Yves Sintomer, Samuel Hayat, Corinne Péneau (dir.), La représentation avant le gouvernement représentatif, Presses universitaires de Rennes, 2025, Histoire, 366 p.
Ce volume collectif réunit des contributions d’historiens et de politistes spécialistes de la représentation politique au sein d’espaces variés (France, Aragon, Saint-Empire, Suède, péninsule italienne, Chine, etc. ) aux époques médiévale et moderne. Le volume souligne le rôle joué par la représentation symbolique (rituels, images, cérémoniaux) dans les pratiques politiques et éclaire, à partir d’une large palette d’exemples, les pratiques parlementaires médiévales et modernes et les différentes manières de représenter le peuple, par des procédures inscrites dans la loi ou, au contraire, apparues lors de périodes de révoltes. Il constitue ainsi une invitation à mieux évaluer, par contraste, la signification de la démocratie représentative contemporaine
Yves Sintomer, Anne de Mathan, Laurent Brassart (dir.), Souveraineté populaire et représentation au temps de la Révolution française (1789-1800), Armand Colin, 2025, 215 p.
Yves Sintomer, Sarah-Louise Raillard, Patrick Camiller, The Government of Chance: Sortition and Democracy from Athens to the Present, Cambridge University Press, 2023, 314 p.
Yves Sintomer, Luc Rouban, Bruno Cautrès, Démocratie: crise ou renouveau ?, La documentation Française, 2021, 155 p.
Yves Sintomer, Carsten Herzberg, Anja Röcke, Les budgets participatifs en Europe: des services publics au service du public, la Découverte, 2020, Recherches, 354 p.
Yves Sintomer, Liliane Rabatel (dir.), Sortition and democracy: history, tools, theories, Imprint Academic, 2020, Sortition and public policy, 515 p.
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué (dir.), La démocratie participative. Histoire et généalogie: histoire et généalogie, Editions la Découverte, 2020, Recherches, 288 p.
Yves Sintomer, Agnès Deboulet, Mathieu Berger, Chloé Buire, Claudia Cirelli [et alii], Savoirs citoyens et démocratie urbaine, Presses universitaires de Rennes, 2019, Res publica (Online)
Yves Sintomer, Aldo Borlenghi, Clément Chillet, Virginie Hollard, Jean-Charles Moretti [et alii], Voter en Grèce, à Rome et en Gaule: pratiques, lieux et finalités, MOM Éditions, 2019, Histoire & Épigraphie
Yves Sintomer, Pablo Castaño Tierno, Manuel Cervera-Marzal, Ariel Jerez, Héloïse Nez, Le populisme est-il l’alternative ? Mouvements sociaux et dynamiques partidaires, 2e éd., Mouvements, 2018, 94, 108117 p.
En France, les mobilisations espagnoles et l’émergence de Podemos suscitent l’espoir de perspectives vraiment neuves dans un paysage politique déprimé par le quinquennat d’un président de gauche assumant sa conversion au social-libéralisme, représentatif d’un PS dévoyé, l’absence de débouché immédiat de Nuit Debout, la captation du renouvellement des mœurs et du personnel politiques par Macron et La République en Marche, le relatif échec de la France insoumise. Cependant, on perçoit les contradictions et les dilemmes auxquels se heurte Podemos lorsqu’il s’agit de s’inscrire dans la durée : derrière le « eux et nous », comment définir le sujet des luttes ? Comment faire exister un parti politique-machine électorale né d’un mouvement de contestation des institutions représentatives ? Cette table ronde avait pour objectifs de questionner les références intellectuelles et historiques à partir desquelles Podemos s’est construit, de tirer le bilan le plus récent des enjeux auxquels le parti s’est confronté, et... d’envisager la suite.
Yves Sintomer, Pablo Soto, Ernesto Ganuza, Héloïse Nez, Oui, on peut concilier démocratie radicale et gestion efficace, 2e éd., Mouvements, 2018, 94, 6674 p.
Pablo Soto, né en 1979, est souvent présenté comme le « geek » de Podemos : informaticien, il a développé des protocoles et des logiciels de partage des fichiers musicaux, puis un logiciel peer to peer open source de partage d’espace de stockage, ce qui lui a valu d’éprouvantes poursuites judiciaires dont il est sorti conforté dans ses pratiques. Il met aujourd’hui à profit sa connaissance des réseaux sociaux pour concevoir des mécanismes de démocratie participative innovants à la mairie de Madrid. Après la table ronde consacrée, le 2 mars 2018, au nouveau municipalisme, Mouvements souhaitait approfondir avec lui le bilan de l’expérience de la mairie du changement emmenée par Manuela Carmena à Madrid.
Yves Sintomer, Jean-Paul Gaudillière, Le populisme de Podemos, 2e éd., Mouvements, 2018, 94, 98107 p.
Populiste ? L’étiquette est aujourd’hui maniée à l’envi pour caractériser tous les partis ou mouvements qui, en Europe, opposent le peuple aux élites et défendent une rupture plus ou moins assumée avec le consensus social/néo-libéral. En revendiquant le terme et en faisant explicitement référence aux théories de Laclau et Mouffe, Podemos occupe toutefois une position originale en la matière. Politiste, ancien membre de la rédaction de Mouvements, Yves Sintomer revient sur les enjeux théoriques et pratiques de cette volonté de « construire un peuple ».
Yves Sintomer, L'Assemblée: comment parler ensemble sans parler d'une seule voix ?, Epicentre films, 2018, 2 p.
Yves Sintomer, Samuel Hayat, Corinne Péneau (dir.), La représentation-incarnation, Presses de Sciences Po, 2018, 197 p.
Yves Sintomer, La fin de la démocratie des Modernes ?, 1e éd., Mouvements, 2017, 89, 9098 p.
La démocratie libérale, qui semblait avoir définitivement triomphé de ses adversaires à la fin du XXe siècle, traverse une crise globale. Dans les nouvelles démocraties surgies depuis 1989 comme dans les vieilles démocraties d’Europe ou d’Amérique du Nord, les scénarios de la post-démocratie et de l’autoritarisme deviennent chaque jour plus crédibles. Dans ce contexte, une démocratisation radicale de la démocratie s’impose, estime Yves Sintomer, pour faire contrepoids au capitalisme financier mondialisé, pour répondre aux défis écologiques et pour poser la question de la justice sociale à une échelle transnationale.
Yves Sintomer, Anja Röcke, Carsten Herzberg, Participatory Budgeting in Europe: democracy and public governance, Ashgate Publishing, 2016, 251 p.
Yves Sintomer, La démocratie impossible ?: politique et modernité chez Weber et Habermas, Éd. la Découverte, 2016, Armillaire, 403 p.
Yves Sintomer, Petite histoire de l'expérimentation démocratique: Tirage au sort et politique d’Athènes à nos jours, la Découverte, 2016, La découverte-poche (Essais), 291 p.
Yves Sintomer, Yves Sintomer, Stephen Coleman, Stephen Coleman, Anna Przybylska, Anna Przybylska (dir.), Deliberation and Democracy: innovative processes and institutions, Peter Lang GmbH, Internationaler Verlag der Wissenschaften, 2016, Warsaw studies in politics and society, 313 p.
Yves Sintomer, Emmanuel Renault (dir.), Où en est la théorie critique ?, La Découverte, 2016, Collection "Recherches", 280 p.
Yves Sintomer, Julien Talpin (dir.), La démocratie participative au-delà de la proximité: le Poitou-Charentes et l'échelle régionale, Presses universitaires de Rennes, 2015, 183 p.
Yves Sintomer (dir.), La domination, La Découverte, 2015, La Découverte-poche (Sciences humaines et sociales), 427 p.
Yves Sintomer, Éric Fassin, Urmila Goel, Mara Viveros (dir.), Les langages de l'intersectionnalité, Presses de Sciences Po, 2015, 128 p.
Yves Sintomer, Yves Sintomer, Joan Font, Joan Font, Donatella Porta, Donatella Della Porta (dir.), Participatory Democracy in Southern Europe. Causes, Characteristics and Consequences: causes, characteristics and consequences, Rowman & Littlefield International, 2014, 247 p.
Yves Sintomer, Alain Blondiaux, Jean-Michel Helvig, Jean-Pierre Le Goff, Pascal Perrineau, Où va notre démocratie ?, Éditions de la Bibliothèque publique d’information, 2014
Yves Sintomer, Nancy Fraser, Clémentine Autain, Sandra Laugier, Elsa Dorlin, Le féminisme en mouvements: [vidéo tournée lors de la table ronde autour du livre Le Féminisme en mouvements de Nancy Fraser à la Fondation Calouste Gulbenkian, le 18 février 2013], ESCoM, 2013, [Colloques en ligne]
Yves Sintomer, Samuel Hayat (dir.), La représentation politique, Presses de Sciences Po, 2013, 180 p.
