Andrea Hamann

Professeur
Droit public.
Faculté de Droit, de Sciences Politiques et de Gestion

Centre d'Études Internationales et Européennes
  • THESE

    Le contentieux de la mise en conformité dans le règlement des différends de l'O. M. C., soutenue en 2012 à Paris 1 sous la direction de Hélène Ruiz Fabri 

  • Andrea Hamann, Dominique Carreau, Fabrizio Marrella, Droit international, Éditions Pedone, 2022, EI, 811 p.  

    Andrea Hamann, Dominique Carreau, Patrick Juillard, Régis Bismuth, Droit international économique, Dalloz, 2017, Précis, 941 p.     

    Andrea Hamann, Hélène Ruiz Fabri, Pierre Michel Eisemann, Le contentieux de la mise en conformité dans le règlement des différends de l'O.M.C., Brill, 2014, Etudes de droit international, 840 p. 

    Andrea Hamann, Hélène Ruiz Fabri, Le contentieux de la mise en conformité dans le règlement des différends de l'O.M.C., 2012, 795 p.  

    La phase d'exécution des actes juridictionnels produits par le mécanisme de règlement des différends de l'O.M.C. constitue une innovation majeure du système et participe de façon cruciale à l'objectif de maintien de la légalité. Elle révèle une unité structurelle et fonctionnelle qui permet d'apercevoir un véritable contentieux de la mise en conformité, et qui singularise le mécanisme par rapport aux autres juridictions internationales. Celles-ci doivent composer avec les limites inhérentes à la «décentralisation» qui caractérise la société internationale, et l'exécution des actes juridictionnels relève donc traditionnellement d'une phase diplomatique, post-juridictionnelle. Le mécanisme de l'O.M.C. s'en distingue sensiblement, en «contenant» entièrement le contrôle du respect des normes primaires et secondaires, et, surtout, en faisant entrer l'exécution dans la phase proprement juridictionnelle. Il comporte ainsi un ensemble sophistiqué de procédures destinées à traiter tous les désaccords pouvant surgir au cours de l'exécution des décisions. Ces procédures produisent une véritable contrainte à la mise en conformité, et culminent dans un dispositif de sanction de l'inexécution. Leur existence même et la façon dont les organes de jugement s'acquittent de leur mission témoignent de ce que l'exécution des actes juridictionnels dans l'ordre international n'échappe pas fatalement au droit. Ainsi, le système de l'O.M.C. exprime mais aussi réalise une ambition singulière en droit international: renforcer la garantie de la légalité en habilitant la juridiction à encadrer, contrôler, et, en définitive, participer à assurer l'exécution de ses propres décisions.

    Andrea Hamann, Le contentieux de la mise en conformite dans le reglement des differends de l'O.M.C: Adjudicating compliance in the WTO dispute settlement system, Etudes de droit international 

  • Andrea Hamann, traduction et préface à Andrea Bianchi, Penser différentes manières de penser: théories du droit international, Dalloz, 2023, Rivages du droit, 482 p. 

  • Andrea Hamann, Edoardo Stoppioni, « Chronique de l’OMC », Paris : CNRS Editions et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2020, pp. 835-856   

    Hamann Andréa, Stoppioni Edoardo. Chronique de l’OMC. In: Annuaire français de droit international, volume 66, 2020. pp. 835-856.

    Andrea Hamann, Edoardo Stoppioni, « Chronique de l’OMC », Paris : CNRS Editions et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2019, pp. 639-671   

    Hamann Andréa, Stoppioni Edoardo. Chronique de l’OMC. In: Annuaire français de droit international, volume 65, 2019. pp. 639-671.

    Andrea Hamann, « La crise du multilatéralisme commercial », Paris : CNRS Editions et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2018, pp. 691-704   

    Hamann Andréa. La «crise» du multilatéralisme commercial. In: Annuaire français de droit international, volume 64, 2018. pp. 691-704.

    Andrea Hamann, « Tendances récentes dans la jurisprudence 2018-2019 », Paris : CNRS Editions et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2018, pp. 704-718   

    Hamann Andréa. Tendances récentes dans la jurisprudence 2018-2019. In: Annuaire français de droit international, volume 64, 2018. pp. 704-718.

    Andrea Hamann, « L’arrêt de la CIJ du 3 février 2015 dans l’affaire du Génocide (Croatie c. Serbie) », Paris : CNRS Editions et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2015, pp. 201-237   

    L’affaire du Génocide entre la Croatie et la Serbie est close. Le 3 février 2015 la CIJ a rendu l’ultime jugement, dont l’issue sur le fond était entièrement prévisible. Il met en évidence une nouvelle fois que, lorsque de pressantes raisons politiques appellent une décision sur les allégations au fond, et même lorsque la demande principale ne peut qu’être rejetée, la Cour se frayera un chemin jusqu’à elles, en construisant au besoin de toutes parts sa compétence. L’objet particulièrement sensible de l’affaire en témoigne : certains litiges, sans égard pour les obstacles à la compétence de la Cour, exigent d’être réglés au fond ; la construction de la compétence, quelque discutable qu’elle soit, en devient alors en elle-même un exercice de raffinement rhétorique.

