Les rapports entretenus entre le droit de l’environnement et le droit des sociétés sont ambigus. Il y aurait entre eux une sorte d’opposition permanente justifiée par les finalités qu’ils défendent respectivement. Cette approche est en partie erronée. Le droit de l’environnement est particulièrement attentif au monde économique, allant parfois jusqu’à sacrifier les considérations environnementales pour ne pas être générateur de contraintes excessives à l’endroit des entreprises. En contrepartie, il est donc attendu de celles-ci et du droit des affaires en général qu’ils se saisissent des problématiques environnementales en les intégrant à part entière dans leur mode de gestion. Or, malgré les risques encourus, qu’ils soient réglementaires ou judiciaires, c’est aujourd’hui encore insuffisamment le cas. Ce constat s’explique essentiellement par la prévalence du court-termisme financier dans la gouvernance d’entreprise. La pérennité des entreprises reste appréhendée à travers le prisme de la maximisation des profits. Pourtant, les entreprises ont un véritable rôle à jouer en matière d’environnement car s’il est certain qu’elles sont, dans une large mesure, responsables de la détérioration de l’environnement, en ce que la production de biens et services conduit inévitablement à l’utilisation de ressources naturelles et entraîne des émissions de toutes natures, il est tout aussi certain qu’elles détiennent certaines des clefs qui permettront de faire face aux défis environnementaux du XXIe siècle. À défaut, l’intégration se fera par la contrainte, comme en témoignent les récentes évolutions législatives et sera, sans doute, plus difficile à assimiler.