Christophe Caron

Professeur
Droit privé et sciences criminelles.
Faculté de Droit

Laboratoire de droit privé
  • Christophe Caron, Laurent Leveneur, David Chilstein, William Dross, Dominique Fenouillet, Les nouveaux biens: nouvelles qualifications ou nouveaux régimes ? actes du XIIe colloque organisé par le Master recherche Droit privé général et Laboratoire de droit civil de l'Université Paris II Panthéon-Assas, 12 avril 2018, Conseil supérieur du notariat, Dalloz, 2020, Thèmes et commentaires, 131 p.      

    Du fait des profondes mutations que connaît notre société, le droit des biens est aujourd'hui sommé d'élargir son domaine à toute chose présentant une quelconque valeur, et, partant, constituant une richesse. A l'occasion du 12e colloque annuel du Master Droit privé général de l'Université Panthéon-Assas, d'éminents spécialistes se sont proposés d'étudier l'appréhension par cette matière de certaines de ces nouvelles richesses - économiques (oeuvres libres, crypto-actifs...), humaines (corps humain, embryon) et environnementales (vivant breveté, quotas d'émission) -, en vue d'en mesurer tant l'opportunité que l'incidence sur les concepts juridiques qui la régissent. Cet ouvrage, réunissant les actes du colloque du 12 avril 2018, assure la diffusion de cette réflexion fructueuse.

    Christophe Caron, Droit d'auteur et droits voisins, LexisNexis, 2020, Manuel, 715 p. 

    Christophe Caron, Droit d'auteur et droits voisins, LexisNexis, 2017, Manuel, 673 p. 

    Christophe Caron, Alain Absire, Agnès Fruman, Nicolas Georges, Le nouveau contrat d'édition à l'ère numérique: rencontre organisée par la Sofia, le 5 février 2015, à la Maison de la Poésie - Scène littéraire, Sofia, 2015, 68 p. 

    Christophe Caron, Droit d'auteur et droits voisins, LexisNexis, 2015, Manuel, 636 p. 

    Christophe Caron, Droit d'auteur et droits voisins, LexisNexis, 2013, Manuel, 623 p. 

    Christophe Caron, Droit d'auteur et droits voisins, LexisNexis, Litec, 2009, Manuels, 564 p. 

    Christophe Caron, Droit d'auteur et droits voisins, LexisNexis, Litec, 2006, Manuels, 508 p. 

    Christophe Caron, Patrick Tafforeau, André Françon, Daniel Bécourt, Valérie-Laure Benabou, La radiodiffusion par satellite et la retransmission par câble: aspects de droit privé et de droit public [actes du] colloque sous la présidence de André Françon [organisé le 18 juin 1998 par l'] Université d'Évry - Val d'Essonne, l'Harmattan, 2005 

    Christophe Caron, Hervé Lécuyer, Le droit des biens, Dalloz, 2002, Connaissance du droit, 138 p. 

    Christophe Caron, Patrick Tafforeau, André Françon, Daniel Bécourt, Valérie-Laure Benabou, La radiodiffusion par satellite et la retransmission par câble: aspects de droit privé et de droit public [actes du] colloque sous la présidence de André Françon [organisé le 18 juin 1998 par l'] Université d'Évry - Val d'Essonne, l'Harmattan, 2000, 170 p.  

    Christophe Caron, Abus de droit et droit d'auteur, Litec, 1998, Le droit des affaires (Propriété intellectuelle), 341 p.  

    Christophe Caron, André Françon, Abus de droit et droit d'auteur: contribution à l'étude de la théorie de l'abus de droit en droit français, 584 p. 

  • Christophe Caron, préface à Maïté Guillemain, L'application du RGPD par les organisations, Éditions EMS, Management & société, 2019, 163 p.   

    Christophe Caron, préface à Charles Masson, La dualité de l'action en contrefaçon de droit d'auteur: contribution à la théorie des droits subjectifs, Institut de Recherche en Propriété Intellectuelle éditions, 2019, Collection Thèses, 553 p.  

