Delphine Placidi-Frot

Professeur
Science politique.
Faculté Jean Monnet - Droit, Économie, Management

Institut d'Études de Droit Public
  • THESE

    Towards responsible agriculture and food systems : transforming conflicting normative initiatives into consensual normative instruments, soutenue en 2023 sous la direction de Frédéric Ramel présidée par Thierry Balzacq, membres du jury : Delphine Placidi (Rapp.), Michèle Rioux (Rapp.), Jean-Jacques Gabas et Nora McKeon   

  • Delphine Placidi-Frot, Stéphanie Burgaud, Delphine Placidi, L'Europe dans la construction politique et identitaire russe du XIXe siècle à nos jours, Éditions Rue d'Ulm, 2019, Actes de la recherche à l'ENS   

    Delphine Placidi-Frot, Marie-Françoise Durand, Delphine Allès, Mélanie Albaret, Philippe Copinshi, Espace mondial, l'atlas 2018, Sciences Po, Les Presses, 2018, 272 p.  

    Delphine Placidi-Frot, Négociations internationales, Sciences Po, les presses, 2014, Relations internationales, 429 p.   

    Delphine Placidi-Frot, Marie-Françoise Durand, Thomas Ansart, Philippe Copinschi, Benoit Martin, Atlas de la mondialisation: Comprendre l'espace mondial contemporain - Dossier spécial États-Unis, Presses de Sciences Po, 2013, 197 p. 

    Delphine Placidi-Frot, Stéphanie Burgaud, Delphine Placidi, La Russie et l’Europe du XIXe siècle à nos jours. Nouvelles approches transdisciplinaires, Editions de la Rue d’Ulm, 2013, Actes de la recherche à l'ENS, 184 p.   

    Delphine Placidi-Frot, Mélanie Albaret, Emmanuel Decaux, Nicolas Lemay-Hébert (dir.), Les grandes résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies, Dalloz, 2012, 672 p.  

    Delphine Placidi-Frot, Marie-Françoise Durand, Philippe Copinschi, Benoit Martin, Atlas de la mondialisation. Comprendre l'espace mondial contemporain 3e édition: Dossier spécial Chine, Presses de Sciences Po, 2008, 189 p.  

    Delphine Placidi-Frot, Delphine Placidi, Guillaume Devin, Le multilatéralisme onusien dans les politiques extérieures française et russe depuis 1945: ressources et contraintes de la coopération internationale,, 2008, 1041 p.  

    Le multilatéralisme onusien a pris une place croissante dans la politique extérieure de la France et de la Russie depuis 1945. Une comparaison historique de la genèse de l'engagement multilatéral des deux pays à la SDN puis à l'ONU met en évidence, par-delà les différences nationales et conjoncturelles, une même approche intergouvernementale, souverainiste et hiérarchisée des organisations internationales. Le fonctionnement des Nations unies conduit les deux pays à mettre en place une diplomatie multilatérale lui étant consacrée. Sont ainsi constituées des administrations spécifiques et des missions permanentes, cependant qu'émerge progressivement un corps de diplomates spécialisés, atout déterminant dans les négociations multilatérales. La participation à des groupes de pays s'avère également nécessaire au sein de l'Organisation. La France et la Russie ne se préoccupent en revanche que tardivement d'encourager l'intérêt d'acteurs politiques nationaux de nature hétérogène et se mobilisant à des degrés différents. L'engagement multilatéral des États revêt des formes variées selon les domaines de coopération, les enjeux impliqués, les procédures institutionnelles et les acteurs participant. L'analyse de leur comportement à travers des études de cas consacrées à la paix et la sécurité (opérations de paix et désarmement), à la coopération économique et sociale (aide au développement, UNESCO) et au droit international (Cour internationale de Justice, droits de l'homme) permet néanmoins d'observer une tendance générale vers un plus fort engagement multilatéral sur la longue durée.

