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Sociologie et anthropologie du droit

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  • Parutions

    Analyses électorales

    Analyses électorales

    Analyses électorales

    Yves Déloye, Nonna Mayer

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-8027-5571-5

    Coll. Traités de science politique, 1026 pages

    Présentation de l'éditeur

    Rassemblant les contributions de spécialistes des questions électorales originaires de Belgique, France et Suisse, ce premier tome des Traités de science politique a pour ambition de dresser un bilan comparatif des travaux existants dans le domaine des analyses électorales et de pointer leurs avancées, tant sur le plan théorique que méthodologique. Fort de 19 chapitres, il est l’occasion de mettre les recherches francophones en perspective, en soulignant ce qui les distingue mais aussi ce qui les rapproche des recherches anglo-américaines. Largement ouvert aux approches quantitatives qui dominent ces dernières depuis l’origine, ce volume se veut aussi à l’écoute des méthodologies qualitatives, parfois empruntées à d’autres disciplines (histoire, géographie, anthropologie…). C’est donc un dense compte rendu du champ des analyses électorales qui est ici proposé aux lecteur.e.s. Y sont présentés non seulement les principaux paradigmes qui traversent ce champ de recherches depuis plus d’un siècle mais aussi les nombreux débats qui entourent l’explication du comportement électoral, notamment ceux liés à la montée de nouvelles divisions, plus labiles que celles des années 1950, portées par des valeurs et des affirmations identitaires (générations, genre, sexualité, ethnicité). La prise en compte du contexte institutionnel et partisan qui enserre le vote, et une mise en perspective historique, tant dans le temps long de la politisation que celui, plus court, du calendrier électoral, apportent un regard neuf sur l’acte électoral, qui reste au cœur du fonctionnement démocratique de nos sociétés.

    Yves Déloyeest professeur de science politique à Sciences Po Bordeaux et membre du Centre Emile Durkheim (UMR CNRS).

    Nonna Mayerest directrice de recherche émérite au CNRS, rattachée au Centre d'études européennes de Sciences Po (CEE).

     

    Sommaire

    Partie I : De la géographie électorale à la survey research

    Chapitre 1. Le renouveau de la géographie électorale
    Chapitre 2. Jeux d’échelles pour comprendre les déterminants sociaux de l’abstention dans l’espace français
    Chapitre 3. 70 ans d’enquêtes électorales et de révolution méthodologique

    Partie II : Anciens et nouveaux clivages électoraux

    Chapitre 4. Classe, religion et vote
    Chapitre 5. Des votes et des valeurs
    Chapitre 6. Genre, sexualité et vote
    Chapitre 7. Vote et ethnicité

    Partie III : La rationalité du vote en question

    Chapitre 8. Le modèle du choix rationnel
    Chapitre 9. La prévision électorale
    Chapitre 10. Le vote sur enjeu
    Chapitre 11. Le vote en assemblée parlementaire

    Partie IV : L’approche institutionnelle

    Chapitre 12. La sociologie historique du vote
    Chapitre 13. L’étude des systèmes électoraux : des effets aux causes
    Chapitre 14. Le financement des campagnes électorales
    Chapitre 15. Le système partisan
    Chapitre 16. Le comportement de vote en démocratie directe

    Partie V : Le moment électoral

    Chapitre 17. Les temps de l’élection
    Chapitre 18. La communication électorale
    Chapitre 19. L’effet candidat

  • Parutions

    Droit et mouvements sociaux : quelles interactions ?

    Droit et mouvements sociaux : quelles interactions ?

    Droit et mouvements sociaux : quelles interactions ?

    Le cas des révoltes dans le monde arabe

    Fatiha Sahli, Adelmalek El Ouazzani, Anne Peters

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-3617-0145-1

    Présentation de l'éditeur

    Ce livre constitue les actes d'un colloque tenu à Marrakech les 25-26 novembre 2014.

    En collaboration avec l'Instiut Max Planck de droit public comparé et de droit international (Max-Planck-Haus Centre de Conférence Gerhart-Hauptmann-Str. 36, Heidelberg, Allemagne).

    Avec le soutien de la formation Hanns Seidel

    Avec la collaboration de S. Aghrib, A. Aboughazi et M. Nachtaoui

    241 pages

  • Manifestation scientifique

    Psychologie, droit et régulation

    Psychologie, droit et régulation

    Psychologie, droit et régulation

    vendredi 16 juin 2017
    Lieu de la manifestation :

    Sceaux

    4e colloque de la Société Française de Psychologie Juridique, sous la direction de Jean-Pierre Relmy, Lucia Romo et Benjamin Lévy de la Société Française de Psychologie Juridique

    Présentation

     

    Réguler : de manière infuse, le terme renvoie à l’idée de régler, d’ordonner, d’équilibrer. Réguler, c’est « assurer la régulation, le fonctionnement correct, le rythme régulier d’un mécanisme, le déroulement harmonieux d’un processus ». La régulation, plus spécialement, est définie comme « l’action de régler, de mettre au point : le fait de maintenir en équilibre, d’assurer le fonctionnement correct d’un système complexe ». De réguler à régulation, on dérive vers les termes régulateur, régulatrice : « qui règle, qui régularise » ; « ce qui discipline, ce qui modère, ce qui rend régulier, ordonné ».

    Ces quelques éléments de définition aident à mieux percevoir les liens susceptibles d’unir la psychologie, le droit et la régulation. Effectivement, quand on y regarde bien, on peut considérer que les juristes comme les psychologues exercent une activité de régulation : du corps social, des relations sociales, pour les premiers ; de la psyché, de l’équilibre interne, pour les seconds.

    Si la notion de régulation peut être considérée comme reçue en droit et en psychologie, il reste à en appréhender plus nettement la conception et la mise en œuvre dans chacun de ces champs.

    Plusieurs questions peuvent se poser à cet égard : qu’est-ce que la régulation pour un juriste ? Pour un psychologue ? En quoi peut consister la régulation sociale ? La régulation personnelle ? Existe-t-il des liens entre ces deux aspects de la régulation ? Comment peut-on améliorer ces deux aspects de la régulation ? Qu’est-ce que la régulation douce pour les juristes ? La régulation émotionnelle pour les psychologues ? En quoi sont-elles utiles ? Comment peut-on réguler la profession de psychologue ? Quelles relations peuvent plus largement être découvertes entre la psychologie, le droit et la régulation ? Ou encore, entre la psychologie juridique et la régulation ?

    Ce 4ème colloque de la Société Française de Psychologie Juridique, en réunissant des juristes et des psychologues, universitaires et praticiens, se propose d’examiner les différents rapports que la psychologie et le droit peuvent entretenir avec l’idée de régulation.

     

    Programme

     

    13h00 : Accueil

    13h45 : Ouverture

    Allocution d’ouverture
    M. Antoine Latreille, Professeur de droit privé, Doyen de la Faculté Jean Monnet de l’Université Paris-Sud (Paris-Saclay)

    Propos introductifs
    M. Jean-Pierre Relmy, Maître de conférences en droit privé à l’Université Paris-Sud (Paris-Saclay), Membre du CERDI, Président-fondateur de la SFPJ, Directeur-Fondateur de la revue Psycho-Droit
    Mme Lucia Romo, Professeur de psychologie clinique à l’Université Paris-Ouest, Directrice du CLIPSYD, Psychologue à l’hôpital Sainte-Anne, Membre de la SFPJ

     

    1ère Partie

    Sous la présidence de Madame Estelle Scholastique, Professeur de droit privé à l’Université Paris-Sud (Institut Droit Ethique Patrimoine - IDEP), Membre de la SFPJ

     

    14h15 : Régulation cognitivo-émotionnelle chez les magistrats : faire face à l’exposition vicariante indirecte à des évenements traumatogènes
    Abdel Halim Boudoukha, Professeur en Psychologie clinique et Pathologique à l’Université de Nantes, Membre de la SFPJ

    Régulable ou irrégulable ? La question du sujet dans le champ de la clinique
    Benjamin Lévy, Docteur en psychopathologie et psychanalyse, Enseignant-Chercheur à l’Université de Nancy, Secrétaire général de la SFPJ

    L’autorégulation de la profession de psychologue
    David Libeskind, Docteur en droit, Avocat au Barreau de Paris, Vice-Président de la SFPJ 

    Débat

    15h45 : Pause

     

    2nde Partie

    Sous la présidence de Madame Corinne Mazé, Maître de conférences en psychologie sociale à l’Université Paris-Ouest (Laboratoire Parisien de Psychologie Sociale - LAPPS)

     

    16h15 : Psychologie juridique et régulation des espèces. Une illustration des rapports entre la psychologie juridique et le droit de l’environnement
    Aude Farinetti, Maître de conférences en droit public à l’Université Paris-Sud, Membre de la SFPJ 

    Régulation alimentaire : Quand le choix devient motivé par la législation
    Sabrina Julien-Sweerts, Psychologue clinicienne spécialiste des troubles du comportement alimentaire, Diététicienne Nutritionniste

    L’action du droit dans le processus de reconstruction post-conflit. Quand le travail du psychologue alimente et complète l’action régulatrice du droit
    Audrey Gratadour, Docteur en droit public, Chargée de recherche à l’Institut des Hautes Études de Défense Nationale (IHEDN) 

    Régulation d’une émotion aversive : le regret
    Ahogni N’gbala, Maître de conférences en psychologie sociale à l’Université Paris-Ouest,

    Débat

    18h00 : Cocktail

     

    Entrée libre, inscription obligatoire (dans la limite des places disponibles) : https://rech.jm.u-psud.fr/colloque/colloque.php?evt=89

    Colloque validé par l’Ordre des Avocats de Paris au titre de la formation continue des Avocats

  • Appel

    La mobilisation du droit par les mouvements sociaux et la société civile

    La mobilisation du droit par les mouvements sociaux et la société civile

    La mobilisation du droit par les mouvements sociaux et la société civile

    Colloque international et interdisciplinaire / Bruxelles – 22–23 mars 2018
    dimanche 1 octobre 2017
    Lieu de la manifestation :

    Organisé dans le cadre de l’Action de recherche concertée Strategic Litigation (2014/2019) et du Research Committee 47 « Social classes and Social Movements » de l’Association Internationale de Sociologie

     

    Argument

    La question des usages du droit par des mouvements engagés dans des mobilisations sociales a longtemps été négligée par la sociologie des mouvements sociaux. Ce désintérêt s’explique, sans doute en partie, par la disqualification qui a largement frappé le droit au cours du 20ème siècle dans le champ de la sociologie bien qu’il ait représenté un objet d’étude privilégié pour certains fondateurs de la discipline, tels Durkheim et Weber. Mais sous l’influence de Marx, puis de Bourdieu, nombre de sociologues n’ont vu dans le droit qu’une mystification destinée à masquer les inégalités et rapports de force ainsi qu’à reproduire la domination économique et sociale.

    Aujourd’hui, le changement est notable : les recherches sur le recours au droit par des mouvements sociaux sont devenues foisonnantes. Elles concernent des cas d’étude très variés, ancrés au sein de pays et contextes divers. Cette évolution scientifique correspond à une évolution sociale : dans des Etats où le droit a pris une place prépondérante, dans des sociétés travaillées par leur propre judiciarisation, le recours aux règles juridiques et aux institutions chargées de les concevoir ou de les mettre en œuvre est devenu un élément important du répertoire d’action de nombreux groupes de revendication. Cette évolution traduit également un changement de regard sur l’objet « droit » lui-même. Quoique les positions adoptées sur ce plan soient très diverses, on observe une plus grande prise au sérieux du phénomène juridique, de sa pluralité interne, de ses ambivalences et une attention plus marquée au sens que les normes et procédures juridiques peuvent revêtir pour les citoyens non juristes qui s’en saisissent.

    Le champ de recherche que constitue désormais l’étude des usages du droit par les mouvements sociaux et la société civile demeure toutefois très morcelé. Entre les sociologues des mouvements sociaux, les juristes intéressé.e.s par les sciences sociales, les ethnologues du droit ou encore les anthropologues du politique, le dialogue reste entravé par le poids des barrières entre disciplines et sous-disciplines. Ainsi, les cadres théoriques et méthodologiques des un.e.s et des autres divergent ; plus regrettable, elles.ils ne portent au mieux qu’un regard distant sur leurs travaux respectifs.

    Certaines innovations conceptuelles – ainsi, les notions de cadrage juridique des causes ou de structures d’opportunités juridiques (et non plus seulement politiques) – pointent pourtant l’intérêt et la fécondité du dialogue entre les disciplines sur ces objets. Dans cette perspective, ce colloque poursuit trois objectifs principaux :

    1. Saisir la diversité et la richesse de cette évolution en rassemblant, par-delà les frontières disciplinaires et géographiques, des analyses empiriques et théoriques inédites relatives aux usages militants du droit et de l’institution judiciaire ;

    2. Promouvoir un dialogue entre chercheurs. chercheuses travaillant sur ces questions à partir de disciplines et de méthodologies différentes ;

    3. Baliser le champ et établir un bilan critique de ces usages du droit ainsi que des enjeux scientifiques que pose cette évolution.

     

    Renseignements pratiques :

    Cet appel s’adresse aux sociologues, juristes, philosophes, anthropologues, politologues, criminologues, historien.ne.s, etc. qui s’intéressent aux mouvements sociaux et à la société civile en général, à l’étude des usages militants du droit en particulier.

    Les propositions de contributions (max. 500 mots) sont à envoyer, en français ou en anglais, pour le 1er octobre 2017 à l’adresse électronique suivante : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. . Veuillez inclure votre nom et affiliation institutionnelle ainsi qu’un court CV. Les personnes seront informées de l’acceptation ou du refus de leur proposition pour le 15 octobre 2017.

    La conférence sera suivie d’une publication sous forme de numéro spécial qui sera soumis à une revue internationale avec comité de lecture. Certains articles pourront également être publiés sur www.opendemocracy.net/openmovements . L’acceptation des propositions n’implique pas automatiquement leur sélection pour publication, qui fera l’objet d’un processus d’évaluation distinct.