    Andrea Hamann, « Juger ailleurs, juger autrement - L'Organisation mondiale du commerce est-elle une juridiction économique internationale ? », Les Cahiers de la justice, Dalloz , 2009, n°01, p. 99  

    Andrea Hamann, Hélène Ruiz Fabri, A. Hamann, « Transnational networks and constitutionalism », International Journal of Constitutional Law, Oxford University Press (OUP), 2008 

    Andrea Hamann, Rufus Yerxa et Bruce Wilson (eds.). Key Issues in WTO Dispute Settlement - The first ten years, Société de législation comparée, Paris : Société de législation comparée et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2006, pp. 1287-1289   

    Hamann Andréa. Rufus Yerxa et Bruce Wilson (eds.). Key Issues in WTO Dispute Settlement - The first ten years. In: Revue internationale de droit comparé. Vol. 58 N°4,2006. pp. 1287-1289.

  • Andrea Hamann, « Universités internationales d'été du Mercantour », le 02 septembre 2024  

    Universités internationales d'été du Mercantour organisées par le CERIC, UMR DICE, Université d'Aix-Marseille sous la direction d'Estelle Brosset, Professeure à l'Université d'Aix-Marseille

    Andrea Hamann, « Les transformations du droit international économique », le 18 avril 2024  

    1ere journée du droit international économique organisée par le Centre des études internationales et européennes en partenariat avec l'Université de Lorraine sous la direction scientifique de Mathilde Frappier et Edoardo Stoppioni

    Andrea Hamann, « Penser différentes manières de penser. Théories du droit international », le 27 octobre 2023  

    Table ronde organisée par l'Institut Villey, Université Paris II Panthéon-Assas

    Andrea Hamann, « Le droit international est-il juste / Is international law fair ? », le 30 août 2023  

    Colloque organisé par le CERIC (UMR DICE), Aix-Marseille Université ; Sciences Po Aix et le CNRS

    Andrea Hamann, « Vers l’émergence d’un nouveau paradigme en droit international économique ? », le 08 juin 2023  

    Organisé par le CRJP8 sous la direction de Saïda El Boudouhi, CRJP8, Université Paris 8 Vincennes Saint-Denis ; Laurence Dubin, IREDIES, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et Rémi Bachand, CEIM, Université du Québec à Montréal

    Andrea Hamann, « Droit international et juges internes », le 25 mai 2023  

    Congrès de la SFDI organisé par le CRDEI, Université de Bordeaux sous la direction scientifique de Alexis Marie, Professeur de Droit public, CRDEI, Université de Bordeaux et Baptiste Tranchant, Professeur de Droit public, CRDEI, Université de Bordeaux

    Andrea Hamann, « Quels subalternes pour quel droit international ? », le 21 octobre 2022  

    Table ronde organisée par le Crjp8.

    Andrea Hamann, « L'influence », le 10 décembre 2021  

    9e Colloque des doctorants et jeunes docteurs de l'École Doctorale 101 de l'Université de Strasbourg

    Andrea Hamann, « Une approche juridique de la guerre économique », le 22 septembre 2021  

    Organisée par la Société française pour le droit international, et la laboratoire Marchés, institutions, libertés, Université Paris-Créteil, sous la direction scientifique d'Arnaud de Nanteuil.

    Andrea Hamann, « L’exécution des arrêts et décisions de la Cour EDH : pratiques et perspectives 10 ans après la conférence d’Interlaken », le 04 février 2021  

    Organisé par l’Institut de recherche Carré de Malberg (IRCM), Université de Strasbourg et la Faculté de Droit sous la direction scientifique de Christos Giannopoulos, Maître de conférences à l’Université de Strasbourg

    Andrea Hamann, « [Reporté] Une approche juridique de la “guerre économique” », le 31 mars 2020  

    Organisée par le laboratoire MIL et la Société française de droit international (SFDI) sous la direction scientifique de Arnaud de Nanteuil, Université Paris-Est Créteil.

    Andrea Hamann, « Le régionalisme dans le droit international », le 10 février 2020  

    Organisé par l’IREDIES avec l’University of Oslo Faculty of Law, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, l’Institut für Völkerrecht und Europearecht de la Georg-August-Universität Göttingen, le CEIE (Univ Strasbourg) et le Centre universitaire de Norvège à Paris

    Andrea Hamann, « LʼOMC en crise : multilatéralisme, unilatéralisme et guerre commerciale », le 06 mai 2019  

    16e Colloque annuel du RFDI

    Andrea Hamann, « Le traité de Versailles. Regards franco-allemands en droit international à l’occasion du centenaire », le 28 septembre 2018 

    Andrea Hamann, « L'opposition doctrinale », le 08 décembre 2017 

    Andrea Hamann, « La jurisprudence du Conseil constitutionnel et les différentes branches du droit : regards critiques », le 11 mai 2017  

