Stéphanie Grayot

Professeur
Droit privé et sciences criminelles.
UFR Droit et Sciences Économique et Politique

Centre Innovation et Droit

Responsabilités administratives et scientifiques :

  • THESE

    Essai sur le rôle des juges civils et administratifs dans la prévention des dommages, soutenue en 2006 à Paris 1 sous la direction de Geneviève Viney 

  • Stéphanie Grayot, Antoine Diesbecq, Philippe Gerbay, Julia Heinich (dir.), Écrits en l'honneur de Jean Du Parc, LGDJ un savoir-faire de Lextenso, 2025, Mélanges, 208 p. 

    Stéphanie Grayot (dir.), Code de l'avocat 2024: annoté et commenté, Lefebvre Dalloz, 2023, Codes Dalloz professionnels, 2539 p.     

    Stéphanie Grayot, Valentine Gindrey, Les droits des patients admis en soins sans consentement, 2022, 102 p. 

    Stéphanie Grayot, Benjamin Lecrosnier, Procédures civiles d'exécution et blockchain, 2022, 108 p. 

    Stéphanie Grayot, Sophie Marchand, Les rapports entre l'huissier de justice et le débiteur, 2022, 95 p. 

    Stéphanie Grayot, Morgane Camus, Existence et intérêts du principe de présence en droit processuel, 2022, 50 p. 

    Stéphanie Grayot, Clémentine Zabé, Juge unique et arbitre unique, 2022, 118 p. 

    Stéphanie Grayot, Marion Bugnand, La parole de l'enfant en procédure civile et pénale, 2022, 107 p. 

    Stéphanie Grayot, Chloé Gadan, Le recouvrement des pensions alimentaires, 2022, 80 p. 

    Stéphanie Grayot, Essai sur le rôle des juges civils et administratifs dans la prévention des dommages, LGDJ, 2009, Bibliothèque de droit privé, 644 p. 

    Stéphanie Grayot, Essai sur le rôle des juges civils et administratifs dans la prévention des dommages, Atelier national de reproduction des thèses, Université de Lille 3, 2008, Lille-thèses 

    Stéphanie Grayot, Geneviève Viney, Essai sur le rôle des juges civils et administratifs dans la prévention des dommages, 2006, 578 p.  

    La prévention a des formes diverses. Certaines font au juge une place importante. En premier lieu, les référés administratifs et civils ont ainsi un rôle préventif essentiel ; néanmoins, ils ont des faiblesses. En conséquence, il est proposé de renforcer le lien entre les instances en référé et au fond et, en droit administratif, de développer l'imperium du juge. Ensuite, même s'il est moins évident, les juges du fond ont aussi un rôle préventif. Le juge civil protège des intérêts patrimoniaux, extra-patrimoniaux ou collectifs, mais la nature et le régime des mesures ordonnées sont incertains. En matière de responsabilité civile, la prévention est souvent ramenée à un simple effet dissuasif. Si donner une réelle fonction préventive à la responsabilité est envisageable, il est préférable d'opter pour une action préventive autonome, ayant un domaine distinct de celui du principe de précaution. En droit administratif, le rôle préventif du juge est inusuel. L'étude en souligne l'intérêt. Des pistes de réflexion pour le développer sont avancées.

  • Stéphanie Grayot, Cathy Perret, Sébastien Chevalier, Sophie Morlaix, Stéphanie Grayot-Dirx, « Entretien : Les choix politico-stratégiques du Plan Réussite en Licence de l'Université de Bourgogne », in Perret, Cathy (dir.), Le Plan Réussite en Licence, Quelles actions, quels effets, quelles perspectives ?, Éditions Universitaires de Dijon, 2015  

  • Stéphanie Grayot, Cécile Caseau-Roche, Stéphanie Grayot-Dirx, « Adoption d'une charte contre les discriminations et le harcèlement », Dalloz avocats : exercer et entreprendre, Dalloz , 2019, n°12, p. 642  

    Stéphanie Grayot, Cécile Caseau-Roche, Stéphanie Grayot-Dirx, « Penser le changement de l'avocat du XXIe siècle plutôt que changer le pansement », Dalloz avocats : exercer et entreprendre, Dalloz , 2019, n°03, p. 117  