Yves Sintomer (dir.), La domination, La Découverte, 2013, Politique et sociétés, 426 p.
, Quatre ans de recherche urbaine 2001-2004, Presses universitaires François-Rabelais, 2013, Collection Perspectives Villes et territoires, 521 p.
Yves Sintomer, Rudolf Traub-Merz, Junhua Zhang, Carsten Herzberg (dir.), Participatory budgeting in Asia and Europe: key challenges of participation, Palgrace Macmillan, 2012, 269 p.
Yves Sintomer, Carsten Herzberg, Heinz Kleger (dir.), Hoffnung auf eine neue Demokratie: Bürgerhaushalte in Lateinamerika und Europa, Campus, 2012, Studien zur Demokratieforschung, 331 p.
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué, La démocratie participative , 2011
Aujourd'hui, la démocratie participative s'institutionnalise dans la durée, faisant apparaître de nouveaux acteurs, de nouvelles légitimités, de nouveaux objets dans l'implication de « citoyens ordinaires » à la prise de décision publique. Cependant, si l'idée de participation est au moins aussi ancienne que l'histoire des démocraties modernes, l'étude de sa dimension diachronique restait à faire. D'où l'intérêt de cet ouvrage réunissant les contributions des meilleurs spécialistes, qui proposent, dans une perspective comparative, un regard historique organisé en trois temps.
La première partie interroge la généalogie des catégories utilisées par les acteurs et par les observateurs. La deuxième met en regard la France et les États-Unis, dans une période charnière de réformes progressistes - la fin XIXe et le début du XXe siècle -, qui voit se mettre en place les premiers éléments de l'État-providence et s'expérimenter de nouvelles formes de participation. Enfin, la troisième partie retrace les relations qui se nouent entre les sciences ou l'université et le reste de la société, et la façon dont la question de la participation citoyenne a été posée dans ce contexte. Une réflexion sur le temps long débouchant sur des propositions politiques et normatives pour les débats du présent.Sommaire : Pages de début (p. 1-8)| Introduction (p. 9-35)| 1. Habitants, citoyens : interroger les catégories (p. 39-50)| 2. De l’autogestion à la démocratie participative : des contributions pour renouveler la démocratie (p. 51-64)| 3. Retour sur les années 1970. Le Parti socialiste, l’autogestion et la démocratie locale (p. 65-81)| 4. Empowerment, développement et féminisme : entre projet de transformation sociale et néolibéralisme (p. 82-101)| 5. Démocratie participative et impératif délibératif : enjeux d’une confrontation (p. 102-112)| 6. Démocratie participative, démocratie délibérative : l’histoire contrastée de deux catégories émergentes (p. 113-134)| 7. S’assembler pour délibérer ou démontrer sa force ? (1868-1939) (p. 137-154)| 8. Participation et politiques du logement en France. Un débat qui traverse le XXe siècle (p. 155-173)| 9. Initiative, référendum, recall : progrès ou recul démocratique ? (États-Unis, 1880-1940) (p. 174-190)| 10. Consolider les fondements de la démocratie : le mouvement des centres sociaux aux USA durant l’ère progressiste (p. 191-209)| 11. Façonner un public délibérant : les forums comme outils d’éducation civique dans l’histoire des États-Unis (p. 210-227)| 12. Le Mouvement de Córdoba : aux origines de l’« université participative » (p. 231-245)| 13. Un tournant participatif ? (p. 246-260)| 14. Les sciences entre démiurgie, états de fait économiques et démocratie. Aperçu historique, situation présente, principes normatifs (p. 261-282)| Pages de fin (p. 283-288).
Yves Sintomer, Petite histoire de l’expérimentation démocratique , 2011
Alors que l’idéal démocratique progresse dans le monde, les « vieilles démocraties » sont en crise. Les partis semblent de plus en plus incapables de fédérer les énergies civiques. Des expériences qui réintroduisent le tirage au sort en politique se multiplient à l’échelle internationale. Les critiques déplorent une dérive « populiste » : leurs réactions ne témoignent-elles pas plutôt d’une certaine peur de la démocratie ?
Le tirage au sort a une longue histoire politique. Il constitue l’une des dimensions, trop souvent oubliée, du gouvernement du peuple. Inventé avec la démocratie à Athènes, longtemps consubstantiel à la tradition républicaine, pourquoi a-t-il été réservé aux jurys d’assises après les révolutions française et américaine ? Pourquoi fait-il son retour aujourd’hui, et quelle peut être sa légitimité dans le monde contemporain ? À quelles conditions peut-il contribuer à rénover la démocratie, à la rendre plus participative et plus délibérative ? Les mini-publics tirés au sort peuvent-ils s’articuler aux mouvements sociaux ? Une comparaison historique fait-elle sens ?
Yves Sintomer montre dans ce livre incisif que des logiques politiques nouvelles sont en train d’émerger. La démocratie des modernes, qui se pensait seulement à travers l’élection, laisse la place à des dynamiques plus complexes. Si la politique retrouvait sa crédibilité, ne pourrait-elle pas regagner du poids face aux forces du marché et aux pesanteurs bureaucratiques ? Face à un statu quo intenable, plus que jamais, il devient urgent d’expérimenter.Sommaire : Pages de début (p. 1-6)| Introduction (p. 7-14)| Une crise de la représentation qui n’en finit pas (p. 15-38)| Le tirage au sort à travers l’histoire : une domestication du hasard ? (p. 39-102)| Une énigme historique (p. 103-146)| Une floraison d’expériences (p. 147-190)| Renouveler la démocratie (p. 191-242)| Postface (p. 243-276)| Références bibliographiques (p. 277-286)| Pages de fin (p. 287-296).
Yves Sintomer, Julien Talpin (dir.), Démocratie délibérative, Presses de Sciences Pô, 2011, 195 p.
Yves Sintomer, Pour Daniel Bensaïd…, 1e éd., Mouvements, 2010, 61, 181183 p.
RésuméLe décès de Daniel Bensaïd laisse la gauche critique orpheline d’une voix originale, constructive et influente. Mouvements perd un compagnon de route qui avait fait partie des fondateurs de la revue M. Le comité de rédaction entend témoigner de son émotion et rendre hommage à l’intellectuel et au militant qui a inspiré nombre d’entre nous. Le respect unanime que nous éprouvons pour la personne et l’œuvre de Daniel Bensaïd laisse place également aux désaccords sur certaines de ses analyses ou de ses choix politiques. On relira dans cette perspective l’itinéraire que nous lui avons consacré dans le numéro 44 de 2006 (http://www.mouvements.info/Quand-l-histoire-nous-desenchante.html). Yves Sintomer, ancien membre du Comité de rédaction et professeur à Paris VIII, revient de manière personnelle sur le parcours de cette grande figure de la Ligue communiste révolutionnaire et du Nouveau Parti anticapitaliste ainsi que de la philosophie politique marxiste.
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué, Amélie Flamand, Héloïse Nez (dir.), La démocratie participative inachevée: Genèse, adaptations et diffusions, Adels / Yves Michel, 2010, Société civile, 238 p.
Yves Sintomer, Hans-Peter Müller (dir.), Pierre Bourdieu, théorie et pratique: [perspectives franco-allemandes], La Découverte, 2010, 269 p.
Yves Sintomer, Der Bürgerhaushalt in Europa – eine realistische Utopie?: Zwischen partizipativer Demokratie, Verwaltungsmodernisierung und sozialer Gerechtigkeit, VS Verlag für Sozialwissenschaften, 2010, Bürgergesellschaft und Demokratie
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué, Henri Rey (dir.), Gestion de proximité et démocratie participative : une perspective comparative, Éditions La Découverte, 2010, Recherches, 314 p.
Yves Sintomer (dir.), La démocratie participative, La Documentation française, 2009, 102 p.
Yves Sintomer (dir.), Actualité de l'humanisme civique, Presses de Sciences Po, 2009, 167 p.
Yves Sintomer, Mathieu Commet, Les conseils communaux au Venezuela: vision et pratique de la démocratie participative sous la Révolution bolivarienne, 2008, 145 p.
Yves Sintomer, Carsten Herzberg, Anja Röcke, Les budgets participatifs en Europe , 2008
Vingt ans après la chute du mur de Berlin, la dynamique européenne est menacée par les replis nationaux et la démocratie représentative n’est plus susceptible de faire face à elle seule aux défis nouveaux, ni apte à mobiliser les énergies et la confiance des citoyens. Inventé à Porto Alegre, au Brésil, le budget participatif, qui consiste à associer des citoyens non élus à l’allocation des finances publiques, s’est répandu très rapidement dans le reste du monde. Il est désormais préconisé aussi bien par le mouvement altermondialiste que par la Banque mondiale et des partis de tout bord. S’agit-il d’une mode passagère ou d’un mouvement de fond amené à bouleverser les pratiques administratives et politiques ?
