Nathalie Ferré

Professeur
Droit privé et sciences criminelles.
UFR Santé, Médecine, Biologie Humaine

Institut de recherche interdisciplinaire sur les enjeux sociaux
  • THESE

    Les contrôles d'identité au miroir des étrangers, soutenue en 1993 à Paris 10 sous la direction de Antoine Lyon-Caen 

  • Nathalie Ferré, Céline Ruet, Silvia Capanema, Anne Caron-Déglise, Lisa Carayon [et alii], Vulnérabilités et crise pandémique. Enjeux juridiques et éthiques, Institut Francophone pour la Justice et la démocratie, 2023, 222 p. 

    Nathalie Ferré, Danièle Lochak, Caroline Izambert, De plein droit, Gisti, 2014, 44 p. 

    Nathalie Ferré, Hélène Aoustin, Discriminations, libertés individuelles et harcèlements, Groupe Liaisons, 2002, 122 p. 

    Nathalie Ferré, Marie-Françoise Clavel-Fauquenot, Hygiène et sécurité, Liaisons, 2001, 118 p. 

    Nathalie Ferré, Paul Bréhard, Démission, rupture négociée, Groupe Liaisons, 1999, 98 p. 

    Nathalie Ferré, Adeline Toullier, Faire face à la maladie du salarié: les obligations de l'employeur, Éd. Liaisons, 1998, Collection Liaisons sociales, 174 p.  

    Nathalie Ferré, Licenciement pour motif personnel, Groupe Liaisons, 1998, 98 p. 

    Nathalie Ferré, Démission, rupture négociée, transaction: le guide pratique de vos droits, Éd. Liaisons, 1997, Collection Liaisons sociales  

    Nathalie Ferré, Adeline Toullier, Maladie: contrat de travail, indemnisation, Liaisons sociales, 1997 

    Nathalie Ferré, Karine Blais, Démission, rupture négociée, transaction, Groupe Liaisons, 1996, 89 p. 

    Nathalie Ferré, Sylvie Duras, Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail, Liaisons et convergence, 1994 

    Nathalie Ferré, Antoine Lyon-Caen, Bernard Bouloc, Jean-Pierre Gridel, Christine Lazerges [et alii], Les contrôles d'identité au miroir des étrangers, 1993, 616 p.  

    Il faut attendre la loi Sécurité et Liberté du 2 février 1981 pour que voie le jour, dans le Code de procédure pénale, une réglementation sur les contrôles d'identité. Avant cette date, la police pouvait procéder à de tels contrôles uniquement dans le cadre d'enquêtes judiciaires. Depuis, les articles 78-1 à 78-5 du Code de procédure pénale n'ont pas cessé d'être modifiés. A la lumière du contentieux, la recherche d'étrangers en situation irrégulière semble être le premier objectif que la police entend atteindre grâce aux interpellations. La Cour de cassation a dû, de son côté, régler le rapport de droit entre contrôle d'identité et contrôle du séjour. Les étrangers font l'objet d'une surveillance particulière dont la pierre angulaire se révèle être le titre les autorisant à séjourner en France. Il témoigne, depuis sa création remontant à la fin du dix-neuvième siècle, de leur admission sur le territoire français. Toujours en possession de ce document, les étrangers entretiennent avec lui un rapport étroit, signe permanent de leur extranéité. Son défaut, qu'un contrôle d'identité peut dévoiler, entraîne leur reconduite hors des limites territoriales de la France. La carte d'identité, en revanche, n'est pas obligatoire pour les Français, seules certaines catégories de personnes sont soumises à des formes d'identification spécifiques, comme les délinquants. Les instruments qui permettent d'identifier avec précision portent atteinte aux libertés individuelles lorsqu'ils s'accompagnent de contrôles étatiques. Réfléchir sur les besoins et les envies de surveillance de l'Etat en direction de la population qui réside sur son territoire, Français et étrangers, conduit à s'interroger sur la légitimité de la création de titre révélant l'état-civil des personnes et des contrôles d'identité, ainsi que sur la place possible d'un droit à l'anonymat.

    Nathalie Ferré, Agnès Topino, Les travailleurs étrangers, Liaisons et convergence, 1992, 102 p. 

    Nathalie Ferré, Les Travailleurs étrangers. Les travailleurs de la CEE, Liaisons et convergence, 1992, 102 p. 

    Nathalie Ferré, Gérard Cuny, L'entrée en hébergement collectif après un séjour en convalescence: enquête réalisée à Flavigny sur Moselle auprès de 194 femmes âgées prévues pour un placement, 1990 

  • Nathalie Ferré, Sophie Nadal, « Traitement des travailleurs étrangers en France : regards critiques », Mélanges en l'honneur d'Antoine Lyon-Caen, Dalloz, 2018 

  • Nathalie Ferré, préface à Nina Tarhouny, Les risques psychosociaux au travail: droit et prévention d'une problématique de santé publique, L'Harmattan, 2020, Le droit aujourd'hui, 687 p.  

    Les mal nommés risques psychosociaux au travail traduisent l'expression du mépris de la norme fondamentale absolue et matrice des droits de l'homme : la dignité de l'être humain. Figure de la souffrance au travail, les conditions et les organisations du travail indécentes (au sens de l'ONU) conduisent à la réification du genre humain, considéré comme un moyen de production au détriment de ses droits fondamentaux, tels que le droit à la santé au travail.

  • Nathalie Ferré, « Les sans-papiers et leur dû : l’illusion du recouvrement », Délibérée, Délibérée, 2025, n°26, pp. 35-39  

    Nathalie Ferré, « Dérapages incontrôlés », Plein droit, Plein droit, 2025, n°145, pp. 53-57  

    Nathalie Ferré, Violaine Carrère, « Travailleurs et travailleuses de première ligne », Plein droit, Plein droit, 2024, n°141, pp. 3-5  

    Nathalie Ferré, « Et soudain les signes extérieurs d’extranéité », Plein droit, Plein droit, 2024, n°139, pp. 56-59  

    Nathalie Ferré, « Les demandeurs d’asile, privés du droit de travailler », Plein droit, Plein droit, 2023, n°135, pp. 12-16  

    Nathalie Ferré, Anne Braun, Violaine Carrère, Carole Giraudet, « À la croisée de nos revues, les droits des travailleurs étrangers », Plein droit, Plein droit, 2023, n°135, pp. 3-4  

