Hélène Christodoulou, « Les droits fondamentaux sacrifiés sur l’autel de l’efficacité du mandat d’arrêt européen », L'Observateur de Bruxelles, Observateur de Bruxelles, 2025, n°140, p. 35
Plusieurs années après son adoption, la décision-cadre relative au mandat d’arrêt européen (ci-après MAE) continue de susciter de vives interrogations. S’il s’agit d’un instrument de reconnaissance mutuelle désormais ancré dans la pratique quotidienne des États membres de l’Union européenne, avec en moyenne quelque 16 000 mandats émis chaque année et près de 5 500 exécutés, des zones d’ombre subsistent. En témoigne, les soixante-dix arrêts rendus par la Cour de justice de l’Union européenne (ci-après CJUE) sur le MAE. À la lecture de la décision-cadre, les références aux droits fondamentaux apparaissent de manière éparse.
Hélène Christodoulou, « La multiplicité des acteurs européens au service d’une justice pénale de l’Union européenne en construction », Questions internationales, Documentation française, 2025, n°134, pp. 100-105
Le démantèlement, en 2020, du réseau de messagerie cryptée EncroChat, utilisé par des milliers de criminels en Europe, illustre de façon exemplaire combien l’efficacité de la lutte contre la criminalité transfrontière repose sur la mobilisation conjointe de plusieurs acteurs. Tandis qu’Europol assurait la coordination de l’analyse et du partage des données, Eurojust facilitait, quant à elle, la coopération judiciaire et la mise en place d’une équipe commune d’enquête. L’instauration du Parquet européen s’inscrit dans cette dynamique, en marquant une étape supplémentaire vers l’édification d’une véritable justice pénale de l’Union.
Hélène Christodoulou, « La Chambre criminelle bouche de la jurisprudence constitutionnelle en matière de contrôle judiciaire décidé par le procureur européen délégué, à propos de l’arrêt de la chambre criminelle en date du 14 octobre 2025, n° 25-82.111 », Dalloz actualité, Dalloz, 2025
La Chambre criminelle confirme la compétence du procureur européen délégué pour prendre des décisions en matière de contrôle judiciaire (art. 696-119 CPP) notamment au regard de son impartialité. De surcroît, elle applique la réserve d’interprétation du Conseil constitutionnel qui unifie les recours contre ces décisions devant le Juge des Libertés et de la Détention, lequel doit statuer sous soixante-douze heures.
Hélène Christodoulou, « Mandat d’arrêt européen : la priorité à la confiance mutuelle supposant la remise, au détriment des droits fondamentaux, à propos de l’arrêt CJUE, 5ème ch., 29 juill. 2024, C-318/24 », Dalloz actualité, Dalloz, 2025
La Cour de justice vient d’apporter, une nouvelle fois, des précisions quant à l’application de la décision-cadre relative au mandat d’arrêt européen. Si elle se montre toujours plus sévère quant à l’appréciation des conditions dans lesquelles il est possible de refuser son exécution en raison d’une atteinte à un droit fondamental allégué par l’autorité judiciaire d’exécution, elle apprécie, à l’inverse, très souplement la possibilité de maintenir le mandat d’arrêt européen dont la mise en œuvre a été refusé une première fois.
Hélène Christodoulou, « L’urgente unification des régimes de perquisition », Gazette du Palais, Gazette du Palais, 2025, n°24, pp. 21-23
Alors que la réforme du code de procédure pénale est en cours, le juge demeure confronté au morcellement toujours plus prégnant des mesures d’investigation, en témoigne l’arrêt rendu par la chambre criminelle le 6 mai 2025 au sujet des perquisitions.