Cet ouvrage constitue la synthèse de la première recherche comparative menée à partir de la centaine de budgets participatifs existant en Europe. La première partie explique l’émergence des budgets participatifs et prend la mesure de leur diversité. La deuxième analyse dans le détail une vingtaine d’expériences, soulignant particularités et traits communs. La troisième partie s’interroge de façon transversale sur les effets, les dynamiques et les enjeux de ces démarches. Elle analyse comment les différents modèles de participation s’articulent aux mutations à l’œuvre dans le domaine social, dans l’action publique et dans le système politique.
Pour que les services publics puissent s’affirmer face aux logiques marchandes, ils doivent se mettre véritablement au service du public. C’est pourquoi le couplage de la modernisation et de la participation représente un enjeu crucial.Sommaire : Pages de début (p. 1-10)| Introduction (p. 11-22)| Présentation (p. 23-26)| 1. « Tout a commencé à Porto Alegre… » (p. 27-45)| 2. Une convergence européenne ? (p. 46-69)| 3. Des procédures diversifiées (p. 70-95)| Présentation (p. 97-101)| 1. « La démocratie de proximité est dans l’air du temps » (le cas français) (p. 103-138)| 2. La proximité : le tremplin ou le piège (Belgique, Portugal, Pays-Bas) (p. 139-153)| 3. Porto Alegre en Europe ? (Espagne, Italie) (p. 154-174)| 4. Une modernisation participative (Allemagne, Finlande) (p. 175-191)| 5. Entre Community Development et Public Private Partnership (Grande-Bretagne, Pologne) (p. 192-211)| Présentation (p. 213-216)| 1. Six modèles participatifs (p. 217-240)| 2. Des services publics au service du public ? (p. 241-267)| 3. Un instrument de justice sociale ? (p. 268-281)| 4. Démocratiser la démocratie ? (p. 282-301)| Conclusion. Une utopie réaliste (p. 303-311)| Bibliographie (p. 331-348)| Pages de fin (p. 313-354).
Yves Sintomer, Le pouvoir au peuple: jurys citoyens, tirage au sort et démocratie participative, la Découverte, 2007, Cahiers libres, 176 p.
Yves Sintomer, Florence Brisset-Foucault, Marc Saint-Upéry, Alain Lipietz, Amérique latine , 5e éd., Mouvements, 2006, 47-48, 512 p.
Yves Sintomer, Hans-Peter Müller, Pierre Bourdieu, théorie et pratique, 2006
Pierre Bourdieu a profondément influencé le champ académique et politique tout en servant de référence à de nouvelles générations de militants et de chercheurs : son œuvre constitue un apport incontournable dans les sciences sociales et son action dans l’espace public lui a permis d’incarner une nouvelle figure de l’intellectuel. Loin des anathèmes et des hommages pieux, cet ouvrage aborde l’œuvre du sociologue dans une perspective critique : parce que sa pensée a toujours été en évolution, ce serait la trahir que de la figer, dans le respect ou dans le rejet. Les contributions rassemblées dans ce volume visent à analyser les apports de cette œuvre et les tensions qui la caractérisent. Elles ont été rassemblées dans une optique résolument interdisciplinaire et sont l’œuvre de sociologues, de philosophes et d’historiens. Le croisement des regards français et allemand permet bien davantage qu’une histoire de la ré-ception de Pierre Bourdieu des deux côtés du Rhin. Le champ académique et l’espace public sont différemment structurés en France et en Allemagne et si ce décalage peut être source de méconnaissance, il a aussi permis des inspirations originales. En organisant le dialogue, le présent recueil entend renouveler la lecture d’un auteur déjà largement commenté. Sommaire : Pages de début (p. 2-8)| Note éditoriale (p. 9-10)| Introduction (p. 11-19)| 1. Les racines allemandes de la théorie de Bourdieu (p. 23-46)| 2. Action et structure. La praxéologie de Pierre Bourdieu (p. 47-62)| 3. Sens pratique et langage (p. 63-83)| 4. Sur la violence symbolique (p. 84-100)| 5. Une société mondiale. Les concepts de société opératoires dans les théories sociales de Bourdieu et Luhmann (p. 101-124)| 6. La société moderne et ses classes : l'espace social chez Bourdieu (p. 127-145)| 7. La discipline historique et Bourdieu (p. 146-154)| 8. Contre le structuralisme, le pansymbolisme et la pansémiologie : Pierre Bourdieu et l'histoire (p. 155-164)| 9. L'éducation, un nouvel objet scientifique, un nouveau champ de lutte De l'héritier à l'exclu de l'intérieur (p. 165-174)| 10. Propos d'historienne sur La Domination masculine (p. 175-189)| 11. Les élites et le champ du pouvoir (p. 190-204)| 12. La critique intellectuelle entre corporatisme de l'universel et espace public (p. 207-222)| 13. Pierre Bourdieu : le savant et le politique (p. 223-246)| Bibliographie (p. 247-266)| Pages de fin (p. 267-271).
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué, Henri Rey, La démocratie participative urbaine face au néo-libéralisme, 3e éd., Mouvements, 2005, 39-40, 121131 p.
Yves Sintomer, Le pari historique de la construction européenne, 2e éd., Mouvements, 2005, 38, 120122 p.
Yves Sintomer, Marion Gret, Porto Alegre: l'espoir d'une autre démocratie, Éditions la Découverte, 2005, Sur le vif, 136 p.
Yves Sintomer, Marion Gret, Stephen Wright, The Porto Alegre experiment: learning lessons for better democracy, Zed Books, 2005, 141 p.
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué, Henri Rey, Gestion de proximité et démocratie participative , 2005
Les discours sur la « démocratie de proximité » ou la « démocratie participative » ont le vent en poupe. Dans un contexte de remise en question du rôle de l’État, la participation des habitants constituerait un facteur favorisant à la fois une nouvelle légitimité politique et une modernisation de la gestion publique locale. C’est ainsi que se développent depuis plusieurs années des dispositifs qui entendent améliorer la gestion de proximité en s’appuyant sur la participation citoyenne. Ces expériences appellent des réflexions plus théoriques sur la démocratie et les politiques publiques. Dans quelle mesure une activité citoyenne peut-elle se conjuguer avec une réforme de la gestion urbaine ? Quelles sont les conditions d’une véritable démocratie participative ? Comment l’institutionnalisation de la participation s’articule-t-elle aux tendances plus globales d’évolution des sociétés contemporaines ? Cet ouvrage collectif s’efforce de répondre à ces questions en donnant une vision d’ensemble des dispositifs adoptés et des politiques menées, dans une perspective comparative internationale. Des conseils de quartier français aux jurys citoyens en Allemagne et en Espagne, de l’usage du référendum en Suisse aux empowerment zones en Amérique du Nord, en passant par les budgets participatifs d’Amérique latine et les politiques participatives de gestion de l’eau en Afrique australe, les différentes contributions analysent les modalités des transformations de l’action publique locale et, par là, des institutions et pratiques de la démocratie. Sommaire : Pages de début (p. 1-8)| Introduction. La démocratie participative, un nouveau paradigme de l'action publique ? (p. 9-46)| 1. Le contre-pouvoir dans la démocratie participative et délibérative (p. 49-80)| 2. Dispositifs participatifs dans les quartiers populaires, héritage des mouvements sociaux ou néolibéralisme ? Empowerment zones aux États-Unis et politique de la ville en France (p. 81-99)| 3. Revitalisation urbaine et participation communautaire. Les leçons de l'expérience britannique (p. 101-115)| 4. L'idée de démocratie participative : enjeux, impensés et questions récurrentes (p. 119-137)| 5. Les jurys citoyens berlinois et le tirage au sort : un nouveau modèle de démocratie participative ? (p. 139-160)| 6. Les jurys citoyens en Espagne : vers un nouveau modèle de démocratie locale ? (p. 161-178)| 7. La démocratie participative dans le processus politique local : le cas de la ville d'Utrecht (Pays-Bas) (p. 179-195)| 8. À propos de la démocratie directe. L'expérience helvétique (p. 197-216)| 9. Participation électorale et démocratie participative (p. 217-227)| 10. Nouvelles sphères publiques au Brésil : démocratie locale et délibération politique (p. 231-251)| 11. Dispositifs délibératifs pour le développement local en Équateur : le cas des municipalités indigènes (p. 253-270)| 12. La participation au service du néolibéralisme ? Les usagers dans les services d'eau en Afrique subsaharienne (p. 271-291)| Conclusion. La démocratie participative, modèles et enjeux (p. 293-307)| Pages de fin (p. 309).