    Nathalie Ferré, Carole Giraudet, Violaine Carrère, Anne Braun, « À la croisée de nos revues, les droits des travailleurs étrangers », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2022, n°892, pp. 537-537  

    Nathalie Ferré, « Les demandeurs d’asile, privés du droit de travailler », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2022, n°892, pp. 547-551  

    Nathalie Ferré, « TRAVAILLEURS ÉTRANGERS. Travail illégal – Contrôle d’identité opéré sur le lieu de travail – Conditions de régularité – Placement en rétention administrative – Étendue des pouvoirs reconnus aux fonctionnaires de police sur le fondement de l’article L. 8271-6-1 du Code du travail – Consentement préalable des intéressés à être entendus. : COUR DE CASSATION (Ch. Civ. 1re) 4 novembre 2020 », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2021, n°871, pp. 113-115  

    Nathalie Ferré, « Vers la reconnaissance de la discrimination systémique », Revue de droit du travail, Dalloz , 2020, n°03, p. 178  

    Nathalie Ferré, « Admission au séjour : quand l’exception devient la règle », Plein droit, Plein droit, 2020, n°126, pp. 7-11   

    C’est avec la loi Sarkozy de 2006 que l’« admission exceptionnelle au séjour », jusque-là simple pratique administrative, devient un dispositif labellisé. Cette innovation intervient en compensation de l’abrogation de la disposition qui permettait d’obtenir un titre de séjour après dix ans de présence sur le territoire. Compensation de pure forme puisque la régularisation est une prérogative de l’administration qui existe, même sans texte, et que le législateur a tenu à souligner que cette admission au séjour devait rester… « exceptionnelle ».

    Nathalie Ferré, « TRAVAILLEURS ÉTRANGERS. Rupture du contrat de travail – Expiration d’une autorisation de travail – Qualification de la rupture – Prévalence de l’article L.8251-1 du Code du travail – Non application des règles du licenciement motivée par l’interdiction faite à l’employeur de conserver à son service un étranger dépourvu d’une autorisation de travail – Interprétation de la période d’emploi illicite – Ancienneté du salarié (41 ans) – Non-application du statut protecteur – CESEDA. : COUR D’APPEL DE PARIS (Pôle », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2020, n°864, pp. 580-586  

    Nathalie Ferré, « Tapis rouge pour les plus riches », Plein droit, Plein droit, 2019, n°123, pp. 3-6  

    Nathalie Ferré, Violaine Carrère, « Travailleurs clandestins ou mécanismes clandestins ? », Plein droit, Plein droit, 2018, n°119, pp. 8-11   

    Le dispositif actuel de régularisation des personnes sans papiers relève de l’hypocrisie. Celles qui travaillent sont cantonnées au marché le plus flexible et le plus précaire, et au travail dissimulé. Si la France a transposé dans la loi une directive européenne contre l’emploi illégal, elle tolère celui de dizaine de milliers de sans-papiers, affiche sa volonté de sanctionner les abus, mais ne poursuit que très rarement les employeurs indélicats tout en maintenant les sans-papiers dans l’impossibilité d’obtenir réparation.

    Nathalie Ferré, « DROIT PÉNAL DU TRAVAIL. Esclavage moderne et formes de travail indigne - Procès dit du 57 boulevard de Strasbourg - Contexte de travail collectif dans un salon de coiffure - Délit de traite des êtres humains - Recrutement de travailleurs étrangers sans titres de séjours auxquels il a été promis une rémunération en vue de les exploiter en les faisant travailler dans des conditions indignes - Délit caractérisé (oui). : TRIBUNAL DE GRANDE INSTANCE DE PARIS (31ème Ch. Corr.) 8 février 2018 procureur de la Répub », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2018, n°840, pp. 471-480  

    Nathalie Ferré, « La France s’enferme à double tour », Plein droit, Plein droit, 2018, n°116, pp. 16-18   

    Dès la mise en place de l’espace commun européen, la France, comme les autres pays membres, a cherché à compenser la disparition des frontières intérieures de l’Union. Sous prétexte de la « menace terroriste » et de la mal nommée « crise migratoire », une nouvelle étape a été franchie au point que la libre circulation dans l’espace commun Schengen relève plus du mythe que de la réalité.

    Nathalie Ferré, Pauline Boutron, « L’Anafé : une lutte au pied des pistes », Plein droit, Plein droit, 2017, n°113, pp. 32-36   

    Témoins, à la fin des années 1980, des pratiques des services de contrôle aux frontières et du maintien de nombreux étrangers en zone internationale, des salariés des aéroports et des compagnies aériennes, et certaines organisations syndicales se sont rapprochés des associations de défense des droits de l’Homme et des droits des étrangers. De cette collaboration est née l’Association nationale d’assistance aux frontières des étrangers. Patrick Delouvin et Laurent Giovannoni, qui y représentaient respectivement Amnesty International France et la Cimade, et François Julien-Laferrière, alors secrétaire général de France terre d’asile, devenu le premier président de l’Anafé, reviennent sur sa naissance.

    Nathalie Ferré, « La visibilité des travailleurs dissimulés devant les prud’hommes », Plein droit, Plein droit, 2017, n°113, pp. 37-39  

    Nathalie Ferré, « La qualité de victimes reconnue aux salariées du  57 Boulevard de Strasbourg  : CONSEIL DE PRUD’HOMMES DE PARIS (Commerce) 29 juin 2016, A. contre SARL New York Fashion », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2017, n°826, pp. 324-326  

    Nathalie Ferré, « Retour sur le CHSCT et son droit à l'expertise », Revue de droit du travail, Dalloz , 2016, n°10, p. 629  

    Nathalie Ferré, « Infirmière de santé au travail : une histoire banale de licenciement pour insuffisance professionnelle ? : COUR D’APPEL D’AMIENS (5ème Ch. Soc.) 30 mars 2016, SA office dépôt BS c/ R. », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2016, n°817, pp. 526-530  

    Nathalie Ferré, Laurence Dubin, Karine Parrot, Jean Matringe, Julie Alix, « Contre la constitutionnalisation de la frénésie sécuritaire », Le Monde, Le Monde, 2015  

    Nathalie Ferré, « Déboutés et déclassés », Plein droit, Plein droit, 2015, n°105, pp. 18-21   

    Si le législateur s’intéresse aujourd’hui au débouté du droit d’asile, c’est pour lui dénier toute légitimité à rester en France et rendre plus efficace la mesure d’éloignement prise à son encontre. Privation subite du droit à hébergement, mesure de départ forcé avec procédure dérogatoire à la clé, possibilité de recours quasi inexistante : le demandeur d’asile débouté « doit quitter le territoire français ».

