Pierre Esplugas-Labatut, Stéphane Caporal, Sylvie Torcol, Droit constitutionnel, Ellipses, 2025, 445 p.
Le présent ouvrage de droit constitutionnel est écrit par trois auteurs dans un style direct, simple et détaillé. Il est tout d'abord destiné aux étudiants de Licence en Droit et AES 1re année en abordant la "Théorie du droit constitutionnel" et "l'histoire constitutionnelle française" généralement traités au 1er semestre ainsi que le "Droit constitutionnel de la Ve République" étudié au 2e semestre. Il est aussi susceptible d'intéresser des étudiants plus confirmés, des doctorants ou des spécialistes de la discipline avec des parties moins habituelles relatives aux "Droits constitutionnels comparés" et à des "Éléments de droit constitutionnel européen".
Pierre Esplugas-Labatut, Michel Verpeaux, Laurence Baghestani-Perrey, Xavier Bioy, Anne-Laure Cassard-Valembois [et alii], Droit constitutionnel 2026: 2026 méthodologie & sujets corrigés, Dalloz, 2025, Les annales du droit, 289 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Michel Verpeaux, Laurence Baghestani-Perrey, Xavier Bioy, Vincent Boyer [et alii], Droit constitutionnel 2025: 2025 méthodologie & sujets corrigés, Dalloz, 2024, Les annales du droit, 286 p.
Destinées aux étudiants suivant un enseignement juridique (licence en droit, IEP, etc.), les Annales Droit constitutionnel regroupent en un seul ouvrage : Des sujets d'examen corrigés, donnés dans une vingtaine d'Universités françaises corrigés par les enseignants responsables de la matière et traitant de manière systématique les principaux thèmes du programme de droit constitutionnel ; Des conseils méthodologiques : exposés des techniques de la dissertation, du commentaire d'arrêt, de l'étude de cas et de la recherche documentaire permettant de réussir les différents types d'exercices proposés dans le cadre du contrôle continu, des examens ou des concours
Pierre Esplugas-Labatut, Le Conseil constitutionnel: 10 e édition, Lefebvre Dalloz, 2023, Connaissance du droit, 215 p.
Ce livre s’adresse à tous ceux qui veulent connaître l’essentiel sur le Conseil constitutionnel : organisation, fonctionnement, jurisprudence, question prioritaire de constitutionnalité (QPC). Dans un style direct et imagé, sans donner dans un registre hyper-contentieux, l’auteur resitue le Conseil constitutionnel
et sa jurisprudence dans son environnement politique ou institutionnel et s’interroge :
• Le Conseil mérite-t-il toutes les louanges – ou les critiques –qui lui sont adressées ?
• Est-il bien, autant qu’on l’affirme, un protecteur attentif des
droits fondamentaux contre les atteintes du législateur ?
• Existe-t-il un « bloc de constitutionnalité » et quelle est la
place des traités internationaux dans la pyramide de normes ?
• Qu’est devenue la distinction entre la loi et le règlement ?
• Quelles sont les évolutions induites par la QPC ?
• La politisation du Conseil est-elle un leurre ?
• Sommes-nous menacés par un « gouvernement des juges » ?
Pierre Esplugas-Labatut, Le service public. 5e édition, Dalloz, 2023, Connaissance du droit, 178 p.
Le service public a été pensé, au début du xxe siècle, comme un modèle théorique original afin de forger les grands cadres modernes de l’État, de l’administration et du droit administratif. Ce modèle doit aujourd’hui s’adapter. Les changements opérés, en droit interne comme en droit de l’Union européenne, se traduisent notamment par une diversification des modes de gestion, une ouverture à la concurrence ou encore le souci de mieux satisfaire les besoins de l’usager, devenu client, au détriment peut-être de l’intérêt général. Conçu dans une perspective juridique, cet ouvrage prend en compte l’évolution des services publics non seulement en droit administratif mais aussi en droit constitutionnel, droit de l’Union européenne et droit public des affaires ou de l’économie. Il ne néglige pas pour autant l’étude du ou des services publics dans leur environnement politique ou économique. Enfin, de nombreux exemples concrets de services publics alimentent une réflexion générale sur ce thème.
Pierre Esplugas-Labatut, Stéphane Mouton, Xavier Magnon, Marie-Élisabeth Baudoin, Grégoire Bigot [et alii], Le juge dans le constitutionnalisme moderne, Institut francophone pour la justice et la démocratie, 2023, Colloques & Essais, 376 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Stéphane Caporal, Philippe Ségur, Sylvie Torcol, Droit constitutionnel - 2e édition, Ellipses, 2023, 415 p.
Ce manuel de droit constitutionnel a pour ambition de satisfaire au double critère de la pédagogie et de l'excellence. Reprenant la structure classique du plan de cours, cet ouvrage s'attache à donner aux lecteurs des clés de compréhension de la matière par une démarche méthodique et guidée qui n'exclut ni l'exhaustivité ni la rigueur du propos. Pour ce faire, des rubriques systématiques scandent le cours et des exercices corrigés sont proposés en fin de chapitres.Ce manuel est, avant tout, destiné aux étudiants de Licence en Droit et AES de 1re année en abordant la "Théorie du droit constitutionnel" et "l'Histoire constitutionnelle française" généralement traités au 1er semestre ainsi que le "Droit constitutionnel de la Ve République" étudié au 2e semestre. Néanmoins, il est aussi susceptible d'intéresser des étudiants plus confirmés, des doctorants ou des spécialistes de la discipline avec des parties moins habituelles relatives aux " Droits constitutionnels comparés " et à des " Eléments de droit constitutionnel européen ".
Pierre Esplugas-Labatut, Stéphane Mouton, Jordane Arlettaz, Julien Bonnet, Pierre-Yves Gahdoun (dir.), Représentation et gouvernement : quels modèles électoraux ?, Mare et Martin Editions, 2022, Droit public, 268 p.
Les actes de cet ouvrage visent, d'une part, à rechercher la place des mécanismes électoraux dans le fonctionnement d'une démocratie moderne et, d'autre part, à évaluer leur efficacité.
Pierre Esplugas-Labatut, Stéphane Caporal, Philippe Ségur, Sylvie Torcol, Droit constitutionnel (3e édition), Ellipses, 2022, Spécial droit, 448 p.
Le présent ouvrage de droit constitutionnel est écrit par quatre auteurs dans un style direct, simple et détaillé. Il est tout d'abord destiné aux étudiants de Licence en Droit et AES 1re année en abordant la "Théorie du droit constitutionnel" et "l'histoire constitutionnelle française" généralement traités au 1er semestre ainsi que le "Droit constitutionnel de la Ve République" étudié au 2e semestre. Il est aussi susceptible d'intéresser des étudiants plus confirmés, des doctorants ou des spécialistes de la discipline avec des parties moins habituelles relatives aux "Droits constitutionnels comparés" et à des "Éléments de droit constitutionnel européen".
Pierre Esplugas-Labatut, Michel Verpeaux, Xavier Bioy, Alexis Bouillo, Jean-Pierre Camby [et alii], Droit constitutionnel 2023: 2023 méthodologie & sujets corrigés, Dalloz, 2022, Les annales du droit, 238 p.
Destinées aux étudiants suivant un enseignement juridique (licence en droit, IEP, etc.), les Annales Droit constitutionnel regroupent en un seul ouvrage : Des sujets d'examen corrigés, donnés dans une vingtaine d'Universités françaises corrigés par les enseignants responsables de la matière et traitant de manière systématique les principaux thèmes du programme de droit constitutionnel ; Des conseils méthodologiques : exposés des techniques de la dissertation, du commentaire d'arrêt, de l'étude de cas et de la recherche documentaire permettant de réussir les différents types d'exercices proposés dans le cadre du contrôle continu, des examens ou des concours
Pierre Esplugas-Labatut, Le Conseil constitutionnel, Dalloz, 2020, Connaissance du droit, 213 p.
Le Conseil constitutionnel constitue aujourd’hui une véritable Cour constitutionnelle (1ère partie). A ce titre, sa fonction de contrôle porte désormais principalement sur la « protection des droits fondamentaux » ce qui justifie que celle-ci soit étudiée dans cet ouvrage prioritairement par rapport à d’autres missions pourtant premières d’un point de vue chronologique (2ème partie). Ces secondes missions correspondent au contrôle institutionnel des pouvoirs législatif et exécutif (3e partie).
Du point de vue de la méthode, sans donner délibérément dans un registre hyper-contentieux propre à de nombreuses études dédiées à cette institution, le propos de cet ouvrage est de faire vivre le Conseil constitutionnel et sa jurisprudence dans son environnement politique et institutionnel.
Pierre Esplugas-Labatut, Xavier Bioy, Alain Laquièze, Thierry Rambaud, Frédéric Rouvillois [et alii], Le président de la Ve République et les libertés, CNRS Éditions, 2019
Ce livre tente d'établir un bilan historique, politique et juridique, de l'action des différents présidents de la République en ce qui concerne la protection, parfois aussi la restriction, des libertés fondamentales. Les chercheurs étudient en outre la palette des instruments juridiques dont les présidents se sont dotés pour agir dans ce domaine et comment le rôle du Président a pu être également variable en fonction des personnalités et des contextes politiques et sociaux. Des analyses générales de l'implication présidentielle alternent avec l'étude plus précise de quelques grandes libertés (vie privée, religion, expression, droits politiques...). Sont rassemblés les souvenirs de quelques « grands témoins » des différents mandats présidentiels comme Robert Badinter, Michel Charasse, Claude Guéant, Jean-Paul Costa... Mais cet ensemble réunit aussi certains des meilleurs spécialistes du droit public et de la science politique dans des analyses historiques et juridiques
Pierre Esplugas-Labatut, Le service public, Dalloz, 2018, Connaissance du droit, 172 p.
Il a souvent été évoqué à partir des années 1950 – au point d’en être banal – l’idée de crise de service public. Cette crise existe bel et bien si l’on se réfère à la remise en cause du modèle unitaire tel que tracé par les fondateurs de l’école de Bordeaux. Il est vrai que l’on ne peut plus se rattacher à l’idée commode pour définir le service public de l’association invariable de ses éléments constitutifs, à savoir une personne publique, un intérêt général strictement conçu et un régime juridique dérogatoire au droit privé. Dans le même sens, sans doute le service public n’est plus – à supposer qu’il l’ait été un jour – le critère général du droit administratif. De même, chacune des lois du service public connaît en pratique de sérieuses entorses.
En fait, ce modèle unitaire, qualifié parfois de « conception française du service public », n’a jamais revêtu qu’une dimension théorique. Il existe donc d’autant moins de raisons de s’accrocher à ce modèle vieilli. On est alors en droit de penser que la crise annoncée n’est qu’une crise de croissance si l’on admet que le service public répond en réalité à un modèle pluriel.
On a assisté effectivement à une multiplication des figures. Ainsi, autrefois principalement géré selon le système de la régie, le service public fait appel à diverses structures comme les établissements publics, administratifs ou industriels et commerciaux, les groupements d’intérêt public, les agences, les sociétés commerciales à capitaux publics, d’économie mixte ou totalement privées, ou même des associations. En outre, les agents des services publics ne sont plus nécessairement des fonctionnaires et sont parfois assimilés à de simples salariés. De la même manière, alors que les services publics avaient traditionnellement pour vis-à-vis des usagers, certains services publics industriels et commerciaux s’adressent plutôt à des clients. Enfin, au niveau européen, le concept de service public a été remplacé par des notions voisines mais non identiques de « service d’intérêt général », « service d’intérêt économique général », « services sociaux d’intérêt général » ou de « service universel ». Dans les secteurs économiques nouvellement ouverts à la concurrence, les services publics ont abandonné leur position de monopole ; ils se voient ainsi appliquer un droit de la concurrence mais qui admet des dérogations pour tenir compte de leur mission particulière d’intérêt général.
