Emilie Biland-Curinier

Professeure
Sociologie, démographie.

Centre de sociologie des organisations
  • THESE

    Concours territoriaux et institutionnalisation de l'emploi public local : (années 1970-années 2000), soutenue en 2008 à Paris EHESS sous la direction de Michel Offerlé, membres du jury : Françoise Dreyfus, professeure à l'Université Paris 1 (présidente), Jean-Michel Eymeri-Douzans, professeur à l'IEP de Toulouse (rapporteur), Christine Musselin, directrice de recherche au CNRS (rapportrice), Michel Offerlé, professeur à l'Ecole Normale Supérieure de Paris (directeur), Gilles Pollet, professeur à l'IEP de Lyon et Jean-Noël Retière, professeur à l'Université de Nantes   

  • Emilie Biland-Curinier, Parents en quête de droits: minorités de sexualité et de genre d'un continent à l'autre, Presses de Sciences Po, 2026, 292 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Elisa Droszewski, De la campagne à la ville ?: Repenser les parcours et trajectoires géographiques des lesbiennes entre rural et urbain, 2025   

    Emilie Biland-Curinier, Cyrine Gardes, Jérôme Pélisse (dir.), Expériences pandémiques du droit et de la justice: l'urgence sanitaire dans la rue, au travail et au foyer, EXPANDROIT, Institut des études et de la recherche sur le droit et la justice, 2025, Rapport de recherche, 147 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Marie-Clémence Le Pape, Clémence Helfter, Hana Bouhired Lacheraf, Catherine Collombet [et alii], Idées reçues sur les familles monoparentales, Le Cavalier Bleu éditions, 2024, Idées reçues, 164 p.    

    "Malgré la part croissante des familles monoparentales dans la population française, elles ne sont toujours pas considérées comme des familles « comme les autres ». Issues pour ­partie du XIXe siècle, les représentations archétypales demeurent, ­largement nourries par des figures antagonistes : « veuve éplorée » ­versus « veuve joyeuse », pauvre fille abandonnée ­versus « célibattante », « mère-courage » versus « mère ­assistée »... Des stigmates persistants structurent ainsi les représentations sociales et façonnent l'expérience qu'en font concrètement les parents en situation de monoparentalité - en grande majorité des femmes. Ces représentations stéréotypées, nourries d'idées reçues que l'ouvrage s'attache à déconstruire, trouvent également leur traduction dans des politiques publiques qui peinent à réduire les inégalités auxquelles ces pères, ces mères et leurs enfants sont encore aujourd'hui exposés

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Émilie Curinier-Biland, Annelies Fryberger, Miranda Richmond Mouillot, Family Law in Action: Divorce and Inequality in Quebec and France, UBC Press, 2023, Law and society series, 309 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Olivier Borraz, Christine Musselin, Philipp Brandt, Sean Safford [et alii], La société des organisations, Sciences po, les presses, 2022, 333 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Curinier-Biland (dir.), Séparations conjugales: transitions privées, dispositifs publics, Caisse nationale des allocations familiales, 2022, 147 p.   

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Curinier-Biland (dir.), Justice et inégalités au prisme des sciences sociales, Mission de recherche droit et justice, 2020, 180 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Émilie Curinier-Biland, Gouverner la vie privée. L’encadrement inégalitaire des séparations conjugales en France et au Québec: l’encadrement inégalitaire des séparations conjugales en France et au Québec, ENS Éditions, 2019, Gouvernement en question(s), 258 p.   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Émilie Curinier-Biland, La fonction publique territoriale, Éditions La Découverte, 2019, Repères, 128 p.   

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Gouverner la vie privée, 2019  

    L’implication de l’État dans la vie privée pose problème : les individus ont davantage de droits que par le passé, mais certains de leurs comportements, jugés problématiques pour la collectivité, justifient un interventionnisme renouvelé, dans lequel acteurs privés et mécanismes de marché occupent une place croissante. En tension entre libéralisme et normalisation, cette action publique participe aux recompositions des rapports sociaux, entre les classes sociales, entre les genres, ainsi qu’entre la population majoritaire et les personnes racisées. Objet de vifs débats et de réformes récurrentes, la régulation par le droit des séparations conjugales est un observatoire précieux de ces recompositions, ici analysées à partir de trois enquêtes collectives, qualitatives et quantitatives, menées des deux côtés de l’Atlantique. En France comme au Québec, l’accès aux procédures, les interactions avec les professionnel.les et l’encadrement des modes de vie sont les trois dimensions constitutives du gouvernement de la vie privée. Cependant, chacun des contextes n’articule pas de la même manière inégalités de classe et inégalités de genre. En scrutant la production institutionnelle des inégalités privées, cet ouvrage invite à imaginer des voies alternatives, dans la sphère privée comme dans la sphère publique, pour que la politique des droits tienne ses promesses émancipatrices. For both governments and citizens, the role of the State in private life is tricky: individuals have more rights than in the past; however since some behaviors are seen as problematic for the community, they stimulate new forms of interventionism. In addition, the goal of reducing public spending increases the role of private actors. Through their own ambiguities, such policies play a major part in shaping class, gender and race relations. To analyse this unequal dynamic in the regulation of breakups, this book draws on several empirical studies, which were conducted collectively, over a long period of time and with a comparative approach. In France, as in Quebec (Canada), access to services, interactions with professionals and the management of lifestyles are the three constitutive dimensions of this governance of family life. However, each jurisdiction differs regarding the intersection of class and gender inequalities. By examining the institutional shaping of private inequalities, this book invites us to imagine alternative ways, in both the private and public spheres, for the politics of rights to fulfil its emancipatory promises.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, La fonction publique territoriale, 2019   

    Forte de 2 millions d’agents, soit plus du tiers des effectifs totaux de la fonction publique, la fonction publique territoriale est présentée par les promoteurs de la décentralisation et de la réforme de l’État comme l’avant-garde de la modernisation publique. Pour aller au-delà de cette rhétorique réformatrice, cet ouvrage conjugue les apports de la sociologie du travail et de l’emploi et ceux de la sociologie politique des administrations. Il rend compte des dynamiques sociales et politiques qui animent ce segment de l’emploi public (de la féminisation à la politisation, en passant par la contractualisation et des rapports changeants aux territoires). Ce faisant, il montre que la fonction publique territoriale est au cœur des compromis institutionnels entre État et collectivités locales depuis la IIIe République, tout en prenant part aux mutations contemporaines du marché du travail. Sommaire : Pages de début (p. 1-2)| Introduction (p. 3-5)| I. Construction juridique et croissance numérique (p. 7-28)| II. Un marché du travail fragmenté (p. 29-50)| III. Une fonction publique politisée ? (p. 51-68)| IV. Des fonctionnaires du « cru » ? (p. 69-88)| V. Des réformes incessantes (p. 89-104)| Conclusion (p. 105-108)| Liste des sigles et des acronymes (p. 109-110)| Repères bibliographiques (p. 111-124)| Pages de fin (p. 125-128).

    Emilie Biland-Curinier, Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet, Isabelle Sommier [et alii], Changer le monde, changer sa vie: enquête sur les militantes et les militants des années 1968 en France, Actes Sud, 2018, 1118 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Curinier-Biland, Gabrielle Schütz (dir.), Justice familiale et inégalités sociales: dossier, L.G.D.J.-Lextenso, 2017, 1 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Curinier-Biland, Fabien Desage (dir.), France / Québec: (se) comparer, De Boeck, 2017, 225 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Céline Bessière, Émilie Curinier-Biland, Sibylle Gollac, Camille Herlin-Giret, Quand les classes supérieures s'arrangent avec le droit, SciencesPo, les presses, 2017, 159 p.  

    Ce dossier invite à explorer les usages du droit par les classes supérieures. Quelle "conscience du droit" spécifique ont-elles, précisément du fait de leur position ? Camille Herlin-Giret révèle que la sous-évaluation des biens pratiquée par les assujettis à l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), loin d’être un calcul utilitariste solitaire, procède d’une coordination collective. Alexis Spire, lui, observe la façon dont le rituel judiciaire est utilisé par les prévenus de quatre procès pour fraude fiscale pour faire valoir leurs mérites, euphémiser leur délit et se présenter comme victimes de l’arbitraire de l’administration. C’est dans l’espace à huis clos des cabinets de notaires et d’avocats que Céline Bessière et Sibylle Gollac pénètrent. Elles dévoilent à quel point le travail dans l’entre-soi de ces professionnels avec une clientèle choisie facilite des stratégies de transmission patrimoniale, fortement genrées, au service de la reproduction du capital économique, et aux dépens d’une administration fiscale domestiquée. Cette proximité sociale et la dimension genrée de ces arrangements sont aussi au cœur du travail d’Émilie Biland et Muriel Mille. Leur enquête sur les séparations de couples québécois fortunés, mais très inégalitaires, démontre qu’au cours de ces ruptures, les femmes sont conduites à faire davantage de concessions que les hommes. Ce sont enfin des classes supérieures moins fortunées, mais suffisamment dotées pour s’accommoder avec succès des règles juridiques, que suit Lorenzo Barrault-Stella dans leurs pratiques de contournement de la carte scolaire par l’usage de fausses adresses.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Inside the Castle. Law and the Family in 20th Century America, J. L. Grossman et L. M. Friedman, 2016 

    Emilie Biland-Curinier, Jean Crête, Louis Marie Imbeau, Émilie Curinier-Biland, Steve Jacob [et alii], Les surveillants de l'État démocratique, Presses de l'Université Laval, 2014, Gouvernance et gestion publique, 204 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Curinier-Biland, Michel Offerlé, Concours territoriaux et institutionnalisation de l'emploi public local: (années 1970-années 2000), Atelier national de reproduction des thèses, Université de Lille III, 2014, Lille-Thèses  

    Cette recherche analyse comment les concours, pris dans une concurrence avec d'autres modes de recrutement et de promotion, contribuent à structurer l'emploi public local en le différenciant à la fois de la fonction publique de l'État et du monde privé de l'emploi. Croisant les apports de la sociologie politique de l'administration et de la sociologie du travail et de professions, elle étudie comment les concours sont faits, ce qu'ils font à l'emploi public local, et ce qu'employeurs et fonctionnaires en font. Construite autour d'une sociohistoire du droit des concours, de deux enquêtes localisées sur les modes de recrutement et de gestion du personnel, d'une ethnographie des concours contemporains et d'une analyse, statistique et qualitative, des trajectoires et des carrières des agents publics locaux, cette thèse définit le concours comme une institution indissociablement procédurale, capacitaire et morale, qui contribue à l'unification, non seulement juridique, mais aussi symbolique et pratique de l'emploi public local. Ce mode bureaucratique d'unification est toutefois partiel et contesté; il inclut d'ailleurs une tendance opposée à la hiérarchisation, tant entre collectivités qu'entre agents

    Emilie Biland-Curinier, Céline Bessiere, Emilie Biland, Benoît Coquard, Aurélie Fillod-Chabaud, Au tribunal des couples: Enquête sur des affaires familiales, Odile Jacob, 2013, 309 p. 

    Emilie Biland-Curinier, La fonction publique territoriale, La Découverte, 2012, Repères, 125 p.   

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Le façonnage des élites de la République, Culture générale et haute fonction publique, C. Oger, 2010 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Villes de banlieues , 2010 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Curinier-Biland (dir.), La fonction publique territoriale, la Documentation française, 2009, 117 p. 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Curinier-Biland, Michel Offerlé, Concours territoriaux et institutionnalisation de l'emploi public local: (années 1970-années 2000), 2008, 781 p.  