    Stéphanie Grayot, Guillaume Busseuil, Jean-Marie Garinot, Stéphanie Grayot-Dirx, Clotilde Jourdain-Fortier, « Chronique commentée des décisions de l'Organe de Règlement des Différends (juin 2010-novembre 2011) », Revue internationale de droit économique, Association internationale de droit économique (AIDE) ; De Boeck Université (Bruxelles, Belgique) , 2012, n°2 

  • Stéphanie Grayot, « La déontologie et la discipline des officiers ministériels », le 14 novembre 2025  

    Colloque organisé par le CEDCACE, Université Paris-Nanterre et l'IRJS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne sous la responsabilité scientifique de Pascale Gonod, Sylvain Jobert et Sophie Trabon

    Stéphanie Grayot, « Le flou du droit », le 07 novembre 2025  

    Colloque organisé par le CID, Université Bourgogne Europe.

    Stéphanie Grayot, « Le blasphème en procès », le 14 novembre 2024  

    Colloque du projet ANR LIBEX (Liberté de conscience, liberté d’expression et liberté de création : recherches interdisciplinaires en diachronie et synchronie).

    Stéphanie Grayot, « Le droit à l'erreur, approche de droit interne », le 17 novembre 2023  

    Journée d’études organisée par le CREDESPO, Université de Bourgogne sous la direction de Nathalie Droin et Nicolas Gerbay dans le cadre des "Journées d’études de l’axe Justice"

    Stéphanie Grayot, « La justice contractuelle », le 19 novembre 2021  

    Organisée par le Centre Innovation et Droit (CID EA 7531), avec le Centre Lyonnais d’Histoire du Droit et de la Pensée Politique (CLHDPP EA 669), de l’Université de Bourgogne et de la région Bourgogne-Franche-Comté

    Stéphanie Grayot, « Les infractions sexuelles à l’épreuve du numérique », le 09 novembre 2021  

    Organisé par le Centre Innovation et Droit, Université de Bourgogne, et l’Institut de criminologie et de droit pénal de Paris, Université Panthéon-Assas, sous la direction scientifique de Charlotte Dubois et Pauline Le Monnier de Gouville

    Stéphanie Grayot, « Justice et communication », le 14 février 2020  

    15ème colloque organisé par le M2 Droit Processuel, Université de Bourgogne

    Stéphanie Grayot, « Conférence inaugurale du Centre Innovation et Droit (CID EA 7531) », le 20 juin 2019 

    Stéphanie Grayot, « Le dispositif de lutte contre le dopage - Évolutions et perspectives », le 18 janvier 2019  

    Organisé par le Laboratoire de Droit du Sport rattaché au CREDIMI sous la direction scientifique de Cécile Chaussard, Maître de conférences en droit public à l’Université de Bourgogne et de Thierry Chiron, Avocat au barreau de Dijon

    Stéphanie Grayot, « Justice en chantier », le 09 février 2018 

    Stéphanie Grayot, « La régularisation », le 07 mars 2017  

    Organisé sous la responsabilité scientifique de Alix Perrin, Professeur à l’université de Bourgogne

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Safya Prêté, Analyse critique du développement de la médiation en France : les résistances à l'essor de la médiation en droit privé, thèse soutenue en 2025 à Dijon Université Bourgogne Europe présidée par Catherine Tirvaudey-Bourdin, membres du jury : Lucie Mayer (Rapp.), Gaëtan Guerlin (Rapp.)      