    Le colloque fera l’objet d’une traduction simultanée (français/anglais).

    Les propositions peuvent préciser si leur.s auteur.e.s nécessite.nt un financement et/ou d’autres demandes de besoins spécifiques pour participer au colloque. Certaines des propositions pourront faire l’objet d’un soutien financier de la part de l’organisation du colloque dans les limites des budgets disponibles.

     

    Thématiques :

    Le colloque articulera cinq thématiques pour autant de panels se déroulant en séance plénière. Dans chacun des panels, une personne experte du champ interviendra pour discuter les présentations. Elles seront réunies lors d’une table-fonde finale pour tirer les conclusions générales du colloque. Les cinq personnalités suivantes ont confirmé leur présence à ce titre :

    Dr. Boaventura de Sousa Santos – Centro de Estudos Sociais (Coimbra) ;

    Dr. Bruno Frère – Université de Liège ;

    Dr. Liora Israël – Ecole des hautes études en sciences sociales (Paris) ;

    Dr. Michael McCann – Law, Societies & Justice Program (Washington) ;

    Dr. Shalini Randeria – Institut für die Wissenschaften vom Menschen (Vienne).

     

    #1. Le recours au droit et à l’institution judiciaire : une action collective parmi d’autres ?

    Le répertoire d’action collective dans lequel puisent quotidiennement les groupes organisés a, pour certains d’entre eux, désormais fait une place à des activités juridiques de nature diverse. Si l’action en justice en est la manifestation la plus visible, l’usage du droit peut prendre d’autres formes, de l’invocation d’arguments juridiques dans des négociations jusqu’au plaidoyer en faveur d’un changement législatif ou d’une nouvelle convention internationale. Ce passage au droit opéré par certains groupes militants soulève plusieurs questions : comment le recours au droit s’articule-t-il avec les activités militantes plus traditionnelles ? Dans quelle mesure la mobilisation du droit transforme-t-elle (ou pas) le contenu des revendications et les rapports de force au sein du mouvement ? Comment sur le terrain, les militant.e.s de base travaillent-elles.ils (ou pas) avec les professionnel.le.s du droit ? Pour paraphraser Brigitte Gaïti et Liora Israël, ce panel visera à comprendre « ce que le droit fait à la cause et ce que la cause fait au droit et à ses acteurs ». Ces questions pourront être abordées à travers l’étude de cas variés illustrant le développement des usages du droit dans les mobilisations. Enfin, ce panel pourra également interroger ce que l’étude du droit fait à l’étude des mouvements sociaux. Se focaliser sur le juridique pour étudier l’activité militante introduit-il des biais dans l’analyse sociologique ? Plus généralement, quels sont les défis et l’impact de la prise en compte du droit par les sciences sociales lorsqu’il s’agit d’analyser l’action des mouvements sociaux ?

     

    #2. Revisiter les notions de succès et d’échec d’un mouvement social à la lumière des expériences de mobilisations du droit

    Gagner un procès ou obtenir une nouvelle loi est-il synonyme de gagner une cause ? A l’inverse, une action militante peut-elle être un succès malgré une défaite sur le plan juridique ? Pour certains, une victoire judiciaire ou législative marque la réussite éclatante d’une mobilisation. Pour d’autres, un succès sur le terrain du droit ne satisfait pas forcément les aspirations d’un mouvement social et peut générer des effets pervers. D’autres encore font observer que l’issue d’une action en justice ou d’une campagne en faveur d’une réforme du droit n’épuise pas la question de l’apport de la mobilisation du droit à un mouvement social : même en cas de défaite judiciaire ou législative, cet apport peut se traduire par un acquis en termes d’empowerment, d’apprentissage collectif ou de publicité donnée à une cause. Ces discussions rejoignent l’un des débats majeurs de la sociologie des mouvements sociaux de ces dernières années : que signifient les concepts de succès et d’échec pour un mouvement social ? Si l’on admet qu’une part importante du succès des mouvements sociaux réside dans l’impulsion d’un débat public, de changements culturels ou même de transformations subjectives liées à l’expérience du mouvement, comment de tels éléments s’articulent-ils avec des stratégies de recours au droit ? Se prêtant tout particulièrement aux analyses comparées, ce panel sera aussi l’occasion de se demander dans quelle mesure l’analyse des dimensions juridiques des stratégies militantes permet de compléter les paradigmes dominants sur ce point dans l’étude des mouvements sociaux.

     

    #3. Globalisation des luttes et circulation des pratiques juridiques

    La mobilisation croissante du droit, au service des causes les plus diverses et dans les contextes les plus variés, s’inscrit dans un mouvement plus large de globalisation et de transnationalisation qui affecte tant les mouvements sociaux que les concepts et pratiques juridiques eux-mêmes. Le discours des droits humains, en particulier, arrimé à un vaste réseau de textes et procédures nationaux et internationaux, constitue désormais une référence privilégiée pour des mouvements situés aux quatre coins de la planète. Ce sont aussi les formes d’usages militants du droit qui se mondialisent, telle la pratique du « contentieux stratégique » (strategic litigation). Les mouvements qui portent ces actions sont eux-mêmes engagés dans des processus de transnationalisation : des causes nées dans des contextes locaux sont fréquemment portées devant des instances nationales ou internationales. Ces phénomènes enchevêtrés soulèvent de nombreuses questions : comment ces normes, discours et pratiques circulent-elles d’un contexte militant à l’autre ? Quelles réappropriations, transformations ou « vernacularisation », pour reprendre l’expression de Sally Engle Merry, subissent-elles dans ce processus ? Qui sont les acteurs et actrices de cette circulation ? Plus particulièrement, comment rendre compte de l’appropriation mondialisée du discours des droits humains parmi les sphères militantes ? Mais quelles sont aussi les résistances que ce discours et ces pratiques génèrent auprès de certains groupes organisés ?

     

    #4. Comment comprendre le refus du droit et de l’action en justice par certains groupes militants ?

    Si une compréhension plus fine des usages militants du droit et de l’action en justice passe inévitablement par leur étude théorique et empirique, nous faisons le pari que les motifs et les effets de ces usages peuvent également se donner à voir, en creux, lorsque, précisément, il n’y est pas fait recours dans le cadre d’une action collective. Quels sont les groupes qui n’utilisent pas le droit et pour quels motifs ? S’il s’agit-il d’un choix revendiqué, quelles sont les raisons, idéologiques ou stratégiques, qui le motivent ? Ces groupes peuvent-ils constituer le foyer d’autres formes de normativités alternatives au droit étatique ? Les théories empruntées au pluralisme juridique ou à la critique du droit peuvent-elles nourrir l’analyse des mouvements sociaux ? Telles sont les principales interrogations qui animeront ce quatrième panel.

     

    #5. Entre ordre juridique et désordre social : le droit, toujours outil de répression des mouvements sociaux

    Le constat du recours croissant au droit par de nombreux mouvements sociaux et organisations de la société civile ne doit pas faire perdre de vue que le droit a été et est encore utilisé comme instrument de répression des groupes militants. Au Nord comme au Sud de la planète, les exemples récents abondent de cas dans lesquels les codes et les juges ont été convoqués pour contrer des mobilisations. Ce dernier panel sera consacré à l’étude des stratégies, usuelles ou inédites, par lesquelles les autorités publiques ou des organisations privées usent du droit et de l’institution judiciaire contre les mouvements sociaux. Ce sont aussi les formes de résistances mises en place, avec ou sans la contribution de professionnel.le.s du droit, contre ces pratiques qui retiendront l’attention. On s’intéressera également aux concepts et méthodes permettant de rendre compte de ces phénomènes.

     

    Comité scientifique

    Marie-Laurence Hébert-Dolbec
    Julien Pieret
    Geoffrey Pleyers
    Julie Ringelheim
    Annemie Schaus
    Barbara Truffin
    Laura Van den Eynde

  • Parutions

    Poétique de la police

    Poétique de la police

    Poétique de la police

    Laurent de Sutter

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-9150-8392-7

    Présentation de l'éditeur

    Qu'est-ce que la police ? À l'heure où il ne se passe presque plus un jour sans qu'un nouveau scandale ne frappe le travail des forces de police dans le monde, la question est devenue brûlante. Mais il y a un problème : personne ne semble avoir de réponse véritable à proposer. Gardienne de l'ordre ? Protectrice des citoyens ? Bras armé du souverain ? Condition nécessaire au libéralisme ? Preuve de civilisation de sociétés refusant toute violence autre qu'officielle? Ou bien tout cela à la fois – et quelque chose d'autre encore ? Depuis plus d'un siècle, philosophes, sociologues, anthropologues, psychanalystes ont tenté de défendre l'une ou l'autre de ces réponses, sans parvenir à l'imposer de manière durable. Et si la solution résidait dans un changement de point de vue ? Et si, au contraire de ce que l'on affirme souvent, la seule manière de pouvoir comprendre quelque chose à la police était de se tourner vers la fiction ? Et si les héros iconiques de la pop culture pouvaient nous en apprendre davantage sur la police que les plus savants traités ? Tel est le choix de Laurent de Sutter : faire le pari de l'intelligence des images dans la compréhension de ce qui nous affecte le plus – suivre les images dans la manière dont celles-ci nous racontent la police au présent. De James Ellroy à Police Academy, de Jean-Pierre Melville ou Maurice Pialat à l'inspecteur Harry, des émeutes de Hong Kong en 1967 à Y a-t-il un flic pour sauver la reine, de John Woo aux banlieues parisiennes en 2004, entre mille variations inattendues, c'est une tout autre vision de la police que propose cet ouvrage.

    180 pages

    Dieses Buch bietet keine "trockene" rechtstheoretische oder rechtsphilosophische Abhandlung, sondern ein bewegtes, die Theorie nicht scheuendes Nachdenken über "law in action". Indem Laurent de Sutter sich dem faszinierenden Genre des Polizeifilms zuwendet, greift er die kulturwissenschaftliche Forderung auf, bei der Suche nach der Wirklichkeit des Rechts seine symbolischen Repräsentationen nicht auszublenden, sondern sie als konstitutiven Bestandteil der sozialen Rechtsgeltung ernst zu nehmen.

    Die Suche nach dem gestalterischen Prinzip der Polizei, ihrer "poiesis", führt zur Erkenntnis, dass es verfehlt wäre, sie als reinen Garanten von "law and order" zu verstehen. Vielmehr wirkt sie häufig mit an der Suspension des Rechts wie an der Korruption ihrer eigenen Ordnung - Ausdruck einer eigenen Form der "Entdifferenzierungskultur", in der die Grenzen von Recht, Politik, Polizei und Ökonomie fließend werden. Wenn die Rechtsanwendung strukturell immer Elemente der Gewalt und der Ungerechtigkeit in sich trägt, dann kann gerade die Polizei dieser Aporie nicht entgehen und muss sich in ihrem Handeln zwangsläufig in Widersprüche verwickeln. Es sind solche Formen der Grenzziehung und Entgrenzung, die der Autor in seinen Filmanalysen den popkulturellen Inszenierungen der Polizei abliest. So macht das Buch Lust, alte Filmklassiker mit anderen Augen zu sehen.

  • Manifestation scientifique

    La postérité de l’œuvre d’Émile Durkheim cent ans après

    La postérité de l’œuvre d’Émile Durkheim cent ans après

    La postérité de l’œuvre d’Émile Durkheim cent ans après

    jeudi 1 juin 2017
    Lieu de la manifestation :

    Bordeaux
    Pessac

    Organisé par le Centre Émile-Durkheim (UMR 5116), pour marquer symboliquement sa dilection pour la méthode comparative, dans la ville qui accueilli les premiers cours de sociologie de Durkheim.

    Présentation

     

    La postérité d’une œuvre se mesure autant à ses prolongements qu’à ses échecs, aux fidélités suscitées qu’aux reniements proclamés, à l’orthodoxie de ses continuateurs qu’à leur dissidence. Sa vulgate, ses caricatures, ses contrefaçons et jusqu’à ses mutilations, volontaires ou non, en relèvent tout autant que ses interprétations les plus autorisées et les mieux fondées.

    Une œuvre vaut sans doute autant par ses produits que par ses sous-produits, par ce qu’elle révèle que par ce qu’elle tait, par ce qu’elle dit que par ce qu’on lui (a) fait dire. À l’instar de tout produit de l’esprit, elle devient un monument que l’on visite librement et dont le visiteur n’est pas tenu de connaître les intentions de l’architecte ou de respecter les consignes du guide. Dans le domaine scientifique, c’est certainement plus vrai encore : les hypothèses qu’elle suscite sont parfois aussi importantes que les thèses qu’elle justifie ; les perspectives qu’elle ouvre plus ou moins implicitement, les imaginaires qu’elle stimule et jusqu’aux contresens qui en procèdent peuvent être autant de contributions à l’évolution des connaissances à venir, voire au progrès du savoir.

    La fécondité d’une pensée tient donc aussi, et souvent plus, à sa descendance indirecte que directe, illégitime que légitime – tout comme ces rejetons non reconnus par leur géniteur ou leur famille mais qui s’en revendiquent et que, de toute façon, les généalogistes ont tôt fait d’identifier.

    Examiner la postérité de l’œuvre de Durkheim (1858-1917) cent ans après la mort de son auteur, revient donc à prendre un moment distance avec les postures normatives et érudites qui prévalent légitimement dans le monde académique lorsqu’il s’agit de définir et d’évaluer les contenus et la portée d’une œuvre. Il s’agit donc moins de visiter une fois de plus l’œuvre d’un auteur afin d’en approfondir la connaissance « objective » que de faire un bilan de son influence sur la sociologie et ceux qui la font aujourd’hui.