    Cette recherche analyse comment les concours, pris dans une concurrence avec d'autres modes de recrutement et de promotion, contribuent à structurer l'emploi public local en le différenciant à la fois de la fonction publique de l'État et du monde privé de l'emploi. Croisant les apports de la sociologie politique de l'administration et de la sociologie du travail et de professions, elle étudie comment les concours sont faits, ce qu'ils font à l'emploi public local, et ce qu'employeurs et fonctionnaires en font. Construite autour d'une sociohistoire du droit des concours, de deux enquêtes localisées sur les modes de recrutement et de gestion du personnel, d'une ethnographie des concours contemporains et d'une analyse, statistique et qualitative, des trajectoires et des carrières des agents publics locaux, cette thèse définit le concours comme une institution indissociablement procédurale, capacitaire et morale, qui contribue à l'unification, non seulement juridique, mais aussi symbolique et pratique de l'emploi public local. Ce mode bureaucratique d'unification est toutefois partiel et contesté; il inclut d'ailleurs une tendance opposée à la hiérarchisation, tant entre collectivités qu'entre agents

  • Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « "Les pensions alimentaires profitent aux femmes" », Idées reçues sur les familles monoparentales", Le Cavalier Bleu, 2024 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Isabelle Sayn, « La pension alimentaire, un dispositif-clé pour la condition économique des familles monoparentales », in Marie-Clémence Le Pape, Clémence Helfter (dir.), Les familles monoparentales. Conditions de vie, vécu et action publique, La Documentation française, 2023   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Joanie Bouchard, Kévin Lavoie, Isabel Côté, « Aller en médiation ou consulter un avocat ? Recours et non-recours aux services juridiques et parajuridiques dans le processus de séparation », in Presses de l'Université Laval (dir.), La séparation parentale et la recomposition familiale dans la société québécoise : les premiers moments, 2023  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Didier Demazière, Anne-Laure Beaussier, « Démocratie et organisations : inséparables et antagonistes », in Borraz Olivier (dir.), La société des organisations, Presses de Sciences Po, 2022 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Natacha Gally, « Fonction publique : vers un nouveau modèle ? », Nouvelle sociologie politique de la France, Armand Colin, 2021, pp. 47-58 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Fonction publique territoriale », Dictionnaire des politiques territoriales, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2020 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « La résistible fabrique de rapports critiques au genre », Rapports au genre en politique., Peter Lang, 2020   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Liora Israël, « In the Law School Classroom »: Hidden Messages in French Elite Training, in Meera Deo, Mindie Lazarus-Black, Elizabeth Mertz (dir.), Power, Legal Education, and Law School Cultures, Routledge, 2019 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Julie Minoc, Hélène Oehmichen, « S'occuper des enfants, un truc de meufs ? », in Fondation Copernic (dir.), Manuel indocile de Sciences sociales, Éditions La Découverte, 2019   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Natacha Gally, « Civil Servants and Policy Analysis in Central Government », in Charlotte Halpern, Patrick Hassenteufel, Philippe Zittoun (dir.), Policy Analysis in France, Policy Press, 2018 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Maëlle Moalic, Karel Yon, « Les syndicalistes ont-ils une vie privée ? », in Olivier Fillieule, Sophie Béroud, Camille Masclet, Isabelle Sommier (dir.), Changer le monde, changer sa vie. Enquête sur les militants et les militantes des années 1968 en France, Actes Sud, 2018 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Sarah Kolopp, « Haute fonction publique », Rencontres avec Michel Offerlé, Editions du croquant, 2018 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Muriel Mille, Hélène Steinmetz, « National paths towards private ordering »: Professional’s jurisdictions and separating couples’ privacy in the French and Canadian Family Justice Systems, in Mavis Maclean, John Eekelaar, Benoit Bastard (dir.), Delivering Family Justice in the 21st Century, Hart Publishing,Oxford, 2015  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Fonction publique », in Pascal Mbongo, François Hervouët, Carlo Santulli (dir.), Dictionnaire encyclopédique de l’État, Éditions Berger-Levrault, 2014 

    Emilie Biland-Curinier, Catherine Paradeise, Jean-Claude Thoenig, Stéphanie Mignot-Gerard, Emilie Biland, « Relevance and Excellence in Higher Education Vocational Schools: Business Schools as Institutional Actors »: Business Schools as Institutional Actors, in Andrew Pettigrew, Eric Cornuel, Ulrich Hommel (dir.), The institutional development of business schools. Andrew M. Pettigrew, Eric Cornuel, Ulrich Hommel (eds.), Oxford University Press, Oxford University Press, 2014 

    Emilie Biland-Curinier, Catherine Paradeise, Stephanie Mignot Gerard, Jean-Claude Thoenig, Emilie Biland, « Pertinence et excellence en gestion. Quatre business schools dans leur histoire »: Quatre business schools dans leur histoire, in Yamina Bettahar, Marie-Jeanne Choffel-Mailfert (dir.), Les universités au risque de l’Histoire, Presses Universitaires de Nancy, 2014  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « La fonction publique territoriale et la réforme de l’État », in Patrick Le Galès, Nadège Vezinat (dir.), L'État recomposé, Presses Universitaires de France, 2014, pp. 73-85 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Rachel Vanneuville, « Les mutations de la surveillance juridique des administrations : le conseil d’État français et la promotion de la légistique », in Crête, Jean (dir.), Les surveillants de l’État démocratique, Presses de l'Université Laval, 2014   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Jacques Girault, « Michel Mazéas », Le Maitron. Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier et du mouvement social, Editions de l'Atelier, 2012 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Les cultures d’institution », in Jacques Lagroye, Michel Offerlé (dir.), La sociologie de l’institution, Editions Belin, 2011 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Les usages du statut par les employeurs publics locaux : embaucher et gérer les carrières à la ville des années 1970 aux années 2000 », in Marie Cartier, Yasmine Siblot (dir.), Le salariat à statut, Presses Universitaires de Rennes, 2010 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « La 'démocratie participative' comme entreprise de (re)mobilisation des habitants : l’exemple d’une municipalité de l’ancienne banlieue rouge », in Virginie Anquetin, Audrey Freyermuth (dir.), La figure de l’"habitant", Presses Universitaires de Rennes, 2009 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Collectivités locales », in Jean-Michel Barreau (dir.), Dictionnaire des inégalités scolaires, ESF Editeur, 2007 

  • Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Cyrine Gardes, Jérôme Pélisse, « Travailler malgré le droit pandémique »: Professionnel·les et organisations du secteur social et médico-social dans la crise, Revue française de sociologie, Presses de Sciences Po / Centre National de la Recherche Scientifique, 2025, n°1 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Joanie Bouchard, Kévin Lavoie, Hélène Zimmermann, « Law, Blood, and Custody: Sexual Minority Mothers and Heteronormativity », Journal of Homosexuality, Taylor & Francis (Routledge), 2025, n°4   

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Jeanne Hersant, « LGBT activism toward equal marriage in Chile »: El activismo LGBT+ para el matrimonio igualitario en Chile, Revista Chilena de Derecho y Ciencia Política, , 2025, n°1 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Cyrine Gardes, Jérôme Pélisse, « Travailler malgré le droit pandémique : Professionnel·les et organisations du secteur social et médico-social dans la crise », Revue française de sociologie, Revue française de sociologie, 2025, pp. 501-528  

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Jeanne Hersant, « El activismo LGBT+ para el matrimonio igualitario en Chile: visibilidad pública, movilización legal y tenacidad legislativa. », Revista Chilena de Derecho y Ciencia Política, , 2025 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Joanie Bouchard, Kévin Lavoie, Hélène Zimmermann, « Des parents comme les autres ? », Revue du CREMIS, , 2024, n°2, pp. 11-16  

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Cyrine Gardes, Jérôme Pélisse, « La répression financière des manifestations en France. Mobilisations pandémiques, de la rue au tribunal », Déviance et Société, Déviance et Société, 2024, n°48, pp. 443-474  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Child support and income inequalities »: A cross-continental comparison from welfare design to judicial implementation, International Journal of Law, Policy and the Family, Oxford University Press (OUP), 2024, n°1 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Cyrine Gardes, Jérôme Pélisse, « La répression financière des manifestations »: Mobilisations pandémiques, de la rue au tribunal, Déviance et Société, Médecine et Hygiène , 2024, n°4 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « La cause des pères ? Des mobilisations conservatrices au temps des séparations massifiées et du référentiel égalitaire »: À propos des ouvrages d’Aurélie Fillod-Chabaud, Au nom du père. Sociologie des mobilisations de pères séparés (ENS Éditions, 2022) et d’Édouard Leport, Les papas en danger ? Des pères à l’assaut des droits des femmes (Éditions de la MSH, 2022), Sociologie du Travail, Association pour le développement de la sociologie du travail, 2023, n°3   

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Pensions alimentaires : pourquoi ne sont-elles pas plus fréquentes et plus élevées en en France ? », COGITO le magazine de la recherche à Sciences Po, La Direction scientifique de Sciences Po, 2023 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Sibylle Gollac, Mathieu Brier, « Aux affaires familiales, des procédures socialement différenciées. »: Inégalités de classe, de genre et de territoire., Actu Recherche, Institut d'Etudes et de Recherches sur le Droit et la Justice, 2023, n°19, p. 8   

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Charles Bosvieux-Onyekwelu and Véronique Mottier, Genre, droit et politique, LGDJ, “Droit et société” collection, 2022, 262 pages : [Gender, law, and politics] », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2023, n°72, pp. 835-836  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Compte-rendu de Bosvieux-Onyekwelu (Charles), Mottier (Véronique), dir. – Genre, droit et politique. – Paris, LGDJ, 2022 (Droit et société). 262 p. », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2022, n°5 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Introduction », Informations sociales, CNAF, 2022, n°3, pp. 4-10 

    Emilie Biland-Curinier, Lus Prauthois, Emilie Biland, « L’État des LGBTI. Comment politiques et administrations publiques ordonnent et transforment le genre et la sexualité », Gouvernement & action publique, Presses de sciences po, 2022, n°1, pp. 11-35 

    Emilie Biland-Curinier, Lus Prauthois, Emilie Biland, « Minorités sexuelles et de genre dans les services publics », Gouvernement & action publique, Presses de sciences po, 2022, p. 200 

    Emilie Biland-Curinier, Aurélie Lebel, Émilie Biland, «  Le mariage n’est pas un contrat de droit commun, il reste une institution, assortie d’un certain nombre de protections et d’obligations  », Informations sociales, Informations sociales, 2022, n°207, pp. 41-47  

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Introduction », Informations sociales, Informations sociales, 2022, n°207, pp. 4-10  

    Emilie Biland-Curinier, Lus Prauthois, Émilie Biland, « L’État des LGBTI : Comment politiques et administrations publiques ordonnent et transforment le genre et la sexualité », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2022, n°VOL. 11, pp. 11-35   