Hélène Christodoulou, « Lois pénales spéciales - Environnement - Déchet », JurisClasseur. Lois pénales spéciales, LexisNexis, 2025, n°30
Hélène Christodoulou, « Extradition vers un État prévoyant la peine de réclusion à perpétuité pour des infractions économiques : une peine manifestement disproportionnée ? à propos de l’arrêt rendu par la chambre criminelle le 6 mai 2025, n° 24-85.77 », Dalloz actualité, Dalloz, 2025
Dans cet arrêt, la chambre criminelle rappelle que l'extradition doit être refusée lorsque la personne concernée démontre qu'elle est exposée à un risque réel de voir prononcer contre elle une peine manifestement disproportionnée dans l'État requérant. À ce titre, seuls les juges du fond doivent apprécier ce risque. Pour se livrer à cette analyse, ils se fondent sur les critères dégagés par la jurisprudence de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, tels que la nature et la gravité des faits reprochés ainsi que sur les circonstances de la procédure étrangère amenant au prononcé de la peine. Comme la loi l’exige, l’avis favorable de la chambre de l’instruction quant à l’extradition de la personne recherchée était motivé en l’espèce, en dépit de la possibilité de se voir infliger une peine de réclusion criminelle à perpétuité pour des infractions de nature économique et financière.
Hélène Christodoulou, « Le contrôle juridictionnel des actes du Parquet européen : entre autonomie de l’Union et des États membres, à propos de l’arrêt rendu par la CJUE le 8 avril 2025, aff. C-292/23 », La semaine juridique (JCP G), LexisNexis, 2025, n°24, pp. 1079-1081
Il revient aux juridictions nationales compétentes, par le biais d’un examen concret et spécifique, d’identifier si la décision prise par les procureurs européens délégués ayant pour objet l’audition d’un témoin constitue « un acte de procédure du Parquet européen visant à produire des effets à l’égard de tiers » en considération de la définition autonome qu’elle vient de poser, après avoir interprété l’article 42 § 1 du Règlement portant création du Parquet européen. Le cas échéant, ladite décision devra nécessairement faire l’objet d’un contrôle juridictionnel dont les modalités sont posées par les États membres, sans perdre de vue les principes d’effectivité et d’équivalence du droit de l’Union européenne.
Si le législateur espagnol doit reprendre sa copie et envisager un contrôle direct au sein de sa loi organique visant à réceptionner le règlement portant création du Parquet européen, le législateur français, quant à lui, peut prévoir seulement un contrôle incident devant la juridiction de jugement, lequel existe déjà au regard des principes d’effectivité et d’équivalence. Ainsi, contrairement au droit espagnol, en droit interne la portée de cette solution apparaît limitée.
Hélène Christodoulou, « L’écrou extraditionnel : entre exigence d’unité formelle et spécificité du régime (chambre criminelle le 19 mars 2025, n° 25-80.129) », Dalloz actualité, Dalloz, 2025
Si l’écrou extraditionnel obéit à une procédure particulière, elle demeure soumise au formalisme exigé devant la chambre de l’instruction. Dès lors, l’absence de dépôt des réquisitions du procureur général au plus tard la veille de l'audience « porte nécessairement atteinte aux droits de la défense, peu important que des réquisitions aient été déposées le jour de l'audience ». L’individu recherché a donc été mis en liberté et placé sous contrôle judiciaire.
Hélène Christodoulou, « L’incompétence du juge d’instruction quant à la réalisation d’un interrogatoire de première comparution suivi d’une mise en examen sur un territoire étranger, à propos de l’arrêt rendu par la chambre criminelle le 30 avril 2025 n° 24-84.382 », Dalloz actualité, Dalloz, 2025
Même si l’article 93-1 du Code de procédure pénale vise les auditions au sens large, il ne permet pas à un juge d’instruction français de procéder à un interrogatoire de première comparution suivi d’une mise en examen directement à l’étranger. Un tel acte « créateur de droits et rendant possible la comparution devant une juridiction pénale » dépasse, en effet, le cadre de la simple audition visée par ledit texte, et demeure exclu de son champ d’application, même avec l’accord des autorités judiciaires de l’État étranger.