    Nathalie Ferré, « Les infirmières et infirmiers de santé au travail : une réforme inachevée », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2015, n°798, pp. 7-13  

    Nathalie Ferré, « Le droit des salariés malades : entre maintien dans l'entreprise, inaptitude et éviction (ou mise à l'écart) : Commentaire », Sciences sociales et santé, Sciences sociales et santé, 2014, n°32, pp. 107-112  

    Nathalie Ferré, « Le critère de la nationalité pour  discriminer  dans l'emploi : quelques illustrations », Plein droit, Plein droit, 2014, n°103, p. -  

    Nathalie Ferré, « ACCIDENT DU TRAVAIL ET MALADIE PROFESSIONNELLE. Reconnaissance – Opposabilité à l’employeur – Certificat médical initial – Complément de diagnostic – Portée : COUR DE CASSATION (Civ. 2ème) 7 novembre 2013, CPAM du Nord-Finistère contre Mab construction (p. n°12-24.461) », Le Droit Ouvrier, Le Droit Ouvrier, 2014, n°789, pp. 287-289  

    Nathalie Ferré, « La valse des  plein droit  », Plein droit, Plein droit, 2014, n°100, pp. 15-18   

    En 1984, les catégories de « plein droit » désignaient les étrangers et étrangères qui accédaient automatiquement à une carte de résident de dix ans. Si la notion n’a pas disparu, elle a pour le moins été vidée de sa substance au fil des réformes du droit des étrangers. Les catégories ont d’abord été réduites à peau de chagrin, avant que le législateur ne s’attaque aux conditions d’accès elles-mêmes et n’inverse la logique et la norme.

    Nathalie Ferré, « La langue, un signe d'extranéité ? », Plein droit, Plein droit, 2013, n°98, pp. 7-7  

    Nathalie Ferré, Laurence Sinopoli, « D'un modèle (de famille) à l'autre », Plein Droit, GISTI, 2012, pp. 3--6 

    Nathalie Ferré, « La violence au travail, Marnix Dressen et Jean-Pierre Durand (coordinateurs), Éditions Octares, 2011 », Revue de droit du travail, Dalloz , 2012, n°05, p. 323  

    Nathalie Ferré, Laurence Sinopoli, « D'un modèle (de famille) l'autre », Plein droit, Plein droit, 2012, n°95, pp. 3-6  

    Nathalie Ferré, « Les sans-papiers face aux prud'hommes », Plein droit, Plein droit, 2012, n°94, pp. 18-21   

    Bien qu’ils n’aient pas de documents les autorisant à travailler, les sans-papiers sont couramment employés par des sociétés qui méconnaissent leur situation administrative ou font mine de la méconnaître. Il arrive qu’ils soient en désaccord avec leur employeur, notamment en cas de rupture du contrat de travail. Mais leur situation administrative complique leur prise en charge par des conseillers prud’homaux, ce que nous explique un défenseur syndical parisien.

    Nathalie Ferré, « Les droits des travailleurs sans papiers », Plein droit, Plein droit, 2012, n°94, p. -  

    Nathalie Ferré, « Une question d'accès au droit et à la Justice : le droit d'un travailleur sans papiers à bénéficier d'une indemnité de licenciement et d'un préavis », Revue de droit du travail, Dalloz , 2011, n°12, p. 717  

    Nathalie Ferré, Pauline Boutron, « Une vie entre syndicat et immigrés », Plein droit, Plein droit, 2011, n°89, pp. 13-18   

    Au-delà des liens qui ont en quelque sorte marqué la naissance du Gisti puisque ses fondateurs, étudiants à l’École normale d’administration (Ena) étaient tous syndiqués à la CFDT, nous avons voulu savoir comment ces relations se sont poursuivies dans le temps et, surtout, comment la CFDT s’était saisie des questions d’immigration. C’est à travers l’histoire de Patrick Mony, ancien salarié du Gisti présent dans toutes les luttes que l’association a soutenues depuis le milieu des années 1970 et militant de longue date à la CFDT, que nous revenons sur les relations qui se sont tissées entre la CFDT et le monde associatif. Patrick Mony est devenu permanent du Gisti en septembre 1979. Il en a été ensuite le directeur jusqu’à fin 2006.

    Nathalie Ferré, « Un déni de justice ? », Plein droit, Plein droit, 2011, n°88, pp. 19-22   

    Le contrôle de la régularité de l’interpellation des étrangers et de la procédure de placement en rétention n’a pas été prévu par la loi. Mais la jurisprudence est venue combler cette lacune. Or le projet de loi déposé par Éric Besson1 revient sur ce point au nom de la « simplification » de la procédure d’éloignement. Il est vrai que sa « complexité » a permis à des juges judiciaires de faire respecter la loi... et les droits des étrangers pourtant déjà soumis à un régime juridique d’exception.

    Nathalie Ferré, « Soupçon systématique de fraude », Plein droit, Plein droit, 2010, n°85, pp. 3-6   

    Qu’il s’agisse des demandes de regroupement familial, des rapprochements des familles de réfugiés ou des reconnaissances de la nationalité française par filiation, la contestation des actes d’état civil produits par les autorités locales est devenue une pratique quasi systématique. Le doute sur leur authenticité et la suspicion de fraude, notamment s’agissant de certains pays africains, témoignent d’une attitude fort peu respectueuse de ces pays.

    Nathalie Ferré, « Le regroupement familial et la filiation », Actualité juridique Famille, Dalloz , 2009, n°06, p. 250  

    Nathalie Ferré, « Contrôles d'identité : la discrimination légale », Plein droit, Plein droit, 2009, n°82, pp. 7-10   

    Entrée dans le code de procédure pénale avec la loi « Peyrefitte », « Sécurité et liberté » de 1981, la réglementation sur les contrôles d’identité a connu assouplissements et durcissements au gré des alternatives politiques, mais jamais de véritable remise en cause. Considérée comme un instrument majeur de lutte contre l’immigration irrégulière, elle va progressivement s’inscrire dans un dispositif qui entérinera la différence de traitement entre Français et étrangers.

