficie en outre d’un régime autonome. Elle obéit à des exigences constitutionnelles, conventionnelles et législatives qui permettent de dépasser les variations inéluctables des actes composant cette catégorie : la légalité, la nécessité et la proportionnalité, le contrôle effectif par l’autorité judiciaire, le respect de la dignité de la personne, de sa santé, etc. Si l’acte coercitif doit respecter les droits de la défense, il doit encore pouvoir être contesté dans tous les cas au moyen d’un recours juridictionnel. Ses abus demeurent enfin sanctionnés puisque le Code pénal réprime les abus d’autorité. Celui qui décide ou exécute un acte coercitif arbitraire s’expose ainsi à différentes poursuites.

  • Tiphaine Dourges, Répressions pénale et extra-pénales en droit comparé français et canadien : contribution à la théorie générale de la répression, thèse soutenue en 2022 à Bordeaux sous la direction de Olivier Décima et Simon Roy, membres du jury : Philippe Conte (Rapp.), Alexandre Stylios (Rapp.), Gaële Gidrol-Mistral  

    La convergence d’un certain nombre de mécanismes pénaux, administratifs, civils et disciplinaires quant à l’objet et la gravité de leurs sanctions et quant aux comportements sanctionnés suggère l’émergence, dans les droits français et canadien, d’une notion juridique unifiée de répression. Cette émergence est à la fois confirmée et renforcée par la consécration, dans les deux ordres juridiques étudiés, de notions jurisprudentielles permettant l’assimilation notionnelle des mécanismes extra-pénaux de sanctions aux mécanismes pénaux d’infliction des peines. Cette assimilation est fondée sur le caractère punitif ou répressif commun à ces différents mécanismes, conférant une forme d’unité à l’ensemble. Elle a en outre pour conséquence d’emporter l’application des garanties pénales constitutionnelles aux mécanismes extra-pénaux punitifs. C’est ainsi qu’en France, la qualification sanction ayant le caractère d’une punition permet aux justiciables de bénéficier notamment des garanties de l’article 8 de la DDHC lorsque lui sont imposées des sanctions administratives, civiles ou disciplinaires. Au Canada, les mécanismes extra-pénaux de sanctions peuvent être qualifiés de procédures pénales par nature et les sanctions punitives de véritables conséquences pénales et, à ce titre, entraîner l’application des garanties juridiques de l’article 11 de la Charte canadienne.Ce processus d’unification de la notion de répression n’est pas pourtant pas achevé. Malgré les utilisations législatives, jurisprudentielles et doctrinales fréquentes de la notion, le droit positif n’en donne aucune définition. L’analyse comparée des jurisprudences française, européenne et canadienne permet alors de démontrer tant la nécessité d’une telle définition que la possibilité d’en déterminer les critères. La répression peut ainsi être définie comme toute réaction juridique d’une gravité particulière trouvant sa cause dans une illicéité. Les trois critères de la répression, sa nature réactionnelle, sa gravité particulière et sa cause permettent de la distinguer plus aisément de la prévention, de la cessation de l’illicite et de la réparation.

    Valentin Weber, La pluralité de victimes en droit pénal, thèse soutenue en 2021 à Bordeaux sous la direction de Valérie Malabat, membres du jury : Philippe Conte (Rapp.), Guillaume Beaussonie (Rapp.)  