En définitive, l’évolution contemporaine des services publics montre de sensibles différences avec le modèle théorique initial. Ceci témoigne sans doute d’une perte de spécificité de la conception française du service public qu’il ne convient pas pour autant de regretter. Nous avons en effet souligné que les usagers nourrissaient parfois une forte insatisfaction à l’égard des services publics. Or, l’Europe est sans doute une occasion unique pour réussir une rénovation qui en toute hypothèse était nécessaire.
Cette rénovation a été largement engagée dans les services dits de réseaux. Sans doute, le temps n’est-il plus à une résistance frontale face aux réformes suscitées par le droit de l’Union européenne ; en revanche, une méfiance persiste si l’on en juge par les transpositions a minima, voire incorrectes, de directives européennes en droit interne, par exemple, dans les secteurs ferroviaire, postal ou de l’énergie. Il reste que ces réformes obligent ainsi à ce que le service public ne soit plus à un bloc monolithique sans pour autant qu’il ne soit remis en cause en tant que tel.
D’un point de vue plus juridique enfin, ces développements ont permis de constater que le service public occupe toujours, sous une forme ou une autre, une place essentielle en droit administratif, constitutionnel et européen. On doit donc conclure, au-delà des effets trompeurs de mode, non pas à un état de crise du service public mais à une vitalité renouvelée.
Pierre Esplugas-Labatut, Stéphane Caporal, Philippe Ségur, Sylvie Torcol, Droit constitutionnel, Ellipses, 2017, Spécial droit, 397 p.
Le présent ouvrage de droit constitutionnel est écrit par quatre auteurs dans un style direct, simple et détaillé. Il est tout d'abord destiné aux étudiants de Licence en Droit et AES 1ère année en abordant la « Théorie du droit constitutionnel» et « l'Histoire constitutionnelle française » généralement traités au lei semestre ainsi que le « Droit constitutionnel de la Ve République » étudié au 2e semestre.Il est aussi susceptible d'intéresser des étudiants plus confirmés, des doctorants ou des spécialistes de la discipline avec des parties moins habituelles relatives aux « Droits constitutionnels comparés » et à des « Eléments de droit constitutionnel européen »
Pierre Esplugas-Labatut, Xavier Magnon, Wanda Mastor (dir.), Question sur la Question (QsQ5) : actes de la journée d'études Question sur la question (QsQ5), Toulouse, 5 juin 2015, Presses universitaires d'Aix-Marseille (PUAM) - Institut Louis Favoreu (ILF), 2017, Les cahiers de l'Institut Louis Favoreu, 107 p.
La 5e édition de la « Question sur la Question » qui a eu lieu à Toulouse le 5 juin 2015, s'intéresse au processus antérieur à la décision du juge constitutionnel pour essayer de décrypter ce qui, dans ce processus, contribue à forer l'intime conviction du juge constitutionnel. La réflexion s'appuie sur une lecture comparatiste des expériences constitutionnelles. Le jugement de constitutionnalité est apprécié en tant que processus factuel, déterminé et affecté par un ensemble d'éléments juridiques ou extra-juridiques. L'étude de la procédure d'instruction et des différents pouvoirs qui en découlent au profit des juridictions constitutionnelles permet dans un premier temps de mettre en évidence ce que signifie « instruire » pour une juridiction constitutionnelle, quels sont les pouvoirs qui s'y rattachent et qui instruit au sein de la juridiction. Dans un second temps, il s'agit, de manière plus analytique, d'envisager chacun des éléments, mis en évidence le cas échéant au cours de l'instruction, susceptibles de former l'intime conviction des juges constitutionnels : du justiciable à la doctrine, en passant par le législateur ou le juge constitutionnel lui-même. Ces premiers lectures comparatistes doctrinales sont éclairées par l'expérience des juges constitutionnels eux-mêmes, qui offrent leur lecture du sujet autour d'une table ronde.
Pierre Esplugas-Labatut, Charles-André Dubreuil, Michel Morand (dir.), Le Droit public du travail - actes du colloque de Clermont-Ferrand : actes du colloque de Clermont-Ferrand, 26 novembre 2014, L’Epitoge-Lextenso, 2016, Unité du droit, 182 p.
Traditionnellement, le droit applicable aux agents du secteur public était étudié sous l’angle du droit de la fonction publique. Ce prisme ne correspond plus à la réalité contemporaine.
Tout d’abord, le droit applicable aux agents du secteur public ne se réduit pas nécessairement au droit de la fonction publique. Les entreprises publiques ou opérateurs publics emploient en effet des personnels soumis à un régime de droit du travail spécifique.
Ensuite, au sein même des administrations de l’Etat et des collectivités territoriales, le régime n’est pas toujours, loin s’en faut, celui de la fonction publique.
Enfin, ce régime de fonction publique ne répond plus au modèle unitaire pensé à l’origine. Il est donc nécessaire d’explorer une nouvelle matière qui est le droit public du travail.
Les actes de ce colloque sont le fruit d’une rencontre entre universitaires et praticiens afin de mieux identifier le droit public du travail encore aujourd’hui mal connu.
Pierre Esplugas-Labatut, Xavier Magnon, Wanda Mastor (dir.), L'office du juge constitutionnel face aux exigences supranationales, Bruylant-Larcier, 2015, À la croisée des droits, 331 p.
La quatrième édition de la « question sur la question » (QsQ) déborde la seule question prioritaire de constitutionnalité pour s’intéresser plus largement au contentieux constitutionnel en général. La question abordée porte sur le procès constitutionnel face aux exigences supranationales. La perspective retenue est celle du droit constitutionnel comparé, tout en envisageant les exigences issues du droit de l’Union européenne, du droit de la Convention européenne des droits de l’homme et du droit de la Convention américaine des droits de l’homme. Chaque sujet est ainsi appréhendé selon ces différentes perspectives. L’influence de ces exigences sur le procès constitutionnel apparaît aujourd’hui comme une question décisive dans l’étude des rapports de systèmes. Elle permet de mesurer l’état du rapport de force existant entre le droit interne et le droit supranational en confrontant les exigences juridiques respectives posées par ces droits avec les lectures qu’en retiennent les différents juges. Le temps n’est peut-être plus celui des résistances des juridictions constitutionnelles, mais celui du respect et de la conciliation avec le droit supranational.
Pierre Esplugas-Labatut, Henry Roussillon, Le Conseil constitutionnel (8ème édition), Dalloz, 2015, Connaissance du droit, 220 p.
A rebours d’une doctrine constitutionnaliste majoritaire portant un regard, à notre sens, excessivement enthousiaste sur la QPC, cet ouvrage mesure en particulier les conséquences induites par cette réforme sur le Conseil constitutionnel. A cet égard, il est évoqué trois risques auquel est désormais confrontée cette institution.
Le premier est celui d’une concurrence qui s’est instaurée entre les juges. Une image idyllique, véhiculée par une partie de la doctrine contemporaine, voudrait faire croire, à l’inverse, à un « dialogue des juges » tant il est vrai que des jurisprudences émanant d’autres juridictions ont été reçues par le Conseil constitutionnel et réciproquement. Les débuts de la QPC ont fait voler en éclat ce dialogue : la Cour de cassation n’a pas hésité à contester le mécanisme de la QPC en saisissant la Cour de justice ; la réponse donnée par cette dernière est le signe d’une « paix armée » en validant la QPC au regard de la primauté du droit de l’Union européenne mais sous de strictes réserves d’interprétation. Au niveau européen, la QPC augmente mécaniquement les risques de démentis apportés par la Cour européenne des droits de l’homme à une décision du Conseil constitutionnel comme ce fut déjà le cas s’agissant de l’appréciation de dispositions identiques (relatives à la garde à vue ou au statut du parquet) déclarées constitutionnelles par l’un mais inconventionnelles par l’autre Ce même conflit potentiellement existe avec la CJUE dans l’application la Charte des droits fondamentaux de l’UE.
Le deuxième risque est celui du « Gouvernement des juges ». Il est coutumier de rappeler que le Conseil se sert « d’une gomme, non d’un crayon », c’est-à-dire ne peut qu’abroger une disposition législative mais non l’écrire. Pourtant, on peut penser qu’immanquablement, la QPC, en banalisant les censures de lois, ne peut que renforcer cette menace.
Le dernier risque auquel s’expose, de notre point de vue, le Conseil est du même ordre que celui observé historiquement pour le Conseil d’Etat à propos de la formation du droit administratif, droit d’essence jurisprudentielle. Alors que la QPC avait pour but de rapprocher les particuliers de la justice constitutionnelle, elle donne naissance à un droit, sans doute élaboré, si ce n’est intellectuellement raffiné, mais extrêmement complexe, technique et pas toujours lisible pour le justiciable (par ex., à propos des solutions sur la modulation dans le temps des « décisions QPC »), à l’opposé de l’objectif initialement poursuivi. Il convient donc, à notre sens, que le contentieux constitutionnel prenne garde d’être un droit d’initiés, fruit d’une construction sans doute belle intellectuellement mais exagérément abstraite.
Pierre Esplugas-Labatut, Xavier Magnon, Wanda Mastor, Stéphane Mouton (dir.), Question sur la Question 3 (QsQ) : de nouveaux équilibres institutionnels? actes du colloque organisée le 14 juin 2013, à l'Université de Toulouse 1 Capitole, LGDJ, 2014, Collection Grands colloques, 219 p.
Sans renoncer à une approche juridique et jurisprudentielle du droit constitutionnel, la troisième journée d’études toulousaine sur la QPC entend soumettre et confronter à une lecture politique.
Cette perspective incite alors à s’interroger, en premier lieu, sur la fonction politique du Conseil constitutionnel en tant que pouvoir institué et, plus précisément, sur la question de savoir si, et le cas échéant en quoi, la QPC affecte cette fonction. De nombreuses questions peuvent être alors soulevées. Est-il possible de mettre en évidence une « conscience politique » à la lecture de la jurisprudence du Conseil constitutionnel ? Peut-on trouver trace dans cette jurisprudence de politiques jurisprudentielles particulières, peut-on y voir l’influence de certains des membres de l’institution ? La QPC tend-t-elle à renforcer le Conseil constitutionnel en tant que pouvoir vis-à-vis des autres pouvoirs institués ? Contribue-t-elle à transformer la représentation politique au sein de nos institutions par le prisme de la justice constitutionnelle. Cette lecture politique et sociale autorise de s’inscrire dans une perspective institutionnaliste pour tenter de mesurer la place occupée par le Conseil constitutionnel au sein de la Vème République. Enfin, si la justice constitutionnelle est souvent lue comme une remise en cause de la souveraineté parlementaire, elle peut être également lue comme un facteur de légitimation du législateur. La lecture des décisions QPC témoigne en particulier d’une légitimation de la compétence du législateur dans sa concrétisation des droits et libertés constitutionnels.
