Yves Surel, Olivier Nay, Françoise Dreyfus, Jacobo Grajales Lopez, Jean-Vincent Holeindre [et alii], Lexique de science politique, Lefebvre Dalloz, 2025, Lexique, 653 p.
Toutes les notions clés de l'analyse politique, des institutions, des idées et des faits politiques majeurs. Ce lexique de science politique a pour objectif de proposer des définitions claires, assorties de quelques illustrations, de notions clés de l'analyse politique, des institutions, des idées et des faits politiques majeurs. Il aborde toutes les disciplines relevant de la science politique, les institutions et régimes politiques, le droit constitutionnel, l'administration publique, la sociologie politique ou encore les relations internationales, l'Europe, les politiques publiques et les idées politiques. Non seulement il passe au crible les institutions et les acteurs de la vie politique nationale, mais il donne toutes les clés de lecture pour comprendre les transformations européennes et les nouvelles dynamiques politiques de la mondialisation. Il est destiné aux étudiants des cursus de droit, d'histoire, de philosophie et de journalisme, mais aussi aux élèves de Sciences-Po et des classes préparatoires.
Yves Surel, La science politique et ses méthodes, Armand Colin, 2022, 271 p.
Ce manuel offre aux étudiants une introduction aux caractéristiques de la science politique comme discipline scientifique. Il souligne la variété des trajectoires historiques empruntées par la discipline et présente la diversité des approches et des méthodes en usage, comme par exemple les différences entre positivisme et interprétativisme. L'auteur développe les étapes et les dilemmes auxquels sont confrontés ceux qui souhaitent « faire de la science politique », en insistant sur plusieurs opérations essentielles (construction de l'objet, élaboration des hypothèses, tests empiriques etc.). Il liste enfin des questions et des outils méthodologiques autour de la division traditionnelle entre méthodes qualitatives et méthodes quantitatives
Yves Surel, L’État et l’opinion, 2e éd., Pouvoirs, 2021, 177, 5969 p.
Lieu commun de la vie politique, la relation entre l’État et l’opinion est depuis longtemps considérée comme une interaction complexe. Cet article montre que, si les décideurs tiennent bien compte de l’opinion, ils le font de manière différente selon les contextes, et la manipulent parfois pour la constituer en ressource de pouvoir. Mais, parce que derrière elle se cache l’électeur, l’opinion constitue aussi une pression ou une menace diversement intégrée par les acteurs politiques au moment de prendre une décision.
Yves Surel, Romain Badouard, Myriam Benlolo Carabot, Grégoire Bigot, Pierre Birnbaum, Que peut l'État ?, Seuil, 2021, 204 p.
Yves Surel, Luis Miguel Rivera-Vélez, L'Agenda des droits en Uruguay: la mise sur agenda et l'adoption des lois sur l'IVG, le mariage égalitaire et la régulation du cannabis en Uruguay (2012-2013), 2015, 127 p.
Yves Surel, La science politique et ses méthodes, 2015
Ce manuel offre aux étudiants une introduction aux caractéristiques de la science politique comme discipline scientifique. Il souligne la variété des trajectoires historiques empruntées par la discipline et présente la diversité des approches et des méthodes en usage, comme par exemple les différences entre positivisme et interprétativisme. L’auteur développe les étapes et les dilemmes auxquels sont confrontés ceux qui souhaitent « faire de la science politique », en insistant sur plusieurs opérations essentielles (construction de l’objet, élaboration des hypothèses, tests empiriques etc.). Il liste enfin des questions et des outils méthodologiques autour de la division traditionnelle entre méthodes qualitatives et méthodes quantitatives.Sommaire : Pages de début (p. 1-8)| Remerciements (p. 5)| Introduction (p. 9-22)| Chapitre 1. Qu’est-ce que la science politique ? (p. 23-76)| Chapitre 2. Histoires et dynamiques de la science politique (p. 77-130)| Chapitre 3. Faire une recherche en science politique (p. 131-172)| Chapitre 4. Méthodes qualitatives (p. 173-222)| Chapitre 5. Méthodes quantitatives (p. 223-262)| Conclusion (p. 263-264)| Index (p. 265-267)| Bibliographie (p. 269-271)| Pages de fin (p. 272).
Yves Surel, Matthieu Repplinger, La grève du lait de septembre 2009, une jacquerie contre l'autorité syndicale: aborder le militantisme agricole par l'économie morale des éleveurs laitiers, 2013, 128 p.
Yves Surel, Qui gouverne l'économie ?, 3e éd., Pouvoirs, 2012, 142, 4360 p.
