Hiam Mouannès, Joël Andriantsimbazovina, Adissa Alira, Grégoire Bakandeja Mukenge, Jules Pascal Coly [et alii], Laïcité et défense de l'État de droit: actes du colloque des 11 et 12 avril 2019, Université Toulouse 1 Capitole, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, 2021
Depuis leur naissance, les religions traversent les sociétés. L'histoire passée et contemporaine montre qu'elles portent en elles à la fois la paix et la guerre. Elles offrent une morale et permettent à des milliers de personnes pratiquantes ou non de vivre ensemble sans acrimonie, tant que la liberté de conscience et que le libre exercice des cultes sont respectés. Malheureusement, on peut constater que tel n'est pas toujours le cas dans de nombreux coins du globe. Il résulte de la déclaration universelle des droits de l'homme que « Toute personne a droit à la liberté de pensée, de conscience et de religion ». Néanmoins, il faut interroger les pratiques religieuses pour voir en quoi celles-ci peuvent générer des tensions et des violences. En effet, bien que l'éducation religieuse soit normalement vectrice de paix, certaines pratiques instrumentalisant la religion rejettent cette liberté de pensée et les modes de vies différents des leurs. À l'heure de la sécularisation progressive du monde occidental, à l'heure où les phénomènes de radicalisation religieuse sont de plus en plus importants et à l'heure où de nombreuses régions du monde sont encore en conflit pour des raisons de croyances religieuses (en Afrique, en Europe, aux États-Unis etc..), il apparaît nécessaire de s'attarder sur les relations qu'entretiennent les droits de l'Homme, la paix et la religion. Face à l'extrême hétérogénéité du phénomène religieux et des rapports qu'entretiennent les êtres humains avec celui-ci (croyant, pratiquant, athée, agnostique, musulman (chiite, sunnite), chrétien (catholique, protestant, évangélique), juif, hindou, bouddhiste, animiste, ...), il convient de démontrer en quoi la liberté de pensée, de conscience et de religion et la liberté d'opinion et d'expression sont le socle d'un vivre ensemble et d'une cohabitation harmonieuse. Différents moyens peuvent permettre d'atteindre un tel objectif. Pour cette deuxième édition du séminaire « Religions, Droits de l'Homme et
Hiam Mouannès (dir.), La territorialité de la laïcité: actes du colloque du 28 mars 2018, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, 2019, Actes de colloques, 374 p.
La question sur la notion de la laïcité occupe aujourd'hui la place publique. Malgré sa définition juridique assez limpide, la laïcité, principe d'organisation de l'État et fondement de la liberté de pensée et d'opinion, « même religieuse » (art. 10 DDHC‑1789), dans son appréhension - et donc son application - devient abstruse et de plus en plus brûlante. Considérée comme « une alliée de la religion » par S.S. le Pape Benoît XVI, la laïcité est, pour certains, lue et comprise comme étant, en soi, une « religion », voire un « dogme » de neutralisation absolue de l'espace public de toute extériorisation religieuse, même non attentatoire à l'ordre public établi par la loi. Pour d'autres, la laïcité est un objet social, politique et/ou juridique permettant de répondre à des desseins intéressés et empiriques : favoriser le communautarisme pour un escient électoraliste ; interdire (ou tolérer) certains signes religieux ostentatoires en fonction de la religion visée et/ou de la paix sociale souhaitée ; présenter le cultuel en culturel (ou inversement) en vue de solliciter le (ou exiger l'interdiction du) financement d'un édifice de culte, etc. Si « latitudinaire » que son appréhension provoque comme effet, la laïcité, dans son acception principielle et enveloppante, demeure une « conquête permanente » devant favoriser le savoir sur le dogme, l'épanouissement des libertés (dont la liberté religieuse) sur l'obscurantisme xénophobisant, le vivre ensemble sur l'enfermement dans des territoires perdus de la République, le respect de la dignité de la personne humaine sur l'esprit de domination d'une Vérité que nul ne possède. Le thème choisi pour cette Septième Édition a donc pour objet d'explorer les différents champs d'appréhension concrets de la laïcité. Il s'agit de comprendre comment ce principe, a priori incontesté dans sa définition, se révèle si méconnu, si déformé et si controversé lorsqu'il s'agit de le faire vivre « ici ou
Hiam Mouannès, Olivier Devaux, Albert Arseguel, Jacques Igalens, Wanda Mastor [et alii], Mélanges en l'honneur de Bruno Sire, Presses de l'université Toulouse 1 Capitole, 2019, 591 p.
Hiam Mouannès (dir.), La laïcité à l'œuvre et à l'épreuve: colloque du 29 mars 2017, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, 2018, 185 p.
Dans la lignée du cycle de colloques annuels sur le thème de la laïcité, cette sixième édition se veut une interpellation sur la laïcité (ou ce qui lui tient comme équivalent) telle qu'elle est à l'œuvre et à l'épreuve, aujourd'hui, en France et à l'étranger. Conçue comme un instrument juridique de protection des libertés dont en l'occurrence la liberté de conscience et de culte (croire ou ne pas croire, avoir ou refuser d'avoir une religion), la laïcité se trouve malmenée, multi-interprétée, instrumentalisée, bafouée, cultualisée et/ou dogmatisée. Elle l'est sur tout le territoire et dans plusieurs espaces, dans les établissements publics d'enseignement scolaire, dans les universités, dans les établissements de santé, dans les établissements carcéraux. Instrument d'égalité et de fraternité, la laïcité se trouve écrasée par des Vérités (pas seulement religieuses et pas seulement en France) toutes faites envahissant sans crier garde aussi bien l'entreprise, la vie sociale, la vie privée et familiale et pose, dans certains cas, de sérieux et graves problèmes de sécurité publique. Quelles pourraient être les solutions juridiques, jurisprudentielles, sociales et éducatives à même de protéger en les consolidant les valeurs universelles de droits, de libertés et de respect de la dignité de la personne humaine ?
Hiam Mouannès, Laïcité et démocratie, Association française des auditeurs de l'Académie internationale de droit constitutionnel, 2016, 99 p.