    Delphine Placidi-Frot, Marie-Françoise Durand, Benoit Martin, Marie Törnquist-Chesnier, Atlas de la mondialisation. Comprendre l'espace mondial contemporain. 2e édition, Presses de Sciences Po, 2007, 158 p. 

    Delphine Placidi-Frot, Marie-Françoise Durand, Benoit Martin, Marie Törnquist-Chesnier, Atlas de la mondialisation. Comprendre l'espace mondial contemporain 1ère édition: comprendre l'espace mondial contemporain, Sciences Po, les presses, 2006, 126 p. 

    Delphine Placidi-Frot, Delphine Placidi, La diplomatie russe au Conseil de l'Europe: l'émergence d'une diplomatie multiple, 2002 

  • Delphine Placidi-Frot, « Ideas as Drivers of Change in International Organizations », in Bob Reinalda, Marieke Louis (dir.), Routledge Handbook of International Organizations, Routledge, 2024 

    Delphine Placidi-Frot, Delphine Alles, « Qui compose l’Assemblée générale ? », in Devin, Guillaume and Petiteville, Franck and Tordjman, Simon (dir.), L’Assemblée générale des Nations unies. Une institution politique mondiale, Presses de Sciences Po, 2020  

    Delphine Placidi-Frot, « L’Assemblée générale et le terrorisme », in Devin, Guillaume and Petiteville, Franck and Tordjman, Simon (dir.), L’Assemblée générale des Nations unies. Une institution politique mondiale, Presses de Sciences Po, 2020 

    Delphine Placidi-Frot, Mélanie Albaret, « "The UN Internet Portal, Institutional Multilateralism Caught in the Web" », in Springer International Publishing (dir.), Resources and Applied Methods in International Relations, Devin, G. (eds), Springer International Publishing AG, 2017, 187 p., 2017, pp. 75-92  

    Delphine Placidi-Frot, « Variations autour de la rationalité boudonienne : de l’homo sociologicus à l’homo internationalis », in Guillaume DEVIN (dir.), 10 concepts sociologiques en relations internationales, CNRS éditions, 2015  

    Delphine Placidi-Frot, « La diversification des formes d’organisations internationales, le regard du politiste », in Laurence DUBIN, Marie-Clotidle RUNAVOT (dir.), Le phénomène institutionnel international dans tous ses états : transformation, déformation ou reformation ?, Editions Pédone, 2014, pp. 39-58  

    Delphine Placidi-Frot, « Organisations internationales. Pour un regard transdisciplinaire et socio-historique », in Dario BATTISTELLA (coord.) (dir.), Relations internationales - Bilan et perspectives, Editions Ellipses, 2013  

    Delphine Placidi-Frot, Mélanie Albaret, Emmanuel Decaux, Nicolas Lemay-Hébert, « Résolution 1441 », in Mélanie ALBARET, Emmanuel DECAUX, Nicolas LEMAY-HEBERT, Delphine PLACIDI-FROT (dir.), Les Grandes résolutions du Conseil de sécurité, Dalloz, 2012, pp. -  

    Delphine Placidi-Frot, « La transformation des pratiques diplomatiques nationales », in Bertrand BADIE, Guillaume DEVIN (dir.), Le multilatéralisme. Nouvelles formes de l’action internationale, La Découverte, 2007 

    Delphine Placidi-Frot, « Les femmes françaises aux Nations Unies : l'influence ambiguë du multilatéralisme », in Yves DENECHERE (dir.), Femmes et relations internationales au XXe siècle, Presses Sorbonne Nouvelle, 2007 

  • Delphine Placidi-Frot, « La prise en compte des enjeux environnementaux dans les dispositifs d’évaluation internationale des programmes de ‘santé intégrée’ (One Health) », Revue juridique de l'environnement, John Libbey Eurotext — JLE, 2023 

    Delphine Placidi-Frot, « Marie-Claude Smouts, La France à l’ONU. Premiers rôles et second rang (1979) », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2021, n°56 