Hélène Christodoulou, « L’information obligatoire des autorités compétentes de l’État de condamnation avant de refuser l’exécution d’une peine, à propos de l’arrêt rendu par la Chambre criminelle le 26 février 2025, n° 24-86.851 », Dalloz actualité, Dalloz, 2025
Les récents arrêts de la chambre criminelle sur les instruments de reconnaissance mutuelle témoignent d’une application rigoureuse du droit dérivé de l’Union européenne, reflétant une certaine orthodoxie jurisprudentielle comme en témoigne l’arrêt rendu par la chambre criminelle le 26 février 2025.
Hélène Christodoulou, « Contrôle judiciaire et principe de spécialité dans le cadre du transfert d’un individu condamné au sein de l’UE (à propos de l’arrêt de la chambre criminelle en date du 10 décembre 2024, n° 24-85.354) », Dalloz actualité, Dalloz, 2025
Dans cet arrêt, la chambre criminelle fournit au moins deux enseignements dans le cadre de la mise en œuvre d’un instrument de reconnaissance mutuelle relatif à l’exécution des jugements en matière pénale (décision-cadre 2008/909/JAI). Elle affirme, d'une part, sa compétence pour placer le mis en examen sous contrôle judiciaire en présence d’une détention provisoire irrégulière. Pour autant, lorsque l’irrégularité apparaît liée à la violation du principe de spécialité elle ne peut le faire en ce qu’elle ne constitue pas la méconnaissance d'une formalité au sens du code de procédure pénale, mais d’une décision de condamnation étrangère. Elle étend, d'autre part, l’applicabilité du principe de spécialité au contrôle judiciaire et précise son application quant à l’autorité apte à y renoncer à savoir, l'État de condamnation.
Hélène Christodoulou, « Remise d'un réfugié en exécution d'un mandat d'arrêt européen : revirement favorable à l'efficacité de l'instrument », Dalloz actualité, Dalloz, 2024
Dans cet arrêt, la chambre criminelle opère un revirement de jurisprudence en reconnaissant pour la première fois la possibilité de remettre une personne réfugiée, dans le cadre de l'exécution d'un mandat d'arrêt européen, sans qu'il soit nécessaire que l'État membre d'émission s'engage à ne pas l'expulser vers son pays d'origine situé en dehors de l’Union européenne, sauf dans l’hypothèse d’une défaillance systémique au sein dudit État. Dès lors, elle réhabilite la présomption de respect des droits fondamentaux entre États membres et s’illustre comme un élève modèle vis-à-vis de l’Union européenne.
Hélène Christodoulou, « L’invocation douteuse du droit de l’Union européenne pour justifier l’accès aux données de connexion dans le but de vérifier le respect d’un contrôle judiciaire », Dalloz Actualité, Dalloz, 2024
Par l’invocation directe d’une directive européenne, sans viser les fondements légaux nationaux, la chambre criminelle considère que les enquêteurs peuvent accéder aux données de connexion d’une personne mise en examen, pour des infractions relevant de la criminalité grave, afin de vérifier le respect de ses obligations de contrôle judiciaire.
Hélène Christodoulou, « Mandat d’arrêt européen : quand la chambre criminelle surinterprète le droit de l’Union européenne, à propos de l’arrêt CJUE, 7 août 2024 », Dalloz actualité, Dalloz, 2024
Lors de l’exécution d’un mandat d’arrêt européen, si un motif de refus facultatif n’est pas soulevé explicitement par la personne recherchée au sein d’un mémoire, la demande d’information, que peut faire la chambre de l’instruction à l’État membre d’émission avant de prendre sa décision pour vérifier si les conditions liées à sa mise en œuvre sont réunies, n’a pas lieu d’être. Ces exigences dépassent pourtant les prévisions du droit de l’Union.
Hélène Christodoulou, « La directive relative à la violence fondée sur le genre : entre symbole et déception », La semaine juridique (JCP G), LexisNexis, 2024, n°2934, p. 1332
Le contenu de la directive relative aux violences fondées sur le genre, adoptée le 14 mai 2024, apparaît symbolique au regard des infractions qu’elle rapproche - les États membres étant déjà globalement conformes - puis très vite elle déçoit à l’aune des outils pénaux - le quantum des peines et les délais de prescription de l’action publique - qu’elle envisage en considération de la meilleure protection qu’offrent les droits nationaux en la matière.
