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Bien juger : du symbole aux actes

Colloque

Bien juger : du symbole aux actes

Du mercredi 22 novembre 2017 au jeudi 23 novembre 2017

Présentation

 

Le 30 juin 2017, le nouveau Tribunal de Justice de Paris a été livré. Voulu par son architecte, Renzo Piano, comme « le symbole fort du Grand Paris », celui-ci va modifier profondément le paysage urbain et le rapport que la capitale entretient avec sa périphérie. L’architecte génois inscrit son édifice dans la tradition de l’humanisme civique, sur le socle de la civitas que l’on peut traduire par le vivre ensemble. Il s’agit avant tout de rompre avec le modèle architectural du Temple de la Justice inventé au XIXe siècle, qui, malgré sa cohérence, visait avant tout à culpabiliser et intimider les justiciables. La nouvelle symbolique, comme le souligne Antoine Garapon, tend à un nouvel équilibre entre la nécessaire solennité des lieux, leur insertion dans la ville et l’attention portée aux justiciables, tout en se gardant de banaliser le lieu où l’on rend la justice.

À cette occasion, et dans la mesure où cet édifice est le premier jalon d’un temps fondateur, il nous a paru judicieux de proposer un double événement qui lie la visite in situ de cet édifice à deux jours de réflexion et de débats sur ce que pourrait être la symbolique judiciaire à l’aube du XXIe siècle. Il est nécessaire de saisir la fonction symbolique de la justice pour réfléchir sur sa visibilité dans la cité et sur l’image qu’elle donne d’elle-même à ses justiciables.

Depuis quelques décennies, l’architecture judiciaire a connu un renouvellement profond et il apparaît que l’ancienne symbolique (les mythes -Astrée, Diké ou Thémis-, les images de la Loi, les statues et programmes allégoriques) ne parle plus au plus grand nombre et semble d’un autre âge. Les élites sont rejetées et les programmes symboliques anciens semblent renvoyer à une transcendance numineuse aujourd’hui caduque. Le palais de Justice contemporain repose bien souvent sur un impératif de transparence : c’est la notion d’ accountability qui prime et qui est traduite par l’omniprésence du verre. Or ce fantasme panoptique, très visible dans notre société, n’est pas toujours bien perçu ni admis par ceux qui le subissent. Que signifie alors pour un architecte, un anthropologue mais aussi un usager du bâtiment, ce défi sociétal qui consiste à inventer une nouvelle symbolique judiciaire ?

Le but de ce colloque est de réunir plusieurs approches (philosophie, histoire du droit et de l’architecture, histoire de l’art, sociologie et anthropologie) pour élaborer un point de vue critique sur l’ébullition en cours. L’histoire et la sémiologie des décors de justice contemporains constituent un champ de recherche largement ouvert, qui se situe au cœur des interrogations actuelles sur les missions de la justice dans la société contemporaine. Le défi est lancé à notre démocratie car sans efficacité symbolique, son message risque de devenir moribond.

 

Programme

 

Mercredi 22 novembre 2017

 

13h45 : Accueil du public

 

Les libraires au Palais

14h00 : Introduction historique :
Le commerce de librairie au Palais de la Cité
Nicolas Lyon-Caen, Chargé de recherches au CNRS, IHMC

Présentation de plusieurs ouvrages à la croisée du droit et de la littérature
Fabrice Defferrard, Directeur éditorial chez Mare & Martin et auteur

Présentation de l’exposition : » La Loi , entre vous et nous » (Grilles du jardin du Luxembourg, de sept. 2017 à janv. 2018)
Noëlle Herrenschmidt, Journaliste reporter, à propos du dessin d’audience

Présentation de la revue : « Droit et Littérature »
Yves-Edouard Le Bos, MCF, Paris III Sorbonne Nouvelle

Présentation d’ouvrages sur les séries judiciaires
Barbara Villez, Professeur à Paris VIII

16h30 : Pause

16h45 : Juger et raconter, quel rapport ?
François Ost, Professeur à l’Université Saint-Louis, Bruxelles, membre de l’Académie royale de Belgique, dramaturge

