La présente thèse examine la notion de consentement en lien avec le droit de la responsabilité de l'État. Elle vise d'abord à définir cette notion sur le plan conceptuel, afin d'identifier les rôles du consentement lorsqu'il est donné dans des circonstances exceptionnelles pour écarter l'application d'obligations normalement applicables ou pour faire face à des situations imprévues. Le consentement, qu'il soit donné avant ou en même temps, ou après la survenance d'un fait illicite, peut jouer trois rôles distincts. Premièrement, et tel que démontré par une approche comparative en référence à la théorie et au droit pénal interne, le consentement peut constituer un moyen de défense, et plus précisément une justification. Deuxièmement, il peut être considéré comme un élément constitutif de la norme primaire, en particulier lorsqu'il est examiné au regard de l'interdiction du recours à la force. Enfin, il peut être compris comme une forme de renonciation, lorsqu'il est invoqué pour renoncer au droit d'invoquer la responsabilité. Outre cet exercice théorique, s'appuyant sur les différents rôles du consentement et éclairé par la nature exceptionnelle et distinctive de cette notion, cette thèse vise à définir le régime du consentement. Il est soutenu qu'il existe un régime propre au consentement en droit international. Ce régime peut être identifié en se référant à d'autres domaines pertinents du droit international, tels que le droit des traités et les principes relatifs aux actes unilatéraux, et en tenant compte de la pratique des États lorsque le consentement est donné en relation avec diverses normes primaires. En suivant cette méthode, il est possible de reconstituer le régime du consentement un régime qui régit généralement le consentement dans toutes les situations et conformément à tous ses rôles, mais qui n'en permet pas moins des variations en fonction des spécificités des normes primaires et des circonstances. Premièrement, certains paramètres peuvent être identifiés car ils ont une incidence sur l'existence du consentement. Ils répondent tout d'abord à la question de savoir qui peut consentir, ou plus précisément, qui est habilité, au sein d'un gouvernement reconnu, à consentir au nom de l'État. L'existence du consentement en droit international se reflète également dans la diversité des formes que peut prendre le consentement, qu'il soit explicite ou implicite, planifié ou ad hoc, écrit ou oral. Deuxièmement, certaines limites relatives au consentement peuvent être identifiées. Le consentement est soumis à des limites temporelles. Le moment où le consentement est donné ce qui peut être difficile à déterminer lorsque le consentement est implicite affecte le rôle du consentement. En outre, le consentement donné pour autoriser des actes qui seraient autrement illicites est de nature temporaire : il a un début, une durée et une fin. Outre ces limites, on peut identifier des vices susceptibles d'affecter la validité du consentement, en tenant ici encore particulièrement compte du droit des traités et des motifs d'invalidité développés dans ce régime. Le consentement n'est pas illimité : il est reconnu que certaines causes, de nature absolue ou relative, peuvent l'affecter et le rendre invalide. C'est le cas lorsque le consentement est donné à l'égard d'une norme de jus cogens, dont la violation ne peut être justifiée par le consentement. Cela peut également être le cas s'il est démontré que le consentement a été vicié par une erreur, la fraude, la corruption ou contrainte exercée sur un représentant de l'État, ou par une incompatibilité avec des règles internes d'importance fondamentale. En somme, alors que les États cherchent à s'engager de manière significative les uns envers les autres, malgré les inégalités qui peuvent parfois imprégner leurs relations, il est utile de reconnaître les rôles que le consentement peut jouer dans ces relations, en tant que notion distincte bénéficiant d'un régime distinct.