Hélène Christodoulou, « L’Union européenne au secours de l’environnement au moyen du droit pénal », Droit pénal, Ed. techniques, 2024, n°78, pp. 15-19
La nouvelle directive visant à protéger l'environnement au moyen du droit pénal, par le rapprochement d'un nombre important d'incriminations nationales et des outils pénaux, pourrait constituer un nouvel instrument efficace afin de lutter contre ses atteintes.
Hélène Christodoulou, « Mandat d'arrêt européen : le recul du contrôle de la double incrimination », Dalloz Actualité, Dalloz, 2024
La chambre criminelle rappelle le nouveau principe selon lequel, lors de l’exécution du mandat d’arrêt européen, la double incrimination n’a pas à être vérifiée si le motif de refus facultatif, en présence de faits qui ne constituent pas une infraction au regard de la loi française, n’est pas soulevé. À l’inverse, si son application est évoquée, le contrôle de la réciprocité d’incrimination demeure nécessaire (CPP., 695-23 al. 1) sauf si deux conditions cumulatives sont remplies (CPP., 695-23 al. 2). Comme en l’espèce le motif de refus facultatif n’avait pas été allégué par le demandeur, il n’était tout simplement pas question de vérifier l’ensemble de ces conditions. Le mandat d’arrêt devait donc être exécuté.
Hélène Christodoulou, « Émission d’une décision d’enquête européenne visant à la transmission de données de télécommunications possédées par l’État d’exécution : suffisance du contrôle du procureur », Dalloz actualité, Dalloz, 2024
La Cour de Justice de l’Union européenne vient de préciser les conditions entourant la transmission et l’exploitation des preuves issues d’une décision d’enquête européenne. Alors qu’elle semblait jusqu’alors très méfiante à l’égard du procureur, elle lui permet de contrôler son émission en vue de la transmission de preuves déjà recueillies directement par l’État d’exécution, si le droit de l’État d’émission le prévoit et selon ses conditions. Un contrôle judiciaire ultérieur doit, néanmoins, garantir le respect des droits fondamentaux des personnes concernées. De surcroît, lorsqu'un État réalise une interception sur le territoire d'un autre, il est tenu de le lui notifier en s’adressant à toute autorité que l’État interceptant considère apte à cet effet. Enfin, le juge pénal doit, dans certaines circonstances, écarter des éléments de preuve si la personne concernée n’est pas en mesure de les commenter.
Hélène Christodoulou, « L'urgente unification de l'organe de contrôle des géolocalisations », Recueil Dalloz, Dalloz , 2024, n°20, p. 971
Hélène Christodoulou, « L’urgente unification de l’organe de contrôle des géolocalisation », Recueil Dalloz, Dalloz, 2024, n°20, p. 971
Hélène Christodoulou, « L’appréciation souveraine de la chambre de l’instruction essentielle à l’exécution du mandat d’arrêt européen », Dalloz actualité, Dalloz, 2024
Dans cet arrêt, la Cour de cassation rappelle que l’appréciation par la chambre de l’instruction de certains motifs de refus d’exécution, tant obligatoires que facultatifs, d’un mandat d’arrêt européen demeure souveraine.
Hélène Christodoulou, « À technique de géolocalisation différente, organe de contrôle distinct », Droit pénal, Ed. techniques, 2024, n°4, p. 78
Solution : La géolocalisation en temps réel d'une ligne téléphonique doit être soumise à un contrôle préalable d’un juge ou d’une autorité administrative indépendante (AAI) et non d’un procureur. Si cette exigence apparaît violée, l’acte pourrait être annulé à la condition de démontrer un grief strictement encadré. À l’inverse, la géolocalisation d’un véhicule, permise par la pose d’une balise, n’apparaît pas soumise à ce régime protecteur dégagé par la CJUE.
