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Représenter les territoires

Colloque

Représenter les territoires

4ème Colloque international du Collège international des sciences territoriales (CIST)

Du jeudi 22 mars 2018 au samedi 24 mars 2018

Argument général

Le 4ème colloque du Collège International des Sciences Territoriales sera accueilli par l’Université de Rouen Normandie qui est devenue en 2017 membre de cette Fédération de recherche scientifique reconnue par le CNRS. Cet événement représente une chance exceptionnelle pour les différents laboratoires et chercheurs qui s’impliquent dans la promotion des sciences territoriales au sein de la COMUE Normandie Université (droit, géographie, gestion, aménagement et urbanisme, archéologie, etc.).

Le CIST ayant vocation à proposer une science ouverte sur la société, plusieurs moments d’échange ont été organisés à destination du grand public : sur la construction de l’imaginaire métropolitain, sur la littérature et les territoires et sur l’image du territoire européen pour les citoyens. Le CIST espère ainsi démontrer comment la recherche en sciences sociales est susceptible de contribuer à nourrir le débat public et à permettre une meilleure intelligence collective des rapports entre société et territoires.

 

Extraits du programme

(le programme complet est disponible en téléchargement ci-joint)

 

Programme détaillé du colloque scientifique

Argument général

Après trois colloques qui ont successivement cherché à fonder les sciences du territoire, à en dépasser les fronts et frontières, notamment en termes de collaborations interdisciplinaires, et enfin à explorer la demande sociale territoriale, le 4e colloque du CIST vise à mobiliser les sciences territoriales pour aborder la question des représentations. L’objectif du colloque, organisé en 17 sessions, est de se saisir de cette approche des territoires par les représentations et de déterminer ce qu’elle apporte à l’analyse des territoires, d’un point de vue théorique, méthodologique et empirique.

Issues de champs disciplinaires divers, les analyses portant sur les représentations se sont diffusées dans l’ensemble des sciences humaines et sont abordées dans des acceptions très variées par les géographes, les sociologues, les historiens ou les spécialistes de sciences juridiques et politiques. Tant le concept de territoire que celui de représentation sont donc à même, du fait de leur polysémie, de permettre de croiser différentes thématiques, méthodes et disciplines.

Toutes les formes de « représentations » sont mobilisables dans le cadre de ce colloque : concepts, idées, schèmes, cartes, textes, images fixes ou animées, bases de données, vecteurs multimédias mobilisés dans le cadre de la construction, de l’aménagement et de la transformation des territoires. De même, les sources peuvent puiser dans une large gamme : des enquêtes, des entretiens, des biographies, des témoignages, des documents juridiques, politiques ou culturels, des plans, des programmes, des projets ou des rêves, des productions artistiques, des supports publicitaires, ludiques ou militants, des œuvres canoniques ou bien des traces fugaces sur les réseaux sociaux, etc. L’essentiel sera de pouvoir convoquer un matériau empirique susceptible d’apporter des réponses aux débats scientifiques portant sur la question du rôle des représentations dans la territorialisation des sociétés.

110 communications ont été retenues par le conseil scientifique du colloque.

 

 

Session plénière

 

Comment les sciences humaines se représentent les territoires ?

Jeudi 22 mars de 16h00 à 18h00, Campus Pasteur, 3 av. Pasteur à Rouen

Intervenants :

Jean-Pierre GIROD (président du Parc naturel régional des Boucles de la Seine)
Romain PASQUIER (DR en sciences politiques, Rennes),
Anne-Thida Norodom (PU de droit international, Université Paris Descartes)
André TORRE (DR en économie, INRA)

Animateur : Sylvain ALLEMAND

Cette table ronde plénière a pour objectif de questionner la façon dont les sciences s’approprient la notion de « territoire ». Au cours de la période récente, le territoire a été utilisé de façon plus ou moins intense et structurée selon les disciplines. Si le CIST a été impulsé depuis 2010 par une majorité de géographes, l’histoire des sciences montre que le territoire est en fait investi par un grand nombre de disciplines : l’éthologie, le droit, l’histoire, l’économie, la science politique, l’écologie, l’archéologie, la sociologie, les géosciences, l’anthropologie, etc. Se pose alors la question de l’hétérogénéité des définitions, des liens avec les notions connexes (régions, espace, terrain), des investissements théoriques et des méthodes mobilisés pour explorer et exploiter le potentiel heuristique que laisse entrevoir la notion de territoire. Au-delà, depuis plusieurs décennies, les mouvements de décentralisation et de macro-régionalisation observables dans de nombreuses situations ont contribué à banaliser la référence au territoire en dehors du monde académique. Un tel contexte induit de nouvelles opportunités en matière de recherche opérationnelle et de valorisation sociale et institutionnelle. Le territoire apparaît alors non plus comme un objet mais également comme un champ de recherche, voire, pour certains, comme un paradigme. Cet enjeu suppose que les interlocuteurs en présence s’accordent sur des cadres et des repères cognitifs communs afin de faire du territoire un instrument d’intercompréhension et d’intelligibilité partagée. Or, l’expérience montre qu’une telle situation est loin d’être avérée tant les fondements normatifs qui président à la légitimation des sciences demeurent construits sur l’héritage des cloisonnements disciplinaires importants. Au-delà des effets d’aubaine liés à la vogue pour les territoires, cette session interrogera la pertinence et la possibilité d’une mise en synergie des sciences intéressées par la territorialité.

 

1. Luttes de territoire et représentations sociales

Jeudi 22 mars : 9h30-11h00, 11h15-12h45, 14h00-15h45.

Co-porteur.e.s : Laurent BEAUGUITTE (IDEES) & Marta SEVERO (Dicen IDF)

Le territoire, souvent défini comme une portion d’espace appropriée par un groupe social pour satisfaire à ses besoins (Le Berre, 1995), est bien souvent un objet de lutte entre acteurs aux intérêts divergents. La notion de lutte de territoire concerne les conflits liés à l’usage d’une portion d’espace (Dechézelles & Olive, 2016). Chaque acteur impliqué dans une lutte de territoire mobilise des images et des textes ancrant ainsi des représentations congruentes avec leurs objectifs (Mauvaise troupe, 2016). Il s’agira dans cette session de s’intéresser plus particulièrement à la création et aux caractéristiques de ces représentations territoriales conflictuelles.

Qu’il s’agisse du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, du site d’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, de la mine à ciel ouvert de Welzow ou des pipelines de Standing Rock pour se limiter à quelques cas emblématiques actuels, la communication, tant physique (banderoles, slogans, manifestations...) que numérique, est l’un des aspects essentiels des acteurs impliqués. Les nouvelles arènes d’expressions en ligne (médias sociaux, pure players, listes de diffusion…) permettent notamment pour les opposants à un projet donné de s'émanciper des médias traditionnels et de diffuser leurs actions au-delà des cercles militants, tant au niveau local qu’international.

L’investigation des journaux (Comby et al., 2010), des traces numériques (sites, blogs, periscope, pages facebook, voir Severo & Romele, 2015) mais également des aspects physiques des mobilisations (Combes et al., 2016) est susceptible de fournir un matériel très riche permettant l’étude longitudinale des représentations des territoires de lutte générées par les interactions entre les acteurs concernés. Reste qu’elle pose des problèmes tant conceptuels (comment prendre en compte la diversité des expressions ?) que méthodologiques (délimitation et représentativité du corpus, volume de données, types d’analyses), surtout lorsque ces luttes de territoire sont encore en cours.

