David Szymczak

Professeur
Droit public.
Sciences Po Bordeaux

Centre de Recherche et de Documentation Européennes et Internationales
  • THESE

    La Convention européenne des droits de l'homme et le juge constitutionnel national, soutenue en 2002 à Université Robert Schuman Strasbourg 19712008, sous la direction de Jean-François Flauss 

  • David Szymczak, Catherine Gauthier, Sébastien Platon (dir.), Bioéthique et droit international et européen des droits de l'homme: actes du colloque des 1er et 2 juin 2017 organisé à l'Université de Bordeaux par le CRDEI de Bordeaux et la Fondation Cassin en collaboration avec le CERCCLE et le CERFAPS de Bordeaux, Éditions A. Pedone, 2018, Publications de l'Institut international des droits de l'homme, 276 p. 

    David Szymczak, Catherine Gauthier, Sébastien Platon, Droit européen des droits de l'homme, Sirey-Dalloz, 2016, Université, 518 p. 

    David Szymczak, Élisabeth Lambert-Abdelgawad, Sébastien Touzé (dir.), L'homme et le droit: en hommage au professeur Jean-François Flauss, Éd. Pedone, 2014, 842 p. 

    David Szymczak, La Convention européenne des droits de l'homme et le juge constitutionnel national, Bruylant, 2006, Publications de l'Institut international des droits de l'homme, 849 p. 

  • David Szymczak, « Ambre Blanc, Les décisions de la Cour européenne des droits de l'Homme face au temps », RTDEur. Revue trimestrielle de droit européen, 2023, n°03   

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « Cour européenne des droits de l’homme et droit international (2020) », 2020, pp. 609-630    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. Cour européenne des droits de l’homme et droit international (2020). In: Annuaire français de droit international, volume 66, 2020. pp. 609-630.

    David Szymczak, « Prix international de la Revue trimestrielle des droits de l’homme », Revue trimestrielle des droits de l'Homme , 2019, n° 118, pp. 529-529   

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « Cour européenne des droits de l’homme et droit international général (2019) », 2019, pp. 491-510    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. Cour européenne des droits de l’homme et droit international général (2019). In: Annuaire français de droit international, volume 65, 2019. pp. 491-510.

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « Cour européenne des droits de l’homme et droit international général (2017-2018) », 2018, pp. 553-573    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. Cour européenne des droits de l’homme et droit international général (2017-2018). In: Annuaire français de droit international, volume 64, 2018. pp. 553-573.

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « Cour européenne des droits de l’homme et droit international général (2016) », 2016, pp. 477-495    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. Cour européenne des droits de l’homme et droit international général (2016). In: Annuaire français de droit international, volume 62, 2016. pp. 477-495.

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « Cour européenne des droits de l’homme et droit international général », 2015, pp. 513-542    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. Cour européenne des droits de l’homme et droit international général. In: Annuaire français de droit international, volume 61, 2015. pp. 513-542.

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « Cour européenne des droits de l’homme et droit international général (2014) », 2014, pp. 401-427    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. Cour européenne des droits de l’homme et droit international général (2014). In: Annuaire français de droit international, volume 60, 2014. pp. 401-427.

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « Cour européenne des droits de l’homme et droit international général », 2013, pp. 279-300    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. Cour européenne des droits de l’homme et droit international général. In: Annuaire français de droit international, volume 59, 2013. pp. 279-300.

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « La Cour européenne des droits de l’homme et le droit international (2011) », 2012, pp. 715-741    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. La Cour européenne des droits de l’homme et le droit international (2011). In: Annuaire français de droit international, volume 58, 2012. pp. 715-741.

    David Szymczak, Sébastien Touzé, « La Cour européenne des droits de l’homme et le droit international (2010) », 2011, pp. 611-637    

    Szymczak David, Touzé Sébastien. La Cour européenne des droits de l’homme et le droit international (2010). In: Annuaire français de droit international, volume 57, 2011. pp. 611-637.