RésuméLa question du gouvernement ou de la régulation de l’économie et du système financier se pose avec une réelle acuité depuis que les crises bancaires, financières et celle des dettes souveraines ont débuté. La remise en perspective historique et comparative permet de montrer que l’économie, longtemps pilotée de façon principale par les États, est désormais gouvernée par un ensemble toujours plus nombreux d’acteurs publics et privés placés à différents niveaux de gouvernement. Administrations, firmes, groupes d’intérêt, think tanks élaborent ainsi des régulations complexes et évolutives dans un cadre faiblement institutionnalisé, qui donne parfois le sentiment d’un auto-gouvernement chaotique et dépolitisé. La question de la régulation de l’économie est de ce point de vue aussi celle, plus générale, de la place de l’État et du gouvernement des sociétés contemporaines.
Yves Surel, Jacques de Maillard (dir.), Les politiques publiques sous Sarkozy, Les Éditions de Sciences-Po, 2012, Sciences Po (Gouvernances), 500 p.
Yves Surel, Jacques de Maillard, Politiques publiques 3 , 2012
Sous la présidence de Nicolas Sarkozy, le sentiment d'une forte concentration des pouvoirs et d'une action réformatrice sans équivalent a prédominé.
Les promesses de changement, voire de rupture, ont-elles été tenues ? À quelles logiques l'action entreprise a-t-elle obéi ? Est-elle si originale que certains le disent ? N'est-elle pas simplement la déclinaison de ce qui fait l'ordinaire de l'action politique et de l'action publique ? Quels facteurs internationaux et nationaux ont pesé et quelle analyse rétrospective peut-on déjà réaliser ? Cet ouvrage tente d'évaluer l’impact des pratiques réformatrices engagées depuis cinq ans, à travers dix-huit chapitres portant sur les évolutions institutionnelles, sur les pratiques décisionnelles et sur les changements intervenus dans les principaux secteurs de l’action de l’État (fiscalité, collectivités territoriales, enseignement supérieur, justice, immigration, Europe, etc.).
Rédigé par des spécialistes des principaux domaines d’action publique, il apporte un premier bilan des politiques gouvernementales sous Sarkozy et une contribution précieuse au débat public.Sommaire : Pages de début (p. 3-14)| Introduction. De la rupture à la présidence ordinaire
(p. 15-45)| Chapitre 1. Les politiques de communication du président Sarkozy (p. 47-69)| Chapitre 2. Gouverner par les sondages ? (p. 71-90)| Chapitre 3. Présidence de la République et réforme constitutionnelle l'impossible « rationalisation » du présidentialisme français (p. 91-110)| Chapitre 4. Nicolas Sarkozy législateur la loi du plus fort ? (p. 111-131)| Chapitre 5. La politique étrangère de Nicolas Sarkozy (p. 133-151)| Chapitre 6. Nicolas Sarkozy l'européen (p. 153-166)| Chapitre 7. Discours de rupture et politique d'impuissance (p. 167-188)| Chapitre 8. La réforme des collectivités territoriales sous Sarkozy (p. 189-210)| Chapitre 9. Les politiques de réforme de l'état sous Sarkozy (p. 211-235)| Chapitre 10. Les politiques de sécurité intérieure (p. 237-258)| Chapitre 11. Nicolas Sarkozy et la justice pénale (p. 259-278)| Chapitre 12. La politique d'immigration sous Sarkozy (p. 279-298)| Chapitre 13. Les politiques économiques sous Sarkozy (p. 299-320)| Chapitre 14. Nicolas Sarkozy et la crise financière (p. 321-340)| Chapitre 15. La sécurité sociale, entre «ruptures» affichées et transformations silencieuses (p. 341-360)| Chapitre 16. La politique d'enseignement supérieur (p. 361-380)| Chapitre 17. L'écologie est-elle une variable d'ajustement ? (p. 381-402)| Pages de fin (p. 403).
Yves Surel, Damien Larrouqué, La mise en place du Plan Ceibal en Uruguay: un exemple de bonne gouvernance menée à la hussarde néomanagérialisation de l'action publique en État centralisé, 2011, 181 p.
Yves Surel, Bruno Palier (dir.), Quand les politiques changent: temporalités et niveaux de l'action publique, l'Harmattan, 2011
Yves Surel, Bruno Palier (dir.), Quand les politiques changent: temporalités et niveaux de l'action publique, L'Harmattan, 2010, Logiques politiques, 420 p.
Yves Surel, Juliette Delattre, Gestion des déchets recyclables et enjeux politiques de la propreté au Brésil: le cas de Salvador de Bahia, 2010, 105 p.
Yves Surel, Christian Lequesne (dir.), L'intégration européenne : entre émergence institutionnelle et recomposition de l'État, Presses de Sciences Po, 2010, Collection académique, 291 p.
Yves Surel, Yves Mény, Politique comparée: les démocraties Allemagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Montchrestien-Lextenso, 2009, Domat politique, 488 p.
Yves Surel, Ligia Simoni Ikeda, Le modèle de développement national-développementaliste au Brésil, 1956-1961, 2009, 118 p.
