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Lilian Larribère

Professeur, Droit privé et sciences criminelles.

Université Paris Nanterre · UFR de Droit et Science politique Centre de Droit Civil des Affaires et du Contentieux Économique — CEDCACE
Université Paris NanterreUFR de Droit et  Science politiqueCentre de Droit Civil des Affaires et du Contentieux Économique

Actualités scientifiques

Conférence
12 fév. 2026 · Guyancourt
Séminaire
7 nov. 2025 · Nanterre
Journée d'étude
5 nov. 2025 · Nanterre
Conférence
6 oct. 2025 · Nanterre
Conférence
1 juil. 2025 · Paris
Colloque
30 avr. 2025 · Montpellier
Projet
17 mars 2025
Colloque
21 oct. 2021 · Cergy

Publications scientifiques

  • Thèse

    THESE
    La réglementation de la convention d’arbitrage international – Étude critique et comparative en droits français et américain : étude critique et comparative en droits français et américain, soutenue en 2021 à Paris 1 sous la direction de Sylvain Bollée présidée par Mathias Audit, membres du jury : Dominique Bureau (Rapp.), Sophie Lemaire (Rapp.), George A. Bermann et Maxi Scherer  

    Depuis le début des années 1990, la réglementation de la convention d’arbitrage international est, en droit français, toute entière structurée autour de la méthode des règles matérielles. Celle-ci a visé à créer un corps de règles propres à la convention d’arbitrage international et applicables sans recours à la technique conflictualiste. Dès lors que, dans le champ du droit international privé, les contrats internationaux relèvent en principe de conflit de lois, l’empire de cette méthode apparaît fort singulier. Elle semble cependant s’inscrire dans une certaine représentation théorique du droit de l’arbitrage international qui reconnaît l’existence d’un ordre juridique tiers : la méthode répond au prisme pluraliste français. Ainsi les règles matérielles prétendent être dénuées de toute singularité locale et répondre aux besoins du commerce international. Pour ce faire, elles seraient dégagées d’après un consensus étatique généralement observé. Or, l’analyse critique et comparative de ces règles au regard du droit américain peut faire douter de ce que ce programme méthodologique a été véritablement tenu. Elle semble plutôt démontrer que ces règles ne sont que le décalque, plus ou moins adroitement exécuté, de la règle du droit français qui aurait été applicable si le droit français avait été directement appliqué à la question de droit posée. Si la démonstration d’une telle idée est faite, la voie sera ouverte pour proposer une nouvelle méthode de réglementation de la convention d’arbitrage.

  • Ouvrages

    Lilian Larribère, La réglementation de la convention d'arbitrage international: étude critique et comparative en droits français et américain, LGDJ et un savoir-faire de Lextenso, 2023, Bibliothèque de droit privé, 672 p. 

    Depuis le début des années 1990, la réglementation de la convention d’arbitrage international est tout entière structurée autour de la méthode des règles matérielles. Celle-ci a visé à créer un corps de règles propres à la convention d’arbitrage international et applicables sans recours à la technique conflictualiste.Dès lors que, dans le champ du droit international privé, les contrats internationaux relèvent en principe des règles de conflit de lois, l’empire de cette méthode apparaît fort singulier. Elle semble s’inscrire dans une certaine représentation théorique du droit de l’arbitrage international qui reconnaît l’existence d’un ordre juridique tiers : la méthode répond au prisme pluraliste français. Ainsi, les règles matérielles prétendent être dénuées de toute singularité locale et répondre aux besoins du commerce international. Pour ce faire, elles seraient dégagées d’après un consensus étatique généralement observé. Or, l’analyse critique et comparative de ces règles au regard du droit américain peut faire douter de ce que ce programme méthodologique a été véritablement tenu. Elle semble plutôt démontrer que ces règles ne sont que le décalque, plus ou moins adroitement exécuté, de la règle du droit français qui aurait été applicable si le droit français avait été directement appliqué à la question de droit posée. Si la démonstration d’une telle idée est faite, la voie sera ouverte pour proposer une nouvelle méthode de réglementation de la convention d’arbitrage