Une lecture politique de la justice constitutionnelle invite, en second lieu, à la réflexion sur l’éventuel nouvel équilibre des pouvoirs consécutif à la mise en place de la QPC. Cette réflexion conduit à s’interroger sur la place du Conseil constitutionnel par rapport aux autres pouvoirs. La question se pose d’un point de vue institutionnel vis-à-vis du (des) chefs de l’Etat. La QPC a sans doute également affecté la lecture que pouvait avoir le parlement du juge constitutionnel. Face aux autres juridictions, plusieurs réflexions méritent d’être menées. Le Conseil constitutionnel s’est inscrit dans une logique de rationalisation de son discours en posant de nouveaux considérants de principe dans la concrétisation des principes constitutionnels. Le pouvoir reconnu au Conseil constitutionnel de juger a posteriori de la constitutionnalité de la loi doit s’apprécier également au regard des autres juridictions concernées qu’il s’agisse des cours suprêmes, des juridictions ordinaires en général mais également des cours européennes. Enfin le justiciable, par la nouvelle voie de droit qui lui a été offerte, a bénéficié d’un nouveau pouvoir qu’il appartient d’apprécier au regard des usages qu’il en a fait.
Pierre Esplugas-Labatut, Xavier Bioy (dir.), Faut-il adapter le droit des campagnes électorales ?: actes du colloque organisé le 14 avril 2011 par l'Université Toulouse 1 Capitole, Institut Maurice Hauriou, Montchrestien, Lextenso éditions, 2012, Collection Grands colloques, 205 p.
Plus de vingt ans après les premières lois sur le financement de la vie politique, le droit des campagnes électorales doit-il être adapté ?
On doit en effet s’interroger pour savoir si les règles relatives au financement, mais aussi celles à la propagande ou au traitement par les médias, ne seraient pas devenues trop contraignantes et ne créeraient pas un formalisme excessif qui entraverait, au moins pour une part, l’animation de la campagne électorale. Dans d’autres hypothèses, on peut, à l’inverse, se poser la question de l’opportunité d’un renforcement de ces règles sur certains points également relatifs au financement des campagnes ou encore en matière de sondages ou de droit applicable sur Internet.
C’est notamment à ces questions que répondent les actes du colloque organisé à l’Université de Toulouse 1 Capitole par l’Institut Maurice Hauriou le 14 avril 2011, soit, par une heureuse coïncidence, le jour même où ont été promulguées les lois composant ce qu’il est convenu d’appeler le "paquet électoral".
Pierre Esplugas-Labatut, Le service public (3è ed.), Dalloz, 2012, Connaissance du droit, 154 p.
Il a souvent été évoqué à partir des années 1950 – au point d’en être banal – l’idée de crise de service public. Cette crise existe bel et bien si l’on se réfère à la remise en cause du modèle unitaire tel que tracé par les fondateurs de l’école de Bordeaux. En fait, ce modèle unitaire, qualifié parfois de « conception française du service public », n’a jamais revêtu qu’une dimension théorique. On doit au contraire admettre que le service public répond en réalité à un modèle pluriel.
On a assisté effectivement à une multiplication des figures en ce qui concerne par exemple la diversification des modes de gestion qui s’éloignent du modèle de la régie, le statut de leurs agents qui ne sont plus nécessairement des fonctionnaires mais peuvent être des salariés, les destinataires du service qui étaient autrefois des usagers et peuvent aujourd’hui être des clients, la pluralité des qualifications en droit européen pour désigner des activités d’intérêt général voisines de celle de service public mais non identiques ou encore un régime juridique variable et mixte applicable notamment aux services publics en matière économique auxquels on applique un droit de la concurrence avec des dérogations pour tenir compte de leur mission particulière d’intérêt général.
Le service public n’est donc plus un bloc monolithique sans que cela n’appelle une remise en cause en tant que tel. Aussi bien comme structure concrète que comme notion juridique, le droit de l’Union européenne a conduit en effet à ce que le service public s’adapte. Celui-ci occupe toujours, sous une forme ou une autre, une place essentielle en droit administratif, constitutionnel et européen. La plasticité de la notion permet ainsi de conclure non pas à un état de crise du service public mais à une vitalité renouvelée.
Pierre Esplugas-Labatut, Christophe Euzet, Jacques Viguier, Stéphane Mouton, Droit constitutionnel, Ellipses, 2012, Tout le droit, 396 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Henry Roussillon, Le Conseil constitutionnel (7e éd.), Dalloz, 2011, Connaissance du droit, 218 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Christophe Euzet, Stéphane Mouton, Jacques Viguier, Droit constitutionnel, Ellipses, 2010, Tout le droit, 412 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Stéphane Mouton, Droit constitutionnel (4e éd.), Ellipses, 2008, Tout le droit, 381 p.
Pierre Esplugas-Labatut (dir.), Le Conseil constitutionnel, Dalloz, 2008, Connaissance du droit, 181 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Droit constitutionnel, Ellipses, 2006, Tout le droit, 366 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Christophe Euzet, Stéphane Mouton, Droit constitutionnel, Ellipses, 2004, Tout le droit, 363 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Le service public (2e éd.), Dalloz, 2002, Connaissance du droit, 132 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Christophe Euzet, Stéphane Mouton, Droit constitutionnel, Ellipses, 2002, Tout le droit, 355 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Vincent Dussart, L’ordonnance du 2 janvier 1959 , Presses de l’université des sciences sociales de Toulouse I, 2000
Pierre Esplugas-Labatut, Vincent Dussart (dir.), L'ordonnance organique du 2 janvier 1959: 40 ans après, Presses de l'Université des sciences sociales de Toulouse, 2000, Études de l'IREDE, 289 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Le service public, Dalloz, 1998, Connaissance du droit, 138 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Conseil constitutionnel et service public.: Thèse de doctorat en Droit public ,Toulouse 1, 1993., LGDJ, 1994, Bibliothèque constitutionnelle et de science politique, 321 p.
Pierre Esplugas-Labatut, Mathieu Touzeil-Divina, Florence Crouzatier-Durand, « A propos du rôle de l’élu local : les tourments d’un élu en charge de politiques culturelles », 40 regards sur 40 ans de décentralisation, L'Epitoge-Lextenso, 2022, pp. 291-298
Quel est le rôle d’un élu local?
Par un retour d’expérience, nous voudrions témoigner des tourments vécus par un élu local en charge plus particulièrement de politiques culturelles. Ceux-ci sont liés au mode de fonctionnement d’une collectivité territoriale (I), aux rapports élus-administration en son sein (II) et à l’identification des missions de service public culturel à mener (III).
Pierre Esplugas-Labatut, « Pour la réduction du nombre de parlementaires », Mélanges en l'honneur du professeur Christian Lavialle, Presses de l'Université Toulouse 1 Capitole, 2021, pp. 295-304
Cette étude consiste à s’interroger si le nombre de parlementaires français est trop important au regard du bon exercice des fonctions classiques de tout parlement qui sont l’adoption de la loi, le contrôle du gouvernement, auquel on doit ajouter aujourd’hui l’évaluation des politiques publiques et l’organisation du débat politique. Nous soutenons la thèse que la réponse est positive (I) mais qu’une réduction n’est pas sans soulever des difficultés a priori techniques, en réalité de fond (II).
Pierre Esplugas-Labatut, Jordane Arlettaz, Julien Bonnet, Pierre-Yves Gahdoun, Stéphane Mouton, « Le juge judiciaire et les partis politiques », Le juge judiciaire et la séparation des pouvoirs, Institut universitaire Varenne, 2020, pp. 133-140
A notre sens de manière discutable, le juge judiciaire a considéré que la nature d’un parti politique n’était pas celle d’un service public (I). Cette position s’inscrit dans le droit fil d’une jurisprudence où le juge judiciaire a eu l’occasion de définir son office, d’abord limitativement, aujourd’hui plus extensivement, pour trancher les litiges liés à un parti politique (II).
Pierre Esplugas-Labatut, Mathieu Touzeil-Divina, « Commentaire de Conseil d'Etat, Sect., 23 avril 1982, Ville de Toulouse c/ Aragnou : un Principe général du droit à un salaire minimum pour les agents publics. », Toulouse par le droit administratif, L'Epitoge, 2020, pp. 187-189
L’arrêt du Conseil d’Etat du 23 avril 1982 Ville de Toulouse c/ Aragnou fait partie de ces arrêts qui méritent d’être relus rétrospectivement.
Son apport au fond est de créer un principe général du droit inspiré du droit du travail selon lequel un agent public a droit à un salaire minimum correspondant au montant du SMIC tel que défini par le Code du travail. Il constitue une pierre dans la première étape de la « travaillisation » du droit des agents publics par le biais des principes généraux du droit tout en étant discutable juridiquement dans sa rédaction.
Pierre Esplugas-Labatut, Lucien Rapp, Didier Guignard, Saïd Hamdouni, « Retour sur les services publics constitutionnels : une catégorie mort-née ? », Mélanges en l'honneur du professeur Serge Regourd "Culture, Société, Territoires", Institut Universitaire Varenne, 2019, pp. 831-839
Plus de trois décennies après la jurisprudence constitutionnelle de 1986, il est l’heure de faire le bilan de manière apaisée sur ce que sont ces « services publics constitutionnels ». A l’image d’autres jurisprudences, celle sur les « services publics constitutionnels » a eu un « effet-retard ». Il fallut en effet attendre les lois, adoptées à la fin des années 1990 au début des années 2000, de modification des statuts de services publics économiques intervenant sur un marché pour mesurer le sens et la portée que l’on pouvait donner à cette catégorie.
Le bilan est que, qu’on le veuille ou non, cette catégorie existe dans notre droit positif. Pour autant, il est exact que sa portée reste relative, si ce n’est nulle.
Pierre Esplugas-Labatut, Philippe Ségur, Stéphane Caporal-Gréco, Sylvie Torcol, « Droits constitutionnels comparés », Droit constitutionnel, Ellipses, 2019
Pierre Esplugas-Labatut, Nathalie Droin, Aurélia Fautré-Robin, « Le non-renvoi des QPC : l’office du juge au service de la stratégie », Le non-renvoi des QPC, Institut universitaire Varenne, 2018, pp. 287-296
Cette article est la synthèse d'un colloque consacré à la question du "non-renvoi des QPC". Il s'agit de s’interroger, huit ans après l’entrée en vigueur de la QPC, si ce système marche à travers le prisme du filtre prévu pour la transmettre?
Pour répondre à cette question, il est frappant de noter l’extrême convergence des réponses apportées quelles que soient les matières abordées. Ces réponses mêlent effectivement des arguments juridiques objectifs tirés de l'office du juge (I) mais aussi d’autres, plus ou moins avoués, mettant en scène, de manière « astucieuse », des stratégies d’ordre subjectif (II).
Pierre Esplugas-Labatut, « Les règles de l’élection présidentielle », La Constitution de la Cinquième République, LGDJ, 2018
Les textes applicables à l’élection présidentielle ont été modifiés au fil de la Vème République à de nombreuses reprises au prix certes d’une certaine complexification mais selon un mouvement dynamique qui est de rendre plus démocratiques les règles pour être élu, de placer sur un pied d’égalité les candidats pour faire campagne et de renforcer l’effectivité des règles posées pour garantir la régularité du scrutin.
Pierre Esplugas-Labatut, « « Le droit électoral français respecte-t-il la Convention européenne des droits de l’homme ? » », Les droits de l'homme à la croisée des droits, LexisNexis, 2018
A rebours d’une opinion reçue qui laisserait croire que le droit électoral français n’a plus à se remettre en question, il subsiste aujourd’hui des « poches » conduisant à s’interroger sur la conventionnalité de certaines de ses dispositions.