Yves Sintomer, Véronique Giraud, Irène Jami, There Is No Hierarchy of Domination or Struggle, 5e éd., Mouvements, 2004, o 35, 119131 p.
Yves Sintomer, Alma Lévy, Lila Lévy, Véronique Giraud, Des filles comme les autres: au-delà du foulard, La découverte, 2004, Cahiers libres, 195 p.
Yves Sintomer, Arnaud Lechevalier, Anne-Sophie Perriaux, Histoire(s) de Mouvements , 5e éd., Mouvements, 2003, 30, 139149 p.
Yves Sintomer, Emmanuel Renault, Où en est la théorie critique ?, 2003
Au début des années trente, des auteurs comme Horkheimer, Marcuse, Adorno et Benjamin formèrent le projet d’une théorie critique qui fut nommé par la suite École de Francfort. Ce projet consistait initialement à articuler une philosophie sociale inspirée par le marxisme et les différentes sciences sociales. Dans les décennies qui suivirent, il conduisit à l’élaboration d’une sociologie critique et d’une psychologie sociale de la domination, puis il s’étendit à la théorie de l’art, à la critique de la culture et de la modernité. Où en est la théorie critique ? Quel rapport entretient-elle avec son projet initial ? Dans quelles voies est-elle actuellement engagée ? À quels objets peut-elle encore être appliquée ? Quels enseignements la philosophie politique et les sciences sociales contemporaines peuvent-elles en tirer ? Cet ouvrage tente de répondre à ces questions en réunissant deux types de contribution : plusieurs articles écrits par des représentants actuels de la théorie critique (J. Habermas, A. Honneth, N. Fraser, S. Benhabib), et une série de textes qui reflètent la réception récente de l’École de Francfort en France. Ces différentes contributions dressent un panorama des orientations actuelles de la théorie critique et des différents débats auxquels elle est confrontée. Elles appellent ainsi un programme de recherche interdisciplinaire fécond, un projet théorique et politique à poursuivre ou à renouveler.
Sommaire : Pages de début (p. 1-6)| Introduction (p. 7-30)| 1. L'aporie de la théorie critique. Les stratégies de renouvellement du noyau théorique (p. 33-58)| 2. La critique comme mise à jour. La Dialectique de la raison et les controverses actuelles sur la critique sociale (p. 59-73)| 3. Renverser la dialectique de la raison : le réenchantement du monde (p. 75-92)| 4. Trente ans plus tard : remarques sur Connaissance et intérêt (p. 93-100)| 5. Repenser l'espace public : une contribution à la critique de la démocratie réellement existante (p. 103-134)| 6. Quel est le sens de « l'autonomie du droit » ? À propos du débat Habermas/Luhmann (p. 135-152)| 7. Les renversements du concept de compromis. Des ambiguïtés de l'intérêt particulier dans la théorie de Jürgen Habermas (p. 153-166)| 8. Axel Honneth et le retour aux sources de la théorie critique : la reconnaissance comme « autre de la justice » (p. 169-184)| 9. Mésentente et lutte pour la reconnaissance : Honneth face à Rancière (p. 185-199)| 10. Lutter pour la reconnaissance et/ou témoigner du différend : le mépris, entre tort et reconnaissance (p. 201-216)| 11. Éthique de la discussion et réconciliation avec la nature (p. 219-233)| 12. La théorie critique à la lumière de l'éthique de l'environnement (p. 235-249)| 13. Entre libéralisme et communautarisme : une troisième voie ? (p. 251-268)| 14. De la fonction critique de l'art aujourd'hui (p. 269-277)| Liste des auteurs (p. 279-280)| Pages de fin (p. 281-288).
Yves Sintomer, Marion Gret, Porto Alegre: l'espoir d'une autre démocratie, La Découverte, 2002, Sur le vif, 134 p.
Yves Sintomer, Loïc Blondiaux (dir.), Démocratie et délibération, Hermès Science publications, 2002, 237 p.
Yves Sintomer, Véronique Giraud, Le Nicaragua, de la révolution à la mondialisation. , 5e éd., Mouvements, 2001, 18, 119130 p.
Yves Sintomer, Mixité sociale et lutte pour l'égalité, 3e éd., Mouvements, 2001, 15-16, 218220 p.
Yves Sintomer, Jean-Paul Gaudillière, De l'opposition en ex-RDA aux engagements de la société civile d'aujourd'hui , 2e éd., Mouvements, 2001, 14, 127134 p.
Yves Sintomer, Italie , 1e éd., Mouvements, 2001, 13, 132133 p.
Yves Sintomer, Christophe Bonneuil, Paris , 1e éd., Mouvements, 2001, 13, 5158 p.
Yves Sintomer, Philippe Corcuff (dir.), Crise de la politique et nouveaux militants, La Découverte, 1999, Mouvements (Sociétés, politique, culture), 191 p.
Yves Sintomer, La démocratie impossible ? , 1999
Dans les sociétés modernes, rationalité et démocratie seraient-elles incompatibles ? C'est ce que soutient le grand théoricien de la modernité, Max Weber. Pour le fondateur de la sociologie allemande, le peuple ne peut que subir la domination des élites. Tout au plus les citoyens peuvent-ils désigner les individus d'exception qui seront des chefs véritables. L'approche élitiste de Weber constitue ainsi un formidable défi pour tous ceux qui sont attachés à la perspective démocratique. Dans ce livre ambitieux, Yves Sintomer entend montrer que la théorie de Jürgen Habermas peut constituer un point d'appui pour répondre à ce défi : les citoyens des sociétés modernes sont capables de produire un ordre démocratique stable à travers leurs discussions sur l'espace public. Habermas s'efforce de redonner toute sa place à l'idée d'une solidarité et d'une démocratie venues d'en bas, que l'argent ou le pouvoir bureaucratique ne sauraient remplacer sans provoquer une crise du lien social. Sa notion d'État de droit démocratique et social dépasse libéralisme et républicanisme et démontre que droits de l'homme et souveraineté populaire s'impliquent mutuellement. En mettant l'accent sur les procédures qui structurent la discussion publique, Habermas fait de la démocratie un idéal, partiellement incarné aujourd'hui, qui constitue la ligne d'horizon de la modernité. Habermas apporte-t-il une réponse convaincante au défi wébérien ? Son approche est-elle suffisamment réaliste, en particulier face à la question des inégalités sociales, politiques et culturelles ? À la lumière d'une analyse critique de l'œuvre des deux théoriciens, Yves Sintomer s'efforce d'éclairer les controverses actuelles sur la crise de l'État social et de l'État-nation, le multiculturalisme, la parité, le droit à l'avortement ou la désobéissance civile.
Sommaire : Pages de début (p. 1-5)| Présentation (p. 6)| Sigles utilisés (p. 7)| Introduction générale : la question démocratique (p. 9-16)| Introduction : élire des chefs (p. 18-24)| 1. La politique comme entreprise de domination (p. 25-55)| 2. Le règne de la bureaucratie (p. 56-82)| 3. Quelle démocratie ? (p. 83-111)| 4. Rationalité politique et raison d'État (p. 112-130)| Conclusion : « Abandonner tout espoir ? » (p. 131-133)| Introduction : une autre modernité (p. 136-139)| 1. Agir communicationnel et dynamique démocratique (p. 140-192)| 2. La colonisation de la démocratie (p. 193-249)| 3. L'État de droit démocratique (p. 250-314)| 4. Légitimité démocratique, pouvoir et domination (p. 315-364)| Conclusion. Penser avec Habermas contre Habermas (p. 365-370)| Conclusion générale. Le pouvoir du peuple (p. 371-396)| Bibliographie (p. 397-400)| Pages de fin (p. 401-408).
Yves Sintomer (dir.), Solitude de Machiavel: et autres textes, Presses universitaires de France, 1998, Actuel Marx confrontation, 324 p.
Yves Sintomer, Jean-Pierre Dacheux, La démocratie représentative en questions: l'exemple communal Éragny-sur-Oise (Val d'Oise), 1998, 115 p.
Yves Sintomer, Didier Le Saout (dir.), Les démocraties modernes à l'épreuve, l'Harmattan, 1997, Logiques sociales, 350 p.