    Résumé : La médiation est une technique de communication faisant intervenir un tiers impartial, neutre et indépendant, pour aider des individus à trouver une issue à leur crise conflictuelle. Par essence, la médiation est un outil de résolution des conflits pacifiant, fondé sur la responsabilisation des parties. Attrayante par sa souplesse, louée pour son coût présenté comme modéré, le législateur en a encouragé l’expansion. Alors que l’article 21 du code de procédure civile confie au juge la mission de concilier les parties, la médiation devient l’un des outils privilégiés par les pouvoirs publics pour permettre la réalisation de cette mission. Ainsi, la loi n°95-125 du 8 février 1995, relative à l’organisation des juridictions et à la procédure civile, pénale et administrative, institue la médiation judiciaire. Elle marque le début d’un ancrage législatif en faveur de ce processus. Ce premier mouvement en faveur de la médiation s’est accéléré en France, à l’initiative de l’Union européenne qui a fait adopter le 21 mai 2008 la Directive 2008/52/CE portant sur la médiation en matière civile et commerciale. Le postulat de départ de ce texte est qu’un « cadre juridique prévisible peut permettre aux citoyens de l’Union européenne (UE) de bénéficier pleinement des avantages de la médiation en tant que mécanisme de résolution des conflits, notamment sur le plan de la rentabilité et de la rapidité ». Puis, la médiation conventionnelle a été encadrée au sein du code de procédure civile. L’intégration de la Directive 2008/52/CE au sein du corpus de normes du droit interne positif a permis de créer une définition légale de la médiation en ces termes : « La médiation régie par le présent chapitre s'entend de tout processus structuré, quelle qu'en soit la dénomination, par lequel deux ou plusieurs parties tentent de parvenir à un accord en vue de la résolution amiable de leurs différends, avec l'aide d'un tiers, le médiateur, choisi par elles ou désigné, avec leur accord, par le juge saisi du litige ».Or, le mouvement d’expansion de la médiation semble freiné par un jeu de résistances. Certaines de ces résistances concernent le processus et sont prévisibles. D’autres tiennent à des variables exogènes, résultats de questionnements sur la médiation, le médiateur, l’office du juge, la déjudiciarisation, la déjuridictionnalisation, et l’ordre public. L’étude pose que l’essor de la médiation est contrarié par une méconnaissance de la médiation, ainsi qu’en raison d’une méconnaissance des acteurs de la médiation.Le mouvement d’encouragement des pouvoirs publics à la tentative de médiation, pour prévenir ou traiter des contentieux du droit privé, semble se muer en une politique globale de l’amiable, recentrée sur la mission du juge de concilier les parties. Cette politique de l’amiable persiste à produire des normes tendant, notamment, à encadrer la médiation, à créer un statut pour le médiateur, dans l’optique d’acculturer les justiciables à ce mode amiable.L’objet de la présente thèse est d’analyser les résistances à l’essor de la médiation en droit privé et leurs conséquences sur son développement en France. Il s’agit de saisir ces résistances et leurs enjeux ; et de redonner force au processus de médiation, en offrant à ses prescripteurs un faisceau d’arguments intelligibles

    Dorothée Mur, La déontologie des magistrats : approche comparative entre les magistrats administratifs et les magistrats judiciaires, thèse soutenue en 2025 à Dijon Université Bourgogne Europe présidée par Yan Laidié, membres du jury : Joël Moret-Bailly (Rapp.), Olivier Pluen (Rapp.), Djoheur Zerouki et Géraldine Maugain      

    La Justice subit une crise de confiance, pouvant être liée à une exigence accrue des citoyens pour plus de transparence et de compréhension, alors que les juges peuvent parfois rendre des décisions mal interprétées par les justiciables.En outre, cette confiance est également affaiblie en raison de rares situations où l'attitude des magistrats pourrait être inappropriée lors des audiences ou dans leur vie privée. Il existe ainsi des règles de comportement pour les magistrats administratifs et judiciaires au sein d'une matière appelée déontologie. Les différents principes à respecter, inscrits dans une charte pour les premiers et dans un recueil pour les seconds, regroupent notamment l'indépendance, l'impartialité, l'intégrité, la probité, la dignité et la réserve. Cependant, la déontologie des deux ordres de juridiction devrait converger pour tendre à une unité des règles.Il existe, pour l'application de ces valeurs, un accompagnement pour les magistrats qui passe tout d'abord par la formation, tant initiale que continue, ainsi que des aides tout au long de leur carrière. En cas de manquement commis par un magistrat, des organes disciplinaires doivent intervenir pour le sanctionner.Ce cadre apparaît essentiel pour replacer la confiance des justiciables en leur Justice. Si la déontologie est méconnue de la majorité des justiciables, elle devrait être diffusée plus largement, mais aussi être renforcée et modernisée.

    Anixon Fledeus, Les modes alternatifs de règlement des différends (MARD) et la garantie des droits des parties en matière commerciale : étude comparée des droits français, haïtien et OHADA, thèse soutenue en 2023 à Bourgogne FrancheComté présidée par Lucie Watrin, membres du jury : Souleymane Toe (Rapp.), Véronique Mikalef-Toudic (Rapp.)    

