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La participation populaire au maintien de l’ordre public en Europe (XVIIIe-XXe siècle)

Appel à communication

La participation populaire au maintien de l’ordre public en Europe (XVIIIe-XXe siècle)

Colloque international, 30-31 mai 2018

Date limite le lundi 15 janvier 2018

Présentation

Depuis une dizaine d’années, la problématique de la justice populaire fait l’objet d’un renouveau historiographique majeur. Les colloques de Trento (2012) et de Regensburg (2015) ont notamment permis de nombreuses avancées dans notre compréhension non seulement de la multiplicité des champs couverts par le concept de justice populaire mais également des processus historiques qui ont conditionné la transformation, l’émergence ou l’extinction de ses différentes formes, de la fin du 18ème siècle jusqu’à nos jours. Cette période apparaît cruciale du fait du développement croissant de l’Etat et, conjointement, de son monopole dans l’exercice de la violence légitime. Ce mouvement avait déjà été relevé dans les travaux menés par Max Weber, Norbert Elias ou encore Michel Foucault. Il aboutit, à la suite de l’affirmation des Etats-nations, à la légitimation et à l’institutionnalisation de l’exercice de la justice par le « peuple » sous le contrôle étroit des gouvernements. Le jury populaire constitue sans doute l’institution judiciaire la plus représentative de ce processus historique. Toutefois, l’établissement d’une justice populaire « institutionnelle » est loin de suivre une trajectoire linéaire. D’une part, la légitimité de l’exercice de la justice par le peuple est sans cesse contestée en Europe tant par les gouvernements conservateurs que par les professionnels du droit tout au long des 19e et 20e siècles. L’exemple le plus marquant est sans doute celui du jury populaire espagnol qui fit l’objet de pas moins de neuf réformes (adoption ou suppression) entre 1809 et 1888. D’autre part, la justice populaire institutionnelle n’efface pas d’un coup l’existence des autres modes de justice populaire (qu’elle soit violente, spontanée, ritualisée ou traditionnelle). Ceux-ci connaissent notamment une résurgence lors des périodes de transitions politiques ou de conflits face à la défaillance ou à l’effondrement de l’Etat.

À travers l’analyse tant des contextes de crise que des mutations politiques, économiques ou sociales des sociétés européennes, il apparaît clairement que le concept de justice populaire doit être appréhendé au-delà du champ strictement judiciaire et être intégré dans l’horizon plus large des diverses formes de maintien de l’ordre. Que ce soit à travers la création de commissions populaires sous la Révolution française, l’appel aux délations pendant les périodes d’occupation, l’adoption négociée de normes de police consensuelles ou encore la mise sur pied de gardes bourgeoises ou villageoises pour combattre le banditisme, les populations ont été sollicitées à différentes reprises pour participer au maintien de l’ordre. Les interrogations soulevées sont nombreuses: comment les populations sont-elles intégrées aux dispositifs policiers contrôlés par l’Etat ? Quelles formes revêtent ces « polices populaires » ? Quelles relations établissent-elles avec les corps professionnels ? Par quels moyens les populations parviennent-elles à peser sur les politiques d’ordre public ? L’importance de ces questions traduit la nécessité d’étudier les composantes populaires du maintien de l’ordre, leurs évolutions dans le temps et dans l’espace européen de même que leurs interactions - ou l’absence d’interaction - avec les organes étatiques. Par l’analyse de ces différentes dynamiques, nous souhaitons que la conférence puisse servir de cadre à une réflexion qui dépasse le cloisonnement traditionnel entre espaces policiers et espaces judiciaires. Dans cette perspective, la nature polysémique de la participation populaire invite à une lecture globale et « connectée » de la problématique du maintien de l’ordre.

 

Modalités de soumission

Les chercheurs intéressés par la conférence sont invités à adresser un résumé de leur intervention (max. 2500 caractères) de même qu’un court curriculum vitae aux organisateurs, qui opèreront une sélection : Antoine Renglet (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.) et Emmanuel Berger (Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.). Les propositions pourront être formulées en français ou anglais pour le 15 janvier 2018

 

Comité d’organisation

Antoine Renglet, IRHiS, Université de Lille/CHDJ, Université catholique de Louvain
Emmanuel Berger, NIAS-Amsterdam
Xavier Rousseaux, CHDJ, Université catholique de Louvain
Axel Tixhon, Université de Namur
Comité scientifique
Efi Avdela, University of Crete
Roberto Bianchi, Università di Firenze
Vincent Denis, Université Paris 1
Catherine Denys, Université de Lille
Clive Emsley, Open University
Andreas Fahrmeir, Goethe Universität
Martin Löhnig, Regensburg Universität
Jose A. Pérez Juan, Universitad Miguel Hernandez del Elche



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