Yves Sintomer, Hugo Moreno (dir.), Coyoacán, Éd. Syllepse
Yves Sintomer, Anne de Mathan, Laurent Brassart, « Souveraineté populaire et représentation au temps de la Révolution française (1789-1800) », Annales historiques de la Révolution française, Annales historiques de la Révolution française, 2025, n°419, pp. 3-24
Yves Sintomer, « Comptes rendus. Paulin Ismard et Arnaud Macé, La cité et le nombre. Clisthène d’Athènes, l’arithmétique et l’avènement de la démocratie, Paris, Les Belles Lettres, 2024, 206 p. », Annales. Histoire, Sciences Sociales, Annales. Histoire, Sciences Sociales, 2025, n°80e aée, pp. 508-512
Yves Sintomer, « La politique des profondeurs : Quelques leçons des subaltern studies », Raisons politiques, Raisons politiques, 2025, n°98, pp. 35-60
Yves Sintomer, Maxime Mellina, « Tirage au sort et politique en Suisse : Genèse d’une disparition (1795-1836) », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2025, n°74, pp. 227-255
Yves Sintomer, « De la république : la méthode, le mot et le concept vus du XXIe siècle », Astérion, École Normale Supérieure de Lyon, 2023
Yves Sintomer, « Pour retrouver une confiance dans le politique, il faut changer radicalement les choses », France Forum, France Forum, 2023, n°413, pp. 27-29
Yves Sintomer, Nabila Abbas, « Three contemporary imaginaries of sortition : Deliberative, Antipolitical, and Radically democratic. », Common Knowledge, Duke University Press, 2022
Yves Sintomer, « Pour une théorie politique plurielle et cosmopolite. », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2022
Yves Sintomer, « Stasavage (David) – The Decline and Rise of Democracy. A Global History from Antiquity to Today. – Princeton/Oxford, Oxford University Press, 2020. 424 p. Bibliogr. Illustrations. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2022, n°71, p. -
Yves Sintomer, Sarah-Louise Raillard, « Towards a plural and cosmopolitan political theory », Raisons politiques, Raisons politiques, 2022, n°o 84, pp. 141-147
Yves Sintomer, « Towards a plural and cosmopolitan political theory », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2021
Yves Sintomer, Nabila Abbas, « Les trois imaginaires contemporains du tirage au sort en politique : démocratie délibérative, démocratie antipolitique ou démocratie radicale ? », Raisons politiques, Raisons politiques, 2021, n°82, pp. 33-54
RésuméEn France et au-delà, le tirage au sort est au centre d’importants débats sur la démocratisation des institutions politiques. Des acteurs souvent opposés l’érigent en moyen privilégié de répondre à la crise de la représentation politique. Comment faire sens d’un consensus réunissant des personnalités et courants disparates ? Les deux dernières décennies ont vu se modifier profondément le champ d’expérience et l’horizon d’attentes des citoyens du Nord global. Nous avons reconstruit de façon idéal-typique trois imaginaires contrastés qui proposent de développer les mini-publics tirés au sort : la démocratie délibérative, la démocratie antipolitique et la démocratie radicale. L’article analyse chacun d’eux, exposant les parallèles et les contrastes qui les unissent ou les séparent, contribuant ainsi à expliquer l’étonnante convergence de nombreux acteurs autour de la sortition.
Yves Sintomer, « Comment mieux prendre en compte la volonté des citoyens ? », Cahiers français, Cahiers français, 2021, n°420-421, pp. 26-34
Yves Sintomer, Virginie Dutoya, « Defining Women’s Representation: Debates around Gender Quotas in India and France », Politics and Governance, Cogitatio, 2019, n°3, p. 124
Yves Sintomer, Marc Saint-Upéry, « De la démocratie délibérative à la démocratie radicale ? Tirage au sort et politique au XXIe siècle », Participations, Participations, 2019, n°23, pp. 33-59
Cet article soutient quatre thèses principales. La première est que ces dernières décennies, deux vagues d’innovations démocratiques basées sur le tirage au sort doivent être distinguées, s’appuyant sur des dispositifs concrets partiellement différents, incarnant des dynamiques sociales variées et dotés d’horizons démocratiques distincts. Le second argument est que la logique de la première vague d’innovations démocratiques reposant sur des mini-publics choisis au hasard se distingue notablement de la dynamique du tirage au sort politique à Athènes, car elle tend vers une dynamique de démocratie délibérative plutôt qu’une dynamique de démocratie radicale. À l’inverse, les processus de tirage au sort qui ont émergé durant la deuxième vague sont plus proches de l’esprit des traditions démocratiques radicales athéniennes. Le troisième argument est normatif : ces processus de sélection aléatoire avec pouvoir décisionnel sont plus prometteurs d’une véritable démocratisation de la démocratie. Enfin, le dernier argument soutient que tout projet de législatif tiré au sort doit s’inspirer de ces considérations au moment de défendre une perspective normativement convaincante et politiquement réaliste.
Yves Sintomer, Dimitri Courant, « Le tirage au sort au XXIe siècle. Actualité de l’expérimentation démocratique », Participations, Participations, 2019, n°23, pp. 5-32
Alors que la crise du gouvernement représentatif s’intensifie, le tirage au sort est plus que jamais sur le devant de la scène. Après une ère de mini-publics délibératifs n’ayant pas réussi à susciter de changement politique systémique, une seconde vague d’expérimentations démocratiques émerge. Ces dispositifs, davantage empowered et institutionnalisés, s’hybrident avec des formes de démocratie participative, représentative et directe. Mais ils dessinent des dynamiques contrastées pour le futur, entre une radicalisation de la démocratie et une légitimation du gouvernement représentatif.
Yves Sintomer, « L’enfant tirant au sort : la formule de pathos du hasard en politique ? », Participations, Participations, 2019, n°Hors Série, pp. 475-511
Cet article a recours au concept de « formule de pathos », tel que défini par Aby Warburg (une tension entre une forme et une substance émotionnelle) pour souligner certains points communs entre des pratiques très diverses de sélection aléatoire. L’enfant tirant les sorts peut être considéré comme une « formule de pathos » que l’on retrouve dans quatre ensembles majeurs de pratiques : des formes populaires païennes de divination, leur christianisation dans les « sorts bibliques » et l’élection du pope de l’Église copte, le tirage au sort politique (essentiellement du xiiie au début du xixe siècle), et enfin, les jeux de hasard. L’identification de cette formule de pathos rend possible la découverte d’une série de transferts entre ces différentes pratiques, où le tirage au sort politique a joué un rôle particulièrement notable. Cette formule de pathos nous dit également quelque chose de plus général : même si le tirage au sort a soutenu des logiques très différentes au cours de l’histoire, la logique de l’impartialité, telle qu’elle se révèle dans la figure de l’enfant tirant au sort, semble le trait le plus transversal et se retrouve dans presque tous les exemples empiriques de sélection aléatoire en politique.
Yves Sintomer, Liliane López-Rabatel, « Remerciements », Participations, Participations, 2019, n°Hors Série, pp. 7-7
Yves Sintomer, Liliane López-Rabatel, « Introduction. L’histoire du tirage au sort en politique : instruments, pratiques, théories », Participations, Participations, 2019, n°Hors Série, pp. 9-34
L’intérêt pour le tirage au sort dans la sphère académique s’est développé parallèlement dans la science politique et dans les sciences historiques. L’introduction de ce numéro hors-série de Participations en retrace la généalogie et tire les leçons d’une rencontre entre ces deux champs. Se concentrant sur le tirage au sort en politique, elle analyse la constitution progressive d’un ensemble de pratiques spécifiques, relevant du « sort distributif » (Thomas d’Aquin) et distincts du sort divinatoire. Trois résultats sont soulignés : le fait que le tirage au sort ait été utilisé de façon intensive dans l’histoire politique, y compris au-delà des républiques et démocraties occidentales ; l’importance des instruments utilisés pour la sélection aléatoire ; et le fait que la procédure puisse, en fonction des contextes, servir à des logiques sociopolitiques très contrastées. L’actualité proprement politique du tirage au sort est enfin interrogée.
Yves Sintomer, « Defining women’s representation : Debates around gender quotas in India and France », Politics and gouvernance, , 2019
Yves Sintomer, « Deliberative Polls and the Systemic Democratization of Democracy. », The Good Society, , 2018
Yves Sintomer, « From deliberative to radical democracy ? Sortition and politics in the twenty-first century. », Politics and Society, SAGE Publications (UK and US), 2018
Yves Sintomer, « Le populisme de Podemos. », Mouvements : des idées et des luttes, La découverte, 2018
Yves Sintomer, Ernesto Ganuza, Héloïse Nez, Irène Jami, « Oui, on peut concilier démocratie radicale et gestion efficace », Mouvements : des idées et des luttes, La découverte, 2018
Yves Sintomer, « La représentation-incarnation : idéaltype et configurations historiques », Raisons politiques, Raisons politiques, 2018, n°72, pp. 21-52
RésuméCet article vise à comprendre des expressions telles que « We the people », « Wir sind das Volk », « l’État c’est moi », « We are the 99 % », « Nous sommes la nature ». La généalogie des prétentions à une représentation qui passe par l’incarnation de la communauté politique dans une personne ou un groupe remonte en Occident au Moyen Âge, voire aux débuts de la chrétienté. Cinq configurations historiques sont tour à tour analysées : la représentation de type trustee de la théorie politique de langue anglaise, la repraesentatio identitatis médiévale, la Repräsentation de la théorie politique allemande, la représentation populiste et la représentation libertaire. Dans une optique wébérienne, l’objectif global est de construire à partir d’elles un idéaltype de la représentation-incarnation. Celle-ci consiste en un rapport dans lequel une personne (ou un groupe) s’exprime et le cas échéant prend des décisions contraignantes au nom d’une entité représentée à laquelle elle s’identifie. Contrairement à la représentation-mandat, la représentation-incarnation ne repose pas sur une volonté explicite et un mandat donné par l’entité représentée.
