Les aires protégées couvrent 25 % du territoire du Costa Rica. Pays en plein développement économique, le Costa Rica illustre ainsi les conflits entre conservation et développement dans un pays qui fait de la protection de la biodiversité son leitmotiv, tout en faisant face à des défis économiques non sans conséquence sur l’environnement (plantations d’ananas et de palmiers à huile pour l’exportation, vente des terres et spéculation immobilière, accroissement des infrastructures touristiques, routières, énergétiques, etc.). Cet article vise à analyser le processus de création d’un projet hydroélectrique El Diquís, actuellement à l’étude au centre du pays et ses conséquences sur l’ensemble d’un bassin versant. Ce barrage, situé sur le Río Grande de Térraba affectera non seulement en amont des territoires autochtones riches en biodiversité mais également en aval une partie de la plus grande zone humide du pays également site Ramsar, « el Humedal Nacional Térraba Sierpe » dont la partie nord est alimentée par le Río Grande. Ce projet remplace un précédent projet qui avait été rejeté non seulement par les populations locales dès les années 1970 mais également suite à diverses études d’impact dans les années 2000 qui avaient conclu à des conséquences environnementales et sociales bien trop importantes et à la recherche d’une solution alternative. Ce barrage constituera la plus grande infrastructure hydroélectrique d’Amérique Centrale et visera à répondre à une croissance en énergie de l’ordre de 6 % par an.Il s’agira de replacer ce projet dans son contexte juridique national et international, d’analyser le cadre juridique des différentes phases d’élaboration (évaluations d’impacts social et environnemental, processus de participation, proposition de compensation environnementale et de relocalisation des populations principalement autochtones), et d’esquisser des propositions pour l’avenir.Cette étude s’intègre dans un projet pluridisciplinaire LiveDiverse (www.livediverse.eu), cherchant à analyser à partir de quatre études de cas (Costa Rica, Inde, Vietnam, et Afrique du Sud) les relations entre la biodiversité et les moyens d’existence des populations locales. Compte tenu du thème « Biodiversité et évaluation environnementale » auquel est consacré le 15e colloque du Secrétariat international francophone pour l’évaluation environnementale (SIFEE) en 2010, il a été jugé pertinent de présenter les recherches actuellement menées sur le Costa Rica.