  • Articles

    Lilian Larribère, « L’autorité de la règle de conflit et la loi applicable à l’extinction, par une transaction, d’une obligation solidaire », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2026, n°Octobre-Décembre, pp. 946-962  

    Dès lors que l’applicabilité d’une loi étrangère était invoquée devant la cour d’appel, il lui appartenait de déterminer la loi applicable à la créance dont il était prétendu qu’elle s’était éteinte par l’effet de l’accord de règlement global conclu avec certains des codébiteurs solidaires, et, en cas de difficulté, d’interpréter cet accord selon la loi choisie par les parties. Au surplus, l’admission d’une équivalence entre la loi française et la loi étrangère désignée par la règle de conflit suppose que le contenu du droit étranger applicable ait été établi.

    Lilian Larribère, « L'autorité de la règle de conflit et la loi applicable à l'extinction, par une transaction, d'une obligation solidaire », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2025, n°04, p. 946  

    Lilian Larribère, « La circulation sous conditions de la clause attributive de juridiction en droit international privé européen », Recueil Dalloz, Dalloz , 2025, n°43, p. 2147  

    Lilian Larribère, « L'appréciation globale de la procédure par défaut et l'ordre public international de procédure », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2025, n°03, p. 707  

    Lilian Larribère, « Les spatialités du contentieux de la responsabilité sociale et environnementale des entreprises », Justice et cassation : Revue annuelle des avocats au Conseil d'État et à la Cour de cassation, Dalloz , 2025, n°1, p. 63  

    Lilian Larribère, « Effet de titre et dessaisissement du débiteur failli : où passe exactement la frontière ? », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2025, n°02, p. 317  

    Lilian Larribère, « Combattre les règles défavorables aux consommateurs par l'internationalité du litige », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2025, n°01, p. 82  

    Lilian Larribère, « L’appréciation globale de la procédure par défaut et l’ordre public international de procédure », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2025, n°Juillet-Septembre, pp. 175-188  

    Est contraire à la conception française de l’ordre public international la reconnaissance d’une décision étrangère non motivée lorsque ne sont pas produits des documents de nature à servir d’équivalent à la motivation défaillante. Il incombe au demandeur de produire ces documents. En matière d’adoption, le juge de l’exequatur doit être en mesure, à travers la motivation de la décision ou les documents de nature à servir d’équivalent qui lui sont fournis, de connaître les circonstances de l’adoption et de s’assurer qu’il a été constaté que ses parents ou ses représentants légaux y ont consenti dans son principe comme dans ses effets.

    Lilian Larribère, « Effet de titre et dessaisissement du débiteur failli : où passe exactement la frontière ? », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2025, n°Avril-Jui, pp. 352-369  

    Dès lors que les décisions des juridictions indiennes, relatives à la procédure de liquidation de la société et à la désignation d’un liquidateur, n’étaient pas revêtues de l’exequatur en France et qu’aucune demande incidente n’était formée en ce sens, la cour d’appel en a déduit, à bon droit, que les représentants légaux de cette société n’étaient pas dessaisis de leur pouvoir de représentation de sorte que l’effet de titre attaché à ces décisions ne pouvait pas conférer au liquidateur un droit d’agir en leur lieu et place.

    Lilian Larribère, « Combattre les règles défavorables aux consommateurs par l’internationalité du litige », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2025, n°Javier-Mars, pp. 82-98  

    Lilian Larribère, « Vers l'émergence d'un système procédural autonome ? L'unité notionnelle de la litispendance et de la connexité européennes », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2024, n°04, p. 766  

    Lilian Larribère, « Concurrence ou coopération ? L'articulation des procédures d'insolvabilité principale et secondaire(s) », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2024, n°03, p. 526  

    Lilian Larribère, « Quatre effets pour une convention d'arbitrage », Recueil Dalloz, Dalloz , 2024, n°11, p. 558  

    Lilian Larribère, « Vers l’émergence d’un système procédural autonome ? L’unité notionnelle de la litispendance et de la connexité européennes », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2024, n°Octobre-Décembre, pp. 766-782  