    Les modes amiables et alternatifs de règlement des différends (MARD) se sont imposés progressivement comme des moyens rapides et efficaces, spécialement en matière commerciale, pour la résolution des litiges tant nationaux qu'internationaux, en marge du recours à la justice étatique, pour répondre aux attentes des parties. La thèse se propose de démontrer que ces MARD offrent des garanties indéniables aux parties, des garanties qu’elles ne trouvent pas toujours au sein de la justice contentieuse. Du fait des opportunités qu’offrent ces modes amiables et alternatifs, ils peuvent être vus comme un mode offrant une justice sûre et efficace pour résoudre des différends contractuels en matière commerciale. Les parties y trouvent des solutions appropriées et bénéfiques, en profitant notamment, du point de vue de la procédure, de la confidentialité, de la rapidité, de la souplesse, de l'indépendance, de l'impartialité et, sur le fond, en participant activement à un mode de règlement fondé sur le consentement.En étudiant le droit français, le droit haïtien et le droit OHADA, cette thèse propose de montrer en quoi, les modes amiables, que sont principalement la conciliation et la médiation, sont des instruments de sécurité garantissant les droits des parties en matière commerciale, puis, en quoi l’arbitrage est aussi un instrument de garantie et de protection des droits des parties en matière de litiges commerciaux.

    Cynthia Pedrazzani, L'évolution de la loi dite 'Badinter' du 5 juillet 1985 au service de la réparation des dommages corporels, thèse en cours depuis 2022 en co-direction avec Charlotte Dubois et Stéphanie Grayot-dirx  

    S'interroger sur la possible évolution de la loi Badinter du 5 juillet 1985 protégeant les victimes d'accidents de la circulation face aux nouveaux enjeux des transports du 21ème siècle comme les véhicules autonomes ou les véhicules à circulation douce.

  • Ibrahim Salem, Les conséquences juridiques de la mobilité transfrontalière des sociétés au sein de l'Union européenne, thèse soutenue en 2023 à Bourgogne FrancheComté sous la direction de Vincent Thomas, membres du jury : Philippe Roussel Galle (Rapp.), Paola Nabet (Rapp.)    

    Après avoir été longtemps difficiles à réaliser en raison des obstacles étatiques, les opérations de mobilité transfrontalière au sein de l'espace européen sont enfin à la portée des sociétés de droit national. Le mérite en revient au législateur européen qui, à la suite de la jurisprudence de la CJCE ayant libéralisé le droit d'établissement des groupements, a élaboré des dispositions harmonisées applicables aux opérations transfrontalières. Ainsi, une nouvelle perspective s’ouvre désormais : celle des conséquences juridiques qui y sont attachées. Loin d'être une simple adaptation, le changement de la lex societatis consécutivement au transfert de siège social, à la fusion ou à la scission entraîne de profondes mutations dans la société mobile, ne serait-ce que du fait de la disparité des législations nationales. De plus, les tiers encourent des risques considérables, car ils se retrouvent face à une entité opérant dans un nouvel environnement qui ne répond pas toujours à leurs intérêts légitimes. Dans l'ensemble, l'analyse révèle la nécessité de quelques réformes législatives, tant au niveau national qu'européen, afin de dissiper certaines zones d'ambiguïté entourant ce sujet sous différents angles.

    Nelly Noto-Jaffeux, L'indépendance de l'avocat, thèse soutenue en 2019 à Lyon sous la direction de Joël Moret-Bailly, membres du jury : Florence G'Sell (Rapp.), Pierre Berlioz (Rapp.), Jonas Knetsch    

    Quel que soit le sujet et quelle que soit l’époque, l’indépendance de l’avocat est une notion soulevée de façon omniprésente. La multiplicité des occurrences discursives qu’elle suscite invite pourtant à penser qu’elle revêt certainement des sens variés. Cette étude se propose ainsi, non pas simplement de déterminer la fonction et les enjeux que ce principe poursuit, mais aussi de clarifier les raisons pour lesquelles, encore aujourd’hui, les avocats s’identifient individuellement autant qu’ils s’appuient collectivement sur leur indépendance. Interroger l’indépendance de l’avocat dans toutes ses dimensions conduit à identifier un « modèle fonctionnel » : schématiquement, la liberté que suppose la fonction d’avocat est garantie par des instruments contraignants. En contrepartie, l’avocat se soumet aux règles liées à sa profession, le contrôle disciplinaire ordinal permettant de réguler cette liberté.Ces dernières décennies, les transformations ayant affectées la profession d’avocat auxquelles s’ajoute le renforcement des contrôles de l’autorité publique ont pourtant modifié ce modèle. Pour l’avocat, intégrer des logiques économiques a supposé de réduire la portée de son indépendance à une dimension principalement intellectuelle et technique. Dès lors, son indépendance, bien que toujours une composante de son identité professionnelle, apparaît désormais comme un concept à géométrie variable en fonction de paramètres multiples.Cette étude, en identifiant les différents défis auxquels l’indépendance de l’avocat est actuellement exposée, se propose d’analyser l’effectivité de cette indépendance tout en invitant à s’interroger sur l’efficacité du modèle sur lequel elle repose.