 

Communications sélectionnées

BAGGIONI Vincent (LAMES) - Le pouvoir local face au risque conflictuel : l'exemple des parcs solaires en région Provence-Alpes-Côte d'Azur (167273)

BAYSSE-LAINE Adrien (Laboratoire d'études rurales), Perrin Coline (Innovation) - L'accès au foncier des agriculteurs « alternatifs » en France : des luttes de territoire ? (167432)

BEAUGUITTE Laurent (IDEES) - Imaginaires et pratiques zadistes à Bure (Meuse) (167093)

CHERQUI Adeline (Insit, Plani-D, HEIG-VD, HES-SO, Suisse), BOMBENGER Pierre-Henri (Insit, Plani-D, HEIG-VD, HES-SO, Suisse) - Un nouveau souffle dans les pales. Formulation d'une méthode d'analyse ressourcielle pour étudier les dynamiques des conflits territoriaux appliquée aux cas de parcs éoliens en Suisse occidentale (167401)

FLAMINIO Silvia (EVS), LE LAY Yves-François (EVS), PIEGAY Hervé (EVS) - La médiatisation des luttes anti- barrages (1945-2014). Représentations de territoires et d'environnements menacés (167111)

GARZIA Eleonora (Philépol) - Lutter pour le territoire, vivre le territoire. Le cas du site d'enfouissement des déchets radioactifs à Bure (167211)

METENIER Marie (GEOLAB) - Lutte de territoire dans le parc national de Dartmoor, quand les nouvelles arènes médiatiques financent le conflit juridique (167254)

REVELLI Bruno (LISST) - Les déserts contre les métropoles ? Les transports comme révélateurs de luttes territoriales en Occitanie (167227)

SOUBIROU Marina (PACTE, LabEx ITEM) - La basse vallée de Suse, représentations sociales d'un territoire en lutte (167244)

YVINEC Maud (PRODIG) - Représentations territoriales et construction identitaire autochtone autour d'un conflit minier au Pérou (167446)

 

 

2. La prolifération des territoires. Efficacité de l’ingénierie territoriale vs légitimité politique

 

Jeudi 22 mars : 9h30-11h00, 11h15-12h45, 14h00-15h45.

Co-porteur.e.s : Sylvia Calmes-Brunet (CUREJ) & Yann RICHARD (PRODIG)

Après avoir envisagé une fin des territoires, les spécialistes des sciences sociales (juristes, géographes, politistes…) observent une prolifération des territoires, à toutes les échelles (notamment locales) et à tous les niveaux (de l’intranational à l’international). Cette prolifération crée une sorte de brouillage qui joue contre la légitimité de ces territoires, qui se présentent davantage comme des échelles d'action (politique ou autre) ou comme des cadres stratégiques que comme des constructions sociales produites sur le temps long et renvoyant à des mécanismes démocratiques, institutionnels et normatifs. La multiplication/reconfiguration permanente des territoires empêche ou rend très difficile leur appropriation par les populations, car le pouvoir est donné davantage à l'espace qu’aux citoyens et aux autres acteurs en présence. La prolifération des territoires suscite dès lors des interrogations sur des thèmes aussi importants que le niveau de démocratie, l’identité, le creusement des inégalités... Il semble en fin de compte que la territorialisation des sociétés ne permette pas de légitimer leurs représentants politiques ni de construire socialement des identités vécues. Dans ces conditions, beaucoup de territoires ne deviennent ni des objets de représentation ni des référents identitaires.

À la lumière des évolutions observées, on peut faire plusieurs hypothèses susceptibles d’être explorées dans la session proposée : (i) la prolifération territoriale est à l’origine de la faible légitimité de ces cadres territoriaux et joue contre l'efficacité politique pourtant visée par ces découpages ; (ii) cette faible légitimité pousse – paradoxalement – à plus de centralisation du pouvoir ; (iii) la « dé-prolifération » ne permet pas de « re-légitimer » les territoires.

Communications sélectionnées

BEN JELLOUL Mourad (Régionalisation développement régional et urbain, Tunisie), TURKI Sami Yassine (Laboratoire de télédétection et systèmes d'information à références spatiales, Tunisie) - Vers une reconfiguration des territoires en Tunisie au temps de la décentralisation et de la communalisation intégrale (165986)

BOULINEAU Emmanuelle (EVS, Université de Lyon) - Les territoires de la modernité politique à l'épreuve de l'ingénierie territoriale européenne : l'exemple des macrorégions (167402)

CHEVILLARD Guillaume (IRDES), LUCAS-GABRIELLI Véronique (IRDES) - Accessibilité aux médecins généralistes en France : les méandres de la construction des zones sous-dotées (165132)

ESCUDE Camille (CERI) - Prolifération des territoires locaux en Arctique et légitimité de leur représentation politique : la gouvernance régionale comme exercice politique anti-démocratique ? (166360)

FOISY Dominic (Université du Québec en Outaouais, Canada), BOURQUE Denis (Chaire de recherche du Canada en organisation communautaire, Canada) - Municipalisation des politiques publiques au Québec et pratique de développement territorial intégré : enjeu et espoir de démocratisation et de lutte aux inégalités sociale et économique (167379)

JACOB Lauranne (Labex ITEM, PACTE & Université de Genève, Suisse) - Les soft spaces : les nouveaux territoires sans limites ? (167031)

KOMBO Yetilo Jethro (École nationale d'administration publique/Université du Québec, Canada), MBUANGI Saben Jonathan (Chaire d'administration publique et management/Université de Kinshasa, République démocratique du Congo) - La territorialisation de l'action publique à l'épreuve des faits en RD Congo : contraintes et paradoxes (167355)

LE FUR Rémi (PACTE) - Le recours au futur, facteur de légitimité territoriale ? (167121)

LE LUYER Diane (IDEES) - Territoires de l'expatriation française, entre légitimité politique et appropriation citoyenne (167373)

Messaoud Saoudi (Équipe de droit public de Lyon) - Le concept constitutionnel de « représentation équilibrée des territoires » pour l'élection des assemblées locales. Vers une nouvelle conception de la représentation politique ? (165993)

VIALLEIX Martial (IAU Île-de-France), Bluntz Clarence (Université Paris Dauphine) - L'espace dans l'impasse : le développement durable des métropoles françaises en question(s) (165216)

 

3. Données du web et représentations territoriales

Jeudi 22 mars : 14h00-15h45.

Co-porteur.e.s : Marta SEVERO (Dicen IDF), Pierre BECKOUCHE (LADYSS), Bernard ELISSALDE (IDEES), Marianne GUÉROIS (Géographie-cités), Françoise LUCCHINI (IDEES) & Malika MADELIN (PRODIG)

Avec la diffusion du numérique dans nos sociétés, les spécialistes des sciences territoriales et de la communication ont engagé des recherches sur l’analyse des données issues du Web, des réseaux sociaux et plus généralement des soft data. Une double interrogation les anime : ces nouvelles données sont-elles potentiellement porteuses d’autres lectures de nos pratiques spatiales, et de nos représentations territoriales ? Impliquent-t-elles pour la population l’émergence de contraintes et/ou de services nouveaux ? Pour y répondre ces chercheurs développent des outils et des concepts leur permettant de croiser des données géolocalisées, des informations temporelles et des attributs territoriaux de nature sémantique.

De leur côté, les entreprises, que ce soit les géants du net avec leurs différentes applications ou celles du secteur de l’automobile (cartographies instantanées de l’environnement des véhicules), maillent la réalité territoriale d’une matrice digitale dont les usages quotidiens ne cessent de s’étendre. Leurs choix méthodologiques et stratégiques pourraient imposer des standards dominants dans la représentation numérique des territoires et interrogent le débat citoyen autour de la question d’un usage éthique de ces données.