Yves Surel, Jacinto Cuvi, La réforme de Sunat: construction institutionnelle et captation politique de l'administration fiscale péruvienne (1990-2000), 2009, 128 p.
Yves Surel, Anne-Lucie Jarrier, Fedesarrollo et le consensus de Washington: innovation, système sociotechnique et changement de paradigme, 2009, 113 p.
Yves Surel, Lionel Poussery, Eradication des cultures de coca et extradition de narcotrafiquants: une analyse des politiques publiques de lutte contre la drogue en Colombie, 2009, 145 p.
Yves Surel, Louise Bosetti, Le Manodurismo en question: de l'affrontement à la concertation (1992-2007) une étude du cas salvadorien, 2008, 186 p.
Yves Surel, Flora Geley, Des usages aux représentations, les acteurs culturels face à l'Europe: une comparaison entre deux réseaux de programmation européens Temps d'image et Prospéro, 2008, 113 p.
Yves Surel, Anna Vondracek, La transformation managériale dans les musées: une étude comparée du changement au British Museum et au musée du Louvre à travers l'analyse des usages d'études de publics, 2008, 121 p.
Yves Surel, Bruno Palier, L’Europe en action: L'Européanisation dans une perspective comparée, L'Harmattan, 2007, Logiques politiques, 357 p.
Yves Surel, Miquel Jordana, Politiques de microfinance entre logiques solidaires et logiques de marché: acteurs et idées la microfinance pour quel développement ? étude de cas, le programme IFIS/PAC au Chili, 2007, 117 p.
Yves Surel, Isabel Rincon Estefan, Réseaux de développement et responsabilité sociale des entreprises en Colombie: le rôle croissant des acteurs non-étatiques dans la mise en oeuvre des politiques publiques le cas de la stratégie de responsabilité sociale des entreprises mise en oeuvre par Carbones del Cerrejón, 2007, 91 p.
Yves Surel, Gaëlle Puyo, La mise en place d'un espace pour la mémoire sur le site de l'ESMA à Buenos Aires, 2007, 77 p.
Yves Surel, Susana Martinez Restrepo, Institutions et enseignement supérieur: étude comparée des politiques d'équité dans l'accès, ACCES en Colombie et MISION SUCRE au Venezuela entre 2002 et 2006, 2007, 114 p.
Yves Surel, Frédéric Coste, The institutionalization of Islamic finance in Britain, 2007, 97 p.
Yves Surel, Mathilde Blézat, Kafa contre kava à Mostar: la politique de l'emploi à l'épreuve de l'ethno-territorialité défaillance de l'action publique, relative impuissance des acteurs non gouvernementaux et privés et répercussions sur les comportements sociaux, 2007, 155 p.
Yves Surel, L'État et le livre: les politiques publiques du livre en France 1957-1993, l'Harmattan, 2007
Yves Surel, Bruno Palier, L'Europe en action: l'européanisation dans une perspective comparée, l'Harmattan, 2007
Yves Surel, Sabine Saurugger (dir.), L'élargissement de l'Union européenne: un processus de transfert institutionnel ?, De Boeck université, 2006, 175 p.
Yves Surel, Elsa Comby, L'Union européenne et la diversité culturelle: l'engagement de la Commission européenne dans les négociations de la Convention pour la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles à l'UNESCO, 2006, 133 p.
Yves Surel, Pierre-Louis Mayaux, L'échec de la privatisation de l'eau en Bolivie: de la formulation à la remise en cause d'une politique publique étude d'un policy change, 2006, 194 p.
Yves Surel, Lucas Sebastián Gomez, Les citoyens déplacés de Medellin: dilemmes de représentation et participation dans la vie politique locale, 2006, 101 p.
Yves Surel, Marie-Esther Lacuisse, Les organisations alternatives aux partis politiques: les mouvements politiques indépendants en Equateur, 2006, 116 p.
Yves Surel, Claire Jourdan, Etude des opinions et des attitudes politiques à l'égard du processus d'intégration européenne: les effets de la politisation, 2005, 154 p.
Yves Surel, Selma Bendjaballah, La notion de spécialisation parlementaire: le cas des députés français du Parti des socialistes européens (1999-2004), 2005, 143 p.
Yves Surel, LE CHEF DE L'OPPOSITION, 1e éd., Pouvoirs, 2004, 108, 6380 p.