    Que doit notre discipline à l’œuvre de celui qui passe pour en être l’un des fondateurs ? Quels questionnements et quelles réponses nouvelles a-t-elle suscités ? Comment nous en sommes-nous emparés et avec quelles conséquences aux plans théorique, conceptuel et méthodologique ? Ses ambiguïtés, ses apories ou encore ses échecs ont-ils été dépassés, et comment ? Ont-ils, éventuellement, été féconds, stimulants ? Mais aussi, quelles évolutions a-t-elle inhibées, quels retards a-t-elle fait prendre à la sociologie française par rapport à ses homologues étrangères ? Qu’a-t-elle perdu ou acquis au cours de ses pérégrinations internationales, de ses exportations et de ses réimportations ? Bref, en quoi, comment – et pourquoi – la sociologie contemporaine est-elle redevable, pour le meilleur et aussi pour le moins bon, tant à l’œuvre scientifique de Durkheim qu’à ses orientations idéologiques, voire à ses formes de publicisation ou d’institutionnalisation ?

    Voilà quelques-unes des questions dont nous proposons à nos collègues de s’emparer – soit en historiens et en spécialistes de l’œuvre durkheimienne, soit plus simplement en praticiens réflexifs de leur discipline dès lors qu’ils l’ont rencontrée au cours de leurs recherches dans leurs domaines propres, et quels que soient l’accueil et le sort qu’ils lui ont réservés. Sociologues, économistes, politistes, philosophes ou anthropologues, le périmètre thématique du programme de recherche durkheimien est assez large pour accueillir les représentants des diverses sciences sociales.

     

    Programme

     

    Jeudi 1er juin

     

    13h45 : Accueil des participants

    14h00 : Allocutions de bienvenue

    Présentation
    Charles-Henry Cuin & Ronan Hervouet

     

    1 – Les Objets Classiques

    Modérateurs : Sandrine Rui & Antoine Roger

     

    14h30 : Durkheim et les questions scolaires. Hier et aujourd’hui
    François Dubet, Université de Bordeaux / EHESS

    La sociologie française du crime doit-elle quelque chose à Durkheim ?
    Laurent Mucchielli, CNRS/LAMES

    De Durkheim à la sociologie du travail : distances et héritages
    Michel Lallement, CNAM

    Solidarité et institutions : deux apports fondamentaux de Durkheim à la sociologie économique
    Philippe Steiner, Université Paris IV – Sorbonne

    À propos de quoi les religions luttent-elles ? Un point de vue durkheimien
    Bruno Karsenti, EHESS

    18h30 : Fin de la journée

     

    Vendredi 2 juin

     

    2 – Morale, Intégration, Régulation

    Modérateurs : Éric Macé & Caroline Dufy

     

    9h00 : La morale chez Durkheim : entre théorie et pratique
    Andrew Abbott, Université de Chicago

    Crime et châtiment, version Durkheim
    Didier Fassin, Institute for Advanced Study, Princeton/ EHESS

    Excès de contacts et défaut de régulation ? Les transformations des sociétés mondiales contemporaines
    Florence Weber, ENS

    Durkheim et l'attachement aux groupes. Une théorie sociale inachevée
    Serge Paugam, CNRS/EHESS

     

    12h30 : Pause déjeuner

    (Attention l’après-midi se déroule à Sciences Po Bordeaux - Amphi Veil à Pessac)

     

    3 – Le Politique

    Modérateurs : Claire Schiff & Andy Smith

     

    14h30 : L’enseignement de Durkheim : les paradoxes de l’articulation individuation/socialisation comme base de la démocratie moderne
    Cynthia Fleury, American University of Paris

    La question de l’État aujourd’hui
    Pierre Birnbaum, Université Paris I – Panthéon-Sorbonne et Sciences Po

    Penser la citoyenneté avec Durkheim : force et faiblesse d’une approche sociologique fondatrice
    Yves Déloye, Sciences Po Bordeaux

    Durkheim et l'avènement d'une sociologie des relations internationales
    Bertrand Badie, Sciences Po

    18h00 : Fin de la journée

     

    Samedi 3 juin

     

    4 – Lectures, Réceptions et Controverses

    Modérateurs : Pascal Ragouet & Cécile Vigour

     

    9h00 : De quoi l'Incertitude est-elle le nom ?
    Eva Illouz, Université hébraïque de Jérusalem / EHESS

    L'apport de Durkheim et des durkheimiens aux études de genre : un héritage à redécouvrir
    Irène Théry, EHESS

    Les voies divergentes de la réception de Durkheim et de Weber : deux parcours contrastés de l’accession au statut de ‘classique’
    François Chazel, Université Paris IV – Sorbonne

    Les études durkheimiennes aujourd’hui : thèmes et controverses
    Marcel Fournier, Université de Montréal

    13h00 : Fermeture du Colloque

  • Parutions

    Le droit à l'inclusion

    Le droit à l'inclusion

    Le droit à l'inclusion

    Droit et identité dans les récits de vie des personnes handicapées aux États-Unis

    David M. Engel, Frank W. Munger

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-7132-2714-1

    Coll. En temps et lieux, 288 pages

    Présentation de l'éditeur

    C'est dans le contexte du débat sur le rôle et l'effectivité de ces droits que cet ouvrage prend tout son sens et, tout en s'appuyant sur le cas du handicap, offre une réflexion qui dépasse largement ce champ. 

    Les auteurs montrent que les personnes handicapées n’utilisent que rarement les possibilités de recours formels offertes afin de faire valoir leurs droits dans le cadre de la législation pionnière entrée en vigueur en 1990 (Americans with Disabilities Act).Ce texte est l’une des expressions majeures des avancées des droits civiques aux États-Unis, sur le principe des grands textes antidiscriminatoires de l’après-guerre. Toutefois, au travers de récits de vie fouillés, l’ouvrage souligne que le droit façonne les identités des citoyens de bien d’autres manières, qui ont une importance cruciale pour comprendre son rôle dans la société. 

    Traduit par Yohann Aucante et Thomas Cayet, avec la collaboration d’Olivier Ruchet

     

    Sommaire

    Yohann Aucante & Anne Revillard
    Préface à l’édition française
    Préface à l’édition originale

    Introduction

    Chapitre premier Identité et droits 

    Récit de vie : Sara Lane 
    Récit de vie : Jill Golding 
    Récits de vie : Sara Lane et Jill Golding réunies 
    Identité et droits 

    Chapitre 2 Réinterpréter les effets du droit 

    Récit de vie : Raymond Militello 
    Réinterpréter les effets des droits 

    Chapitre 3 Travail et identité 

    Récit de vie : Sid Tegler 
    Travail et identité 

    Chapitre 4 Les cadres discursifs et les droits dans l’ADA 

    Récit de vie : Georgia Steeb 
    Les cadres discursifs et les droits dans l’Americans with Disabilities Act (ADA) 

    Chapitre 5 L’effet des contextes sociaux sur les droits et l’identité

    Récit de vie : Rosemary Sauter 
    L’effet des contextes sociaux sur les droits et l’identité 

    Chapitre 6 Les droits des personnes handicapées au prisme du genre 

    Récit de vie : Beth Devon 
    Les droits des personnes handicapées au prisme du genre 

    Conclusion

  • Manifestation scientifique

    Perspectives à partir des Legal Consciousness Studies

    Perspectives à partir des Legal Consciousness Studies

    Perspectives à partir des Legal Consciousness Studies

    Table ronde en présence de Susan Silbey
    vendredi 9 juin 2017
    Lieu de la manifestation :

    Paris

    Organisé par l’Institut des sciences sociales du politique en partenariat avec l’IEA de Paris

    Présentation

     

    Susan S. Silbey est professeure de sociologie et d’anthropologie au Massachusetts Institute of Technology (MIT). Son nom est étroitement associé à un courant de recherche nommé Legal Consciousness Studies (LCS), qui analyse les rapports quotidiens des individus au droit. Par l’étude empirique des « expériences ordinaires » du droit, les LCS renouvellent l’analyse de deux observations anciennes de la sociologie du droit que sont le rôle du droit dans la production de sens sur le monde, et son rôle dans la perpétuation des rapports de domination existants.

    Si l’œuvre de S. Silbey est aujourd’hui connue en France, sa réception peine cependant à dépasser les cercles de la sociologie du droit. Le séminaire du 9 juin 2017 – aboutissement d’un travail collectif de plusieurs mois mené dans le cadre de l’Institut des sciences sociales du politique – part de l’hypothèse que les débats ouverts par les LCS intéressent en réalité l’ensemble des chercheurs en sciences sociales (politistes, juristes, historiens, sociologues des sciences et techniques, etc.), dans la mesure où ils se trouvent tous confrontés, d’une manière ou d’une autre, à la place centrale du droit dans les pratiques sociales qu’ils observent. La discussion des recherches menées dans le cadre des LCS représente vraisemblablement un point d’entrée privilégié pour une approche véritablement interdisciplinaire du droit.

     

    Programme

     

    Table ronde présidée par Liora Israël, Maîtresse de conférences en sociologie à l’EHESS

    14h00 : Accueil café et quelques mots d’introduction
    l’équipe de l’ISP

    14h30 : After « After Legal Consciousness »

    Conférence invitée de Susan Silbey, Professeure de sociologie et d’anthropologie au Massachusetts Institute of Technology, Docteure honoris causa de l’ENS Cachan

    15h15 : Discussions avec la salle

    15h30 : La réception des Legal Consciousness Studies en France
    Jérôme Pélisse, Professeur de sociologie à Science-Po Paris, Centre de Sociologie des organisations
    Vincent-Arnaud Chappe, Chargé de recherche au CNRS, Centre de Sociologie de l’Innovation

    16h00 : Discussions avec la salle

    16h15 : Pause café

    16h45 : Enseigner les Legal Consciousness Studies à des étudiants européens
    Julie Ringelheim, Professeure de sociologie du droit à l’Université catholique de Louvain

    17h15 : Discussions avec la salle

    17h30 : LesLegal Consciousness Studies dans le paysage international des recherches « Droit et Société »
    Mauricio Garcia Villegas, Professeur de droit à l’Université Nationale de Colombie à Bogota

    18h15 : Discussions avec la salle

    18h30 : Cocktail

     

     

    Inscription obligatoire : isp.cnrs.fr/limesurvey/119315

  • Manifestation scientifique

    À propos des méthodes de la recherche juridique

    À propos des méthodes de la recherche juridique

    À propos des méthodes de la recherche juridique

    Discours théoriques et récits d’expériences
    jeudi 8 juin 2017
    Lieu de la manifestation :

    Chambéry

     

    Programme

    8h45-9h00 Accueil des participants

    9h00- 9h10 Mot de bienvenue
    Jean-François JOYE, Directeur du CDPPOC, Université Savoie Mont Blanc

    9h10-9h30 Propos introductifs
    Sébastien PIMONT, École de droit de Sciences Po

     

    Les discours théoriques sur les méthodes

    9h30-9h45 « Le droit ? D’abord les faits »
    Antoine JEAMMAUD, Université Lyon II

    9h45-10h00 « Le droit comme science sociale »
    Frédéric AUDREN, École de droit de Sciences Po

    10h00- 10h15 « Les rapports entre épistémologie et méthodologie de la recherche. Distinguer Idéalisme, Matérialisme et Constructivisme en droit »
    Cyril SINTEZ, Université d’Orléans

    10h15-10h30 « Qu’est ce que la critique (du droit) ? »
    Mikhaïl XIFARAS, École de droit de Sciences Po

    10h30-11h15 Dialogues avec la Salle

    11h15-11h30 Pause Café

     

    Les récits d’expériences des méthodes

    11h30-11h45 « L’ouvrage pédagogique de droit : cheval de Troie d’une méthode unique ? » ,
    Christophe Quézel-Ambrunaz, Université Savoie Mont Blanc

    11h45-12h15 « Séparer et rapprocher... voyage au pays des comparatistes »
    Alexis DOWNE (Doctorant, Université de Toulouse)

    « La méthode comparative saisie par les mouvements d’uniformisation du droit »
    Vincent RIVOLLIER (Docteur en droit, Université Savoie Mont Blanc)

    12h15-12h30 « L’indétermination de la scientificité des méthodes juridiques »
    Licia BOSCO DAMOUS (Doctorante, Université de Paris X et PUC de Rio de Janeiro)

    12h30-13h00 Dialogues avec la Salle

    13h00-14h00 Pause déjeuner

     

    14h00-14h30 « “Pesée” ou “balance” des intérêts, “contrôle de proportionnalité”, etc. : réalisme méthodologique ou rhétorique judiciaire ? »
    François-Xavier LICARI (Université de Lorraine)

    « L’approche réaliste en droit : illustration en doctorat »
    Jean-Benoist BELDA (Docteur en droit, Université de Montpellier)

    14h30-14h45 « Construire un objet d’analyse en dépassant les sources du droit et concevoir une méthode adaptée aux données retenues. L’exemple de la recherche COMPRES »
    Isabelle SAYN, Université Jean Monnet

    14h45-15h00 « Un logiciel de traitement de données comme assistant de recherche juridique : l’exemple d’Echo »
    Emma GREGO (Doctorante, Université Montpellier)

    15h00-15h30 Dialogues avec la Salle

    15h30-15h45 Pause Café

     

    15h45-16h00 « Faire feu de tout bois (sec) au service d’une pensée du droit (mouillé) »
    Emeric NICOLAS, Université d’Orléans

    16h00-16h30 « Le bricolage »
    Vincent FORRAY (Université McGill)
    Sébastien PIMONT (École de droit de Sciences Po)

    16h30-17h00 Dialogues avec la Salle et Clôture de la journée

  • Manifestation scientifique

    Traduire en justice. Traduction, éthique et figures de la justice

    Traduire en justice. Traduction, éthique et figures de la justice

    Traduire en justice. Traduction, éthique et figures de la justice

    jeudi 1 juin 2017
    Lieu de la manifestation :

    Paris
    Paris

    Journées d'étude internationales organisées par Paolo Bellomo, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, Université Paris 8 - Vincennes Saint-Denis et Naomi Nicolas Kaufman, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

    Présentation

     

    Depuis une trentaine d'années, les recherches et réflexions sur la traduction ont connu une singulière prolifération, à partir de différents champs de savoir et points de vue épistémologiques. En France, les travaux d'Antoine Berman constituent un jalon important de cette histoire. Le « virage éthique » de la traduction (Berman 1985, 88), dont il fut l'une des principales figures, repose sur un paradigme articulant altérité et rapport à l'autre : « l'essence de la traduction est d'être ouverture, dialogue, métissage, décentrement. Elle est mise en rapport, ou elle n'est rien » (Berman 1984, 16). Dans le sillage de Berman, les discours d'Anthony Pym et de Lawrence Venuti situent la traduction dans une perspective sociologique et juridique, en réaffirmant la prééminence d'une éthique interculturelle.