Impact : Cette solution étend la jurisprudence sur les réquisitions des données de connexion à la seule géolocalisation, en temps réel, d’une ligne téléphonique.
Cass. Crim., 27 fevr. 2024, n° 23-81.061
Hélène Christodoulou, « Le contrôle juridictionnel distributif des mesures d’enquêtes transfrontières mises en œuvre par les procureurs européens délégués (À propos de l’arrêt CJUE, 21 décembre 2023, Procédure pénale c/ G.K, C-281/22) », Semaine juridique édition Générale, LexisNexis, 2024, n°0708
Solution. - Dans le cadre d’une enquête transfrontière, menée par le Parquet européen, la Cour de justice de l’Union a eu l’occasion d’interpréter pour la première fois le règlement portant création de l’organe. Elle s’intéresse, spécifiquement, à l’étendue du contrôle juridictionnel lorsqu’une mesure d’enquête confiée par le procureur européen délégué en charge de l’affaire à un procureur assistant d’un autre État membre requiert une autorisation judiciaire conformément au droit de ce dernier.
Impact. - Face au mutisme du droit dérivé, les juges luxembourgeois instaurent un contrôle distributif : l'examen des éléments liés à l'exécution de cet acte d’enquête incombe au juge de l’État du procureur assistant, tandis que les aspects relatifs à la justification et à l'adoption dudit acte sont soumis à l'évaluation du juge de l’État membre du procureur en charge de l’affaire seulement en cas d'ingérence grave dans les droits de la personne, tels que protégés par la charte des droits fondamentaux de l’Union.
Hélène Christodoulou, « Quand le principe ne bis in idem succombe en présence d’un classement sans suite (À propos de l’arrêt CJUE 25 janvier 2024 C-58/22) », Dalloz actualité, Dalloz, 2024
Au regard de sa jurisprudence bien établie en la matière, la Cour de justice considère qu’une décision de classement sans suite prise par le parquet à la suite d’une appréciation « légère » des faits ne peut pas être considérée comme un acquittement définitif au sens de l’article 50 de la Charte des droits fondamentaux. Dès lors, le principe ne bis in idem ne trouvait pas à s’appliquer.
Hélène Christodoulou, « Mandat d'arrêt européen : mode d'emploi de la remise d'une mère avec des enfants en bas âge (À propos de l’arrêt CJUE en date du 21 décembre 2023, C-261-22) », Dalloz actualité, Dalloz, 2024
Si les motifs de refus d’exécution du mandat d’arrêt européen ont été strictement encadrés, tant au regard de leurs natures que de leurs contenus, par le législateur de l’Union, la liste peut, néanmoins, être étendue. En effet, la Cour de justice de l’Union européenne a développé, depuis 2016, une jurisprudence avec un mode d’emploi très détaillé, lui permettant de reconnaitre d’autres motifs de refus dès lors qu’il existe un risque réel d’atteinte aux droits fondamentaux. La question de la remise d’une mère avec deux enfants en bas âge s’est donc posée.
Hélène Christodoulou, « Le changement de nature du motif de refus d’exécution du mandat d’arrêt européen réfuté par la Cour de justice (À propos des arrêts de la CJUE en date du 21 décembre 2023, C-396-22, C-397-22 et 398-22) », Dalloz actualité, Dalloz, 2024
Des années après son adoption, la décision-cadre relative au mandat d’arrêt européen suscite toujours autant d’interrogations. En témoigne les trois arrêts rendus par la Cour de justice de l’Union européenne, le 21 décembre 2023, après avoir été saisie de diverses questions préjudicielles soulevées par le tribunal régional supérieur de Berlin. Concrètement, elles portent sur l’applicabilité, puis sur l’application de l’article 4 bis § 1 du texte, lequel prévoit un motif de refus facultatif en présence d’un jugement rendu par défaut.
