Benjamin Boudou, Alexandre Gefen, Anne Simon, Olivier Le Bot, Romain Espinosa [et alii], Décrire le monde: les savoirs des sciences humaines et sociales, CNRS éditions, 2025, Biblis, 653 p.
"Philosophie, sociologie, anthropologie, études littéraires, linguistique, histoire, géographie, psychologie, musicologie, esthétique, histoire de l'art, économie, sciences politiques, droit, archéologie... : les disciplines couvertes par les sciences humaines et sociales sont vastes et variées. À toutes incombent d'analyser, comprendre, décrire le monde et la façon dont les hommes, les femmes et plus largement le vivant, l'ont habité, l'habitent et l'habiteront. Toutes partagent une réflexion sur un sujet rendu majeur par la crise environnementale, les bouleversements numériques, les inégalités sociales et les conflits : comment faire « monde commun », pour reprendre la formule de Hannah Arendt ? L'ouvrage propose une centaine de contributions portant sur des questions contemporaines et explorent la manière dont la recherche actuelle en sciences humaines et sociales y répond. Méthodes, hypothèses et théorisations, mesures et approches ethnographiques, analyse et exégèses constituent autant d'outils permettant aux lecteurs de penser, d'habiter, de réparer ou de transformer nos univers communs. Un ouvrage qui incarne une communauté de recherche dans toute sa diversité."
Benjamin Boudou, Aurélia Bardon (dir.), Théorie politique, Bruylant Lefebvre Group, 2025, Science politique, 880 p.
La théorie politique pose des questions conceptuelles et normatives. Elle élabore des critères pour juger de la cohérence de nos principes, de l’adéquation de nos institutions à nos valeurs, et du sens à donner aux idées politiques. Reconnaissant la diversité d’approches méthodologiques de la théorie politique, sous-discipline de la science politique qui emprunte aux sciences sociales, à la philosophie et au droit, ce traité réunit une trentaine de chercheurs internationaux qui abordent les grandes notions de la théorie contemporaine comme l’égalité, la délibération, la liberté, la légitimité, la guerre ou la solidarité. Il couvre ainsi un large ensemble de questions étudiées par la théorie politique organisées autour de quatre thématiques principales : les modalités de l’exercice du pouvoir, les critères d’une société juste, les principes d’un monde juste, et les enjeux relatifs à l’identité et la diversité. Cet ouvrage s’adresse à tous les étudiants, enseignants, chercheurs, professionnels et citoyens qui souhaitent comprendre les concepts fondamentaux de notre existence politique commune et les valeurs qui nous mobilisent face aux défis des démocraties contemporaines
Benjamin Boudou, Marcus Carlsen Häggrot (dir.), The politics of democratic representation: enfranchisement and participation revisited, Routledge, 2025, 145 p.
Benjamin Boudou, Alexandre Gefen, Marc Abélès, Violette Abergel, Evangelia Adamou [et alii], Un monde commun: les savoirs des sciences humaines et sociales, CNRS éditions, 2023, 382 p.
Philosophie, sociologie, anthropologie, études littéraires, linguistique, histoire, géographie, psychologie, musicologie, esthétique, histoire de l’art, économie, sciences politiques, droit, archéologie… : les disciplines couvertes par les sciences humaines et sociales sont vastes et variées. À toutes incombent d’analyser, comprendre, décrire le monde et la façon dont les hommes, les femmes et plus largement le vivant l’ont habité, l’habitent et l’habiteront. Toutes partagent une réflexion sur un sujet rendu majeur par la crise environnementale, les bouleversements numériques, les inégalités sociales et les conflits : comment faire « monde commun », pour reprendre la formule de Hannah Arendt ? L’ouvrage propose une centaine de contributions portant sur des questions contemporaines, qui font écho aux objectifs de développement durable identifiés par l’Organisation des Nations unies (la réduction de la pauvreté, des inégalités éducatives, la protection de la planète, etc.) et explorent la manière dont la recherche actuelle en sciences humaines et sociales y répond. Méthodes, hypothèses et théorisations, mesures et approches ethnographiques, analyses et exégèses constituent autant d’outils permettant aux lecteurs de penser, d’habiter, de réparer ou de transformer nos univers communs. Un ouvrage richement illustré qui incarne une communauté de recherche dans toute sa diversité.