A ce titre, l'objet de cette étude est de démontrer que le droit électoral français mériterait d’être ponctuellement réformé pour respecter pleinement l’ensemble des conséquences induites par la Convention européenne des droits de l'homme.
Les dispositions contestables portent, d’une part, sur des restrictions au suffrage en vigueur relatives aux seuils de durée de résidence pour les élections en Nouvelle-Calédonie et aux conditions d'éligibilité et, d'autre part, sur certaines opérations électorales comme la communication autorisée de certains documents électoraux (listes électorale et d'émargement).
Pierre Esplugas-Labatut, « Entre universalisation et adaptation de la moralisation du financement de la vie politique », Financement et moralisation de la vie politique, Institut Universitaire Varenne, 2018
Le présent extrait d'ouvrage est le rapport de synthèse du colloque "Financement et moralisation de la vie politique. Perspective comparée"
Cette synthèse montre que la moralisation de la vie politique tend aujourd’hui, au moins dans le champ –large - des pays étudiés au cours de ce colloque (Allemagne, Brésil, Canada, Etats du Maghreb, Etats-Unis, Espagne, France) à être consacrée comme exigence. Pour autant, des interrogations persistent sur l’efficacité des politiques destinées à concrétiser l’exigence de moralisation.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le Président de la République et les droits politiques », Le Président de la Vème République et les Libertés, CNRS Editions, 2017, pp. 179-197
L'objet de cette étude est de mesurer, à l’aune d'un cadre politico-juridique, l’influence qu’ont eu les présidents de la Vème République pour créer ou étendre les droits politiques, individuels ou collectifs.
Pierre Esplugas-Labatut, « Droit constitutionnel de la Vème République », Droit constitutionnel, Ellipses, 2017, pp. 167-326
La partie "Droit constitutionnel de la Vème République" a pour objectif à la fois de constituer un support pédagogique pour des étudiants de L1 mais aussi de donner une présentation scientifique des institutions de la Vème République. Dans cette perspective, il s'agit de tenir compte du droit positif en vigueur, élaboré notamment par la jurisprudence du Conseil constitutionnel, mais aussi de l'insérer dans un contexte plus large, par exemple politique ou historique.
Pierre Esplugas-Labatut, « Pour un cadre législatif des élections primaires à une élection politique », Etat du droit, état des droits, LGDJ-Lextenso, Centre Michel de L'Hospital, 2017
La problématique de cet article est d'expliquer qu'un cadre législatif pour une élection primaire à une élection politique, pas seulement présidentielle mais aussi locale, est nécessaire.
En effet, l’organisation d’élections primaires dites ouvertes soulève trois types de difficultés juridiques, non tout à fait résolues à ce jour. Celles-ci sont liées à l’intégration ou pas des dépenses occasionnées dans le compte de campagne du candidat sélectionné, à l’utilisation des listes électorales et au non traitement de données nominatives par le parti organisateur, à la comptabilisation des temps de parole et d’antenne nécessairement plus importante pour le parti organisateur que pour les autres partis.
Devant ces incertitudes, une clarification législative serait sans doute nécessaire
Pierre Esplugas-Labatut, « Service public minimum, où en est-on? », Grève et droit public, Université Toulouse 1 Capitole, 2017, pp. 173-181
Pierre Esplugas-Labatut, Wanda Mastor, Xavier Magnon, Xavier Esplugas-Labatut, Stéphane Mouton, « L’influence de la doctrine sur la formation des convictions pré-délibératives », Les pouvoirs d’instruction des juridictions constitutionnelles et la formation de l’intime conviction des juges constitutionnels, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 2016, pp. 61-64
Pierre Esplugas-Labatut, Charles-André Dubreuil, « L’externalisation des activités de service public et ses limites », Regards croisés sur l'évolution du droit administratif en France et en Russie, PUF, 2016
L’externalisation des services publics est compris dans cette étude de manière délibérément large comme le recours par l’Etat ou une collectivité territoriale à un organisme tiers pour gérer un service public. Celle-ci est en pratique le produit d’une série de choix. Un premier choix est celui effectué par les collectivités publiques sur le principe même du recours à l’externalisation. Une fois éventuellement arrêté ce principe, un second choix doit être opéré concernant le type d’externalisation. Dans ces différents choix, il doit être tenu compte de certaines difficultés pratiques soulevées par cette externalisation des services publics.
Pierre Esplugas-Labatut, Marie-Elisabeth Baudoui, « L’accès des partis politiques extrémistes aux élections », Les élections en France et en Russie : de la réglementation à la politique, Presses du Centre Michel de l'Hospital, 2016
L’accès des partis extrémistes aux élections politiques peut faire l'objet d'une régulation. Cette dernière peut se traduire exceptionnellement par une interdiction de ces partis ou, plus normalement, par une limitation de leur accès aux élections par la loi électorale, des décisions prises par les organes compétents pour les médias audiovisuels et par le juge.
Pierre Esplugas-Labatut, Xavier Bioy, Frédéric Rouvillois, « Le Président de la République et les droits politiques », Le Président de la Vème République et les Libertés, PUF, 2016
L'objet de cette étude est de mesurer, à l’aune d'un cadre politico-juridique, l’influence qu’ont eu les présidents de la Vème République pour créer ou étendre les droits politiques individuels ou collectifs.
Pierre Esplugas-Labatut, « Pour un droit public du travail », Le Droit public du travail, L’Epitoge-Lextenso, 2016
La problématique de cet article est d’explorer une nouvelle matière qui serait le « Droit public du travail ». L’objectif est simplement de rendre compte d’une réalité juridique sans poursuivre naturellement le moindre dessein idéologique alors même que des considérations de cet ordre, de nature libérale, existent pour appuyer cette évolution.
En effet, la recherche de cette nouvelle discipline résulte en préalable, de manière négative, de l’aporie que formeraient les catégories habituelles, traditionnellement opposées l’une à l’autre, de « droit du travail » et de « droit de la fonction publique ». Le droit du travail revêt en ce sens une nature pour partie publique compte tenu du fait qu’il est régulé par de multiples interventions de la puissance publique.
Le droit de la fonction publique, pour sa part, conçu comme un régime unitaire n’est qu’un mythe compte tenu de la multiplicité des régimes juridiques en réalité applicables. Il ne couvre qu’une partie des relations du travail dans le secteur public en raison de l’existence de contractuels dans les administrations de l’Etat et des collectivités territoriales, d’ailleurs en nombre croissant, et de salariés dans les entreprises publiques.
On constate ensuite aujourd’hui un rapprochement du droit de la fonction publique vers le droit du travail de par la transversalité au moins partielle des droits sociaux au plan constitutionnel et européen et surtout en fonction du mouvement contemporain de « travaillisation » du droit des agents publics.
Ce droit public du travail est, dans son contenu, par nature hétérogène et s’applique à l’ensemble des agents, non seulement du secteur public mais aussi du secteur privé, exerçant des missions de service public. C’est précisément la nature particulière de ces missions qui explique la spécificité et l’exorbitance du droit public du travail.
Pierre Esplugas-Labatut, Marc Blanquet, Xavier Magnon, Stéphane Mouton, Pierre Esplugas [et alii], « Quel(s) usage(s) de la question préjudicielle devant la Cour de justice par les cours constitutionnelles », L'office du juge constitutionnel face aux exigences supranationales, Bruylant, 2015, pp. 195-230
L'étude évoque les stratégies procédurales et politiques développées, d'une part, par les Cours constitutionnelles, d'autre part, par la Cour de justice de l'Union européenne à l'égard du mécanisme de renvoi préjudiciel prévu par l'article 267 TFUE.
Les stratégies procédurales des cours constitutionnelles révèlent un usage quantitativement variable selon les normes de référence en cause et réservé à certains types de contrôle.
Quant à leur stratégie politique, les questions préjudicielles sont utilisées de manière opportune à des fins de légitimation. On peut également s'interroger si elles jouent le jeu d'un dialogue des juges.
La stratégie procédurale de la Cour de justice tend à une banalisation de la dimension constitutionnelle et à neutraliser les compétences de réserve.
Pierre Esplugas-Labatut, Elsa Forey, Nathalie Drouin, « La transparence dans le financement des acteurs politiques », La transparence en politique, LGDJ-Fondation Varennes, 2013
La transparence dans le financement des acteurs politiques est en France récente. Elle ne constitue pas en tant que telle une règle juridique génératrice directement d’obligations mais est un objectif qui justifie ensuite un régime juridique prescriptif. La transparence se traduit alors par une accessibilité, mais limitée, à l’information financière, une sincérité renforcée de celle-ci et une maitrise des ressources disponibles.
Une fois cet objectif affiché, la question centrale est de rechercher le degré pertinent d’exigence des règles découlant de celui-ci. Dans cette perspective, la transparence financière doit être conciliée avec, d’une part, la liberté de faire campagne et, d’autre part, la responsabilité des acteurs politiques et la protection de leur vie privée. Elle est finalement un mythe qui serait celui de Sisyphe dans le sens où le système en vigueur peut toujours être renouvelé et amélioré.
Pierre Esplugas-Labatut, Pierre Esplugas, Xavier Bioy, « Adapter les règles du droit des campagnes électorales », Faut-il adapter le droit des campagnes électorales?, Lextenso, 2012
La problématique de cet article est, d’une part, de s’interroger si les règles relatives non seulement au financement des campagnes électorales, mais aussi celles relatives à la propagande ou au droit des médias ne demanderaient pas à être libéralisées dans un sens moins complexe ou moins rigoureux. Ce serait le cas par exemple en matière de sanctions (bien que des assouplissements aient déjà été opérés, de manière à notre sens bienvenue, par les lois du 14 avril 2011), de limitation de propagande, de régime de dons, de temps de parole et d’antenne dans les médias audiovisuels, de délai excessivement long d’un an couvert par le compte de campagne, voire même d’interdiction d’utiliser des moyens publics qui ne peut être réellement appliquée.
A contrario, il convient, d’autre part, de se demander si sur d’autres questions ce droit ne mériterait pas d’être renforcé en vue de plus d’intelligibilité ou d’efficacité. Les réformes en ce sens pourraient porter par exemple sur une meilleure codification aujourd’hui incomplète ou mal faite (lacunes d’ailleurs comblées de manière certes souvent intelligente mais prétorienne par le juge), l’uniformisation du régime applicable à toutes les campagnes électorales, de droit des sondages, notamment par un renforcement des pouvoirs de la Commission des sondages, ou la précision de la notion centrale de « dépenses électorales » définie en l’état uniquement de manière tautologique par le législateur.