En associant les travaux scientifiques menés actuellement avec ceux du grand public autour des démarches de cartographies participatives ou de recensements alternatifs, cette session souhaite illustrer la diversité des approches (qualitatives ou quantitatives, d’analyse spatiale ou d’ethnographie numérique) à l’aide d’exemples fondés sur différents jeux de données des réseaux sociaux. Les communications devront mettre l’accent sur les enjeux de représentation topographique et topologique de ces données, ainsi que sur leurs formes de visualisations.

 

Communications sélectionnées

DEBOUDT Philippe (TVES), KERGOSIEN Éric (GERiiCO), FRAISSE Amel, FAN Siqi - Twitter comme corpus numérique d'analyse des représentations territoriales. Application au Parc national des calanques de Marseille Cassis La Ciotat (167418)

ELISSALDE Bernard (IDEES), LUCCHINI Françoise (IDEES), GILLET Olivier (IDEES), COUILLET Armelle (IDEES),

GRASSOT Lény (LAET) - La mobilité parisienne des usagers de Twitter (167221)

GÉRAUD Rémi (Département d'informatique de l'ENS) - Cyberspace and Time: A Light through the Fog? (167359) LECLERC Eric (TVES) - Smart City And E-Governance In India, Mapping A New Urban Landscape (167458)

 

4. Représenter les territoires : les valeurs des territoires révélées

Vendredi 23 mars : 9h00-10h45. 11h00-12h45

Co-porteur.e.s : Caroline TAFANI, Claudio DETOTTO & Dominique PRUNETTI (LISA)

Lorsqu’on se représente les territoires, on leur confère implicitement un certain nombre de valeurs. Ces valeurs sont parfois rendues visibles et exprimées par des prix déterminés pour des actifs territoriaux : par exemple, on attribue des prix aux biens fonciers et immobiliers, leur conférant une certaine valeur d’usage sur les marchés. Dans d’autres cas, notamment pour celles relevant d’aménités environnementales, culturelles ou patrimoniales, il s’agit de valeurs non marchandes qui doivent faire l’objet d’analyses particulières. Ces analyses s’appuient sur les méthodes des préférences révélées qui considèrent que le comportement observé des individus permet de déterminer la valeur qu’ils accordent à un bien non-marchand ou aux services qu’il fournit, les principales méthodes étant celle des prix hédoniques et celle des coûts de déplacement (cf., entre autres, Carlsson, 2011 ; Freeman III et al., 2014). Elles s’appuient également sur les méthodes basées sur les préférences exprimées, les principales étant la méthode d’évaluation contingente et les outils des choix multi-attributs (cf., entre autres, Alfness & Rickertsen, 2011 ; Freeman III et al., 2014). Finalement, derrière la marchandisation du territoire se cache un ensemble de préférences et de valeurs plus ou moins implicites car au-delà de la valorisation économique, le territoire est aussi l’objet d’une valorisation symbolique. Les valeurs qu’on lui confère reflètent ainsi l’expression de l’intérêt que l’acteur porte au territoire. Comment déceler ces valeurs ? Si l’on peut, par différentes techniques, rendre compte des valeurs accordées à des actifs du territoire, comment appréhender, de façon globale, la ou les valeurs du territoire ? Révéler ces valeurs, c’est comprendre un peu mieux le fonctionnement et la construction collective du territoire. Au-delà de l’éclairage particulier des travaux d’économie mentionnés ci-avant, nous pensons que la détermination de cette valeur globale ne peut se faire que dans un cadre interdisciplinaire. Ainsi, l’éclairage fourni par des travaux relevant notamment du marketing territorial, de la psychologie, de la sociologie ou de la géographie pourront utilement être convoqués pour éclairer cette discussion.

 

Communications sélectionnées

BARATAUD Fabienne (INRA SAD ASTER – Mirecourt), SEGUIN Laura (INRA SAD ASTER – Mirecourt) - Rendre visibles et discutables les valeurs d'un territoire à travers une démarche participative : un processus risqué ? (166116)

CANKAT Aysegul (AE&CC) - La connaissance comme valeur ajoutée : représenter les territoires de l'informel Hasköy, Hamidiye, Karanfilköy, Kuzguncuk à Istanbul (167138)

COULONDRE Alexandre (LabEx Futurs Urbains, Lab'Urba) - La géographie de la promotion immobilière comme révélateur de la valeur des territoires en France (165202)

DETOTTO Claudio (LISA), GIANNONI Sauveur (LISA), PRUNETTI Dominique (LISA), TAFANI Caroline (LISA) - La valeur identitaire des produits de terroir en Corse (167063)

HOULLIER-GUIBERT Charles-Édouard (Université de Rouen) - Les valeurs publiques locales au fil des décennies à travers la communication rennaise (165327)

LEQUIN Julie (Espaces et Sociétés & SCIC La fabrique des territoires innovants) - Communautés de valeurs et communautés de pratiques : quelles articulations au sein des projets agroalimentaires territorialisés en France ? (167084)

SCHEROMM Pascale (Innovation), PRUD'HON Thomas, LAURENS Lucette - L'agroécologie, une nouvelle valeur pour le développement des territoires ? Expériences de politiques municipales autour de Montpellier et Nîmes (167187)

ZIELENIEC Andrzej (Keele University, Royaume-Uni) - Tartan, Shortbread, Whisky And The Stag: Representations And Realities Of The Scottish Highlands And Islands (166754)

 

5. Les raccourcis spatiaux et temporels dans la représentation des territoires « prioritaires »

Jeudi 22 mars : 9h30-11h00, 11h15-12h45..

Co-porteur.e.s : Julie VALLÉE (Géographie-cités)

Cibler les territoires pour y mener des actions localisées constitue une stratégie attrayante pour les acteurs publics lorsqu’ils cherchent à réduire les inégalités sociales en matière de santé, d’emploi, d’éducation... L’efficacité de ces area-based interventions nécessite cependant de (se) représenter correctement les territoires et leurs besoins. En pratique, les acteurs publics cherchent souvent à mettre en place des actions territorialisées dans le but à la fois d’atteindre les populations prioritaires et de modifier l’environnement. En voulant faire d’une pierre deux coups, on s’expose toutefois à des approximations spatiales et temporelles dans la représentation des territoires « prioritaires » pour l’action publique.

Spatialement, des approximations peuvent se produisent quand les représentations de territoires « prioritaires » s’appuient sur une seule et même échelle spatiale, souvent la plus petite possible. Cet engouement envers le « toujours plus petit » est logique lorsqu’on souhaite localiser les populations auprès desquelles intervenir. Cet engouement est cependant bien plus discutable lorsqu’il conduit à concentrer les actions dans de petits territoires bien circonscrits en faisant comme si ces territoires et leurs populations étaient seuls responsables des problèmes qui les affectent et comme si les solutions se situaient uniquement à l’échelle locale.

Temporellement, des approximations peuvent également émerger lorsque les représentations de territoires « prioritaires » émanent d’une approche par les seules populations résidentes en négligeant la mobilité entrante ou sortante au cours de la journée et au fil des années.

 

Communications sélectionnées

FRANCOU Lionel (Université catholique de Louvain - CriDIS & Metrolab Brussels, Belgique) - (Se re)présenter un réseau professionnel. Les cartographies et annuaires associatifs comme outils de visibilisation, d'information et de justification (167002)

MANGENEY Catherine (ORS Île-de-France), LUCAS-GABRIELLI Véronique (IRDES) - Les enjeux des mesures d'accessibilité spatiale pour cibler les territoires déficitaires en offre de soins (167036)

MONDAIN Marie (Géographie-cités), GIMAT Matthieu (Géographie-cités) - Implicites d'une priorisation de la production Hlm neuve à destination des « zones tendues » (167367)

VALLEE Julie (Géographie-cités), LE ROUX Guillaume (Géographie-cités) - Quartiers prioritaires la nuit, quartiers prioritaires le jour ? (167239)

 

6. TERRIT’ARTS. Réinventer les territoires par l’art, repenser l’art par les territoires

Jeudi 22 mars : 9h30-11h00, 11h15-12h45.