    Organisé par Olivier Beaud, Professeur à l’Université Panthéon-Assas et membre de l’IUF, Philippe Conte, Professeur à l’Université Panthéon-Assas et Patrick Wachsmann, Professeur à l’Université de Strasbourg

    Andrea Hamann, « L'exécution des décisions juridictionnelles internationales », le 20 octobre 2016  

    Colloque de l'IHEI

    Andrea Hamann, « La neutralité », le 13 octobre 2016  

    Organisé par le LERAP, avec le soutien du GERCIE et de l’IRJI François-Rabelais, à l’initiative de François BRUNET, professeur à l’Université de Tours

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Mathilde Desurmont, L’immunité d’exécution de l’État , thèse soutenue en 2025 à Strasbourg  

    Cette thèse analyse l’immunité d’exécution de l’État au travers d’une lecture critique, en mettant en évidence les tensions entre son fondement juridique et son instrumentalisation dans les rapports étatiques. Norme aux contours incertains, fragmentée dans son interprétation par les juridictions internes, elle connaît une érosion progressive visible, par la multiplication d’exceptions liées au terrorisme ou aux sanctions unilatérales, mais aussi plus subtile par des ajustements procéduraux qui élargissent la portée de la renonciation et allège la charge de la preuve. Cette dynamique crée un déséquilibre entre l’affaiblissement de cette immunité dans le domaine économique et paradoxalement son maintien lors de la violation des normes impératives. Ce maintien reflète une hiérarchisation implicite des États dans la construction et l’évolution du droit international ce qui souligne les clivages persistants entre États du Nord et États du Sud. L’immunité est alors un outil juridique révélateur des rapports de force structurant l’ordre international.

    Mathilde Desurmont, L'immunité d'exécution de l'État: étude critique d'un outil de consolidation des inégalités et déséquilibres internationaux, thèse soutenue en 2025 présidée par Edoardo Stoppioni, membres du jury : Lucie Delabie (Rapp.), Pierre-François Laval (Rapp.), Régis Bismuth    

    Cette thèse analyse l’immunité d’exécution de l’État au travers d’une lecture critique, en mettant en évidence les tensions entre son fondement juridique et son instrumentalisation dans les rapports étatiques. Norme aux contours incertains, fragmentée dans son interprétation par les juridictions internes, elle connaît une érosion progressive visible, par la multiplication d’exceptions liées au terrorisme ou aux sanctions unilatérales, mais aussi plus subtile par des ajustements procéduraux qui élargissent la portée de la renonciation et allège la charge de la preuve. Cette dynamique crée un déséquilibre entre l’affaiblissement de cette immunité dans le domaine économique et paradoxalement son maintien lors de la violation des normes impératives. Ce maintien reflète une hiérarchisation implicite des États dans la construction et l’évolution du droit international ce qui souligne les clivages persistants entre États du Nord et États du Sud. L’immunité est alors un outil juridique révélateur des rapports de force structurant l’ordre international.

    Ali Sharifi Rayeni, La responsabilité objective en droit international, thèse soutenue en 2024 à Strasbourg en co-direction avec Niki Aloupi présidée par Makane Moïse Mbengue, membres du jury : Sarah Cassella (Rapp.), Yann Kerbrat (Rapp.), Alain Pellet      

    La responsabilité objective, largement reconnue dans les droits internes, demeure une notion controversée en droit international. Son principal objectif est de protéger les victimes d’activités dangereuses, et ce d’autant plus que, en raison de la complexité et de la localisation de ces activités, il est souvent difficile d’apporter la preuve de l’illicéité. En dépit de ses avantages pour les victimes, l’adoption d’une règle générale de responsabilité pour risque ou dommage suscite des inquiétudes parmi les États. Cette étude examine l’état du droit positif en ce qui concerne la place et le régime de cette notion en droit international. Elle souligne les limites de la théorie classique de la responsabilité, qui repose exclusivement sur le fait illicite. Elle cherche également à identifier les domaines dans lesquels la responsabilité objective pourrait s’appliquer, tout en analysant les règles pertinentes d’un point de vue de lege lata, mais aussi de lege ferenda. Adoptant une approche critique, l’étude met également en lumière les enjeux extra-juridiques qui ont influencé le droit positif et propose des solutions concrètes pour améliorer le cadre juridique applicable.