    Au même moment, le développement des études postcoloniales dans le champ anglo-saxon donne lieu à un nombre considérable de contributions à la pensée de la traduction de la part de théoriciens postcoloniaux issus de la Comparative Literature et des Cultural Studies, tels que Tejaswini Niranjana, Homi Bhabha et Gayatri Chakravorty Spivak. Si les travaux de celle-ci, jusqu'aux plus récents, posent la question du rôle de la traduction dans le processus colonial, processus de production de savoir et de constitution de sujets, la traduction est également représentée comme rencontre des langues et outil de résistance à l'impérialisme politique, culturel et linguistique, agent de la différence culturelle (Spivak 1993, 1999, 2012). La « non-traduction » apparaît notamment chez Spivak, elle-même traductrice du Bengali, comme résistance à la tentation de l'équivalence, et aux inégalités manifestes produites par la mondialisation et le développement d'un globish anglais planétarisé (Cassin 2007).

    L'équivalence, notion centrale en traductologie, se voit aujourd'hui ressaisie par Emily Apter, dont les recherches actuelles proposent de la substituer par celles d'(in)justice et d'(in)égalité. C'est également par souci de « réinscrire du négatif dans la pensée de la traduction » que Tiphaine Samoyault a pu parler de « traduction agonique » lors de l'ouverture du Printemps de la traduction (mai 2016).

    Enfin, les nombreuses réflexions de Jacques Derrida sur la traduction, au fil de textes de nature variée, font émerger une constellation qui place la traduction au sein d'une réflexion sur la violence, le pardon, le droit et la justice, l'hospitalité et l'accueil, le don et l'échange. Le lexique et les thématiques mobilisées par Derrida sont l'une des sources alimentant la recherche contemporaine sur la traduction, telle qu'on la trouve notamment dans l'entreprise du Vocabulaire européen des philosophies, Dictionnaire des intraduisibles, dirigé par Barbara Cassin, et sa reprise en anglais par Emily Apter, Jacques Lezra et Michael Wood.

    En français, le syntagme traduire en justice signifie appeler à comparaître devant une institution judiciaire. Pour ces journées d'étude, cette signification s'intensifie dès lors qu'elle s'accompagne d'une lecture prenant en contre-pied la lexicalisation de l'expression, « traduire en justice » pouvant indiquer la traduction linguistique en contexte judiciaire. L'articulation de ces deux lectures peut permettre déjà, dans un premier temps, de questionner le caractère unique de la loi, l'applicabilité d'un droit, les conditions même permettant de parler de justice lorsque au moins deux langues parlent en contexte judiciaire - la première étant celle dans laquelle existe et s'exprime l'institution, les autres étant traduites vers elle. Les enjeux de cette articulation nous amèneront à réfléchir aux cas où la traduction ou les traducteurs se trouvent face à la justice.

    Dans une dimension sans doute plus théorique, mais non moins problématique ou essentielle, l'expression traduire en justice interroge les conditions de toute traduction, celle-ci étant considérée comme appel fait à l'oeuvre littéraire à comparaître devant une autre justice, un autre droit, ou encore d'autres lois : celles de la culture et de la langue vers lesquelles la traduction est effectuée.

    En outre, questionner le paradigme éthique de la traduction qui domine la pédagogie traductive et les discours institutionnels, du moins en France, nous permettra d'analyser la façon dont éthique, traduction et justice se présentent comme différents noms désignant la relation à autrui. En acceptant cette hypothèse, toute traduction demanderait une prise de responsabilité de la part du traducteur qui serait dès lors le garant du caractère juste - adroit et dans le droit - de ses choix. Derrida a toutefois démontré que la justice ne se réduit pas à l'application du droit, et qu'elle se situe là où « la décision entre le juste et l'injuste n'est jamais assurée par une règle » (Derrida 1994, 38). Si la règle pratique et pragmatique de la traduction contemporaine s'en tient à l'éthique, traduire en justice dans nos journées d'étude se propose de rendre visible les pratiques et les pensées qui mettent en crise cette éthique, la dérangent et la modifient.

    Pendant la journée d'étude, en réponse ou en réaction au mouvement unifiant du mondial et plus récemment du global, nous invitons à penser les justices, les droits et les paradigmes nationaux ou internationaux dans leurs autonomies paradoxales, ainsi que dans leurs historicités.

    On pourra se demander en quoi, par exemple, la question de l'éthique en traduction est toujours déjà éthique, dans la mesure où elle témoigne d'une position culturelle privilégiée ou d'une position linguistique dominante (Casanova 2015) et en souligner les implications lorsqu'il s'agit de penser l'injustice à réparer - le mé-traduit, l'intraduit etc. -, revers plus ou moins implicite de tous ces discours. On pourra encore se demander en quoi sortir d'une pensée (inter)nationale de la traduction pour se situer à l'échelle de communautés plus petites (tribus, familles, clans etc.) ou moins stables (zones, aires, événements) peut complexifier la justice de notre syntagme.

    Le but de ces journées d'étude sera de réunir des chercheurs travaillant dans différentes disciplines et de faire apparaître les nœuds communs et problématiques s'articulant autour et à partir de l'expression traduire en justice, proposée ici comme point de départ à la réflexion.

     

    Programme

     

    Jeudi 1er juin

    Salle Bourjac, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

     

    9h00 : Accueil des participants

    9h30 : « Armed Response! » Translation as Judicial Hearing
    KEYNOTE : Emily Apter, New York University

    10h30 : Pause café

    11h00 : Languages on Trial : Restaging the South African Truth and Reconciliation Commission
    Oisín Keohane, University of Dundee

    Un-translating Forensics in Holocaust Video Testimony
    Hannah Pollin-Galay, Institute for Holocaust, Genocide and Memory Studies / University of Massachusetts, Amherst

    12h30 : Pause déjeuner

    14h00 : Traduire en justice : l’exemple des lettres de Kafka à Milena Jesenská
    Robert Kahn, Université de Rouen

    Translation and Reparation in De Dominicis’s Dialectal Translation of Canto XXXIII of Dante’s Inferno
    Giancarlo Tursi, New York University

    Interrogé, le traduit se montre réticent : de l’insoumission à la traduction chez Gadda
    Paolo Bellomo, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3, Université Paris 8

    16h00 : Pause café

    16h15 : Translation, Justice and Memory in Paul Ricœur’s Ethical Thinking
    Mehmet Büyüktuncay, Dokuz Eylül University

    Traductologie fantastique et justice universelle chez Paulin Gagne et Louis Wolfson
    Raphaël Koenig, Harvard University

    17h45 : Fin de la journée

     

    Vendredi 2 juin

    Salle Athéna, Maison de la Recherche

     

    9h00 : Accueil des participants

    9h30 : La traduction entre justesse et justice
    KEYNOTE : Tiphaine Samoyault, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

    10h30 : Pause café

    11h00 : Wait, I don’t hear anything in my headphones...
    Julien Seroussi et Franck Leibovici

    Rôle de l’interprète / traducteur judiciaire : neutralité et médiation
    Bénédicte Parvaz Ahmad, OFPRA

    L’interprète, auxiliaire de justice
    Bernadette Anton Bensoussan, Parquet général de la cour d’appel de Paris

    13h00 : Pause déjeuner

    14h30 : Ikh vel nisht zayn universal
    Naomi Nicolas Kaufman, Université Sorbonne Nouvelle - Paris 3

    Universal Sovereignty in Translation : María Zambrano on “person” and “democracy
    Jacques Lezra, University of California, Riverside

    16h00 : Fin du colloque

     

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  • Manifestation scientifique

    Entre Etat et Marché, la dynamique du Commun

    Entre Etat et Marché, la dynamique du Commun

    Entre Etat et Marché, la dynamique du Commun

    jeudi 8 juin 2017
    Lieu de la manifestation :

    Paris

    Organisé par le Centre d’études et de recherches de science administrative (CERSA), Fund for democratic culture (FDC), le Centre éthique, technique et société (ICAM Paris-Sénart),l’ Ecole des hautes études en sciences sociales (GSPR)

    Présentation

     

    A la périphérie des institutions publiques et privées se développent aujourd’hui des formes nouvelles de communs. L’idée centrale du colloque est que le commun fait système avec l’Etat et le marché et qu’il existe une pluralité d’options et de voies possibles à partir desquelles il peut faire système. Il ne s’agit pas ici de promouvoir la forme des communs per se, mais d’observer les conditions et les voies de déploiement de différentes formes de communs à la lisière des systèmes institués, d’évaluer leurs conséquences et leurs évolutions, de regarder les dimensions éthiques de leur mobilisation.

     

    Programme provisoire

     

    Jeudi 8 juin

     

    08h30 : Accueil des participants

    09h00 : Mot d’accueil
    Université Paris II Panthéon-Assas

    09h10 : Présentation du colloque
    Danièle Bourcier
    Gilles Hériard Dubreuil
    Sylvain Lavelle

     

    Session 1

    Genèse du système “Communs, Etat, Marché” : questions anthropologiques et méthodologiques

     

    09h40 : Le commun et l’humain : parcours sélectif d’une articulation complexe
    Keynote speaker : Ronan Sharkey, Sciences Po, ICP

    10h20 : Un tiers étatique face à la possibilité d’une autonomisation radicale des communs
    Caroline Guibet-Lafaye, CNRS - Centre Maurice Halbwachs
    Pierre Crétois, Université Paris Ouest Nanterre La Défense, Sophiapol 

    10h50 : Pause

    11h10 : L’hétérogénéité des communs par rapport au droit public
    Etienne Picard, Université Paris I Panthéon-Sorbonne

    11h40 : Des communs en transformation : la fabrique des prises collectives au cœur des processus critiques
    Francis Chateauraynaud, EHESS GSPR

    12h20 : Nastassja Martin, EHESS LAS

    12h50 : Déjeuner

     

    Atelier 1 – Energie

    14h00 : La transition énergétique, une transformation pour et par les communs ?
    Yves Marignac, Wise Paris

    14h30 : La transformation des gestionnaires de réseau de l’énergie : vers un « réseau d’avenir » plus intégré ?
    Miyuki Tsuchiya, Sciences Po

    15h00 : Introduction
    Fabrice Boissier, ADEME

     

    15h15 : Table-ronde 1 - Le déploiement territorial d’un réseau électrique intelligent. L’exemple de SMILE - Bretagne Vendée

    Dominique Ramard, Conseil régional de Bretagne, Délégué à la transition énergétique
    Bernard Laurans, ENEDIS, Directeur régional Bretagne
    Marie-Laure Lamy, Directrice d’ALOEN
    Marc Navez, Directeur régional de l’environnement, de l’aménagement et du logement de Bretagne

    16h05 : Pause

     

    16h25 : Table-ronde 2 - L’expérience d’un territoire à énergie positive. L’exemple du Pays Thouarsais (TEPOS Nord Deux Sèvres)

    Bernard Paineau, PDG de SARGAM, Président de la Communauté de communes du Thouarsais
    Pierre Rambault, Communauté de communes du Thouarsais, Vice-Président en charge du développement durable
    Grégory Vrignaud, Directeur de TIPER méthanisation
    Marie Véronique Gauduchon, Directrice générale de LUMO
    Lionel Poitevin, ADEME, Directeur régional Nouvelle Aquitaine

    17h15 : Débat

    18h00 : Fin de la journée

     

    Vendredi 9 juin

     

    Atelier 2 – Agriculture

    09h00 : Les communs au prisme des communaux et des usages ruraux
    Sarah Vanuxem, Université Nice Sophia Antipolis

    09h30 : Terres communes et diversité d’usages
    Rémi Beau, Université Paris Ouest Nanterre La Défense

    10h00 : Introdution
    Sol et Civilisation
    Guillaume Dherissard
    Didier Christin

    10h20 : Présentation d’un cas détaillé : “Le pari du commun dans le Haut Béarn”

    Didier Hervé, Directeur de l’Institut Patrimonial du Haut Béarn (IPHB)
    Joseph Paroix, Agriculteur, Président de l’association des bergers et des transhumants des trois vallées

    11h10 : Pause

     

    11h30 : Table-ronde - Avec les agriculteurs, à la recherche de nouveaux équilibres entre l’Etat et le Marché

    Jean-François Ouvry, Directeur de l’AREAS
    Benoît Juhles, Président des Jeunes Agriculteurs du Cantal
    Pierre Lafragette, Président de la coopérative agricole et de territoire Les Fermes de Figeac
    Bruno Lion, Directeur adjoint à la DRAAF Occitanie

    12h20 : Débat

    13h00 : Déjeuner

     

    Atelier 3 – Numérique

    14h30 : Introduction
    Danièle Bourcier, CERSA, CNRS

    14h45 : La place des commons : la part du partage
    Ejan Mackaay, Université de Montréal

    15h15 : Blockchain : un commun au service de l’Etat et du marché ?
    Primavera de Filippi, Harvard University, CNRS

    15h45 : Pause

     

    16h05 : Table-ronde - Big data, partage des données et communs à l’échelle régionale et globale 

    Animation : Alexandre Gadré, Sciences Po

    Sophie Touzé, Ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche
    Christophe Bénavent, Université Paris Ouest Nanterre La Défense
    Mélanie Dulong de Rosnay, CNRS
    Maria-Francesca de Tullio, Universita degli Studi di Napoli Federico II

     

    17h00 : Débat

    17h30 : Fin de la journée

     

    Samedi 10 juin

     

    09h00 : Problèmes d’interprétation dans la délimitation du « commun » et du « public »
    Keynote speaker : Emmanuel Picavet, Université Paris I Panthéon Sorbonne

     

    Session 2

    La dynamique Communs, Etats, Marchés : quels équilibres, quelles gouvernances ?