17h30 : Pause

 

Lecture théâtrale

La nuit la plus longue. Sade et Portalis au pied de l’échafaud
Pièce de François Ost, mise en espace Jean-Claude Idée, production Magasin d’écriture théâtrale à Bruxelles, Universités populaires du Théâtre (Bruxelles, Paris, Avignon)

18h00 : Présentation et contexte

18h15 : Lecture théâtrale

19h45 : Débat avec le public, illustré de lectures d'autres pièces de François Ost (Antigone voilée et Camille Claudel)

21h00 : Fin de la journée

 

Jeudi 23 novembre 2017

 

8h30 : Accueil du public

 

Les peines symboliques

Présidente de séance : Haritini Matsopoulou, Professeur de droit pénal, Université Paris-sud, Directrice de l'IEJ

 

9h15 : Le crime, muse du châtiment : la symbolique de l’infraction dans l’exécution des peines dans le ressort du parlement de Flandre
Sébastien Dhalluin, Historien du Droit, Université de Limoges, OMIJ

9h45 : Dame Justice et le bailli humilié : Le bailli devant Dame Justice par Guillaume Dannolle (XVIe siècle)
Valérie Hayaert, Résidente 2016-2017 de l'IEA de Paris

10h15 : Des traces et des hommes. Imaginaires à travers des gravures et graffiti du Château de Selles – Etudes et valorisation d’un patrimoine historique et social
Alice Cornier, Directrice du Musée des Beaux Arts de Cambrai
Nicolas Mélard, Conservateur archéologie au C2RMF

10h45 : Discussion

11h00 : Pause

 

Les représentations artistiques de la justice

Président de séance : Xavier Perrot, Directeur de l'OMIJ et Professeur d'histoire du droit à l'Université de Limoges

 

11h15 : La justice à l’opéra
Franck Monnier, Historien du Droit, Université de Versailles Saint Quentin

11h45 : Dame Justice au cinéma
Nathalie Goedert, Historienne du Droit, Université Paris Sud, OMIJ

12h15 : Le dispositif du procès dans les performances d’art contemporain
Ninon Maillard, Historienne du Droit, Université de Nantes, DCS UMR 6297

12h45 : Discussion

 

13h00 : Pause déjeuner

 

La symbolique judiciaire dans les Palais de Justice contemporains

Président de séance : Antoine Garapon, Magistrat, secrétaire général de l’Institut des Hautes Etudes sur la Justice

 

14h30 : La constitution bâtie. Diaphanité et intemporalité de l’architecture juridique
Carolin Berhmann, Historienne d’art, directrice du projet d’iconologie des images juridiques à l’Institut Allemand d’Histoire de l’Art de Florence « The Nomos of Images »

15h00 : Le juge international en son palais – heurs et malheurs
Catherine Kessedjian, Professeur émérite de l’Université Panthéon-Assas Paris II, Vice-Chair de l’International Law Association et Présidente de sa branche française

15h30 : La construction du siège de la Cour pénale internationale à la Haye, entre symbolique et polémiques
Virginie Saint-James, MCF, Université de Limoges, Faculté de droit et des sciences économiques, OMIJ-IiRCO

16h00 : Discussion

16h15 : Pause

 

Le droit vu par des artistes

Président de séance : Frédéric F. Martin, Professeur d'histoire du droit, Université de Nantes

 

16h30 : Den Norske Idealstaten (The Norwegian Republic) is an art project consisting in rewriting Plato’s Republic with the people of Norway
(présentation en anglais)
Alt Går Bra, Artistes plasticiens

17h00 : La justice danse les corps
Béatrice Villemant, Danseuse et performeuse

17h30 : Que peut voir un artiste à La Haye aujourd’hui ? Et que peut-il donner à voir ? (Observations à partir de la transcription poético-juridique du procès Katanga et Ngudjolo par Franck Leibovici et Julien Seroussi)
Joel Hubrecht, Institut des hautes études sur la justice - Responsable du programme justice pénale internationale et justice transitionnelle

18h00 : Discussion

18h30 : Conclusion du colloque et directives pour la publication des actes

 

 

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