RésuméLa notion de chef de l’opposition reste peu étudiée par les travaux de science politique, alors même que la personnalisation et la médiatisation de la vie politique ont incontestablement conduit à une valorisation de ce rôle. Ce paradoxe s’explique sans doute par la prudence des sciences sociales dans le traitement des acteurs individuels, mais également par la difficulté à définir précisément les contours de ce rôle politique (peu reconnu par les mécanismes institutionnels classiques) et à identifier les dépositaires de cette fonction. Cet article se propose dès lors de mobiliser trois séries de variables d’analyse pour étudier le chef de l’opposition : les déterminants institutionnels classiques, notamment la forme du régime ; les logiques de fonctionnement des systèmes de partis, déterminées pour partie par les modes de scrutin ; les éléments « personnels » associés au charisme supposé des chefs de l’opposition et à leur maîtrise des médias. En appliquant ces variables aux systèmes politiques allemand, américain, britannique, français et italien, on constate que cette fonction de chef de l’opposition est peu codifiée, rarement monopolisée et de plus en plus dépendante des « caractéristiques » personnelles associées aux acteurs politiques concernés.
Yves Surel, Paul Magnette (dir.), Réformer l'Europe: la Convention européenne, l'Harmattan, 2004, 156 p.
Yves Surel, Yves Mény, Politique comparée: les démocraties Allemagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Montchrestien, 2004, Domat politique, 495 p.
Yves Surel, Christian Lequesne, L’intégration européenne, 2004
L'ouvrage montre la complexité des logiques de décision et la diversité des acteurs qui interviennent au cours du processus de fabrication des politiques publiques, des politiques de service public aux systèmes de protection sociale en passant par les modes de régulation de l'économie européenne.
A travers des analyses précises et stimulantes, qui croisent les approches politiques, économiques ou encore sociologiques, les auteurs (politistes, économistes et sociologues) établissent les principes de la gouvernance européenne.
Après avoir mis en perspective les différentes théories de l'intégration européenne, et analysé l'incidence de l’intégration sur les institutions, les auteurs examinent la convergence des modèles nationaux de politiques publiques à partir d’exemples concrets.
Véritable outil de travail destiné à un public d’étudiants et de chercheurs, l’ouvrage croise les analyses de chercheurs français et des meilleurs spécialistes européens et américains.Sommaire : Pages de début (p. 1-9)| Un regard européen sur les dynamiques institutionnelles contemporaines (p. 11-22)| Chapitre 1. Les logiques économiques de l'intégration européenne (p. 23-55)| Chapitre 2. Mort ou résurrection du capitalisme organisé ? (p. 57-77)| Chapitre 3. Vers l'institutionnalisation d'un modèle politique européen ? (p. 79-97)| Chapitre 4. L'intégration des parlements : entre convergence européenne et tropismes nationaux (p. 99-116)| Chapitre 5. Institutional analyses of the european union (p. 117-141)| Chapitre 6. Les groupes de travail du conseil, nerf de la production des politiques européennes ? (p. 143-183)| Chapitre 7. Europeanization and the mechanics of economic policy adjustment (p. 185-216)| Chapitre 8. Les politiques de service public dans la régulation européenne (p. 217-254)| Chapitre 9. L'europe et les politiques sociales : vers une harmonisation cognitive des réponses nationales (p. 255-285)| Pages de fin (p. 287-291).
Yves Surel, Olivier Rozenberg (dir.), Parlementarismes et construction européenne, l'Harmattan, 2003, 213 p.
Yves Surel, Teofil Oliver Gherca, Quelle place pour le Parlement dans une démocratie contemporaine ?: étude comparative entre le Parlement de la Roumanie et de la France,, 2003
Yves Surel, Yves Mény, Clare Tame, Luis de Sousa (dir.), Democracies and the populist challenge, Palgrave Macmillan, 2002, 258 p.
Yves Surel, Renaud Dehousse (dir.), L'institutionnalisation de l'Europe: table ronde n°5, AFSP, 2002
Yves Surel, Yves Mény, Politique comparée: les démocraties Allemagne, États-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie, Montchrestien, 2001, Domat politique, 491 p.
Yves Surel, Yves Mény, Par le peuple, pour le peuple: le populisme et les démocraties, Fayard, 2000, L'Espace du politique, 326 p.
Yves Surel, Pierre Muller, L'analyse des politiques publiques, Montchrestien, 1998, Clefs (Politique), 156 p.
Yves Surel, The role of cognitive and normative frames in policy-making, European University Institute, Robert Schuman Centre, 1998, EUI working papers (RSC), 28 p.
Yves Surel, Yves Mény, L'Etat et le livre: les politiques publiques du livre en France (1957-1995),, 1996, 664 p.
Les politiques publiques du livre peuvent être définies comme l'ensemble des actions étatiques, à caractère financier, réglementaire ou symbolique, qui pèsent sur la production intellectuelle et matérielle des livres. L'analyse de leur genèse met en évidence une structuration progressive depuis les années 1960, marquée par la création d'organes politico-administratifs spécialisés. On peut y observer également un échange privilégié entre les éditeurs et l'Etat, qui détermine largement l'élaboration et la mise en oeuvre des politiques du livre. C'est notamment le cas depuis les années 1970, période de crise de l'édition et de problèmes liés au prix du livre, ou s'est forgée une représentation du champ du livre, synthétisée par la formule, "le livre n'est pas un produit comme les autres". Il en est résulte l'adoption d'un paradigme de l'action publique, qui entend définir et encadrer l'ensemble des politiques menées, avec un succès inégal selon la nature des interventions. De la censure à l'aide aux projets éditoriaux, les politiques du livre forment en définitive un domaine relativement hétérogène, construit par des processus conjoints d'apprentissage institutionnel et de formation d'une matrice cognitive et normative, structurant et légitimant l'action de l'Etat.