Benjamin Boudou (dir.), Actualités de Claude Lefort, SciencesPo. Les presses, 2023, 126 p.
Benjamin Boudou (dir.), Lawfare: le droit en procès, SciencesPo, les presses, 2022, 151 p.
Benjamin Boudou (dir.), Injustices structurelles globales, SciencesPo, les presses, 2022, 133 p.
Benjamin Boudou, Yves Couture, Marc Chevrier, Stéphane Vibert, Pauline Colonna d'Istria [et alii], Démocratie et modernité: la pensée politique française contemporaine, Presses universitaires de Rennes, 2019, Res publica (Online)
Benjamin Boudou, Le dilemme des frontières: éthique et politique de l'immigration, Éditions de l’École des hautes études en sciences sociales, 2019, Cas de figure, 263 p.
Benjamin Boudou, Politique de l'hospitalité. Une généalogie conceptuelle: une généalogie conceptuelle, CNRS éditions, 2017, 247 p.
Benjamin Boudou, Catherine Larrère, Victor Petit, Varia, SciencesPo Les Presses, 2016, 147 p.
Benjamin Boudou, Astrid von Busekist, Théorie politique de l'hospitalité: les relations de pouvoir aux frontières des communautés politiques,, 2013, 399 p.
Dans cette thèse, l’auteur cherche à répondre à la question suivante : pourquoi, dans quelles conditions, et avec quelles conséquences, l’hospitalité devient-elle un concept politique ? Cette thèse met au jour les façons dont différentes traditions politiques ont fait appel à ce concept pour déterminer comment la communauté politique doit se lier aux étrangers. L’hospitalité sert ainsi un double objectif : elle permet de préciser le statut des étrangers, et elle justifie l’équilibre pratiqué entre l’inclusion et l’exclusion aux frontières. L’hospitalité apparaît donc à la fois comme une solution historique particulière au problème de la légitimation des frontières des communautés politiques, et comme un outil de problématisation des relations qui s’instaurent entre les communautés et les étrangers. Émergent ainsi différents foyers de problématisation du concept. Dans une démarche d’abord généalogique, on peut ainsi distinguer la relation rituelle qui permet de canaliser l’étrangeté du nouveau venu, la relation réciproque qui rend possible un contrat avec les citoyens, la relation sociale qui fait de l’hospitalité un devoir de protéger les faibles, la relation juridique qui reconnaît des sujets de droit et la relation d’obligation formulée par l’hospitalité des philosophes du droit naturel. Dans un second temps, l’auteur procède à une reconstruction du concept pour notre modernité, en analysant la relation éthique formulée par une hospitalité inconditionnelle, une relation politique sans hospitalité avancée par la théorie politique post-rawlsienne, et la relation démocratique qui fait de la non-domination le but poursuivi par la justice migratoire.
Benjamin Boudou, L'hospitalité politique: la Cité et l'Étranger, 2008, 109 p.
Benjamin Boudou, « Heroic citizenship », Citizenship Studies, Taylor & Francis (Routledge), 2024, pp. 1-21
Benjamin Boudou, Bruno Perreau, Félix Mégret, « Une nouvelle théorie politique de l’injustice », Raisons politiques, Raisons politiques, 2024, n°94, pp. 141-171
En évoquant son parcours d’enseignement et de recherche, de la France aux États-Unis, Bruno Perreau propose une réflexion sur les trajectoires minoritaires et sur la place des études minoritaires en science politique, hier et aujourd’hui. Il présente son ouvrage le plus récent, Sphères d’injustice. Pour un universalisme minoritaire (La Découverte, 2023), où il discute et actualise les thèses de Michael Walzer sur la justice : il montre que les expériences d’injustice sont en résonance d’une sphère morale à l’autre. Sur cette base, il propose de mieux protéger les sujets de droit en s’assurant que les protections et droits dont jouissent les uns bénéficient aux autres. C’est ce qu’il appelle l’intrasectionnalité.
