L'objectif principal du projet est de comparer les instruments normatifs mis en place par les législateurs italiens et français pour lutter contre les inégalités entre les sexes, les inégalités salariales et les inégalités en matière d'emploi, ainsi que leur conformité aux dispositions européennes existantes et en cours de transposition. L'analyse vise à évaluer les impacts spécifiques de deux instruments réglementaires - la Certification de l'égalité des genres, introduite en Italie en 2022, et le Label Égalité professionnelle entre les femmes et les hommes, introduite en France dès 2004 - qui encouragent, par des mécanismes de récompense, l'adoption volontaire de modèles organisationnels capables non seulement de rendre transparentes les discriminations existantes dans un contexte d'entreprise donné, mais aussi de promouvoir un changement culturel capable de favoriser l'élimination définitive de toute forme de limitation des opportunités de travail liée au genre. Malgré les critiques exprimées dans la doctrine sur les risques des mesures dans le domaine de la protection des droits fondamentaux, les organisations supranationales et l'Union européenne semblent miser sur les données, la transparence et les modèles organisationnels pour tenter de régir et de mettre en uvre les droits humains et sociaux dans l'économie mondiale. Indices et système de mesures, rendus pour la première fois opérationnels à grande échelle par les outils de la numérisation, ont ainsi commencé à proliférer à partir des années 1970 et sont toujours au centre de l'Agenda 2030 pour le développement durable, signé par 193 pays membres des Nations unies, ainsi que des programmes de relance préparés par les États membres de l'Union européenne dans le cadre de Next Generation EU. En ce qui concerne la question de l'égalité des sexes en Europe, trois directives récentes semblent vouloir exploiter davantage le potentiel d'information disponible pour renforcer la protection et réduire les inégalités. Il s'agit des directives 970/2023, 2024/1500 et 2024/1760, qui doivent toutes être transposées entre juin et juillet 2026. En outre, en encourageant la collecte et la mise à disposition massives de données, le règlement 2024/1689, qui encourageait déjà, et ce n'est pas un hasard, l'élaboration de codes de conduite volontaires afin de prévenir les éventuelles disparités liées au traitement des données par des outils d'intelligence artificielle, prend inévitablement de l'importance. Cet ensemble complexe de réglementations semble s'orienter vers la gestion des inégalités entre les sexes par la création d'une véritable protection du marché qui, en s'appuyant sur des approches typiques de la gestion des risques supervisées par des autorités de surveillance appropriées, stimule la poussée d'une responsabilité sociale des entreprises qui a récemment relancé le débat jamais éteint sur la fonctionnalisation de l'entreprise à des fins d'utilité sociale. L'objectif de la recherche est donc d'examiner non seulement la validité théorique de la méthode quantitative pour soutenir l'égalité des genres et les droits fondamentaux, mais aussi d'évaluer si cette approche peut effectivement s'appuyer sur des engagements volontaires de la part de sujets privés, déléguant les actions contre les inégalités à des initiatives volontaires dont les effets possibles en termes de protection effectivée de l'individu sont discutés. Le but ultime serait de démontrer que seule l'intégration de ces méthodes avec une approche fondée sur les valeurs, et présidée par le système juridictionnel, peut garantir que les nouveaux outils à la disposition des juristes puissent améliorer les conditions du contexte et ne pas s'avérer potentiellement encore plus exclusifs et discriminatoires (comme cela s'est déjà produit lorsque des formes de mesure ont fait leur entrée dans le domaine de la réglementation et de l' organisation sociale) ou, en tout cas, devenir des obligations bureaucratiques vides de sens.