Yves Sintomer, Samuel Hayat, Corinne Péneau, « La représentation-incarnation », Raisons politiques, Raisons politiques, 2018, n°72, pp. 5-19
Yves Sintomer, Jean Merckaert, « Pas de politique sans passion », Revue Projet, Revue Projet, 2017, n°357, pp. 15-21
Yves Sintomer, « L’ère de la postdémocratie ? : Démocratiser la démocratie ou céder aux tentations autoritaires », Revue du Crieur, Revue du Crieur, 2016, n°4, pp. 20-35
Yves Sintomer, « Les futurs de la démocratie au xxie siècle », Raison publique, Raison publique, 2016, n°20, pp. 175-191
Yves Sintomer, Giovanni Allegretti, Carsten Herzberg, Anja Röcke, « Transnational Models of Citizen Participation : The Case of Participatory Budgeting », World and China Affairs, , 2016, n°2
Yves Sintomer, Carlo Invernizzi Accetti, Alessandro Mulieri, Hubertus Buchstein, Dario Castiglione, « Debating representative democracy », Contemporary Political Theory, Palgrave Macmillan, 2015, n°2
Yves Sintomer, Joël Roman, Jonathan Chalier, Marc-Olivier Padis, « Les fractures de la gauche de 1995 à 2015 », Esprit, Esprit, 2015, n°Décembre, pp. 77-91
Faire retour sur les grèves de 1995 à l’occasion de la réforme de la Sécurité sociale, sur le débat de 2005 autour de la Constitution européenne et sur les révoltes des banlieues de 2005 permet d’analyser les divisions de la gauche en France et son incapacité à s’opposer à la droitisation de la société.
Yves Sintomer, Jérémie Gauthier, « Les types purs de la domination légitime dans l’œuvre de Max Weber : le sens d’une trilogie », Sociologie, Presses universitaires de France (PUF) , 2014, n°3
Yves Sintomer, Paula Diehl, Samuel Hayat, « Introduction au dossier La représentation politique / Die politische Repräsentation », Trivium, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2014
Yves Sintomer, Jean Boutier, Sarah-Louise Raillard, « The Republic of Florence (from the twelfth to the sixteenth centuries) : Historical and Political Issues », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°64, pp. 1055-1081
European communes of the Middle Ages and the Renaissance reinvented the political, understood here as a public debate on the polity, with electoral and deliberative procedures that enabled citizens to participate in institutional politics. The Commune of Florence occupied a central position within this evolution, but this important period of western history tends to be neglected by French-speaking researchers, and especially by political scientists. This special issue of the Revue française de science politique on the political history of Florence focuses on electoral and decision-making procedures. In this introduction we highlight some of the most important issues which this period raises for political research; issues whose influence extends far beyond specialist research on Florentine history.
Yves Sintomer, Piero Gualtieri, Eunice Pelini, « Institutional Practices of the Florentine Republic : From the Regime del Popolo to the Electoral Reform 1282-1328 », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°64, pp. 1109-1121
The reform of 1328, which modified the procedures for election to the highest functions of the city’s executive, represents a significant moment in Florentine political-institutional history. This article first provides an overview of the institutional functioning of the city-state and then goes on to trace the evolution of electoral practices after the introduction of the priorate (1282). In a relatively short period, this body established itself as the hub of the city’s government. Analysis of such an evolution helps us understand how this reform, though opening a new chapter in Florentine politics, was in fact a new way of piecing together already existing elements in the local institutional tradition. It thus completed a long process of political experimentation, visible in a series of clearly identified moments.
Yves Sintomer, Hagen Keller, Didier Renault, « Formes électorales et conception de la communauté dans les communes italiennes (12e-14e siècle) », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°64, pp. 1083-1107
L’article livre une synthèse de l’évolution des formes électorales et de la conception de la communauté dans les communes italiennes du 12e au 14e siècle. Celles-ci firent preuve d’une étonnante inventivité politique. Elles multiplièrent les « votes de compromis » à plusieurs échelons, furent avec l’Église l’un des foyers de l’introduction du vote majoritaire et, à partir du 13e siècle, eurent massivement recours au tirage au sort. Dans cette dynamique s’entrecroisaient des conflits sociaux, des débats procéduraux et une conception normative qui pensait les modes de scrutin en fonction de l’objectif de désignation des candidats les plus impartiaux, les plus justes et les plus utiles pour l’harmonie communale – une logique fort différente des élections dans les démocraties modernes.
Yves Sintomer, Jérémie Gauthier, « Les types purs de la domination légitime : forces et limites d'une trilogie », Sociologie, Sociologie, 2014, n°5, pp. 319-333
L’édition critique allemande de l’œuvre de Weber et les traductions françaises récentes de certains de ses textes fondamentaux offrent l’occasion d’un nouvel éclairage sur les types purs de la domination légitime. Cet article revient sur la genèse des trois idéaux‑types et s’interroge ensuite sur la question de la trilogie. Il montre que d’autres choix étaient en théorie possibles, insistant notamment sur la domination féodale ou sur la légitimation de la domination par les produits qu’elle offre aux dominés, ce qui permet en retour de mieux saisir la spécificité de la conceptualisation wébérienne. L’idée évoquée et vite abandonnée par Weber d’un quatrième mode, démocratique, de domination légitime, est symptomatique de la difficulté du sociologue à conceptualiser et à analyser concrètement la démocratie ou les résistances des subalternes. Ces réflexions incitent à penser un idéal‑type pur de la démocratie ou de la démocratisation, qui devrait être mobilisé aux côtés des modes purs de la domination légitime pour penser les dynamiques sociopolitiques empiriques.
Yves Sintomer, Jean Boutier, « La République de Florence (12e-16e siècle): Enjeux historiques et politiques », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2014, n°6
Yves Sintomer, Paula Diehl, Samuel Hayat, « La représentation politique, dossier de la revue Trivium », Trivium, Editions de la Maison des sciences de l'homme, 2014
Yves Sintomer, Jean Boutier, « Florence (1200-1530) : la réinvention de la politique, dossier de la Revue française de science politique [dossier thématique] », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2014, n°6
Yves Sintomer, « The Meanings of Political Representation: Uses and Misuses of a Notion », Raisons politiques, Raisons politiques, 2013, n°o 50, pp. 13-34
Contre la tentation de proposer une définition de l’essence de la représentation, il s’agit de dégager différentes notions en partant des mots utilises par les acteurs et en les soumettant a un processus d’abstraction. La prise de distance avec la trompeuse familiarité du mot, appuyée sur les travaux historiens, vise en retour a donner des instruments pour penser les transformations du présent au-delà de la représentation-mandat. Quatre couples conceptuels sont ainsi proposes : représentation symbolique vs. représentation juridico-politique, présentification d’un absent vs. exhibition d’une présence, représentation mandat vs. représentation-incarnation, et représentation-distinction vs. représentation descriptive. Ils renvoient a des logiques idéal-typiques qu’il convient de distinguer analytiquement, même si elles peuvent et doivent être articulées pour comprendre les événements ou les dispositifs concrets.
Yves Sintomer, Samuel Hayat, « Repenser la représentation politique », Raisons politiques, Raisons politiques, 2013, n°50, pp. 5-11
Yves Sintomer, Hasso Hofmann, Gaëtan Pégny, « Le concept de représentation : un problème allemand ? », Raisons politiques, Raisons politiques, 2013, n°50, pp. 79-96
RésuméLa signification de la catégorie de représentation politique est fortement controversée. En particulier, là où les théoriciens anglo-saxons la lient intrinsèquement à l’élection, une certaine tradition allemande, séculaire mais dont la période de Weimar a sans doute représenté l’apogée, oppose la simple représentation-mandat ( die Vertretung) et ce qui serait l’essence de la représentation politique ( die Repräsentation). Dans cette perspective, cette essence repose sur un rapport existentiel par lequel le représentant rend présent une réalité supérieure absente, comme le Peuple, sans être juridiquement lié aux électeurs empiriques. Le représentant incarne l’unité du groupe en offrant une représentation publique du tout à travers sa personne. Cette tradition allemande, illustrée notamment par Carl Schmitt, a indéniablement des dimensions réactionnaires. Cependant, elle permet aussi de voir certains éléments que ne perçoivent pas les traditions libérales, comme le lien entre représentation et domination ou la multiplicité des sens de la représentation. C’est cette multiplicité qu’une histoire conceptuelle de la représentation doit mettre à jour.