    Cet article articule la sociologie de l’État et de l’action publique et la sociologie des minorités sexuelles et de genre afin d’analyser l’évolution des conditions sociales et politiques de ces dernières dans un contexte de reconnaissance, partielle et controversée, de leurs droits. Les États occidentaux ont construit leur pouvoir sur les populations à partir d’identifications et de classements fondés sur le sexe et la sexualité. Au cours des dernières décennies, le déclin du répertoire fondé sur la répression, l’exclusion et l’invisibilisation au profit des normes d’égalité des droits et de lutte contre les discriminations conduit à ce que la citoyenneté des personnes LGBTI soit désormais prise en tension entre indifférence et exigence de dévoilement, entre discrimination et reconnaissance. Leurs expériences des services publics – en tant que personnels comme en tant que publics – varient fortement selon les contextes organisationnels et relationnels, ainsi que selon leurs positions au sein des différents rapports sociaux de domination, ce qui fragilise leur statut social.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Nicolas Rafin, Hélène Steinmetz, « Vie privée : quand l’État rame, les femmes et les enfants écopent », Délibérée, La Découverte, 2021, n°12, pp. 6-12 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Nicolas Rafin, Hélène Steinmetz, « Vie privée : quand l’État rame, les femmes et les enfants écopent », Délibérée, Délibérée, 2021, n°12, pp. 6-12  

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Sibylle Gollac, Hélène Oehmichen, Nicolas Rafin, « La classe, le genre, le territoire : les inégalités procédurales dans la justice familiale », Droit et société, Droit et société, 2021, n°106, pp. 547-566   

    Au moins un couple sur deux se sépare et le traitement judiciaire de ces séparations ne cesse de se diversifier. Analyser les inégalités face à ces procédures est essentiel pour questionner tant l’égalité de traitement dans les services publics que la différenciation des trajectoires sociales à l’issue de ces transitions familiales. Cet article mobilise une base inédite de 4 000 dossiers judiciaires en matière familiale, constituée dans sept tribunaux de grande instance, pour examiner les interdépendances entre les inégalités de classe, de genre et de territoire, au regard des délais de jugement, de la représentation par avocat·e et du recours à l’expertise. Les expériences de la justice familiale des hommes et des femmes qui se séparent sur le territoire français métropolitain varient significativement, tant en fonction de leurs propriétés sociales que de l’organisation des différents tribunaux et des marchés locaux du conseil juridique.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Compte rendu de Aurélie Peyrin (2019), Sociologie de l’emploi public », Gouvernement & action publique, Presses de sciences po, 2020, n°3   

    Emilie Biland-Curinier, Céline Bessière, Emilie Biland, Sibylle Gollac, Pascal Marichalar, « Penser la famille aux temps du COVID-19 », Mouvements : des idées et des luttes, La découverte, 2020   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Genre, patrimoine et droit civil. Les femmes mariées de la bourgeoisie québécoise en procès, 1900–1930, Thierry Nootens, Montréal & Kingston : McGill-Queen's University Press », Canadian Journal of Political Science / Revue canadienne de science politique, Cambridge University Press (CUP), 2020, n°0102   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Hélène Steinmetz, « Séparations conjugales : qui paie (ou pas) pour les enfants ? », Analyse Opinion Critique, Société AOC, 2020  

    Emilie Biland-Curinier, Céline Bessière, Emilie Biland, Hélène Oehmichen, « Justice familiale : tribunaux à l’arrêt, inégalités aggravées », Dalloz Actualité, Dalloz, 2020 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Sibylle Gollac, Hélène Oehmichen, Nicolas Rafin, « La classe, le genre, le territoire : les inégalités procédurales dans la justice familiale », Droit & société : théorie et sciences sociales du droit. , Cachan (ENS Cachan) : Droit & société, 2020, n°106   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Internationalisation de la recherche »: Une expérience franco-québécoise, Palimpseste. Sciences, humanités, sociétés , Université Rennes 2, 2019, n°2, pp. 8-10   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Une convergence divergente : Séparations conjugales et inégalités sociales en France et au Québec », SociologieS, Toulouse : Association internationale des sociologues de langue française, 2019, p. -   

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Une convergence divergente », SociologieS, , 2019  

    La massification des séparations conjugales et son corolaire, la libéralisation du droit au divorce, sont observées dans la plupart des pays d’Europe et d’Amérique du Nord. À partir d’enquêtes collectives menées durant plusieurs années en France et au Québec, cet article analyse la portée de ces changements sur les inégalités de classe et de genre. Dans ces deux contextes, l’action publique visant les séparations conjugales joue un rôle majeur dans le renouvellement contemporain du gouvernement de la vie privée. Toutefois, la France et le Québec sont caractérisés par des régimes partiellement distincts de reproduction institutionnelle des rapports sociaux. Ceci s’explique notamment par le caractère limité des circulations transnationales, débouchant sur une « convergence divergente » entre ces deux juridictions. The high incidence of breakups, along with the liberalization of divorce law, have occurred in most European and North-American countries for the last decades. This article assesses the scope of these social and legal changes regarding class and gender inequalities. This analysis is based on empirical studies that were collectively conducted over several years in France and Quebec (Canada). In both jurisdictions, judicial policies play a major part in the contemporary government of intimacy. However, France and Quebec differ regarding the intersection of class and gender inequalities. Such national patterns are due to limited cross-national circulation, which leads to a "divergent convergence" between these two contexts. Una convergencia divergente: separaciones maritales y desigualdad social en Francia y en QuebecLa masificación de las separaciones conyugales y su corolario, la liberalización del derecho al divorcio, se observan en la mayoría de los países de Europa y en América del Norte. A partir de investigaciones colectivas efectuadas a lo largo de varios años en Francia y Quebec, este artículo analiza el alcance de estos cambios respecto a las desigualdades de clase y género. En ambas jurisdicciones, la acción pública dirigida a la separación conyugal desempeña un papel importante en la renovación contemporánea del gobierno de la vida privada. Sin embargo, Francia y Quebec se caracterizan por regímenes parcialmente distintos de reproducción institucional de las relaciones sociales. Esto puede explicarse en particular por la limitada circulación transnacional, que resulta en una "convergencia divergente" entre estas dos jurisdicciones.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Julien Nessi, « Vers un Big Bang dans la fonction publique ? », Horizons publics, Berger-Levrault, 2018, n°6 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Pensions alimentaires et politiques sociales »: Quels impacts sur les droits des femmes ?, À bâbord!, La maison d'Édition des Boucaniers et Boucanières, 2018, n°74 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Trop de fonctionnaires territoriaux ? Dits et non-dits d’une fausse évidence », Revue française d'administration publique, Revue française d'administration publique, 2018, n°164, pp. 765-781   

    RésuméLe nombre croissant de fonctionnaires tend à être considéré comme la principale raison de l’augmentation de la masse salariale dans les collectivités territoriales. Limiter celle-ci passerait nécessairement par sa réduction. Cet article analyse les conditions cognitives (comment sont produits ces chiffres ?) et les ressorts sociaux (qui sont les entrepreneurs de cette cause ?) de ce diagnostic bien installé dans les discours publics. En associant sociologie de la quantification et sociologie des problèmes publics, il met au jour les bases réductionnistes sur lesquelles repose ce diagnostic. Ce dernier est autant le produit de la raison comptable qui oriente aujourd’hui l’action publique que des tensions entre collectivités et État pour le gouvernement du « local ».

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Fabien Desage, « Vers un enracinement cosmopolite : Sciences et pratiques de la comparaison internationale », Politix, Politix, 2018, n° 120, pp. 7-35   

    Dans un livre désormais classique, le politiste américain Sydney Tarrow soulignait les ressources internes mobilisées par les militant·e·s engagé·e·s dans des causes transnationales, évoquant des formes de « cosmopolitisme enraciné ». En analysant le développement récent des circulations entre la France et le Québec, cet article montre, de manière symétrique, combien la comparaison internationale constitue une dimension de plus en plus fréquente, voire obligée, de pratiques sociales et politiques ancrées localement et/ou nationalement. Ainsi, et en dépit des multiples différences qui caractérisent ces sociétés si souvent rapprochées, la France et le Québec tendent à former un vis-à-vis comparatif, dont les ressortissant·e·s, chercheur·e·s mais aussi et surtout fonctionnaires, militant·e·s, élu·e·s, journalistes – tendent à se comparer. Défendant une épistémologie réflexive, cet article invite donc les comparatistes savants à interroger leurs propres méthodes, en tenant compte des usages ordinaires de la comparaison parmi leurs enquêté·e·s (qui se comparent, autant qu’on les compare), ainsi que des enjeux internes de ce comparatisme désormais généralisé.

    Emilie Biland-Curinier, Céline Bessière, Émilie Biland, Abigail Bourguignon, Sibylle Gollac, «  Faut s’adapter aux cultures, Maître !  : La racialisation des publics de la justice familiale en France métropolitaine », Ethnologie française, Ethnologie française, 2018, n°48, pp. 131-140   

    Issu d’une enquête collective au sein de tribunaux de grande instance en France, l’article cherche à comprendre pourquoi le domaine de la famille est le terrain privilégié de l’expression d’un souci culturaliste de la part des professionnel‑le‑s du droit (juges, avocat‑e‑s et greffières) et quels sont les effets, dans la pratique, de ces processus de différenciation et de racialisation des publics sur le traitement des justiciables appartenant aux minorités ethno‑raciales. Dans un contexte de justice de masse, les catégories ethno‑raciales que les professionnel‑le‑s du droit mobilisent offrent un moyen rapide de catégoriser les affaires, en appréhendant des situations familiales perçues comme « complexes » dans une opposition binaire et évolutionniste (culture « traditionnelle » et « patriarcale » des minorités ethno‑raciales vs culture « moderne » et « émancipatrice » de la population majoritaire), durcissant par là des stéréotypes de genre et de classe.

    Emilie Biland-Curinier, Céline Bessière, Emilie Biland, Abigail Bourguignon, Sibylle Gollac, « Faut s’adapter aux cultures, Maître ! La racialisation des publics de la justice familiale en France métropolitaine », Ethnologie française, Presses Universitaires de France, 2018, n°48   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Fabien Desage, « France / Québec : (se) comparer », Politix, De Boeck, 2017, n°120, p. 228 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Muriel Mille, « Ruptures de riches : Privilèges de classe et inégalités de genre au sein de la justice québécoise », Sociétés contemporaines, Sociétés contemporaines, 2017, n°108, pp. 97-124   

    Les séparations des couples québécois fortunés constituent un observatoire des rapports au droit des classes dominantes. Dix cas ethnographiques, rassemblés à partir d'entretiens et d'observations au tribunal et dans des cabinets d'avocat·e·s, et complétés par une centaine de dossiers judiciaires, montrent le traitement judiciaire exceptionnel auquel ces couples ont accès en comparaison de ceux des autres milieux sociaux. Leurs capitaux et leurs styles de vie, ainsi que l'empathie et la compétence technique des professionnel·le·s les aident à utiliser toutes les ressources du droit pour faire valoir leurs droits. Ces couples très inégalitaires parviennent à jouer avec les rapports de genre de façon significative : les pères obtiennent plus souvent la garde des enfants, les épouses peuvent espérer voir leu investissement familial financièrement reconnu. Les inégalités de genre demeurent cependant prégnantes, les femmes étant conduites à faire davantage de concessions que les hommes.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Aurélie Fillod-Chabaud, Gabrielle Schütz, « Dans l’intérêt des enfants. Présentation du dossier », Droit et société, Droit et société, 2017, n°95, pp. 7-12  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Hélène Steinmetz, « Are Judges Street-Level Bureaucrats? Evidence from French and Canadian Family Courts », Law & Social Inquiry, , 2017, n°2   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Fabien Desage, « Vers un enracinement cosmopolite. Sciences et pratiques de la comparaison internationale », Politix, De Boeck Supérieur, 2017, n°120, pp. 7-35 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Aurélie Fillod-Chabaud, Gabrielle Schütz, « Dans l’intérêt des enfants. Présentation du dossier »: Présentation du dossier, Droit et Société : Revue internationale de théorie du droit et de sociologie juridique, Librairie générale de droit et de jurisprudence (LGDJ) - Lextenso éditions , 2017, n°95, pp. 7-12   