Pierre Esplugas-Labatut, « La citoyenneté vue par le conseil constitutionnel français », Les élections présidentielles et législatives de 2007, Presses de l'Université Toulouse 1 Capitole, 2007, pp. 15-40
Pierre Esplugas-Labatut, « La citoyenneté vue par le Conseil constitutionnel français », La citoyenneté aujourd’hui. Actes ducolloque de Dakar avril 2006., Presses de l’Université des sciences sociales de Toulouse I, 2006, pp. 207-219
Pierre Esplugas-Labatut, « Constitution et contentieux constitutionnel », La Constitution aujourd’hui, Académie Internationale de Droit Constitutionnel, 2006, pp. 137
Pierre Esplugas-Labatut, « Les professeurs de droit au Conseil constitutionnel. L’exemple de Georges Vedel », Les Facultés de droit inspiratrices du droit ?, Académie Internationale de Droit Constitutionnel, 2005, pp. 217-225
Pierre Esplugas-Labatut, « La révision constitutionnelle du 4 août 1995 sur l’élargissement du référendum », Référendum et démocratie, Presses de l’Université des Sciences sociales de Toulouse, 1998
Pierre Esplugas-Labatut, « Conseil constitutionnel et souveraineté », La souveraineté aujourd’hui, Centre de publication universitaire, 1998, pp. 179
Pierre Esplugas-Labatut, « Les apports du Conseil constitutionnel au service public », Service public et communauté européenne : entre l’intérêt général et le marché, La documentation française, 1998, pp. 39
Pierre Esplugas-Labatut, « Revue française de droit constitutionnel », Revue française de droit constitutionnel, 1996, no 25, Le président de la cinquième République, Presses universitaires de France, 1996, pp. -
Pierre Esplugas-Labatut, « Les obstacles à la démocratie : le refus de transition », Les nouvelles constitutions africaines : la transition démocratique, Presses de l’Institut d’Etudes politiques de Toulouse, 1995, pp. 37
Pierre Esplugas-Labatut, « Le Conseil constitutionnel et le suffrage universel », Le suffrage universel, Presses de l’Université des Sciences sociales de Toulouse, 1994
Pierre Esplugas-Labatut, « Le licenciement dans la fonction publique : un nouvel outil managérial ? », La Semaine Juridique. Administrations et collectivités territoriales (JCP A), Ed. du Juris-classeur, 2025, n°22, pp. 53-57
Le licenciement dans la fonction publique est a priori une question incongrue. Elle se pose pourtant avec acuité depuis notamment les déclarations de l’ancien ministre de la fonction publique, Stanislas Guérini, selon lesquelles, il faudrait « lever le tabou du licenciement dans la fonction publique ». Il est vrai que ce procédé peut être aujourd’hui conçu comme un levier d’action managérial pour les employeurs publics bien sûr mais aussi parfois à la demande des agents eux-mêmes. Il convient donc de s’interroger, d’une part, sur les cas où le licenciement serait à exclure et, d’autre part, sur ceux où, éventuellement, il serait, comme outil managérial, à développer.
Pierre Esplugas-Labatut, Hélène Pauliat, Gilles Guglielmi, « Faut-il constitutionnaliser les services publics ?
(à propos d’une proposition de loi constitutionnelle instaurant une Charte des services publics ) », La Semaine juridique - Administrations et collectivités territoriales, Éditions du Juris-classeur - LexisNexis , 2024, n°5152, pp. 37-40
Serait-il utile d’insérer dans la Constitution des dispositions consacrant les services publics ? Une telle question semble appeler une réponse positive sur le principe au regard du fait que les services publics constituent une valeur ou un symbole fondamental de la République auquel le constituant peut être légitimement attaché. Toutefois, si le principe d’une reconnaissance constitutionnelle peut être acté, se pose alors la question de la forme d’une telle consécration. Une proposition de loi constitutionnelle récente voulait insérer dans le texte fondamental une Charte à l’image de ce qui existe pour l’environnement ; cette option ne paraît pas pertinente compte tenu de l’instrumentalisation politique dans ce texte de la notion et, par ailleurs, de la complexité de celle-ci ainsi que de la gestion et du régime juridique des services publics.
Pierre Esplugas-Labatut, « L’interdiction de la grève à certaines périodes est-elle constitutionnelle ? », Blog Le Club des juristes, le Club des juristes, 2024
Des propositions de lois ont émergé, sur le modèle italien, pour interdire la grève dans les transports à certaines périodes de l'année correspondant à des vacances scolaires ou jours fériés. On sait que le Conseil constitutionnel exige une juste conciliation entre le droit fondamental de grève et le principe constitutionnel de continuité du service public. Il n'est ainsi pas certain qu'une interdiction franche, et non une simple limitation, même cantonnée à certaines périodes, réponde à cette juste conciliation.
Pierre Esplugas-Labatut, « Peut-on rémunérer les assesseurs des bureaux de vote ? »: Pour remédier à la pénurie d'assesseurs pour la tenue des bureaux de vote, certaines villes ont choisi de les rémunérer. Cette pratique est-elle permise ?, Blog Le club des juristes, le Club des juristes, 2024
Devant la pénurie récurrente d'assesseurs pour assurer le bon déroulement des scrutins, certaines communes, dont la ville de Nice à l'occasion des élections législatives de juin et juillet 2024, ont décidé de les rémunérer. Cette pratique est incontestablement illégale au vu du code électoral mais uniquement pour les fonctions "d'assesseurs" mais non de "président" ou de "secrétaire" de bureaux de vote. Cependant, cette pratique illégale ne semble pas, au vu de la jurisprudence, entrainer l'annulation des opérations de vote dans les bureaux concernés. Il ne nous paraitrait pas pour autant injuste, devant la lourdeur des tâches, de légaliser une telle pratique.
Pierre Esplugas-Labatut, « Une jurisprudence constitutionnelle trop à cheval sur les cavaliers législatifs », Recueil Dalloz Sirey de doctrine de jurisprudence et de législation , Jurisprudence générale Dalloz, 2024, n°5, p. 219
L'examen par le Conseil constitutionnel du texte de loi dit "Immigration" dans sa décision du n° 2023-863 DC du 25 janvier 2024 est l'occasion de s'interroger sur la pertinence de sa jurisprudence sur les "cavaliers législatifs". Concernant de telles dispositions, il est certainement logique de censurer celles qui sont sans rapport avec l'objet d'une loi au vu des principes de sincérité et clarté des débats législatifs. Toutefois, l'application de cette jurisprudence est, comme en l'espèce, certainement trop sévère. Cela s'explique par le fait que le Conseil constitutionnel censure en réalité les dispositions non pas en rapport avec l'objet général de la loi mais avec celles particulières déposées en 1ère lecture devant l'une ou l'autre des assemblées. Le Conseil est donc certes cohérent avec sa propre jurisprudence mais celle-ci est critiquable dans ses modalités et devrait sans doute évoluer.
Pierre Esplugas-Labatut, « La protection des élus contre les agressions, 4ème Table ronde », La Semaine Juridique. Administrations et collectivités territoriales (JCP A), Éditions du Juris-classeur - LexisNexis , 2024, n°5
Devant la multiplication des agressions auxquelles font face les élus, l'objet de la table ronde est de s'interroger sur les solutions à apporter, tant en droit positif que dans les pratiques relationnelles, pour éradiquer de tels comportements mettant en danger la République.
Pierre Esplugas-Labatut, « La fin des lois Le Pors par l’avènement d’un droit public du travail ? », Droit administratif, Éditions techniques - Éditions du Juris-classeur - LexisNexis , 2023, n°12, pp. 8-13
Un sentiment étrange peut envahir le lecteur au moment de "fêter" l'anniversaire des lois fondatrices dites "Le Pors", du nom du ministre de la fonction publique ayant porté ces textes au Parlement, des 13 juillet 1983, 11 et 26 janvier 1984 relatives aux fonctions publiques d’Etat et territoriale. En effet, formelle-ment, celles-ci ne sont plus en vigueur en ayant été codifiées au Code général de la fonction publique. Matériellement, ces lois ont été remises en cause d'abord de manière souterraine, puis aujourd'hui plus frontalement notamment par la loi n° 2019-828 du 6 août 2019 dite de "transformation de la fonction publique". De ce point de vue, contrairement à l'esprit statutaire des "lois Le Pors", la situation de l'agent public se rapproche de celle du salarié à la fois du fait de l'expansion du recours au contrat de travail et de l'émergence du recours à la négociation collective. L'alignement n'est toutefois pas total en raison de la persistance concernant ces deux volets d'un droit public dérogatoire au droit du travail pouvant être qualifié de "droit public du travail".
Pierre Esplugas-Labatut, « L’exercice du droit de grève dans les transports de voyageurs : le dénouement juridique d’une question politique », Actualité juridique. Droit administratif (AJDA), Le Moniteur des travaux publics, 2023, n°26, pp. 1372-1378
A l'occasion de chaque grève affectant le secteur des transports de voyageurs, fleurissent les propositions de loi tendant à limiter ce droit pour les salariés de ce secteur stratégique. La loi du 21 août 2007 s'était déjà essayée au délicat exercice de la conciliation de la continuité du service public et du droit de grève. Sans résoudre réellement le problème qui est plus politique que juridique en réalité.
Pierre Esplugas-Labatut, « L'exercice du droit de grève dans les transports de voyageurs », Actualité juridique Droit administratif, Dalloz , 2023, n°26, p. 1372
Pierre Esplugas-Labatut, « Elections sénatoriales : Mode d’emploi », Blog Le club des juristes, le Club des juristes, 2023
Les sénateurs sont élus au suffrage indirect. Ce mode de scrutin, différencié par rapport à celui des députés, s'explique par la fonction assignée au Sénat qui est de représenter les collectivités territoriales. Il s'agit en effet de représenter, non pas le citoyen, être abstrait et désincarné, mais "l'homme situé", selon l'expression du professeur Georges Burdeau, c'est-à-dire les individus pris dans leur environnement en l'occurrence géographique.
Le collège électoral est composé de délégués de droit composé majoritairement de conseillers municipaux mais aussi, selon un schéma peu connu, de délégués élus par les conseils municipaux dans les villes de plus de 30 000 habitants par tranche d'un délégué pour 800 habitants.
Une fois le collège électoral arrêté, le mode de scrutin est différencié selon l'importance démographique des départements, majoritaire à deux tours dans ceux élisant deux sénateurs ou moins, proportionnel dans ceux élisant plus de deux sénateurs.
L'enjeu des élections de septembre 2023 est de dégager une majorité stable en contre-point de la situation politique en vigueur pour la présente mandature à l'Assemblée nationale.
Pierre Esplugas-Labatut, « Quelle sanction disciplinaire à raison de condamnations pénales antérieures à l’exercice des fonctions? (note s/s CE, 3°-8° ch. réunies, 3 mai 2023, n°438248) », La Lettre juridique, Lexbase, 2023, n°949
La question posée par le présent arrêt commenté est de savoir si une condamnation pénale prononcée à l'encontre d'un agent public mais antérieure à l'exercice de ses fonctions peut justifier une sanction disciplinaire sous forme de révocation. Dans ce cas d'espèce, la réponse donnée par le Conseil d'Etat est négative estimant que des comportements fautifs antérieurs ne peuvent à eux seuls fonder une telle sanction tout en laissant ouverte la question de savoir si dans d'autres circonstances ces faits pouvaient être pris en compte.
Pierre Esplugas-Labatut, « Quelle protection juridique des élus ? », Blog Le club des juristes, , 2023
La démission, mercredi 10 mai, de Yannick Morez, maire de Saint-Brévin en Loire Atlantique, menacé par l’extrême droite pour avoir porté un projet de centre d’accueil pour demandeurs d’asile pose la question de la protection des élus, spécialement locaux.
La réponse juridique principalement apportée résulte de la protection fonctionnelle applicable à tout agent public à l’occasion de l’exercice de ses fonctions.
Il existe aussi un arsenal de sanctions susceptibles d’être prononcées envers une personne dépositaire de l’autorité publique existe. Celui-ci a déjà été renforcé et n’est d’ailleurs pas sans sévérité.