    La 4e de couv. indique : "L'action civile en contrefaçon de droit d'auteur a une nature juridique duale : elle est d'une part une action défensive d'un droit subjectif, plus précisément une action réelle (comparable à l'action en revendication), d'autre part une action en responsabilité civile délictuelle. Or, de cette dualité naît une contradiction. En tant qu'action défensive, l'action est vouée à l'automaticité, la contrefaçon devant être la seule condition de son succès, à l'exclusion de la faute et du préjudice. Mais en tant qu'action en responsabilité, elle est vouée à la casuistique, au respect des conditions contenues aux articles 1240 et suivants du Code civil. Face à cette contradiction, le droit positif tend à privilégier la nature réelle de l'action. Depuis les années quatre-vingt-dix, en effet, les règles classiques de la responsabilité n'ont cessé d'être évincées du procès en contrefaçon. En guise de justification, on évoque parfois le caractère « lucratif » de la contrefaçon et la nécessité qu'il y aurait de s'affranchir de règles faisant le jeu du contrefacteur – en particulier celle de la réparation intégrale. Il reste que cette évolution est critiquable, puisqu'elle crée un hiatus entre le régime de l'action et sa nature juridique. Au contraire, il faut admettre un principe dit « de variabilité », en vertu duquel le régime de l'action varie selon l'objet considéré : automatique lorsqu'elle vise à faire cesser la contrefaçon, elle doit renouer avec les règles classiques de la responsabilité lorsqu'elle vise la réparation. Quant au caractère lucratif de la contrefaçon, sa neutralisation ne doit pas passer par le forçage du principe de la réparation intégrale, mais par la consécration d'un tiers objet autonome : la restitution des gains illicites. L'action en contrefaçon serait ainsi efficace, sans pour autant violer sa nature, ni la tradition juridique française."

    Yves Reboul, préface à Christel Simler, Droit d'auteur et droit commun des biens, Litec, 2010, Collections du CEIPI, 513 p. 

    Christophe Caron, préface à Patrick Tafforeau, Droit de la propriété intellectuelle: propriété littéraire et artistique, propriété industrielle, droit international, Gualino éd., 2009, Manuels, 554 p. 

    Christophe Caron, préface à Sébastien Raimond, La qualification du contrat d'auteur, Litec, 2009, Le droit des affaires (Propriété intellectuelle), 480 p. 

    Christophe Caron, préface à Patrick Tafforeau, Droit de la propriété intellectuelle: propriété littéraire et artistique, propriété industrielle, droit international, Gualino éditeur, 2007, Fac universités (Manuels), 610 p. 

  • Christophe Caron, Alejandra Medina-Rivera, Matthieu Defrance, Olivier Sand, Carl Herrmann, « RSAT 2015: Regulatory Sequence Analysis Tools », Nucleic Acids Research, Oxford University Press, 2015, n°1   

    Christophe Caron, « Les clairs-obscurs de la rémunération pour copie privée », Recueil Dalloz, Dalloz , 2001, n°42, p. 3421  

  • Christophe Caron, « Droit(s) et musique », le 14 novembre 2025  

    Colloque organisé par la BNF, la Faculté de droit, Université Paris 13 Sorbonne Paris Nord, l'IRDA, le CRJP et l'Université d'Orléans sous la direction scientifique de Géraldine Goffaux Callebaut, Pr. de droit privé et sciences criminelles, Université d’Orléans ; Didier Guével, Pr. de droit privé et sciences criminelles, Doyen honoraire de la Faculté de Droit et Sciences politiques et sociales, Université Paris 13 et Julie Ladant, Directrice du département Droit, Économie, Politique, BnF

    Christophe Caron, « Formes, motifs, positions, couleurs : les marques non traditionnelles en question », le 04 avril 2024  

    Conférence organisée par le CEIPI, Université de Strasbourg

    Christophe Caron, « Les 30 ans du Code de la propriété intellectuelle », le 01 juillet 2022  

    Organisé conjointement par le CEIPI, le Centre Paul Roubier et l’EFB, en partenariat avec Fovea IP, l'AFPPI, la CNCPI, l'ASPI, LexisNexis et avec le soutien de l'APRAM, sous la responsabilité scientifique de Yann Basire, Pascal Kamina et Franck Macrez

    Christophe Caron, « Le droit contractuel des auteurs et des artistes-interprètes après la directive du 17 avril 2019 », le 18 juin 2021  