    Jane-Laure Bonnemaison, La responsabilité juridictionnelle, thèse soutenue en 2011 à Metz sous la direction de Sophie Hocquet-Berg, membres du jury : Isabelle Corpart et Claudie Weisse-Marchal    

    Si, juridiquement, la responsabilité s’envisage comme l’aptitude et l’obligation de répondre de ses actes, d’en assumer les conséquences ; sa reconnaissance suit, en pratique, deux objectifs distincts : la réparation d’un préjudice et la sanction de celui se trouvant à l’origine du dommage. Or, qu’il s’agisse de parvenir à l’une ou l’autre de ces finalités, l’on observera que des régimes de responsabilité ont précisément été pensés et organisés à l’occasion de l’activité judiciaire. Toutefois, si ces systèmes prévoient la réparation du « dommage causé par le fonctionnement défectueux du service de la justice » et/ou la sanction d’un juge personnellement fautif, la reconnaissance d’une responsabilité du fait de la fonction juridictionnelle, elle-même, reste diffuse, voire taboue face à la traditionnelle levée de boucliers, lesquels concernent principalement les garanties attachées à l’office juridictionnel et les qualités de l’acte juridictionnel lui-même. Pourtant, si la fonction juridictionnelle comporte en elle-même un « facteur risque » - l’aléa judiciaire – force est de constater qu’elle s’exerce, aussi et parfois, en méconnaissance du droit objectif ; réalité, qui, mise notamment en exergue par la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, se révèle assurément préjudiciable non seulement pour les parties concernées, mais, au-delà, pour la collectivité toute entière. Partant, en reconnaissant que « dire le droit et trancher les litiges » puisse s’effectuer – marginalement mais assurément – en méconnaissance d’un droit au respect de la légalité, la question de la consécration d’une responsabilité du fait de la jurisdictio, parallèlement aux régimes actuellement en vigueur, se poserait. Aussi, et sans pour autant considérer qu’une décision soit en elle-même fautive, il s’agirait de rechercher dans quelle mesure et selon quelles modalités pourrait émerger une responsabilité du juge, laquelle serait précisément juridictionnelle

  • Mathilde Calcio Gaudino, Droit de la consommation et regime de l'obligation : essai de construction d'un régime de l'obligation consumériste au travers de l'exemple de la prescription, thèse soutenue en 2018 à Université de Lorraine sous la direction de Xavier Henry et François Jacquot présidée par Sophie Hocquet-Berg, membres du jury : Natacha Sauphanor-Brouillaud (Rapp.), Élise Poillot    

    Cette thèse aborde la question du régime de l’obligation consumériste au travers de l’exemple de la prescription. Elle s’intéresse à la réception par le droit de la consommation, droit par essence inégalitaire, de la prescription en tant que mécanisme du régime général de l’obligation. Le délai biennal de l'action en paiement du professionnel peut-il être interrompu ? Quels sont les effets des pourparlers sur le court délai de l'action en inexécution du consommateur ? Comment s'impute le paiement d'une dette prescrite en droit de la consommation ? Ce travail s'attache à démontrer l'inadéquation du recours au régime de droit commun dans les rapports consuméristes, mais aussi les conséquences dommageables des solutions actuelles apportées par le droit de la consommation. Il se propose d'étudier, par une analyse systématique et détaillée de la jurisprudence du fond et de la Cour de cassation, le traitement de la prescription dans les contrats de consommation classiques, et dans les contrats de consommation inversés. Il s’intéresse également à la prescription des actions en nullité et en répétition de l’indu. L'étude de la jurisprudence accessible et du précontentieux disponible révèle que le consommateur est pénalisé à deux égards :– l'application des mécanismes de droit commun (computation, interruption, suspension, interversion des délais et prescription présomptive de paiement) confère en réalité au professionnel la maîtrise des délais, que celui-ci agisse en qualité de créancier ou de débiteur ;– la coexistence de plusieurs délais de nature et de régime différents (prescription, prescription présomptive et forclusion) est source de confusion tant pour les parties que pour les juridictions. La comparaison des courants jurisprudentiels des cours d'appel dans le contentieux de masse met en relief des pratiques opposées qui, outre l'enjeu économique important pour le consommateur, privent celui-ci d'un accès égal à la justice.La démonstration des déséquilibres induits par le régime de la prescription s’accompagne de pistes de réflexions prospectives. Théorisant les pratiques actuelles, l'étude sert de base à la construction d'un modèle raisonné de prescription de l'obligation consumériste et de son régime, fondé sur le traitement différencié des parties