    Delphine Placidi-Frot, « Un rapport singulier avec le multilatéralisme », Questions internationales, Direction de l'information légale et administrative, 2013, pp. 24-32 

    Delphine Placidi-Frot, Guillaume Devin, « Les évolutions de l’ONU : concurrences et intégration », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2011, n°53, pp. 21-41   

  • Delphine Placidi-Frot, « L’accaparement des sols », le 12 février 2025  

    Conférence du Cycle de conférences "Nouveaux champs de recherche en droit de l’environnement" organisé par l'IEDP, Faculté Jean Monnet

    Delphine Placidi-Frot, « Journée autour de Jacques Commaille », le 25 septembre 2024  

    Journée organisée par l'ENS - Université Paris-Saclay et l'ISP - Institut des sciences du politique

    Delphine Placidi-Frot, « Désobéir pour l'eau », le 14 février 2024  

    Conférence organisée par l'IEDP, Université Paris Saclay et la SFDE dans le cadre du cycle " Rareté : le prisme de l'eau - Nouveaux champs de recherche en Droit de l'environnement"

    Delphine Placidi-Frot, « Des politiques juridiques extérieures dans un monde qui se déchire », le 07 décembre 2023  

    Colloque organisé par la Faculté Jean Monnet Sceaux, U. Paris-Saclay avec l'IEDP, sous la direction scientifique de Frédérique Coulée, Professeure de droit public à l’Université Paris-Saclay

    Delphine Placidi-Frot, « Conflits en droit : la postérité des perdants », le 24 novembre 2023  

    17e Journée d’étude des jeunes chercheurs de l’Institut d’études de droit public, Université Paris Saclay

    Delphine Placidi-Frot, « International Conventions Applicable to the Trade in Illicit Medical Products: A Political Scientist’s View », Journée d’études des jeunes doctorants de l’IEDP sur « la postérité des perdants dans les conflits juridiques », Sceaux, le 01 janvier 2023 

    Delphine Placidi-Frot, « Green Deal », le 27 octobre 2022  

    Conférence inaugurale de l'Observatoire du Green Deal organisée sous la direction scientifique de Benoit Blottin et Charles Vautrot-Schwarz

    Delphine Placidi-Frot, « L’évaluation environnementale face à l’impératif écologique », le 20 octobre 2022  

    Colloque annuel de la SFDE en partenariat avec PEGASE – programme ITTECOP

    Delphine Placidi-Frot, « L’évaluation environnementale dans les évaluations internationales des programmes de ‘santé intégrée’ (One Health) », Séminaire sur la transition écologique et agro-alimentaire au prisme des SHS (TR-SHS), Montigny-le-Bretonneux, le 01 janvier 2022 

    Delphine Placidi-Frot, « La réforme dans/des institutions internationales », le 15 novembre 2021  

    Organisée à l'Inalco par le Groupe de Recherche sur l’Action Multilatérale (GRAM), Université Paris Panthéon-Sorbonne, Ecole de droit de la Sorbonne

    Delphine Placidi-Frot, « Les temps de la réforme », Colloque à l’Inalco sur « Les réformes dans les organisations internationales », Paris, le 01 janvier 2021 

    Delphine Placidi-Frot, « Versailles 2019. Renégocier le traité 100 ans après », le 09 avril 2019  

    Organisée par la faculté Jean Monnet, Université Paris Sud

    Delphine Placidi-Frot, « Le droit politique d’exception, pratique nationale et sources internationales », le 08 décembre 2016  

    Autour de l’état d’urgence français

    Delphine Placidi-Frot, « Comment s'écrit le droit international ? », le 04 novembre 2016  

    3ème Journée de Droit International de l'ENS organisée par le Centre de Théorie et Analyse du Droit