    Lilian Larribère, « Concurrence ou coopération ? L’articulation des procédures d’insolvabilité principale et secondaire(s) », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2024, n°3, pp. 526-541  

    Lilian Larribère, « Construction des catégories et droit international de la faillite », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2024, n°4, pp. 904-915  

    Lilian Larribère, « Construction des catégories et droit international de la faillite », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2023, n°4, p. 904  

    Lilian Larribère, « Le minimalisme des exigences formelles en matière de convention attributive de juridiction », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2023, n°2, p. 443  

    Lilian Larribère, « Le minimalisme des exigences formelles en matière de convention attributive de juridiction », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2023, n°2, pp. 443-458  

    Une clause attributive de juridiction contenue dans des conditions générales auxquelles il est renvoyé dans le contrat par un hyperlien est valable en la forme même si la partie à laquelle cette clause est opposée n’a pas été invitée à accepter ces conditions générales en cochant une case. Ces conditions générales doivent cependant être téléchargeables et imprimables sur le site Internet.

    Lilian Larribère, « La proportionnalité des dommages-intérêts punitifs et le droit de toute personne au respect de ses biens », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2022, n°03, p. 589  

    Lilian Larribère, « Le difficile maniement des critères d'applicabilité de la compétence de protection des consommateurs », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2022, n°02, p. 387  

    Lilian Larribère, « La proportionnalité des dommages-intérêts punitifs et le droit de toute personne au respect de ses biens », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2022, n°3, pp. 589-600  

    Si le principe d’une condamnation à des dommages et intérêts punitifs n’est pas, en soi, contraire à l’ordre public international, envisagé sous l’angle du droit de toute personne au respect de ses biens, il en va autrement lorsque le montant alloué est disproportionné au regard du préjudice subi et des manquements aux obligations contractuelles du débiteur.

    Lilian Larribère, « Le difficile maniement des critères d’applicabilité de la compétence de protection des consommateurs », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2022, n°2, pp. 387-398  

    Manque de base légale l’arrêt qui refuse de déclarer applicable la protection des consommateurs des articles 15 §1 et 16 §1 de la Convention de Lugano II tout en retenant que certaines activités du professionnel sont dirigées vers le pays du domicile du consommateur s’il n’indique pas la nature de ces activités et les raisons pour lesquelles l’activité en cause n’entre pas dans leur domaine.

    Lilian Larribère, « Pouvoir de révision du juge du contrôle et compétence indirecte du juge étranger », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2022, n°3, pp. 652-661  

    Applicable en matière internationale, l’article 75 du code de procédure civile oblige l’auteur de l’exception d’incompétence à désigner le juge étranger compétent. En cas d’option de compétence entre deux juridictions relevant d’un même État, il satisfait à son obligation dès lors qu’il désigne les juridictions de cet État. Il n’a pas davantage à rappeler les règles du droit étranger déterminant le juge compétent au sein de cet État.

    Lilian Larribère, « Pouvoir de révision du juge du contrôle et compétence indirecte du juge étranger », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2021, n°03, p. 652  

    Lilian Larribère, « Pouvoir de révision du juge du contrôle et compétence indirecte du juge étranger, note sous Civ. 1ère, 3 mars 2021, n°19-19.471 », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2021 

    Lilian Larribère, « Note sous CJUE, 18 novembre 2020, Ryanair DAC c. DelayFix, aff. C-519/19 », Journal du droit international (Clunet), LexisNexis , 2021 

    Lilian Larribère, « Commercial Issues in Private International Law. A Common Law Perspective, », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2021, n°04, p. 902  

    Lilian Larribère, « Commercial Issues in Private International Law. A Common Law Perspective, par Michael Douglas, Vivienne Bath, Mary Keyes et Andrew Dickinson (dir.), Hart Publishing, 2019, 408 pages », Revue critique de droit international privé, Revue critique de droit international privé, 2021, n°4, pp. 902-904  