    Emilie Biland-Curinier, Aurélie Fillod-Chabaud, Emilie Biland, Gabrielle Schütz, « Justice familiale et inégalités sociales [dossier thématique] », Droit et Société : Revue internationale de théorie du droit et de sociologie juridique, Librairie générale de droit et de jurisprudence (LGDJ) - Lextenso éditions , 2017, n°95, pp. 7-102 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Fabien Desage, « France/Québec : (se) comparer (dossier) », Politix, De Boeck Supérieur, 2017, pp. 7-138 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Trop de fonctionnaires territoriaux ? »: Dits et non-dits d’une fausse évidence, Revue française d’administration publique, Institut international d'administration publique - École nationale d'administration (ENA) - Institut national du service public (INSP) , 2017, n°164 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Aurélie Fillod-Chabaud, Gabrielle Schütz, « Justice familiale et inégalité sociales », Droit et Société : Revue internationale de théorie du droit et de sociologie juridique, Lextenso éditions, 2017, n°95, p. 206 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Muriel Mille, « Ruptures de riches. Privilèges de classe et inégalités de genre au sein de la justice québécoise », Sociétés contemporaines, Presses de Sciences Po, 2017, n°4  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Gabrielle Schütz, « Éric c Lola »: Du conflit privé à la cause publique, Bulletin de liaison de la Fédération des Associations de Familles Monoparentales et Recomposées du Québec, Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, 2016, n°2, pp. 9-11  

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Commaille (Jacques) – À quoi nous sert le droit ? – Paris, Gallimard, 2015 (Folio Essais). 528 p. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2016, n°66, p. -  

    Emilie Biland-Curinier, Aurélie Fillod-Chabaud, Céline Bessiere, Emilie Biland, Benoît Coquard, « Enquêter, écrire et publier en collectif », Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales, Institut d'ethnologie (Neuchâtel), 2016, n°32   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Muriel Mille, « Selon que vous serez puissant ou misérable… »: Les inégalités sociales et genrées dans l’accès à la justice familiale, Nouveaux Cahiers du socialisme, Ecosociété ed., 2016, n°16, pp. 70-78 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Hélène Zimmermann, « Se séparer au bas de l’échelle sociale : avec ou sans avocat », Bulletin de liaison de la Fédération des Associations de Familles Monoparentales et Recomposées du Québec, Fédération des associations de familles monoparentales et recomposées du Québec, 2016, n°2 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Gabrielle Schütz, « Les couples non-mariés ont-ils des droits ? »: Comment juristes, intellectuels et journalistes ont construit l’affaire, Canadian Journal of Law and Society / Revue Canadienne Droit et Société, Cambridge University Press (CUP) , 2015, n°3  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Gabrielle Schütz, « Physical Custody of Children in the Province of Québec »: A Quantitative Analysis of Court Records, Que savons-nous ? , L’ARUC – Séparation parentale, recomposition familiale, 2015  

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Gabrielle Schütz, « Tels pères, telles mères ? : La production des déviances parentales par la justice familiale québécoise », Genèses, Genèses, 2014, n°97, pp. 26-46   

    Au Québec, plusieurs dispositifs institutionnels amènent les juges à s’investir particulièrement dans les affaires mettant en cause la capacité des parents qui se séparent à s’occuper de leurs enfants. L’enquête ethnographique menée dans trois tribunaux montre comment juges et avocat-e-s donnent crédit aux accusations de déviance, mais aussi quels sont les ressorts structurels de ces accusations, situés au cœur des rapports sociaux de classe, de « race » et de sexe. Le contrôle judiciaire de la parentalité s’avère très inégal, différenciant fortement les rôles paternel et maternel et pesant plus durement sur les justiciables de classe populaire, en particulier ceux issus de l’immigration.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « ‪Local Civil Service: ‪ : ‪From Internal Mobility to Spatial Mobility?‪ », Travail et emploi, Travail et emploi, 2014, n°HS 2013, pp. 19-32   

    Au contraire de leurs homologues de l’État, les trajectoires des agents des collectivités territoriales ont longtemps été marquées par la stabilité, plutôt que par la mobilité spatiale. Cet article revient sur ce modèle de recrutement et de carrière au local et analyse sa remise en cause contemporaine, au moyen d’une analyse quantitative et qualitative de dossiers du personnel d’une petite ville. La montée en puissance de la mobilité géographique est concomitante de la raréfaction de la mobilité sociale en cours de vie active. Toutefois, la majorité des agents publics de cette ville demeurent ancrés localement. Pour comprendre la percée limitée de cette mise en mobilité des carrières professionnelles, l’article repère ses coûts et bénéfices inégaux selon des facteurs générationnels, sociaux et genrés.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Gabrielle Schütz, « Tels pères, telles mères ? »: La production des déviances parentales par la justice familiale québécoise, Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2014, n°97, pp. 26-46 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Local Civil Service: », Travail et emploi, , 2014  

    In contrast to their peers working for the State, the trajectories of local government employees have long been marked by stability instead of spatial mobility. This article re-examines this local hiring and career model and analyses its contemporary critiques, through a quantitative and qualitative analysis of the personnel files of a small city. The rising importance of geographical mobility is concomitant with the increasing rarity of social mobility over the course of one’s working life, and yet the majority of this city’s public employees remain locally rooted. To understand the limited progress of the effort to make professional careers mobile, the article identifies the unequal costs and benefits of mobility according to generational, social, and gendered factors. Au contraire de leurs homologues de l’État, les trajectoires des agents des collectivités territoriales ont longtemps été marquées par la stabilité, plutôt que par la mobilité spatiale. Cet article revient sur ce modèle de recrutement et de carrière au local et analyse sa remise en cause contemporaine, au moyen d’une analyse quantitative et qualitative de dossiers du personnel d’une petite ville. La montée en puissance de la mobilité géographique est concomitante de la raréfaction de la mobilité sociale en cours de vie active. Toutefois, la majorité des agents publics de cette ville demeurent ancrés localement. Pour comprendre la percée limitée de cette mise en mobilité des carrières professionnelles, l’article repère ses coûts et bénéfices inégaux selon des facteurs générationnels, sociaux et genrés.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Sarah Kolopp, « La fabrique de la pensée d'État : Luttes d'institutions et arrangements cognitifs à l'ENA (1945-1982) », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2013, n°VOL. 2, pp. 221-248   

    Portant sur la formation à l’École nationale d’administration entre 1945 et 1982, cet article entend contribuer à l’analyse des ressorts cognitifs de la domination bureaucratique. Au moyen d’une étude archivistique, il montre que les enseignements sont travaillés par des processus de changement indexés sur des rapports de force situés au croisement du champ du pouvoir et du champ des grandes écoles. Ces inflexions permettent d’historiciser la figure du « généraliste », souvent mobilisée pour caractériser les hauts fonctionnaires français. Du haut fonctionnaire humaniste dans les années 1950 au modèle « opérationnel » des années 1970, en passant par le projet de haut fonctionnaire scientifique dans les années 1960, ces constructions curriculaires de l’excellence administrative participent à la recomposition des modes de légitimation des groupes bureaucratiques, ainsi qu’aux transformations des catégories symboliques qui encadrent les dispositifs d’action publique.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Quand les managers mettent la robe. Les grandes écoles de commerce sur le marché de la formation juridique », Droit et société, Droit et société, 2013, n°83, pp. 49-65   

    Dans quelles conditions et avec quel degré de succès une institution scolaire peut-elle investir une discipline et un segment professionnel qui ne sont pas historiquement les siens ? Cet article examine un cas précis de transgression des frontières disciplinaires, institutionnelles et professionnelles : celui de la formation des avocats d’affaires par les grandes écoles de commerce françaises. Examinant en détail le cursus dédié au droit de la grande école des Hautes études commerciales (HEC), il montre que leur participation prudente au marché de la formation juridique s’inscrit dans leur jeu triangulaire avec les universités et les professionnels du droit. Analysant les transformations de ces transactions collusives depuis le milieu des années 1980, il conclut à l’affinité entre ce type de formation, pluridisciplinaire et sélective, et les dynamiques contemporaines du capitalisme à la fois juridicisé et financiarisé.

    Emilie Biland-Curinier, Céline Bessière, Emilie Biland, Aurélie Fillod-Chabaud, « Résidence alternée : la justice face aux rapports sociaux de sexe et de classe », Lien social et Politiques, Anjou, Québec : Éd. Saint-Martin ; Rennes : Presses de l'EHESP, 2013, n°69   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Quand les managers mettent la robe »: Les grandes écoles de commerce sur le marché de la formation juridique, Droit et Société : Revue internationale de théorie du droit et de sociologie juridique, Librairie générale de droit et de jurisprudence (LGDJ) - Lextenso éditions , 2013, n°83, pp. 49-65 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Sarah Kolopp, « La fabrique de la pensée d’État »: Luttes d’institution et arrangements cognitifs à l’ENA (1945-1982), Gouvernement & action publique, Presses de sciences po, 2013, n°2 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Rachel Vanneuville, « Government lawyers and the training of senior civil servants : maintaining law at the heart of the French state », International Journal of the Legal Profession, Taylor & Francis (Routledge), 2013, n°1, pp. 29-54 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Les concours territoriaux : à l'ombre de l'État, entre les mains des élus ou aux avant-postes de la modernisation ? », Revue française d'administration publique, Revue française d'administration publique, 2012, n°142, pp. 431-442   

    Résumé Étudiant les différents modèles de concours qui ont prévalu dans la fonction publique territoriale française depuis les années 1970, cet article examine les modalités et les limites de la diffusion du modèle étatique dans un segment de l’emploi public à la fois hétérogène et davantage politisé. La plasticité et le caractère subsidiaire des concours dans la fonction publique territoriale apparaissent désormais, non plus comme un écart à la norme, mais comme une source d’inspiration possible pour les réformateurs critiques de l’administration wébérienne.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Fonction publique territoriale : de la mobilité interne à la mobilité spatiale ? », Travail et emploi, Travail et emploi, 2012, n°127, pp. 53-66   

    Au contraire de leurs homologues de l’État, les trajectoires des agents des collectivités territoriales ont longtemps été marquées par la stabilité, plutôt que par la mobilité spatiale. Cet article revient sur ce modèle de recrutement et de carrière au local et analyse sa remise en cause contemporaine, au moyen d’une analyse quantitative et qualitative de dossiers du personnel d’une petite ville. La montée en puissance de la mobilité géographique est concomitante de la raréfaction de la mobilité sociale en cours de vie active. Toutefois, la majorité des agents publics de cette ville demeurent ancrés localement. Pour comprendre la percée limitée de cette mise en mobilité des carrières professionnelles, l’article repère ses coûts et bénéfices inégaux selon des facteurs générationnels, sociaux et genrés.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Les transformations générationnelles de la politisation dans les collectivités territoriales », Politix, Politix, 2012, n°96, pp. 17-37   