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Konstantinos Brianis, Article 21 de la Constitution grecque et protection de la CEDH - Comparaison de leur champ de protection et de l'influence de la Cour européenne des droits de l'homme sur la jurisprudence grecque, thèse en cours depuis 2023  

    Il s'agit d'une recherche qui se concentrera sur l'étude comparative de l'article 21 de la Constitution grecque (protection de la famille, du mariage, de la maternité et de l'enfance, droits des personnes handicapées)et la protection de la CEDH. L'accent sera d'abord mis sur la manière dont la jurisprudence de la Cour a cristallisé les concepts de l'article 21, à savoir la "famille", la "maternité", l'"enfance", le "mariage" et le "logement". Dans ce contexte, la question problématique sera de savoir dans quelle mesure l'ordre juridique grec a été affecté et si l'on peut dire que la Cour européenne des droits de l'homme a agi comme une cour constitutionnelle. En ce qui concerne la dimension sociale, je traiterai de l'adoption de la discrimination positive en Grèce et de la manière dont la jurisprudence a influencé la jurisprudence grecque, puis je comparerai la jurisprudence grecque avec celle d'autres pays.

    Baïna Ubushieva, L'intérêt général dans le système de la Convention européenne des droits de l'Homme, thèse soutenue en 2018 à Bordeaux en co-direction avec Sébastien Platon, membres du jury : Romain Tinière (Rapp.), Yannick Lécuyer (Rapp.)  

    Le phénomène de désétatisation de l’utilisation de la notion d’intérêt général conduit à s’intéresser au rôle que cette notion joue dans le cadre du système de la Convention. Dans le contexte de la Convention européenne des droits de l’Homme, l’intérêt général ne se manifeste pas seulement comme un concept consubstantiellement lié à l’État. En effet, la nature indéterminée, flexible et fonctionnelle de l’intérêt général permet l’utilisation de cette notion par les divers acteurs du système conventionnel et facilite, par conséquent, son intégration dans ce même système. Face à une diversité des utilisateurs de la notion d’intérêt général, l’utilisation effectuée par la Cour européenne des droits de l’Homme se démarque en particulier en raison de son pouvoir d’interprète authentique. Cela permet de s’interroger sur l’existence d’une conception de l’intérêt général propre au système de la Convention ainsi que sur les fonctions que l’intérêt général occupe dans le cadre de ce système.

    Emilie Destombes, La rétention saisie par les droits européens, thèse en cours depuis 2018 en co-direction avec Henri Labayle  

    La présente recherche propose de contribuer à l'amélioration et à la rationalisation du droit européen, concernant la rétention de migrants, par la proposition d'un modèle de rétention commun à l'ensemble des États membres.

    Sarah Teweleit, Le droit d'agir devant la Cour Européenne des Droits de l'Homme, thèse soutenue en 2017 à Bordeaux, membres du jury : Peggy Ducoulombier (Rapp.), Frédéric Sudre (Rapp.), Sébastien Platon et Paulo Pinto de Albuquerque  

    Le droit d’agir devant la Cour européenne des droits de l’Homme est assurément unique dansl’ordre juridique international. Erigé en « pierre angulaire » du système européen de sauvegarde,bénéficie-t-il pour autant d’une protection à la hauteur de cette qualification? L’engorgementmanifeste de la Cour de Strasbourg place cette interrogation dans une actualité perpétuelle.L’étude de ce droit processuel supranational illustre l’existence simultanée de deux courantsprétoriens aux effets diamétralement opposés sur l’exercice du droit d’agir : l’un souple, provictima, qui ouvre largement le prétoire de la Cour et l’autre restreignant a contrario son accès. Sil’approche souple satisfait naturellement l’intérêt individuel des requérants, elle permet égalementà la Cour de bâtir un ordre public européen de protection des droits de l’Homme. Parallèlement,l’interprétation stricte des conditions d’accès repose sur la responsabilisation des acteurs dumécanisme européen et sous-tend un filtrage rigoureux des affaires individuelles. Le droit d’agirreprésente, par conséquent, une composante d’un système de protection de nature« constitutionnelle » évoluant aux rythmes des liens tissés entre les deux courants prétoriensévoqués. C’est en effet par un mouvement pendulaire entre l’ouverture et la fermeture du prétoirede la Cour de Strasbourg que la garantie durable du droit d’agir peut être assurée.