     

    09h40 : Atelier-débat 1 - Les nouvelles formes institutionnelles

    L’appui à la réhabilitation des polders de Prey Nup au Cambodge
    AFD

    Comment la dynamique des communs sociaux reconfigure-t-elle les marchés ? Etude des deux cas dans la filière alimentaire
    Marion Maignan, IRG Paris Est,
    Marc Lourdaux, Echanges paysans
    Hervé Defalvard, Chaire ESS UPEM

    La question des communs dans les pays du Maghreb : un état des lieux
    Omar Bessaoud, CIHEAM-IAM Montpellier

    10h40 : Pause

     

    11h00 : Atelier-débat 2 - Conditions et moyens d’un équilibre Commun, Etat, Marché

    Animation : Gilles Hériard Dubreuil, Fund for Democratic Culture

    Les conditions d’émergence et de constitution de communs propices au développement local durable : place et rôles des pouvoirs publics
    Geneviève Fontaine, UPEM - ERUDITE

    Le commun et ses problèmes
    Sylvain Lavelle, EHESS, ICAM

    La place des politiques de développement
    Stéphanie Leyronas, AFD

    Commun et entreprise : coopération et enclosure
    Myriam Marzio, Université Paris I Panthéon-Sorbonne

     

    12h00 : Rapport et conclusions
    Jacques Chevallier, Université Paris II Panthéon Assas

    12h30 : Fin du colloque

     

    Places limitées - Inscription obligatoire avant le 1er juin : https://inscription-colloque-etat-marche-dynamique-commun.eventbrite.fr

  • Parutions

    Les droits des peuples autochtones

    Les droits des peuples autochtones

    Les droits des peuples autochtones

    Des Nations unies aux sociétés locales

    Irène Bellier, Leslie Cloud, Laurent Lacroix

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-3431-1908-3

    Coll. Horizons autochtones, 460 pages

    Présentation de l'éditeur

    Réalisé à partir d'une étude menée aux Nations unies sur quatre continents, ce livre interroge les interprétations de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones (DDPA) de 2007 au sein des systèmes régionaux de droits de l'homme.

    Afin de comprendre au mieux comment les droits de ces populations autochtones sont visés ou négligés, l'étude propose une lecture qui repose sur trois catégories de droits : la première étant relative à l'espace politique de la gouvernance, la deuxième au rapport à la terre, aux territoires et aux ressources naturelles, la troisième aux droits culturels, économiques et sociaux.

  • Manifestation scientifique

    De la responsabilité

    De la responsabilité

    De la responsabilité

    4e édition de la journée "Justice : états des savoirs"
    vendredi 16 juin 2017
    Lieu de la manifestation :

    Paris

    Journée organisée par le Ministère de la Justice

    Programme

     

    9h00 : Accueil
    Mme Dominique Schnapper, IEA
    M. Stéphane Verclytte, Secrétaire général du Ministère de la Justice
    et M. Pierre-Cyrille Hautcœur, Président de l’EHESS

     

    Les économies de la responsabilité, entre l’individuel et le collectif

    Sous la présidence de Sonya Djemni-Wagner, Magistrate, Sous-directrice, Direction des affaires criminelles et des grâces, Ministère de la Justice

     

    9h30 : Le peuple est mort, vive le peuple ! Réflexions sur la responsabilité individuelle et collective des crimes nazis
    Rainer Maria Kiesow, Juriste, Professeur, Directeur d’études, EHESS-Centre Georg Simmel

    Responsabilité collective vs responsabilité individuelle dans la justice coutumière et étatique des sociétés arabes
    Baudouin Dupret, Politiste, Professeur, Université de Louvain

    Societas delinquere non potest ? Quelques réflexions sur la responsabilité collective en droit
    Michele Spanò, Juriste, Maître de conférences, CENJ-EHESS

    Réformer le droit de la responsabilité civile
    Guillaume Meunier, Magistrat, Sous-directeur du droit civil, Direction des affaires civiles et du sceau, Ministère de la Justice

    Impunité fiscale : quand la responsabilité politique l’emporte sur la responsabilité pénale
    Alexis Spire, Sociologue, Directeur de recherche, CNRS, IRIS-EHESS

    La corruption en procès : élites politiques et responsabilité pénale
    Maxime Agator, Sociologue, Doctorant, CMH et CEMS-IMM, EHESS

     

    12h30 : Pause déjeuner

     

    La responsabilité de l’état

    Sous la présidence de Jean Danet, Maître de conférences, Université de Nantes, Avocat honoraire, Membre du Conseil Supérieur de la Magistrature

     

    13h30 : L’épuration des avocats et des magistrats à la fin de la seconde guerre mondiale
    Liora Israël, Sociologue, Maîtresse de conférence, EHESS, Centre Maurice Halbwachs-EHESS

    Les magistrats dans la guerre d’Algérie
    Sylvie Thénault, Historienne, Directrice de recherche, CNRS, Centre d’Histoire Sociale du XXe siècle-Université de Paris 1

    Le procès des « négociations » entre État et mafia (Italie) : responsabilité, omerta et silence
    Deborah Puccio-Den, Anthropologue, Chargée de recherche, CNRS, LAIOS-IIAC, EHESS

    Les institutions pénales et leurs contradictions : le cas des mineurs
    Raphaëlle Thery, Docteur en philosophie, Lauréate du prix Vendôme 2016

    La responsabilité de l’État pour dysfonctionnement du service public de la justice
    Cynthia Fabre, Cheffe du bureau du contentieux judiciaire, Secrétariat général du ministère de la Justice

    Accountability et État de droit
    Daniela Piana, Politiste, Professeure, Université de Bologne

    Les magistrats face aux conséquences de leur décision : quelle responsabilité ?
    Christian Mouhanna, Sociologue, Directeur de recherche, CNRS, CESDIP

    17h00 : Conclusion
    Jean-Louis Halpérin, Historien du droit, Professeur à l’ENS

     

    Contacts, renseignements : www.justice.gouv.fr

  • Appel

    Nommer l’humain : Descriptions, catégorisations, enjeux. Une approche pluridisciplinaire

    Nommer l’humain : Descriptions, catégorisations, enjeux. Une approche pluridisciplinaire

    Nommer l’humain : Descriptions, catégorisations, enjeux. Une approche pluridisciplinaire

    Colloque pluridisciplinaire, Université de Strasbourg, 10-12 Janvier 2018
    jeudi 15 juin 2017
    Lieu de la manifestation :

    Strasbourg cedex

    Maison Interuniversitaire des Sciences humaines en Alsace (MISHA)

    Colloque pluridisciplinaire organisé par les laboratoires
    LiLPa (Linguistique, Langues, Parole, EA 1339)
    &
    DRES (Droit, Religion, Entreprise & Société, UMR 7354)

     

    Présentation

    Nous sommes quotidiennement confrontés au lexique dénommant les humains : les néologismes en tous genres sont légion qu’ils proviennent des médias (de migrants au tout récent brexitiens en passant par les workaholic) ou qu’ils proviennent d’entreprises comme la SNCF, par exemple, qui a remis au gout du jour le terme d’attendant, dénomination ancienne d’une classe de compagnonnage (par opposition avec les compagnons reçus et les compagnons finis). Les modalités de désignations de l’humain sont nombreuses et recourent à des sous-catégories nominales diversifiées : outre les noms propres, déjà abondamment étudiés, elles englobent des noms communs, spécifiques (cf. supra) mais aussi des noms à portée plus générale comme homme, personne, individu, etc.

    L’objectif de ce colloque, organisé par des linguistes et des juristes, est de réunir des spécialistes de champs disciplinaires variés, intéressés par les questions de la dénomination des personnes au moyen des noms communs, de la genèse des dénominations à l’analyse des fonctionnements linguistiques et sociaux des noms d’humains ainsi qu’à leurs finalités et leurs applications.

    En effet, toutes les disciplines scientifiques sont amenées à créer et/ou utiliser des dénominations renvoyant à l’humain, ainsi que, à partir de là, des « catégories de personnes » (appelées diversement catégories socioprofessionnelles, types psychologiques, taxinomies morales, catégories juridiques, etc.), et ce à des fins diversifiées : les sociologues ont ainsi conçu toute une nomenclature de groupes sociaux en vue du recensement des populations (cf. les travaux de A. Desrosières & L. Thévenot, 1988[1] ; de C. Brousse, 2010 [2]), les médecins et psychologues pour identifier les pathologies et optimiser les traitements, les pédagogues et didacticiens des profils d’« apprenants », les informaticiens des ontologies pour traiter automatiquement les noms propres de lieux, de structures et de personnes, les littéraires pour appréhender des genres littéraires à travers entre autres la notion évolutive de personnage.

    En droit, les catégories (juridiques) sont fondamentales pour appréhender la réalité. Au cœur du raisonnement juridique, elles sont mobilisées afin de déterminer les règles applicables aux situations de fait, relevant ainsi de l’essence de l’opération de qualification juridique. Suivant un exemple topique, la dénomination travailleur peut correspondre à plusieurs catégories : la catégorie « salarié » ou la catégorie « travailleur indépendant ». Or, il apparait que la délimitation de ces catégories est éprouvée par la réalité sociale (de quelle classification relèvent l’autoentrepreneur, le télétravailleur ou encore le travailleur recourant à une plateforme collaborative ?). Loin d’être seulement une opération technique, la catégorisation révèle ainsi une certaine représentation de l’humain et la prévalence accordée à un système de valeurs. Les catégories juridiques peuvent alors être analysées comme remplissant une fonction structurante du droit (cf. M. Cumyn, « Les catégories, la classification et la qualification juridiques : réflexions sur la systématicité du droit », Les Cahiers de droit, vol. 52 n° 3-4, 2011, p. 351-378).

    Les sciences du langage ont pour mission d’élucider les régularités morphosyntaxiques présidant à la formation de ces unités lexicales (pourquoi attendant et non pas attendeur ? quelle différence entre attendant et attentiste ?), l’usage qu’en font les discours de tous genres, le sens qu’elles prennent selon leurs contextes, leur évolution historique (sens d’attendant dans la nomenclature du compagnonnage et sa réactualisation « sncfienne ») et leurs impacts idéologiques, les principes de lexicalisation et leurs équivalences d’un système linguistique à un autre : l’opposition humain vs non humain n’est pas universelle et Lakoff (1987) [3] a montré que, dans certaines langues aborigènes d’Australie, les entités humaines mâles vs femelles sont dissociées et rangées avec les animaux d’une part et l’eau, le feu, la nourriture, d’autre part.

    Enfin, la désignation des humains est au cœur de débats actuels importants et constitue l’enjeu de problèmes sociaux cruciaux allant de la féminisation des noms de métiers aux désignations à visée euphémisante. On mentionnera aussi les questions (bio-)éthiques ou juridiques, liées à la catégorisation – et partant aux questions de désignation – comme personnes des embryons[4], de certains animaux, les recherches impliquant la personne humaine [5], toutes questions qui remettent en cause, outre des notions philosophiques (comme, entre autres, la mort), la question de la définition de la personne.

    Si la dénomination des humains est un phénomène langagier prégnant qui constitue indéniablement une préoccupation transdisciplinaire, les approches et travaux pluridisciplinaires ne sont pas répandus pour autant. À l’exception du colloque intitulé « Noms de métiers et catégories professionnelles (Acteurs, pratiques, discours (XVe siècle à nos jours) » [6] qui a réuni des historiens, sociologues, statisticiens, linguistes et littéraires), il n’existe pas (à notre connaissance) d’entreprise visant à confronter les approches, à « croiser les regards », sur la question de la dénomination des humains.

    Ce colloque entend donc réunir des contributions relatives à la dénomination des personnes, à la genèse des dénominations, à l’analyse des fonctionnements linguistiques et sociaux des noms d’humains ainsi qu’à leurs finalités et leurs applications, susceptibles de répondre aux questions suivantes :

    • quelles sont les raisons qui poussent à la création des dénominations des personnes ?
    • de quoi dépend la classification de l’humain dans les différents champs disciplinaires ?
    • qu’est-ce qui unit ou oppose les dénominations spécialisées/savantes aux dénominations usuelles ?
    • y a-t-il, ou non, des homologies, sinon des points communs entre les catégorisations des personnes dans les différents domaines des sciences humaines et sociales ?
    • à quelles fonctions et à quelles applications répondent les dénominations et catégorisations des personnes ?
    • quelles sont les perspectives historiques concernant l’évolution des désignations d’humains ? (en quoi la globalisation et l’internationalisation influencent-elles les dénominations de personnes et la perception des catégories d’humains ?)

    Qu’il s’agisse de démarches descriptives portant sur le lexique dénommant les humains, ses usages, son évolution, etc. ou concernant la constitution de démarches classificatoires, qu’il s’agisse d’approches plus théoriques ou encore de présentation de démarches à visée appliquée, le colloque accueille les contributions susceptibles d’apporter des éclairages nouveaux, de nature à questionner et articuler un ensemble de disciplines, voire à proposer des outils ou applications à vocation interdisciplinaire.

    À l’heure actuelle, compte tenu du contexte sociopolitique (phénomènes de migrations, débats communautaristes, questions récurrentes sur l’égalité hommes-femmes) ainsi que de la médiatisation et l’instrumentalisation des dénominations de l’humain, le thème de ce colloque est particulièrement opportun et crucial pour saisir ce qui se joue dans l’appréhension du rapport à autrui et pour mettre au jour les clichés et stéréotypes qui sous-tendent les représentations de l’autre via la dénomination, l’instrumentalisation, la médiatisation et la dénomination des minorités.