    La pluralité de victimes est une situation plutôt fréquente. Elle est pourtant souvent ignorée par le droit pénal qui a globalement été construit selon un schéma simple dans lequel la victime est unique. Il en découle que la pluralité de victimes constitue un élément de complexité qui invite à se demander si le droit pénal est suffisamment adapté à cette circonstance ou s’il peut l’être davantage. La question se pose alors essentiellement dans le cas où la pluralité de victimes est causée par un seul fait ce qui conduit à placer l’analyse sous l’égide de la règle ne bis in idem qui comprend deux dimensions distinctes. En droit pénal de fond, la règle exprime ainsi le principe de l’interdiction de punir un même fait plusieurs fois. Il en résulte que la pluralité de victimes est souvent indifférente. Pourtant, il est possible de penser qu’elle accroît parfois la culpabilité de l’individu qui commet une infraction à l’encontre de plusieurs personnes ce qui pourrait justifier de le punir plus sévèrement que s’il avait commis la même infraction contre une seule victime. Le but de la présente thèse est alors de montrer qu’une influence plus grande de la pluralité de victimes semble possible et de proposer un système inspiré de certaines législations pénales étrangères qui pourrait permettre de tenir davantage compte de cette circonstance et d’une façon qui paraît conforme à la règle ne bis in idem. En droit pénal procédural, la pluralité de victimes semble au contraire inviter à des solutions qui iraient au-delà de celles qui découlent actuellement de la règle ne bis in idem. En effet, la pluralité de victimes est notamment susceptible d’augmenter le risque de contradiction des décisions de justice rendues à propos d’un même fait en raison de la multiplicité des actions civiles individuelles possibles. La cohérence des décisions de justice semblerait alors pouvoir être davantage respectée en permettant notamment que les intérêts de la pluralité de victimes puissent être défendus dans le cadre d’une action de groupe pénale.

    Timothée David, L'objet en procédure pénale : contribution à l'étude des actes et des actions, thèse soutenue en 2020 à Bordeaux sous la direction de Olivier Décima, membres du jury : Philippe Conte (Rapp.), Antoine Botton (Rapp.)  

    L’objet en procédure pénale est une notion qui n’existe pas en tant que telle en droit positif. C’est ainsi que l’action publique est décrite comme seule action en procédure pénale, action ayant pour objet l’application d’une peine. Pourtant, une étude plus spécifique de la notion d’objet, fondée sur le postulat que l’objet correspond à un but recherché, à une opération réalisée, démontre que la procédure pénale connaît bien un objet. Ou plutôt deux objets étroitement liés qui peuvent être appréciés au regard des notions d’objet bien connues en droit civil et en procédure civil.L’étude des actes de procédure, au regard de leur objet, démontre à la fois que l’objet est bien présent en procédure pénale, mais aussi qu’il existe une influence de celui-ci. Les actes de procédure peuvent être classés selon leur finalité : probatoire, d’administration judiciaire, juridictionnelle, de préparation ou d’exécution. L’influence de ces catégories d’acte va se manifester au regard du régime des actes puisque, pour une catégorie donnée, existe un régime donné. Qui plus est, l’objet est d’ores et déjà pris en compte par différentes sanctions existantes en procédure pénale, à l’image du détournement de procédure qui s’appuie sur la finalité de l’acte, son objet, pour sanctionner tout abus.La diversité des actes de procédure et de leurs objets démontre qu’il existe notamment des voies de recours différentes. Or, l’existence de telles voies de recours suppose d’étudier l’action qui la met en œuvre. Il s’avère qu’existent alors en procédure pénale des actions à l’objet varié : établir la responsabilité de l’individu, rechercher sa responsabilisation. Il existe également des actions accessoires résultant de l’existence de l’infraction : l’action civile, l’action en simplification de la responsabilité pénale, l’action concourant à l’action relative à la présomption d’innocence (qui se subdivise également avec des objets plus précis). Il existe encore des actions accessoires à la procédure cette fois, l’action en incident contentieux, l’action en nullité, l’action en révision, l’action en contrôle des actes. En fonction de leur objet, les actions auront un régime également spécifique. A l’image de la classification des actions en procédure civile, la composition de la juridiction et l’office du juge sont ainsi influencés par l’objet de l’action. Ce faisant, l’objet des actes et des actions permet de rechercher une cohérence de la procédure pénale, regroupée non plus en fonction des lois successives mais d’objets identiques.

    Anaïs Danet, La présence en droit processuel., thèse soutenue en 2016 à Bordeaux sous la direction de Aurélie Bergeaud, membres du jury : Bertrand de Lamy (Rapp.), Natalie Fricero (Rapp.), Soraya Amrani-Mekki  

    A l’heure du développement des nouvelles technologies et de la multiplication deshypothèses de représentation, la présence physique et personnelle des différentsprotagonistes du procès dans les lieux de justice interroge. Mode traditionnel d’organisationdes rapports processuels, la présence paraît aujourd’hui remise en cause, notamment enraison des lourdeurs de la procédure qu’elle entraînerait. Pourtant, dans le même temps, desvoix s’élèvent pour reconnaître l’existence d’un principe de présence.La présence des acteurs du procès doit en effet conserver sa place au sein du droitprocessuel, en raison de sa légitimité tant juridique qu’économique dans l’organisation duprocès. Elle apparaît alors comme le substrat d’un principe directeur du procès selon lequelles opérations procédurales déterminantes sur l’issue du litige se déroulent en présence desparties, duquel découleraient de nombreuses situations juridiques présentielles. Ce nouveauprincipe de présence, encore à l’état latent à l’heure actuelle, gagnerait à être renforcé afinde préserver une justice à visage humain.