Benjamin Boudou, « Régénérer la démocratie », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2023, n°72, pp. 849-852
Benjamin Boudou, Marcus Carlsen Häggrot, « Electoral representation revisited », Critical Review of International Social and Political Philosophy, Taylor & Francis (Routledge), 2023, n°5
Benjamin Boudou, « Représenter les non-citoyens : Une proposition pour l'inclusion de tous les intérêts affectés », Critical Review of International Social and Political Philosophy, Taylor & Francis (Routledge), 2023, n°5
Benjamin Boudou, Astrid von Busekist, « Political theory today », Raisons politiques, Raisons politiques, 2022, n°o 84, pp. 5-17
Benjamin Boudou, Astrid von Busekist, « Political Theory Today », Raisons politiques, Raisons politiques, 2022, n°84, pp. 19-31
Benjamin Boudou, « Beyond the Welcoming Rhetoric: Hospitality as a principle of care for the displaced », Essays in Philosophy, Pacific University, 2021, n°1
Benjamin Boudou, Patrick Le Galès, Camille Noûs, Astrid von Busekist, « Démocraties urbaines », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2020, n°79
Benjamin Boudou, « An urban turn in the ethics of migration? : Critical review of Avner de Shalit, Cities and Immigration: Political and Moral Dilemmas in the New Era of Migration, Oxford: Oxford University Press, 2018 », Raisons politiques, Raisons politiques, 2020, n°o 79, pp. 105-117
This book review critically engages with the book of Avner de Shalit, Cities and Imigration: Political and Moral Dilemmas in the New Era of Migration. After a contextualization of the book in a more general urban turn in migration ethics, I present the main developments of the author regarding the autonomy of cities in controlling their borders, the rights to vote and to be elected for foreign residents, and the notion of inclusive city. I discuss the methodology, the normative conditions of each argument and the practical issues for their potential applications.
Benjamin Boudou, « De la visite à la représentation : poursuivre le projet cosmopolitique », Lignes, Lignes, 2020, n°60, pp. 149-162
Benjamin Boudou, « This is the new normal. Une critique de la norme d’endurance », Esquisse(s), Editions du Félin, 2020, n°16, pp. 85-89
Benjamin Boudou, « Pourquoi n’accueillez-vous pas des migrants chez vous ? Définir le devoir d’hospitalité », Revue du MAUSS, Revue du MAUSS, 2019, n°53, pp. 291-307
Que répondre à la critique qualifiant d’hypocrites ceux qui professent l’hospitalité sans la pratiquer eux-mêmes ? Peut-on à la fois croire à la valeur de l’hospitalité sans accueillir des migrants chez soi ? En analysant différentes réponses possibles à cette critique, cet article vise à montrer les problèmes du concept d’hospitalité lorsqu’il est mobilisé pour traiter des enjeux migratoires, accentuant les tensions entre bienfaisance et justice, éthique et politique, vertu et justice, sphère privée et sphère publique, altruisme individuel et action institutionnelle. Le devoir d’hospitalité restant empiriquement et normativement incertain, le concept prête le flanc à une critique des intentions morales et politiques de ceux qui l’utilisent. Pour en rétablir la pertinence, je développe une définition de l’hospitalité comme obligation coopérative imparfaite consistant à soulager la détresse causée par la traversée de frontières.
Benjamin Boudou, « De la visite à la représentation : poursuivre le projet cosmopolitique », Lignes, Editions Lignes, 2019, n°3
Benjamin Boudou, Régis Guyon, « L’hospitalité ne doit donc pas être (seulement) comprise comme un accueil chez soi, comme une relation inégalitaire entre un·e accueillant·e et un·e accueilli·e », Lyon : Institut français de l'éducation et PERSÉE : CNRS & ENS de Lyon, 2019, pp. 22-25
Boudou Benjamin,Guyon Régis. « L’hospitalité ne doit donc pas être (seulement) comprise comme un accueil chez soi, comme une relation inégalitaire entre un·e accueillant·e et un·e accueilli·e ». In: Diversité, n°196, 2019. L’hospitalité #2. pp. 22-25.
Benjamin Boudou, « La durée des frontières », Esprit, Esprit, 2018, n°Juillet-Août, pp. 113-121
L’hospitalité est un concept controversé. On peut l’inscrire dans l’horizon politique de la communauté si l’on prend en considération son rapport au temps : réputée temporaire, l’hospitalité est marquée par l’attente, une forme de violence symbolique, mais aussi par la formation d’attachements.