Hélène Christodoulou, « L’exécution du mandat d’arrêt européen en dehors du silence », Dalloz actualité, Dalloz, 2023
Depuis quelques années, le droit de se taire ne cesse de monter en puissance et la loi n° 2021-1729 du 22 décembre 2021 pour la confiance dans l’institution judiciaire a parachevé sa reconnaissance. Pour autant, il pourrait y avoir des oublis. En effet, sa notification n’a pas été systématisée notamment dans le cadre de la procédure d’exécution du mandat d’arrêt européen et la jurisprudence entérine, une nouvelle fois, ce choix du législateur, dans un arrêt en date du 5 décembre 2023, n° 23-86.232.
Hélène Christodoulou, « L’injonction de production et de conservation des preuves électroniques : prémices d’un acte d’investigation de l’Union européenne », La Semaine Juridique. Édition Générale (JCP G), Editions du Juris-classeur, 2023, n°36, pp. 1561-1563
Cinq ans après la proposition de règlement relatif aux preuves électroniques, le texte accompagné de sa directive ont enfin été définitivement adoptés le 12 juillet 2023 par le législateur de l’Union. Ces derniers ajoutent une nouvelle pierre à l’édifice de l’Europe pénale. Le droit dérivé, fondé sur le principe de la reconnaissance mutuelle, écarte l’autorité judiciaire d’exécution, en permettant au fournisseur de services de mettre en œuvre directement et dans des délais extrêmement courts l’injonction de production et de conservation des données, émanant de l’autorité judiciaire de l’État d’émission, dans le cadre d’une enquête transfrontière. Le règlement lie les États membres à tel point qu’il ne s’agit pas simplement d’un nouvel instrument de reconnaissance mutuelle facilitant la coopération pénale, mais d’un acte d’investigation de l’Union, ou plutôt ses prémices. En effet, il ne demeure pas encore purement européen dès lors que réapparaît, dans des hypothèses résiduelles, l’autorité nationale de mise en œuvre de la mesure et le droit des États membres.
Hélène Christodoulou, « La délicate appréciation de la notion de suspect », La semaine juridique - Édition générale, LexisNexis, 2023, n°35, pp. 1499-1501
Dans cet arrêt, la Cour de cassation met en exergue la complexité de l’appréhension de la notion de suspect et des incidences procédurales qui en découlent. Plus largement, la détermination du statut procédural du chauffeur contrôlé et la nature exacte de la mesure réalisée par la Direction Régionale de l’Environnement, de l’Aménagement et du Logement (ci-après « DREAL ») restent sujettes à interprétation et soulèvent des interrogations quant à l’application des garanties procédurales, à l’image du droit à l’information. La haute juridiction va, toutefois, rester évasive par l’usage de définitions négatives qui méritent l’attention : le chauffeur ne peut pas faire l’objet d’une audition libre car il n’est pas un suspect.
Hélène Christodoulou, « Vers une compétence matérielle élargie du Parquet européen : entre intentions et obstacles », Revue pénale luxembourgeoise, Legitech, 2023, n°11, pp. 11-18
À la fin de l’année 2022, le Parquet européen indiquait traiter mille cent dix-sept enquêtes concernant une catégorie d’infractions très spécifiques : les atteintes aux intérêts financiers de l’Union européenne commises depuis le 20 novembre 2017, dont le préjudice est estimé à plus de quatorze milliards d’euros. Or jusqu’à quand sa compétence sera-t-elle encore autant limitée ?
Hélène Christodoulou, « L'encouragement de la Cour de Justice à éclipser l'intervention du juge pénal pour sauver la procédure (note s/s arrêt CJUE, 22 juin 2023, aff. C. 660/21) », Dalloz actualité, Dalloz, 2023
Depuis quelques années, le droit de se taire ne cesse de monter en puissance. Ainsi, il se retrouve au sein d’un contentieux riche, intéressant même la Cour de justice de l’Union européenne. Cette fois, il est question, en apparence, de se concentrer sur les incidences procédurales d’une notification tardive du droit au silence durant une mesure de garde à vue, mais en réalité, la Cour s’interroge, plus largement, sur les conditions entourant la recevabilité de la requête en nullité portant sur cette violation à l’aune de la directive 2012/13, relative au droit à l’information. Il en ressort que le droit de l’Union ne s’oppose pas, en principe, à l’interdiction faite au juge national de relever d’office une violation de l’obligation d’informer rapidement un suspect de son droit de garder le silence.