Yves Sintomer, Gerhard Göhler, Gaëtan Pégny, « La dimension affective de la démocratie : Réflexions sur la relation de la délibération et de la symbolicité », Raisons politiques, Raisons politiques, 2013, n°50, pp. 97-114
RésuméLes sentiments et les émotions n’ont semble-t-il rien à faire dans la délibération. Dans les conceptions de la démocratie délibérative inspirées par Habermas, seule compte la dimension cognitive de la rationalité. Ce rétrécissement est problématique. Si toute communauté et donc aussi toute forme de démocratie repose sur la représentation symbolique de ses valeurs (Eric Voegelin, Siegfried Landshut, Carl Schmitt), cette présence symbolique est toujours à la fois cognitive et affective, car les symboles sont toujours doublement connotés. Dans de telles conditions, perd-on la rationalité de la délibération ? Cette conclusion serait fâcheuse, mais elle ne semble pas obligatoire. Il s’agit bien plutôt de déterminer d’une nouvelle manière – plus réaliste – la délibération et sa rationalité, en prenant en compte sa symbolicité.
Yves Sintomer, « Émile Durkheim, entre républicanisme et démocratie délibérative », Sociologie, Sociologie, 2012, n°2, pp. 405-416
RésuméAlors qu’Émile Durkheim a peu écrit de textes sociologiques sur la démocratie, ses travaux semblent trouver une actualité tant du côté des théoriciens néorépublicains que chez les tenants de la démocratie délibérative. Cet article entend expliquer ce paradoxe en reconstruisant la conception durkheimienne de la démocratie politique. Celle?ci implique trois canaux de communication démocratique, à l’intérieur de l’État, entre l’État et la société civile et à l’intérieur de celle?ci. Seul le premier implique une délibération, au double sens que ce terme revêt en français (discussion et décision). Le caractère paternaliste de la vision durkheimienne se révèle notamment dans la thématisation des pathologies propres à la démocratie. Il se retrouve dans les inspirations républicaines contemporaines. Si Durkheim se rapproche des théories de la démocratie délibérative par une vision désubstantialisée de la démocratie et par la place accordée à la réflexion dans le lien politique, il s’en éloigne en ne construisant pas de concept d’espace public. Le détour par Durkheim permet cependant de mettre en lumière une partie des difficultés et des défis sociologiques auxquelles la démocratie délibérative est confrontée.
Yves Sintomer, « Délibération et participation : affinité élective ou concepts en tension ? », Participations, Participations, 2011, n°1, pp. 239-276
RésuméLes notions de délibération et de participation peuvent sembler complémentaires. Pourtant, elles sont en même temps dans un rapport de tension. Participation du grand public et délibération de qualité ont souvent été opposées. Comment rendre compte de ce paradoxe ? L’article étudie tout d’abord la façon dont les républiques antiques et modernes ont posé le rapport entre délibération et participation, en insistant plus particulièrement sur Durkheim, symbole d’un certain paternalisme républicain. Il retrace ensuite comment l’émergence d’une théorie de l’espace public chez Habermas puis dans les sciences humaines et sociales a constitué une rupture démocratique par rapport à cette tradition, l’enjeu étant cependant de forger une conception réaliste de l’espace public. La troisième partie explore les théories de la démocratie délibérative, marquées par une tension entre les approches centrées sur la délibération de mini-publics et celles qui placent la focale sur la participation du grand public. En conclusion sont explorées les relations entre les notions de délibération, de participation et de représentation.
Yves Sintomer, « Tirage au sort et politique : de l'autogouvernement républicain à la démocratie délibérative », Raisons politiques, Raisons politiques, 2011, n°42, pp. 159-186
RésuméQuelles étaient les fonctions de l'usage politique du tirage au sort dans la République de Florence, et quels liens entretenait-il avec la délibération ? Pourquoi cette procédure est-elle de nouveau utilisée depuis quelques décennies dans de nombreux dispositifs délibératifs ? L'invention de l'échantillon représentatif marque une rupture entre les usages anciens et modernes du tirage au sort. Celui-ci, tout en conservant sa fonction d'impartialité, soutient désormais une logique de démocratie délibérative centrée sur des mini-publics contrefactuels, et non plus une logique d'autogouvernement républicain où chaque citoyen est tour à tour gouvernant et gouverné. Cette comparaison historique permet de mieux comprendre les expériences actuelles de démocratie délibérative et certains des défis auxquels elles sont confrontées.
Yves Sintomer, Julien Talpin, « La démocratie délibérative face au défi du pouvoir », Raisons politiques, Raisons politiques, 2011, n°42, pp. 5-13
Yves Sintomer, « De Leonardo Bruni à Francesco Guicciardini : actualité de l'humanisme civique ? », Raisons politiques, Raisons politiques, 2010, n°36, pp. 5-23
RésuméL'enjeu du dossier est d'abord de combler un vide de la recherche francophone, qui ne s'était jusqu'ici que peu penchée sur Leonardo Bruni ou l'humanisme civique et qui continue de sous-estimer l'importance de Francesco Guicciardini. Les thèses séminales de Hans Baron ont pour une large part été infirmées, mais elles restent stimulantes : si les textes de Bruni sont loin de refléter la réalité de l'ordre politique florentin, ils n'en sont pas moins porteurs d'un idéal civique qui systématise et reformule le républicanisme. La réinvention de la politique qui avait commencé un siècle plus tôt dans la cité toscane put ainsi avoir un impact considérable sur le développement de la pensée politique moderne. L'examen des textes montre cependant qu'il existe plusieurs républicanismes, qui s'opposent notamment sur la question sociale et sur l'alternative autogouvernement vs. gouvernement représentatif.
Yves Sintomer, « Le débat sur le foulard islamique au miroir allemand », Villeneuve d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, Paris : Association pour la connaissance de l'Allemagne d'aujourd'hui et PERSÉE : CNRS & ENS de Lyon, 2010, pp. 78-91
Sintomer Yves. Le débat sur le foulard islamique au miroir allemand. In: Allemagne d'aujourd'hui, N°191, janvier-mars 2010. Débuts du nouveau gouvernement Merkel et politique étrangère de l'Allemagne / La mémoire de la RDA et sa représentation en images. pp. 78-91.
Yves Sintomer, Loïc Blondiaux, « L'impératif délibératif », Rue Descartes, Rue Descartes, 2009, n°63, pp. 28-38
Yves Sintomer, Loïc Blondiaux, « L'impératif délibératif », Rue Descartes, Presses Universitaires de France, 2009, pp. 28-38
Yves Sintomer, « Du savoir d'usage au métier de citoyen ? », Raisons politiques, Raisons politiques, 2008, n°31, pp. 115-133
RésuméDans les démarches participatives contemporaines, des expressions comme « savoir citoyen », « savoir ordinaire » ou « savoir d'usage » sont utilisées de façon inflationniste. L'article clarifie analytiquement ce que recouvrent ces expressions en étudiant successivement trois ensembles épistémiques mobilisables dans les dynamiques de participation : la raison ordinaire, l'expertise citoyenne et le savoir politique. Il interroge les enjeux politiques de cet appui revendiqué sur ces formes spécifiques de savoir, et contribue à renouveler l'opposition classique entre théories élitistes et théories « participationnistes » de la démocratie. Si la résorption du savoir des professionnels de la politique dans un savoir politique plus générique est improbable, l'appui sur les savoirs citoyens n'est-il pas susceptible de contribuer à redynamiser la politique dans son ensemble ?
Yves Sintomer, « Le paysage idéologique de la parité », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 2007, n°º 18, pp. 147-152
Yves Sintomer, Carsten Herzberg, « Les budgets participatifs allemands : une contribution à la modernisation de l'administration publique ? », Villeneuve d'Ascq : Presses universitaires du Septentrion, Paris : Association pour la connaissance de l'Allemagne d'aujourd'hui et PERSÉE : CNRS & ENS de Lyon, 2007, pp. 17-26
Herzberg Carsten, Sintomer Yves. Les budgets participatifs allemands : une contribution à la modernisation de l'administration publique ?. In: Allemagne d'aujourd'hui, N°181, juillet-septembre 2007. Usages du passé dans les nouveaux Bundesländer. pp. 17-26.