    Résumé Au sein de l'article 10 du règlement n° 1259/2010, les termes « [l]orsque la loi applicable en vertu des articles 5 ou 8 ne prévoit pas le divorce » visent uniquement les situations dans lesquelles la loi étrangère applicable ne prévoit le divorce sous aucune forme. Dans l'hypothèse où la loi étrangère applicable ne permet de demander un divorce qu'à la condition qu'il ait été précédé d'une séparation de corps d'une durée de trois années, tandis que la loi du for ne prévoit pas de règles de procédure en matière de séparation de corps, cette juridiction doit toutefois, à défaut de pouvoir prononcer elle-même une telle séparation, vérifier que les conditions de fond prévues par la loi étrangère applicable sont remplies et le constater dans le cadre de la procédure de divorce dont elle est saisie.

    Lilian Larribère, « Un révélateur de l’originalité du droit français de l’arbitrage international : le droit comparé », Revue de droit Henri Capitant / Henri Capitant Law Review, Lextenso , 2020 

    Lilian Larribère, « US Litigation Today - Still a Threat for European Businesses or Just a Paper Tiger ? », Revue Critique de Droit International Privé, Sirey - Dalloz , 2019, n°03, p. 908  

  • Communications

    Lilian Larribère, « Le rattachement (l'autonomie de la volonté) », le 12 février 2026 

    Cycle de conférences du Professeur Blajan (conférence n° 2) organisé par le laboratoire D@NTE, USVQ

    Lilian Larribère, « Les Midines du CEDIN », le 07 novembre 2025 

    Séminaire organisé par le CEDIN, Faculté de droit, Université Paris Nanterre sous la direction scientifique de Sophie Grosbon et Lilian Larribère

    Lilian Larribère, « L’Union européenne confrontée à des menaces existentielles », le 05 novembre 2025 

    6ème Journée Patrick Daillier organisée par le CEDIN et le FIND, Université paris Nanterre sous la direction scientifique de Bachir Salifou Garba, Firas Kondakji et Olivier Pedeboy

    Lilian Larribère, « Conditions et effets de la convention d'arbitrage », le 06 octobre 2025 

    Conférence inaugurale organisée par le CEDCACE et le CEDIN, Université Paris Nanterre dans le cadre du cycle "Regards croisés sur les évolutions du droit français de l’arbitrage" sous la direction scientifique de Claire Debourg, Professeure à l’Université Paris Nanterre - Léonor Jandard, Maître de conférences, à l’Université Paris Nanterre et Lilian Larribère, Professeur à l’Université Paris Nanterre

    Lilian Larribère, « Enseigner le droit comparé », le 01 juillet 2025 

    Conférence sous la direction scientifique de Maxime Lassalle Maître de conférences à l’Université Bourgogne Europe (CREDIMI).

    Lilian Larribère, « Figures de juristes, hier, aujourd’hui, demain », le 30 avril 2025 

    Colloque organisé par le Laboratoire de Droit Privé, Ecole doctorale de droit, Université de Montpellier sous la direction scientifique de Rémy Cabrillac.

    Lilian Larribère, « L'exploitation des ressources naturelles à l'épreuve de la transition énergétique », le 05 décembre 2024 

    Colloque organisé par le CEDIN, Université Paris Nanterre sous la direction scientifique de Rebecca Legendre et Denys-Sacha Robin

    Lilian Larribère, « Approche comparatiste de la nouvelle jurisprudence française relative au contrôle de la conformité des sentences arbitrales à l'ordre public international », le 06 juillet 2023 

    Conférence organisée par la SLC, Section Arbitrage ADR

    Lilian Larribère, « L’originalité du droit français de l’arbitrage international », le 14 septembre 2022 

    Organisée par l'Association Henri Capitant

    Lilian Larribère, « L’arbitrage en droit public », le 21 octobre 2021 

    Colloque organisé par le LEJEP - Laboratoire d'études juridiques et politiques

    Lilian Larribère, « Loi applicable à la convention d’arbitrage : panorama de droit comparé », le 23 septembre 2021 

    Conférence en présence et en ligne organisée dans le cadre de la Paris Arbitration Week par la Société de législation comparée Section Arbitrage ADR lus UNUM