Co-porteur.e.s : Pauline GUINARD (LAVUE-Mosaïques) & Sylvain GUYOT (Passages)

Notre proposition s’inscrit dans une volonté d’étudier les interrelations et les hybridations entre art et géographie, processus à l’œuvre depuis la fin du XXe siècle, qui a fait l’objet de plusieurs rencontres et publications ces dernières années notamment en France1. Les liens entre art et géographies ne fonctionnent pas à sens unique. Ils sont marqués par des dynamiques d’aller-retour et d’hybridation, consubstantielles des liens esthétiques tissés entre art et territoires. Des interventions artistiques peuvent être à l’origine de processus de territorialisation (artialisation, mise en art et/ou en tourisme, développement territorial...), tout comme un territoire peut servir de source d’inspiration, de localisation voire de matériau à part entière à une pratique artistique (land art, cartographie artistique, art dans l’espace public...). Mais au-delà de ces processus, on assiste aussi à la formulation d’expériences hybrides entre art et géographie, dans lesquelles l’art peut faire corps avec des logiques de territoires ou bien être au fondement de cartographies esthétiques et sensibles permettant aux artistes et aux géographes de s’exprimer et de comprendre de manière conjointe un ou des territoires. L’art n’est alors plus seulement un objet d’études des géographes mais aussi une méthode pour produire autrement du savoir géographique. Nous attendons de cette session un dialogue renouvelé et renforcé entre des artistes intéressés par le territoire et des géographes intéressés par l’art, dans différents contextes (urbain/rural, pays des Nords/des Suds...) mais lançons aussi un appel aux artistes-géographes qui tentent individuellement ou collectivement de travailler à de nouvelles formes d’hybridation (via des programmes de recherches conjoints, des pratiques partagées...).

 

Communications sélectionnées

COURTOIS Mélanie (INRS - Centre UCS, Canada) - Ax3 : explorer la spatialité du processus de création à partir de l'atelier, espace faisant œuvre et territoire (167152)

FEISS-JEHEL Corinne, JEHEL Pierre-Jerome, COLLIN Antoine, LAMONTAGNE Nancy - Lecture et décadrage du paysage littoral : approches sensibles par deux pratiques artistiques (167271)

GAUJAL Sophie (Épistémologie de l'histoire et de la géographie) - Carte sensible de leur lycée par une classe de 1reES : apprendre sur le territoire en représentant son territoire (166328)

LANCI Gloria (University of Liverpool, Royaume-Uni) - Translating Cities: Representing Urban Spaces In Contemporary Art Maps (167346)

METENIER Marie (GEOLAB), TOMMASI Greta (GEOLAB) - La mise en art des territoires ruraux et protégés, une clé de lecture des dynamiques socio-environnementales (166749)

OLMEDO Élise (Géographie-cités & Centre Norbert Elias - EHESS) - À la croisée de l'art et de la science : la cartographie comme dispositif de recherche-création (167441)

RIFFAUD Thomas (TVES) - Quand la danse in situ questionne la recherche (167201)

ZIELENIEC Andrzej (Keele University, Royaume-Uni), BURGOYNE Greig (University for the Creative Arts, Royaume- Uni) - Close Encounters: A Community Engagement Project For Town Centre Living (166752)

 

7. Marketing et mises en scène des territoires : représentations matérielles et réceptions citadines

Vendredi 23 mars : 14h00-15h45, 16h00-17h45.

Co-porteur.e.s : Pascale NEDELEC (CREDA) & Laura PÉAUD (PACTE)

Dans un contexte économique de compétition internationale accrue entre grandes métropoles, villes moyennes, régions, ou toute autre échelle territoriale, pour attirer investisseurs et nouveaux habitants, les politiques d’attractivité se sont imposées aux collectivités territoriales, renforçant ainsi la place du marketing dans la fabrique des territoires. Les représentations matérielles institutionnelles se sont en effet multipliées, que l’on considère de manière non exhaustive les supports publicitaires, les documents d’urbanisme, les affiches de chantiers ou encore les slogans de collectivités. L’ensemble de ces représentations participent à un processus de city branding ou territory branding (littéralement transformer une ville ou un territoire en marque), c’est-à-dire à la sémiotisation de l’espace pour mieux en assurer la visibilité à l’échelle mondiale. Cette session souhaite précisément interroger le caractère performatif de ces représentations matérielles de nature institutionnelle, c’est- à-dire produites par les acteurs institutionnels du territoire et en particulier de la ville (collectivités territoriales, agences d’urbanisme, cabinets d’architectes...), en insistant sur trois volets :

  • Selon quels ressorts a lieu la production des représentations matérielles ? Comment s’opère la/les mise(s) en scène des territoires (métropole, ville moyenne, région...) ?
  • Comment la diffusion de ces symboles et marqueurs territoriaux est-elle assurée ? À quelle(s) échelle(s) ? Et à destination de quel(s) public(s) ?
  • Quelle est la réception de ces représentations ? Participent-elles réellement de la citadinité métropolitaine (si cette dernière existe) ? Du sentiment d’appartenance aux régions ? Ou, au contraire, ne s’adressent-elles qu’à des acteurs non-métropolitains et extra-régionaux dans le but d’accroître l’attractivité de ces entités territoriales ?

À partir de matériaux divers (enquêtes de terrain, analyses de discours et d’images, entretiens…), cette session invite ainsi à questionner la performativité des représentations territoriales dans des contextes spatiaux variés voire croisés (Nords et/ou Suds) et que ces représentations se révèlent être ou non un succès.

 

Communications sélectionnées

ADAM Matthieu (EVS) - Habiter une vitrine métropolitaine. Les habitants de Lyon Confluence, entre acteurs et figurants (164336)

BIHAY Thomas (ELICO, Lyon 2) - Les grands événements culturels et artistiques au service de l'identité créative du territoire local : le cas de la Fête des Lumières (165850)

DI MARCO Cecilia (LabEx Cultures Constructives Unité de recherche & AE&CC), SADOUX Stéphane (LabEx Cultures Constructives Unité de recherche & AE&CC) - Healthy New Towns. Représenter et vendre la ville santé en Grande-Bretagne (166843)

GOURDON Paul (Géographie-cités) - Les villes européennes et la circulation de modèles urbains : labellisation des municipalités et légitimation de l'action des pouvoirs locaux (167185)

ROUSSEL Cyril (MIGRINTER), STADNICKI Roman (CITERES) - Des images pour construire, déconstruire et reconstruire les villes du Moyen-Orient : les cas du Koweït et des régions kurdes d'Irak et de Syrie (167026)

VIGNAU Mathilde (TELEMME), GRONDEAU Alexandre (TELEMME) - Marketing territorial et politique de labélisation culturelle : entre transformations socio-urbaines et contestations, l'exemple de Marseille-Provence 2013 « capitale européenne de la culture » (167397)

YÜCEL Halime (Université Galatasaray, Faculté de communication, Turquie) - Construire l'image d'Istanbul : une construction sociale de la réalité (165053)

 

9. La territorialité et l’Union européenne. Représentation et perception des territoires au sein de l’Union européenne

Vendredi 23 mars : 16h00-17h45.