Hélène Christodoulou, « Les attaque informatiques dans le Code pénal : de la redondance à la simplification », Gazette du Palais, Gazette du Palais, 2023, n°20, pp. 8-11
Depuis près d’une décennie, le législateur ne s’était pas intéressé aux attaques informatiques, lesquelles ne cessent pourtant de se développer. Une loi, pourtant passée inaperçue, vient de consacrer un nouveau délit obstacle au sein du Code pénal . Le texte vise à lutter contre les plateformes œuvrant sur les darkweb en punissant, de 5 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende, l’administration d’une plateforme en ligne proposant à des utilisateurs anonyme la vente de services ou produits illicites. Si ce texte demeure original, il n’en va pas toujours de même en la matière, laquelle regorge au sein dudit code de maladresses rédactionnelles menant parfois à la redondance, avérée ou apparente, des textes.
Hélène Christodoulou, « La synergie des équipes communes d’enquête renforcée par la création d’une plateforme », Dalloz Actualité, Dalloz, 2023
L’Union européenne vient d’adopter un nouveau règlement établissant une plateforme de collaboration visant à renforcer le fonctionnement des équipes communes d’enquête. Il est question dans cet article de le commenter.
Hélène Christodoulou, David Pere, « Le parquet européen. – Le statut du parquet européen. – Le fonctionnement du parquet européen (Art. 696-108 à 696-137) Fasc. 20 », Jurisclaseur de procédure pénale, LexisNexis, 2022
Hélène Christodoulou, « Analyse critique des notions de connexité et d’indivisibilité en procédure pénale », Droit pénal, Éditions techniques - Éditions du Juris-classeur - LexisNexis , 2022, n°12
Face à la notion européenne d’infractions « indissociablement liées », les notions françaises de connexité et d’indivisibilité en procédure pénale questionnent. À l’analyse, il apparaît très rapidement hasardeux de les distinguer et corrélativement de les appliquer. Dès lors, une réforme tant de leurs sens que de leurs régimes s’impose.
Hélène Christodoulou, « Le rôle de l'autorité de poursuite suspendu aux juges de l'Union européenne », Revue de l'Union européenne, Éditions techniques et économiques - Dalloz , 2022, n°659, pp. 353-357
Longtemps restée muette au sujet du rôle des autorités de poursuite d'Europe, l'Union européenne, au travers de ses instruments, mais surtout de la jurisprudence de sa Cour tente de le clarifier à sa façon.
Hélène Christodoulou, « Le silence : à propos de la relativité d'un droit essentiel », Lexbase , Editeur Lexbase, 2022, n°48
La procédure pénale française se retrouve, sous diverses influences, irriguée par le droit de se taire, lequel se dissémine au sein d’un nombre croissant de dispositions. Cette reconnaissance récente interroge quant à la place de ce droit longtemps relayé au second plan. Désormais, si son existence ne semble plus niée, qu’en est-il de sa réelle effectivité ? L’étude a pour objet de retracer l’historique de sa consécration, avant d’identifier concrètement le degré de protection qu’il offre au suspect ou à la personne poursuivie.