    RésuméCette contribution étudie les rapports au politique (entendus principalement comme les relations entretenues avec les élus locaux) des cadres des collectivités territoriales au regard de leur mode de recrutement, de leur statut d’emploi et de leur déroulement de carrière. Ces trois indicateurs de la position professionnelle varient fortement selon la génération d’appartenance. Les transformations de l’emploi public local qui affectent les jeunes générations – élévation de la qualification initiale, raréfaction de la mobilité liée à l’ancienneté, banalisation de la mobilité géographique et de la contractualisation – contribuent à la redéfinition des relations entre élus locaux et cadres territoriaux, dans le sens d’une moindre dépendance personnelle, mais d’un étiquetage partisan maintenu. Ce faisant, cet article revisite la thèse de la politisation de l’encadrement territorial en spécifiant ses formes au regard des trajectoires et des pratiques professionnelles, ainsi qu’en intégrant l’existence de tensions générationnelles.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Les concours territoriaux : à l’ombre de l’État, entre les mains des élus ou aux avant-postes de la modernisation ? », Revue française d’administration publique, Institut international d'administration publique - École nationale d'administration (ENA) - Institut national du service public (INSP) , 2012, n°142 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Fonction publique territoriale : de la mobilité interne à la mobilité spatiale ? », Travail et emploi, , 2012  

    Au contraire de leurs homologues de l’État, les trajectoires des agents des collectivités territoriales ont longtemps été marquées par la stabilité, plutôt que par la mobilité spatiale. Cet article revient sur ce modèle de recrutement et de carrière au local et analyse sa remise en cause contemporaine, au moyen d’une analyse quantitative et qualitative de dossiers du personnel d’une petite ville. La montée en puissance de la mobilité géographique est concomitante de la raréfaction de la mobilité sociale en cours de vie active. Toutefois, la majorité des agents publics de cette ville demeurent ancrés localement. Pour comprendre la percée limitée de cette mise en mobilité des carrières professionnelles, l’article repère ses coûts et bénéfices inégaux selon des facteurs générationnels, sociaux et genrés. Unlike national civil servants, who are known as frequent movers, the history of the local civil service has demonstrated that local employees often have strong links with the territory where they work. This sociological approach assesses the accurateness of this analysis to describe the current local public employment. As it uses quantitative and qualitative data gathered in a French town, it shows that space mobility has been increasing whereas social mobility has been decreasing since the 1970s and 1980s. Indeed, the former is a growing requirement to the latter. This overall trend is scrutinised through social, gendered and generational patterns that differentiate public servants. Eventually, one should be convinced by the interest of career analysis to understand the managerial trend of public policies.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Liora Israël, « À l’école du droit. Les apports de la méthode ethnographique à l’analyse de l’enseignement du droit », Les Cahiers de droit, Université Laval (Canada) , 2011, n°34 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Zielinski (Bernd), dir. – Penser le service public. Histoire et perspectives en France, en Allemagne et en Russie. – Québec, Presses de l’Université Laval, 2010 (Inter-Sophia). 236 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2011, n°61, p. -  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Fonction publique territoriale : de la mobilité interne à la mobilité spatiale ? », Travail et Emploi, DARES, 2011, n°127, pp. 53-66 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Les transformations générationnelles de la politisation dans les collectivités territoriales », Politix, De Boeck Supérieur, 2011, n°96, pp. 17-37 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Les ambiguïtés de la sélection par concours dans la fonction publique territoriale : une institutionnalisation inachevée »: Une institutionnalisation inachevée, Sociologie du travail, Association pour le développement de la sociologie du travail, 2010, n°2  

    Cet article examine le processus de construction de la fonction publique territoriale (FPT) au travers des concours sélectionnant les agents publics locaux. Après avoir étudié les logiques politiques et administratives qui président, depuis les années 1970, à l’institutionnalisation de concours qui ne remettent pas en cause les prérogatives des élus-employeurs, il montre que le processus inachevé de bureaucratisation de la FPT structure le déroulement des concours lui-même. Le « devoir de réserve » des fonctionnaires est évalué, mais par les élus, membres des jurys. La « personnalité bureaucratique » est valorisée, mais tempérée par des attentes inspirées par le référentiel managérial contemporain. Les concours territoriaux sont proches de leurs homologues étatiques mais sont aussi illustratifs d’une volonté de s’en distinguer. Ces ambiguïtés témoignent de la faiblesse du dispositif concourant, au moment où celui-ci fait l’objet de critiques tous azimuts, encore amplifiées dans une fonction publique territoriale (FPT) historiquement éloignée du modèle méritocratique français. The process of constructing a civil service in France at the local and regional levels (function publique territoriale) is examined by focusing on selective examinations for recruiting and promoting personnel. The political and administrative rationales are described that have, since the 1970s, institutionalized these examinations, which do not challenge the prerogatives of the elected officials to fill the employer’s role. The incomplete process of bureaucratization in local and regional administrations affects how these examinations take place. The duty of civil servants to avoid expressing opinions in public is evaluated but by the elected officials who serve on the panels that select applicants. Although the “bureaucratic personality” is prized, expectations stemming from the current reference to managerial criteria moderate this emphasis. Though similar to examinations conducted in the central government’s civil service, the selective examinations for local and regional government employees illustrate a determination to stand apart. These ambiguities show how weak the procedures related to these examinations are at a time when they have come under wide-ranging criticisms. The latter are amplified in local and regional administrations which, historically, differ significantly from the French Republic’s merit-based model.

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Carrières concourantes : Éléments sur la socialisation par les concours administratifs territoriaux », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2010, n°17, pp. 57-73  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Carrières concourantes »: Éléments sur la socialisation par les concours administratifs territoriaux, Terrains et Travaux : Revue de Sciences Sociales, ENS Cachan, 2010, n°17, pp. 57-73 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « L’emploi public local et la réforme de l’État », Books and Ideas, Collège de France, 2010 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « La fonction publique territoriale », Problèmes Politiques et Sociaux - Articles et Documents d'Actualité Mondiale, La Documentation française, 2009, n°967, p. 117 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Jean-Sébastien Eideliman, Séverine Gojard, « Ceteris (non) paribus ? : Combiner régression logistique et analyse des données pour étudier les arrangements pratiques des personnes handicapées ou dépendantes », Genèses, Genèses, 2009, n°73, pp. 37-56   

    RésuméPrenant appui sur l’exploitation statistique de l’enquête Insee « Handicaps, incapacités, dépendance », cette contribution met en lumière les apports comparés de deux méthodes statistiques, l’analyse factorielle et les régressions. Ces outils méritent d’être utilisés de manière combinée : c’est en effet en séparant les influences des différentes variables structurant le recours à l’aide, grâce à des régressions, puis en analysant leurs interactions, par des analyses factorielles, que l’on peut identifier la diversité des arrangements pratiques mis en place par les personnes face à des difficultés dans la vie quotidienne.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, «  Moderniser les ressources humaines  dans une petite ville française : appropriations et contournements des normes juridiques et gestionnaires », Pyramides : Revue du Centre d'études et de recherches en administration publique, Centre d'études et de recherches en administration publique (CERAP), Université Libre de Bruxelles (ULB) , 2009, n°17, pp. 15-34  

    Observe-t-on, dans les collectivités locales françaises, récemment instituées en laboratoires de la modernisation publique, un recours croissant à des outils traduisant l’influence de savoirs gestionnaires voire de références issues du nouveau management public ? Pour répondre à cette question, cette contribution s’appuie sur une enquête ethnographique réalisée dans une petite ville, qui étudie les transformations des modes de recrutement et de gestion du personnel depuis le milieu des années 1990. Si la ville enquêtée n’est pas coupée des dynamiques qui traversent l’ensemble du marché du travail, l’adoption de tels outils est loin de s’imposer unilatéralement aux employeurs locaux : elle est conditionnée par les dynamiques internes du gouvernement municipal et dépend, en outre, de la chronologie propre à ce segment du marché du travail. On observe aujourd’hui un cumul de normes juridiques et de normes gestionnaires qui délégitiment les recrutements locaux et assistanciels, qui encouragent la convergence des pratiques des employeurs locaux et accentuent la bureaucratisation formelle.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Jean-Sébastien Eideliman, Séverine Gojard, « Ceteris (non) paribus ? Combiner régression logistique et analyse des données pour étudier les arrangements pratiques des personnes handicapées ou dépendantes », Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2008, n°73, pp. 37-56   

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « Comprendre la diversité des modes d'organisation quotidienne après 50ans », Retraite et société, Retraite et société, 2008, n°53, pp. 67-87   

    À partir de l’enquête « Handicaps-Incapacités-Dépendance », cet article interroge la pertinence de deux catégories constituées comme distinctes par les politiques sociales : celle de personne handicapée et celle de personne âgée dépendante. Il montre qu’à ces deux catégories correspondent effectivement des types d’aidants différents : prise en charge exclusivement familiale d’un côté, au moins partiellement professionnelle de l’autre. Toutefois ces deux catégories ne suffisent pas à épuiser la diversité des situations de vie à domicile après 50 ans. L’observation des transitions caractéristiques de « l’âge de la vieillesse » dans le champ du droit et des politiques publiques, dans celui des configurations familiales et dans celui des capacités physiques, témoigne d’un allongement du temps marquant l’entrée dans la « vieillesse ». Cet allongement fragilise l’hypothèse d’une homogénéisation des situations de vie, dont la catégorie de « personnes âgées dépendantes » rendrait compte. L’étude montre au contraire qu’à âge donné, les situations de vie rencontrées par les personnes vieillissantes demeurent très diverses. Les personnes handicapées et les personnes âgées dépendantes, statistiquement minoritaires au sein de l’échantillon, sont à certains égards plus proches entre elles, en ce qu’elles ont recours à une aide humaine, que des personnes, majoritaires dans l’échantillon, qui parviennent, grâce à des routines ou à des aides techniques, à se passer d’une telle prise en charge.

    Emilie Biland-Curinier, Aude Béliard, Émilie Biland, « Enquêter à partir de dossiers personnels. : Une ethnographie des relations entre institutions et individus », Genèses, Genèses, 2008, n°70, pp. 106-119   

    RésuméCet article explore les usages quantitatifs et ethnographiques offerts par l’exploitation de dossiers personnels. Soucieuses de réfléchir aux enjeux éthiques posés par ces matériaux confidentiels, les deux contributions (s’appuyant l’une sur des dossiers de carrière de fonctionnaires, l’autre sur des dossiers médicaux) montrent que ceux-ci permettent d’analyser les formes institutionnelles de traitement des individus ou, plus exactement, les modalités proprement scripturales de l’encadrement institutionnel. Ces dossiers témoignent également des formes individuelles d’appropriation des logiques institutionnelles.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Comprendre la diversité des modes d’organisation quotidienne après 50 ans », Retraite et société, Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) / La Documentation Française, 2008, n°53, pp. 67-87 

    Emilie Biland-Curinier, Aude Béliard, Emilie Biland, « Enquêter à partir de dossiers personnels »: Une ethnographie des relations entre institutions et individus, Genèses. Sciences sociales et histoire, Belin, 2008, n°70 

    Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, « La  démocratie participative  en  banlieue rouge  : Les sociabilités politiques à l'épreuve d'un nouveau mode d'action publique », Politix, Politix, 2006, n°75, pp. 53-74   

    RésuméCet article analyse les transformations, depuis les années 1960 jusqu’aux années 2000, des relations entre ceux qui vivent à Gennevilliers et ceux, élus majoritairement communistes et fonctionnaires municipaux, qui dirigent cette commune populaire de proche banlieue parisienne. Il s’intéresse aux dispositifs contemporains relevant de la « démocratie participative » en relation avec les formes plus anciennes d’affiliation politico-locale. Il montre comment les élus locaux s’approprient l’« impératif participatif » pour faire face aux transformations politiques, sociales et économiques qu’ils perçoivent. Tentatives de renouvellement de formes anciennes d’engagement, les comités ne parviennent que partiellement à s’y substituer et sont fragilisés par les processus de désaffiliation qui touchent les classes populaires. La mise en place récente de dispositifs participatifs qui retiennent l’échelle de la ville et non plus du quartier, consacre la prise de distance de la municipalité vis-à-vis des « vieux militants », au moment où elle tente d’obtenir le soutien de nouveaux groupes sociaux en vue de la modernisation de la ville.