Cependant, la réponse n’est pas nécessairement à rechercher dans une énième modification du droit existant mais plutôt dans l'amélioration de l’effectivité des textes applicables.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le Conseil constitutionnel et les retraites : dans le droit fil de sa jurisprudence ! », Recueil Dalloz et recueil Sirey, Jurisprudence générale Dalloz : Librairie du recueil Sirey , 2023, n°18, pp. 889-889
Si critiquée qu'elle ait été, la décision du Conseil constitutionnel n° 2023-849 DC du 14 avril 2023 "Loi de financement rectificative de la sécurité sociale pour 2023" s'inscrit en fait dans le droit fil de sa jurisprudence, ce qui est finalement plutôt rassurant de la part d'un juge.
Pierre Esplugas-Labatut, « Grèves des agents en charge du ramassage des ordures : quels pouvoirs de réquisition ? », Blog du club des juristes, Le Club des juristes, 2023
La compétence pour réquisitionner, au cours d'une grève, des agents en charge du ramassage des ordures ménagères à Paris relève normalement du maire. Toutefois, le préfet dispose d'un pouvoir de substitution en cas de carence du maire dans l’exercice de son pouvoir de police, en particulier en matière de préservation de la salubrité publique.
De plus, la loi du 6 août 2019 dite de « transformation de la fonction publique » visant à assurer la continuité du service public dans les collectivités territoriales, notamment pour la collecte et le traitement des déchets des ménages, tend à organiser une forme de service minimum en le faisant reposer sur des accords collectifs. Cependant, très peu de communes en France ont souhaité à ce jour négocier si bien que c'est le cadre classique tiré de la jurisprudence ancestrale du 7 juillet 1950 du Conseil d’Etat Dehaene qui continue à s’appliquer permettant au « chef de service » ou, selon une jurisprudence plus récente adaptée, « l’autorité responsable du bon fonctionnement du service public », à prendre des mesures d’aménagement du droit de grève dont font partie les réquisitions de personnel.
Pierre Esplugas-Labatut, Marie Bros, « Le mariage de l’abstention et de la sincérité du scrutin : Une union … prudente et à trois ! », Revue française de droit constitutionnel (RFDC), Presses universitaires de France (Puf) , 2022, n°129, pp. 19-30
Peut-on annuler une élection en cas d’une abstention importante ? Cette question a été ouverte par le Conseil constitutionnel dans sa décision QPC du 17 juin 2020 M. Daniel D.
A l’issue des élections municipales de 2020, les requérants se sont largement emparés de ce moyen de droit sans pour autant obtenir dans la plupart des cas satisfaction. Le juge électoral a en effet soit considéré que ceux-ci n’invoquaient « aucune autre circonstance relative au déroulement de la campagne ou du scrutin dans la commune (…) qui montrerait en particulier, qu’il aurait été porté atteinte au libre exercice du droit de vote ou à l’égalité entre candidats », soit apprécié de manière stricte lesdites circonstances de l’espèce. Une telle appréciation repose ainsi de manière invariable sur l’exigence d’un certain niveau d’abstention et d’un faible écart de voix (I). Après des positions variables adoptées par les juges électoraux du fond, il est désormais acquis que le mariage entre abstention et sincérité du scrutin est en fait une union à trois en supposant un dernier élément constitué par l’existence d’irrégularités observées pendant le scrutin (II).
Pierre Esplugas-Labatut, « Tribune : derrière le respect de la dignité de la personne humaine, le retour du gouvernement des juges ? », Actualité juridique de droit administratif (AJDA), Dalloz, 2022, n°6, pp. 305-305
L'objet de cette tribune est une critique de la décision du juge des référés de Toulouse (ordonnances du 7 décembre 2021) de faire retirer au sein du réfectoire des internes du CHU de Toulouse une fresque dite "porno" considérée comme portant atteinte à la dignité humaine.
Nous estimons qu'un juge n'est pas un gardien de la morale et qu'il ne lui appartient pas de décider de ce que l'on doit accrocher ou pas comme tableau à un mur.
Pierre Esplugas-Labatut, « Notion de service public (droit interne et droit de l’Union européenne) », JurisClasseur Administratif , Éditions techniques - Éditions du Juris-classeur - LexisNexis , 2022, n°149
1. - La notion juridique de service public est apparue en droit interne à la fin du XIXe et au début du XXe siècle comme critère de compétence entre les juridictions administratives et judiciaires. Ce n'est que sous l'influence d'un ensemble d'auteurs que le service public fut considéré ensuite comme une notion clé du droit administratif.
2. - Après une période d'indifférence, puis de conflit, le droit de l'Union européenne, prend en compte désormais une logique propre aux activités d'intérêt général sous forme, en particulier, de services d'intérêt général et de services d'intérêt économique général.
3. - Le droit positif interne ne donne pas de définition générale du service public. Il permet seulement d'identifier des éléments constitutifs. Ces derniers sont la prise en charge d'une activité par une personne publique, dans un but d'intérêt général, selon un régime exorbitant du droit commun. Cependant, chacun de ces éléments peut désormais être dissocié des autres.
4. - Les services d'intérêt général sont une catégorie, en droit de l'Union européenne, englobant toute activité d'intérêt général, quelle que soit sa nature, économique ou non. En ce sens, ils incluent les « services non économiques d'intérêt général », les « services sociaux d'intérêt général », les « services économiques d'intérêt général » et les « services universels ». Toutes les activités correspondantes doivent respecter les principes généraux des traités (transparence, non-discrimination, égalité de traitement, proportionnalité). En revanche, seules celles correspondant à des activités de nature économique sont soumises aux règles du marché intérieur et de la concurrence déduites du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.
5. - Les services sociaux d'intérêt général sont une catégorie émergente. Le principe reste celui de l'application à leur égard des règles du traité s'ils constituent des activités économiques. En revanche, les services dont l'activité est de nature exclusivement sociale sont écartés du champ d'application des règles de concurrence. En outre, une reconnaissance spécifique des services sociaux d'intérêt général existe désormais par le traitement particulier que peut leur accorder le droit dérivé.
6. - Les services d'intérêt économique général peuvent être définis comme des activités de nature économique remplissant des missions considérées par les autorités publiques comme d'intérêt général et soumises de ce fait par les États membres à des obligations spécifiques de service public. De telles activités bénéficient de dérogations à la concurrence, notamment par la possibilité d'accorder des « compensations de service public ».
7. - Le droit de l'Union européenne dérivé se réfère, dans certains secteurs comme les communications électroniques et les postes, à la notion de service universel. L’universalité du service implique par essence qu’il soit accessible à tous territorialement, temporairement et financièrement.
8. - La compétence de l'État ou des collectivités territoriales pour créer ou supprimer un service public est en principe discrétionnaire. Toutefois, le domaine de création ou de suppression peut être limité.
9. - Tout service public se voit appliquer des règles inhérentes à ce type d'activité. Ces règles fondamentales sont constituées par les principes de continuité, d'égalité et d'adaptation.
10. - Le régime juridique du service public est complété par des règles complémentaires applicables dans un certain nombre de cas. Ces règles sont la gratuité, la transparence et la participation.
11. - L'usager du service public est uni, en principe, par des liens de droit public ou de droit privé, selon que le service est administratif ou industriel et commercial. Il peut, néanmoins, toujours contester devant le juge administratif les décisions d'organisation du service.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le régime du personnel des services publics industriels et commerciaux, expression d'un droit public du travail », La Semaine Juridique. Administrations et collectivités territoriales (JCP A), Éditions du Juris-classeur - LexisNexis , 2022, n°6, p. 2048
Une solution traditionnelle du droit français est que les agents des services publics industriels et commerciaux sont des « salariés » relevant du droit du travail. Cette étude veut montrer que si ce droit est bien dominant, le régime de ces agents emprunte pour une part au droit public compte-tenu à la fois de facteurs politiques et de la persistance de missions de service public. En cela, le régime du personnel des services publics industriels et commerciaux est bien l’expression d’un « droit public du travail ».
Pierre Esplugas-Labatut, « La liberté de réunion électorale et de manifestation à l’épreuve de l’épidémie de Covid 19 (Note sous Conseil d’État, ordonnance en référé, 11 juin 2021, Clémentine Autain ) », Actualité juridique. Droit administratif, Dalloz , 2021, n°38, p. 2218
Saisi par voie de référé-liberté par madame Clémentine Autain et « La France insoumise », le Conseil d’État devait trancher la question de la légalité de dispositions fixées par décret encadrant, pour des raisons liées à l’épidémie de Covid 19, la liberté de réunion et de manifestation en période électorale. Par une ordonnance du 11 juin 2021, la Haute juridiction administrative applique en l’espèce des méthodes classiques visant à concilier des normes d’égale valeur constitutionnelle, à contrôler la proportionnalité des mesures de police adoptées et à assurer le respect du principe d’égalité. De manière plus audacieuse, il interprète les dispositions attaquées afin de les « sauver » comme ne limitant pas le nombre de participants possible à une réunion électorale.
Pierre Esplugas-Labatut, Capucine Colin, « L’application mobile sur le suivi des élections en temps réel: de la Catalogne aujourd’hui à la France demain ? », Blog du droit électoral : L'actualité du droit des élections et des référendums politiques en France, , 2021
Lors du scrutin du 14 février 2021 pour l’élection des représentants au Parlement Catalan, les électeurs ont pu expérimenter une application pour téléphones mobiles et tablettes dite « Elecciones 14 F » visant à suivre en temps réel les conditions du déroulé de ce scrutin.
Au-delà du cas Catalan, la question se pose de savoir si cette application mérite d’être exportée notamment en France. La réponse serait pour notre part affirmative dans le sens où cette application répond à un double objectif de préservation de santé publique et de lutte contre l’abstention et d’accès facilité à l’information sans pour autant bouleverser le processus électoral et démocratique traditionnel.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le droit électoral du 1er degré des élections sénatoriales : de mystérieux délégués », Bulletin juridique des collectivités locales (BJCL), Ed. Formation entreprise, 2020, n°12, pp. 873-878
Les élections sénatoriales comportent deux degrés: le premier consiste à élire un collège de "délégués", dénomination officielle à laquelle il est préféré dans le langage courant celle de "grands électeurs"; le second degré consiste à ce que ces délégués désignent les sénateurs.
Pour l'élection de premier degré, il s’agit bien de désigner de « mystérieux délégués » dont le mode d’élection est finalement peu connu, y compris de la part des spécialistes. Qui sont donc ces mystérieux « délégués » ? (I) ; comment sont-ils désignés ? (II).
Pierre Esplugas-Labatut, « Plaidoyer pour une recodification du droit électoral », Actualité juridique. Droit administratif (AJDA), Le Moniteur des travaux publics, 2020, n°29, pp. 1644-1648
Promulgué en 1956, dans des circonstances qui sont un peu le fruit du hasard, le Code électoral français est dépassé. Il porte en effet la marque de son époque en adoptant un vocabulaire désuet ou en étant le produit de l’accumulation de réformes successives consistant souvent simplement en de simples ajustements.
Le Code électoral est encore incohérent en ne prenant en compte ni un certain nombre d’élections dont l’élection présidentielle, ni une série de volets aujourd’hui non neutres intéressant les campagnes électorales comme le financement de celles-ci. Son plan n’est pas satisfaisant et les règles qui y sont présentées sont hétérogènes. Plus particulièrement, la notion centrale de « dépenses électorales » y est définie de manière tautologique.
Il serait donc opportun que le Parlement, et non le gouvernement, procède à une refonte, à droit non constant, du Code électoral.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le département avec ou face la Métropolisation ? », Pouvoirs Locaux : les cahiers de la décentralisation / Institut de la décentralisation, Institut de la décentralisation, 2020, n°117, pp. 21-24
La présente étude est un retour d'expérience vécue sur les rapports entretenus entre le Conseil départemental de Haute-Garonne et Toulouse Métropole lors de la contractualisation signée en juin 2018 entre ces deux institutions.