Hiam Mouannès, Les accords de Taëf : Contribution au colloque international sur L’autonomie Constitutionnelle, Editions universitaires européennes, 2011
Hiam Mouannès, Les accords de Taëf: de la Ière à la IIème Republique Libanaise, Editions universitaires européennes, 2011, 650 p.
Hiam Mouannès, Henry Roussillon, LES ACCORDS DE TAEF: DE LA 1ERE A LA IIEME REPUBLIQUE LIBANAISE,, 1994
EN 1975, LA GUERRE ECLATE SUR LE SOL LIBANAIS, ELLE NE PREND FIN QU'A LA SUITE DE L'INTERVENTION DES ACCORDS DE TAEF EN 1989. EN 1990, LA CONSTITUTION LIBANAISE DE 1926 EST REVISEE ET DONNE NAISSANCE A UNE DEUXIEME REPUBLIQUE. DEPUIS CETTE DATE, LES BOMBARDEMENTS ONT CESSE. CE N'EST POUR AUTANT PAS LA NAISSANCE D'UN LIBAN NOUVEAU. LE PAYS SURVIT TANT BIEN QUE MAL SOUS PLUSIEURS OCCUPATIONS, MEURTRI, RUINE, DEVASTE. SUITE A UNE REUNION MINISTERIELLE DE LA LIGUE ARABE, UN COMITE ARABE TRIPARTITE FORME DE L'ALGERIE, LE MAROC ET L'ARABIE SEOUDITE S'EST CONSTITUE EN 1989 AFIN D'ETUDIER UN DOCUMENT QUI METTRAIT FIN A LA "CRISE LIBANAISE". LES TRAVAUX DU TRIUMVIRAT ONT ABOUTI, LE 22 OCTOBRE 1989, A LA CONCLUSION DES ACCORDS DE TAEF. CEUX-CI SONT APPROUVES, A LA CONCLUSION DES ACCORDS DE TAEF. CEUX-CI SONT APPROUVES, LE 5 NOVEMBRE DE LA MEME ANNEE PAR 52 DES 57 DEPUTES LIBANAIS ELUS EN 1972. ILS TRAITENT SUCCESSIVEMENT DES REFORMES CONSITUTIONNELLES, DU RETABLISSEMENT DE LA SOUVERAINETE LIBANAISE SUR TOUT LE TERRITOIRE, DE LA LIBERATION DU SUD LIBAN ET DES RELATIONS LIBANO-SYRIENNES.
Hiam Mouannès, Rousseau et le totalitarisme, 1990
Hiam Mouannès, « La fraternité, entre vertu personnelle et principe constitutionnel. Ou, comment le Conseil constitutionnel a rendu principiel ce troisième pilier de la devise républicaine. Sous décision DC2018-717/718 QPC du 6 juillet 2018 », La loi de solidarité, vers une fraternisatio selon la théologie et le droit, Presses de l'Université Toulouse 1 Capitole, 2022, pp. 131-144
La devise de la République française (« Liberté, Égalité, Fraternité ») est inscrite dans la Constitution du 4 octobre 1958. Elle revêt, par ceci-même une valeur constitutionnelle. Cependant, la fraternité est, pour la première fois consacrée expressément et en tant que telle, comme principe ayant valeur juridique au même titre que chacune des deux autres composantes : la liberté et l’égalité. En effet, dans sa décision 2018-717/718 QPC, le Conseil constitutionnel érige le troisième pilier de la devise de la République française en principe à valeur constitutionnelle ayant donc force juridique.
Or, autant les deux premiers piliers de la République sont traduisibles par le droit, autant la notion de « fraternité » est de l’ordre du symbole, des valeurs, de la vertu et de l’idéal à atteindre aussi bien par les États, par les gouvernants que par les individus.
Devenue « principe à valeur constitutionnelle », elle peut provenir de « toute personne physique ou morale », ne peut être fondée que sur un acte désintéressé et doit avoir un but humanitaire (l’article L622-4 issu de la loi du 10 septembre 2018 rajoutera « exclusivement » humanitaire). Ainsi mutée, la fraternité se décrète-t-elle néanmoins ? Négatif, car quelle que soit sa force juridique, la fraternité ne peut être ni forcée ni contrainte. Devient-elle une « source de droit » ? Affirmatif, dans la mesure où, désormais, le principe de fraternité est protégé au titre de l’article 61-1-C. Ouvre-t-il pour autant géante la porte à chacun de se croire libre d’aider autrui indépendamment de la régularité de son acte ou de son comportement, en l’occurrence de la régularité de l’entrée, du séjour et de la circulation d’un étranger sur le territoire ? Négatif, car cette décision n’assigne aucun devoir d’aide et ne constitue qu’une atténuation de la criminalisation de certains délits dits de « solidarité ».
Hiam Mouannès, « Les Chrétiens du Liban et les droits de l'homme : histoires et perspectives », Mélanges en l'honneur du professeur Christian Lavialle., Presses de l'université Toulouse 1 Capitole, 2020, pp. 461-471
Malgré le titre, spécifiant les "Chrétiens du Liban", cette contribution aborde la problématique de tout le peuple libanais, avec la spécificité historique des Chrétiens parmi eux, en proie à toutes les guerres des autres sur le territoire libanais.