Co-porteur.e.s : Lydia Lebon (IRENEE) & Sylvia Calmes-Brunet (CUREJ)

La représentation peut être définie comme « l’action de mettre devant les yeux » ou encore comme « la traduction concrète, matérielle » ; en droit, la représentation peut revêtir différentes acceptions. Dans le cadre de l’Union européenne l’analyse est encore plus ambitieuse : l’Union est en soi un cadre de référence transdisciplinaire.

Divers axes de réflexion peuvent être envisagés.

Un premier axe peut concerner la représentation institutionnelle et matérielle des territoires. L’analyse juridique ou de science politique pourrait se concentrer sur l’aspect institutionnel qui concerne les organes de représentation des territoires. La représentation peut aussi être analysée dans une approche sociologique : l’idée serait alors de ne pas étudier le territoire comme un objet déconnecté des populations qui y résident. La représentation des territoires sous cet angle évoque alors la notion de perception du territoire. Par exemple, la situation migratoire que connaît l’Union européenne depuis quelques années est à première vue perçue de manière négative. Mais la question se pose de savoir si une planification réfléchie des dynamiques d’implantation des migrants sur le territoire ne peut pas devenir une occasion pour revitaliser des territoires fragiles. L’aspect matériel de la représentation des territoires implique de s’intéresser aux outils de contrôle de la territorialisation des politiques européennes. Les politiques à impact territorial ont été identifiées et elles sont nombreuses, comme par exemple la politique environnementale, la politique des transports, la politique de cohésion mais également la politique de voisinage.

Un second axe peut porter sur la représentation sociologique du territoire et la représentation conceptuelle des territoires (on pense au numérique qui relativise le lien avec le territoire). L’analyse pourrait inclure la restructuration territoriale que s’apprête à connaître l’Union européenne (Brexit), ce qui entraîne des réflexions géopolitiques et sociologiques.

 

Communications sélectionnées

ANDREAS Faludi (Delft University of Technology, Pays-Bas) - Beyond Territorialism: Europe As An Archipelago

(166918)

Perrine Dumas (CUREJ & LISA) - Ce que la représentation extérieure de l'espace Schengen dit de cet espace...

(165538)

GRASLAND Claude (Géographie-cités & CIST) - Poids, puissance et représentation des États dans les instances internationales : le cas de l'Union européenne (1992-2022) (165388)

RICHARD Yann (Université Paris 1), KAHN Sylvain (IEP Paris) - La fragilité de l'Union européenne. Un paradoxe territorial (165249)

 

10. Représentations et pratiques territoriales de la santé

Vendredi 23 mars : 9h00-10h45, 11h00-12h45.

Co-porteur.e.s : Clélia GASQUET-BLANCHARD (EHESP), Virginie CHASLES (EHESPER) & Alain VAGUET (IDEES)

Les géographes, aménageurs, sociologues, anthropologues, économistes s’intéressant aux questions de santé ainsi que les spécialistes en santé publique pourront au cours de cette session interroger les « hauts lieux » des parcours de soins et aussi ses chemins détournés (Strauss, 1978). L’objectif est de montrer la multiplicité des représentations de la santé et des pratiques territoriales qui en émanent, et aussi leur plasticité en fonction des acteurs sociaux et institutionnels qui se les approprient et s’y projettent (Gasquet-Blanchard & Hoyez, 2015). Il s’agira aussi de tenter de comprendre comment certains territoires sont relégués comme espaces pathogènes alors qu’inversement d’autres lieux sont considérés comme favorables à la santé (Chasles, 2016).

Ces représentations inscrites dans des contextes socio-historiques hérités conditionnent souvent les pratiques territoriales associées et assignent leurs habitants à des constructions identitaires qui peuvent avoir un impact sur leur état de santé, leur recours aux soins, leur mode de vie. Ces territoires, perçus, sont donc également vécus et pratiqués (Herouard, 2007). Quelle inscription territoriale des parcours de soins, notamment à travers l’exemple de pathologies spécifiques, de l’accès aux médicaments, voire aux produits de santé ? Comment s’observent ces pratiques et comment participent-elles à la théorisation des sciences du territoire (Vaguet, 2012) ? Comment les chercheurs, quelle que soit leur expérience (jeunes chercheurs comme chercheurs confirmés), interrogent-ils la représentation du territoire quand ils se saisissent de questions relatives à la santé ? Comment la question souvent nécessaire de l’interdisciplinarité émerge-t-elle (Bochaton et al., 2015) ? Comment, à travers la notion de territoire (politisée en santé publique et polysémique pour les autres disciplines) le chercheur s’en saisit-il (Vulbeau, 2013) ?

 

Communications sélectionnées

GEORGELIN Béatrice (Espaces et Sociétés) - Représentations territoriales et construction de territoires d'action en santé à Paris (167457)

HEIDET Matthieu (Hôpital Henri Mondor), MARTY Jean (Hôpital Henri Mondor), MERMET Éric (CNRS–EHESS), JEREMIE Rosa (Université Paris-Est Créteil) - La représentation du risque en santé dans le Val-de-Marne : entre inégalités des territoires et accessibilité fine (167383)

HONTA Marina (Centre Émile Durkeim) - Entrer dans le jeu et gagner en représentation. Gouvernance urbaine de la santé et construction des capacités d'action métropolitaine (167052)

HOYEZ Anne-Cécile (Espaces et Sociétés), PIAN Anaik (Dynamiques européennes), BERGEON Céline (MIGRINTER), COTTEREAU Victoire (Espaces et Sociétés) - Représenter la dimension spatiale des trajectoires de soins en contexte migratoire. Quand les espaces de vie et espaces de soins impliquent des prises en charge médico-sociales mobiles (167133)

LEBORGNE Yann (CIRTAI-IDEES) - Patrimoine culturel immatériel, territoire et résilience ; l'inventaire du patrimoine culturel immatériel des centres hospitalo-universitaires (167065)

RAPEGNO Noémie (ARENES) - Handicap, environnement résidentiel et mobilité quotidienne : l'exemple de résidents d'établissements médico-sociaux (167182)

THORIGNY Maxime (REGARDS), DUCHESNE Victor (Centre d'économie de l'Université Paris Nord) - Les représentations des territoires dans le cadre de la refonte du Projet Régional de Santé - L'exemple de la région Centre-Val de Loire (167035)

VIGNES Maguelone (Metrolab, Belgique) - Au croisement de la mobilisation individuelle des ressources face à la maladie et des caractéristiques de l'offre territoriale de soins : la formation des parcours urbains de soins (166953)

 

12. Représenter les territoires anciens. Structuration des « archéo-territoires » et dynamiques spatiales en archéologie

Vendredi 23 mars : 9h00-10h45, 11h00-12h45.

Co-porteur.e.s : Damase MOURALIS, Carole NEHME & Dominique TODISCO (IDEES)

Un nombre croissant d’études récentes, menées par des équipes de divers horizons (géographes, géoarchéologues, archéogéographes, archéologues, archéomètres) s’intéresse à la structuration des territoires dans la longue durée, aux flux de matières premières et d’artefacts (silex, obsidiennes, céramiques…), aux diachronies des modes d’occupations (« paysage palimpseste ») ou encore aux dynamiques spatiales dans toute leur complexité multiscalaire. Or les représentations de ces structurations territoriales précoces, qui constituent l’objet de cette session, permettent d’accroître nos connaissances des sociétés du passé.