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué, Maurice Blanc, Pierre Hamel, « Éditorial », Espaces et sociétés, Espaces et sociétés, 2006, n°123, pp. 7-19
Yves Sintomer, « Philippe, écorché vif et passionné », Hommes & migrations, Paris : Hommes & migrations et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2005, p. 43
Sintomer Yves. Philippe, écorché vif et passionné. In: Hommes et Migrations, n°1257, Septembre-octobre 2005. Trajectoire d'un intellectuel engagé. Hommage à Philippe Dewitte. p. 43.
Yves Sintomer, Loïc Blondiaux, « L'impératif délibératif », Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2002, pp. 17-35
L'impératif délibératif
Loïc Blondiaux, Yves Sintomer
Un changement idéologique accompagne les transformations actuelles des pratiques politiques dans les démocraties contemporaines. Il passe par la valorisation de certaines notions : la discussion, le débat, la concertation, la consultation, la participation, le partenariat, la gouvernance. Deux phénomènes sont à l'œuvre. Dans la sphère de l'action politique se multiplient les dispositifs qui visent à intégrer une pluralité d'acteurs et à mettre la décision en débat. Dans la sphère académique la référence à la démocratie délibérative connaît aujourd'hui un succès croissant, en particulier dans le monde anglo-saxon. Existe-t-il un lien entre ces deux mouvements ? Assiste-t-on, avec la montée de cet impératif délibératif, à l'émergence d'un nouvel idéal de gouvernement ? Quelles sont les effets réels induits par la multiplication des dispositifs de participation et des procédures de délibération sur les acteurs, les mobilisations et les décisions collectives ? Cet article tente de répondre à ces différentes questions.
Yves Sintomer, « Droit à l’avortement, propriété de soi et droit à la vie privée », Les Temps Modernes, Les Temps Modernes, 2001, n°615-616, pp. 206-239
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué, « Gestion de proximité et démocratie participative », Centre de Recherche d'Urbanisme, Paris : Centre de Recherche d'Urbanisme et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2001, pp. 148-155
En France, la dynamique locale de la politique de la ville est poussée par l'Etat ; aux États-Unis, le mouvement communautaire crée ses propres institutions de lutte contre la pauvreté ; au Brésil, le budget participatif de la ville de Porto Alegre constitue une école de démocratie. Malgré la différence des contextes, des acteurs et des processus, ces expériences de démocratie participative défient l'idée de démocratie de proximité.
Yves Sintomer, Marie-Hélène Bacqué, « Affiliations et désaffiliations en banlieue. Réflexions à partir des exemples de Saint-Denis et d'Aubervilliers », Editions OPHRYS, Gap : Editions OPHRYS et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2001, pp. 217-249
La notion de désaffiliation mise en avant par Robert Castel est ici mise à l'épreuve d'un terrain spécifique, l'ancienne banlieue rouge. Mieux que celles d'exclusion ou de relégation, l'idée de désaffiliation permet d'y analyser l'impact de la précarisation de la société salariale. Cependant, du fait de son acception durkheimienne, cette notion sous-estime les contradictions auxquelles l'intégration sociale se heurte en permanence et met peu en lumière les contre-affiliations, importantes dans ces milieux populaires. La notion d'anomie qui lui semble logiquement liée rend mal compte des durs conflits de normes qui s'expriment dans les « incivilités ». Aujourd'hui, la désaffiliation politique et identitaire à la ville ouvrière renforce les effets de la désaffiliation à la société salariale. Les processus de réaffiliation, qui touchent d'un côté les couches moyennes du salariat, notamment à travers la démarche participative, de l'autre une sous-culture juvénile qui se reconnaît dans le rap, sont hétérogènes et inachevés et n'indiquent aucune ligne claire pour l'avenir.
Yves Sintomer, « On Pierre Bourdieu’s Masculine Domination », Travail, genre et sociétés, Travail, genre et sociétés, 1999, n°o 1, pp. 208-213
Yves Sintomer, « Compte-rendu de l'ouvrage de Pierre Bourdieu : La domination masculine », Actuel Marx, Actuel Marx, 1999, n°25, pp. 181-186
The aim of this review of Pierre Bourdieu' s latest book is to show that, apart from the instrinsic interest of the subject dealt with by the sociologist, "La domination masculine" can not be regarded as one of his major works. Through the systematic application of his theoretical framework to the object in question, Bourdieu fails to take into account the ongoing debate within this field of study. Furthermore, his analyses of the questioning of gender relations in contemporary societies are by no means convincing.
Yves Sintomer, « Aux limites du pouvoir démocratique : désobéissance civile et droit à la résistance », Actuel Marx, Actuel Marx, 1998, n°24, pp. 85-104
Habermas' conception of the democratic State of law are normatively stimulating, though they are more questionable in their historical and sociological perspectives. This paper presents briefly the way Habermas conceives institutionalization of communicative reason in representative democracies, and his justification of civil disobedience as a litmus test for the democratic constitutional State. A third part criticizes his sharp distinction between civil disobedience and resistance and his rejection of the later in contemporary societies. Concluding comments emphasize the paradigm that civil disobedience nevertheless represents for any contemporary form of resistance to oppression.
Yves Sintomer, « Sociologie de l'espace public et corporatisme de l'universel », Editions L'Harmattan, 5-7, rue de L'École-Polytechnique 75005 Paris : Editions L'Harmattan et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1998, pp. 7-19
Yves Sintomer, The Socioloy of Public Space and the Corporatism of the Universal
A sociological conception of the public sphere bas to rest on Habermas's tbeory in that it shows how ordinary citizens may develop apolitical reflexivity. This reflexivity is both cognitive and normative and has its own constraints. However, in order to be realistic, any sociological perspective bas to criticize Habermasian idealism and to understand that social structures and domination relationships are present in every interaction, including those that take place in the public sphere. The force of argumentation is not some anthropological transcendence but relies on contingent social and political devices. The question is whether theses devices can be understood with reference to the notion of the "corporatism of the universal", and whether any political définition of the universal implies the articulation of cognitive and normative dimensions.
Yves Sintomer, « Le corporatisme de l’universel et la cité », Actuel Marx, Actuel Marx, 1996, n°20, pp. 91-104
The interesting notion of universalist coporatism refers to the emergence of social structures whose logic constrains individuals to behave in favor of the universal. The scientific field is the paradigma of such a dynamic. Could politics also include it? Bourdieu tends to underestimate the collective reflexivity of citizens in the public sphere and he therefore cannot answer this question coherently enough.
Yves Sintomer, Claus Offe, Didier Le Saout, « Bien-être, Nation, République : Quelques aspects de la voie allemande du socialisme au capitalisme », Editions L'Harmattan, 5-7, rue de L'École-Polytechnique 75005 Paris : Editions L'Harmattan et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1995, pp. 107-120
Claus Offe, Wellbeing, Nation, Republic : Aspects of the "German Way" in the Transition from Socialism to Capitalism
Social integration can occur in three different functional modes : the politico-constitutional, the cultural-national and the economic. Eastern Germany has represented a relatively pure form of the third ideal type. Its disintegration is more the result of an historical accident provoked by largely external causes than that of a political decision to change (or of an exhausting of its mode of politico-economic development). Beyond short term political calculations, unification with West Germany must also be understood in terms of economic categories. However, economic integration is quite fragile. It is for this reason that East Germany required a repressive governing structure. And it is for this reason that political elites today have recourse to an instrumentalized nationalism that will create as many problems as it resolves.
Yves Sintomer, « Pouvoir et autorité chez Hannah Arendt », Editions L'Harmattan, 5-7, rue de L'École-Polytechnique 75005 Paris : Editions L'Harmattan et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1994, pp. 117-131
Yves Sintomer, Power and Authority in Arendt's Work
Hannah Arendt conceived of power as the ability to act in concert, rather than as power over other human beings. This fundamental human capability has to be combined with authority, which allows the stability of political order through unquestioning recognition instead of persuasion. However, the relation between these two notions is a problematic one. Since tradition has lost its motivational force in the modern world, what can support the supremacy of authority overpower, if both theology and natural law are rejected ? The notions of foundation or constitution are probably not sufficient to provide an acceptable basis for the idea of a republican political authority which transcends the power of the people.
Yves Sintomer, Hugo Moreno, « Coyoacán »,
Yves Sintomer, Loïc Blondiaux, « Textes à l'appui »,
Yves Sintomer, J. Habermas, L'intégration républicaine, Association des étudiants en science politique de Paris 1, Paris : Association des étudiants en science politique de Paris 1 et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1999, pp. 173-177
Sintomer Yves. J. Habermas, L'intégration républicaine. In: Politix, vol. 12, n°46, Deuxième trimestre 1999. La santé à l'économie, sous la direction de Patrick Hassenteufel. pp. 173-177.