Benjamin Boudou, « De la ville-refuge aux sanctuary cities : l’idéal de la ville comme territoire d’hospitalité », Sens-Dessous, Sens-Dessous, 2018, n°21, pp. 83-89
En 2015, pendant quelques jours entre fin août et début septembre, près de 63 000 réfugiés arrivent en gare de Munich, accueillis sur les quais par des mots de bienvenue. C’est bien aux portes identifiées par Le Corbusier que les réfugiés se sont présentés, et c’est bien la ville qui est devenue le premier point de contact entre l’intérieur et l’extérieur de la communauté politique.
Benjamin Boudou, « La durée des frontières », Revue Esprit, Editions Esprit, 2018, n°7
Benjamin Boudou, « Démocratiser les frontières », Raisons politiques, Raisons politiques, 2017, n°68, pp. 93-99
Benjamin Boudou, « Au nom de l’hospitalité : les enjeux d’une rhétorique morale en politique », Cités, Cités, 2017, n°68, pp. 33-48
Benjamin Boudou, « À l’épreuve de l’altérité radicale : une expérience de pensée », Le Philosophoire, Le Philosophoire, 2016, n°46, pp. 199-220
Ce texte propose de prendre au sérieux l’expérience de pensée d’une rencontre extraterrestre, pour poser à la philosophie politique et morale le défi d’une rencontre de l’altérité radicale. En se demandant comment accueillir des non-humains non-terriens, cet article argumente en faveur d’une politique de l’hospitalité, comme alternative aux propositions posthumanistes souvent trop abstraites. L’hospitalité offre une série d’épreuves qui permettent de déterminer la nature d’entités inconnues et d’affuter notre sensibilité à leur égard. Le détour par la science-fiction permet ainsi de penser la responsabilité.
Benjamin Boudou, « What is Political Theory For? », Raisons politiques, Raisons politiques, 2016, n°o 64, pp. 7-27
Cet article part du constat d’un manque de légitimité de la théorie politique afin de mieux en souligner l’intérêt pour la science politique et les sciences humaines. Dans un premier temps, l’auteur présente un état des lieux des recrutements et thèses soutenues en théorie politique pour montrer sa situation minoritaire et la défiance dont elle fait l’objet. Puis, en interrogeant le rapport entre théorie et politique, l’auteur pose le problème de l’utilité de la discipline vis-à-vis de sciences sociales et de la société civile. L’auteur défend la pertinence de la théorie à partir des fonctions qu’elle doit remplir : une fonction heuristique, une fonction pédagogique, une fonction critique et une fonction éthique.
Benjamin Boudou, « The wager of political hospitality », Hospitality & Society, Council for Hospitality Management Education, 2015, n°2
Benjamin Boudou, Lisa Disch, Rostom Mesli, « La représentation politique et les effets de subjectivation : Comment poser la question de la légitimité démocratique après le tournant constructiviste ? », Raisons politiques, Raisons politiques, 2014, n°56, pp. 25-47
RésuméCet article pose la question suivante : comment construire un critère normatif adapté au tournant constructiviste des théories de la représentation ? Pour répondre à cette question, je prends appui sur la recherche empirique menée aux États-Unis sur le policy feedback qui élargit la réflexion à propos de la légitimité démocratique. Plutôt que de s’interroger sur la nature de la relation entre les représentants et les représentés (est-elle concrètement adéquate, délibérative, suffisamment réactive, etc. ?), ce travail se concentre directement sur les « effets de subjectivation » créés par les actes de représentation, sur la manière dont ils se forment, renforcent ou affaiblissent certains groupes politiques.
Benjamin Boudou, Philip Pettit, Deniz Ozyildiz, « Deux sophismes à propos des personnes morales », Raisons politiques, Raisons politiques, 2014, n°56, pp. 5-23
RésuméCet article identifie puis critique deux sophismes, ou erreurs de raisonnement, qui peuvent émousser la consternation que nous devrions sentir devant le scénario d’un monde entièrement privatisé. Ces deux erreurs s’appliquent aux entreprises, mais touchent plus généralement notre compréhension de ce qu’est et ce que fait une personne morale. La première erreur consiste à dire que les personnes morales ne sont pas plus que des réseaux d’accords relativement stables avantageux pour les parties contractantes. L’erreur ou le sophisme se trouve dans la supposition que l’idée que les personnes morales constituent des agents comme vous et moi n’est pas à prendre au sens propre. Le second sophisme implique une erreur inverse. Il part du principe que les personnes morales sont bien des agents comme vous ou moi, et qu’à ce titre elles peuvent revendiquer les droits que nos lois attribuent aux personnes physiques. D’une part l’auteur défend l’idée que les personnes morales sont des agents– agents qui ont des capacités typiques des personnes naturelles – et qu’en tant que tels ils nous posent des problèmes politiques particuliers. D’autre part, sous peine de trahir l’idée d’égalité entre les individus, l’auteur montre qu’il ne faut donner aux personnes morales que les droits qui sont dans l’intérêt des personnes naturelles. Les personnes morales ne peuvent avoir aucune revendication propre.