    Marion Chabassier, Droits européens et exorbitance du droit public, thèse soutenue en 2014 à Limoges sous la direction de Hélène Pauliat, membres du jury : Rostane Mehdi (Rapp.), Fabrice Melleray (Rapp.), Olivier Dubos    

    Les droits européens altèrent l’exorbitance du droit public. De par leur primauté, ils imposent leur conception du droit reposant sur le monisme juridique, l’appréciation restrictive des concepts emportant régimes exorbitants, la reconnaissance de droits subjectifs, le cantonnement de l’intérêt général national. Autant de phénomènes qui affectent les fondements de l’exorbitance du droit public français et, subséquemment, les manifestations de cette exorbitance, à savoir les fonctions de gestion et d’autorité publiques. Il n’est cependant pas possible de se cantonner à une lecture interniste du droit public. Aussi, est-il permis de percevoir le droit public dans une nouvelle perspective de type européaniste. Ce contexte est alors propice à la réévaluation de l’exorbitance du droit public qui peut être envisagée sous l’angle du droit public européen. Les fondements de l’exorbitance changent de dimension et se retrouvent dans les principes de droit public européen. L’exorbitance se situe désormais à mi-chemin entre l’autonomie des droits publics nationaux et l’unité du droit public européen. Les manifestations de l’exorbitance peuvent dès lors faire l’objet d’une réévaluation. Si les activités de protection publique présentent un caractère exorbitant indéfectible, une nouvelle fonction exorbitante se déploie, la régulation publique. Reste à savoir si, eu égard à toutes ces activités et fonctions, l’exorbitance relève plus de la maîtrise des Etats ou de celle de l’Europe et qu’elle en est l’efficacité.

    Louis-Marie Le Rouzic, Le droit à l'instruction dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme, thèse soutenue en 2014 à Bordeaux, membres du jury : Gérard Gonzalez (Rapp.), Jean-Pierre Marguénaud (Rapp.), Ferdinand Mélin-Soucramanien et Jean-Paul Costa  

    La protection du droit à l’instruction a fait l’objet de longues discussions lors des travaux préparatoiresà la Convention européenne des droits de l’Homme. Si l’idée d’un droit à l’instruction pour tous s’esttrès vite imposée dans l’esprit de ses rédacteurs, le respect des convictions religieuses etphilosophiques des parents, qui assurent en priorité l’éducation et l’enseignement de leurs enfants, afait l’objet de davantage de controverses. Ces hésitations expliquent la présence de ce droit à l’article 2du premier protocole additionnel à la Convention du 20 mars 1952. Son importance n’est cependantpas à négliger. Qualifié de droit matriciel, le droit à l’instruction participe à la garantie concrète eteffective des autres droits et libertés de la pensée protégés par le corpus européen. Il assure en celal’épanouissement de la personne et lui garantit le droit de se déterminer librement. Il peut donc êtrerevendiqué par tous, élève ou étudiant, et peu importe la structure fréquentée (établissement public,privé, scolaire ou supérieur). Consciente de cet enjeu décisif pour la sauvegarde d’une sociétédémocratique, la Cour européenne des droits de l’Homme a su interpréter l’article 2 du Protocoleadditionnel de manière à assurer un juste équilibre entre la marge nationale d’appréciation et lapromotion du droit à l’instruction. Pour cela, elle a mis à la charge des Etats des obligations positivesafin d’assurer à chacun la possibilité, notamment, de se servir des moyens d’instruction existants. Engarantissant ainsi l’égal accès de tous aux structures existantes, la Cour européenne des droits del’Homme a également incité les autorités étatiques à respecter les particularités de chacun. A cette fin,une obligation de neutralité leur est imposée aussi bien dans les établissements d’enseignement quedans les programmes dispensés. Aucun élève ni étudiant ne doit se sentir exclu ou stigmatisé en raisonde ses convictions propres. La garantie d’un droit universel à l’instruction implique alors la garantied’un droit à une instruction pluraliste.