    Felipe Costa Lima, Exploring dialectical conflicts to foster resilience : subaltern perspectives on violence, justice, and law in Latin America and the global South, thèse soutenue en 2024 à Strasbourg en co-direction avec Leonardo César Souza Ramos présidée par Catherine Haguenau-Moizard, membres du jury : Ana Carolina Teixeira Salgado (Rapp.), Daniela Vieira Secches (Rapp.), Lionel Zevounou    

    Cette thèse vise à comprendre une dialectique fondamentale en Amérique latine : la violence, la justice et leurs répercussions sur le droit. L'hypothèse suggère la présence de nombreux affrontements dialectiques chaotiques-fluides entre la violence organique et la promotion de la justice à l'intérieur et au-delà du droit. À partir de ces dialectiques, notre recherche explore l’hypothèse du développement d'une plateforme pour la transformation des conflits axée sur les fondements idéologiques et pratiques des subalternes en mesure de favoriser la construction d’une « justice subalterne ». À l’appui de cette hypothèse, la première partie réalise une analyse historique de la promotion de la justice par les mouvements sociaux subalternes en Amérique latine et vise à apporter un soutien argumenté à ces initiatives. La deuxième partie tend quant à elle à démontrer que la transformation du droit international ne devrait pas constituer l'objectif principal des subalternes en Amérique latine. En se fondant sur le cadre méthodologique de la réflexivité, la thèse met en évidence que l'outil le plus efficace pour tester les hypothèses

    Mihnzou Yannick Kouassi, Les clauses de règlement des différends dans les traités de protection des investissements : construction d'un régime, remise en cause d'un système, thèse soutenue en 2024 à Strasbourg présidée par Makane Moïse Mbengue, membres du jury : Mathilde Frappier (Rapp.), Yas Banifatemi et Edoardo Stoppioni    

    À partir des années 1950, un discours doctrinal et jurisprudentiel a émergé pour justifier la création d’un régime spécial pour les contrats conclus entre personnes privées étrangères et États. Ce discours, dont on situe les origines dans des théories comme le traitement minimum ou encore le contrat d’État, a suscité diverses initiatives dont la plus achevée est la création du CIRDI en 1965. À partir de l’insertion massive des clauses de règlement des différends entre investisseurs et États dans les traités d’investissement dès 1968 et surtout avec l’affaire AAPL c. Sri Lanka, un véritable système s’est constitué. Pourtant, presque concomitamment, un mouvement de remise en cause s’est manifesté, notamment par la dénonciation de plusieurs traités d’investissement. C’est ce double mouvement d’adoption massive puis de remise en cause que la présente thèse vise à analyser à partir des principaux courants critiques du droit international.

    Stefanos Gakis, Le statut juridique du demandeur d'asile en droit international et européen, thèse soutenue en 2021 à Strasbourg en co-direction avec Niki Aloupi présidée par Ségolène Barbou Des Places, membres du jury : Thibaut Charles Fleury (Rapp.), Linos-Alexandre Sicilianos (Rapp.), Vincent Chetail et Évelyne Lagrange    

    Le demandeur d’asile, une personne à la recherche d’une protection internationale, est habituellement appréhendé sous le prisme du statut de réfugié en tant que « candidat réfugié » ou assimilé aux autres migrants dépourvus de statut juridique. La présente thèse s’interroge sur la question de savoir si, en l’état actuel du droit positif, il existe une catégorie juridique à part entière susceptible d’englober l’intégralité des demandeurs d’asile, indépendamment du type de protection internationale recherchée et permettant de reconnaitre dans leur chef un statut de protection autonome. L’évolution de la notion de « protection internationale » par le biais de l’interaction entre les différents régimes de protection de la personne permet la déconnexion de la recherche d’asile du statut de réfugié. Ceci ouvre la voie vers l’autonomisation conceptuelle du demandeur d’asile et l’identification d’un statut juridique qui lui soit propre.

    Micky Rafael Rocha Nivar, La facilitation des échanges comme instrument au service des pays en développement, thèse soutenue en 2021 à Strasbourg présidée par Edoardo Stoppioni, membres du jury : Régis Bismuth (Rapp.), Makane Moïse Mbengue (Rapp.), Petros C. Mavroidis et Gabrielle Marceau    

    La thèse étudie la facilitation des échanges commerciaux internationaux (FE) qui consiste en la simplification, la modernisation et l’harmonisation des procédures d’importation et d’exportation dans le but de réduire le coût des transactions commerciales et d’accélérer le flux des échanges. Sont analysées les normes internationales de FE, spécialement celles de l’Accord sur la facilitation des échanges (AFE) de l’OMC améliorant les articles V, VIII et X du GATT de 1994. L’AFE marque la naissance d’un nouveau droit international du développement et d’un nouveau droit au développement qui résultent des normes paradigmatiques relatives au traitement spécial et différencié en matière de FE. La contribution effective de l’AFE au profit des pays en développement se cristallise dans la réadaptation du système commercial multilatéral qui contraint normativement ces pays à moderniser leurs structures commerciales et douanières internes. Cela crée un cadre propice au développement et à la croissance économiques, au respect des droits humains et à la réduction de la corruption et de la pauvreté.

  • Abla Mathilde Abalo, Les compétences juridiques des états face à la criminalité en mer, thèse soutenue en 2025 à Strasbourg sous la direction de Syméon Karagiannis, membres du jury : Jean-Pierre Beurier (Rapp.), Philippe Vincent (Rapp.)      