Hiam Mouannès, « Le principe de la laïcité, condition de la démocratie », Laïcité et défense de l'État de droit, Presses de l'université Toulouse 1 Capitole, 2020, pp. 147-158
Parce que notre République française ne connaît ni Dieu ni fidèle mais seulement les citoyens, tous les citoyens, « sans distinction d’origine, de race ou de religion » (article 1er-C), notre Etat de droit, en l’occurrence les articles 3 et 10 DDHC 1789, la loi de 1905 et l’article 1 de la Constitution 1958, ne connaît que des « individus de droit ». Le principe de laïcité, simple dans sa définition juridique, ne cesse pourtant de nourrir les interrogations quant à sa portée. Pour le saisir, il doit en France être appréhendé sous le prisme de ses sources historiques souvent méconnues, oubliées ou occultées. Clé de voûte de notre République, le principe de laïcité constitue aujourd’hui ce que nous sommes et ce que nous aspirons pour chacun de l’être : des êtres libres, protégés par notre démocratie constitutionnelle universaliste. Le faisant, l’entrisme religieux ne peut que se trouver limité à ce qu’il doit être : un phénomène d’expression de la liberté de culte à la fois protégé et limité par les lois de la République
Hiam Mouannès, « Le mode de désignation des députés au Parlement libanais expliqué aux profanes. », Mélanges en l'honneur de Bruno Sire., Presses de l'université Toulouse 1 Capitole, 2019, pp. 397-414
L’objet de cette contribution consiste d’abord à analyser le code électoral libanais adopté en 2017 en vue des élections législatives de 2018 pour illustrer d’une part l’habileté du législateur libanais de construire une loi électorale inspirée de l’Occident tout en annihilant toute chance d’une gouvernance efficace et transparente. En effet, par l’extrême précision du mode de scrutin au suffrage universel direct à la représentation proportionnelle à un seul tour avec vote préférentiel, cette loi réussit un pari juridique considérable portant cependant à son paroxysme le modèle libanais structurellement communautaire et favorisant la récurrente et insurmontable triple crise institutionnelle (politique, gouvernementale et de représentation « nationale »).
Hiam Mouannès, Christine Mengès-Le Pape, « Une dette de quoi et envers qui ?, ou, quand l'Etat a le devoir de garantir ce que le citoyen est naturellement en droit d'attendre », La dette, les religions et le droit, Presses de l'Université de Toulouse 1 Capitole, 2014
La garantie constitutionnelle et législative des libertés et droits naturels est un fondement indissociable de la démocratie. Les droits et libertés sont et doivent en ce sens être garantis et protégés par la force du droit. L'article 16 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789 a-t-il à cet égard posé la garantie des droits en condition infrangible d'une Constitution.
Tout en réfutant la doctrine réaliste et tropérienne posant le juge en créateur du droit, il est une évidence de rappeler l'essence même de la justice : une justice neutre, indépendante et impartiale disant le droit et le prononçant dans sa finalité. C'est le sens des articles 4 et 5 du Code civil optant, dès 1803 et avant R. Dworkin, pour ne lecture moderne du positivisme juridique. Il est en effet et d'une part défendu aux juges de se prononcer par voie de disposition générale et règlementaire sur les causes qui leur sont soumises (art. 5 c. civil). Néanmoins et d'autre part, le juge qui refusera de juger, sous prétexte du silence, de l'obscurité ou de l'insuffisance de la loi, pourra être poursuivi comme coupable de déni de justice (art. 4 c. civil). Ce délicat équilibre est une dette imprescriptible et inaliénable que la justice, indépendante, neutre et impartiale, doit au justiciable.
L'égalité devant la loi ou encore la préservation de l'environnement sont d'autres illustrations de ce que représentent certaines créances sur la société, inhérentes à l'homme et à l'humanité.
Consacrés par les textes, leur énoncé, indéterminé, se nourrit nécessairement du contexte de leur application.
Le principe d'égalité a connu une consécration normative dès 1789. Le droit de vivre dans un environnement équilibré, a rejoint les droits conventionnellement et constitutionnellement garantis avec la Convention d'Aarhus et la Charte de l'environnement de 2004 (LC n° 2005-205 du 1er mars 2005 ; décision n° 2008-564 DC du 19 juin 2008, OGM ; CE Ass., 3 octobre 2008, Commune d'Annecy). Mais qu'est-ce que l'égalité et qu'est-ce qu'un environnement préservé ? La traduction juridique de telles créances, stipulativement définies, invite les juges, nationaux et européens, lorsqu'ils sont saisis, à garantir l'effectivité de leur expression et à veiller, en toute indépendance et impartialité, à la non défaillance des débiteurs (pouvoirs publics ou personnes de droit privé).
Hiam Mouannès, « L'impartialité devant le Conseil d'Etat : la continuité d'une jurisprudence liée à l'office du juge du concret », La (dis)continuité en droit, LGDJ Lextenso éditions, 2014
La problématique de cette contribution au 10ème Colloque de l'IFR "Mutations des normes juridiques" tenu les 14-15 février 2013 concerne la difficulté pour le Conseil d'Etat de se départir d'une ligne jurisprudentielle continue, bien établie et fondée sur la nature de son office, alors que le Conseil constitutionnel, par la voie de la QPC, se fonde sur une lecture beaucoup plus protectrice d'une justice impartiale, parce que touchant au contrôle de la loi.
Si la continuité de la jurisprudence du Conseil d'Etat se trouve confortée à certains égards par le Conseil constitutionnel (décision n° 2011-199 QPC ; CE 24 janvier 2007, M. Alain A. et CE 3 décembre 2010, M. Martin A.), elle est souvent rattrapée par ce même juge de la constitutionnalité des lois (ex. 2010-10 QPC, 2010-110 QPC, 2011-147 QPC ou encore 2012-250 QPC).
Sont ainsi analysés certains arrêts clés du Conseil d'Etat, tels que celui du 21 octobre 2009 (M. Bertoni) ou ceux des 6 décembre 2002 (Trognon et Aïn Lhout).
A l'aune d'un arrêt pertinent pour la présente étude (CE 30 janvier 2008, Association orientation et rééducation des enfants et adolescents de la Gironde), on observe la frilosité de la position du Conseil d'Etat : la plus haute juridiction administrative reconnaît en effet que, dans certains cas, l'application du principe d'une impartialité objective ne satisfait pas aux exigences de l'article 6 § 1 de la Convention EDH. Cette inquiétude ressort d'ailleurs du rapport de 2010 dans lequel le Conseil d'Etat indique qu'"une justiciabilité digne de ce nom n'est pas assurée [en toute matière, en l'occurrence] en matière d'aide sociale".