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « La 'démocratie participative' en 'banlieue rouge' »: Les sociabilités politiques à l’épreuve d’un nouveau mode d’action publique, Politix, De Boeck Supérieur, 2006, n°75, pp. 53-74 

  • Emilie Biland-Curinier, « Minorités de sexualité et de genre » (dir.), Dictionnaire politique de l’Amérique latine, Éditions de l’IHEAL, 2024 

  • Emilie Biland-Curinier, Émilie Biland, Cyrine Gardes, Jérôme Pélisse, Expériences pandémiques du droit et de la justice. L’urgence sanitaire dans la rue, au travail et au foyer, 2025   

    Emilie Biland-Curinier, Sibylle Gollac, Céline Bessière, Emilie Biland, Abigail Bourguignon [et alii], Parents au tribunal., 2022   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Kévin Lavoie, Hélène Zimmermann, Joanie Bouchard, Professionnel•les et intermédiaires du droit face aux parents LGBTQ+, 2022, 40 p.   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Sibylle Gollac, Céline Bessière, Abigail Bourguignon [et alii], Justice et inégalités au prisme des sciences sociales, 2019, 180 p.   

  • Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Jeanne Hersant, Felipe Aguila, Retamal Felipe Bustos, La prensa convencional trata mejor a las parejas del mismo sexo que hace 20 años, 2022 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Joanie Bouchard, Kévin Lavoie, Isabel Côté, Quelles expériences du droit et de la justice pour les parents LGBTQ+ qui se séparent ?, 2021   

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Joanie Bouchard, Kévin Lavoie, Isabel Côté, Les droits familiaux des personnes LGBTQ+ au prisme des séparations conjugales, 2021 

    Emilie Biland-Curinier, Céline Bessiere, Emilie Biland, Elizabeth Brown, Catherine Cavalin, Violences conjugales : Pour sauver des vies, un SMS ne suffira pas, Le Monde, 2020  

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Inside the Castle. Law and the Family in 20th Century America, J.L. Grossman,L.M. Friedman. Princeton University Press, Princeton (2011)., 2016, pp. 88-90 

  • Emilie Biland-Curinier, « Réseau international de l’innovation en Justice (RIIJ) », le 15 novembre 2023  

    Colloque organisé par le Réseau international de l’innovation en Justice, l'IERDJ, l’Institut québécois de réforme du droit et de la justice (IQRDJ), et soutenu par la Commission permanente de coopération franco-québécoise (CPCFQ)

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Sibylle Gollac, Nicolas Rafin, Hélène Steinmetz, « Une et indivisible ? La justice familiale au prisme des inégalités territoriales », Justice et inégalités au prisme des sciences sociales, Paris, le 23 novembre 2022 

    Emilie Biland-Curinier, « Droit et temporalités », le 14 avril 2021  

    Organisées par Charles Reveillere - CSO, Lus Prauthois - IRISSO, CSO et Jérôme Pélisse - CSO, Science Po

    Emilie Biland-Curinier, « Syndicalisme, pouvoirs et politiques dans les services publics territoriaux (XXe-XXIe siècles) », le 12 septembre 2019  

    Organisé par le laboratoire Triangle, Lyon, Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le CNRS, Sciences Po Lyon, Université Jean Monnet Saint-Etienne…

    Emilie Biland-Curinier, « Public / Privé. Des frontières sous tension », le 03 juin 2019  

    Organisé par le pôle Gouvernance de la Maison des Sciences de l’Homme en Bretagne, Rennes

    Emilie Biland-Curinier, « Quelle gestion des ressources humaines pour l'emploi public local ? », le 16 novembre 2016  

    Organisée par le laboratoire ERMES CDG 06 et le Centre de gestion des Alpes-Maritimes

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, Julie Minoc, Gabrielle Schütz, « Rôles parentaux et inégalités sociales. La justice familiale en France et au Québec. », Séminaire général du Printemps, Guyancourt, le 01 octobre 2015 

    Emilie Biland-Curinier, Emilie Biland, « Fixation et perception des pensions alimentaires au Québec : de l'élaboration à la mise en œuvre. », Colloque - Les ruptures familiales : affaire publique, affaire privée ?, Paris, le 09 juin 2015 

    Emilie Biland-Curinier, « Sociologie du droit et de l’action publique », le 04 juin 2015 

    Emilie Biland-Curinier, Catherine Paradeise, Jean-Claude Thoenig, S. Mignot-Girard, Emilie Biland, « Practical relevance and academic excellence: Four business schools in context », EFMD Higher Education Research Conference - Session 6B "Relevance of HE Institutions & Business Schools, Zürich Switzerland, le 14 janvier 2012 

    Emilie Biland-Curinier, Catherine Paradeise, Jean-Claude Thoenig, Stéphanie Mignot-Gerard, Emilie Biland, « Excellence académique et pertinence professionnelle. Etude de quatre Business Schools en Europe et aux Etats-Unis », Les universités au risque de l'histoire. Principes, configurations et modèles. 19ème-20ème siècles, Nancy, le 10 octobre 2011 

    Emilie Biland-Curinier, « Faire parler le Parlement », le 13 octobre 2010 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Chloé Socha, Inclusion LGBT + en entreprise : définir et s'approprier le régime professionnel de sexualité et de genre, thèse soutenue en 2025 à Paris Institut détudes politiques présidée par Jérôme Pélisse, membres du jury : Gabrielle Schütz (Rapp.), Cécile Guillaume (Rapp.), Wilfried Rault et Laure Bereni    

    Cette thèse analyse l'émergence et la mise en œuvre d'instruments liés à l'orientation sexuelle et à l'identité de genre au sein des grandes entreprises françaises. L'enquête repose sur une monographie d'une grande entreprise industrielle française, menée sur trois ans à travers une participation observante et des observations non participantes en tant que « chargée de projet Diversité ». Elle s'appuie également sur des entretiens menés auprès de différents types de salarié es LGBT+ ou non, y compris des salarié•es militant es, des représentant•es syndicaux, des professionnel•les des ressources humaines et de la diversité, et sur de nombreuses sources écrites. Elle est enrichie par des entretiens avec des professionnel les de la diversité de plusieurs entreprises et l'observation d'événements professionnels. Au sein de l'organisation étudiée, les différentes configurations d'acteur-ices donnent lieu à des instruments multiples, reflets d'objectifs divergents. Ces instruments ont tendance à individualiser la question de l'orientation sexuelle et de l'identité de genre en privilégiant une approche centrée sur les comportements individuels plutôt que sur la modification des structures organisationnelles.Regroupés sous l'étiquette unique de « l'inclusion LGBT+ », ces instruments s'adressent pourtant à des publics hétérogènes, dont les caractéristiques sociales influencent leurs appropriations. En s'appuyant sur ces constatations empiriques, cette recherche met en lumière le régime professionnel de genre et de sexualité qui définit des formes de genre et de sexualité acceptables au sein de l'entreprise.

    Lus Prauthois, Deux papas ou deux mamans : La reconnaissance ambivalente de l'homoparentalité par la justice française entre 2013 et 2021, thèse soutenue en 2025 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Céline Bessière présidée par Violaine Roussel, membres du jury : Wilfried Rault (Rapp.), Cécile Vigour (Rapp.), Virginie Descoutures      

    La reconnaissance juridique des familles homoparentales issue de la loi du « mariage pour tous »est ambivalente. La justice française était chargée de la mettre en œuvre entre 2013 et 2021, ce qui a eu plusieurs conséquences. D'abord, cela a entraîné un effet d'entonnoir : les personnes homo/bisexuelles deviennent parent en réussissant les différentes étapes d'une carrière, mais seules une partie d'entre elles, fondées sur des couples, accède à la reconnaissance juridique de leurs liens de filiation. Ensuite, la reconnaissance juridique des couples de mères a fait l'objet d'une controverse judiciaire courte en 2013-2014, puis elle s'est routinisée dans la quasi-totalité des tribunaux judiciaires. En revanche, la reconnaissance juridique des couples de pères a été prise dans une controverse judiciaire plus large et plus ancienne autour de la reconnaissance juridique des enfants conçu·es par gestation pour autrui. Les parents homo/bisexuels se sentent appartenir à des familles comme les autres, sans pour autant accéder aux mêmes droits parentaux ou de la même manière que les autres. Ainsi, la reconnaissance de l'homoparentalité par la justice les place dans une tension autour de la normalité.

    Hélène Buscail, La chaîne pénale et ses victimes , thèse en cours depuis 2023 en co-direction avec Pauline Delage  

    Cette thèse vise à appréhender les évolutions des rapports aux droits et aux institutions des victimes de violences sexuelles qui entament une démarche judiciaire. Peu d’études actuelles étudient l’ensemble de la chaîne pénale et non les jugements rendus, la méthode utilisée ici serait une enquête ethnographique et d’un suivi longitudinal par entretiens, depuis le dépôt de plainte jusqu’à la décision (que ce soit un classement sans suite, ou bien une décision du tribunal), en passant par la confrontation, les expertises, ou les échanges avec un·e avocat·e. Ces étapes sont autant de confrontations entre une victime profane et des expert·es de la procédure (mais aussi des non-expert·es accompagnant·es) qui font évoluer le sentiment de légitimité et les connaissances de la victime. Il s’agira aussi de mettre en évidence les inégalités d’accès à la justice déjà soulignées par la littérature dans d’autres domaines ou types de contentieux, mais aussi les différences de traitement institutionnel en fonction types de violences sexuelles. En prenant en compte ces expériences différenciées, l’objectif est donc d’analyser l’effet des socialisations que produisent les institutions pénales sur les représentations de la justice, du droit et des violences sexuelles.