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Romain Damien, Représenter la cause palestinienne à l'international, 1964-2018: de la prétention à représenter à la professionnalisation des diplomates palestiniens, thèse soutenue en 2023 sous la direction de Philippe Aldrin et Aude Signoles co-présidée avec Delphine Placidi, membres du jury : Pénélope Larzillière (Rapp.), Aude Merlin (Rapp.), Virginie Dutoya    

    L’objet de cette thèse porte sur la professionnalisation des diplomates palestiniens et questionne la « genèse » puis l’étatisation de la diplomatie palestinienne depuis la création de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1964. À partir d’une approche socio-historique de ces acteurs, nous avons cherché à comprendre les conditions d’émergence d’une diplomatie à vocation étatique, c’est-à-dire visant à parlementer avec les États, mais issue d’un mouvement de libération nationale, partiellement reconnu et évoluant hors des institutions officielles. Notre enquête nous a ainsi poussé à sortir d’une définition de la diplomatie restreinte au cadre inter-étatique et institutionnel pour nous tourner vers les réflexions issues de la représentation politique. Nous interprétons les origines d’une diplomatie comme l’internationalisation d’une prétention à la représentation politique des Palestiniens, performée à l’international par ces diplomates qui n’en portent pas le nom. Avec la reconnaissance progressive de l’OLP, qui conduit aux accords de paix avec Israël en 1993 puis à l’établissement d’une Autorité nationale palestinienne dans les Territoires occupés, cette prétention devient celle à une diplomatie d’État. Cette nouvelle configuration favorise alors la professionnalisation d’un corps diplomatique palestinien avec les instaurations d’un ministère et de dispositifs visant à la formation de nouveaux diplomates. Notre travail se situe ainsi au carrefour de la sociologie des relations internationales, de la représentation politique et des professions, et articule plusieurs échelles d’analyse : internationale, institutionnelle et microsociologique

    Matthieu Grandpierron, War and the cult of virility: How leaders of great powers cope with status decline in their periphery, thèse soutenue en 2020 sous la direction de Thomas Lindemann et Paul Saurette co-présidée avec Delphine Placidi, membres du jury : Frédéric Ramel (Rapp.), Miguel de Larrinaga (Rapp.), Delphine Allès et Regina Heller   

    Cette thèse s'intéresse aux motivations qu'ont les décideurs de grandes puissances à intervenir militairement lorsqu'ils sont confronté à un déclin de statut (réel ou perçu) dans leur périphérie. Plus précisément, il est question de voir quel pourrait être le rôle et l'impact, dans cette prise de décision, des émotions et du culte de la virilité (système de pensée tourné autour d'une certaine conception de la force physique, morale, et de la santé, ainsi que d'un sentiment de domination mentale). Plus précisément, il sera question de tester trois grands arguments les uns contre les autres: (1) l'argument de la quête de puissance; (2) l'argument de la guerre de diversion; (3) l'argument de punir des comportement jugés inacceptables basé sur une interprétation virile du statut de grande puissance. Trois cas d'études ont été sélectionnés pour tester empiriquement l'importance des émotions et du culte de la virilité: (1) les débuts de la guerre d'Indochine (1945-47); la reconquête britannique des iles Falklands/Malouines (1982) et (3) l'invasion américaine de la Grenade (1983). Ces cas ont été analysés quantitativement et qualitativement à partir exclusivement de documents d'archives et de documents déclassifiés. Il ressort de ces analyses que l'argument du culte nostalgique de la virilité était l'argument le plus présent dans chacun des trois cas d'études: 47.7% dans le cas Français 40,7% dans le cas britannique 41% dans le cas américain. Dans les trois cas, les décideurs ont structuré leur décision autour de l'idée de punir fortement un acteur ayant un comportement jugé comme étant moralement déviant et s'écartant par trop du model virile et ainsi réaffirmer la supériorité du modèle virile. Ce n'est pas tant punir l'acteur pour ce qu'il a fait qui importe, mais davantage de le punir pour ce que son comportement déviant représente sur le plan symbolique.