Hiam Mouannès, « "La femme dans la guerre du 13 avril 1975 au Liban", contribution au colloque international tenu les 10 et 11 décembre 2012 à UT1 Capitole (Antenne de Montauban) sur le thème suivant : Le coeur de la guerre, une histoire de femmes (Ch. Mengès Le Pape, Dir.) », Le coeur de la guerre, une histoire de femmes, Presse de l'Université de Toulouse, 2013
Cette contribution se veut mettre en lumière le rôle et la dimension de la femme libanaise pendant la guerre de 1975. Parler de la femme dans la guerre au Liban conduit à livrer la plus profonde identité du pays du Cèdre et révéler le secret de sa force. La femme pendant la guerre au Liban ne s'est pas battue pour la parité, ni pour la promotion de la femme en tant que genre et dans l'absolu. Son combat fut lié à l'amour de son pays. Le 13 avril 1975 le Liban s'est vu précipité dans quinze années de peur, de larmes, de douleurs, de deuil et de ruines. Mais ce furent aussi quinze années de courage et de résistance. Cette contribution, à la marge du droit positif, évoque les ennemis des libertés qui se sont acharnés sur le Liban et montre comment, à travers cette tragédie, la femme s'est engagée. Elle l'a fait à sa manière et avec ses propres armes. La femme n'a certes pas été au premier plan pendant la guerre, mais elle y a joué un rôle essentiel. Elle était dans la défense de la dignité de la personne humaine et dans la construction de la paix, même lorsqu'elle portait le fusil.
Hiam Mouannès, « "Religion et droit, quels rapports ?", contribution au Colloque international des 14, 15 et 16 juin 2011 à UT1 Capitole (Antenne de Montauban) sur le thème : Face à une économie "sans foi ni loi", les religions et le droit (Ch. Mengès Le Pape, Dir.) », Face à une économie "sans foi ni loi", les religions et le droit, Presses de l'Université de Toulouse 1 Capitole, Publications du Centre universitaire de Tarn-et-Garonne, n° 7, 2012
Dans cette contribution, l'auteur revient sur les valeurs humanistes et universelles qui constituent le noyau dur de normes éminentes telles la Magna Carta Libertatum de 1215, le Bill of Right de 1689, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 ou encore de la Déclaration universelle de 1948 pour mettre en avant leur enracinement dans le droit, même si elles ont été nourries de la religion chrétienne notamment (le concept de "laïcité", séparant le laos du klêros, ramène à la nécessité de rendre "à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu" : Evangile de Saint Marc 12, 13-17).
Certes, croire ou ne pas croire est une affaire personnelle, substantiellement intime, ne relevant pas du "juridique", contrairement au droit posé par le souverain (ou ses représentants) et dont le respect s'impose à tous sous peine de sanction. Mais la présente contribution veut montrer que la religion (strictement religieuse ou plus largement spirituelle, philosophique et humaniste) agit de manière intrinsèque ou extrinsèque sur la société et sur la personne, qui à leur tour agissent sur le droit.
Hiam Mouannès, « La liberté religieuse au Liban, en France et en Turquie : une question d’héritage et d’identités propres, non exportables », Espace public et liberté religieuse, Presses de l’Université de Toulouse, 2012
Hiam Mouannès, « Liberté religieuse : entre universalisme et communautarisme, le droit constitutionnel libanais est-il à part ? », Actes du VIII° Congrès français de droit constitutionnel, AFDC, 2012
Hiam Mouannès, « Religion et droit, quels rapports ? », Face à une économie ‘‘sans foi ni loi’’ : les religions et le droit, Presses de l’Université de Toulouse 1 Capitole, 2012
Hiam Mouannès, « Liban : Justice et démocratie, un lien sacré constitutionnellement mais insuffisamment garanti », Justice et démocratie : matière à Constitution ?, L'Harmattan, 2010
Hiam Mouannès, « L’enseignement des religions au Liban : notre pain quotidien, pour le meilleur et pour le pire », L’enseignement des religions : Approches laïques et religieuses, Presses de l’Université de Toulouse 1 Capitole, 2010
Hiam Mouannès, « La mutation (pas si ?) tranquille du Conseil constitutionnel ou, après le temps de devenir, le temps d'exister », Actes du VIIème Congrès français de droit constitutionnel, AFDC, 2008
Hiam Mouannès, « Le praefectus, les deux faces dé-voilées du pouvoir », Bicentenaire du département de Tarn-et-Garonne : genèse, formation, permanence d'une trame administrative, Presses de l’Université des Sciences Sociales, 2008, pp. 221-264
Hiam Mouannès, « L’institution premier-ministerielle à l’orée des élections de 2007 : un concept dont la substance est à re-définir », Les élections présidentielles et législatives de 2007, Presses de l'Université Toulouse 1 Capitole, 2007, pp. 271-306
Hiam Mouannès, « Le pouvoir règlementaire autonome local : réelle ou virtuelle constitutionnalisation ? », Les nouveaux objets du droit constitutionnel, Presses de l’Université Toulouse 1 Capitole, 2006, pp. 145-168
Hiam Mouannès, « Le Conseil d’Etat et la notion d’impartialité, ou, la variable équation », Actes du VI° Congrès français de droit constitutionnel, AFDC, 2005
Hiam Mouannès, « The principle of secularism, a precious asset of the Republic and the basis for freedom and citizenship », International journal of legal information / International Association of Law Libraries, Institute for International Legal Information, 2022, n°12, pp. 48-54
Hiam Mouannès, Yalda Sacre, « Lorsque le juge libanais des référés inflige une leçon d'éthique aux parlementaires vaccinés alors qu'ils ne répondent à aucune condition leur donnant priorité. À propos de l'ordonnance-référé du 3 mars 2021, Monsieur Joseph el Hage c/ ministère de la Santé, n° 51/2021. », Politeia, Association française des auditeurs de l'Académie internationale de droit constitutionnel, 2021, n°392021, pp. 75-78
L'ordonnance-référé du 3 mars 2021 se situe dans le contexte de la pandémie sanitaire et approvisionnement du Liban en doses de vaccin. Elle est d’une importance capitale dans un pays gangréné par l’atonie et la corruption de la classe gouvernante et néanmoins tenu de respecter la stratégie mondiale de priorisation des populations à vacciner contre la Covid-19.
Dans le cas d'espèce le juge judiciaire rappelle alors leurs obligations règlementaires et éthiques aux parlementaires et au ministère de la Santé, laissant percevoir une lueur d’espoir en une justice libanaise si décriée en raison de son incapacité à lutter efficacement contre la corruption.