  • Pauline Gervier, La limitation des droits fondamentaux constitutionnels par l’ordre public, thèse soutenue en 2013 à Bordeaux 4 sous la direction de Ferdinand Mélin-Soucramanien, membres du jury : Xavier Philippe (Rapp.), Jean Morange (Rapp.), Nicole Belloubet-Frier  

    La dialectique de l’ordre public et des libertés sillonne la pensée juridique depuis le XVIIIème siècle. Généré par de nouvelles formes de délinquance et de criminalité, le renforcement des exigences de l’ordre public impose de s’interroger sur la limitation des droits fondamentaux constitutionnels. En dépit de la place névralgique qu’il occupe entre ordre public et libertés, le processus de limitation demeure indéterminé en droit français. Cette recherche, organisée autour de la détermination des limites aux droits garantis, de l’identification des « limites aux limites » aux droits fondamentaux, puis de la redéfinition des droits fondamentaux par les limites, permet de préciser ce mécanisme, mais aussi de cerner les restrictions apportées à l’exercice des droits et libertés. L’autolimitation du Conseil constitutionnel marque un infléchissement progressif de la protection des droits fondamentaux. Ce constat invite à réfléchir sur l’encadrement supra-législatif de la limitation des droits garantis, et conduit à se positionner en faveur de l’insertion d’une clause de limitation des droits fondamentaux dans la Constitution.

  • Samira Allioui, Un remodelage de l’accès des requérants individuels au prétoire européen : les défis du droit processuel supranational, thèse soutenue en 2023 à Strasbourg sous la direction de Christian Mestre, membres du jury : Sébastien Touzé (Rapp.), Pascal Dourneau-Josette    

    L’objet de cette étude est d’analyser en quoi la procédure de recevabilité établie depuis l’entrée en vigueur du Protocole n°14 est contraignante en termes d’accès au prétoire européen pour les requérants individuels. Il s’agit d’un travail axé sur la place des requérants individuels dans le droit processuel supranational. La refonte du modèle de recevabilité a aidé la Cour à alléger sa charge de travail. Les critères de recevabilité ont été renforcés pour une évaluation plus stricte du bien-fondé d’une requête. La Cour prend position sur sa compréhension du pouvoir discrétionnaire dans l’interprétation des critères de recevabilité qu’elle applique d’office.Toutefois, elle engendre des interprétations qui peuvent être décomposées à l’infini. Des tergiversations sur l’interprétation du droit de recours individuel ne font qu’alimenter les désaccords déjà persistants sur la conception la plus appropriée de la justice. Un accent est mis sur la mission juridictionnelle pratique sans tenir compte du droit à une réponse judiciaire. Le pire serait de voir se mettre en place une justice d’algorithmes, aussi rapide et efficace qu’anonyme et injuste. Cette approche tient compte des stratégies procédurales mises en place depuis 2010 afin de simplifier, fluidifier et d’accélérer la procédure.

    Thibaut Larrouturou, Question prioritaire de constitutionnalité et contrôle de conventionnalité, thèse soutenue en 2020 à Lyon sous la direction de Baptiste Bonnet, membres du jury : Laurence Burgorgue-Larsen (Rapp.), Pascale Deumier, Mattias Guyomar et Bernard Stirn  

    Malgré une longue tradition légicentriste, la France est aujourd’hui l’un des rares États européens dans lesquels la loi promulguée peut être contestée, à l’occasion d’un procès, par deux voies résolument distinctes : la question prioritaire de constitutionnalité, d’une part, et le contrôle de conventionnalité, d’autre part. À première vue, il semble exister une véritable disjonction entre ces deux mécanismes de contrôle de la loi. Ils sont en effet exercés par des juridictions différentes, ne veillent pas au respect des mêmes normes et divergent par leurs effets. Pourtant, malgré la quasi-absence de règles régissant leurs relations, s’est progressivement mise en place une véritable interconnexion des deux contrôles. Adaptation des deux instruments l’un à l’autre, imbrication des problématiques constitutionnelles et conventionnelles au sein du contentieux, rapports d’influence ou d’autorité entre les juridictions concernées et enchâssement des procédures de saisine des juges sont autant de démonstrations de l’émergence d’un droit prétorien des rapports entre question prioritaire de constitutionnalité et contrôle de conventionnalité. La puissance des rapports entre ordres juridiques, la spécificité des normes en jeu et la multiplicité des Hautes juridictions impliquées imposent la recherche d’un équilibre toujours mouvant en la matière, qui constitue l’objet de la présente étude.