Yves Surel, Yves Mény, L'ENA et la génération de 1968: la promotion Charles de Gaulle de 1972, 1991
Yves Surel, « Bernard Dolez, Anne-Cécile Douillet, Julien Fretel, Rémi Lefebvre (dir.) (2022) : L’Entreprise Macron à l’épreuve du pouvoir, Grenoble, PUG », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2024, n°13, pp. 149-153
Yves Surel, Patrick Le Galès, « Sociologie politique de l’action publique : Le moment du référentiel », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2022, n°71, pp. 809-826
Cette contribution montre combien l’article de Pierre Muller, « Les approches cognitives des politiques publiques » ( Revue française de science politique, 50 [2], avril 2000, p. 189-208), s’est avéré un papier de combat visant à établir l’analyse des politiques publiques comme un sous-champ essentiel de la science politique. Notre article reprend les questions majeures de l’ordre social et politique, d’une part, de l’autonomie des politiques publiques, d’autre part, qui sous-tendent la problématique de recherche articulée autour de la notion de référentiel. Il revient sur certaines dimensions de l’analyse, la différenciation avec d’autres théories concurrentes et élabore un bilan du référentiel qui, à la différence des questions posées par P. Muller, a perdu sa position centrale dans la sociologie politique de l’action publique. Il montre comment les enchevêtrements d’échelles et la multiplication des acteurs et des politiques ont rendu moins pertinentes la recherche d’un référentiel macro dans un cadre national, renforçant les approches en termes de discours, d’argumentation, d’idée plus situées et limitées. Mais avec la crise climatique, la question du « global » n’a pas dit son dernier mot.
Yves Surel, Patrick Le Galès, « Sociologie politique de l’action publique »: Le moment du référentiel, Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2021, n°5
Yves Surel, « Paul Sabatier. Theories of the policy process (1999) », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2021, n°hors-série, pp. 333-339
Yves Surel, Dominique Chagnollaud, « Clefs », LGDJ, 2020
Yves Surel, « How to stay populist? The Front National and the changing French party system », West European Politics, , 2019
Yves Surel, Philippe Bezes, Bruno Palier, « Le process tracing : du discours de la méthode aux usages pratiques », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2018, n°6
Yves Surel, Philippe Bezes, Bruno Palier, « Process tracing : les chemins de la causalité », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2018, n°6, p. 222
Yves Surel, Philippe Bezes, Bruno Palier, « Le process tracing : du discours de la méthode aux usages pratiques », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°68, pp. 961-965
Yves Surel, « La mécanique de l’action publique : Le process tracing dans l’analyse des politiques publiques », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°68, pp. 991-1014
ResumeL’article, dans le cadre de ce numéro spécial sur le process tracing, entend montrer comment ce (nouveau) protocole de recherche peut s’avérer utile dans l’analyse des politiques publiques et poursuit par là même deux objectifs principaux. Pointer tout d’abord les similitudes et affinités que cette méthode, centrée sur l’identification et le séquençage de mécanismes causaux à l’œuvre dans un processus politique donné, entretient avec certains éléments du kit analytique de la sociologie de l’action publique (analyse séquentielle, néo-institutionnalisme, analyses du changement, etc.). Identifier ensuite par quels moyens, cette méthode parfois discutée de manière très abstraite, peut fournir des outils opérationnels pour une analyse plus systématique et plus fine des trajectoires de politique publique. Pour ce faire, nous défendons l’idée que les mécanismes causaux, qui constituent à nos yeux les éléments centraux de la démarche, peuvent être mieux isolés et articulés à l’aide du modèle des « trois I », le séquençage d’une politique publique pouvant se faire à partir de l’identification de mécanismes attachés aux idées, aux intérêts et aux institutions.
Yves Surel, Patrick Hassenteufel, « Normalisation ou dilution de l’analyse des politiques publiques européennes ? », Politique européenne, Politique européenne, 2016, n°50, pp. 200-227
Dans cet article nous pointons deux types de tensions qui conduisent à une
forme de dilution de l’analyse de l’action publique européenne : dans la littérature
anglo-saxonne on peut constater un décalage entre des travaux empiriques
renvoyant aux préoccupations et aux découpages institutionnels existants et
ceux cherchant à appliquer des cadres théoriques généraux dans une logique
de normalisation ; dans les travaux français la place prise par des travaux de
sociologie politique permettant une meilleure connaissance des acteurs présent
dans les arènes européennes a conduit à faire passer au second plan la question
de leur action sur les enjeux de politiques publiques. C’est pourquoi nous plaidons ici pour un double décloisonnement : d’une part, entre différents modèles
théoriques, d’autre part entre les perspectives dominantes de la littérature
internationale (meso et macro) et celles des recherches françaises (plus micro).