    Néo Gaudy, Prévenir les violences tout en promouvant la santé sexuelle ? Une sociologie des mobilisations en santé communautaire LGBTQI et TDS des années 2010 à aujourd’hui, thèse en cours depuis 2023 en co-direction avec Alexandre Jaunait 

    Suzanne Quintin, En quête de respectabilité. Une ethnographie comparée du travail des personnels municipaux au bas de l'échelle., thèse soutenue en 2019 à Rennes 2 en co-direction avec Bleuwenn Lechaux  

    Quels sont les supports et modalités pratiques investis par les personnels municipaux du bas de l’échelle pour apparaître comme de « bons professionnels » aux yeux d’autrui ? Cette thèse appréhende la quête de respectabilité au travail comme une lutte de valeurs, tributaire du regard de la hiérarchie, des collègues, des publics et des proches, à partir de laquelle les agent·es puisent les moyens de faire reconnaître des ressources d’ordinaire peu légitimes et déjouent les classements dont ils/elles font l’objet (« populaires », « fainéants », « incompétents »). Fondée sur une enquête ethnographique attentive aux positions de classe et de genre, d’une approche comparative entre trois secteurs professionnels (espaces verts, sports et état civil) et entre deux grandes municipalités françaises (différenciées par leur ancrage partisan et leurs modes de gestion), elle examine les facteurs qui façonnent l’accès aux ressources de respectabilité et les modalités pratiques d’investissement. Elle montre que les ressources varient peu selon les villes : dans les deux cas investigués, les personnels usent de ressources similaires pour éviter d’être relégués à une position subalterne. Les modalités d’accès à la respectabilité sont en revanche socialement situées : elles dépendent de l’ancrage professionnel (ouvriers/employés), du degré de qualification des secteurs d’activité et du genre des agent·es.

  • Julia Descamps, Faire les papiers, (dé)faire la famille : encadrement institutionnel de l'immigration familiale, usages et expériences, thèse soutenue en 2024 à Paris 8 sous la direction de Yasmine Siblot et Cris Beauchemin présidée par François Héran, membres du jury : Tatiana Eremenko (Rapp.), Jennifer Bidet    

    Depuis les années 1970, les politiques de régulation de l’immigration familiale se sont multipliées et métamorphosées. Cette thèse vise à étudier comment les familles immigrées s’accommodent des injonctions, normes et contraintes que ces diverses formes légales leur imposent, et comment la sphère institutionnelle pénètre la sphère privée et domestique au cours des trajectoires migratoires. La recherche combine une analyse d’un corpus de textes juridiques, des exploitations statistiques de données administratives et de données d'enquête et plusieurs terrains ethnographiques et biographiques. La thèse montre que les politiques d’immigration familiale sont normatives et sélectives, et tracent les contours de la « morale familiale » attendue des immigré·es, hommes et femmes, laquelle est adossée à un ordre social et racial. Les capacités à faire valoir ses droits à l’immigration familiale ne sont pas également réparties : les critères des politiques laissent en marge les familles immigrées les plus précaires, tandis qu’à l’échelle individuelle, les dispositions à « faire les papiers » sont différenciées selon les ressources scolaires, linguistiques, genrées, migratoires. Alors que le droit fait de l’égalité entre les membres de la famille un « principe essentiel de la République », des inégalités de statut et des arrangements familiaux inégalitaires découlent de ce cadre juridique contraignant : inégalités entre générations, au sein des adelphies, et des couples. Celles-ci viennent souvent renforcer et légitimer, parfois recomposer, les rapports de pouvoir au sein de la famille et entre les familles, à l'articulation des rapports de classe, de race, et de genre.

    Adrien Mével, Des polices uniformes ? : une comparaison de la participation des polices municipales à la production locale de l'ordre dans trois grandes villes françaises, thèse soutenue en 2024 à Université de Rennes 2023 sous la direction de Thomas Aguilera présidée par Jacques de Maillard, membres du jury : Émilie Curinier-Biland (Rapp.), Anne-Cécile Douillet (Rapp.), François Bonnet et Audrey Freyermuth    

    L’essor des polices municipales en France est particulièrement visible dans les grandes villes, où ces services prennent maintenant une place importante en matière de sécurité publique. Cette croissance pose deux questions centrales : la municipalisation de la production de l’ordre génère-t-elle une différenciation entre territoires urbains, ou s’accompagne-t-elle d’une standardisation de ces services de police ré-émergents ? Et les polices municipales reproduisent-elles le modèle de la police nationale, ou incarnent-t-elles une voie spécifique ? Pour répondre à ces questions, la thèse mobilise un cadre d’analyse au croisement des sociologies de l’action publique, de la police, et des groupes professionnels. Le matériau empirique est issu d’une enquête menée dans trois grandes villes françaises entre 2018 et 2023. La thèse démontre deux grands résultats. Premièrement, l’analyse comparative permet d’invalider l’idée d’une standardisation des polices municipales : si celles-ci suivent bien des trajectoires communes, les temporalités et les modalités de leur développement sont différentes, ce qui limite la convergence, et peut même réintroduire des formes de divergence entre les services étudiés. Deuxièmement, l’isomorphisme des polices municipales vers la police nationale est limité : bien que les agents municipaux se revendiquent de plus en plus comme policiers, des modes contrastés d’investissement du métier cohabitent ; de plus, les jeux de distinction entre policiers déplacent les lignes de démarcation plutôt qu’ils ne les effacent. La thèse conclut en proposant une typologie des polices municipales de grandes villes pour de futures recherches.

    Rémi Rouméas, Trier les crimes. Approche sociologique de la correctionnalisation judiciaire, thèse soutenue en 2023 à Lyon École normale supérieure sous la direction de Bernard Lahire présidée par Alexis Spire, membres du jury : Émilie Curinier-Biland (Rapp.), Laurent Willemez (Rapp.), Anne-Claude Ambroise-Rendu et Laure Bereni    

    Une partie importante des crimes est jugée au sein des tribunaux correctionnels, sous la qualification de délit. Cet usage discrétionnaire, nommé correctionnalisation, suppose de passer sous silence des circonstances aggravantes prévues par la loi. Le premier objectif de la thèse est d’étudier les logiques qui conduisent les magistrats et avocats à faire ce tri. La première partie retrace ainsi les processus historiques par lesquels le respect inconditionnel de la loi, prôné par les premiers codes pénaux, s’est vu relégué au rang d’une conduite professionnelle anormale et atypique en matière de qualification des crimes. Cette partie examine la promotion professionnelle la désobéissance au code pénal, les entreprises menées pour donner force de droit à la correctionnalisation, ainsi que les controverses qu’elle suscite, en particulier dans le contexte de politisation des violences sexuelles. Le second objectif de la thèse est d’étudier comment les professionnels choisissent les crimes, en l’absence de codification et d’encadrement du tri. La thèse met au jour les logiques morales et sociales qui sous-tendent la distinction entre de « vrais crimes » et des « crimes ordinaires », et la façon dont cette distinction interagit avec les attentes gestionnaires, répressives et symboliques des professionnels. En dernier lieu, la thèse met au jour les conditions de félicité de l’attribution d’une qualification délictuelle dans un dossier criminel, en interrogeant la manière dont se déroulent les échanges entre les magistrats, les avocats et les victimes. Cette recherche s’appuie sur quatre types de matériaux : des archives et des sources de presse ; 82 entretiens semi-directifs avec des magistrats, des avocats et des victimes ; des observations de la permanence pénale du parquet, d’audiences correctionnelles, de procès à la cour criminelle départementale et à la cour d’assises ; des dossiers criminels archivés, complétés par un corpus de chroniques judiciaires.

    Penatcha Clément Hili, Syndicalisme communal, luttes sociales contre la précarité, et établissement d'un système décentralisé stable en Côte d'Ivoire, thèse soutenue en 2023 à université ParisSaclay sous la direction de Matthieu Hély, Bony Guiblehon et Alexandra Oeser présidée par Sophie Pochic, membres du jury : Aurélie Peyrin (Rapp.), Émilie Curinier-Biland (Rapp.), Alexis Roy   

    La présente étude a été menée sur le syndicalisme territorial en vue de comprendre les initiatives syndicales dans la lutte contre la précarité. La question de départ de cette recherche était : Comment expliquer la progression de la syndicalisation parmi les agents territoriaux en dépit de la précarité croissante et de l'absence de statut unifiant les groupes professionnels ?A travers cette problématique, nous avons essayé d'interroger plus largement la mobilisation collective dans un contexte où la sécurité de l'emploi devient quasiment un luxe où les contrats se précarisent, et où les trajectoires professionnelles sont de moins en moins linéaires. En étudiant l'action syndicale dans les collectivités territoriales ivoirienne, il s'agit pour nous d'observer les dynamiques sociales représentatives de nouveaux modes de contestation vis-à-vis de l'Etat et de comprendre le (ré)investissement des organisations syndicales, par des stratégies capables d'intégrer les revendications des agents concernés, et de lutter contre les disqualifications et l'incertitude qui mine le secteur des collectivités territoriales ivoiriennes.À travers ce travail de recherche, nous avons examiné la nature et l'objet du syndicat, son implantation ainsi que son évolution au sein des communes ivoiriennes. Pour cela nous avons formulé l'hypothèse selon laquelle que l'années 2002 accompagné de la crise politico-militaire à constituer une époque charnière dans l'élaboration et la coordination des réponses syndicales apportées aux questions de la précarité dans les communes ivoiriennes.Les résultats obtenus après avoir séjourné sur le terrain pour des observations, des entretiens avec les syndicats et tous les autres acteurs tant institutionnels que salariés, contribuent à la compréhension que la précarité reste un élément structurant dans l'histoire des luttes du syndicalisme territorial ivoirien. Les syndicats ont été confrontés à toute une série de problèmes concernant la situation des salariés. Ceux-ci sont traités par les organisations syndicales, en collaboration avec leurs deux principaux interlocuteurs : les élus locaux et l'État. Ces relations collectives ont été institutionnalisées : elles sont ainsi régies et organisées par des règles et procédures déclinées à différents niveaux d'activité (du niveau communal au niveau interprofessionnel, en passant par le niveau national). Désignées sous le terme de « relations professionnelles », elles visent à encadrer et règlementer les conditions d'accès à l'emploi, d'exercice professionnel et de départ en retraite, ainsi qu'à réguler l'emploi et le marché du travail communal. Ce rôle repose sur la mise en place d'un rapport de force permettant de représenter les intérêts collectifs des salariés et d'agir au nom de ces intérêts. C'est pourquoi, ces syndicats sont convaincus que leur intérêt coïncide avec le bien des agents.L'étude montre également que l'activité syndicale semble être encore embryonnaire à l'échelle des communes et reste tributaires de la politique. Les syndicats ne disposant pas véritablement de droits et de moyens d'action spécifiques pour assumer leur rôle dans le cadre de ces relations professionnelles, utilisent des accointance politiques comme stratégie de lutte. L'action syndicale dans ce contexte devient alors tributaire des acteurs politiques qui essaieront toujours de faire évoluer au même rythme que cette dernière. Alors, l'échange politique devient un élément central des relations professionnelles. Cet élément viendrait également nuancer l'idée d'une autonomisation des relations professionnelles à l'égard des partis politiques et de l'Etat.

    Marine Delaunay, Les violences entre partenaires intimes : de l'indignation politique et morale aux pratiques routinières des institutions pénales une comparaison entre la France et la Suède, thèse soutenue en 2019 à Bordeaux sous la direction de Éric Macé présidée par Olivier Cousin, membres du jury : Fabien Jobard (Rapp.), Cécile Vigour et Boel Berner   

    Cette thèse propose de comprendre les ressorts du décalage entre l’indignation politique et morale que suscitent les violences entre partenaires intimes en France, et les pratiques routinières de leur prise en charge par l’institution pénale. L’hypothèse générale consiste à penser que la mobilisation des problématiques relatives aux rapports de genre tendrait à politiser davantage les pratiques judiciaires. La méthode comparative éclaire par contrastes les cadres sociaux et juridiques à partir desquels les violences sont définies et leurs causes interprétées. En France, l’intimité du lien entre les partenaires fonctionne comme un standard qui déclenche automatiquement la mise en œuvre d’une circonstance aggravante. En Suède, ces violences consistent en une infraction spécifique qui considère la distribution genrée des rôles de victimes et de coupable. Quelle est l’influence de ces cadrages sur le traitement institutionnel des violences entre partenaires intimes ? Reposant sur plus d’une centaine d’entretiens et des observations, la thèse documente la manière dont les pratiques des acteurs (enquêteurs, médecins légistes, procureures, juges et intervenant sociaux) s’alignent pour produire des qualifications pénales, réguler les flux et sanctionner ces affaires. Elle met en relief les contraintes socio-organisationnelles, les règles normatives et ce qu’elles permettent comme marges de manœuvres au déroulement de ces activités sociales. Enfin, elle interroge le sens que les acteurs professionnels mettent dans leurs pratiques et que les justiciables, désignés comme auteurs de violences par la justice, trouvent dans la sanction pénale. La rencontre des cadres, des pratiques et des subjectivités produit in fine une euphémisation de la dimension politique des violences en France, et une politisation comprenant un certain nombre d’angles morts en Suède.