    Sarah Perret, Les législations en matière de naturalisation: Vecteur de sécuritisation des politiques d'immigration en Allemagne, aux États-Unis et en France, thèse soutenue en 2015 sous la direction de Frédéric Ramel co-présidée avec Delphine Placidi, membres du jury : Thierry Balzacq (Rapp.), Jef Huysmans (Rapp.), Riva Kastoryano   

    L’évolution manifeste du traitement politique du phénomène migratoire laisse apparaître qu’immigration et intégration seront des enjeux majeurs dans la future politique mondiale. En effet, l’immigration contemporaine diffère par bien des aspects de celles constatées lors des siècles antérieurs, du fait qu’elle soit de plus en plus visible, "dramatique" et "dysfonctionnelle". Le caractère imprévisible et incontrôlable du phénomène bouleverse aujourd’hui les schèmes traditionnels de l’état westphalien, et nourrit des peurs au sein des sociétés occidentales pouvant être ainsi source de déstabilisation. On assiste alors à un basculement du traitement politique de l’enjeu migratoire dans le champ sécuritaire. Ole Wæver nous aide à comprendre ce processus à travers son concept de « sécuritisation », grâce auquel il explique l’existence actuelle d’un processus discursif conduisant un fait social, comme l’immigration, à devenir un enjeu de « sécurité sociétale ». Cependant, cette vision, trop linguistique, nous apparaît insuffisante pour comprendre la mise en pratique d’une telle construction. Ainsi, les outils sociologiques proposés par Pierre Bourdieu, et notamment ses travaux effectués sur le langage et le pouvoir symbolique, nous aident à ne plus considérer la sécuritisation comme un processus purement discursif, mais potentiellement législatif.Une étude à la fois comparative et qualitative des législations sur la naturalisation en Allemagne, aux États-Unis et en France, permet alors d’ouvrir la discussion sur le rôle des lois de naturalisation comme pratique sécuritaire dans le processus de sécuritisation de l’immigration.

    Anaïs Laacher, Afficher sa souveraineté: entente, malentendu et rupture le Tchad face à la mission de sécurisation de l'ONU (MINURCAT), thèse soutenue en 2014 sous la direction de Bertrand Badie co-présidée avec Delphine Placidi, membres du jury : Frédéric Charillon (Rapp.), Thomas Lindemann (Rapp.), Jean-Marc Marill    

    Pays fragile par excellence, le Tchad, dont le niveau de développement est parmi le plus bas au monde, pourrait se résumer par la formule d’Helman et Ratner utilisée dans leur article Failed States paru en 1994, comme un État « simplement incapables de fonctionner en tant qu’entités indépendantes ».Alors pourquoi a-t-il demandé le retrait de la MINURCAT, la mission de sécurisation européenne et onusienne déployée sur son sol en 2008. Nous postulons que la conséquence négative de la relation entre ces deux acteurs, matérialisée par l’exclusion de la MINURCAT, est à chercher dans une étude de la nature des espaces de rencontre et leurs effets, directs ou indirects, sur le Tchad. En effet, cette thèse met l’accent sur le caractère systémique du lien social entre le Tchad et les Nations unies et entend ainsi catégoriser les espaces de mise en relation comme un système à trois variables : la socialisation, l’éloignement et la rupture. L’analyse de la rencontre en termes de « spatialité » permet l’étude du lien entre « les temps et les lieux symboliques de l’interaction », qui donne la possibilité d’établir les motivations d’agir et les modes de formulation. Ces derniers consacrent l’établissement d’un nouveau langage : celui de la revendication d’une souveraineté qui ne soit pas de façade et de sa reconnaissance par la communauté internationale. Il conviendra d’étudier, d’une part, la formation progressive de cet espace de jugement et, d’autre part, la volonté manifeste de contrer le déni de reconnaissance qui permet au Tchad d’achever son rapport à sa souveraineté.