    Organisé par l’IRPI, Paris II Panthéon-Assas

    Christophe Caron, « Mode et Influenceurs », le 02 mars 2020  

    Organisé par Marie Malaurie-Vignal, professeur agrégée à l’UVSQ – Paris-Saclay en partenariat avec l’Institut Droit Ethique Patrimoine, IDEP, Isabelle Gavanon, Avocat à la Cour, cabinet DELCADE et Dalloz IP/IT pour la publication des actes

    Christophe Caron, « La place de la Cour d’appel de Paris dans le droit de la propriété intellectuelle », le 24 mai 2018  

    Colloque de la Cour d'appel de Paris, soutenu par l'AFDIT

    Christophe Caron, « Bon anniversaire à la loi de 1957 », le 06 avril 2018  

    Organisé sous la direction scientifique d’Alexandra Bensamoun, Pr. en droit privé à l’Université de Rennes 1, grâce au soutien de Sacem Université, l’Université Paris-Sud/Paris-Saclay (CERDI ), l’AFPIDA (branche française de l’ALAI) et la RIDA

    Christophe Caron, « L’influence de la jurisprudence de la Cour de justice de l’Union européenne sur le droit français de la propriété intellectuelle », le 16 mars 2018  

    Organisé par la Cour de Cassation et le Master de droit de la propriété intellectuelle appliquée de la Faculté de droit de Paris-Est Créteil, avec le soutien de l’Association française de droit à l’information et de la télécommunication, AFDIT

    Christophe Caron, « La prescription des actions en nullité des titres de propriété industrielle », le 15 mars 2018 

    Christophe Caron, « Les inventions mises en œuvre par ordinateur : pratiques et perspectives », le 24 novembre 2017  

    Proposé par l’Association des Anciens du Centre d’Études Internationales de la Propriété Intellectuelle (AACEIPI), en partenariat avec le CEIPI

    Christophe Caron, « Liens hypertextes et droit », le 16 novembre 2017  

    Organisé par le Centre d’Études Juridiques et Économiques du Multimédia

    Christophe Caron, « La jurisprudence de la Cour de cassation en droit de la propriété intellectuelle dans l’univers numérique », le 03 mars 2017  

    La Cour de cassation, la Faculté de droit de Paris-Est Créteil et l’AFDIT s’associent pour organiser un colloque dédié à la jurisprudence de la Cour de cassation en droit de la propriété intellectuelle dans l’univers numérique.

    Christophe Caron, « Droit(s) et Street Art », le 14 octobre 2016  

    Le street art, ou art urbain, est un courant artistique né dans les années 1960/1970 aux Etats-Unis à la suite de l’apparition de la bombe aérosol...

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Charles Masson, La dualité de l'action en contrefaçon de droit d'auteur, thèse soutenue en 2016 présidée par Patrice Jourdain, membres du jury : Nicolas Binctin (Rapp.), Michel Vivant (Rapp.), Frédéric Bicheron    

    L’action civile en contrefaçon de droit d’auteur a une nature juridique duale : elle est d’une part une action défensive d’un droit subjectif, plus précisément une action réelle (comparable à l’action en revendication), d’autre part une action en responsabilité civile délictuelle. Or de cette dualité naît une contradiction. En tant qu’action défensive, l’action est vouée à l’automaticité, la contrefaçon devant être la seule condition de son succès, à l’exclusion de la faute et du préjudice. Mais en tant qu’action en responsabilité, elle est vouée à la casuistique, au respect des conditions contenues aux articles 1382 et suivants du Code civil. Face à cette contradiction, le droit positif tend à privilégier la nature réelle de l’action. Depuis les années quatre-vingt-dix, en effet, les règles classiques de la responsabilité n’ont cessé d’être évincées du procès en contrefaçon. En guise de justification, on évoque parfois le caractère « lucratif » de la contrefaçon et la nécessité qu’il y aurait de s’affranchir de règles faisant le jeu du contrefacteur - en particulier celle de la réparation intégrale. Il reste que cette évolution est critiquable, puisqu’elle crée un hiatus entre le régime de l’action et sa nature juridique. Au contraire, il faut admettre un principe dit « de variabilité », en vertu duquel le régime de l’action varie selon l’objet considéré : automatique lorsqu’elle vise à faire cesser la contrefaçon, elle doit renouer avec les règles classiques de la responsabilité lorsqu’elle vise la réparation. Quant au caractère lucratif de la contrefaçon, sa neutralisation ne doit pas passer par le forçage du principe de la réparation intégrale, mais par la consécration d’un tiers objet autonome : la restitution des gains illicites. Ainsi, l’action en contrefaçon serait efficace, sans pour autant violer sa nature, ni la tradition juridique française.