Yves Surel, Patrick Hassenteufel, « Normalisation ou dilution de l’analyse des politiques publiques européennes ? », Politique européenne, CAIRN, 2015
Yves Surel, « Qui gouverne l'économie? », Pouvoirs: Revue d'Etudes Constitutionnelles et Politiques, , 2012
Yves Surel, « Hay (Colin), ed. – New Directions in Political Science. Responding to the Challenges of an Interdependent World. – Basingstoke, Palgrave Macmillan, 2010. 318 p. Bibliogr. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2011, n°61, p. -
Yves Surel, « L'opposition au Parlement Quelques éléments de comparaison », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2011, n°18, pp. 115-129
RésuméL’objectif de cet article est de proposer des éléments et pistes de réflexion sur l’opposition parlementaire dans une perspective de politique comparée. Plus particulièrement, cette contribution identifie quatre séries de facteurs explicatifs permettant d’analyser le pouvoir relatif de l’opposition parlementaire : la forme du régime et la position institutionnelle des chambres législatives dans le système politique ; les droits et dispositifs juridiques et/ou procéduraux garantis à l’opposition dans l’enceinte parlementaire ; les pratiques informelles de l’opposition et enfin, les caractéristiques des parlementaires. La prise en compte et l’analyse de ces quatre dimensions devraient permettre de déterminer la puissance relative de l’opposition parlementaire, de ses capacités d’action et d’influence et de mesurer empiriquement les variations entre pays.
Yves Surel, « L'opposition au parlement quelques éléments de comparaison », Revue Internationale de Politique Comparee, , 2011
Yves Surel, Pierre-Louis Mayaux, « Amérique latine : les réformes de marché en question », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2010, n°17, pp. 7-22
Yves Surel, « Le poids des organisations internationales dans les réformes des politiques sociales », Informations sociales, Informations sociales, 2010, n°157, pp. 36-43
RésuméL’analyse des transformations récentes des États-providence a mis en lumière le rôle d’influence qu’ont pu jouer les organisations internationales comme la Banque mondiale ou l’OCDE. En produisant des représentations cohérentes des problèmes à traiter et en préconisant certaines directions aux États pour la réforme des politiques sociales, ces organisations ont en effet sans doute été à l’origine de nouveaux paradigmes de politique publique, diffusés progressivement. Ainsi, les réformes des retraites ou les politiques de l’emploi portent-elles la « marque » de ces diagnostics et solutions, souvent définis par référence à des idées « néolibérales ». Cette influence doit cependant être nuancée, d’abord parce que ces organisations ne sont pas les seules sources de changement, mais également parce que les configurations institutionnelles nationales des politiques sociales tendent à résister ou à décliner de façon chaque fois particulière les orientations ou préconisations émises par des acteurs supranationaux.
Yves Surel, « Amérique latine: Les réformes de marché en question », Revue Internationale de Politique Comparee, , 2010
Yves Surel, Sabine Saurugger, « L'élargissement de l'Union européenne : un processus de transfert institutionnel ? : Introduction », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2006, n°13, pp. 177-178
Yves Surel, Sabine Saurugger, « L'européanisation comme processus de transfert de politique publique », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2006, n°13, pp. 179-211
RésuméCette contribution se propose d’analyser l’intégration des 10 nouveaux pays membres de l’Union européenne et, en particulier son impact sur leurs cadres institutionnels et sur le contenu de leurs politiques publiques, et parallèlement l’action des acteurs politiques et associatifs concernés. Dans ce but, elle fait appel à deux notions, l’européanisation et les transferts institutionnels, qui seront traitées de façon conjointe et dans une optique comparative.