Ainsi, en s’appuyant sur divers documents naturalistes, planimétriques, historiques et archéologiques, il est possible de reconstituer les dynamiques de l’occupation du sol (cf. par exemple l’archéogéographie). L’étude des transferts de matières premières et d’artefacts permet, quant à elle, de reconstruire les réseaux d’échanges des sociétés anciennes, au cours des périodes préhistoriques ou historiques. Ces transferts concernent non seulement les matériaux mais aussi les hommes et les techniques. Leur représentation cartographique permet de reconstruire des lieux d’échanges (sites archéologiques, villages, marchés...), des cheminements (routes d’échange) et des espaces d’approvisionnement (zones de chalandises). Finalement ces études permettent de représenter des dynamiques de structuration précoces des territoires.

La session vise donc à réunir des communications portant sur les représentations des territoires des sociétés anciennes (toutes aires culturelles) et notamment autour de deux axes :

  • La connaissance des premières organisations et structurations territoriales. Il s’agit de montrer la diversité des indices et informations à la disposition des chercheur.e.s leur permettant de représenter des structurations territoriales.
  • La diversité des méthodes utilisées (cartographie, analyse des réseaux sociaux/social network analyses, systèmes d’information spatiale, analyse spatiale) pour représenter ces territoires des sociétés anciennes.

 

Communications sélectionnées

BOIVIN Pierre (LMV - OPGC), DOUSTEYSSIER Bertrand (MSH Clermont), MIALLIER Didier (Laboratoire de physique de Clermont), ARBARET Laurent (ISTO – CNRS), DACKO Marion (MSH Clermont), GAIME Sébastien (INRAP), MARTIN Guillaume (INRAP), ROGER Jacques (ARTéHIS) - Les sarcophages mérovingiens en trachyte : des carrières aux lieux d'enfouissement (Massif central) (167356)

BRUNSTEIN Daniel (LISA), MOURALIS Damase (IDEES), GRANCHER Delphine (Université Paris 1 et LGP), VAROUTSIKOS Bastien (Arscan) - Représenter les réseaux d'échanges au néolithique, les obsidiennes du Moyen- Orient anatoliens (166732)

GRAVIER Julie (Géographie-cités) - Délimiter un espace d'étude sur 2 000 ans : complémentarité des approches territoriale et réticulaire (167380)

HERMENAULT Lea (Arscan) - De l'analyse du parcellaire à la reconstitution des flux : apports de l'archéogéographie à la représentation des territoires intra-urbains parisiens anciens (166994)

NAHASSIA Lucie (Géographie-cités & Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) - Croiser les outils de représentation pour explorer le changement : le cas de la localisation des activités à Tours sur 2 000 ans (167429)

SPIESSER Jérôme (Arscan & Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne) - L'héritage gaulois dans la structuration du paysage antique. Le cas de la cité des Calètes (Seine-Maritime) (165263)

 

13. Territoires et fictions. De la construction à la réception et à l’appropriation : processus croisés

Vendredi 23 mars : 14h00-15h45, 16h00-17h45.

Co-porteur.e.s : Alfonso PINTO (EVS), Géraldine MOLINA (ESO) & Bertrand PLÉVEN (Géographie-cités)

Cette session souhaite interroger les rôles des productions fictionnelles (littérature, bande dessinée, cinéma, séries, jeux vidéo) dans la construction des représentations socio-spatiales et sur la fabrication des imaginaires des territoires. Comment les fictions peuvent-elles être questionnées comme des « matrices » (Molina, 2007) contribuant à la stabilisation ou la subversion des significations territoriales ? Réciproquement, comment les territoires, dans leurs dimensions tant matérielles qu’idéelles, influencent voire déterminent les mises en fiction ?

Cette session cherche à interroger les pratiques de représentation des territoires, les interactions entre œuvres fictionnelles et territoires et les phénomènes d’appropriation, d’instrumentalisation qui s’y jouent. Quels sont les processus de construction des imaginaires et les effets des fictions sur les identités territoriales et les régimes de visibilité (Lussault, 2007) ? En raison de sa capacité à reproduire le paysage de manière non statique, l’audiovisuel peut engendrer une lecture représentationnelle axée sur les rapports entre domaines diégétique (réalité fictionnelle construite par la fiction) et extra-diégétique (réalité matérielle externe à la fiction). Puissant vecteur d’imaginaires territoriaux, il contribue à la définition des savoirs intersubjectifs sur l’espace et à la construction des identités visuelles des territoires. Ouvrant sur un large possible interprétatif (Eco, 1965), les œuvres littéraires se prêtent bien à l’appropriation et l’instrumentation par des acteurs territoriaux pour façonner l’image, voire la matérialité d’un territoire (Molina, 2007 ; 2014 : 20). Bande dessinée et jeu vidéo proposent d’autres modalités d’articulation entre territoire et mise en fiction.

Les approches peuvent concerner tant les processus de construction (en ciblant les auteurs), y compris identitaire, que les phénomènes de réception et d’appropriation par les publics (rapports entre « espace perçu » et « espace vécu », Frémont, 1972) et les usages des représentations et imaginaires fictionnels des territoires par les acteurs impliqués dans la gestion et la planification spatiale. Le but est une rencontre entre différentes branches de la géographie (de l’art, de la littérature, du cinéma...) et avec les études littéraires, cinématographiques, les visual studies, la sociologie de l’art ou des médias.

 

Communications sélectionnées

BATTISTELLI Sonia (LISA), NICOLI Agata (LISA), SANTINI Don-Mathieu (LISA, Activités) - Récits mythiques traditionnels corses : un patrimoine immatériel au service de la valorisation des territoires (167290)

DENMAT Pierre (LAVUE) - Quand les séries télévisées deviennent vecteurs de savoirs géographiques : réflexion sur la réception et l'appropriation des représentations des espaces urbains par des élèves du secondaire (166696)

GUILLARD Séverin (Lab’Urba) – « C'est nous le Grand Paris » : quand les imaginaires du rap retravaillent les dynamiques métropolitaines de la région parisienne (167369)

OLAGNIER Pierre-Jacques (Université de Picardie Jules Verne) - Imaginaires urbains et (science)-fictions. Étude d'un genre narratif au croisement du cinéma, de la littérature et de la bande-dessinée (167275)

OTT Anne-Cécile (Géographie-cités) - Les représentations du Monde dans les fictions pour enfants : la transmission d'une hiérarchisation des espaces et des sociétés ? (166854)

ROUIAÏ Nashidil (ENeC) - La ville au cinéma : de la mise en valeur à l'amputation. Exemple de la représentation de Hong Kong dans les fictions cinématographiques (167386)

SALLENAVE Léa (Université de Genève & Département de géographie et environnement, Suisse) - Les récits imagés autour du Grenoble Street Art Fest : le street art, outil d'exploration et de valorisation territoriales ? (167120)

TROIN Florence (CITERES), OLMEDO Élise (Géographie-cités) - Écriture(s) du sensible : ce que les récits, leurs traductions en cartes et en marches nous disent de la Méditerranée (167422)

 

14. Les mémoires des territoires (dé)valorisés : transformations métropolitaines au prisme des identités locales

Vendredi 23 mars : 9h00-10h45, 11h00-12h45.

Co-porteur.e.s : Adriana DIACONU (PACTE) & Grégory BUSQUET (LAVUE)

La notion de valorisation/dévalorisation des territoires renvoie ici au rapport à l’action publique, qui s’attache à traiter l’espace et se construit par rapport à une situation qu’elle souhaite rendre plus désirable. L’un des objectifs de la session est d’ajouter une épaisseur temporelle au regard porté sur les projets métropolitains à travers leur mise en tension avec la dimension mémorielle du territoire. Les expériences vécues des villes (Boym, 2001) produisent les identités collectives, tout en étant produites par les groupes sociaux qui affirment de ce fait une communauté pour les besoins du présent (Blokland, 2001). Mais comment ces mémoires de l’espace, qui influencent la morphologie sociale, participent-elles à la construction de territoires appropriés (Halbwachs, 1938) et à leurs évolutions, et quels bénéfices peut en tirer le projet métropolitain ?

