Cette étude interroge la manière dont la démocratie est mobilisée en droit international, non pour en définir l’essence mais pour en cartographier les usages. Par une démarche métathéorique, elle s’efforce d’éclairer trois noeuds : l’éventuelle formation d’un demos au-delà de l’État, la pertinence des exigences d’égalité — représentation, participation — et l’influence exercée sur le pouvoir de gouvernement, ou kratos, aux niveaux étatique et international.Elle identifie trois registres de discours traversant la pensée doctrinale — normatif, fonctionnel et contestataire — où la démocratie sert à légitimer, instrumentaliser ou critiquer l’ordre juridique international. Conçue comme système de gouvernement, la démocratie voit ses contours se brouiller hors de l’État : ce travail se propose d’en baliser l’indétermination et de relire les tensions entre souveraineté, universalisme et gouvernance mondiale. Si elle n’apporte pas de réponse univoque, les événements récents confirment la vitalité de ces débats, où elle apparaît comme ressource invoquée, contestée, mais surtout cruellement manquante.