     

    Procédure de soumission :

    Un résumé de 4 pages (bibliographie incluse), anonyme et au format pdf, sera déposé sur la plateforme dédiée du colloque à l’adresse suivante : https://nhuma.sciencesconf.org

     

    Modalités de communication :

    La durée prévue des communications est de 20-25 minutes (plus 5 à 10 minutes de discussion). Les communications se feront en français ou en anglais.

     

    Calendrier :

    • Premier appel à communications : 15 février 2017
    • Date limite d’envoi des propositions : 15 juin 2017
    • Date d’envoi des notifications aux auteurs : 15 septembre 2017

     

    Contact :

    Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

     

    Conférences plénières :

    • Stefan GOLTZBERG, juriste, philosophe et linguiste (Centre Perelman, Bruxelles)
    • Cécile LEGUY, anthropologue (Université Sorbonne Nouvelle– Paris 3)
    • Bruno MAUREILLE, paléoanthropologue (CNRS, Université de Bordeaux)
    • François OST, juriste, philosophe du droit (Université Saint-Louis, Bruxelles)
    • Jean-François SABLAYROLLES, lexicologue, (Université de Villetaneuse–Paris 13)
    • Zhengdao YE, linguiste (Australian National University)

     

    Comité scientifique (en cours de constitution) :

    • Silvia ADLER, Université de Tel Aviv (Israël)
    • Bernard BAUDRY, Université Lumière / Lyon-2 (France)
    • Peter BLUMENTHAL, Université de Köln (Allemagne)
    • Cécile CANUT, Université Descartes / Paris-5 (France)
    • Paul CAPPEAU, Université de Poitiers (France)
    • Denis COSTAOUEC, INALCO & Université Descartes / Paris-5 (France)
    • Iacyr DE AGUILAR VIEIRA, Université fédérale de Viçosa (Brésil)
    • Walter DE MULDER, Université d’Anvers (Belgique)
    • Gaétane DOSTIE, Université de Sherbrooke (Canada)
    • Nelly FLAUX, Université d’Artois (Arras, France)
    • Itsuko FUJIMURA, Université de Nagoya (Japon)
    • Stefan GOLTZBERG, Université libre de Bruxelles (Belgique)
    • Laurent GOSSELIN, Université de Rouen-Normandie (France)
    • Francis GROSSMANN, Université de Grenoble-Alpes (France)
    • Dominique LEGALLOIS, Université de la Sorbonne nouvelle / Paris-3 (France)
    • Denis MAUREL, Université François-Rabelais (Tours, France)
    • Wiltrud MIHATSCH, Université de Tübingen (Allemagne)
    • Johan VAN DER AUWERA, Université d’Anvers (Belgique)
    • Éliane VIENNOT, IUF & Université Jean-Monnet (Saint- Etienne, France)

    Comité d’organisation :

    • Angelina ALEKSANDROVA (4071 EDA, Université Paris-Descartes)
    • Maryvonne BOISSEAU (LiLPa)
    • Françoise  CURTIT (DRES)
    • Benoît  GENIAUT (DRES)
    • Fleur  LARONZE (DRES)
    • Jean-Paul MEYER (LiLPa)
    • Sabrina  MRAOUAHI (IAE, Université Grenoble-Alpes)
    • Mélanie  SCHMITT (DRES)
    • Catherine SCHNEDECKER (LiLPa)
    • Amalia TODIRASCU (LiLPa)


    [1] A. Desrosières & L. Thévenot (1988), Les catégories socio-professionnelles, Paris. La découverte/Repères.

    [2] C. Brousse (2010) ESeC, projet européen de classification socioéconomique, in Hanne G. et Judde de Larivière C. (éds) Noms de métiers et catégories professionnelles. Acteurs, pratiques, discours (XVe siècle à nos jours) . Toulouse. Framespa/Méridiennes p. 309-323.

    [3] G. Lakoff (1987), Women, Fire and dangerous Things, Chicago, Chicago U.P.

    [4] A. Bertrand-Mirkovic, La notion de personne. Étude visant à clarifier le statut juridique de l’enfant à naître , Aix en Provence : PUAM.

    [6] G. Hanne et C. Judde de Larivière C. (éds) Noms de métiers et catégories professionnelles. Acteurs, pratiques, discours (XVe siècle à nos jours) .Toulouse. Framespa/Méridiennes.

  • Manifestation scientifique

    La coutume dans le droit calédonien

    La coutume dans le droit calédonien

    La coutume dans le droit calédonien

    Quel bilan de 30 ans de droit coutumier ? Quelle place dans le corpus normatif contemporain ?
    jeudi 27 avril 2017
    Lieu de la manifestation :

    Noumea

    Colloque de restitution du projet de recherche « L'intégration de la coutume dans le corpus normatif contemporain de la Nouvelle-Calédonie », dirigé par Étienne Cornut et Pascale Deumier.

     

    Sous la direction scientifique d'Etienne Cornut, Maître de conférences HOR en droit privé (UNC, LARJE)

     

    Présentation

    Ce colloque, ouvert à tous, est la restitution du projet de recherche « L’intégration de la coutume dans le corpus normatif contemporain de la Nouvelle-Calédonie », dirigé par Etienne Cornut, maître de conférences HDR en droit privé à l’UNC, et Pascale Deumier, professeur en droit privé à l’Université Jean Moulin Lyon 3.

    L’objet de la recherche n’est pas de prétendre saisir la coutume kanak dans sa réalité sociologique, mais la coutume kanak telle qu’elle est reçue par le système juridique. Afin de proposer une meilleure réception de ce droit coutumier dans le corpus normatif de la Nouvelle-Calédonie, la recherche s’est fixé deux objectifs. Le premier consiste à dresser un état des lieux, inédit, du droit coutumier ; le second à se nourrir de l’analyse de cette recension pour réfléchir aux meilleures modalités de réception de la coutume kanak. La recherche veut donc d’abord mieux comprendre le droit coutumier kanak pour ensuite mieux proposer l’amélioration de sa réception, en unissant les connaissances universitaires et l’expérience de la pratique. Pour réaliser ses objectifs, la recherche s’inscrit pleinement dans l’environnement institutionnel et judiciaire néo-calédonien, en collaboration étroite avec tous les acteurs locaux de la chaîne coutumière. Au terme de la recherche, les résultats sont doubles.

    D’une part, un corpus du droit coutumier, inédit à ce jour, a été constitué, sous la forme du site « Droit coutumier en Nouvelle-Calédonie » (http://coutumier.univ-nc.nc). Celui-ci regroupe les textes institutionnels, des articles et études propres à la matière et plus de 600 décisions rendues dans le contentieux coutumier au moment de la remise du rapport, s’étalant de 1985 à 2016. Il propose en outre un lexique des termes coutumiers, construit à partir des définitions trouvées dans ces différents documents. Afin que cette masse de données sur le droit coutumier soit exploitable, des études thématiques de la jurisprudence rendue en application de la coutume ont été réalisées sur les sujets suscitant le plus fort contentieux (changement de statut, famille, terres, intérêts civils). Enfin, une synthèse analyse les rapports entre le juge et la coutume, tels qu’ils ont été constatés à l’occasion de l’étude de ces décisions.

    D’autre part, ce bilan a nourri une réflexion plus large sur la place, la réception et les perspectives de ce droit coutumier. À cette fin, des études ont été menées sur les pans du droit encore peu saisis par la coutume, et sur la possibilité de les y attraire (droit du travail, droit pénal). D’autres études ont permis de resituer le droit coutumier dans son environnement anthropologique et économique. Enfin, une réflexion particulière a été menée sur les différents vecteurs pouvant favoriser son intégration. Ces vecteurs sont souvent institutionnels, le rôle des juridictions, autorités, actes et structures ayant été étudiés par des universitaires et des acteurs de ces institutions ; ces vecteurs sont également intellectuels et une réflexion particulière a été menée sur les modèles de conflits internes de normes pouvant être utilisés pour ajuster la place de la coutume.

    Le rapport général s’est nourri de ces différents éléments pour formuler différentes propositions sur les possibilités d’intégration directe et indirecte de la coutume dans le corpus normatif.

     

    Programme

    Jeudi 27 avril

    8h30 | Accueil
    Coutume d’accueil - Mot de Gaël Lagadec, président de l’Université de la Nouvelle-Calédonie (UNC) et/ou de Catherine Ris, directrice du Laboratoire de recherches juridique et économique (LARJE)

    9h | Présentation du projet de recherche et du site « droit coutumier »
    Etienne Cornut, maître de conférences HDR en droit privé (UNC, LARJE)

     

    Première partie : bilan du droit coutumier judiciaire

    9A30 | Le contentieux classique de la famille : le mariage
    Bérengère Cagnon, doctorante (Université Lyon 3, équipe de droit privé)

    10A | Le contentieux classique de la famille : la filiation
    Hugues Fulchiron, professeur de droit privé (Université Lyon 3, équipe de droit privé)

    10h30 | Débats

    10h45 | Pause

     

    11h00 | Un contentieux émergent : les intérêts civils
    Etienne Cornut, maître de conférences HDR en droit privé (UNC, LARJE)

    11h30 | Les terres coutumières
    Samuel Gorohouna, maître de conférences en sciences économiques (UNC, LARJE)

    12h | Débats

    12h30 | Déjeuner

     

    Deuxième partie : les instruments du droit coutumier

    14h | Le rôle de la juridiction en formation coutumière
    Daniel Rodriguez, magistrat

    14h30 | L’acte coutumier
    Cyprien Elia, doctorant (UNC, LARJE), chef du service des affaires foncières et coutumières, Nouméa

    15h | L’état-civil coutumier
    Christine Bidaud-Garon, maître de conférences HDR en droit privé (UNC, LARJE)

    15h30 | Débats

    15h45 | Pause

     

    Troisième partie : l'assise anthropologique de la coutume

    16h | De quoi le « droit coutumier » est-il le nom ?
    Patrice Godin, maître de conférences en anthropologie (UNC,TROCA) et
    Jone Passa, sociologue

    16h30 | La coutume de Wallis-et-Futuna
    Françoise Cayrol, docteur en préhistoire, ethnologie et anthropologie, ingénieur d’études (UNC, LIRE)

    17h | Débats

     

    Conclusion de la première journée

    17h15 | Synthèse des analyses de la base de données
    Pascale Deumier, (en visio conférence) professeur de droit privé (Université Lyon 3, équipe de droit privé)

    17h45 | Débats

    18h | Fin de la première journée

     

    Vendredi 28 avril

     

    Quatrième partie : pour une intégration repensée de la coutume

    8h30 | Droit du travail et coutume
    Nadège Meyer, maître de conférences en droit privé (UNC, LARJE)

    9h | Droit pénal et coutume
    Daniel Rodriguez, magistrat

    9h30 | Les conflits internes de normes revisités
    Sandrine Sana-Chaillé de Néré, professeur de droit privé (Université Bordeaux IV, CRDEI)

    10h | Débats

    10h30 | Pause

    10h45 | Synthèse générale : intégration directe ou indirecte de la coutume dans le corpus normatif de la Nouvelle-Calédonie
    Etienne Cornut, maître de conférences HDR en droit privé (UNC, LARJE)

    11h15 | Débats

    12h | Coutume de fin

  • Parutions

    Les femmes et la question criminelle

    Les femmes et la question criminelle

    Les femmes et la question criminelle

    Délits commis, expériences de victimisation et professions judiciaires

    Véronique Jaquier, Joëlle Vuille

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-8835-1072-2

    Coll. Questions de genre, 512 pages

    Présentation de l'éditeur

    Délinquantes, victimes et professionnelles de la justice : cet ouvrage examine ce qui réunit et distingue les expériences des femmes face à la criminalité, et ce qui les différencie de celles des hommes. Il retrace d'abord l'apparition des perspectives féministes en criminologie, sous l’angle des rapports entre sexe, genre et science. Déconstruisant les stéréotypes de la délinquance féminine, il en décrit les diverses formes, des plus communes (vol, délinquance routière) aux plus « extraordinaires » (homicide, crime organisé). Sont ensuite discutées les violences conjugales et sexuelles envers les femmes, leurs impacts sur la santé et les politiques publiques qui s’y rapportent. L’ouvrage examine enfin le rôle que jouent les femmes dans le contrôle social de la délinquance. Premier ouvrage en français à proposer un tel panorama, il décrit les multiples façons d’intégrer une perspective de genre à la recherche et à la pratique criminologiques.

     

    Sommaire

    Introduction

    1 Perspectives féministes en criminologie

    1.1 Sexe, genre et science (1.1.1 Le sexe et le genre comme constructions sociales ; 1.1.2 La science et le genre)

    1.2 Le caractère sexiste de la science

    1.3 La « révolution » des recherches féministes (1.3.1 L'expérience des femmes ; 1.3.2 L'objectivité dans la construction sociale des connaissances ; 1.3.3 Recherche féministe et action sociale)

    1.4 La question criminelle, une question d'hommes ? (1.4.1 La délinquante invisible ; 1.4.2 Les explications « sexistes » de la victimisation)

    1.5 La critique féministe en criminologie (1.5.1 De la première critique aux perspectives féministes multiples ; 1.5.2 La « question de la science » dans la criminologie féministe ; 1.5.3 Contributions féministes en criminology)

    1.6 Une criminologie féministe ?

     

    Partie I. Les femmes délinquantes

    2 Ni anges ni démons : Les visages de la délinquance féminine

    2.1 Portrait chiffré (2.1.1 Les femmes soupçonnées par la police ; 2.1.2 Les femmes condamnées ; 2.1.3 Les femmes emprisonnées ; 2.1.4 La délinquance des femmes à la lumière des sondages)

    2.2 Circonstances (2.2.1 Les infractions multiples et la récidive ; 2.2.2 Commettre une infraction avec une arme ; 2.2.3 Seules ou à plusieurs ? 2.2.4 Quand les femmes avouent leurs crimes)

    2.3 Les infractions principalement commises par les femmes (2.3.1 Le vol ; 2.3.2 La délinquance routière ; 2.3.3 La consommation de drogues ; 2.3.4 La prostitution)

    2.4 Expliquer la délinquance féminine (2.4.1 Les explications positivistes ; 2.4.2 Les explications sociologiques ; 2.4.3 Un traitement spécifique des femmes par les autorités ?)