Yves Surel, Sabine Saurugger, « L'européanisation comme transfert de politiques publiques », Revue internationale de politique comparée, De Boeck, 2006, n°2
Yves Surel, « L'européanisation comme processus de transfert de politique publique », Revue Internationale de Politique Comparee, , 2006
Yves Surel, « L'élargissement de l'union européenne : Un processus de transfert institutionnel ? », Revue Internationale de Politique Comparee, , 2006
Yves Surel, Pierre Muller, Bruno Palier, « L’analyse politique de l’action publique : confrontation des approches, des concepts et des méthodes », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2005, n°1, pp. 5-6
Yves Surel, Bruno Palier, « Les 'trois I' et l’analyse de l’État en action », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2005, n°1, pp. 7-32
Yves Surel, Pierre Muller, Bruno Palier, « L'analyse politique de l'action publique. Confrontation des approches, des concepts et des méthodes : Présentation », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2005, n°55, pp. 5-6
Yves Surel, Bruno Palier, « Les trois I et l'analyse de l'État en action », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2005, n°55, pp. 7-32
RésuméL’analyse des politiques publiques insiste principalement, mais trop souvent alternativement sur trois séries de variables : les « idées », les « intérêts » et les « institutions ». Cet article dégage les trois temps nécessaires d’une démarche qui cherche à combiner ces variables. Mobiliser les « intérêts », les « idées » et les « institutions » permet de rester attentif à la pluralité des dimensions possibles de l’analyse et à la diversité des « causes » possibles dans l’étude de l’action publique. En s’appuyant sur plusieurs pans importants de la littérature, cet usage des « trois I » permet aussi de formuler diverses hypothèses a priori sur les phénomènes observés, qui peuvent se révéler concurrentes ou complémentaires a posteriori. Ces différentes dimensions sont à hiérarchiser ex post en découpant les processus de l’action publique en différentes séquences.
Yves Surel, « The three I of state analysis | Les Trois I et L'analyse de L'état en Action », Revue Francaise de Science Politique, , 2005
Yves Surel, « L'analyse Politique de L'action Publique Confrontation des Approches, des Concepts et des Méthodes: Présentation | L'analyse Politique de L'action Publique Confrontation des Approches, des Concepts et des Méthodes: Présentation », Revue Francaise de Science Politique, , 2005
Yves Surel, Jérôme Montes, « Lequesne, Christian et Yves Surel (dir.), L’intégration européenne. Entre émergence institutionnelle et recomposition de l’État, coll. Académique, Paris, Les Presses de sciences po, 2004, 292 p. », Études internationales, , 2005
Yves Surel, « Le chef de l'opposition », Pouvoirs: Revue d'Etudes Constitutionnelles et Politiques, , 2004
Yves Surel, « Lordon (Frédéric) – La politique du capital. – Paris, Odile Jacob, 2002. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2003, n°53, p. -
Yves Surel, Olivier Rozenberg, « Parlements et Union Européenne », Politique européenne, Politique européenne, 2003, n°9, pp. 5-29
Yves Surel, Olivier Rozenberg, « Parlements et Union Européenne », Politique européenne, l'Harmattan, 2003, n°9, pp. 5-29
Yves Surel, « THATCHER (Mark) – The Politics of Telecommunications. National Institutions, Convergence, and Change in Britain and France. – Oxford, Oxford University Press, 1999. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2002, n°52, p. -
Yves Surel, Patrick Hassenteufel, « Des politiques publiques comme les autres ? : Construction de l'objet et outils d'analyse des politiques européennes », Politique européenne, Politique européenne, 2001, n°1, pp. 8-24
Longtemps considérée comme un domaine de recherche distinct nécessitant des concepts particuliers, l'intégration européenne est aujourd'hui un objet en voie de "normalisation". La mobilisation d'outils et de méthodes traditionnelles doit notamment permettre de retrouver les notions et les hypothèses forgées pour l'analyse des processus politiques, notamment pource qui conoemeles modes de production des politiques publiques. Dansce dernier cadre, l'article se propose d'examiner trois manières différentes de construire l'objet "politiques publiques européennes'', afin de lui appliquer les instruments classiques de l'analyse des politiques publiques : la première modalité se fonde sur la distinction entre décision communautaire et mise en oeuvre au niveau national ; la seconde interroge l'Union européenne comme lieu de production des politiques publiques ; la dernière, enfin, vise à reconsidérer les dynamiques d'européanisation de l'action publique.
Yves Surel, Bruno Palier, « Le politique dans les politiques », Espaces Temps, PERSEE} Program},volume = {76},number = {1},pages = {52--67},author = {Bruno Palier and Yves Surel},title = {Le politique dans les politiques},journal = {Espaces Temps, 2001, pp. 52-67
L'étude de l'évolution des politiques du livre et de la protection sociale permet d'illustrer la façon dont l'analyse des politiques publiques est peu à peu passée d'une situation d'extériorité au politique, entendu comme sphère séparée centrée sur la compétition électorale et "cause" possible de l'action publique, à une perspective intégrée où les politiques publiques sont un élément constitutif de la communauté politique et un prisme parmi d'autres pour initier une analyse du lien politique.