    Nathalie Ferré, « Les cancers professionnels et la sanction pénale », Revue de droit du travail, Dalloz , 2008, n°10, p. 583  

    Nathalie Ferré, « L' emploi saisonnier  : une notion extensible », Plein droit, Plein droit, 2008, n°78, pp. 3-5   

    Qu’appelle-t-on « emploi saisonnier » en droit du travail ? Existe-t-il une définition unique de ce type de contrat ? Quels secteurs sont concernés ? Si les contrats précaires sont, dans leur ensemble, relativement bien encadrés, il n’en est pas de même des contrats saisonniers, principalement définis par la jurisprudence laquelle, pas plus que la loi, n’offre de véritable protection aux travailleurs.

    Nathalie Ferré, « Recherche  compétences et talents  », Plein droit, Plein droit, 2007, n°73, pp. 16-18   

    L’une des grandes fantaisies de la loi du 24 juillet 2006 a été la création de la carte « compétences et talents », symbole de l’« immigration choisie » appelée de ses vœux par le gouvernement alors en place. Dès l’annonce de l’arrivée de cette nouvelle mention sur le marché des titres de séjour déjà fort nombreux, les associations ont hésité entre sourire et agacement, désolation et ironie pour parler de cette mesure « gadget ». Revenons sur les débats parlementaires de haute volée qui ont entouré sa naissance, avant de présenter brièvement le régime de cette carte qui ne devrait concerner qu’une centaine d’étrangers.

    Nathalie Ferré, « Résistance à l'immigration jetable », Plein droit, Plein droit, 2006, n°71, pp. 3-6   

    En décembre 2005, une poignée d’organisations apprend que le gouvernement s’apprête, une fois de plus, à réformer le statut des étrangers en France. Dans le même temps, une copie de l’avant-projet est récupérée et largement diffusée. Cette nouvelle entreprise gouvernementale est si effrayante en termes d’atteinte aux droits des migrants déjà en France ou appelés à y vivre que, très vite, lesdites organisations décident de se rencontrer et de s’organiser pour informer, analyser, comprendre et dénoncer ce qui se dessine. Ce « cadeau de noël » décidera de la constitution de l’Ucij (Uni(e) s contre une immigration jetable).

    Nathalie Ferré, «  Se donner les moyens de sa politique  », Plein droit, Plein droit, 2004, n°62, pp. 10-12   

    Désirant entendre le discours officiel sur les conditions concrètes dans lesquelles s’effectue l’éloignement des étrangers et sur les dispositifs mis en place à cet effet, nous sommes allés interroger Yvon Carratero, commissaire principal, chef de la division immigration à la police aux frontières (PAF) sur le site de Roissy-Charles de Gaulle. Les propos recueillis, s’ils font état parfois de certaines difficultés, expriment avec sérénité le sentiment d’un travail bien fait.

    Nathalie Ferré, « ALSTOM, roi de la sous-traitance », Plein droit, Plein droit, 2004, n°61, pp. 28-32   

    André Fadda est responsable de l’Union Syndicale Multi-professionnelle (CGT) des Chantiers de l’Atlantique. Il nous explique comment ALSTOM-Chantiers de l’Atlantique a opté pour un mode de fonctionnement annonçant ce qui se dessine au niveau de l’OMC, et comment plus précisément l’entreprise, par le jeu de la sous-traitance en cascade dans un cadre international, se défausse de ses responsabilités et entend éclater la collectivité des travailleurs en les soumettant à des conditions différentes de travail. Ces nouveaux rapports de domination sociale interrogent l’action syndicale.

    Nathalie Ferré, « Un récurrent soupçon de fraude », Plein droit, Plein droit, 2004, n°59-60, pp. 7-10   

    Toutes les réformes du statut des étrangers en France, intervenues à la suite de la fermeture des frontières à toute immigration nouvelle de main-d’œuvre, ont comporté un volet important au service de la lutte contre l’immigration clandestine. La loi du 26 novembre 2003 n’échappe pas à la règle : cette lutte est même devenue une obsession. Le législateur franchit un pas de plus en achevant le portrait de l’étranger fraudeur, usurpateur de qualité, presque vicieux dans sa détermination à rester sur le territoire où il n’est pas désiré.

    Nathalie Ferré, « La construction juridique des discriminations : l'exemple de l'egalite homme/femme », Sociétés contemporaines, Sociétés contemporaines, 2004, n°53, pp. 33-55   

    Depuis la loi du 1er juillet 1972 relative à la lutte contre le racisme, le dispositif juridique sur les discriminations n’a pas cessé de s’enrichir de nouvelles dispositions, étendant la liste des actes prohibés et des motifs illégitimes. Il apparaît aujourd’hui complet. Toutefois, il ne saurait résumer à lui seul une politique de lutte contre les phénomènes discriminatoires. Ce serait oublier les limites de cet outil. Or pendant près de trente ans, le seul terrain choisi par les pouvoirs publics pour lutter contre des pratiques, que l’on savait répandues, fut celui du droit. Cet excès de confiance dans cet instrument a contribué à occulter l’importance du phénomène. Il a fallu attendre la fin du vingtième siècle pour qu’enfin les pratiques discriminatoires bénéficient d’une vraie visibilité sociale et donnent lieu à une réponse de la part des pouvoirs publics, autre qu’une nième intervention du législateur. Il n’en demeure pas moins que le droit a joué un rôle incontestable dans la construction des discriminations. Cela résulte en particulier du travail effectué par le juge communautaire, à propos de l’égalité homme/femme, qui par une approche originale a permis l’émergence de la notion de discrimination indirecte et redéfinit le partage de la preuve. Il a aussi posé des limites aux actions positives.

    Nathalie Ferré, « Quelles politiques communes ? », Plein droit, Plein droit, 2003, n°57, pp. 3-4   

    Pour sa troisième journée d’étude, le Gisti a choisi de revenir sur l’Europe. L’heure semble en effet venue de dresser un bilan d’étape du programme de mise en œuvre des politiques d’asile et d’immigration, prévu par le Traité d’Amsterdam et censé prendre forme en 2004. Avancées, reculades et interrogations sont déjà nettement perceptibles dans chacune des interventions de cette journée que nous présentons ci-dessous.

    Nathalie Ferré, « La détermination de la minorité », Plein droit, Plein droit, 2002, n°52, pp. 15-20   

    Le déclenchement des procédures protectrices de la minorité suppose que celle-ci soit établie. Mais déjà une première interrogation surgit : s’agit-il de déterminer la minorité ou simplement de la présumer face à des signes extérieurs ou des documents produits par l’intéressé ? Le droit repose, pour une large part, sur l’apparence jusqu’à transformer cette apparence en vérité lorsqu’il faut définir des droits ou des obligations.