    Dans la recherche d’un équilibre entre la liberté de navigation et la souveraineté territoriale, le droit de la mer a réparti les compétences entre les États - État côtier, État du port, État du pavillon et État tiers - suivant le zonage des espaces maritimes. Cette délimitation constitue le socle juridique sur lequel reposent les actions de l’État en mer contre la criminalité. L’étude interroge donc la capacité des règles établies à offrir aux États des réponses suffisantes et adaptées pour faire face à ce fléau. Elle montre que leurs compétences normatives et d’exécution sont globalement limitées. Le cadre juridique existant n’a au demeurant d’efficacité qu’en étant renforcé par une action globale. Et pour la consolider, la thèse explore la juridictionnalisation de la lutte contre la criminalité en mer. Cette approche est prometteuse, car la pratique du TIDM se développe et sa capacité à traiter la diversité des situations en mer se confirme progressivement.

    Guillaume Dartigue, Le préambule en droit international des droits de l'homme : une analyse critique du discours des droits de l'homme en droit international, thèse soutenue en 2021 à Strasbourg sous la direction de Peggy Ducoulombier, membres du jury : Laurence Burgorgue-Larsen (Rapp.), Véronique Champeil-Desplats (Rapp.), Rémi Bachand et Paulo Pinto de Albuquerque    

    Les théories critiques du droit international font apparaître sa participation à différentes formes de subordination. Le discours préambulaire y contribue largement par sa fonction de légitimation des instruments internationaux, et, à travers les ressorts qu’il mobilise à cette fin – parmi lesquels l’intégration systémique des instruments internationaux et le recours à une terminologie axiologique –, par sa participation à la construction d’un discours des droits de l’homme. Face à ce constat, l’étude questionne les potentialités du discours préambulaire pour l’émancipation de la personne humaine. Une première approche révèle le rôle des préambules dans la motivation du juge international de protection des droits de l’homme. Par les ressources argumentatives qu’il contient, le discours préambulaire offre de multiples possibilités pour soustraire son office à la volonté des États. Néanmoins, l’importance et la nature de ses insuffisances, de même que les limites inhérentes à la fonction juridictionnelle, exigent des perspectives plus radicales.

    Leonardo Machado Pontes, Les limites de marque et les droits fondamentaux : une approche comparative entre les Etats-Unis d'Amérique et l'Union Européenne, thèse soutenue en 2021 à Strasbourg sous la direction de Christophe Geiger, membres du jury : Lisa Ramsey (Rapp.), Martin Senftleben (Rapp.), Allan Rocha de Souza    

    Cette thèse fait la comparaison entre les limites au droit des marques américains et européens. Ces limites sont d'abord définies en tenant compte de l'expansion de l'objet de protection du droit de marque, de la contrefaçon et de la nature des moyens de défense actuellement disponibles pour les tiers. Ces limites sont ensuite examinées à la lumière des droits fondamentaux en repensant le périmètre de l’objet de protection, de la contrefaçon et d'enregistrement des marques. L'élargissement de la protection des marques crée de nombreuses tensions constitutionnelles en ce qui concerne l'interaction entre la dilution, la confusion, le fair use et la clause du commerce, le premier amendement et la clause sur les brevets et le droit d'auteur dans la Constitution américaine. Ainsi, dans l'UE, les marques doivent être harmonisées avec d'autres droits prévus par la Charte et la CEDH, comme la protection de la liberté d'entreprendre et la liberté d'expression.

    Diogène Bideri, Les crimes sexuels face au droit international pénal : recherche sur l'établissement d'une infraction autonome en droit international pénal, thèse soutenue en 2017 à Strasbourg sous la direction de Christian Mestre, membres du jury : Yves Petit (Rapp.), Rafaëlle Maison (Rapp.)      

    La violence sexuelle est aujourd’hui, comme par le passé, largement utilisée comme arme de guerre et moyen de nettoyage ethnique. L’analyse de la jurisprudence internationale pénale fait ressortir la difficulté d’appréhender le crime sexuel par rapport aux catégories juridiques existantes. Le contexte dans lequel le crime sexuel est commis n’absorbe pas tous les aspects de ce crime. La nature considérée des crimes sexuels n’est pas réductible à la qualification de génocide, de crimes contre l’humanité, ou de crimes de guerre. Le juge international a pu préciser la frontière entre les infractions sexuelles et les autres infractions, montrer leur champ, leur intensité pour les distinguer des autres crimes. Cette avancée jurisprudentielle annonce peu à peu un fondement et une légitimité qui définissent des éléments de l’autonomisation des crimes sexuels en droit international. La codification du droit international par un nouveau traité spécifique aux crimes sexuels, avec des dispositions définissant cette catégorie particulière d’infraction, son appréhension et ses obligations juridiques permettra une meilleure répression de ce crime.