Yves Surel, « L'intégration européenne vue par l'approche cognitive et normative des politiques publiques », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2000, pp. 235-254
Cet article a pour objet de tester l'intérêt et les limites de l'approche cognitive des politiques publiques dans l'étude de l'intégration européenne. Ce mode d'analyse de l'action publique repose sur la conviction que les politiques publiques sont le fruit d'interactions sociales qui donnent lieu à la production d'idées, de représentations et de valeurs communes. Souvent critiquée pour ces limites méthodologiques, cette approche semble pouvoir être appliquée avec succès à l'étude de l'Union européenne à deux niveaux essentiels. L'approche cognitive est tout d'abord très utile pour éclairer les processus de production du sens, notamment dans les cas de changements significatifs des politiques publiques alimentés par l'intégration européenne. Elle permet par ailleurs également d'interroger l'intégration européenne comme vecteur de recomposition de l'espace public et/ou déformation d'une communauté politique. Tout en proposant des pistes pour une meilleure utilisation de l'approche cognitive dans le cadre européen, l'article défendl'idée que l'analyse de l'intégration européenne doit être l'occasion d'une articulation plus systématique des variables lourdes proposées par le modèle des « trois I » (intérêts, institutions, idées). Dans cette perspective, les idées ne sont qu'un ensemble de variables parmi d'autres, et l'approche cognitive, un prisme d'analyse parmi d'autres de l'intégration européenne.
Yves Surel, « The role of cognitive and normative frames in policy-making », Journal of European Public Policy, , 2000
Yves Surel, Patrick Hassenteufel, « Des politiques publiques comme les autres ? », Politique européenne, CAIRN, 2000
Yves Surel, Chedly Belkhodja, « Par le peuple, Pour le peuple. Le populisme et les démocraties d’Yves Mény et Yves Surel, Paris, Fayard, 2000, 326 p. », Politique et Sociétés, , 2000
Yves Surel, Henri Bergeron, Jérôme Valluy, « L'Advocacy Coalition Framework. Une contribution au renouvellement des études de politiques publiques ? », Politix, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1998, pp. 195-223
L'Advocacy Coalition Framework. Une contribution au renouvellement des études de politiques publiques ?
Henri Bergeron, Yves Surel, Jérôme Valluy [195-223].
Figurant parmi les courants les plus dynamiques de la science politique aux États-Unis, l'analyse des politiques publiques repose de plus en plus sur un certain nombre de modèles, dont l'advocacy coalition framework (ACF), élaboré par P. Sabatier, est sans doute l'un des plus stimulants. Construit avec la volonté de dépasser certains clivages canoniques de la discipline, l'ACF rassemble en effet la plupart des variables pertinentes isolées par les travaux de politiques publiques dans un schéma analytique fondé sur un nombre limité d'hypothèses. L'objet du présent article revient essentiellement à situer ce modèle par l'examen de sa genèse, à en cerner la spécificité autour des principaux concepts qui en forment la substance (systèmes de croyances, coalitions de cause, intermédiaires de politiques publiques...), et à le confronter à plusieurs terrains de recherche dans le contexte français. Tout en soulignant certaines de ses limites, les auteurs entendent ainsi montrer comment l'ACF pourrait participer au renouvellement souhaité des études de politiques publiques en France.
Yves Surel, « Quand la politique change les politiques. La loi Lang du 10 août 1981 et les politiques du livre », Revue française de science politique, Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1997, pp. 147-172
L'analyse des politiques publiques a souvent conduit à décrire l'action publique comme la résultante de dynamiques aléatoires, plus ou moins maîtrisées par les acteurs politiques et débouchant sur des variations marginales des principes et des dispositifs. En prenant l'exemple des politiques du livre, il apparaît cependant que la conjonction de facteurs favorables alimente parfois des changements substantiels. La crise de l'édition dans les années 1970, la désorganisation des règles de fonctionnement du secteur, ainsi que l'évolution des perceptions attachées à l'objet lui-même ont pu produire en effet une crise de politique (la remise en cause de l'action traditionnelle centrée sur la lecture), la mobilisation des intérêts et des acteurs concernés, et enfin, I'activation du champ politique autour d'un problème précis, le prix du livre, construit par une représentation spécifique du milieu, «le livre n'est pas un produit comme les autres». Au-delà de l'action collective, c'est ici la transformation de la conjoncture et des dynamiques politiques lors de l'alternance de 1981, qui permit une variation de l'action étatique grâce à l'ouverture d'une «fenêtre politique » élargissant la marge de manœuvre du gouvernement.
Yves Surel, Pierre Muller, « Crises de politiques et régulations cognitives : l'exemple des politiques du livre », Pôle Sud, Observatoire des Politiques Publiques en Europe du Sud (OPPES), Montpellier : Observatoire des Politiques Publiques en Europe du Sud (OPPES) et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1996, pp. 92-106
Muller Pierre, Surel Yves. Crises de politiques et régulations cognitives : l'exemple des politiques du livre. In: Pôle Sud, n°4, 1996. Négociations, sous la direction de François Baraize . pp. 92-106.
Yves Surel, « Collection Logiques politiques », l'Harmattan, 1991, p. -