    Florence Meuris, Les conflits de lois dans le temps en droit de la propriété intellectuelle, thèse soutenue en 2011 présidée par Louis Bach, membres du jury : Michel Vivant (Rapp.), André Lucas (Rapp.), Marie-Élodie Ancel      

    Le droit transitoire est une discipline dont la vocation est universelle. Cet ensemble de règles a pour finalité de permettre la découverte de la loi applicable à un fait ou un acte donné. Tout comportement a une traduction juridique, même neutre, selon une norme unique. À ce titre, peu importe le domaine du Droit concerné. De nombreuses règles, forgées par la doctrine et la jurisprudence à partir de l’article 2 du Code civil, permettent à l’interprète de la loi nouvelle de décliner le principe de non rétroactivité selon les spécificités d’une espèce. Par exception, le législateur peut proposer lui-même des dispositions transitoires, qui s’avèrent pour la plupart, en droit de la propriété intellectuelle, conformes au principe de sécurité juridique. D’une manière générale, l’opération de qualification nécessaire porte sur l’acte ou le fait étudié ou bien sur la norme nouvelle elle-même. L’étude menée a pour objet la transposition de cette opération de qualification au sein du domaine précis de la propriété intellectuelle. Dans cette optique, les notions de « droit acquis » et de « situation juridique » sont confrontées aux spécificités de la discipline, dont la filiation apparente avec le droit des biens est parfois source d’erreurs. En plus de ces qualifications qui se rapportent aux éléments saillants d’une espèce donnée, sont également recherchées en droit de la propriété intellectuelle les illustrations des qualifications classiques de « loi interprétative », de « loi pénale plus douce », de « loi d’ordre public » et de « loi de procédure ». Leur signification transitoire est appréciée au regard de l’exigence de sécurité juridique, fil conducteur de toute discussion relative à la résolution d’un conflit de lois dans le temps. Au cours de cette étude, les systèmes de protection très disparates qu’offre le droit de la propriété intellectuelle à tout créateur ou « découvreur », apparaissent comme autant de facteurs d’une diversité jurisprudentielle gênante. À l’inverse, le mécanisme de réservation d’une chose intellectuelle semble constituer un dénominateur commun intéressant. Celui-ci trouve une traduction efficace avec la notion de « situation juridique » écrite de cette manière : « titularité d’un droit de propriété intellectuelle ». Par suite, l’indépendance de la matière se confirme et ses disparités internes sont gommées. Seulement, si l’exigence de sécurité juridique commande de retenir la notion de « situation juridique », il convient, au contraire, de se méfier de la notion de « droit acquis ». De plus, il est constaté que l’utilisation de la notion de «loi d’ordre public » n’est pas conforme à l’exigence de sécurité juridique, quand le maniement de la qualification de « loi de procédure » se révèle souvent délicate. Enfin, la notion de « loi interprétative » semble implicitement justifier de nombreux choix jurisprudentiels, orientés par l’absence de nouveauté manifeste de la norme nouvelle. Il convient alors de proposer la qualification de « loi de codification ».

    Sébastien Raimond, La qualification des contrats d'auteur, thèse soutenue en 2008, membres du jury : Tristan Azzi, Philippe Dupichot, Jacques Raynard et Philippe Stoffel-Munck      

    La qualification du contrat au regard du droit d’auteur met en exergue un renversement de la logique présidant habituellement à la construction des catégories contractuelles : les divers contrats nommés et, au-delà, tous les contrats d’auteur, sont moins définis par égard à leurs effets, à savoir le transfert de droit et les obligations qui en sont la contrepartie, que par référence à leur environnement. En effet, alors que l’effet translatif est commun à tout contrat d’auteur, sa qualification dépend avant tout de son environnement « matériel », c’est-à-dire du type d’oeuvre de l’esprit ou de droit d’exploitation visés au contrat, ou de son environnement humain, c’est-à-dire la qualité des parties, notamment celle d’auteur. À l’inverse de la qualification du contrat au regard du droit d’auteur, celle du contrat d’auteur au regard du droit civil dépend plus de ses effets que de son environnement, ce qui s’avère logique dès lors que les catégories contractuelles du code civil ne sont pas définies en fonction de ce dernier. Dès lors que la nature du droit d’auteur ne constitue pas un obstacle aux qualifications civiles, les effets du contrat constituent les seuls critères de distinction opératoires. Lorsque l’obligation d’exploiter ne peut être réduite à une obligation accessoire, la qualification de vente ne peut qu’être évincée. Les modalités de la maîtrise de l’exploitation font alors apparaître que les contrats d’édition, de représentation et de production audiovisuelle sont en réalité, le plus souvent, des contrats de bail.