Il en ressort que le processus de contractualisation n'a pas échappé à un double phénomène de politisation et de bureaucratisation tout en apportant une réelle valeur ajoutée pour les territoires concernés.
Pierre Esplugas-Labatut, « Evolution ou Révolution du droit des fonctions publiques ? »: A propos de la loi du 6 août de 2019 dite de transformation de la fonction publique, Droit Social, Librairie technique et économique - Dalloz , 2020, n°3, pp. 227-231
La loi n° 2019-828 du 6 août 2019 dite de "transformation de la fonction publique" constitue-t-elle une innovation majeure dans l'organisation des rapports au travail des agents publics? Cette loi est en fait, tout d'abord, la continuation d'une Révolution déjà amorcée en mettant en oeuvre la "travaillisation" du droit des agents publics à propos, par exemple, de la définition de leur situation juridique, l'élargissement de la possibilité de recruter des contractuels ou l'individualisation des carrières. Cette loi ne fait, ensuite, que prolonger une Evolution ancienne et continue visant à accentuer l'exemplarité des agents publics aussi bien individuellement que collectivement. En définitive, la Révolution serait que le droit des agents publics est moins un droit de la fonction publique qu'un "droit public du travail".
Pierre Esplugas-Labatut, Isabelle Desbarats, Florence Debord, Morgan Sweeney, Fabrice Melleray [et alii], « La transformation de la fonction publique », Droit Social, Librairie technique et économique - Dalloz , 2020, n°3
Pierre Esplugas-Labatut, « La privatisation de la Française des jeux est-elle vraiment constitutionnelle ? », Constitutions : revue de droit constitutionnel appliqué, Dalloz, 2019, n°3, pp. 364-368
Après la décision du Conseil constitutionnel n° 2019-781 DC relative à la loi dite PACTE, la cause est entendue: la privatisation de la société "La Française des jeux" est conforme à la Constitution. Pour autant, la réponse donnée par le Conseil constitutionnel peut en doctrine être discutée. Il est certes exact, qu'au regard de sa propre jurisprudence, les droits exclusifs détenus par cette société pour l'exploitation de jeux de loterie et de paris sportifs ne sauraient engendrer un monopole de fait et ainsi heurter l'alinéa 9 du Préambule de la Constitution de 1946. Cependant, si l'on donne un sens non pas juridique mais économique à cette notion, une réponse contraire est possible. On peut également s'interroger si la Française des jeux ne constitue pas un service public national au sens de ce même Préambule. Bien que le Conseil d'Etat ait répondu par le passé par la négative, on peut faire valoir que des droits exclusifs détenus par cette société, soumise à un "contrôle étroit de l'Etat", ne peuvent se justifier en contre-partie que par l'existence de missions de service public, s'exerçant en l'occurrence sur l'ensemble du territoire national. Dans ces conditions, on peut contester le caractère constitutionnel de la privatisation de la Française des jeux.
Pierre Esplugas-Labatut, « Un pouvoir électoral face au pouvoir de suffrage en France ? », Constitutions : revue de droit constitutionnel appliqué, Dalloz, 2019, n°3, pp. 393-402
Existe-t-il en France un "pouvoir électoral" qui pourrait limiter le "pouvoir de suffrage" défini à l'époque contemporaine simplement comme l'expression du corps électoral? Bien que celui-ci soit déjà consacré dans de nombreux Etats d'Amérique latine, la réponse fut en France longtemps négative si l'on en juge par les résistances tenant aussi bien à la structure du système électoral qu'au comportement des juges. En revanche, l'évolution et le perfectionnement des modes de contrôle ainsi que le volontarisme des autorités en charge du contrôle des élections conduit aujourd'hui à voir émerger un "pouvoir électoral" au sens matériel que l'on peut opposer au "pouvoir de suffrage".
Pierre Esplugas-Labatut, Stéphane Mouton, « Projet de réforme des institutions : l’essentiel a-t-il été oublié ? », Actualité juridique. Droit administratif (AJDA), Le Moniteur des travaux publics, 2019, n°2, p. 73
Cet article est une tribune faisant suite à une audition d'une délégation de l'Institut Maurice Hauriou par la Commission des lois du Sénat le 8 novembre 2018 sur un rapport sénatorial relatif aux "40 propositions pour de révision de la Constitution utile à la France".
Ces propositions, comme les projets de loi "pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace" constituent sans aucun doute un bel ouvrage d'ingénierie constitutionnelle mais l'essentiel a peut-être été oublié avec une réforme de la légitimité et des fonctions du pouvoir exécutif.
Pierre Esplugas-Labatut, « Notion de service public
Droit interne et droit de l'Union européenne », JurisClasseur Droit administratif, Editions du Juris-classeur, 2019
1. - La notion juridique de service public est apparue en droit interne à la fin du XIXe et au début du XXe siècle comme critère de compétence entre les juridictions administratives et judiciaires. Ce n'est que sous l'influence d'un ensemble d'auteurs que le service public fut considéré ensuite comme une notion clé du droit administratif.
2. - Après une période d'indifférence, puis de conflit, le droit de l'Union européenne, prend en compte désormais une logique propre aux activités d'intérêt général sous forme, en particulier, de services d'intérêt général et de services d'intérêt économique général.
3. - Le droit positif interne ne donne pas de définition générale du service public. Il permet seulement d'identifier des éléments constitutifs. Ces derniers sont la prise en charge d'une activité par une personne publique, dans un but d'intérêt général, selon un régime exorbitant du droit commun. Cependant, chacun de ces éléments peut désormais être dissocié des autres.
4. - Les services d'intérêt général sont une catégorie, en droit de l'Union européenne, englobant toute activité d'intérêt général, quelle que soit sa nature, économique ou non. En ce sens, ils incluent les « services non économiques d'intérêt général », les « services sociaux d'intérêt général », les « services économiques d'intérêt général » et les « services universels ». Toutes ces entités doivent respecter les principes généraux des traités (transparence, non-discrimination, égalité de traitement, proportionnalité). En revanche, seules celles correspondant à des activités de nature économique sont soumises aux règles du marché intérieur et de la concurrence déduites du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.
5. - Les services sociaux d'intérêt général sont une catégorie émergente. Le principe reste celui de l'application à leur égard des règles du traité s'ils constituent des activités économiques. En revanche, les services dont l'activité est de nature exclusivement sociale sont écartés du champ d'application des règles de concurrence. En outre, une reconnaissance spécifique des services sociaux d'intérêt général existe désormais par le traitement particulier que peut leur accorder le droit dérivé.
6. - Les services d'intérêt économique général peuvent être définis comme des activités de nature économique remplissant des missions considérées par les autorités publiques comme d'intérêt général et soumises de ce fait par les États membres à des obligations spécifiques de service public. De telles activités bénéficient de dérogations à la concurrence, notamment par la possibilité d'accorder des « compensations de service public ».
7. - Le droit de l'Union européenne dérivé se réfère, dans certains secteurs comme les communications électroniques et les postes, à la notion de service universel. Cette dernière induit des obligations, imposées dans l'intérêt général, applicables à des prestations de base et autorisant des dérogations à la concurrence.
8. - La compétence de l'État ou des collectivités territoriales pour créer ou supprimer un service public est en principe discrétionnaire. Toutefois, le domaine de création ou de suppression peut être limité.
9. - Tout service public se voit appliquer des règles inhérentes à ce type d'activité. Ces règles fondamentales sont constituées par les principes de continuité, d'égalité et d'adaptation.
10. - Le régime juridique du service public est complété par des règles complémentaires applicables dans un certain nombre de cas. Ces règles sont la gratuité, la transparence et la participation.
11. - L'usager du service public est uni, en principe, par des liens de droit public ou de droit privé, selon que le service est administratif ou industriel et commercial. Il peut, néanmoins, toujours contester devant le juge administratif les décisions d'organisation du service.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le contentieux de la fin des contrats de travail des agents publics », Bulletin juridique des collectivités locales (BJCL), Edita, 2018, n°10, pp. 709-712
Le contentieux de la fin du contrat de travail des agents publics répond à une double logique: il s'agit, d’une part, d’isoler ce contentieux à la fois par rapport aux salariés et aux fonctionnaires, ce qui a pour effet de rendre leur situation, du point de vue de la fin du contrat, moins protégée. Le juge tend, d’autre part, à banaliser ce contentieux par une assimilation aussi bien avec le droit du travail que celui de la fonction publique en vue de protéger l’agent au cours de la fin du contrat.
Pierre Esplugas-Labatut, « Pour la constitutionnalisation de l’état d’urgence », Revue française de droit constitutionnel (RFDC), Presses universitaires de France, 2018, n°115, pp. 485-496
L’objet de cet article est de sortir du débat frontal qui consisterait à considérer que tout renforcement de l’assise de l’état d’urgence est une régression pour les libertés fondamentales. Au contraire, la thèse que nous souhaitons développer dans le cadre de cette étude est que sa constitutionnalisation peut être l’occasion de poser, enfin, un cadre strict qui a certes bien pour effet de valider le principe même de l’état d’urgence mais aussi de fixer des limites claires à son application. Cet objectif peut être atteint à condition de procéder à une réécriture du contenu des dispositions plus générales relatives aux états d’exception selon une méthode finaliste qui est d’autoriser tout en les encadrant des mesures prises à titre exceptionnel.
Pierre Esplugas-Labatut, « Fascicule n° 149 : Notion de service public. Droit interne et droit de l’Union européenne », JurisClasseur Administratif, LexisNexis, 2017, n°149
La présente fiche actualise les évolutions intervenues entre janvier 2015 et juillet 2017 dans le droit interne et de l'Union européenne des services publics.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le juge des référés protecteur de la liberté syndicale », Actualité juridique. Droit administratif (AJDA), Le Moniteur des travaux publics, 2016, n°21, p. 1194
Note sous l’ordonnance du Conseil d’Etat n° 396431 du 5 février 2016 Madame B…
L'intérêt de l'ordonnance commentée est de mettre en avant l'existence d'un "droit public du travail". En effet, les agents des offices publics de l'habitat sont soumis à un régime intermédiaire compte tenu des missions de service public qu'ils assument entre le droit du travail et le droit de la fonction publique. En particulier, concernant l'exercice de la liberté syndicale, ils se voient appliqués les dispositions du code du travail mais adaptées.
En outre, cette ordonnance retient, dans le cadre d'un référé-liberté, une conception objective de la liberté syndicale au-delà des droits légitimes de la requérante.
Pierre Esplugas-Labatut, « Notion de service public (droit interne et droit de l’Union européenne) », Juris-classeur administratif, Lexis-nexis, 2015, p. 149
L'objet de ce fascicule est de retracer la construction d'une notion centrale et fondatrice du droit administratif, le service public, au regard de son articulation avec le droit de l'Union européenne. A cet égard, cette étude tend à monter une interaction entre le droit interne du ou des services publics et le droit de l’UE des services d’intérêt général.
Cette interaction se manifeste au plan interne par l’application pour les services publics qui couvrent des activités économiques d’un droit de la concurrence, d’ailleurs spécifique compte tenu de leur mission d’intérêt général.