    2.5 Une délinquance féminine en augmentation ? (2.5.1 Évolution de la délinquance violente aux États-Unis ; 2.5.2 Évolution de la nature de la délinquance féminine en Suisse)

    3 Une délinquance féminine « extraordinaire »

    3.1 L'homicide (3.1.1 Qui sont les femmes meurtrières et leurs victimes ? ; 3.1.2 Circonstances)

    3.2 Les violences conjugales (3.2.1 Les violences conjugales des femmes envers les hommes ; 3.2.2 Les violences conjugales des femmes envers les femmes)

    3.3 Les violences sexuelles (3.3.1 Les abus sexuels sur mineurs ; 3.3.2 Les violences sexuelles envers un partenaire)

    3.4 La maltraitance infantile (3.4.1 Prévalence de la maltraitance et des meurtres d'enfants ; 3.4.2 Le meurtre d'un enfant par sa mère ; 3.4.3 Le cas particulier du syndrome de Münchhausen par procuration)

    3.5 Des criminelles « organisées » (3.5.1 Les « crapuleuses » ; 3.5.2 Trafic de drogue ; 3.5.3 Traite des personnes ; 3.5.4 Les femmes de la mafia)

    3.6 La criminalité en col blanc (3.6.1 Le portrait du criminel en col blanc ; 3.6.2 Criminalité en col rose ? ; 3.6.3 La corruption ; 3.6.4 Les raisons de la différence)

    4 Les femmes en prison

    4.1 De la réhabilitation « morale » à la prison moderne

    4.2 Les prisons pour femmes aujourd'hui (4.2.1 Les antécédents criminels des femmes détenues ; 4.2.2 Le profil des femmes détenues

    4.3 Les besoins spécifiques des femmes détenues (4.3.1 La mixité en prison : entre normalisation et protection contre les abus sexuels ; 4.3.2 Le maintien des liens affectifs et familiaux ; 4.3.3 Questions de santé ; 4.3.4 Maternité et incarcération ; 4.3.5 Programmes éducatifs, formation et interventions thérapeutiques en exécution de peine)

     

    Partie II. Les femmes victimes

    5 Les violences envers les femmes : Définir, mesurer, expliquer

    5.1 Enjeux de définition (5.1.1 Criminologie, santé publique et droits humains ; 5.1.2 Violence physique, violence sexuelle, violence psychologique)

    5.2 Mesurer les violences envers les femmes (5.2.1 Les statistiques officielles ; 5.2.2 Les sondages ; 5.2.3 Les recherches qualitatives)

    5.3 Expliquer les violences envers les femmes (5.3.1 Théories de niveau individuel ; 5.3.2 Théories de niveau sociétal ; 5.3.3 Théories de la masculinité)

    5.4 Intégration théorique et modèle écologique

    6 Les violences conjugales envers les femmes

    6.1 Prévalence et sévérité

    6.2 Typologies d’auteurs de violences conjugales (6.2.1 La typologie tripartite d’Amy Holtzworth-Munroe et Gregory Stuart ; 6.2.2 De la violence de couple situationnelle au terrorisme intime ; 6.2.3 Les limites des approches typologiques)

    6.3 Facteurs de risque (6.3.1 Facteurs individuels et biographiques ; 6.3.2 Facteurs interpersonnels et contextuels ; 6.3.3 Facteurs communautaires et sociétaux)

    6.4 Violence conjugale et emprise psychologique

    6.5 Des violences spécifiques ?

    7 Les violences sexuelles envers les femmes

    7.1 Histoire d’une stigmatisation sociale (7.1.1 Du rapt à la coercition psychologique ; 7.1.2 Les violences sexuelles au XXIe siècle ; 7.1.3 Mythes et stéréotypes culturels)

    7.2 Expériences et contextes de violence (7.2.1 La non-reconnaissance du viol conjugal ; 7.2.2 Le viol et le mythe du consentement implicite ; 7.2.3 L’expérience subjective du viol ; 7.2.4 Le traumatisme du viol)

    7.3 Prévalence et sévérité

    7.4 Facteurs de risque (7.4.1 Facteurs individuels et biographiques ; 7.4.2 Facteurs interpersonnels et contextuels ; 7.4.3 Facteurs communautaires et sociétaux)

    8 Atteintes à la santé des femmes

    8.1 Atteintes à la santé physique (8.1.1 Homicides et fémicides ; 8.1.2 Impacts directs ; 8.1.3 Impacts indirects)

    8.2 Atteintes à la santé sexuelle et reproductive

    8.3 Atteintes à la santé mentale

    8.4 Variabilité interindividuelle et résilience

    9 Politiques publiques des violences envers les femmes

    9.1 Réponses communautaires (9.1.1 Centres Viol-secours ; 9.1.2 Services et maisons d’hébergement pour victimes de violences conjugales ; 9.1.3 Services médicaux specialisés)

    9.2 Réponses policières et judiciaires (9.2.1 De la non-intervention à la poursuite d’office des violences conjugales ; 9.2.2 Apprendre à ne plus être violent ? ; 9.2.3 La non-dénonciation du viol)

    9.3 Stratégies de prévention (9.3.1 Trois niveaux de prévention ; 9.3.2 Prévention primaire des violences envers les femmes ; 9.3.3 Prévention secondaire des violences envers les femmes ; 9.3.4 Prévention tertiaire des violences envers les femmes)

     

    Partie III. Les femmes dans les autorités de poursuite pénale et d’exécution des peines

    10 Les femmes dans la police

    10.1 L’entrée des femmes dans la police (10.1.1 L’image de la policière selon les époques ; 10.1.2 Résistances)

    10.2 Le travail policier fait par les femmes

    10.3 La policière et le policier

    11 Les femmes juges

    11.1 Combien sont-elles ?

    11.2 Prise de décision (11.2.1 Le domaine pénal en particulier ; 11.2.2 Au-delà du droit penal)

    11.3 Attitude générale (11.3.1 La résolution de conflits ; 11.3.2 Comment les femmes juges vivent-elles leur quotidian professionnel ? 11.3.3 Le comportement avec les parties)

    12 Les femmes avocates

    12.1 Combien sont-elles ?

    12.2 Discrimination par les pairs

    12.3 Discrimination et harcèlement par les autorités

    12.4 Force de persuasion des avocates

    13 Les femmes expertes auprès des tribunaux

    13.1 Méthodes de travail

    13.2 La perception des experts par les juges et jurés

    14 Le personnel pénitentiaire féminin

    14.1 Un univers masculin

    14.2 Des pratiques professionnelles différentes ?

     

    Conclusion

    15 Les femmes et la question criminelle

    15.1 Trajectoires féminines (15.1.1 Délinquantes ; 15.1.2 Victimes ; 15.1.3 Professionnelles de la justice)

    15.2 L’intérêt d’une criminologie « genrée »

  • Manifestation scientifique

    Histoire sociale des idées juridiques

    Histoire sociale des idées juridiques

    Histoire sociale des idées juridiques

    vendredi 5 mai 2017
    Lieu de la manifestation :

    Paris

    Huitième et dernière séance du séminaire HiSoPo pour l’année 2016-2017

    Programme

     

    Deux interventions :

     

    La Révolution : un concept juridique ?
    Soulef Ayad-Bergounioux, Historienne

    Les idées constitutionnelles à l’épreuve de l’histoire des sciences
    Renaud Baumert, Professeur de Droit Public à l’Université de Cergy-Pontoise, Membre du CPJP

     

    Les deux communications seront discutées par :

    Frédéric Audren, Directeur de recherche au CNRS et chercheur au CEE, Directeur scientifique de l’École de droit
    Yves Palau, Maître de conférences HDR en sciences politiques, université Paris-Est Créteil/LIPHA .

  • Vie académique

    Concours de Directeur de recherche CNRS - section 36 - Résultats d'admissibilité

    Concours de Directeur de recherche CNRS - section 36 - Résultats d'admissibilité

    Concours de Directeur de recherche CNRS - section 36 - Résultats d'admissibilité

    mercredi 5 avril 2017
    Lieu de la manifestation :

    Section n°36 : Sociologie et sciences du droit

    Concours n°36/01 - 3 Directeurs de recherche de 2e classe. Concours ouvert sur les thèmes scientifiques relevant de la Section n°36.

     

    Liste consultable au moyen du lien ci-dessus. Seule la liste affichée au siège du CNRS fait foi.

  • Parutions

    La réception du droit du travail par les milieux professionnels et intellectuels

    La réception du droit du travail par les milieux professionnels et intellectuels

    La réception du droit du travail par les milieux professionnels et intellectuels

    Auteur(s) : Alexis Mages,Anne-Sophie Chambost

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-2750-4750-8

    Coll. Contextes, 264 pages

    Présentation de l'éditeur

    Le droit du travail est l'objet de très nombreuses critiques, dont les manifestations du printemps 2016 qui ont accompagné l'adoption de la loi relative au travail, à la modernisation du dialogue social et à la sécurisation des parcours professionnels (dite loi El Khomri) ne sont que l'illustration la plus récente. 

    Souvent présenté comme un droit difficile à appréhender, dont la complexité résulterait autant de sa technicité que de son foisonnement, le droit du travail est aussi décrié pour sa porosité avec le politique, en même temps qu'on lui reproche d'être un droit sclérosant d'un point de vue économique (au motif que la rigidité de la législation du travail constituerait un frein à l'embauche). Autant de reproches qui justifient, aux yeux de ceux qui les diffusent, les appels à la rationalisation et à la simplification du droit du travail et de son code obèse. Celui-ci a toutefois aussi de très nombreux et tout aussi savants défenseurs. 

    L'âpreté des débats récents, qui ont d'ailleurs très largement dépassé le cadre des spécialistes, invite alors à s'interroger sur le processus de réception de ce droit. Les contributions réunies dans ce volume, qui offrent des points de vue divers et croisent des approches pluridisciplinaires, permettent d'appréhender la question sur une période relativement longue (XIXe et XXe siècles), afin de déterminer si cette difficile appréhension est inhérente à l'histoire même du droit du travail ou si elle constitue simplement un phénomène lié au contexte économique et social de ce début de XXIe siècle. 

    Avec les contributions de Cécile Caseau-Roche, Anne-Sophie Chambost, Jean-Jacques Clère, David Deroussin, Karen Fiorentino, David Jacotot, Sylvaine Laulom, Jean-Pierre Le Crom, Jacques Le Goff, Farid Lekéal, Alexis Mages, Florence Rénucci, Laurent Willemez.

  • Manifestation scientifique

    À quoi sert le droit ?

    À quoi sert le droit ?

    À quoi sert le droit ?

    Table ronde autour du livre de François Ost
    jeudi 23 mars 2017
    Lieu de la manifestation :

    Paris

    Organisé par l’Institut Michel Villey autour du livre de François OST, Professeur à l’Université Saint-Louis

    Table ronde organisée le 23 mars 2017 à 17h
    présidée par
    Olivier Beaud, Professeur à l’Université Panthéon-Assas, en présence de l’auteur.

    Discutants :

    Jacques Commaille, Professeur à l’E.N.S. Cachan
    Olivier Jouanjan, Professeur à l’Université Panthéon-Assa
    Rémy Libchaber, Professeur à l’Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

     

    Références : François Ost, À quoi sert le droit ?, Bruxelles, Bruylant, 2016

  • Parutions

    La République et ses autres

    La République et ses autres

    La République et ses autres

    Politiques de l'altérité dans la France des années 2000

    Sarah Mazouz

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-8478-8869-0

    Coll. Gouvernement en question(s), 300 pages

    Présentation de l'éditeur

    La France a-t-elle peur de ses autres ? En revenant sur les discours et les pratiques qui se formalisent depuis une quinzaine d'années, Sarah Mazouz interroge les « politiques françaises de l'altérité ». À partir d’une double enquête ethnographique conduite dans les dispositifs de lutte contre les discriminations raciales et dans les bureaux de naturalisation d’une grande ville de la région parisienne, elle montre comment s’articulent dans l’espace social les questions de l’immigration, de la nation et de la racialisation. En faisant porter l’examen de manière originale sur ces deux politiques publiques, elle interroge les processus d’inclusion et d’exclusion à l’intérieur même du groupe national (via l’examen de la mise en œuvre de l’anti-discrimination) et à l’extérieur, entre le national et étranger (via l’étude des pratiques de naturalisation). Ce faisant, elle s’attache à saisir la relation paradoxale qui lie la République à ses autres et les logiques plurielles qui concourent à la production de l’ordre national.

    Docteure en sociologie, Sarah Mazouz travaille sur l'action publique anti-discriminatoire et sur les politiques de nationalité en France et en Allemagne. Son travail propose une anthropologie politique de l'État en combinant une analyse ethnographique des pratiques bureaucratiques et une étude du vécu des personnes administrées.