    Nathalie Ferré, « Les  p'tites fantaisies  de l'Intérieur », Plein droit, Plein droit, 2001, n°51, pp. 33-34   

    Le 11 octobre 1999, une circulaire du ministère de l’intérieur venait donner aux préfets des instructions destinées à multiplier les contrôles et les arrestations d’étrangers. Le Gisti a contesté, devant le Conseil d’Etat, la légalité de cette circulaire et des consignes données pour effectuer les contrôles d’identité. Or, dans son mémoire en défense, le ministère de l’intérieur donne de la position de la Cour de cassation sur le risque d’atteinte à l’ordre public une interprétation non seulement erronée mais totalement fantaisiste. Dans quel but ?

    Nathalie Ferré, « Quand la polygamie est entrée dans la loi », Plein droit, Plein droit, 2001, n°51, pp. 8-9   

    L’impossibilité de délivrer une carte de résident ou, le cas échéant, le devoir de la retirer aux étrangers vivant en état de polygamie a été prévue par l’article 8 de la loi Pasqua du 24 août 1993. C’est l’histoire de cette disposition que nous essayons de retracer ici à la lumière – parfois peu éclairante ! – des débats parlementaires.

    Nathalie Ferré, « Entretien sur l'application des peines », Plein droit, Plein droit, 2001, n°50, pp. 16-18   

    Xavier Lameyre est juge de l’application des peines au tribunal de grande instance d’Evry et exerce ses fonctions à la prison de Fleury-Mérogis. Il a accepté de s’entretenir avec le Gisti sur le traitement des étrangers en prison. Jusqu’en décembre 2000, il n’y avait qu’un seul juge de l’application des peines pour prendre en charge les cinq bâtiments occupés par des hommes. Ils sont désormais deux. Un autre juge continue de s’occuper des femmes incarcérées et des jeunes détenus. Fleury-Mérogis est une maison d’arrêt, c’est-à-dire un lieu d’exécution des détentions provisoires et des courtes peines.

    Nathalie Ferré, « Sur le terrain des discriminations », Plein droit, Plein droit, 2001, n°49, pp. 8-11   

    Le 29 juin 2000, le Conseil européen a adopté une directive visant à mettre en œuvre le principe de l’égalité de traitement entre les personnes sans distinction de race ou d’origine ethnique. C’est la première fois que le législateur communautaire s’avance sur le terrain des discriminations raciales et ethniques, après avoir été le chantre de l’égalité de traitement entre les femmes et les hommes. La France, de son côté, se prépare à adopter un texte censé transposer, dans le même temps, les exigences communautaires relatives à la lutte contre les discriminations sexistes. Cette transposition se présente d’ores et déjà imparfaite.

    Nathalie Ferré, « L'entrée des artistes », Plein droit, Plein droit, 2001, n°47-48, pp. 44-46   

    Mieux accueillir les artistes étrangers pour renforcer les échanges culturels de la France, tel était l’objectif de cette nouvelle carte « profession artistique et culturelle ». Les conditions posées par les textes témoignent cependant soit d’une méconnaissance de la réalité, soit d’une volonté de limiter les entrées. Elles ne concernent au bout du compte qu’un très petit nombre d’artistes.

    Nathalie Ferré, « 3 - La production de l’irrégularité », Cahiers libres, Cahiers libres, 1997, pp. 0526-8370  

  • Nathalie Ferré, « Par le droit, pour les droits : cinquante ans de combats du groupe d’information et de soutien des immigré·es », le 15 mars 2024  

    Colloque organisé par La Contemporaine et le Groupe d’information et de soutien des immigré·es (GISTI)

    Nathalie Ferré, « Vulnérabilités et approche relationnelle de l'autonomie », le 13 décembre 2023  

    Colloque organisé par l'Université Sorbonne Paris Nord sous la direction scientifique de Céline Ruet

    Nathalie Ferré, « Actualité des études européennes », le 23 novembre 2023  

    Colloque organisé par le laboratoire SAGE, UNISTRA sous la direction de Marie Acabo - SAGE, Strasbourg et Maxime Behar - SAGE, Strasbourg

    Nathalie Ferré, « Travail et cancers », le 09 juin 2022  

    Organisée par l'AFDT et l’Université d’Avignon

    Nathalie Ferré, « Le droit à l'épreuve du social », le 08 avril 2022  

    Porté par Droit & Changement Social (UMR 6297) et le Centre de Théorie et Analyse du Droit (UMR 7074).

    Nathalie Ferré, « Vulnérabilités et crise pandémique », le 11 mars 2022  

    Organisé par Université Sorbonne Paris Nord, le DSPS, l’Université de Tours et le Campus Condorcet

    Nathalie Ferré, « Le travailleur agricole, un travailleur comme les autres ? », le 27 septembre 2019  

    Organisées par l’AFDT et le COMPTRASEC, Université de Bordeaux - CNRS

    Nathalie Ferré, « Travail et migrations internationales », le 01 juillet 2019  

    Organisée par le Comptrasec (UMR 5114 CNRS - Université de Bordeaux), l'équipe Epicene (U 1219) et le Gresco (EA 3815) en collaboration avec les universités de la Nouvelle Aquitaine

    Nathalie Ferré, « Appréhender la diversité. Regards pluridisciplinaires sur l'appréhension de la diversité », le 11 octobre 2018  

    Organisé par l'Institut de recherche pour un droit attractif (IRDA) en partenariat avec la Maison de l'Europe sous la direction scientifique de Céline Ruet, MCF droit privé HDR, Membre de l’IRDA, Université Paris 13, Sorbonne Paris Cité

  • Nathalie Ferré, Hélène Bourdeloie, Dimitra Laurence Larochelle, Nathalie Ferré, Claire Carette, Alice Bellicha, CNRS_Pouchet, (2024, 21 novembre), Discriminations à l’ère des plateformes numériques . Le cas de la grossophobie, [Vidéo], Canal-U, https://www.canal-u.tv/165243, (Consultée le 26 octobre 2025). 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Arzhelenn Le Diguerher, Les maladies professionnelles multifactorielles face à l'exigence de causalité : étude de droit comparé France - Québec, thèse soutenue en 2024 à Paris 13, membres du jury : Morane Keim-Bagot (Rapp.), Dalia Gesualdi-Fecteau (Rapp.), Céline Ruet, Christophe Quézel-Ambrunaz et Olivier Leclerc      