Hiam Mouannès, Yalda Sacre, « La loi du plus fort vs la force du droit légalement établi, à propos de l'ordonnance-référé du 6 juin 2021, Société HIS SARL c/ BANK Med SAL, n° 412/2020 », Politeia, Association française des auditeurs de l'Académie internationale de droit constitutionnel, 2021, n°392021, pp. 71-74
L'ordonnance-référé du 6 juin 2021 n'est pas une décision judiciaire banale. Le juge libanais a réalisé un acte de résistance face à un système politique et économique gangréné par la corruption et a posé une pierre à l'édifice de refonte de la confiance en la justice libanaise.
Hiam Mouannès, « Une loi électorale libanaise inspirée de l'Occident et préservant, en la sophistiquant, la démocratie consensuelle propre au Liban », Politeia , Association française des auditeurs de l'Académie internationale de droit constitutionnel (AFAAIDC) , 2018, n°342018
Le Parlement libanais a provoqué plusieurs colères et déceptions depuis le déclenchement de la guerre du 13 avril 1975. En effet, d’une autoprorogation de son mandat à l’autre, il a privé les citoyens de l’un de leurs droits politiques déterminant, celui de choisir leurs représentants à la Chambre des députés, l’unique chambre du Parlement. Les élections législatives des 27 et 29 avril (pour la diaspora) et du 6 mai 2018 (sur le territoire libanais) se sont tenues après trois autoreconductions du mandat du Parlement : en 2013, en 2014 puis en 2017. Elles ont eu lieu sur le fondement d’une loi électorale portant jusqu’à son paroxysme le modèle libanais structurellement communautaire.
La nouvelle loi, adoptée le 16 juin 2017 sous le numéro 44 établit en effet un mode de scrutin au suffrage universel direct à la représentation proportionnelle à un seul tour avec vote préférentiel connu dans plusieurs démocraties occidentales tels le Royaume de Belgique ou le Luxembourg. Elle y greffe cependant des modalités de calcul et de répartition des sièges d’une précision herculéenne, conjuguant l’inconjugable : la proportionnelle et le confessionnalisme politique.
Hiam Mouannès, « L'affectation du service public des élections présidentielle et législatives libanaises expliquée aux profanes », Journal de droit administratif (JDA), Université Toulouse 1 Capitole / Tribunal administratif de Toulouse, 2017, n°210
L'article (n° 210) est publié dans le Journal du Droit Administratif (JDA), 2017, dans la chronique Transformation(s) du Service Public, sous la direction du Professeur Mathieu Touzeil-Divina.
Il est accessible en ligne (il suffit de taper le titre sur Google) : "L'affectation du service public des élections présidentielle et législatives libanaises expliquée aux profanes".
Hiam Mouannès, « Un président d'une République libanaise ni indépendante ni souveraine », Politeia, Association française des auditeurs de l'Académie internationale de droit constitutionnel, 2016, n°30, pp. 95-109
Il s'agit dans cette contribution d'une réflexion sur la fin de la crise institutionnelle au Liban.
Cette crise a commencé avec la fin du mandat du président sortant Michel SLEIMAN le 25 mai 2014. Elle a duré deux ans et cinq mois en raison du défaut de quorum au Parlement libanais, chargé d'élire le chef de l'Etat (régime parlementaire classique).
La vacance présidentielle s'est terminée le 31 octobre 2016 par l'élection du général Michel AOUN. Or, le Parlement qui l'a élu ne bénéficie pas de l'onction populaire constitutionnellement exigée (la Chambre des députés avait en effet illégalement prorogé son propre mandat et à deux reprises : le 31 mai 2013 et le 5 novembre 2014).
Le 3 novembre 2016, Saad HARIRI est nommé Premier ministre (sur le fondement de consultations parlementaires qui lient le président de la République), et le 18 décembre de la même année le nouveau Gouvernement est formé (après plus de quarante jours de crise ministérielle).
Pour appréhender les secrets de cette fin de crise institutionnelle, deux points m'ont intéressé :
- Les règles et procédures propres à la désignation du président de la République et à la formation du Gouvernement dans le régime parlementaire libanais.
- Les linéaments constitutionnels et politiques d'affaiblissement du pouvoir suprême de la République libanaise.
En fond de tableau, l'accent est mis d’abord sur les tensions politico-stratégiques entre les deux communautés musulmanes (sunnite et chiite) dans la région (Syrie, Iran, Arabie Saoudite, Turquie, Yémen, etc.), ensuite sur le rapport des forces international (USA, Russie) et enfin sur la répercussion de ces tensions et rapports sur le Liban, encore debout mais faible, affaibli et profondément affecté dans sa souveraineté et son indépendance.