  • Tiphaine de Champchesnel, Mobiliser au sein des Nations Unies: le cas de l'interdiction des armes nucléaires, thèse soutenue en 2022 sous la direction de Jean-Vincent Holeindre, membres du jury : Sylvie Ollitrault (Rapp.), Frédéric Ramel (Rapp.), Delphine Placidi et Serge Sur      

    L’ouverture de la négociation pour un traité sur l’interdiction des armes nucléaires (TIAN) en 2017 fait suite à une initiative sur les « conséquences humanitaires de l’arme nucléaire » (CHAN) qui s’est développée dans les enceintes onusiennes mais également à travers des conférences internationales ad hoc. Revendiquant une filiation avec les processus dits d’Ottawa sur les mines antipersonnel et d’Oslo sur les armes à sous-munitions, cette initiative CHAN en a repris des éléments de stratégie, notamment le (re)cadrage dit « humanitaire » des armes nucléaires. Cette thèse analyse en termes de mobilisation ce processus en grande partie diplomatique. Cela se justifie, d’une part, en raison du caractère essentiel de cette dynamique de mobilisation pour porter le sujet du TIAN à l’agenda formel de l’ONU et, d’autre part, compte tenu de l’implication, aux côtés des États, de plusieurs catégories d’acteurs non-étatiques. Le fait que cette initiative soit parvenue à un résultat concret constitue l’énigme de la genèse du TIAN et de cette thèse (variable dépendante). Considérant l’apport du tournant cognitif pour la sociologie des mouvements sociaux, nous avons utilisé le cadrage « humanitaire » en tant que variable indépendante. Nous n’avons pas ignoré la mobilisation des ressources ni la théorie des opportunités politiques. À cet égard, d’autres éléments de la stratégie des prohibitionnistes ont été décisifs, notamment le travail diplomatique consistant à poser les jalons institutionnels de la mise à l’agenda. Quant au cadrage, son rôle a été majeur pour aplanir les différences, faire apparaître une unité, susciter des émotions et faire qu’agir devienne impératif.

    Christelle Calmels, Influence in a military alliance: the case of France at NATO (2009-2019), thèse soutenue en 2021 sous la direction de Frédéric Ramel présidée par Christian Lequesne, membres du jury : Stéphanie C. Hofmann (Rapp.), Jean Joana (Rapp.), Delphine Placidi et Thierry Tardy    

    Cette thèse a pour ambition d’analyser l'exercice de l'influence française au sein de l’OTAN depuis le retour du pays dans le commandement intégré en 2009. Elle cherche en cela à pallier deux lacunes : un sous-investissement académique relatif à l’étude de la politique otanienne de la France et, plus généralement, de l’influence étatique au sein des organisations internationales. Pour ce faire, elle s’appuie sur la construction d’un modèle théorique original nommé « Analyse de la Politique Multilatérale » et sur une méthodologie qualitative mêlant consultation d’archives, entretiens semi-directifs, et observation participante au sein de l’Alliance Atlantique. La première partie de cette thèse aborde la politique otanienne de la France sous l’angle historique, organisationnel, et pratique. Elle s’intéresse aux raisons du retrait de la France du commandement intégré de l’OTAN en 1966, et aux conséquences de son retour en 2009 sur sa doctrine et ses pratiques organisationnelles et diplomatico-militaires. La seconde partie se divise pour sa part en trois cas d’étude fondamentaux au regard des objectifs affichés de la France vis-à-vis de l’Alliance Atlantique : la réforme de sa structure militaire (2010-2012, 2016-2019), le lancement d’une activité opérationnelle (Operation Unified Protector, enhanced Forward Presence), et la négociation des communiqués des sommets des chefs d'Etat et de Gouvernement (Lisbonne, Varsovie). L’analyse comparative de ces cas d’études permet de répondre aux trois hypothèses de ce travail doctoral relatives à la singularité du répertoire d’action de la France, aux conditions de son influence, et aux processus d’apprentissage à l’œuvre depuis 2009.