    La reconnaissance du caractère professionnel d’une maladie est porteuse d’importants enjeux de santé publique qui restent méconnus et très peu médiatisés. En effet, d’une part, cette reconnaissance impacte l'affectation des dépenses d'assurance maladie et donc la catégorie d'assurés sociaux qui en ont la charge (travailleurs salariés vs employeurs). D'autre part, le phénomène de sous reconnaissance des cancers professionnels affecte l’objectif de prévention originellement couplé à la réparation des accidents du travail et des maladies professionnelles, en le rendant ce lien inopérant. Partant ainsi du constat de cette sous reconnaissance, le présent travail de recherche s’attache à étudier l’élément juridiquement déterminant dans l’accès à la qualification de maladie professionnelle : celui de l’établissement du lien de causalité entre la pathologie et le travail. Une comparaison est menée entre les régimes d'indemnisation français et québécois afin d'analyser la manière dont deux systèmes juridiques différents règlent la question commune de l’incertitude scientifique attachée à la détermination des causes de cancers et de leur potentielle origine professionnelle.

    Boubacar Diame, Le statut juridique du travailleur sans-papiers, thèse soutenue en 2019 à Sorbonne Paris Cité présidée par Marie-Christine de Lambertye-Autrand, membres du jury : Sophie Nadal (Rapp.), Isaac Yankhoba Ndiaye (Rapp.), Youssef Guenzoui   

    Cette thèse tente de décrire et comprendre l'essentiel sur la situation juridique du travailleur sans-papiers et l'intérêt des évolutions législatives et jurisprudentielles sur son statut. Elle cherche également à démontrer la difficulté liée à la détermination d’un tel statut au regard du droit des étrangers. Ainsi, le statut du travailleur sans-papiers sera étudié sous deux angles : le premier consiste à le concevoir sous l'angle du droit des étrangers, comme un étranger irrégulier privé de droits, le second consiste à l’appréhender sous l’angle du droit du travail, comme un travailleur titulaire de droits. C'est en quelque sorte l’analyse de cette contradiction dans l’ordre juridique interne qui révèle l'intérêt de cette recherche. Elle conduit ainsi à une conciliation difficile entre la logique de la police des étrangers et la logique des droits fondamentaux. Dans ces deux parties, il est envisagé d’étudier l’impact de l’irrégularité sur le droit au travail des étrangers et les conséquences liées à la protection de leurs droits. À cet égard, sera mis en exergue, le combat pour la reconnaissance de leur état de travailleurs à la lumière des droits fondamentaux. Même si certains de ces droits ont été partiellement proclamés par les juges et reconnus par le droit du travail, l’ontologie du statut du travailleur sans-papiers est quasiment introuvable au regard du droit des étrangers. En revanche, bien que la politique de maîtrise de l’immigration soit un obstacle pour la reconnaissance des sans-papiers, un pari mérite la peine d’être tenu : cette reconnaissance partielle des droits pourrait sans doute évoluer de manière significative aux abords du lit du droit positif.

    Nina Tarhouny, Les risques psychosociaux au travail : Droit et prévention d'une problématique de santé publique, thèse soutenue en 2018 à Sorbonne Paris Cité présidée par Céline Ruet, membres du jury : Cyril Wolmark (Rapp.), Sophie Fantoni-Quinton (Rapp.), Katherine Lippel, Loïc Lerouge et Franck Héas      

    Les mal-nommés risques psychosociaux au travail traduisent l’expression du mépris de la norme fondamentale absolue et matrice des droits de l’Homme : la dignité de l’être humain. Figure de la souffrance au travail, les conditions et les organisations du travail indécentes (au sens de l’ONU) conduisent à la réification du genre humain considéré comme un moyen de production au détriment de ses droits fondamentaux, tels que le droit à la santé au travail. Menaces à la santé publique s’affranchissant des règles de droit fondant l’ordre social,les risques psychosociaux au travail, dont les conséquences des atteintes à la santé physique et mentale des travailleurs se répercutent sur la société tout entière, brisent le contrat social liant les individus à l’État. Les obligations juridiques posées par les textes internationaux, européens et français, imposent à l’État et aux entreprises d’exercer une prévention active et pas seulement réactive. L’État, garant et protecteur du respect de la dignité et des droits humains, peut utiliser ses prérogatives de puissance publique pour mieux protéger la santé des travailleurs.La sociovigilance s’impose alors comme une nouvelle vigilance issue de la sécurité sanitaire du travail. Conjuguée à la création d’une autorité indépendante en charge des questions de santé au travail, la sociovigilance s’accompagne d’une nouvelle proposition d’organisation de la prévention des risques professionnels en France.

  • Boualem Kachi, La pertinence du statut juridique dérogatoire des Algériens en droit des étrangers, thèse soutenue en 2021 à Paris 13 sous la direction de Christel Cournil, membres du jury : Karine Parrot (Rapp.), Serge Slama (Rapp.), Catherine Colard-Fabregoule et Arnaud de Raulin    

    L’immigration algérienne en France est régie en marge du droit commun des étrangers dans le cadre d’un « statut juridique supranational ». Ce statut qui constitue une source importante du contentieux des étrangers, s’invite de plus en plus dans le débat politique sur l’immigration. Au-delà de la recherche de ses spécificités, de son caractère favorable ou non, comparé au régime général des étrangers, c’est bien la pertinence même de ce cadre normatif, en tant que source exclusive des droits des Algériens en France, qui est questionnée dans cette thèse. Cette étude met en évidence la complexité technique de ce statut conduisant à d’importantes difficultés de mise en œuvre et à des atteintes injustifiées aux droits des personnes. L’absence d’actualisation et d’adaptation avec la réalité migratoire et le décalage important entre ce statut supranational et le statut interne de l'étranger en sont les principales raisons. Une analyse rétrospective a été d’abord menée sur l’historicité de sa construction, l’étude de la jurisprudence et du droit positif ainsi qu’un travail de terrain. L’ambivalence des effets de ce statut est alors mise en exergue. Des mesures de rééquilibrage des intérêts entre la France et l’Algérie doivent être envisagées afin de construire un véritable statut juridique de réciprocité comme moyen d’aboutir à une effectivité acceptable dans l’application des normes, à défaut d’un alignement du statut des Algériens sur le droit interne. D’où l’intérêt de mener enfin une observation prospective visant à ouvrir des pistes de réflexion sur l’avenir de ce statut et les incidences de son intégration au statut interne sur la politique migratoire française.