    Hania Kraba, Les voies de recours à l'encontre des sanctions disciplinaires carcérales en droit français et canadien, thèse soutenue en 2014 à Nice sous la direction de Fabienne Ghelfi-Tastevin et Hugues Parent, membres du jury : Julie Desrosiers, Amissi Melchiade Manirabona et Roger Bernardini  

    Etroitement liée aux droits du détenu, la question des décisions disciplinaires au sein des prisons occupe aujourd’hui une place prééminente dans le débat sur les réformes des politiques pénitentiaires en France et dans d’autres États européens. Le droit au recours est un droit capital, aussi important que les droits garantis dans les textes et conventions relatifs aux droits fondamentaux. Sa valeur n’a d’existence que si sa mise en oeuvre pratique est réelle, en d’autres termes qu’il puisse s’exercer sans réserve tout en réprimant sa violation. Ce droit n’a de cesse, jusqu'à récemment encore, de faire les frais d’une jurisprudence européenne dense, du fait des violations répétées dont il fait l’objet. Ceci est particulièrement le cas concernant les décisions disciplinaires carcérales, lesquelles peuvent produire d’importantes conséquences sur la durée et la qualité de vie du détenu. Réformer le régime juridique des décisions disciplinaires carcérales et sa procédure de manière à ce qu’elle s’applique en accord avec les principes fondamentaux des droits de l’Homme et en harmonie avec les principes de sécurité publique, est progressivement devenu une préoccupation majeure en matière de politique pénitentiaire pour le législateur. Aussi, rechercher le juste équilibre entre les missions de sécurité publique et de maintien de l’ordre d’une population dite « sensible et vulnérable », et cela dans le respect des droits fondamentaux, constitue l’un des objectifs premiers de cette étude. Il s’agit donc de réfléchir à une nouvelle conception de l’application du droit dans les prisons, notamment du droit au recours effectif, au moyen d’une approche comparative portant sur le cas de la France et du Canada. Ce choix est principalement motivé par la dualité des systèmes juridiques en présence, leur considération universaliste des droits de l’Homme, et leur conception différenciée du système pénitentiaire

    Sarah-Marie Cabon, La négociation en matière pénale, thèse soutenue en 2014 à Bordeaux sous la direction de Valérie Malabat, membres du jury : Pascal Beauvais (Rapp.), Bertrand de Lamy (Rapp.), Jacques-Henri Robert  

    Parler de négociation en matière pénale peut, de prime abord, semblerantinomique. Issue par tradition du modèle accusatoire de justice pénale, la logiqued’intégration du consensus dans le champ de la répression s’observe pourtant dans lesystème procédural à l’égard de procédures dont le fonctionnement est entièrementconditionné par l’aveu. Instrument au service de la répression des pratiquesanticoncurrentielles, du traitement du contentieux de masse ou de la lutte contre lacriminalité organisée, la négociation se présente aujourd’hui comme un processus dont lelégislateur ne peut plus faire l’économie. De ce constat est née la volonté d’appréhender lephénomène au moyen d’une définition qui permet d’une part, de mieux cerner l’articulationdes diverses modalités de la négociation avec les modes de réponse pénale traditionnels,d’autre part d’en apprécier les conséquences notamment au regard des principes directeursde la matière. Plaçant l’autorité de poursuite au rang d’acteur principal du système judiciaire,le processus de négociation nécessite l’élaboration d’un cadre juridique strict afin d’assurerla garantie des droits fondamentaux du justiciable. Si l’échange qui s’établit entre l’autoritéde poursuite et la personne mise en cause révèle l’existence d’un accord, l’étude dufonctionnement concret des procédures de négociation ne permet pas de conclure à laréalité d’un contrat. Illustration de la logique probatoire à l’oeuvre dans le système répressifnord-américain, le développement de la négociation doit s’inscrire dans le respect d’unéquilibre entre les impératifs d’efficacité et le respect des principes qui confèrent à la justicepénale française son identité.