    Alice Pannier, Franco-British defence cooperation under the Lancaster House Treaties (2010): institutionalisation meets the challenges of bilateral cooperation, thèse soutenue en 2016 sous la direction de Frédéric Ramel et William James Philpott présidée par Jean Joana, membres du jury : Ulrich Krotz (Rapp.), Frédéric Mérand (Rapp.), Delphine Placidi    

    Cette thèse vise à améliorer notre compréhension des mécanismes de la coopération bilatérale, par le biais d’une analyse de la mise en œuvre du Traité de Coopération en matière de défense et de sécurité franco-britannique, signé en 2010. La thèse examine trois cas de coopération bilatérale : l’intervention militaire en Libye en 2011, le développement de la force expéditionnaire conjointe interarmées (CJEF) et la coopération en matière d'armement dans le secteur des missiles. La thèse comble ainsi une lacune empirique sur les relations de défense franco-britanniques contemporaines, un sujet d’importance majeure sur les plans académique et politique et sur lequel il n’existe aucune monographie récente. L’étude des interactions entre les différents acteurs collectifs impliqués offre un récit détaillé du fonctionnement et des processus de cette coopération récemment institutionnalisée, dans tous les secteurs de la défense conventionnelle. En l’absence d’une théorie existante satisfaisante, les mécanismes spécifiques à la coopération bilatérale sont étudiés par le biais d’un modèle original. Celui-ci est construit autour de quatre concepts qui représentent les défis de la coopération bilatérale : l’incohérence (incompatibilité des intérêts), l’astructuration (manque de structure, formelle et informelle), le symétrisme (quête de similitude et d’égalité) et l’enchevêtrement (entrelacement avec d'autres relations bilatérales, multilatérales et transnationales). Par une analyse détaillée des études de cas, la thèse montre que ces défis sont en fait inhérents au processus de coopération bilatérale et explique comment ils façonnent l’issue de chaque initiative bilatérale. La thèse montre également que chaque expérience de coopération initie des dynamiques transformatrices par lesquelles la conduite de la coopération dans chaque secteur et plus largement la relation bilatérale de défense sont progressivement modifiées. Ces dynamiques transformatrices sont ambivalentes, en cela que les pratiques coopératives comme compétitives deviennent des éléments constitutifs de la coopération de défense franco-britannique.

    Michalis Spyropoulos, Prédire en relations internationales: étude de la place de l'avenir au sein des discours théoriques soutiens, contestations, perspectives, thèse soutenue en 2013 sous la direction de Frédéric Ramel présidée par Jean-Jacques Roche, membres du jury : Inanna Hamati (Rapp.), Ariel Colonomos (Rapp.), Delphine Placidi   

    Cette thèse propose de couvrir l’évolution de l’intérêt pour la prévision dans la théorie des relations internationales, en partant d’une constatation générale : son existence est contrastée, tributaire des fluctuations conceptuelles. Les deux premières Parties s’articulent respectivement autour de la défense d’une part et de la critique, d’autre part, de l’étude de l’avenir. Si l’on remonte tout d’abord aussi loin que la naissance du champ dans le monde anglo-américain, c’est parce que la question fut abordée par les premiers théoriciens libéraux, en raison du contexte issu de la première Guerre mondiale. Les contributions majeures de Hans Morgenthau, Morton Kaplan et Kenneth Waltz sont ensuite analysées, avant de céder leur place aux discours critiques. Une fois cet état de l’art établi, cette thèse suggère un bilan des parties en présence et propose une justification alternative, visant à légitimer différemment l’insertion d’une réflexion sur l’inconnu temporel en Relations internationales. La méthode alors préconisée déplace le cœur de l’argumentation vers les terrains de l’épistémologie et de la prescription, en vue de montrer finalement que la question de l’avenir est à la fois légitime et incontournable.