  • Alice Dartevelle, The legal underpinnings of corporate power in the biopharmaceutical market, thèse soutenue en 2025 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Régis Bismuth présidée par Séverine Dusollier, membres du jury : Christophe Geiger (Rapp.), Daniel Bénamouzig et Anjali Deshmukh   

    Le marché biopharmaceutique fait face à des défaillances majeures qui ont des répercussions directes sur l'accès aux médicaments pour les patients. Cette thèse part de l'intuition d'une répartition déséquilibrée du pouvoir de négociation entre les États et les entreprises biopharmaceutiques qui empêche de remédier à ces défaillances. Elle cherche à offrir une perspective juridique sur la manière dont cette situation s'est consolidée au fil du temps à travers l'étude des dynamiques cachées dans l'ombre du droit. Cette thèse analyse plus spécifiquement, à travers une perspective globale, la manière dont les entreprises de ce secteur construisent juridiquement leur pouvoir et en assurent sa durabilité. La thèse met en évidence le fait que le soubassement juridique du pouvoir de ces entreprises est composé d'un réseau de droits de propriété intellectuelle enchevêtrés et profondément ancrés. Ces droits de propriété intellectuelle sont protégés par plusieurs branches du droit et par des récits largement répandus qui les assimilent à une forme de propriété à part entière. La thèse fait également état des stratégies d'ingénierie juridique qui permettent d'étendre le pouvoir des entreprises, en premier lieu par la perpétuation de situations de monopole et, en second lieu, par le maintien d'une opacité autour de certaines informations stratégiques. Enfin, cette thèse rend compte des stratégies mises en œuvre par les entreprises biopharmaceutiques pour perpétuer le soubassement juridique de leur pouvoir à l'échelle mondiale et ce, malgré la multiplication des initiatives locales destinées à le remettre en cause.

    Julian Ritschel, La solution mutuellement acceptable : étude du règlement conventionnel des différends entre membres de l'Organisation mondiale du commerce, thèse soutenue en 2024 à AixMarseille sous la direction de Romain Le Boeuf et Makane Moïse Mbengue présidée par Gabrielle Marceau, membres du jury : Saïda El Boudouhi (Rapp.), Carlo Santulli, Emanuel Castellarin et Jean-Marie Paugam   

    La solution mutuellement acceptable (SMA) est le moyen privilégié de règlement des différends dans le système de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). La pratique des membres en matière de règlement amiable constitue un vivier abondant dont l’étude permet de tirer des enseignements généraux, non seulement sur l’accord comme mode de règlement des différends internationaux, mais aussi sur le système du droit international dans lequel il s’inscrit. En tant qu’accord, la SMA se présente comme une solution bilatérale qui répond aux exigences du droit commun relatives au règlement conventionnel des différends et qui peuvent être synthétisées sous le concept de transaction. De nature conventionnelle, elle a pour objet le règlement intégral du différend sous-jacent. Dans la mesure où elle est fondée sur une application du droit et définit les rapports entre les parties au différend de manière contraignante, elle est comparable à l’acte juridictionnel. Comme solution bilatérale dans un contexte multilatéral, la SMA comporte des risques. En particulier, les parties peuvent s’accorder des concessions exclusives aux fins de la résolution du différend, qui vont à l’encontre des intérêts collectifs de l’ensemble des membres. Il s’agit alors de prendre la mesure des avantages et risques afin d’évaluer l’intérêt individuel et collectif du recours au règlement amiable. L’analyse de l’étendue de la liberté conventionnelle dont jouissent les parties au différend permet de tirer des conclusions sur le droit international qui transcendent le règlement amiable. En ce qui concerne l’OMC, il apparaît d’une part que la modification des rapports résultant des accords commerciaux multilatéraux, convenue dans le cadre du règlement amiable, n’affecte pas per se les droits subjectifs des membres tiers. D’autre part, l’identification des rapports de responsabilité liés aux SMA révèle la portée du système de responsabilité spécifique de l’organisation. Au-delà de l’OMC, l’étude des règles applicables au règlement conventionnel des différends commerciaux conduit à des conclusions d’ordre général sur le rôle de la volonté dans le système de droit international, et plus particulièrement sur la dynamique entre le volontaire et l’obligatoire qui sous-tend la création de droit en droit international et contribue à sa fragmentation

    Philippe Bordachar, Les tribunaux arbitraux constitués sous l’égide du CIRDI face au risque d’inexécution de leurs décisions, thèse soutenue en 2024 à Paris 12 sous la direction de Arnaud de Nanteuil présidée par Hervé Ascensio, membres du jury : Franck Latty (Rapp.), Marie-Élodie Ancel et Matthieu de Boisséson   