    Lilian Larribère, « Les droits subjectifs », le 22 janvier 2020 

    Séminaire 2019-2020 de « Cultures et théories juridiques », IRJS, Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Encadrement doctoral

  • Rapporteur

    Manfredi Latini Vaccarella, Problemi attuali dell'autonomia procedurale, soutenue en 2025 à Université ParisPanthéonAssas sous la direction de Cécile Chainais et Roberta Tiscini présidée par Elena D'Alessandro, membres du jury : Laurence Sinopoli (Rapp.), Andreas Piekenbrock (Rapp.), Ulisse Corea (Rapp.), Clarice Maria Rita Delle Donne (Rapp.), Emmanuel Jeuland, Marco Gradi et Fernando Gascón Inchausti   

    Les études de procédure civile et de droit de l’Union ont longtemps été tenues pour distinctes, les questions procédurales étant surtout envisagées à travers le droit international privé et le droit procédural transnational. Depuis le début des années 2000, l’intensification de l’harmonisation européenne a rendu inévitable la confrontation de certaines règles nationales avec les principes fondamentaux du droit de l’Union, dont la primauté. Si la Cour de justice rappelle l’importance de l’autonomie procédurale des États membres, celle-ci reste encadrée par l’équivalence et l’effectivité : lorsque des règles internes entravent la protection effective des droits issus du droit de l’Union, le juge national peut être tenu de les écarter. L’usage croissant de ces limites alimente une crise de l’autonomie procédurale, visible en Italie et en France, la jurisprudence de la CJUE – proche d’un ius superveniens – imposant des solutions parfois difficiles à concilier avec les traditions nationales. La thèse retrace d’abord l’histoire du procès civil et son lien avec l’État de droit, puis analyse le renvoi préjudiciel, mobilisé aussi pour des enjeux procéduraux et institutionnels. Les affaires Fininvest et SPV Project mettent en lumière la tension entre primauté et stabilité de la chose jugée, notamment en matière d’injonction de payer et de contrôle ex officio des clauses abusives ; l’arrêt Randstad illustre une fonction de coordination possible au sein de l’ordre interne. Le dernier chapitre examine le rôle des cours constitutionnelles, l’érosion des contre-limites et plaide pour une clarification législative des frontières de la compétence de l’Union en matière procédurale.

    Clémence-Gabrielle Abitbol, Contentieux sériels en procédure civile française, soutenue en 2024 à Paris 1 sous la direction de Emmanuel Jeuland présidée par Julien Théron, membres du jury : Liza Veyre (Rapp.), Lucie Mayer et Évelyne Serverin   

    La doctrine révèle une utilisation fréquente des termes « contentieux sériel » ou « contentieux en série », sans toutefois en proposer de définition unique ni de solution systématique. Cette absence de cadre conceptuel entraîne en droit civil français un traitement fragmenté des séries contentieuses, celles-ci étant abordées de manière ponctuelle, au gré de leur apparition, sans que des outils structurés d’identification et de gestion des séries ne soient développés. En s'appuyant sur une approche empirique et une comparaison avec le droit processuel d’autres systèmes, il convient de mettre en exergue les outils créés pour l’identification et le règlement des séries contentieuses. Parmi ceux-ci, le jugement-pilote, utilisé en droit administratif et par la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), apparaît comme une méthode particulièrement efficace. Cependant, cette procédure n'est pas transposable au droit civil en raison de l’atteinte aux droits fondamentaux des justiciables qu’elle constitue, notamment le droit d’accès au juge et le respect du principe du contradictoire. Dès lors, une adaptation s'avère nécessaire. En ce sens, les « quasi-jugements pilotes » issus de la pratique des magistrats judiciaires représentent un outil pertinent. Cette démarche peut être comparée à la procédure de jugement témoin en Espagne et met en lumière l’opportunité d’intégrer un nouvel instrument procédural dans la fonction juridictionnelle. Ce dispositif permettrait d’identifier les séries par des critères objectifs, tout en facilitant la coopération et la collaboration entre les parties et les acteurs institutionnels impliqués au sein de la juridiction, sans pour autant compromettre les droits fondamentaux des parties à l’instance.