    Jeacques Gbenonman Bonou, Le droit des pesticides au Bénin : conditions de mise sur le marché et la responsabilité des distributeurs, thèse soutenue en 2017 à Sorbonne Paris Cité sous la direction de Anne Penneau, membres du jury : Julien Cazala (Rapp.), Muriel Fabre-Magnan (Rapp.)      

    Le développement rapide de l’industrie chimique dans le monde et les risques insoupçonnables et souvent insidieux des produits chimiques ont permis à la communauté internationale de réglementer la commercialisation de ces produits. Ainsi, il a été élaboré des textes et des Conventions internationales réglementant le commerce de ces produits. L’objectif de la majorité de ces instruments est de favoriser le développement économique sans pour autant mettre à mal la santé publique et l’environnement. L’application de ces instruments internationaux a seulement atteint une maturité dans les pays industrialisés mais pose un véritable problème de société dans les pays en développement. L’effectivité de ces règles dans les pays en développement et principalement au Bénin est problématique. Les Etats se doivent de les ratifier ces instruments et de les transposer dans leurs législations nationales. Le législateur béninois a bien suivi cette démarche à travers la loi n°91-004 du 11 février 1991 portant réglementation phytosanitaire au Bénin et la loi-cadre sur l’environnement dont les dispositions sont applicables en matière de substances chimiques ou de pesticides. Ces différentes lois, ont-elles permis d’atteindre les objectifs de la protection agricole, de la santé publique, et de l’environnement ? Comment peut-on mettre en jeu la responsabilité des distributeurs béninois en cas de dommages liés à ces produits ? Les réponses à ces interrogations nous ont permis de constater des défaillances dans ces lois et que le législateur béninois doit moderniser sa législation dans le but de renforcer l’encadrement de ces produits. Quant aux mécanismes nationaux de responsabilité, la réforme à ce niveau est indispensable. Sinon les régimes de responsabilité ne permettent pas de responsabiliser les distributeurs. Les mécanismes de responsabilités existant dans le droit positif comportent des insuffisances pour une mise en œuvre efficace de la responsabilité des distributeurs. Ces insuffisances sont aussi bien réelles sur le plan de la responsabilité civile que pénal. Le législateur doit profondément revoir tout le dispositif applicable aux distributeurs, tout en modernisant le droit de la responsabilité civile avec la consécration de la responsabilité objective du fait des activités dangereuses. Aussi faudrait-il consacrer la responsabilité des personnes morales dans le droit pénal.

    Sylvie Platel, Connaissance, expertise et reconnaissance des maladies professionnelles : système complémentaire et cancers en Seine-Saint-Denis, thèse soutenue en 2014 à Paris 13 sous la direction de Annie Thébaud-Mony, membres du jury : Nicolas Hatzfeld (Rapp.), Emmanuel Henry (Rapp.), Michel Héry, Laurent Zelek et Bernard Cassou    

    Cette recherche vise à éclairer les processus en oeuvre lors des procédures de reconnaissance en MP de patients atteints de cancers qui relèvent d’une expertise du comité régional de reconnaissance en maladie professionnelle (CRRMP). Elle s’attache tout d’abord à explorer les fondements historiques du dispositif de reconnaissance en maladie professionnelle (MP) et à comprendre les dynamiques générales de la réparation des cancers liés au travail.Puis, elle s’intéresse aux pratiques du système complémentaire en analysant les procédures en MP de 65 patients atteints de cancer. Dans une démarche qualitative, elle examine les étapes successives en oeuvre : l’expertise d’un dispositif de santé publique de surveillance des cancers professionnels en Seine-Saint-Denis, le GISCOP93, qui a incité à la déclaration en MP de ces cas, l’instruction médico-administrative de la Caisse Primaire d’Assurance Maladie qui décide de la saisine du Comité, puis l’expertise médicale du Comité. L’analyse se poursuit par l’étude d’actions contentieuses auprès du Tribunal des Affaires de Sécurité sociale.Le cadre d’analyse met en lumière les trajectoires de ces demandes dans la procédure de reconnaissance en MP et les logiques des acteurs qui président aux décisions de rejet et de reconnaissance. Il met en évidence une forte variabilité des résultats selon les expertises ainsi qu’un impact important de l’état de santé des patients. Les éléments de variabilité concernent tant l’attribution professionnelle donnée aux cancers par les différents acteurs, que leurs interprétations différentes du cadre de la reconnaissance en MP et des cancérogènes qualifiés dans les parcours professionnels.

  • Aurélie Philippe, Le comité central des Houillères de France (1887-1940), thèse soutenue en 2021 à Paris 13 sous la direction de Danièle Fraboulet présidée par Michel Margairaz, membres du jury : Hervé Joly (Rapp.), Valérie Boussard      

    Le Comité central des Houillères de France (1887-1940), organisation patronale des mines de charbon, se fonde pour tenter de protéger les charbons français des étrangers sur le marché français, de répondre à un mouvement ouvrier en structuration et d'influencer l'élaboration de la législation sociale qui remet en cause l'indépendance des exploitants dans leurs affaires. Il a également pour vocation d'apporter un certain nombre de services à ses adhérents. Comme d'autres organisations patronales, il met en place une stratégie particulière à chaque acteur avec lequel il est en relation et qui évolue en fonction des périodes. Avec ses adhérents, il ne cesse d'adapter les services qu'il leur propose en fonction de leurs besoins. Alors qu'il refuse de négocier avec l'État avant la Première Guerre mondiale, il prend l'habitude de collaborer avec lui durant le conflit et ne cesse d'être l'un de ses partenaires à partir de ce moment-là. Face au mouvement ouvrier, il met en place une stratégie de contournement et de défense passive qui n'est mise entre parenthèse que durant le Front populaire quand il se retrouve à la table des négociations. Pour arriver à ses fins, il définit des moyens d'action fondés sur un argumentaire, des outils de communication et un réseau de sociabilité. Ses activités cessent en novembre 1940 lorsqu'il est dissout par le régime de Vichy au même titre que le Comité des Forges.