    Malgré l’absence d’une autorité centralisée chargée dans l’ordre juridique international de s’assurer de la mise en oeuvre volontaire et, en l’absence, d’assumer le déploiement de la contrainte à l’égard du débiteur défaillant, le taux d’exécution des décisions et sentences rendues par les tribunaux arbitraux constitués sous l’égide du Centre International pour le Règlement des Différends relatifs aux Investissements (CIRDI) se montre remarquablement élevé.Alors qu’il est traditionnellement enseigné que la mise en oeuvre est une fonction administrative et non juridictionnelle, l’originalité de l’étude tient à l’analyse de la contribution déterminante des tribunaux arbitraux eux-mêmes à l’efficacité du système de règlement des différends du CIRDI, ceci à travers l’annihilation par anticipation d’un risque vraisemblable d’inexécution future.Basée sur une centaine de décisions, dont certaines inédites, l’étude se présente sous les figures de l’unitaire, du binaire et du ternaire. L’unitaire, en ce sens que les tribunaux arbitraux se projettent invariablement vers la phase post-arbitrale afin de s’assurer des meilleures chances de mise en oeuvre de leurs décisions. Le binaire renvoie à la méthodologie appliquée, consistant d’abord en un effort de systémisation d’une pratique particulièrement éparse en raison du caractère lui-même composite et variable du risque d’inexécution future, avant de tenter de proposer une mise en cohérence interne et externe. Le ternaire évoque enfin les interventions successives des tribunaux arbitraux : ceux-ci sécurisent une capacité future de mise en oeuvre à travers l’usage exceptionnel des mesures provisoires, façonnent les modalités adéquates de réparation au fond et déjouent la potentialité de procédures dilatoires susceptibles de nuire à l’exécution de leurs propres décisions.

    Louis Bertier, Les protections autorisées par les accords de l'Organisation mondiale du commerce : contribution à l'étude des réactions juridiques aux perturbations économiques, thèse soutenue en 2022 à AixMarseille sous la direction de Romain Le Boeuf présidée par Laurence Boisson de Chazournes, membres du jury : Philippe Maddalon (Rapp.), Jean-Marie Paugam et Marie-Pierre Lanfranchi    

    La vie économique n’étant pas parfaitement linéaire, il est fréquent que les économies des États subissent des perturbations économiques au cours desquelles elles sont mises en difficulté. Lorsque ces situations se produisent, les membres de l’OMC cherchent à protéger leur économie nationale par l’adoption de mesures aux allures protectionnistes alors même que les accords commerciaux auxquels ils sont liés les obligent plutôt à ouvrir leurs frontières aux échanges internationaux. Anticipant ce besoin de se protéger, les accords de l’OMC contiennent des normes permettant aux membres de l’OMC d’adopter des mesures restrictives aux échanges. Ces mesures sont des réactions juridiques à des situations économiques particulières, s’apparentant à des changements de circonstances de fait. Comme pour toutes les normes qui ont pour fonction de parer aux changements de circonstances de fait, les normes de protection prévues dans les accords de l’OMC se doivent de trouver un équilibre entre la nécessité d’apporter de la souplesse et l’impératif de préserver le rapport juridique. Le droit de l’OMC étant présenté comme réaliste, c’est-à-dire près de la réalité économique qu’il régit, l’équilibre des normes de protection serait plus satisfaisant que celui d’autres normes, notamment de droit international général, si bien que celles-ci ne seraient en pratique pas applicables aux échanges internationaux. En effet, les normes de protection accorderaient aux membres de l’OMC toute la flexibilité dont ils ont besoin sans remettre en cause le processus de libéralisation des échanges. Après analyse des normes de protection, il s’avère néanmoins qu’une telle hypothèse n’est pas exacte

    Mathilde Frappier, L’exigence du traitement national en droit international économique, thèse soutenue en 2019 à Paris 2 sous la direction de Yves Nouvel, membres du jury : Franck Latty (Rapp.), Charles Leben et Makane Moïse Mbengue    

    Le traitement national renvoie à l’octroi au profit d’un étranger d’un traitement égal à celui du national. Il s’agit d’une norme d’égalité de traitement. En tant que tel, il est formulé de manière abstraite et s’adapte aux situations de fait visées et aux valeurs poursuivies par son auteur. Cette étude porte spécifiquement sur l’énonciation conventionnelle, sous la forme du traitement non moins favorable, le champ d’application et la mise en œuvre du traitement national au sein du droit international économique. D’une part, elle s’intéresse à ce que le droit international économique apporte à la compréhension de l’égalité de traitement entre nationaux et étrangers, dès lors qu’il s’agit d’un droit dont l’inspiration économique libérale est bien établie et qui est juridictionnalisé. D’autre part, elle conduit à identifier ce que le traitement national dit du droit international économique, de sa culture normative et juridictionnelle. Cette étude fait apparaitre l’emprise considérable de la norme du traitement national sur le droit interne des parties contractantes. Elle montre que le traitement national prescrit une égalité de type matériel et non formel. Elle permet aussi de souligner le rôle déterminant des juridictions internationales économiques et de relativiser l’autonomie du droit international économique au sein du droit international public.