     

    Sommaire

    Introduction générale

    Ce que racialiser veut dire
    Frontières extérieures, frontières intérieures

    Une reconfiguration des politiques françaises de l'altérité
    Ethnographier des institutions et des sujets
    Analyser la racialisation sans assigner racialement
    Dire et laisser deviner

    Chapitre 1. Les discriminations raciales en question. Retour sur une reconnaissance inachevée

    I. De l'intégration à la lutte contre les discriminations

    A. L'introduction d'un nouveau paradigme de l'action publique
    1. Le tournant de l'année 1998
    2. Dispositifs institutionnels et dispositions juridiques contre les discriminations

    B. Faire émerger le problème des discriminations raciales
    1. L'impulsion européenne
    2. Le rôle des chercheurs en sciences sociales

    II. Des discriminations raciales, oui mais quand même

    A. Modalités de la politique de reconnaissance
    1. Résistances et entraves
    2. Un « espace de la cause » non constitué

    B. Les impasses de la politique de réparation

    Conclusion. Une reconnaissance en trompe-l'œil

     

    Chapitre 2. Les politiques de la discrimination. Limites et ambivalences de l'État

    I. La COPEC, un nouveau dispositif pour une action marginalisée

    A. Une redéfinition de la question des discriminations
    B. De la CODAC à la COPEC
    C. Racisme ordinaire au sein de la COPEC

    II. L'anti-discrimination en pratique

    A. Un rapport particulier au droit
    1 . Politique du constat
    2. En-deçà du droit

    B. L’effacement de la question des inégalités
    1. Faire des discriminations un problème technique
    2. Le musulman et l’handicapé
    3. Frontières morales du mérite

    Conclusion. Une action sans efficace

     

    Chapitre 3. À l’épreuve de la nation. Pratiques administratives et expériences de la naturalisation

    I. Les exigences ambivalentes de l’administration

    A. La procédure, une mise à l’épreuve
    1. Sens et usages de la notion de mérite
    2. Faire jouer le temps

    B. Être digne de devenir français
    1. Entre critères administratifs et évaluations morales
    2. La réception par les postulants des attentes de l’administration
    3. Une réappropriation ambivalente des critères administratifs par les naturalisés

    II. Préceptes moraux et pratiques professionnelles. Essai de typologie des postures bureaucratiques

    A. Les gardiennes de l’ordre national
    1. Ancienneté dans le service et acquisition d’un ethos professionnel
    2. Une adhésion pleine et entière aux supports d’identification du service
    3. Figures de style

    B. Les « missionnaires »
    1. « On ne va pas donner la nationalité à tout le monde, mais ce n’est pas une raison pour stresser les gens »
    2. Ambiguïtés

    C. Les bienveillantes

    III. Face à l’administration

    A. L’entretien d’assimilation linguistique, une épreuve qui se prépare
    1. La préparation matérielle de l’entretien
    2. Anticiper le contenu des entretiens

    B. Le moment de l’évaluation
    1. Réactions des postulants à l’entretien
    2. Évidences bureaucratiques et malentendus

    Conclusion. L’implicite et le flou

     

    Chapitre 4. Français, et pourtant autres. Les cérémonies de naturalisation ou les paradoxes de la catégorie de naturalisé

    I. Un empaquetage national

    A. Une mise en scène de la culture nationale et des valeurs de la République
    1. Le diaporama
    2. La Marseillaise

    B. Un discours ambivalent
    1. Suspicion
    2. Des usages politiques du genre et de la sexualité dans la définition du national
    3. « Mériter la faveur d’être français »

    II. Jouer sur les marges festives de la cérémonie

    A. Un accueil convivial et attentif
    1. Le choix de la convivialité
    2. Un cérémonial adressé

    B. Célébrer l’entrée dans la citoyenneté
    1. La naturalisation comme extension de droits
    2. Réaffirmer l’égalité entre les citoyens
    3. Un rôle politique et civique spécifique pour les naturalisés
    Conclusion. Polysémie du rituel

     

    Conclusion générale 
    Les discriminations raciales en question, la nation réaffirmé
    Ce que taire autorise à dire

  • Manifestation scientifique

    Droit & Anthropologie

    Droit & Anthropologie

    Droit & Anthropologie

    Archéologie d'un savoir et enjeux contemporains
    lundi 27 février 2017
    Lieu de la manifestation :

    Carcassonne

    Colloque coordonné par Frédéric Audren et Laetitia Guerlain, organisé à la Maison des mémoires (Carcassonne)

     

    Ethnopôle GARAE
    Institut de Recherche Montesquieu - Centre Aquitain d'Histoire du Droit - Université de Bordeaux
    École de droit de Sciences Po
    ANR VISA-La vie savante

    Colloque coordonné par Frédéric Audren et Laetitia Guerlain

     

    Présentation du colloque

    Pour de multiples raisons, le droit et l'anthropologie entretiennent des rapports difficiles et nullement évidents. Les juristes, dont le travail consiste à édicter, interpréter et appliquer un ensemble de textes normatifs, ne manifestent souvent aucun intérêt particulier à l'anthropologie, indifférente à la bonne conduite des opérations du droit. Le travail technique du juriste se pense, traditionnellement, indépendamment de toute considération culturelle, sociale ou économique.

    À l'inverse, le « droit », du moins tel que pourrait l'entendre un juriste, est le plus souvent invisible dans les travaux des anthropologues : il peut être question de parenté, de filiation, de propriété, de pouvoir ou encore de rites (des catégories familières aux juristes) mais le concept de « droit », sa cohorte de règles, la structuration de ces dernières en système et en ordre juridiques sont, quasi-systématiquement, absents de cette production de l'anthropologie, fut-elle sociale et culturelle.

    Cette rencontre pluridisciplinaire se propose de revenir sur les liens complexes entre droit et anthropologie. Elle se donne un doublé but : éclairer l'histoire de l'anthropologie juridique, en mettant en lumière la diversité des formes qu'ont pu prendre les rapports entre Science juridique et savoirs anthropologiques selon les époques et les acteurs considérés ; affronter les enjeux contemporains des savoirs anthropologiques sur le droit.

     

    Programme

     

    Lundi 27 février

    Perspectives et enjeux contemporains des savoirs anthropologiques sur le droit

    Modérateur : Christiane Besnier (rédacteur en chef Droit et Cultures)

    13h30 Accueil des participants et ouverture
    Sylvie Sagnes, Frédéric Audren et Laetitia Guerlain

    14h-14h40 « La reconnaissance des peuples autochtones comme sujets du droit international. Les enjeux contemporains de l’anthropologie politique et du dialogue avec le droit »
    Irène Bellier (CNRS/LAIOS-EHESS)

    14h40-15h20 « Droit international humanitaire et anthropologie. Une histoire contemporaine paradoxale »
    Élisabeth Claverie (CNRS/ISP-Paris Ouest)

    15h40-16h20 « L'anthropologie juridique : l'avenir de la discipline en Europe »
    Marie-Claire Foblets (Max Planck Institute for Social Anthropology, Halle - Saale)

    16h20-17h « Une histoire contemporaine du “pluralisme juridique”: usages de la notion en anthropologie juridique »
    Albane Geslin (IEP Lyon/Triangle)

     

    Mardi 28 février

    Archéologie d’un savoir : l’anthropologie juridique

     

    Modératrice : Sylvie Sagnes (CNRS-LAHIC/IIAC)

    9h-9h40 « Les juristes français de la Renaissance, des anthropologues en puissance ? Réflexions autour de quelques études de cas, et d'une publication récente »
    Géraldine Cazals (Université de Rouen)

    9h40-10h20 « Un regard anthropologique sur les origines du droit coutumier : Pierre-Jean Grosley (1718-1785) »
    François Quastana (Université de Lille 2)

    10h40-11h20 « La coutume et l’anthropologie coloniale d’Henry Sumner Maine »
    Marc Goëtzmann (Université de Nice)

    11h20-12h « Ordre juridique colonial et anthropologie. "Expertises ethniques" et études raciales dans l'outre-mer français (fin XIXe siècle-1 946) »
    Silvia Falconieri (CNRS/CHJ-Université de Lille 2)

     

    Modérateur : Nicolas Adell (Université Toulouse - Jean Jaurès)

    13h30 - 14h10 « L’ethnologie juridique au Collège de France. Jacques Flach et les institutions primitives »
    Frédéric Audren (CNRS – École de droit de Sciences Po)

    14h10-14h50 « De l’enquête statistique à l’enquête anthropologique : l’étape égyptienne de la carrière de René Maunier »
    Alain Chenu (Sciences Po Paris/OSC)

    14h50-15h30 « Entre science juridique et savoirs anthropologiques : l’histoire comparée du droit selon Émile Jobbé-Duval (1851-1931) »
    Laetitia Guerlain (Université de Bordeaux)

     

    Contact :  04 68 71 29 69 - Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

  • Parutions

    Les défis de la République

    Les défis de la République

    Les défis de la République

    Genre, territoires, citoyenneté

    Bruno Perreau, Joan W. Scott, et al.

    Édition : 2017

    ISBN: 978-2-7246-1995-9

    Coll. Académique, 218 pages

    Présentation de l'éditeur

    Parité, action positive, bureaux des temps, inversion de la charge de la preuve en matière de discrimination, égalité dans l'accès à l'espace public... La République est en pleine mutation. Ces changements rencontrent néanmoins une forte résistance idéologique. Portés par les combats des minorités, ils sont taxés de particularisme en France. L’universalisme républicain doit rester intact. Quitte à dire, avec Tancrède, que « tout doit changer pour que rien ne change ».

    Les auteur.e.s des Défis de la République font le pari inverse : étudier les conditions qui permettraient à ces nouveaux dispositifs d’action publique d’être étendus et intensifiés.

    Avec comme point de départ le travail de Françoise Gaspard, actrice clé de ces métamorphoses, l’ouvrage démontre que la République n’est pas qu’un principe de gouvernement. Elle est l’idée même que questionnent ces nouvelles politiques. Elle est donc aussi ce par quoi, paradoxalement, la transformation du droit devient possible.

     

    Sommaire

    Introduction – Transformer la République, Bruno Perreau, Joan W. Scott

     

    PREMIÈRE PARTIE — LE FRATRIARCAT ET LES FRONTIÈRES DE LA CITOYENNETÉ

    Chapitre 1 – De l'Ancien Régime au Nouveau

    La masculinité au fondement de la modernité, Éliane Viennot

    Chapitre 2 – Faire bouger les frontières de la citoyenneté : un combat voué à l’échec ?

    Retour sur le droit de vote des résidents étrangers en France, Danièle Lochak

    Chapitre 3 – Mariage pour tous et homoparentalité

    Les péripéties du conservatisme de gauche, Daniel Borrillo

     

    SECONDE PARTIE — PARITÉ À TOUS LES NIVEAUX

    Chapitre 4 – Du sommet d’Athènes à la révision de la Constitution

    Les dogmes de la République à l’épreuve de la démocratie paritaire en Europe, Agnès Hubert

    Chapitre 5 – Le mouvement pour l’égalité dans la vie locale, Sandra Ceciarini

    Chapitre 6 – La parité locale reste à faire, Jacqueline Heinen

    Chapitre 7 – La parité, de la France au monde, Janine Mossuz-Lavau

    Chapitre 8 – La parité ou les tribulations maghrébines d’une condition de l’égalité, Sophie Bessis

  • Parutions

    Queer Theory

    Queer Theory

    Queer Theory

    The French Response

    Bruno Perreau

    Édition : 2017

    ISBN: 978-1-5036-0044-7

    Présentation de l'éditeur

    In 2012 and 2013, masses of French citizens took to the streets to demonstrate against a bill on gay marriage. But demonstrators were not merely denouncing its damaging effects ; they were also claiming that its origins lay in "gender theory," an ideology imported from the United States. By "gender theory" they meant queer theory in general and, more specifically, the work of noted scholar Judith Butler. Now French opponents to gay marriage, supported by the Vatican, are attacking school curricula that explore male/female equality, which they claim is further proof of gender theory's growing empire. They fear that this pro-homosexual propaganda will not only pervert young people, but destroy the French nation itself.

    What are the various facets of the French response to queer theory, from the mobilization of activists and the seminars of scholars to the emergence of queer media and the decision to translate this or that kind of book ? Ironically, perceiving queer theory as a threat to France means overlooking the fact that queer theory itself has been largely inspired by French thinkers. By examining mutual influences across the Atlantic, Bruno Perreau analyzes changes in the idea of national identity in France and the United States. In the process, he offers a new theory of minority politics : an ongoing critique of norms is not only what gives rise to a feeling of belonging ; it is the very thing that founds citizenship.

    Bruno Perreau is Cynthia L. Reed Professor and Associate Professor of French Studies at MIT. He is the author of The Politics of Adoption (2014).

     

    Sommaire

    1 Who's Afraid of "Gender Theory"?

    2 The Many Meanings of Queer

    3 Transatlantic Homecomings

    4 The Specter of Queer Politics

  • Parutions

    Un nouvel espace médiatique ?

    Un nouvel espace médiatique ?

    Un nouvel espace médiatique ?

    Sociologie de la blogosphère politique française

    Marie Neihouser

    Édition : 2016

    ISBN: 978-2-3703-2100-8

    Coll. Thèses, 388 pages

    Présentation de l'éditeur

    Alors que les démocraties occidentales voient leur population toujours moins impliquée en politique, les outils numériques offriraient de nouvelles possibilités susceptibles de remobiliser les citoyens. Les blogs politiques, en particulier, permettraient à de nouvelles populations de publiciser à moindres coûts leurs opinions politiques en ligne. En parallèle à l'espace de l'action politique spécialisée et à l'espace médiatique, se formerait alors un nouvel espace de discussion et de publicisation d'idées politiques, ouvert à tous et susceptible de rencontrer une audience considérable. La question est alors de savoir si, aujourd'hui, les blogs politiques permettent à un nouveau type de producteurs de messages politiques d'accéder à de nouveaux publics.

    Nous démontrons que seuls les blogueurs ayant une visibilité antérieure dans le champ médiatique classique, de par leurs positions politiques ou professionnelles, sont susceptibles de rencontrer un public sur leur blog. Loin d'avoir permis à de nouveaux producteurs de messages politiques d'acquérir de l'audience, la blogosphère politique apparaît au contraire encastrée dans les champs politique et médiatique dont elle prolonge très largement les hiérarchies. Ainsi, notre travail tend à invalider la représentation enchantée d'une blogosphère politique qui, comme l'avançaient les tenants de la thèse cyber-optimiste, devait permettre à de nouveaux producteurs de messages politiques de rencontrer de nouveaux publics.

    Docteur en science politique de l'Université de Montpellier, Marie NEIHOUSER est actuellement post-doctorante à l'Université Laval de Québec. 

    Prix de thèse 2016 de la Faculté de Droit et de Science politique de l'Université de Montpellier