    Lucie Jubert, L’organisation du travail et la prévention des risques professionnels, thèse soutenue en 2019 à Paris 10 sous la direction de Cyril Wolmark présidée par Pierre-Yves Verkindt, membres du jury : Olivier Leclerc (Rapp.), Patrice Adam (Rapp.), Jérôme Pélisse      

    Devant les transformations des organisations productives et les dangers nouveaux qu’elles créent pour la santé physique et mentale, la prévention des risques professionnels est en pleine mutation. Son analyse nécessite un instrument permettant de saisir les rapports entre la variété des risques physiques et psychosociaux et les multiples aspects de l’activité de travail subordonnée. La catégorie d’organisation du travail est proposée pour sa capacité à désigner autant la dimension technique de l’activité de travail que la dimension sociale et hiérarchique du pouvoir de direction de l’employeur. Fort de cet instrument, la thèse vise d’abord à éclairer comment le droit tisse les liens entre les catégories juridiques de risque professionnel et d’organisation du travail. Construite autour des notions de causalité et d’imputation, la reconnaissance de ces liens se dévoile comme un lieu d’observation privilégié des rapports entre le droit et la science. La recherche, ensuite, tâche d’expliquer comment le droit agit sur les liens entre les catégories d’organisation du travail et de risque professionnel en vue de prévenir la réalisation de ces derniers. Attaché aux composantes structurantes de l’organisation du travail, le droit de la santé et de la sécurité au travail se révèle un espace où l’agencement juridique des choses et travailleur et en pleine évolution.

    Franck Enjolras, Dans les coulisses des expulsions du territoire français, entre surveillance et assistance : enquête ethnographique d'un centre de rétention administrative, thèse soutenue en 2017 à Paris EHESS sous la direction de Didier Fassin, membres du jury : Richard Rechtman, Nicolas Fischer et Mahamet Timera    

    Dans un contexte de contrôle accru de l’immigration irrégulière et de la gestion serrée des frontières, de quelle manière, selon quelles modalités, par quelles directives et selon quelles applications, l’enfermement des étrangers en instance d’éloignement du territoire français, participe-t-il à la préparation de cette expulsion ?Cette thèse s’intéresse à la gestion de l’enfermement des étrangers dans un centre de rétention administrative (CRA), selon deux aspects centraux, la surveillance et le soin, et elle se focalise, à travers des pratiques de police et de santé, sur le rôle de cet enfermement dans la mise en œuvre de l’expulsion. Elle s’inscrit dans les travaux d’anthropologie de l’Etat et de la police et dans ceux de la sociologie de l’immigration et des lieux d’enfermement.Elle montre comment différentes formes de directives, propres à l’enfermement des étrangers, trouvent leur incarnation dans des agents dont les pratiques sont la résultante à la fois d’applications directes de ces directives et surtout de leurs aménagements, propres à la gestion des contradictions, découlant de ce lieu.Cette thèse s’intéresse d’abord aux pratiques de police fixées autour de la surveillance qui, dans le cadre de la gestion de certaines contradictions, propres à la rétention, devient, par glissement, un travail d’attente et d’anticipation, sous des formes allant de l’expectative à la recherche d’informations jusqu’aux stratégies locales de contrainte et de conditionnement. Elle se focalise ensuite sur les pratiques de santé, en montrant combien les enjeux de l’enfermement et de l’expulsion viennent à les façonner, de manière profonde, au point qu’elles soient parties prenant d’un processus de sélection et de différenciation. Elle s’intéresse enfin, dans ce travail global de préparation, aux effets des rapports entre la police et les professionnels de santé, dans cette gestion d’une population enfermée, tenue par la menace d’une expulsion. Cette thèse restitue, en somme, différentes pratiques, différents positionnements politiques et moraux, d’agents travaillant dans un dispositif de contrôle, administré par l’Etat, confrontés dans leur travail à des contradictions et à des conflits moraux.Ce travail est le fruit d’une enquête ethnographique mené au sein d’un CRA et d’entretiens et d’observations ciblés auprès d’acteurs appartenant à des lieux dont le CRA est dépendant.

    Arthur Vuattoux, Genre et rapports de pouvoir dans l'institution judiciaire : Enquête sur le traitement institutionnel des déviances adolescentes par la justice pénale et civile dans la France contemporaine, thèse soutenue en 2016 à Sorbonne Paris Cité sous la direction de Bertrand Pulman, membres du jury : Marc Bessin, Cécile Van de Velde, Coline Cardi, Fabien Jobard et Sylvie Tissot      

    Objectif : Cette recherche a pour objectif de documenter le traitement institutionnel des déviances adolescentes dans la justice des mineurs, au prisme du genre et des autres rapports de pouvoir. L'enquête vise en premier lieu à mettre au jour les scripts et attentes de genre véhiculés par les professionnel‑le‑s et à en décrire les conditions de production, reproduction et légitimation par les institutions de contrôle de la jeunesse. Au-delà des seules normes de genre, il s'agit de comprendre la manière dont différentes normes sociales liées notamment à la classe, à l'origine ethno-raciale ou à l'âge influent sur les procédures judiciaires et balisent les carrières institutionnelles des adolescent‑e‑s confronté‑e‑s à la justice.Méthode : Une enquête ethnographique d'une année a été menée au tribunal pour enfants de Créteil, et une enquête complémentaire a été réalisée durant deux mois au tribunal pour enfants de Paris. Ces investigations se sont principalement basées sur l'analyse qualitative et quantitative de dossiers judiciaires pénaux (n=133) et en assistance éducative (n=95), d'observations d'audiences, et d'entretiens (entretiens semi-directifs et focus groups) avec les acteur‑e‑s de la justice des mineurs. Résultats : L'étude des dossiers judiciaires indique l'existence d'un traitement différentiel des filles et des garçons. Cela se traduit notamment, au pénal, par un plus grand recours au soin et à des formes de contrôle para-pénales dans le cas des filles, et par une moindre prise en compte des vulnérabilités dans le cas des garçons. En assistance éducative, des schémas similaires sont à l’œuvre, mais de manière moins marquée. De plus, l'analyse approfondie des dossiers montre la perméabilité des actes de jugement à la position sociale (classe), à l'identité ethno-raciale et aux catégories d'âge. Conclusion : Cette thèse rend compte de la manière dont l'institution façonne les carrières des adolescent‑e‑s confronté‑e‑s à la justice, et aide ainsi à comprendre les mécanismes de production, reproduction ou légitimation institutionnelle des normes de genre. Il en ressort également que les normes véhiculées par l'institution renvoient à d'autres rapports de pouvoir en mesure d'influer sur les processus judiciaires, à l'instar des rapports de classe, race ou âge. Il est donc nécessaire de mettre en œuvre une approche sociologique intersectionnelle des actes d'État, et de procéder à un questionnement critique à l'égard de l'universalisme juridique tel que revendiqué par les institutions du contrôle social.