Hiam Mouannès, « Le sens de la laïcité et les limites du phénomène religieux à travers la jurisprudence du Conseil d’Etat », Politeia, Association française des auditeurs de l'Académie internationale de droit constitutionnel, 2016, n°29
Depuis les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015, la France s’est réveillée sur une tragédie qui ne peut (et ne doit) laisser ni indifférent ni inerte : le refus de certains de ses enfants, élèves dans des établissements publics d’enseignement, Ecole de la République, d’observer la minute de silence en hommage aux victimes de ces attentats (minute respectée sur tout le territoire national) au nom de leur désaccord avec certaines Unes de Charlie Hebdo, caricaturant les symboles de leur religion « d’appartenance ». Les terribles attentats du 12 novembre 2015 à Beyrouth, du 13 novembre 2015 à Paris, du 22 mars 2016 à Bruxelles, au cœur de l’Europe, du 27 mars 2016 à Lahore, du 27 juin 2016 à Al Qaa au Liban et du 29 juin 2016 à Istanbul, extériorisent une autre ampleur du phénomène et de certaines de ses conséquences : le départ de jeunes français vers des terres de djihad rejoindre le dénommé daech dans sa lutte contre l’Occident ; l’infiltration de djihadistes au cœur de l’humanité pour semer la terreur contre tous ceux qu’ils considèrent comme « infidèles » ; un endoctrinement, une radicalisation extrême et une menace terroriste qu’il faudra néanmoins combattre « avec les armes de l’Etat de droit ». Dans son rapport sur le projet de loi qui sera la loi du 09 décembre 1905 relative à la séparation des Eglises et de l’Etat, Arstide Briand écrivait ceci : « En le votant, vous ramènerez l’Etat à une juste appréciation de son rôle et de sa fonction : vous rendrez la République à la véritable tradition révolutionnaire et vous aurez accordé à l’Eglise ce qu’elle a seulement le droit d’exiger, à savoir la pleine liberté de s’organiser, de vivre, de se développer selon ses règles et par ses propres moyens, sans autre restriction que le respect des lois et de l’ordre public ». Malgré la limpidité des objectifs ciblés par la loi de 1905 (ôter toute « emprise de la religion sur la société », préserver la liberté religieuse en tant que liberté fondamentale et admettre les restrictions à son exercice lorsqu’il s’agit du respect de la loi et de la prévention des atteintes à l’ordre public), des interrogations n’ont jamais cessé et sont de plus en plus brûlantes sur le « sens », « l’objet » et la « finalité » de la laïcité. La laïcité se veut en effet refouler les religions dans leur sphère naturelle, c’est-à-dire strictement privée. Néanmoins, la question des rapports entre le droit et les religions ne cesse d’être posée. Y-a-t-il, d’une manière générale, une quelconque contradiction ou ambiguïté de la liberté religieuse dans un Etat laïque ? Quelles sont les limites (normatives et jurisprudentielles) du phénomène religieux ? Quelle application le juge fait-il de la laïcité et comment lirait-il la notion de neutralité, corollaire de la laïcité de l’Etat, pour la concilier avec la nécessité de protéger la liberté religieuse, liberté fondamentale, et prévenir les atteintes à l’ordre public ? Quel est le poids des dogmes religieux dans la vie intime de certains citoyens-fidèles ? Comment se fait-il que l’appartenance religieuse devient, pour certains citoyens français, une identité propre prévalant l’adhésion à la Nation française ? Où-est-ce et dans quels domaines la République française a loupé le coche ? Quelle conscience collective nationale permet à la laïcité de prospérer outre Atlantique et d’être annihilée au Liban ? Quelles sont les multiples exercices de la laïcité sur le territoire français ? Dans une démocratie à la recherche de ses repères, est-ce la laïcité ou sont-ce plutôt les valeurs que celle-ci promeut qui sont susceptibles d’incarner ce défi ? Comment permettre à la laïcité française de ne pas être seulement juridiquement un « élément de l’identité constitutionnelle de la France » ? Comment ôter à la laïcité française sa fausse réputation de « doctrine » se substituant et/ou s’imposant à toutes les autres ? Comment permettre de la protéger et de la promouvoir en tant que « principe d’organisation de l’Etat » pour être vécue et ressentie comme une réelle et efficiente « valeur partagée », transcendant, sans les annihiler
Hiam Mouannès, « Modifier la rhétorique juridictionnelle ou protéger, par la force de la loi, la petite enfance des options religieuses de ses éducateurs, à propos de l'arrêt de la Cour de cassation n° 536 du 19 mars 2013 (affaire de la crèche Baby Loup) », Politeia, , 2013, n°23
Cette contribution a été finalisée avant la décision du 27 novembre 2013 de la Cour d'appel de Paris qui, contrairement à la Cour de cassation (du 19 mars 2013) a confirmé la légalité du licenciement de la requérante.
Dans sa décision du 19 mars 2013, la juridiction judiciaire suprême avait en effet cassé la décision de la Cour d'appel de Versailles au motif que le règlement de la crèche Baby Loup instaure "une restriction générale et imprécise", privant les "salariés des employeurs de droit privé qui ne gèrent pas un service public [...] de la protection que leur assurent les dispositions du code du travail". Cette contribution met alors en évidence la tension entre les deux principe et droit fondamental que sont la laïcité d'une part et la liberté religieuse d'autre part. Elle fait ressortir la flagrance de l'atteinte portée -au nom de la liberté religieuse et de la sphère privée dans laquelle un "salarié" peut avoir à l'exprimer- au droit de la petite enfance d'être protégée des options religieuses de ses éducateurs.
Après un rappel des sources de la laïcité en France, se présentant comme un rempart contre l'interventionnisme religieux, Hiam Mouannès situe la problématique au niveau des moyens invoqués par les juges pour fonder leurs décisions. Elle propose une redéfinition de la mission d'éducateurs dans des établissements non-confessionnels accueillant des jeunes enfants sans distinction d'origine ou de religion.
Vue du côté de la Cour de cassation : le règlement intérieur est un moyen insuffisant de licenciement et illégal dans l'espace concerné.
Vue de la Cour d'appel de Paris (décision du 27 novembre 2013), la mission assurée par la crèche Baby Loup est une mission "d'intérêt général" quand bien même cette mission est assurée par "une personne de droit privé". Dès lors, cette personne morale "peut dans certaines circonstances constituer une entreprise de conviction au sens de la jurisprudence de la Cour EDH et se doter de statuts et d'un règlement intérieur prévoyant une obligation de neutralité du personnel dans l'exercice de ses tâches". D'une manière très subtile, la Cour d'appel de Paris oriente également son objectif vers la "petite enfance" en considérant le cas particulier de "l'exigence professionnelle essentielle et déterminante de respecter et protéger la conscience en éveil des enfants, même si cette exigence ne résulte pas de la loi".
Hiam Mouannès, « L'impartialité de la justice, une Question prioritaire de constitutionnalité », Revue française de droit constitutionnel (RFDC), , 2012, n°91
La conception essentialiste de l'impartialité de la justice est intimement liée à une philosophie du for interieur, la rendant fluctuante, fuyante et subjective par nature (lire le discours de G. Canivet à l'Audience solennelle du 6 janvier 2006 devant la Cour de cassation). D'une manière plus positiviste, et dans un sous-jacent dialogue avec les juges nationaux et européens, le Conseil constitutionnel se situe dans une démarche tendant à l'annihilation intrinsèque de tout doute légitime sur l'impartialité des juridictions.
