Couramment, les personnes vulnérables sont définies comme celles qui sont menacées dans leur autonomie, leur dignité ou leur intégrité, physique ou psychique. Au travers de la loi comme de la jurisprudence on constate que la vulnérabilité peut notamment résulter de l'âge, de l'état de santé, d'une infirmité, d'une déficience physique ou psychique. Ainsi, la mauvaise santé apparait indiscutablement comme une cause de vulnérabilité. Celle-ci peut recevoir plusieurs traitements, celui du médecin, d'une part, qui souhaite l'enrayer et celui du législateur, d'autre part qui cherche à en diminuer les effets (non médicaux). Les deux approches de la vulnérabilité qui tendent finalement au même objectif, celui de faire disparaitre la vulnérabilité, ne s'observent pas toujours sur le même plan. Là où la première aspire à soigner la maladie, l'autre cherche à éviter que celle-ci ne conduise à léser les intérêts de la personne. A cet égard, les deux approches peuvent parfois entrer en conflit. D'un côté, le médecin veut améliorer la santé du malade par la recherche de nouveaux outils, de nouvelles thérapies, tandis que le législateur, lui, posera un cadre, entravant parfois la recherche, pour ne pas créer de nouvelles vulnérabilités. Ce subtil équilibre est encore plus marqué à l'heure où les nouvelles technologies révolutionnent la pratique médicale. L'analyse des données de masse, la mobilisation d'approches dites d'intelligence artificielle, permettent d'éclairer le médecin sur des stratégies thérapeutiques, d'envisager de nouveaux modes de détection des maladies
Pour autant, l'usage de ces nouvelles technologies peut, dans une certaine mesure, contrevenir à l'intérêt de la personne vulnérable. Comment la protéger face au déploiement de ces nouveaux outils ? Comment l'informer de leur usage et surtout de leur finalité, alors même qu'au moment de la collecte on ne les connait pas toujours ?