    Mohamed Abdou, L'incidence sur les pays en développement du lien entre propriété intellectuelle et droit du commerce international, thèse soutenue en 2019 à Paris 1 sous la direction de Hervé Ascensio présidée par Yann Kerbrat, membres du jury : Habib Ghérari (Rapp.), Thu Lang Tran Wasescha    

    Depuis l’adoption de l’Accord sur les ADPIC en 1994, la question relative à la protection de la propriété́ intellectuelle occupe une place centrale dans les débats concernant le régime de commerce multilatéral de l’OMC. Certains ont salué́ l’Accord en tant que victoire pour le commerce international et l’intégration économique, mais très rapidement, un mouvement de contestation est apparu parmi la société civile et la doctrine soulignant l’inefficacité et même les conséquences nocives du régime commercial de propriété intellectuelle sur les pays en développement. Ces critiques se sont intensifiées avec la conclusion d’accords de partenariat économique comprenant des clauses ADPIC-plus renforçant davantage le régime de protection. Toutefois, très peu d’importance a été accordée jusqu’à présent au lien juridique entre le droit de la propriété intellectuelle et le commerce international. L’incorporation des normes de propriété intellectuelle dans les accords commerciaux internationaux est avant tout une mise en rapport entre deux branches juridiques qui autrefois étaient largement séparées. Chaque branche poursuit des objectifs précis et a évolué de manière indépendante, ce qui soulève de nombreuses questions concernant leur possible « cohabitation » et les effets juridiques liés à cette interaction systémique. Cette étude tente d’apporter des réponses à ces questions en analysant la situation spécifique des pays en développement, lesquels sont les plus affectés par le renforcement constant du niveau de protection de la propriété intellectuelle. L’objectif étant de déterminer comment le régime commercial de propriété intellectuelle peut être adapté à leurs besoins et intérêts.

    Giulio Alvaro Cortesi, Les émanations de l'État à vocation économique dans l'arbitrage des investissements et dans le contentieux de l'O.M.C, thèse soutenue en 2018 à Paris 1 sous la direction de Hervé Ascensio et Andrea Gattini présidée par Geneviève Bastid Burdeau, membres du jury : Pia Acconci (Rapp.), Lorenza Mola      

    L'idée de cette thèse sur le droit international des investissements concernant les entreprises d'État trouve son origine dans l'impressionnant développement économique de ces dix dernières années. D'une part, ce dernier donne une pertinence considérable à ce thème compte tenu de son actualité. D'autre part, il existe un intérêt considérable pour les problèmes juridiques laissés en suspens par ces entités. Cette thèse commence par un chapitre préliminaire dans lequel la forme juridique de ces institutions est analysée, à la fois avec une évaluation empirique et du point de vue du droit national et international applicable à ces sujets. L'analyse empirique approfondie qui n'a pas encore été réalisée dans les recueils de contributions examinés s'est révélée fondamentale, car certaines des questions juridiques concernant les entreprises d'État ne pourraient vraiment pas être abordées sans une telle approche. Le corps plus juridique de la thèse, consacré uniquement à l'analyse juridique, est composé de trois parties et présente deux principaux pôles d'intérêt : le premier est lié à la compréhension des implications juridiques de ces entités et le second, plus large, vise à comprendre le traitement qui a été réservé à ces organes dans les différends examinés. Ce traitement peut nous renseigner au niveau systémique sur le droit international des investissements, qui a également nécessité une comparaison ciblée avec l'arbitrage commercial et avec le droit commercial international.

  • Jessica Tordeur, L’appel devant les juridictions internationales, thèse soutenue en 2021 à Paris 2 sous la direction de Jean Combacau, membres du jury : Guillaume Le Floch (Rapp.), Jean-Louis Iten (Rapp.), Carlo Santulli    

    Le recours en appel tenait un rôle assez modeste dans le droit du procès international, traditionnellement dominé par le principe du caractère définitif des jugements. Bien que cette voie de recours ait connu un essor remarquable depuis les années 1990, elle n’a fait l’objet que de rares études, sectorielles de surcroît. L’ambition du présent ouvrage est de proposer la première étude transversale consacrée à l’appel devant les juridictions internationales. Or, une difficulté majeure surgit immédiatement : comment définir l’appel ? Une analyse de droit comparé consacrée aux recours qui existent dans les ordres juridiques internes permet de constater que des termes similaires (appel, « appeal ») ne désignent pas des mécanismes identiques. Le terme « appel » est donc doté d’une flexibilité remarquable lui permettant d’englober un large éventail de recours, y compris ceux qui existent dans le droit du contentieux international. C’est ainsi que sont examinés ici les recours en appel devant la C.P.J.I. et la C.I.J., l’Organe de règlement des différends de l’O.M.C., les juridictions pénales internationales, le Tribunal d’appel des Nations Unies et la Cour européenne des droits de l’homme. Si cette étude s’efforce de dégager une définition commune de l’appel devant les juridictions internationales, celle-ci n’éclipse pas pour autant la multiplicité des mécanismes qui semblent se décliner sous deux formes. On entrevoit en effet l’existence de deux grands types d’appels : les uns visent à obtenir du juge d’appel un « re-jugement de l’affaire » tranchée par le juge initial tandis que les autres s’apparentent davantage à un « jugement du jugement » rendu en première instance.