Au cours de ma seconde année de master, j'ai choisi de traiter comme sujet de mémoire « La suspension du contrat ». J'ai décidé de limiter mon étude à la suspension du contrat en droit des obligations, ce qui m'a amené à traiter, dans un premier temps, de la définition de la suspension du contrat, puis dans un second temps, du délai de grâce, de la force majeure temporaire et de l'exception d'inexécution. J'ai ainsi pu mettre en lumière deux points essentiels à propos de la suspension du contrat. - D'une part, ses lacunes puisque la suspension du contrat n'est pas définie en droit français et son régime demeure inachevé. En effet, les règles entourant la suspension sont essentiellement établies par la jurisprudence et la doctrine. - D'autre part, sa dimension transversale puisqu'elle est sollicitée à de multiples reprises en droit des obligations, en droit des assurances, en droit bancaire, mais surtout en droit du travail. Cela me conduit naturellement à aborder l'enjeu, l'intérêt d'un tel sujet de thèse. La suspension du contrat est donc un outil essentiel, qui s'est imposé par les besoins de la pratique mais dont le régime demeure fragmenté. - En droit du travail : la suspension du contrat peut avoir lieu à l'initiative du salarié, en cas d'arrêt maladie, de congé maternité, d'adoption ; ou encore à l'initiative de l'employeur, en cas de mise à pied, de grève, d'incarcération du salarié. - En droit des assurances : le contrat d'assurance peut être suspendu en cas de non-paiement de la prime par l'assuré ou en cas d'aliénation d'un véhicule. - En droit de la consommation : l'exécution des obligations du débiteur peut, sous certaines conditions, notamment en cas de licenciement, être suspendue par le juge. Mon projet doctoral a pour objet l'élaboration d'un droit commun de la suspension du contrat en droit français. L'enjeu fondamental de cette thèse serait de dégager des règles transposables à toutes les hypothèses de suspension du contrat. L'intérêt de cette étude me parait donc double : - Intérêt théorique : il s'agit d'ordonner et systématiser une notion transversale souvent abordée sous le seul angle d'une branche particulière du droit. - Intérêt pratique :L'absence de théorie générale sur la suspension du contrat engendre nécessairement une insécurité juridique pour les parties et des incertitudes pour les praticiens. En effet, au cours de la suspension du contrat, celui-ci n'est pas rompu, mais est bien au contraire maintenu. Toutefois, certaines obligations n'ont plus à être exécutées, mais d'autres trouvent toujours application, comme l'obligation de loyauté, de confidentialité, ou encore l'obligation de ne pas accomplir des actes qui empêcheraient l'exécution future du contrat.En outre, il s'agit d'un mécanisme de plus en plus utilisé en raison de l'émergence des catastrophes naturelles ou crises sanitaires, qui peuvent constituer, selon les hypothèses, des cas de force majeure temporaire, comme cela a pu se produire au cours de la crise de la COVID-19 Afin de tenter d'établir un tel régime de droit commun, je compte dans un premier temps procéder à une analyse approfondie des textes, de la jurisprudence et de la doctrine développés autour de la suspension du contrat. Je pourrai ainsi comparer les solutions retenues dans les différentes branches du droit afin de mieux mettre en lumière les spécificités propres à chaque suspension, ce qui me permettra, dans un second temps, d'établir des règles communes.