En effet, contrairement au juge du concret (lequel s'efforce de trouver un équilibre entre l'être et le paraître de la justice, c'est-à-dire prendre en compte chaque cas d'espèce pour examiner si, dans le cas précis qui lui est soumis, les personnes ayant siégé lors des délibérations administratives, ou ayant provoqué les poursuites, ont statué ensuite en formation disciplinaire pour connaître de la même affaire), le Conseil constitutionnel est appelé à s'assurer de la sécurité juridique des normes législatives. Aussi, il ne peut se satisfaire de l'interprétation "située" de la norme par le juge du fond lequel peut, le cas échéant, écarter au motif d'inconventionnalité tout risque d'impartialité à l'espèce. Le juge constitutionnel impose au législateur, et a fortiori aux juges ordinaires, une obligation de protéger effectivement et de manière visible tout requérant des risques d'une méconnaissance de l'exigence d'impartialité. La clé de l'impartialité se situe dans la norme législative prise en conformité avec la Constitution et s'imposant à tous sous le contrôle du juge. Cette clé se décline en deux éléments : l'indissociabilité entre le principe d'impartialité et l'exercice de fonctions juridictionnelles ; l'existence de garanties législatives d'impartialité.
Hiam Mouannès, « L’impartialité dans le viseur de la QPC », Constitutions : revue de droit constitutionnel appliqué, Dalloz, 2012, n°2
Hiam Mouannès, « Le principe d'égalité au Liban, une valeur universelle affectée par son caractère substantiellement communautaire », Politeia, , 2012, n°19
Hiam Mouannès, « La procédure de formation d'un nouveau gouvernement au Liban : entre processus judiciaire et tensions régionales », Constitutions : revue de droit constitutionnel appliqué, Dalloz, 2011, n°2
Hiam Mouannès, « Les articles 5 et 20 de la Constitution, la réalité d’une fiction », Annales de l'Université des sciences sociales de Toulouse, Presses de l'Universitédes Sciences Sociales, 2011, n°1
Hiam Mouannès, « L'accord de Doha du 21 mai 2008 : Accord de droit inter(-)national », Revue Maghreb-Machrek, , 2010, n°205
Hiam Mouannès, « L’enseignement des religions au Liban : les épreuves d'une liberté », Revue du droit public et de la science politique en France et à l'étranger (RDP), , 2010, n°3
Hiam Mouannès, « Contrat de partenariat : la relativité de la notion d'urgence liée à un retard préjudiciable (à propos de la décision de la Cour administrative d'appel de Nantes du 23 janvier 2009, Département du Loiret, requête n° 08NT01579) », La semaine juridique. Administrations et collectivités territoriales (JCP A), Éditions du Juris-classeur - LexisNexis , 2009, n°23, pp. 26-29
Hiam Mouannès, « Le contrat de partenariat rattrapé par le Conseil constitutionnel ou, comment sauver les PME d'un éventuel statut éternel de sous-traitants », Les Petites affiches, Lextenso, 2008, n°158
Hiam Mouannès, « L'autre face du contrat de partenariat ou le tribunal administratif au secours des PME », Petites affiches, Lextenso, 2008, n°144
Hiam Mouannès, « Liban, 33 jours de guerre (juillet-août 2006) », Annales de l'Université des sciences sociales de Toulouse, Presses de l'Universitédes Sciences Sociales, 2007, n°49
Hiam Mouannès, « Liban… et la Nation naquit. Contexte de l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais, Rafik HARIRI », Revue des sciences politiques, Fondation Nationale des Sciences Politiques, 2005, n°54
Hiam Mouannès, « La nouvelle décentralisation, un régionalisme émancipateur (LC n° 2003-276 du 28 mars 2003) », Droit écrit : revue de la Faculté de droit de Toulouse, Presses de L'Université des sciences sociales de Toulouse, 2003, n°4
Hiam Mouannès, « La contestation de la loi par et devant le Conseil d’Etat », Revue de la recherche juridique : droit prospectif, Presses universitaires d’Aix-Marseille, 2003, n°3
Hiam Mouannès, « L’autonomie constitutionnelle et les communautés religieuses au Liban »: Contribution au colloque international sur L’autonomie Constitutionnelle, Revue des sciences politiques, Fondation Nationale des Sciences Politiques, 2003, n°50
Hiam Mouannès, « L'hommage au Doyen Vedel », Droit écrit : revue de la Faculté de droit de Toulouse, Presses de L'Université des sciences sociales de Toulouse, 2001, n°3
Hiam Mouannès, « Le fonctionnement et l’autorité du Conseil constitutionnel libanais », Droit écrit : revue de la Faculté de droit de Toulouse, Presses de L'Université des sciences sociales de Toulouse, 2001, n°1
Hiam Mouannès, « Le parrainage et la démocratie »: Table ronde sur l’Election présidentielle de 1995, Revue des sciences politiques, Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1995, n°34
Hiam Mouannès, « Peut-on encore sauver le Liban ? », Revue des sciences politiques, Fondation Nationale des Sciences Politiques, 1993, n°29
Hiam Mouannès, « Rebâtir la pleine souveraineté du Liban », le 26 septembre 2025
Colloque organisé par l'IMH, Université Toulouse Capitole sous la direction scientifique de Hiam Mouannès, Maître de conférences de droit public à l'Institut Maurice Hauriou (IMH)
Hiam Mouannès, « Dialogues théologiques et juridiques », le 26 novembre 2024
Colloque organisé par le CTHDIP, Université Toulouse Capitole sous la direction scientifique de Christine Mengès-Le Pape (CTHDIP)
Hiam Mouannès, « De l'université à la société : laïcité », le 26 mai 2023
Colloque organisé par la faculté de droit, Université Toulouse 1 Capitole sous la direction du Pr. M. Touzeil-Divina
Hiam Mouannès, « Vivante laï-cité », le 09 décembre 2022
Organisé par l'Université de Toulon sous la responsabilité scientifique de Sylvie Schmitt
Hiam Mouannès, « La liberté, études théologiques et juridiques », le 14 juin 2022
Organisée par le CTHDIP, Université de Toulouse 1 Capitole
Hiam Mouannès, « Migrations et résilience : le pari du Liban », le 24 mars 2022
Organisé par la Chaire Francophonies et migrations appartenant à l’Unité de Recherche Céres, Institut Catholique de Toulouse
Hiam Mouannès, « 6 mois après le vote de la loi dite séparatisme, quelles autres séparations ? », le 06 janvier 2022
Organisé par le LAIC, Laboratoire d'Analyse(s) Indépendant sur les Cultes - Laïcité(s), en partenariat avec l'Institut Maurice Hauriou, Université Toulouse 1 Capitole
Hiam Mouannès, « La loi de solidarité », le 16 septembre 2019
Organisé par le CTHDIP, sous la direction de Christine Mengès-Le Pape
Hiam Mouannès, « Laïcité et défense de l’Etat de droit », le 11 avril 2019
Organisé par l'IFR et son équipe UTELIB (Unité Toulousaine d’études des Libertés) sous la responsabilité scientifique de Joël Andriantsimbazovina, Professeur de Droit public, UT Capitole
Hiam Mouannès, « La territorialité de la laïcité », le 28 mars 2018
Colloque organisé par l'IMH et l'IDETCOM sous la Direction scientifique de Hiam Mouannès, Institut Maurice Hauriou.