Hélène Christodoulou, « De l'émergence à une véritable politique pénale de l'Union européenne », Revue de l'Union européenne, Éditions techniques et économiques - Dalloz , 2022, n°02, p. 101
Hélène Christodoulou, Jan-Martin Schneider, « La réception du règlement portant création du parquet européen par les législateurs allemand et français », Revue de science criminelle et de droit pénal comparé, Sirey - Dalloz , 2021, n°03, p. 593
Hélène Christodoulou, « Les droits de la défense oscillants face au parquet européen », L'Observateur de Bruxelles, Observateur de Bruxelles, 2021, n°125
Hélène Christodoulou, « Quand la responsabilité pénale embarque à bord d'un véhicule à délégation de conduite », Gazette du Palais, Gazette du Palais - Gazette du Palais, Lextenso , 2021, n°24, p. 10
Hélène Christodoulou, Laetitia Gaurier, Alice Mornet, « La proposition e-evidence : révélatrice des limites de l'émergence d'une procédure pénale européenne ou compromis nécessaire ? », European Papers, European Papers, 2021, n°1, pp. 423-439
The volatile nature of electronic evidences has compelled the Commission to launch a specific instrument on access to electronic evidence in cross-border investigations. Therefore, the purpose of this study is to comment on the e-evidence proposal which is currently being discussed between European institutions. Although the chosen method is classic, the subject matter is entirely new. Despite the existence of numerous European laws on the subject, the need for a new instru- ment is entirely explained by the unstable nature of electronic data. If this Regulation is adopted, it should have the effect of overcoming the diversity of Member States’ criminal procedural laws. In other words, this instrument will be superimposed on heterogeneous internal regulations, to be exclusively applied in a transnational context. This unprecedented adoption could be the beginning of a genuine European Union criminal procedural law, independent of Member States ones.
Hélène Christodoulou, « Spécialisation de la justice ou montée en puissance des procureurs ? », Dalloz actualité, , 2021
Hélène Christodoulou, « Sur la route du parquet européen : de l'accélération de l'Union européenne au frein du législateur national », Gazette du palais, Gazette du Palais, 2020, n°41, p. 18
Hélène Christodoulou, « Les nouvelles technologies à l'origine de l'évolution contractuelle », Revue communication commerce électronique, Lexis Nexis, 2020, n°11
Hélène Christodoulou, « Le juge judiciaire : seul garant de la liberté individuelle ? », Dalloz Actualité, Dalloz, 2020
Hélène Christodoulou, « La protection extensible des intérêts financiers de l'Union européenne par le parquet européen », Lexbase Pénal, Lexbase , 2020, n°27
Hélène Christodoulou, « La protection extensible des intérêts financiers de l'Union européenne par le parquet européen », Lexbase pénal, Lexbase, 2020, n°27
Hélène Christodoulou, « L’État de droit déstabilisé par l'état d'urgence sanitaire : menaces et encadrements », L'observatoire de la justice pénale, , 2020
Hélène Christodoulou, « L’État de droit déstabilisé par l'état d'urgence sanitaire : menaces et encadrements », L'observatoire de la justice pénale, Observatoire de la justice pénale, 2020
Hélène Christodoulou, « La cybercriminalité à l'ère de la crise sanitaire », Petites affiches, Gazette du Palais, La Loi, Le Quotidien juridique , Petites affiches , 2020, n°92, p. 11
Hélène Christodoulou, « La cybercriminalité à l'ère de la crise sanitaire », Les Petites Affiches, Les petites affiches, 2020, n°92, p. 11
La crise sanitaire liée au Coronavirus a des incidences mondiales plurielles. La recrudescence de la cybercriminalité commise à l’aide de modes opératoires connus, dans un contexte quant à lui inédit, en est une illustration dont il s’agira de brosser le portrait.
Hélène Christodoulou, « Le parquet européen à l'origine d'un bouleversement de la procédure pénale nationale - à propos du projet de loi relatif au parquet européen et à la justice spécialisée », Dalloz Actualité, Dalloz, 2020
Hélène Christodoulou, « Le parquet européen à l'origine d'un bouleversement de la procédure pénale nationale - à propos du projet de loi relatif au parquet européen et à la justice spécialisée », Dalloz actualité, Dalloz, 2020
Hélène Christodoulou, « La responsabilité civile extracontractuelle à l’épreuve de l’intelligence artificielle », Lexbase Hebdo édition privée, Lexbase , 2019, n°807