Depuis le 1er janvier 2017, date de l'entrée en vigueur de la loi du 18 novembre 2016, le divorce par consentement mutuel a été largement déjudiciarisé par le législateur. Partant, ce cas de divorce, qui est celui emprunté par la grande majorité des couples mariés en voie de désunion, s'est métamorphosé. Alors qu'il était autrefois constaté par le juge, qui exerçait un certain contrôle sur l'accord des parties, il passe soudainement d'une décision de justice (d'homologation) à un contrat. L'objet de ce travail est spécifiquement d'analyser la nature ainsi que le régime de ce nouveau contrat. Cette thèse a également pour but de fournir à la doctrine, à travers le prisme du contrat de divorce, de nouveaux éléments de réflexion sur la place du contrat en droit de la famille. De même, l'analyse de ce « choc des titans », le contrat et la famille, offre l'occasion de traiter de l'épineuse mais nécessaire articulation du droit de la famille avec le droit des contrats, précisément dans l'objectif de définir le contenu du droit spécial du contrat de divorce. Le sujet impose une approche aussi bien technique du point de vue juridique, que transversale dans la mesure où de nombreuses matières du droit privé sont abordées et les dimensions philosophique, sociologique et politique ne sont pas occultées. En pratique, cette thèse accompagne le contrat de divorce dans ses trois phases : la phase précontractuelle (négociations pendant le mariage), la phase du divorce (formation du contrat) et la phase de l'après-divorce (exécution du contrat). Outre les nombreuses familles concernées par ce type de divorce consensuel, auxquelles elle est évidemment dédiée, cette thèse est destinée aux différents acteurs du monde juridique. Elle s'adresse ainsi aux avocats exerçant un rôle de conseil, qui sont les rédacteurs et contre-signataires du contrat de divorce, et aux notaires, chargés de déposer le contrat de divorce au rang de leurs minutes. Elle envisage par exemple les relations entre liberté des parties, ordre public contractuel et ordre public familial, et propose des solutions permettant de déterminer le sort de nombreuses clauses. De même, cette thèse s'adresse aux juges et aux avocats plaideurs, qui sont désormais confrontés à un contentieux contractuel post-divorce dans lequel il est difficile de naviguer, et qui contraste parfaitement avec la volonté initiale de déjudiciarisation à laquelle le contrat de divorce doit son existence-même. La question très concrète de la nullité du contrat de divorce, dont le caractère rétroactif a pour effet de replacer les ex-époux en mariage, se trouve entre autres au cur de ce travail de recherche, qui envisage aussi les mécanismes de protection des tiers, notamment en cas de remariage de l'une des parties.