De même, au plan européen, le droit de l’UE prend désormais en compte une logique propre aux activités d’intérêt général, qui est affirmée notamment dans des textes de droit primaire comme le traité d’Amsterdam, la Charte des droits fondamentaux de l’Union, ou un protocole relatif aux SIG annexé au traité de Lisbonne. Cette prise en compte d’une logique d’intérêt général résulte également de l’émergence de nouvelles notions comme celles de services sociaux d’intérêt général ou de la mise en place, au terme de la jurisprudence de la CJCE du 24 juillet 2003 Altmark et plus récemment du paquet dit « Almunia » du 20 décembre 2011, d’un système, d’ailleurs assez complexe, pour apprécier si une compensation de service public est compatible ou pas avec le marché intérieur.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le doyen Vedel et la décision du Conseil constitutionnel du 23 janvier 1987, Conseil de la concurrence (à propos de la réserve constitutionnelle de compétence du juge administratif) », Annales de l'Université des sciences sociales de Toulouse, Presses Universitaires de Toulouse Capitole, 2008, n°149, pp. 1356-1361
Pierre Esplugas-Labatut, « Le regard des élus sur leur rôle, leur statut et le bilan de la décentralisation : entre gratification et nuages noirs ! », Pouvoirs Locaux : les cahiers de la décentralisation / Institut de la décentralisation, Institut de la décentralisation, 2002, n°121, pp. 69-72
Les élus locaux ont sans aucun doute majoritairement le sentiment d’exercer une fonction gratifiante. Pour autant, plus de 40 ans après les lois de décentralisation intervenues à partir de 1982, le regard qu’ils portent sur leur activité n’est pas sans laisser apparaître des nuages autour de leur rôle, de leur statut et du bilan qu’ils peuvent tirer de la décentralisation.
Pierre Esplugas-Labatut, « Regards sur la jurisprudence du Conseil constitutionnel », le 14 novembre 2025
Conférence organisée par l'Ecole de droit, IMH, Université Toulouse Capitole
Pierre Esplugas-Labatut, « La restitution des biens culturels », le 14 mars 2025
Conférence des M1 et M2 droit du numérique et des médias, organisée par l'IMH, Ecole de droit, Université Toulouse 1 Capitole sous la direction scientifique de Laurence Calandri, MCF en droit public et Pierre Esplugas-Labatut, Pr. de droit public
Pierre Esplugas-Labatut, « Le rôle du Sénat sous la Vème République », le 12 mars 2025
Conférence organisée par l'Ecole de droit et l'IMH, Université Toulouse Capitole ?sous la direction scientifique de Pierre Esplugas-Labatut
Pierre Esplugas-Labatut, « Quitter la fonction publique ? », le 06 février 2025
Colloque organisé par l'IMH, Université Toulouse Capitole sous la direction scientifique de Pierre Esplugas-Labatut, Professeur de droit public à l’Université Toulouse Capitole et Antony Taillefait, Professeur de droit public à l’Université d’Angers
Pierre Esplugas-Labatut, « Les règles de financement de la vie politique », le 22 janvier 2025
Colloque co-organisé par la CNCCFP et les professeurs Aurélien Baudu (Université de Lille) et Xavier Cabannes (Université Paris Cité).
Pierre Esplugas-Labatut, « La fabrique de la loi », le 20 novembre 2024
Conférence proposée et présentée par Pierre Esplugas-Labatut, Professeur de droit public - Université Toulouse Capitole
Pierre Esplugas-Labatut, « Le contradictoire dans la QPC », le 18 octobre 2024
Conférence organisée par l'IMH, Faculté de droit, Université Toulouse 1 Capitole
Pierre Esplugas-Labatut, « L'avenir du Conseil constitutionnel », le 12 mars 2024
Conférence organisée par l'Ecole de droit, Université Toulouse Capitole et l’IMH
Pierre Esplugas-Labatut, « Personnalisation et concentration du pouvoir dans les régimes démocratiques contemporains », le 21 septembre 2023
Colloque organisé par le Pr. Stéphane Mouton, en partenariat avec l'Institut Louis Favoreu et le Centre Maurice Hauriou, événement soutenu par la Faculté de Droit de Toulouse
Pierre Esplugas-Labatut, « Transports et conflits : approche juridique de la gestion en temps de crise », le 31 mars 2023
Organisé par le Master 2 Droit des transports et de l’aéronautique, Université Toulouse 1 Capitole sous la direction de Mme Nathalie Picod et de M. Stéphane Mouton
Pierre Esplugas-Labatut, « 60 ans d'élection directe du Président de la République : genèse, bilan et perspectives », le 24 novembre 2022
Organisé par l'Université de Lille en partenariat avec les Universités Aix-Marseille, Lyon III et Toulouse
Pierre Esplugas-Labatut, « Le travail du juge constitutionnel », le 14 octobre 2022
Organisé par l'Institut Maurice Hauriou, UT1Capitole à l'initiative de Monsieur le Professeur Pierre Esplugas-Labatut
Pierre Esplugas-Labatut, « Les journées de l'actualité de l'action publique locale », le 02 juin 2022
Organisée par le Centre d’études et de recherche en droit administratif, constitutionnel, financier et fiscal- CERDACFF et le Groupement de recherche sur l'administration locale – GRALE, Université Nice Côte d’Azur
Pierre Esplugas-Labatut, « 40e anniversaire des lois de décentralisation (1982-2022) », le 10 mars 2022
Organisé par l'IDETCOM, Université Toulouse 1 Capitole
Pierre Esplugas-Labatut, « La responsabilité du pouvoir exécutif national : le point de vue des territoires », le 21 janvier 2022
Organisé par l'Institut Maurice Hauriou sous la responsabilité scientifique de Stéphane Mouton et Pierre Esplugas-Labatut, Professeurs de droit public - Université Toulouse Capitole
Pierre Esplugas-Labatut, « La politique culturelle et patrimoniale de la ville de Toulouse », le 11 février 2021
Conférence doctorale du cycle des Rencontres d'histoire du droit, CTHDIP.
Pierre Esplugas-Labatut, « Centenaire de l'arrêt Bac d'Eloka », le 22 janvier 2021
Organisé par l’IMH, Université Toulouse 1 Capitole
Pierre Esplugas-Labatut, « Droit électoral et Droit des collectivités territoriales », le 06 novembre 2020
Organisé par le CRJ, Université de Grenoble-Alpes sous la direction scientifique de Romain Rambaud, Professeur CRJ, Sébastien Ferrari, Professeur CRJ, Nicolas Kada, Professeur CRJ, Michel Verpeaux, Professeur Paris 1, Laetitia Janicot, Professeur Cergy.
Pierre Esplugas-Labatut, « Représentation, gouvernement et systèmes électoraux », le 31 janvier 2020
Pierre Esplugas-Labatut, « Modèles électoraux et démocratie : Quels enjeux constitutionnels ? », le 05 décembre 2019
Journée décentralisée de l’Association Française de Droit Constitutionnel organisée avec l’Institut Maurice Hauriou
Pierre Esplugas-Labatut, « L'avenir des collectivités territoriales intermédiaires en Europe », le 15 novembre 2019
Organisé par l’IMH, Université Toulouse Capitole sous la direction scientifique de scientifique F. Crouzatier-Durand, N. Laval-Mader, S. Denaja et A. Viola
Pierre Esplugas-Labatut, « Les transformations de la Fonction publique : tous travailleurs ? », le 24 septembre 2019
Organisé par le Centre de Droit des Affaires et l’Institut Maurice Hauriou, Université Toulouse 1 Capitole
Pierre Esplugas-Labatut, « Le juge judiciaire et la séparation des pouvoirs », le 30 novembre 2018
Organisé par les enseignants-chercheurs des Universités de Montpellier - CERCOP et de Toulouse 1 Capitole - Institut Maurice Hauriou
Pierre Esplugas-Labatut, « Le juge dans le constitutionnalisme moderne », le 18 octobre 2018
Pierre Esplugas-Labatut, « Regards sur l'actualité du contentieux de l'action publique territoriale », le 24 mai 2018
Organisé sous la direction scientifique de Florence Crouzatier-Durand, Institut Maurice Hauriou
Pierre Esplugas-Labatut, « L’état d’urgence : bilan et perspectives », le 11 avril 2018
Organisé par la commission des Lois constitutionnelles, de la législation et de l'administration générale de la République
Pierre Esplugas-Labatut, « Quelles garanties constitutionnelles pour le pouvoir de suffrage? », Quelles garanties constitutionnelles pour le pouvoir de suffrage?, Université Toulouse 1 Capitole, le 01 janvier 2018
Les garanties constitutionnelles apportées à ce droit sont structuré par deux principes cardinaux qui sont la liberté, notamment de vote pour les citoyens et de faire campagne pour les candidats, et l’égalité entre votants et candidats.
Cette structuration explique que, d’une part, tout se passe comme si, matériellement, les autorités en charge du contentieux électoral étaient bien en présence d’un pouvoir de suffrage tant elles sont réservées ou prudentes pour le mettre en cause. Cependant, l’évolution de leurs décisions, jugements ou arrêts tend, d’autre part, à désacraliser le pouvoir de suffrage, lui poser des limites et opposer des garanties dans son exercice afin qu’il se transforme en véritable droit.
Pierre Esplugas-Labatut, « Le non-renvoi des questions prioritaires de constitutionnalité », le 26 octobre 2017
Sous la direction de Nathalie Droin, Maître de conférences HDR en droit public et d’Aurélia Fautré-Robin, Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles
Pierre Esplugas-Labatut, « La Constitution européenne de la France », le 21 septembre 2017
Organisé par l’IFR et l’IRDEIC en partenariat avec l’IDETCOM et l’IMH
Pierre Esplugas-Labatut, « L'élection présidentielle, une élection à la recherche de ses juges », le 28 mars 2017
Pierre Esplugas-Labatut, « La dualité des juridictions administratives et judiciaires », le 22 février 2017
L'Association du Master 1 Droit public organise une Conférence-débat sur la dualité des juridictions sous la direction scientifique de Sébastien Saunier.
Pierre Esplugas-Labatut, « Financement et moralisation de la vie politique », le 24 octobre 2016
Depuis 1970, on assiste à une tentative de moralisation de la vie politique. Certains pays ont cherché à clarifier les modes de financement de la vie politique afin de lutter contre la corruption et l’influence de l’argent dans le jeu électoral.
Pierre Esplugas-Labatut, « Grève et droit public », le 09 juin 2016
Le préambule de la Constitution de 1946 a reconnu le droit de grève, droit fondamental constitutionnellement garanti. L’université Toulouse 1 capitole s’associe à l’université de Grenoble Alpes pour célébrer les 70 ans de la reconnaissance du droit de grè
Pierre Esplugas-Labatut, « Entre universalisation et adaptation de la moralisation du financement de la vie politique », Entre universalisation et adaptation de la moralisation du financement de la vie politique, Université de Bourgogne, le 01 janvier 2016
La présente étude constitue le Rapport de synthèse du colloque intitulé "Financement et moralisation de la vie politique. Perspective comparée"(dir. E. Forey,Université de Dijon, nov. 2016).
L’ensemble des communications produites ont montré que la moralisation de la vie politique tendait aujourd’hui, au moins dans le champ –large - des pays étudiés au cours de ce colloque (Allemagne, Brésil, Canada, Etats-Unis, Etats du Maghreb, Espagne, France, Grèce, Royaume-Uni) à être consacrée comme exigence.
Pour autant, des interrogations persistent sur l’efficacité des politiques destinées à concrétiser l’exigence de moralisation.