    Léa Maulet, L'office de la Grande chambre de la Cour européenne des droits de l'Homme, thèse soutenue en 2019 à Lyon sous la direction de Hélène Surrel, membres du jury : Stéphanie Hennette-Vauchez (Rapp.), Frédéric Sudre et Hugues Fulchiron    

    Clef de voûte des négociations ayant conduit à l’adoption du Protocole n° 11 à la Convention européenne des droits de l’Homme, la Grande chambre de la Cour européenne s’est vu attribuer des compétences contentieuse et consultative atypiques et étendues. Les réformes ultérieures ont contribué à étendre ses prérogatives, confirmant ainsi l’importance de son rôle au sein du système européen de protection. Cette thèse prend pour objet l’office de la Grande chambre dans sa double dimension, formelle et substantielle. À partir de matériaux juridiques classiques et de méthodes issues des sciences sociales, cette recherche montre qu’en dépit de conditions initialement défavorables, la Grande chambre est parvenue à redéfinir son office pour le mettre au service de la construction d’un droit commun européen. Elle s'est également rendue indispensable à la préservation du système de protection.

    Alexandre Palanco, Le précédent dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme, thèse soutenue en 2017 à Montpellier sous la direction de Frédéric Sudre, membres du jury : Peggy Ducoulombier (Rapp.), Hélène Surrel et Françoise Tulkens  

    De prime abord, le concept de précédent, qui renvoie à la valorisation du passé jurisprudentiel, apparaît peu adapté à une pratique du juge européen des droits de l’homme résolument orientée vers l’interprétation dynamique du texte conventionnel. Pourtant les références aux arrêts antérieurs sont abondantes dans le raisonnement justificatif de la Cour, celle-ci n’hésitant pas à considérer « qu'il est dans l'intérêt de la sécurité juridique, de la prévisibilité et de l'égalité devant la loi qu'elle ne s'écarte pas sans motif valable des précédents ». Dans ces conditions, se pose la question de l’appropriation du concept en vue de son intégration dans le système européen. Est-il un simple artifice rhétorique, une véritable limite à l’activisme du juge ou un instrument de légitimation de son pouvoir discrétionnaire ?

    Charlotte Blanc-Fily, Les valeurs dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'homme : Essai critique sur l'interprétation axiologique du juge européen, thèse soutenue en 2014 à Montpellier 1 sous la direction de Frédéric Sudre, membres du jury : Peggy Ducoulombier (Rapp.), Gérard Gonzalez et Muriel Fabre-Magnan  

    Partout présentes au cœur de la jurisprudence européenne des droits de l'homme, les valeurs fondamentales des sociétés démocratiques constituent un sujet d'étude pertinent pour apprécier dans quelle mesure ces valeurs sont mobilisées et si elles participent d'une interprétation axiologique de la Convention européenne des droits de l'homme. Simple rappel rhétorique ou véritable outil argumentatif, le recours aux valeurs dans la jurisprudence de la Cour EDH mérite ainsi d'être analysé au travers du prisme de l'interprétation de la Convention. A côté de l'interprétation téléologique, des interprétations évolutive et consensuelle, aucune étude n'a jusqu'alors recherché à systématiser la référence aux valeurs des sociétés démocratiques pour tenter d'en déduire une interprétation axiologique. Mais alors que le juge européen multiplie les références aux valeurs dans ses décisions, il y a néanmoins lieu de constater que l'utilisation de ces valeurs est concurrencée par d'autres politiques jurisprudentielles plus contemporaines et soucieuses des attentes actuelles des populations, de la revendication libertaire individualiste de plus en plus prégnante, et du nécessaire respect du principe de subsidiarité. Phénomènes qui s'accommodent difficilement d'une protection conservatrice de valeurs communes aux Etats parties à la Convention européenne des droits de l'homme.