  • Quentin Amat, Le principe de proportionnalité en droit de la propriété intellectuelle, thèse soutenue en 2022 sous la direction de Marie-Élodie Ancel et Maïté Guillemain, membres du jury : Alexandra Bensamoun (Rapp.), Alexandre Zollinger (Rapp.), Alain Girardet et Peggy Ducoulombier      

    Le principe de proportionnalité recouvre un champ d’application large, découlant de la protection des droits fondamentaux, dont la propriété intellectuelle fait indéniablement partie. Sa mise en œuvre, par plusieurs types de contrôles de proportionnalité, a bouleversé les certitudes doctrinales et enclenché une réflexion relative à la motivation et l’interprétation juridique. Le plus discuté desdits contrôles de proportionnalité est celui utilisé en cas de conflit fondamental. Son impact au niveau judiciaire s’est fait en plusieurs étapes. Il a pour origine la jurisprudence des deux cours européennes, elle-même inspirée du principe de proportionnalité allemand. La Cour européenne des droits de l’homme et la Cour de justice de l’Union européenne ont développé leurs propres contrôles de proportionnalité pour résoudre un conflit entre droits fondamentaux. Si la première entreprend une démarche plus concrète que la seconde, liée à la nature de sa mission, ces deux juridictions confirment toutes deux le caractère non absolu du droit de la propriété intellectuelle et la nécessité de le concilier avec les autres droits fondamentaux (reconnus par la Convention européenne des droits de l’homme et la Charte des droits fondamentaux de l’Union européenne). Lors de leur contrôle de proportionnalité, les deux cours réservent une certaine marge d’appréciation aux États membres mais donnent des indications afin de le réaliser à leur tour. Au-delà du développement d’un test en trois étapes (adéquation, nécessité et proportionnalité stricto sensu), les cours européennes révèlent des éléments à prendre en compte selon le droit fondamental opposé au droit de la propriété intellectuelle et les faits de l’espèce (type de discours en cause pour la liberté d’expression invoqué pour une utilisation d’un bien intellectuel hors des exceptions légales ; durée, complexité, coût, nécessité pour la liberté d’entreprise ou le droit à la vie privée invoquée pour une mesure de blocage sur internet…). La France a lancé ce processus d’adoption du contrôle de proportionnalité lors d’un conflit fondamental au niveau judiciaire le 15 mai 2015 par un arrêt de la première chambre civile de la Cour de cassation. Celle-ci impose désormais aux juges du fond d’expliquer de façon concrète en quoi la recherche d'un juste équilibre entre le droit de la propriété intellectuelle et un autre droit fondamental opposé commande la condamnation prononcée. Les premiers jugements et arrêts au fond ont appliqué cette jurisprudence de la Cour de cassation, notamment en cas de conflit de la liberté d’expression à travers la notion de nécessité d’usage. Leur motivation devrait assurément s’étoffer dans les prochaines années. En parallèle, il ne faut pas négliger le contrôle de proportionnalité de la sanction, qui découle également du principe de proportionnalité et qui a des applications déterminantes pour le contrôle lors d’un conflit fondamental. Une sanction disproportionnée pourrait menacer directement l’application et la cohérence des droits fondamentaux et ce risque rend indispensable la conjonction des deux contrôles. Si le législateur, tant national et européen, a adopté différentes mesures inspirées par la volonté de parvenir à une sanction proportionnée, le juge demeure essentiel dans l’application du principe de proportionnalité, puisqu’il choisit la sanction la mieux adaptée aux faits. L’enjeu est central pour le droit de la propriété intellectuelle en ce qu’il offre une grande variété de sanctions, tant pénales que civiles, afin de lutter contre la contrefaçon. Cependant, son application reste timide, autant que son intérêt pour la doctrine. Cette application est appelée à se développer davantage à travers la jurisprudence.