Il s’agira ainsi de confronter ces mémoires collectives aux changements urbains programmés ou « spontanés », d’identifier leurs liens aux territoires et identités collectives, et de s’intéresser à leur éventuelle prise en compte dans l’aménagement. Par ce prisme pourront être déployées des études de cas portant sur des terrains et des formes urbaines et suburbaines diverses comme les quartiers populaires, en gentrification, en renouvellement, des interstices ou encore les lieux voués à la démolition-reconstruction comme les quartiers informels ou les bidonvilles... Un autre objectif de cette session consiste, par la comparaison entre différents cas à l’international, à trouver des points communs concernant les mémoires, elles aussi « dévalorisées » ou « valorisées » dans la planification urbaine.

 

Communications sélectionnées

ALBERT Victor (Cresppa) - Valoriser le quartier par la diversité religieuse : regards croisés entre la Goutte d'Or (Paris) et El Raval (Barcelone) (167181)

GIRARDIN Antonin (IDEES) - Quand l'identité locale devient avantage comparatif. Comparaison d'activation et de valorisation des identités locales dans des anciens quartiers industriels de Caen (France) et de Leipzig (Allemagne) (166081)

LO Cheikh Tidiane (Department of Anthropology, Indiana University, États-Unis) - Heritage Making And Urban Memories: An Ethnographic Study Of The City Of Saint-Louis In Senegal (164326)

MIRET Naïk (MIGRINTER), LULLE Thierry, LE ROUX Guillaume, BERTHOMIERE William, RAMIREZ Natalia, MONTOYA Nicolas, CONTRERAS Yasna - Le rôle des étrangers dans les reconfigurations territoriales d'une ancienne périphérie ? (167400)

MOREL JOURNEL Christelle (EVS), PERINAUD Clémentine (EVS) - Des usines aux pavillons : banalisation et fragmentation d'un quartier (post)industriel en quête de projet (Terrenoire, Saint-Étienne) (167442)

PROST Léa (Lab'Urba), LYSANIUK Benjamin (PRODIG), BARON Myriam (Lab'Urba) - Mémoires de maladies industrielles à Aulnay-sous-Bois. Valorisation/dévalorisation du territoire entre reconnaissance et effacement (167176)

RAMIREZ-COBO Inès (Haute école d'ingénierie et d'architecture de Fribourg, Suisse), ZEPF Marcus (PACTE) - La mémoire collective comme fondatrice des espaces de négociation : une proposition méthodologique au service de la conception du projet urbain (167424)

VANDIEST Camila (CERLIS) - Habiter la « colline prison » à Valparaiso : stigmate et transformation d'une infrastructure urbaine emblématique au prisme de la mémoire des habitants (167212)

 

15. Représenter les territoires de la mobilité

Vendredi 23 mars : 14h00-15h45, 16h00-17h45.

Co-porteur.e.s : Marie-Christine FOURNY (PACTE), Paule-Annick DAVOINE (LIG), Sonia CHARDONNEL (PACTE), Marie HUYGHE (CITERES) & Laurent CAILLY (CITERES)

Dans un contexte de métamorphoses de notre « condition mobilitaire », les modalités par lesquelles le monde scientifique se représente les formes territoriales de la mobilité spatiale, ou plus généralement les inter-relations entre territoire et mobilité, évoluent très lentement. Certaines représentations héritées (navettes, bassins de vie) sont tenaces quand d’autres formalisations émergentes tentent de rendre compte de situations que l’on peine encore à cerner. On voit la production de métaphores (archipel, grappes, polder), des tentatives de conceptualisations (habiter-mobile, territorialité-mobile, système socio-mobile) (Lajarge & Fourny, à paraître), qui soulignent – par leur diversité – la nécessité de dépasser les figures imagées pour aller vers des représentations conceptuelles plus abouties portées par une exigence de réflexion théorique. De nombreux travaux inscrits dans le champ des migrations, des transports, des mobilités d’agréments ou encore des mobilités quotidiennes augurent aujourd’hui de ce rendez-vous en mettant notamment au premier plan l’expérience et le vécu du déplacement par les usagers comme principe organisateur des territoires de la mobilité (Frétigny, 2013 ; Lanéelle, 2005).

Ces représentations scientifiques ne peuvent être saisies indépendamment d’outils permettant des visualisations qui les nourrissent (Adrienko et al., 2008). Ainsi, l’appréhension du rapport mobilité/territoire apparaît largement lié aux possibilités ouvertes par les technologies numériques. Le smartphone a ainsi fait de la mobilité un temps et un espace connectés, et non pas « extra-territorial » (Adoue, 2016). Du point de vue de la visualisation, les suivis GPS, entre autres, permettent de rendre compte, pour les chercheurs comme pour les usagers, de l’inscription territoriale des déplacements (Zook et al., 2015 ; Feildel, 2014). De nouvelles formes de représentation apparaissent ainsi, contribuant à l’appréhension d’une territorialité intégrant la mobilité (Davoine et al. 2015).

 

Communications sélectionnées

BAHOKEN Françoise (Ifsttar), RATON Gwenaëlle, GRESSEL Reinhard - Morphologie des mobilités spatiales de professionnels mobiles (167299)

BARON Myriam (Lab'Urba), BLANCHARD Sophie, DELAGE Matthieu, FROUILLOU Leila (Géographie-cités) - Territoires des mobilités étudiantes et représentations (167163)

BLANCHARD Delphine (IDEES) - L'espace transmanche : un territoire transfrontalier représenté par ses résidents ?

(167263)

COULBAUT-LAZZARINI Amélie (Transitions: Savoirs, Médias, Territoires), BAILLY Guillaume (ESO Le Mans) - Quand les conducteurs de véhicule électrique se représentent et éprouvent leurs parcours grâce aux outils connectés (163775)

LEOBAL Clémence (CERLIS & IRIS) - L'ethnographie par la carte : maisons, parenté et mobilités entre Haut et Bas Maroni (Guyane/Surinam) (167335)

SCHIEBEL Julien (IATEUR - Université de Reims) - Les représentations spatiales comme révélateur de l'émergence d'un espace de mobilité. L'exemple de l'espace transfrontalier luxembourgeois (167066)

SIMARD Martin (Université du Québec à Chicoutimi, Canada) - Le travail par navettage aérien dans les mines du Nord du Québec. Ses effets sur les travailleurs et les collectivités (166717)

 

16. La représentation des territoires dans les modèles de simulation

Vendredi 23 mars : 14h00-15h45, 16h00-17h45.

Co-porteur.e.s : Marion LE TEXIER (IDEES), Arnaud BANOS (Géographie-cités), Clémentine COTTINEAU (University College London) & Sébastien REY-COYREHOURCQ (IDEES)

Depuis plus d’une trentaine d’années, l’utilisation croissante des modèles de simulation en géographie a permis de renforcer de nombreux domaines de connaissance (mobilité et transports, diffusion, interactions homme- milieu, santé, systèmes territoriaux, forme urbaine...). Des avancées successives sur le plan informatique (plateformes plus accessibles, nouveaux paradigmes informatiques...) et méthodologique (méthodes de description, couplage de modèles, multi-modelling...) permettent aujourd’hui d’évaluer la « validité » de ces modèles d’un point de vue informatique et heuristique (caractérisation du triplet structure–paramètres–sorties des modèles). Étrangement, peu de ces travaux s’enquièrent des conséquences et biais potentiels introduits par la représentation du territoire sur (voire avec) lequel s’opèrent les interactions entre individus/objets. Forte de son intérêt pour l’analyse spatiale, la communauté des géographes théoriques et quantitatifs francophones a toutefois permis la publication de plusieurs articles et ouvrages tentant d’éclaircir cette question. La session que nous proposons d’animer s’inscrit dans cette dynamique collective, et vise à rassembler des chercheurs traitant des effets de la représentation des territoires dans les modèles de simulation.