    Aurélia Schahmaneche, La motivation des décisions de la Cour européenne des droits de l'homme, thèse soutenue en 2012 à Montpellier 1 sous la direction de Frédéric Sudre, membres du jury : Laurence Burgorgue-Larsen (Rapp.), Jean-Paul Costa et Alexandre Viala  

    Exposé des raisons de fait et de droit qui fondent le dispositif, « mobiles psychologiques » ayant conduit le juge à se forger sa conviction, telle est la motivation des décisions de la Cour européenne des droits de l'homme. Parce qu'elle cherche à la fois à justifier et à expliquer les choix du juge, la motivation strasbourgeoise ne se conçoit pas comme une simple déduction purement logique. Elle est aussi un acte important de rhétorique. La Cour accorde une importance particulière au fait d'emporter l'adhésion de l'auditoire afin que celui-ci réceptionne de façon spontanée ses décisions et le droit qu'elle produit. C'est en faisant appel à la raison que la Cour entend affirmer son autorité et réaliser la mission qu'elle s'est fixée : former un droit commun européen des droits de l'homme. A la fois moyen de renforcement de la légitimité du juge et condition de la légitimité de ses décisions, la motivation contribue à nourrir la confiance des justiciables et des Etats parties dans la justice européenne. Dotée d'une fonction pédagogique, la motivation permet aussi à la Cour de persuader l'auditoire et d'inciter les Etats à la réception de sa jurisprudence. De ces différentes fonctions découlent alors une certaine manière de motiver. Certes, l'exposé des motifs n'est pas exempt de critiques. Il révèle régulièrement les erreurs, les manipulations et les excès d'un juge au pouvoir normatif certain. Mais le nombre considérable de décisions rendues invite à conclure au caractère satisfaisant de la motivation. Les efforts de la Cour pour construire un style judiciaire de qualité, mais aussi adapter de façon constante le contenu de sa motivation et « coller » de ce fait au plus près des réalités de la société démocratique européenne, doivent en effet être soulignés.

    Inan Sevinc, Exécution des arrêts de la cour européenne des droits de l'Homme par la Turquie, thèse soutenue en 2012 à Strasbourg sous la direction de Élisabeth Lambert-Abdelgawad, membres du jury : Hélène Surrel (Rapp.), Anne Weber    

    Le contentieux turc a donné lieu à plusieurs milliers de constats de violations, lesquels ont engagé la Turquie sur le chemin des réformes par l’adoption des mesures préconisées par la Cour européenne des droits de l’homme et conformément à la nature des violations constatées. Dans ce contexte, la Turquie est tenue d’apporter une réparation individuelle et générale au service de la prévention de la répétition de violations semblables et de la réparation des préjudices subis par les victimes. S’il est vrai que son obligation d’exécution des arrêts est tributaire essentiellement de sa ratification de la CEDH, force est de constater que cet engagement se trouve renforcé par le fait que la Turquie tente d’adhérer à l’Union européenne depuis plusieurs décennies déjà. C’est ainsi que son obligation d’exécution se concrétise par la mise en oeuvre de moyens ayant pour objectif de diminuer les constats de violation prononcés à son encontre. De plus, ces multiples condamnations ne font que ternir l’image de la Turquie sur la scène internationale et leur diminution apparaît comme étant l’occasion de redorer son blason et de réaffirmer son image d’État auprès de la communauté internationale. Néanmoins, sa pratique d’ensemble relative à l’exécution des arrêts de la Cour EDH est loin de lui servir. Au contraire, sa réputation de mauvais élève en matière du respect aux droits de l’homme s’accentue de part son attitude notamment envers certaines libertés fondamentales, comme la liberté d’expression ou la liberté de la presse, et par conséquent, l’exécution des arrêts demeure un sujet préoccupant pour cet État sous certains aspects.