Benjamin Boudou, Ulrich Beck, « Nationalisme méthodologique – cosmopolitisme méthodologique : un changement de paradigme dans les sciences sociales », Raisons politiques, Raisons politiques, 2014, n°54, pp. 103-120
RésuméCet article montre que le nationalisme méthodologique est remis en question par les processus de « cosmopolitisation de la réalité » produits par la prise de conscience globale des crises et des risques qui ne sont ni confinés, ni intelligibles au niveau national. L’article clarifie la notion de cosmopolitisme méthodologique qui doit être distinguée à la fois du cosmopolitisme normatif et d’autres manières de répondre à la différence. Les processus de comsopolitisation sont décrits au travers de sept thèses qui éclaircissent les conditions de possibilité d’une société imaginée cosmopolite.
Benjamin Boudou, « Ennemis, hôtes et étrangers. Enquête sur les identités politiques grecque et romaine », Mots: les langages du politique, ENS Éditions (Lyon), 2013, n°101
Benjamin Boudou, « A Political Anthropology of Hospitality », Revue du MAUSS, Revue du MAUSS, 2012, n°o 40, pp. 267-284
This article seeks to define hospitality through its ritual practices so as to highlight its political meaning and function. Four features of hospitality may be drawn from ethnographic and anthropological accounts: the creation of a social relationship prior to practices of gift and counter-gift, the management and control of outsiders, and the classification of belonging. Largely neglected, considered to be “pre-political” and subsumed within the paradigm of sharing, hospitality nonetheless constitutes the first relationship of a political community with others such as foreigners or other outside communities. Shared by traditional societies and contemporary democracies alike, the recurrent problem of demarcating and legitimizing the community is the essential meaning of hospitality as an object of political theory.
Benjamin Boudou, « The Crossing of the Political: Derrida and Ricœur between the Purity of Philosophy and the Tragedy of Action », Raisons politiques, Raisons politiques, 2012, n°o 45, pp. 211-233
In this paper I compare and critically examine the political thought of Paul Ricœur and Jacques Derrida. I analyze their specific manners of combining philosophy, ethics, and political theory. Despite their striking proximity on certain issues and shared mistrust of purely procedural and liberal definitions of politics, they profoundly disagree on the meaning of justice and sovereignty. The ethical excess resulting from the unconditional nature of Derrida’s “event” is radically opposed to Ricœur's concern for the “institution” and social cohesion. The concept of hospitality, tackled late in the careers of both writers, illustrates this opposition. Finally, I argue for a political theory approach to Derrida while calling for a cautious use of his primarily philosophical concepts.
Benjamin Boudou, « L'hospitalité relève-t-elle de la politique ? Dedans, dehors. La condition d'étranger de Guillaume Le Blanc, Paris, Seuil, 2010 », Raisons politiques, Raisons politiques, 2011, n°42, pp. 187-195
Benjamin Boudou, « Ennemis, hôtes et étrangers. Enquête sur les identités politiques grecque et romaine », Mots. Les langages du politique, ENS Éditions
Il existe un ancien problème en apparence banal, une argutie de linguistes et d’historiens qui n’intéresse que les antiquisants, ayant au mieux nourri une prose philosophique bavarde : le mot « étranger » a fini, en latin, par désigner l’« ennemi ». Sa formulation la plus simple apparaît chez Cicéron (1974, I-12) : La tristesse de la réalité a été atténuée par la douceur du terme, en ceci que fut appelé hostis, celui qui à proprement parler était perduellis [ennemi]. On nommait hostis en effe...