Au-delà du seul recensement d’expériences, cette session permettra une discussion épistémologique et méthodologique autours des questions suivantes :

  • Quels compromis sur les objets et/ou les échelles géographiques sont réalisés lors de la création d’un modèle de simulation ?
  • Quels sont les effets (mesurés ou escomptés) du territoire représenté sur le comportement du modèle et les résultats de la simulation ?
  • Quels effets cela peut-il avoir sur notre compréhension des phénomènes simulés ?

 

Communications sélectionnées

COTTINEAU Clementine (Centre for Advanced Spatial Analysis, University College London, Royaume-Uni), PERRET Julien, REUILLON Romain, REY-COYREHOURCQ Sébastien, VALLÉE Julie (Géographie-cités) - An Agent-Based Model To Investigate The Effects Of Social Segregation Around The Clock On Social Disparities In Dietary Behaviour (167048)

MIMEUR Christophe (ThéMA & LVMT), QUEYROI François (Géographie-cités) - Analyse de la représentation en grille du territoire pour l'étude de l'évolution du chemin de fer (167262)

MÜLLER Jean-Pierre (CIRAD) - Représenter une multiplicité de territoires dans les systèmes multi-agents (165559)

PLATTARD Odile (Géographie-cités & LGP), CHALONGE Ludovic (Géographie-cités) - Représenter l'urbain dans un modèle d'évacuation d'une population littorale face à un tsunami (167387)

REULIER Romain (LETG), DELAHAYE Daniel (LETG), VIEL Vincent (PRODIG) - L'analyse des dynamiques spatiales de ruissellement avec le système multi-agents LASCAR (LAndscape StruCture And Runoff). Une approche pertinente à l'heure de la GEMAPI ? (167184)

 

17. Images cartographiques et géovisualisation pour une représentation innovante des territoires

Jeudi 22 mars : 9h30-11h00, 11h15-12h45.

Co-porteur.e.s : Christine ZANIN (Géographie-cités), Paule-Annick DAVOINE (LIG) & Marion LE TEXIER (IDEES)

La session proposée est axée vers la construction et la production d’images cartographiques ou de géovisualisation au service de la représentation des territoires. Cette question revêt de nombreux sens, depuis l’objectif affiché (ou non) de cette représentation jusqu‘à l’usage qui en est fait, par les acteurs locaux ou nationaux, par les institutions et les collectivités, en passant par la modélisation et le traitement des données. Dans ce cadre, produire des images c’est tout autant participer à la connaissance des territoires que contribuer à la construction d’un discours autour de ces territoires. Les thématiques concernées venant influencer les méthodes à mettre en œuvre pour leur analyse et leurs représentations comme pour le choix des types d’images produites.

L’objectif de la session proposée est de permettre aux chercheurs ou à tout acteur territorial de se confronter à la question de l’innovation en matière de production d’images : comment définir l’innovation dès lors qu’il s’agit de travailler sur la représentation des territoires ? L’innovation technologique et les images numériques qui en découlent peuvent-elles apporter de nouvelles réponses, de nouvelles solutions à la prise en compte des territoires ? Quels sont les modèles et les cadres conceptuels innovants qui sous-tendent ces images ? Comment produire des images cohérentes et efficaces avec des données massives mais aussi lacunaires ? L’analyse territoriale peut-elle être renforcée par une production d’images très différentes ? Le discours et la prise de décision sur un territoire peuvent-il être influencés par la production de certains types d’images ?

 

Communications sélectionnées

CHRISTOPHE Sidonie (COGIT, IGN, LASTIG, Université Paris-Est) - Vers plus d'expressivité dans les représentations graphiques du territoire en 2D et en 3D (167296)

MAISONOBE Marion (LISST), JEGOU Laurent (LISST & Département de géographie, aménagement, environnement) - Explorer les réseaux mondiaux : proposition d'outil interactif combinant graphe (diagramme noeuds-liens) et carte de flux (165928)

NUSSBAUM Florence (Géographie-cités), HAYAT Flora (Géographie-cités) - Représenter les logiques d'investissement dans l'immobilier dégradé aux États-Unis : nouveaux enjeux cartographiques autour des données fines (167364)

ORY Jérémie (COGIT, IGN, LASTIG, Université Paris-Est), CHRISTOPHE Sidonie (COGIT, IGN, LASTIG, Université Paris-Est), FABRIKANT Sara Irina (Univ. de Zürich - Geographic Information Visualization and Analysis, Suisse), BUCHER Benedicte (COGIT, IGN, LASTIG, Université Paris-Est) - Modèle de conception cartographique intégrant l'expérience utilisateur (167067)

VANDERMOTTEN Christian (Université libre de Bruxelles, Belgique) - Quelle image cartographique du monde au- delà de la contrainte des frontières étatiques ? (167082)

 

Tables rondes grand public (entrée libre et gratuite)

Table ronde 3 : L’Europe, un territoire en crise de représentations

Samedi 24 mars de 9h30 à 11h30, Campus Pasteur, 3 av. Pasteur à Rouen, entrée gratuite et publique.

 

Intervenants :
Sylvia Calmes-Brunet (MCF en droit public, CUREJ / Université de Rouen),
Clarisse DIDELON-LOISEAU (PU de géographie, Géographie-cités / Université Paris 1 Panthéon- Sorbonne),
Yann RICHARD (PU de géographie, Prodig / Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne),
Carole Nivard (MCF en droit public, CUREJ / Université de Rouen),
Christian VANDERMOTTEN (PR ordinaire émérite, Université libre de Bruxelles, Éditeur de la revue Belgéo)

Animateur : Arnaud BRENNETOT 

Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, la construction européenne s’est appuyée sur des représentations politiques hétérogènes. Elle a ainsi tantôt pu être associée à un continent, à une aire de civilisation, à un espace économique tantôt à un territoire d’action publique, puis de représentation démocratique. Ces différentes interprétations de l’Europe ont été appliquées à des périmètres géographiques instables, caractérisés par des phénomènes d’élargissement ou de régression. Cette variété de significations a favorisé les ralliements autour d’un projet géopolitique polymorphe et ambivalent. Selon les circonstances, il a pu s’agir de surmonter les nationalismes étatiques, de favoriser la paix, la démocratie et l’état de droit, de promouvoir la prospérité et l’expansion économiques, de créer les moyens d’une puissance retrouvée, d’affirmer une identité territoriale, etc. Depuis le début des années 1990, les mythes et images associés à un tel projet ne suffisent plus, ni à garantir l’adhésion des populations, ni à assurer sa crédibilité vis-à-vis du reste du monde. Les institutions responsables de la mise en œuvre d’un projet politique pour l’Europe se trouvent dès lors confrontées à une crise de défiance progressive et à la montée des représentations et des discours eurosceptiques et europhobes. Cette table ronde s’intéressera donc aux raisons et aux enjeux d’une telle crise d’identité et de légitimité politique tout en interrogeant s


Faculté de Droit, Sciences économiques et Gestion
3 Avenue Pasteur
76000 Rouen
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