Hiam Mouannès, « La laïcité à l'œuvre et à l'épreuve », le 29 mars 2017
Organisation scientifique : Hiam Mouannès, Maître de Conférences, HDR, Université Toulouse Capitole, IMH
Hiam Mouannès, « Le sens de la laïcité et les limites du phénomène religieux à travers la jurisprudence du Conseil d’Etat », Le sens de la laïcité et les limites du phénomène religieux à travers la jurisprudence du Conseil d’Etat, Antenne de l'Université Toulouse Capitole de Montauban, le 01 janvier 2016
Depuis les attentats des 7, 8 et 9 janvier 2015, la France s’est réveillée sur une tragédie qui ne peut (et ne doit) laisser ni indifférent ni inerte : le refus de certains de ses enfants, élèves dans des établissements publics d’enseignement, Ecole de la République, d’observer la minute de silence en hommage aux victimes de ces attentats (minute respectée sur tout le territoire national) au nom de leur désaccord avec certaines Unes de Charlie Hebdo, caricaturant les symboles de leur religion « d’appartenance ».
Les terribles attentats du 12 novembre 2015 à Beyrouth, du 13 novembre 2015 à Paris, du 22 mars 2016 à Bruxelles, au cœur de l’Europe, du 27 mars 2016 à Lahore, du 27 juin 2016 à Al Qaa au Liban et du 29 juin 2016 à Istanbul, extériorisent une autre ampleur du phénomène et de certaines de ses conséquences : le départ de jeunes français vers des terres de djihad rejoindre le dénommé daech dans sa lutte contre l’Occident ; l’infiltration de djihadistes au cœur de l’humanité pour semer la terreur contre tous ceux qu’ils considèrent comme « infidèles » ; un endoctrinement, une radicalisation extrême et une menace terroriste qu’il faudra néanmoins combattre « avec les armes de l’Etat de droit ».
Dans son rapport sur le projet de loi qui sera la loi du 09 décembre 1905 relative à la séparation des Eglises et de l’Etat, Arstide Briand écrivait ceci : « En le votant, vous ramènerez l’Etat à une juste appréciation de son rôle et de sa fonction : vous rendrez la République à la véritable tradition révolutionnaire et vous aurez accordé à l’Eglise ce qu’elle a seulement le droit d’exiger, à savoir la pleine liberté de s’organiser, de vivre, de se développer selon ses règles et par ses propres moyens, sans autre restriction que le respect des lois et de l’ordre public ».
Malgré la limpidité des objectifs ciblés par la loi de 1905 (ôter toute « emprise de la religion sur la société », préserver la liberté religieuse en tant que liberté fondamentale et admettre les restrictions à son exercice lorsqu’il s’agit du respect de la loi et de la prévention des atteintes à l’ordre public), des interrogations n’ont jamais cessé et sont de plus en plus brûlantes sur le « sens », « l’objet » et la « finalité » de la laïcité.
La laïcité se veut en effet refouler les religions dans leur sphère naturelle, c’est-à-dire strictement privée. Néanmoins, la question des rapports entre le droit et les religions ne cesse d’être posée. Y-a-t-il, d’une manière générale, une quelconque contradiction ou ambiguïté de la liberté religieuse dans un Etat laïque ? Quelles sont les limites (normatives et jurisprudentielles) du phénomène religieux ? Quelle application le juge fait-il de la laïcité et comment lirait-il la notion de neutralité, corollaire de la laïcité de l’Etat, pour la concilier avec la nécessité de protéger la liberté religieuse, liberté fondamentale, et prévenir les atteintes à l’ordre public ? Quel est le poids des dogmes religieux dans la vie intime de certains citoyens-fidèles ?
Comment se fait-il que l’appartenance religieuse devient, pour certains citoyens français, une identité propre prévalant l’adhésion à la Nation française ? Où-est-ce et dans quels domaines la République française a loupé le coche ? Quelle conscience collective nationale permet à la laïcité de prospérer outre Atlantique et d’être annihilée au Liban ? Quelles sont les multiples exercices de la laïcité sur le territoire français ?
Dans une démocratie à la recherche de ses repères, est-ce la laïcité ou sont-ce plutôt les valeurs que celle-ci promeut qui sont susceptibles d’incarner ce défi ? Comment permettre à la laïcité française de ne pas être seulement juridiquement un « élément de l’identité constitutionnelle de la France » ? Comment ôter à la laïcité française sa fausse réputation de « doctrine » se substituant et/ou s’imposant à toutes les autres ? Comment permettre de la protéger et de la promouvoir en tant que « principe d’organisation de l’Etat » pour être vécue et ressentie comme une réelle et efficiente « valeur partagée », transcendant, sa
Hiam Mouannès, « La justice entre théologie et droit », le 09 juin 2015