    Bartolomeo Cappellina, Quand la gestion s'empare de la Justice : de la fabrique européenne aux tribunaux., thèse soutenue en 2018 à Bordeaux sous la direction de Olivier Cousin et Cécile Vigour présidée par Antoine Vauchez, membres du jury : Claudio Maria Radaelli (Rapp.), Émilie Curinier-Biland (Rapp.), Ève Chiapello      

    Dans de nombreux pays européens, l’institution judiciaire a connu de profondes transformations ces vingt dernières années - notamment, sous l’impulsion d’une logique gestionnaire, qui se caractérise par l’attention aux enjeux d’efficacité, d’efficience et de coûts, au-delà des préoccupations en termes de qualité. La recherche vise à analyser les diverses institutions européennes impliquées dans ce processus de circulation d’une approche managériale dans les systèmes judiciaires nationaux, ainsi qu’à étudier les dynamiques de circulation d’acteurs, d’instruments d’action publique et d’injonctions au changement entre les différents échelons. Pour ce faire, une analyse prosopographique relative aux ressources, carrières, moyens d’action, stratégies et réseaux des divers entrepreneurs de changement au niveau européen sera développée, à partir d’entretiens semi-directifs et de questionnaires. L’analyse des contributions de la Commission Européenne, de plusieurs comités du Conseil de l’Europe et d’autres réseaux d’acteurs judiciaires travaillant sur thématiques d’organisation, qualité et efficacité de la justice, ainsi que de leur construction et développement, intégreront l’analyse de cette espace européen d’élaboration de politiques publiques en matière judiciaire et de ces effets sur les processus de réforme nationaux et locaux en cours ou récemment aboutis en plusieurs pays de l’Europe occidentale.

  • Delphine Griveaud, La justice restaurative en France : sociologie politique d'un supplément d'âme à la justice pénale, thèse soutenue en 2022 à Paris 10 sous la direction de Sandrine Lefranc, Valérie-Barbara Rosoux et Éric Phélippeau présidée par Marie-Sophie Devresse, membres du jury : Mylène Jaccoud (Rapp.), Antoine Vauchez (Rapp.), Stephan Parmentier    

    La thèse porte sur la justice restaurative en France, objet par lequel elle réalise une sociologie politique d’un « supplément d’âme » à la justice pénale. Elle est principalement ancrée dans la sociologie des professions, de l’action publique, et une sociologie politique de la justice. Elle étudie les conditions de l’émergence de la justice restaurative en France, de son intégration dans l’institution pénale, et les différents investissements, personnels, professionnels et sociopolitiques, qui la maintiennent en son sein. Ce faisant, elle défriche un objet encore jamais étudié par ce prisme dans ce pays, et dont les enquêtes sur ses pratiques font également défaut dans la littérature internationale. On y découvre entre autres le fonctionnement d’un Etat qui tente de remotiver ses employés en leur offrant un nouveau projet, un nouvel outil, mais surtout un « supplément d’âme » à leur activité dans un contexte de rationalisation et de managérialisation de l’activité judiciaire perçu comme pesant. Plus largement, en étudiant ses différents investissements, la thèse montre comment l’institution pénale est progressivement transformée par des attendus à son endroit, en terme d’écoute, de dialogue et d’empathie, de la part des justiciables mais également de ses propres travailleurs.L’enquête repose principalement sur une ethnographie multi-située et soutenue du monde de la justice restaurative en France durant plus de trois ans, entre 2016 et 2020. Elle s’appuie également sur 71 entretiens semi-directifs réalisés depuis dix-huit villes différentes, essentiellement avec des individus investis à différentes échelles et depuis différents secteurs dans la justice restaurative en France.

    Marion Gaboriau, L’inaptitude au travail comme dispositif : De la production institutionnelle aux jugements en situation le cas de la ville de Paris, thèse soutenue en 2021 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Jérôme Pélisse et Marie Cartier présidée par Odile Join-Lambert, membres du jury : Nicolas Dodier (Rapp.), Delphine Serre (Rapp.), Isabelle Probst et Émilie Curinier-Biland    

    Cette thèse porte sur la reconnaissance de l’inaptitude au travail pour raison de santé dans la fonction publique territoriale. Elle explore ce phénomène à la ville de Paris, employeur de plus de 51 000 agents publics permanents qui reconnaît chaque année plus de 500 travailleurs et travailleuses inaptes à leurs fonctions. Cette recherche s’appuie sur une enquête ethnographique de trois ans mêlant observations de situations de travail et d’expertise, entretiens avec divers professionnels et travailleurs reconnus inaptes à leurs fonctions, analyses qualitatives de dossiers médico-administratifs et traitements statistiques de bases de données. Plutôt que d’être pensée comme une décision figée et ponctuelle, l’inaptitude est envisagée dans la thèse comme un dispositif composite (au croisement du droit, de la santé et du travail), processuel et dynamique (en ce qu’il implique de nombreux acteurs qui, par jeu d’alliance, négociation ou contestation, peuvent en changer l’issue). L’analyse vise à comprendre les logiques institutionnelles (juridiques, financières et gestionnaires) qui sous-tendent le dispositif tout comme ce qui nourrit les jugements d’inaptitude en situation. La thèse explore différentes scènes d’expertise médico-statutaire (consultation médicale et commission de réforme), traversées par des rapports de force dissymétriques et par des jeux avec l’information sources de malentendus et d’incertitude. L’analyse met enfin au jour un effet de (re)production d’inégalités sociales (notamment entre hommes et femmes) en matière de reconnaissance et de prise en charge des problèmes de santé au travail dont les causes potentiellement professionnelles sont souvent ignorées.

    Camille Giraudon, Une école pour chacun ? : l'autonomie enseignante face à l'injonction à la personnalisation enquête ethnographique au sein de trois lycées sur la réforme Chatel, thèse soutenue en 2020 à Rennes 1 sous la direction de Érik Neveu et Bertrand Geay présidée par Christian Le Bart, membres du jury : Agnès Van Zanten (Rapp.), Lorenzo Barrault-Stella (Rapp.), Pascal Guibert      

    Présentée comme indispensable pour répondre à l’hétérogénéité croissante du public scolaire, une logique de différenciation du traitement des élèves accompagne, sous diverses formes, le processus de massification scolaire. En engageant les acteurs éducatifs à « personnaliser » la prise en charge des élèves et les parcours scolaires, dans le cadre d’une autonomie accrue des établissements, la réforme Chatel des lycées d’enseignement général et technologique réactualise cette logique d’adaptation scolaire. Cette thèse interroge les appropriations et effets de la réforme Chatel dans les établissements sous l’angle de la cohérence du groupe professionnel, et plus encore de ce que l’injonction à la personnalisation fait à l’autonomie professionnelle enseignante, entendue comme la capacité du groupe à maîtriser la définition et la pratique du travail. Elle s’appuie pour cela sur une enquête ethnographique, menée dans trois lycées, qui articule observations du quotidien professionnel et entretiens avec des enseignants ainsi que des personnels de direction. Grâce à l’éclairage croisé de la sociologie de l’action publique et de la sociologie des groupes professionnels, la thèse montre que les reconfigurations ambivalentes que la réforme alimente dans les rapports au métier des enseignants, ainsi que dans les rapports de travail et de pouvoir au sein des établissements, tendent à fragiliser l’autonomie du groupe professionnel enseignant. D’une part, si les marges d’autonomie octroyées par la réforme permettent aux équipes enseignantes de modeler partiellement leur cadre de travail, elles se heurtent au renforcement des moyens d’action des personnels de direction et à leur incursion facilitée en territoire pédagogique. D’autre part, au-delà d’une tendance commune à l’alourdissement de la charge du travail, les injonctions et dispositifs de la réforme font l’objet de logiques pratiques contrastées et génèrent des effets asymétriques sur les rapports au métier. Ceux-ci s’arriment à des trajectoires sociales et à des positions dans l’espace professionnel elles-mêmes différenciées. Enfin, l’autonomie d’un groupe professionnel passe également par sa capacité à se penser et s’organiser collectivement. Or, si la réforme étudiée peut être le support de dynamiques collectives à l’échelle locale, elle participe également au morcellement des expériences professionnelles et révèle autant qu’elle exacerbe des clivages dans les conceptions et positions professionnelles. Cette thèse contribue ainsi à éclairer les recompositions des modalités de travail et d’organisation du groupe enseignant, au cœur d’une tension entre processus de segmentation et manières renouvelées de faire collectif.

    Thomas Scapin, La circulation transnationale de l'éthique publique : socio-histoire d'un répertoire océdéen du bon gouvernement et de ses réceptions au Québec et en France (années 1990-années 2010), thèse soutenue en 2019 à Lyon sous la direction de Renaud Payre présidée par Dorota Dakowska, membres du jury : Jean-Michel Eymeri-Douzans (Rapp.), Patrick Hassenteufel (Rapp.), Émilie Curinier-Biland et Philippe Bezes    

    Cette thèse part du constat d’un intérêt accru pour l’éthique des agents publics depuis les années 1990 et d’une référence généralisée aux travaux de l’Organisation de coopération et de développement économiques sur ce sujet. S’appuyant sur un travail archivistique, des entretiens et de l’observation participante, cette recherche analyse la circulation du répertoire de l’OCDE en matière d’éthique de l’administration publique. Ce dernier renvoie aux manières de concevoir et de gérer la bonne conduite des fonctionnaires selon l’organisation internationale qui sont promues sous la forme de modèles, de standards, de recettes, d’instruments etc. La thèse se déploie en trois temps. Elle étudie d’abord la genèse du répertoire océdéen en éthique publique, puis les frontières de la circulation des idées et des savoirs qui alimentent ce dernier, et enfin sa réception au Québec et en France. La première partie retrace le développement d’activités consacrées à l’éthique publique à l’OCDE depuis les années 1990 et montre que la prise en compte de cette question constitue un frein aux réformes de l’État d’après le New Public Management. La deuxième partie met en évidence les barrières linguistiques, nationales, disciplinaires, culturelles, géopolitiques et géographiques, et professionnelles qui entravent les échanges scientifiques transnationaux dans ce domaine. La troisième partie souligne la convergence limitée des politiques québécoises et françaises d’éthique publique qui demeurent avant tout marquées par leur contexte national d’élaboration. L’analyse de la circulation de l’éthique publique révèle au final l’hybridation qui caractérise le bon gouvernement dans les pays de l’OCDE au XXIe siècle.