    Cristina Morariu, Adaptation de la législation roumaine à l'acquis communautaire , thèse soutenue en 2007 à Bucarest sous la direction de Michel Bélanger et Vasile Puşcaş  

    L'adoption de l'acquis par les pays candidats a été destinée, à travers les élargissements successifs, à empêcher l'apparition de conséquences perturbatrices de l'adhésion de nouveaux membres sur le fonctionnement de l'Union. Cette préoccupation est d'autant plus d'actualité dans le cadre du cinquième élargissement, vers des états dont le parcours et le niveau de développement risquaient de mettre en péril le résultat de plusieurs décennies de politique intégrationniste, ainsi que l'évolution des domaines arrivés à la maturité à ce moment là, par exemple le marché intérieur. L'analyse consacrée aux aspects liés à la technique du processus d'adaptation de la législation roumaine à l'acquis communautaire met en évidence les principales difficultés d'organisation et de fonctionnement, ainsi que la façon dont elles ont été dépassées au fur et à mesure. La stratégie mise en place par la Roumanie n'échappe pas aux critiques quant à son efficacité et légitimité, ainsi qu'aux incertitudes sur ses résultats à moyen terme.

  • Eric Paillissé, Le droit à la santé dans la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l'Homme, thèse soutenue en 2018 à Perpignan sous la direction de Peggy Ducoulombier et Marcel Sousse, membres du jury : Jean-Pierre Marguénaud (Rapp.), Diane Roman (Rapp.), Paulo Pinto de Albuquerque    

    Le droit à la santé ne fait pas partie du catalogue des droits garantis par la Convention européenne des droits de l’homme. En raison de sa nature essentiellement libérale, la Convention vise avant tout à assurer une protection effective à l’échelle européenne des droits de nature civil et politique. Il en résulte que la Cour européenne des droits de l’homme se montre particulièrement prudente lorsqu’il s’agit de s’aventurer sur le terrain économique et social, lequel relève essentiellement de la compétence des États et de leur politique législative. Toutefois, sous l’impulsion des requêtes portées devant elle, la Cour a rapidement découvert que les droits conventionnels présentent un volet sanitaire qui en conditionne parfois l’exercice effectif. Forte de son dynamisme interprétatif, la Cour européenne des droits de l’homme a progressivement élaboré un corpus juridique portant sur des questions sanitaires qu’elle distille dans sa jurisprudence au gré des affaires soumises à son contrôle. Afin d’adapter la Convention aux réalités sociales, le juge européen s’est employé dans unpremier temps à consacrer une obligation de protection de la santé des individus les plus nécessiteux. Au-delà de ces aspects, la Cour européenne des droits de l’homme s’est engagée dans une redéfinition du mode d’exercice du droit à la santé. Elle se positionne progressivement sur le terrain de la promotion de la santé, faisant ainsi du juge européen unacteur essentiel à la construction d’un droit européen à la santé.

    Nicolas Pauthe, L'interprétation conforme des lois à la Constitution : étude franco-espagnole, thèse soutenue en 2017 à Bordeaux sous la direction de Marie-Claire Ponthoreau, membres du jury : Luis María Díez-Picazo (Rapp.), Olivier Lecucq (Rapp.), Pierre Bon  

    Cette étude comparative entre la France et l’Espagne oppose deux systèmesconstitutionnels, s’organisant de deux manières différentes. En France, l’interprétationconstitutionnelle s’élabore selon une collaboration absolue des interprètes. La juridictionconstitutionnelle n’a pas les moyens d’agir directement sur l’interprétation élaborée par lesjuges ordinaires. En Espagne, la collaboration est en revanche relative, puisque la juridictionconstitutionnelle peut être saisie directement par les justiciables. La comparaison permet deprocéder à une modélisation du contrôle de constitutionnalité des lois autour du critère del’interprétation conforme des lois à la Constitution. Cette modélisation part des influencesétrangères qui s’exercent sur l’organisation des systèmes constitutionnels comparés. Elle sepoursuit par l’adaptation de ces systèmes au phénomène d’européanisation du droit. Elles’achève par la recherche d’une optimisation de la collaboration entre interprètes.


Cours UNJF

Histoire de la construction européenne depuis 1951

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Proposer un cours sur les perspectives historiques du droit de l’Union européenne correspond à un besoin autant qu’à une demande.Un besoin, car...