    Charlotte Claverie, L’habitude en droit pénal, thèse soutenue en 2011 à Bordeaux 4 sous la direction de Valérie Malabat, membres du jury : Bertrand de Lamy (Rapp.), Dominique Fenouillet  

    L’habitude est un concept connu de nombreuses disciplines telles que la philosophie ou la psychologie. Si le droit ne fait pas figure d’exception, la fonction répressive du droit pénal confère à l’habitude un sens particulier en sanctionnant l’habitude pénale.Loin d’assimiler l’habitude pénale à l’habitude criminelle, la thèse en retient une conception purement juridique et objective, détachée de toute référence à la dangerosité du délinquant. L’étude, résolument technique, propose, à partir de cinq institutions (infraction d’habitude, circonstance aggravante d’habitude, récidive, réitération d’infractions et concours réel d’infractions) une notion unitaire de l’habitude pénale et une répression adaptée à la criminalité particulière du délinquant d’habitude. L’habitude est alors définie comme un ensemble de comportements répétés unis par un lien juridique consistant principalement en un lien d’analogie et un lien temporel. Cette notion a permis de déduire une répression de l’habitude adaptée à son particularisme. Ainsi, son régime juridique est influencé par sa double structure, matériellement plurale et juridiquement unitaire, de même que sa sanction est influencée par le lien unissant les comportements.En puisant des exemples de comparaison dans les législations pénales étrangères et au sein du droit privé français, l’étude permet également de mettre en évidence les atouts et les faiblesses du droit pénal français dans l’appréhension de l’habitude pénale.

    Clément Margaine, La capacité pénale, thèse soutenue en 2011 à Bordeaux 4 sous la direction de Philippe Conte, membres du jury : Philippe Bonfils (Rapp.), Valérie Malabat  

    Définie à l’origine comme l’aptitude à la sanction, la capacité pénale peut s’entendre plus largement comme résumant l’ensemble des aptitudes subjectives, c’est-à-dire propres au délinquant, indispensables à l’engagement et à la sanction de sa responsabilité pénale. Ces aptitudes sont de deux ordres. L’aptitude à l’infraction et l’aptitude à l’imputation de cette infraction conditionnent le jugement de responsabilité et contribuent à en assurer la dimension morale. L’aptitude à la sanction ou capacité pénitentiaire joue un rôle plus original puisqu’elle apparaît comme le fondement de la personnalisation de la peine, permettant d’adapter la sanction pénale à la personnalité et aux besoins de celui qui doit la subir.

    Yannick Capdepon, Essai d’une théorie générale des droits de la défense, thèse soutenue en 2011 à Bordeaux 4 sous la direction de Jean-Christophe Saint-Pau, membres du jury : Patrick Morvan (Rapp.), Xavier Pin (Rapp.), Guillaume Wicker  

    Si l’on s’accorde à dire que les droits de la défense sont un principe fondamental du droit processuel sans lequelune procédure ne saurait être dite équitable, le sens technique de cette notion demeure aujourd’hui toujoursobscur. En effet, l’approche traditionnelle consistant à définir les droits de la défense comme un ensemble degaranties dont dispose toute partie à une procédure afin d’y défendre ses intérêts ne parvient pas à lever toutesles incertitudes et, surtout, ne permet pas de comprendre rationnellement l’ensemble des hypothèses danslesquelles on peut constater leur utilisation technique et concrète.En arrière-plan des différentes garanties, les droits de la défense semblent se présenter comme un conceptdistinct de celles-ci. Ils sont en eux-mêmes une véritable norme introduite en droit positif sous la forme d’unprincipe fondamental dont les différentes garanties assurent l’effectivité. Imposant que toute personne soumise àun pouvoir décisionnel soit mise en mesure de se défendre, c’est-à-dire de soutenir ou de contester uneprétention, cette norme irrigue concrètement le droit positif en fondant aussi bien la nullité d’une procédure quel’irresponsabilité pénale de l’auteur d’une infraction.