    Laurence-Claire Laurent-Lemmet, Les modes amiables de règlement des différends commerciaux internes et internationaux , thèse soutenue en 2014 à Caen sous la direction de Véronique Mikalef-Toudic  

    La médiation et la conciliation, internes et internationales, sont des modes amiables de règlement des conflits qui permettent à un tiers, impartial, compétent et diligent, d'accompagner, dans la plus grande confidentialité, les parties dans une issue négociée de leurs différends. On a souvent invoqué le fait qu'elles étaient un symptôme de la crise de la justice, tant interne qu'internationale, en même temps qu'une réponse à cette dernière. La prolifération des procès civils en France, l'embouteillage devant les tribunaux qu'ils provoquent, l'élargissement des échanges au niveau international, rendent souvent inextricable la résolution d'un litige par la voie judiciaire ou arbitrale. La souplesse des méthodes quasi-universelles qu'elles mobilisent, plaident pour une adaptation efficace aux contrats du commerce interne et international. Conventionnelles ou judiciaires, elles sont indéniablement de nature contractuelle, parfois même hybride à la frontière du droit des obligations et du droit processuel. Mais dans la mesure où la finalité du recours à la médiation ou à la conciliation se trouve dans le maintien de la relation contractuelle, ne peut-on y voir plus qu'un mode alternatif de règlement des différends, une véritable technique de révision du contrat ? Et auquel cas, ces modes amiables renouvèleraient le paradigme de la théorie générale du contrat, en revisitant le concept d'effet obligatoire et d'effet relatif ainsi que celui d'immutabilité du contrat. Ces processus structurés seraient non seulement une justice contractuelle nouvelle, mais leur portée sur les contrats commerciaux internes et internationaux, en feraient aussi des figures contractuelles renouvelées.

  • Supakanya Khangrang, Le droit processuel de la responsabilité civile dans un système de droit mixte (Thaïlande), thèse soutenue en 2021 à Paris 2 sous la direction de Jean-Sébastien Borghetti et Jonas Knetsch, membres du jury : Frédéric Dal Vecchio et Michel Séjean      

    Le système juridique thaïlandais est classé dans la catégorie du droit civiliste en raison de la codification. Cependant, ce travail de recherche repose sur une autre hypothèse selon laquelle le droit thaïlandais pourrait être considéré comme un système de droit mixte en raison de la présence de concepts juridiques anglo-saxons et romano-germaniques. Ces transplantations ont commencé à l’époque de la colonisation, durant laquelle les pays occidentaux étendaient leur pouvoir dans les pays d’Asie du Sud-Est. Ce caractère mixte peut être illustré à travers l’étude du droit processuel de la responsabilité civile, depuis l’ouverture du procès jusqu’à la disparition de l’instance. L’interaction entre le droit de la procédure et le droit substantiel de la responsabilité civile permet de mettre en lumière le caractère hybride du système juridique. Les juges thaïlandais appliquent le droit substantiel de la responsabilité civile inspiré des pays civilistes dans le contexte d’une procédure judiciaire inspirée de la common law. Les concepts juridiques importés depuis le début de l’évolution juridique contemporaine de la Thaïlande selon les modèles occidentaux persistent toujours en droit thaïlandais, alors que les mêmes concepts ont évolué dans leurs pays d’origine. Ces particularités intéressantes vont être abordées par l’intermédiaire des différentes études, à savoir le système juridictionnel thaïlandais, l’office du juge, la faute, les théories de causalité, le préjudice, les dommages et intérêts, la preuve, les recours, la transmission des droits litigieux, le jugement, la prescription extinctive etc.