Philippe Aldrin

Professeur
Science politique.
Sciences Po Aix

Croyance, Histoire, Espace, Régulation Politique et Administrative

Responsabilités administratives et scientifiques :

  • THESE

    La rumeur en politique : une sociologie de la prise de parole politique, soutenue en 2001 à Paris 1, sous la direction de Michel Offerlé 

    THESE

    La BiPAP, et son application dans le traitement des décompensations respiratoires aiguës des insuffisants respiratoires chroniques, soutenue en 1993 à Bordeaux 2, sous la direction de Gilles Hilbert 

  • Philippe Aldrin, Éric Agrikoliansky, Catherine Achin, Lorenzo Barrault-Stella, Kevin Geay (dir.), Ordre social, désordre électoral: Une sociologie du vote de 2017, OpenEdition, 2024, Espaces Politiques  

    Le vote n’est-il qu’une affaire de chiffres ? C’est l’impression que peut donner une chronique de l’élection focalisée sur la courbe des intentions de vote ou sur les pourcentages de composition ou de distribution des voix. Pourtant, si le vote demeure fondamentalement une opération de comptage et de décomptage, il ne suffit pas de compter les voix pour comprendre comment les électrices et les électeurs perçoivent l’offre électorale, interprètent ses enjeux et font finalement leur choix. À partir d’une longue enquête réalisée au plus près des citoyens, à la fois qualitative et quantitative, les contributions de ce livre interrogent le poids des trajectoires sociales et des contextes de leur existence sur les façons de voter. Menée tout au long de la séquence électorale de 2017, l’enquête montre la persistance de l’ancrage social du vote face à un désordre inédit de l’offre électorale. Elle propose de renouveler la sociologie des variables sociales qui façonnent les préférences électorales. Is voting just a matter of numbers? This is the impression that can be given by an election chronicle focused on the voting intentions curve or the composition or distribution of the votes. However, if voting remains fundamentally an operation of counting, it is not enough to count the votes in order to understand how voters perceive the electoral offer, interpret its issues and finally make their choice. Based on a lengthy survey conducted in close proximity to citizens, the contributions in this book examine the weight of their social trajectories and their context of existence on their ways of understanding the vote. Deployed throughout the 2017 electoral sequence, the survey shows the persistence of social logics in the making of votes in the face of an unprecedented disorder of the electoral offer. It proposes to renew the sociology of the social variables that shape electoral preferences

    Philippe Aldrin, Catherine Achin, Lorenzo Barrault-Stella, Kevin Geay, Éric Agrikoliansky (dir.), Ordre social, désordre électoral: Une sociologie du vote de 2017, Presses universitaires du Septentrion, 2023, Espaces politiques, 432 p. 

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, Introduction à la communication politique: 2e édition revue et augmentée, 2e éd., De Boeck Supérieur, 2022, Ouvertures politiques, 279 p.   

    Philippe Aldrin, Pierre Fournier, Vincent Geisser, Yves Mirman (dir.), L'enquête en danger. Vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales: vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Armand Colin, 2022, Sociologia, 379 p. 

    Philippe Aldrin, Nathalie Ferré (dir.), La société civile au travail: Le professionnalisme irrésolu de l’action transnationale, Presses universitaires d'Aix-Marseille, 2022, Collection Droits, pouvoirs et sociétés, 280 p.   

    Philippe Aldrin, Vincent Geisser, Pierre Fournier, Yves Mirman (dir.), aL'enquête en danger: vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Armand Colin et Cairn, 2022  

    Quelles sont aujourd'hui les contraintes qui pèsent sur la production de connaissances sur la société ? Quelles sont les contingences qui la rendent possible et celles qui la menacent ? Quand on réfléchit aux formes de surveillance qui s'exercent sur les chercheurs en sciences sociales jusqu'à mettre en danger leur enquête, on pense aux réactions des personnes rencontrées dans les investigations. Il faut songer aussi au regard des collègues universitaires et à l'attention administrative, gestionnaire, judiciaire ou policière qui encadre le travail des chercheurs.Au-delà des controverses publiques, l'ouvrage analyse ces points avec la rigueur du raisonnement sociologique, donnant à voir des expériences d'enquêtes dans des contextes à la fois démocratiques et autoritaires. En parcourant l'ouvrage, le lecteur portera un regard cru sur la condition de chercheur de terrain et ses enjeux scientifiques, mais aussi sur ses enjeux citoyens pour alimenter le débat public

    Philippe Aldrin, Éric Agrikoliansky, Sandrine Lévêque, Voter par temps de crise: Portraits d’électrices et d’électeurs ordinaires, Presses Universitaires de France et Cairn, 2022, Hors collection  

    Ce livre rassemble quatorze portraits d'électrices et d'électeurs. Construit à partir d'entretiens approfondis et répétés, menés par une équipe de politistes et de sociologues entre 2016 et 2021, chacun de ces portraits raconte une existence et une façon d'être électeur dans la France contemporaine. À rebours des analyses qui font de l'acte de vote une évidence, ces portraits retracent le cheminement, à la fois singulier et collectif, parfois tortueux et jamais simple, que suppose la décision de donner sa voix à tel candidat plutôt qu'à un autre. Les quatorze itinéraires de vie qu'explore ce livre sont diversement articulés à la politique. Ceux qui se sont prêtés au jeu de l'enquête ont fait part de leurs convictions, et de leurs hésitations, des petites raisons ou des grandes résolutions qui ont progressivement donné sens à leur vote. Un sens souvent machinal, traduisant la persistance de préférences politiques anciennes que la configuration des options proposées peut toutefois mettre à l'épreuve. D'autres fois, un sens moins prévisible, exprimant une inclination nouvelle voire inattendue, qui se cristallise dans la tension du moment électoral et se dissipera peut-être avec elle. Mais, il ressort de chaque portrait tout ce que ce « choix », en apparence intime, doit à l'univers de vie, aux sociabilités, à la trajectoire biographique, bref à la place qu'occupe chaque électeur dans la société

    Philippe Aldrin, Eric Agrikoliansky, Sandrine Lévêque, Éric Agrikoliansky (dir.), Voter par temps de crise : portraits d'électrices et d'électeurs ordinaires, Presses universitaires de France, 2021, 378 p.  

    Avocat, policier, infirmière, libraire, ouvrier, enseignant, banquier, agriculteur, bourgeois des beaux-quartiers ou seconde génération d'immigrés issus des cités populaires... Quatorze portraits d'électrices et d'électeurs ordinaires face à la politique, aux élections de 2017 et à leurs candidats. Interrogés à de nombreuses reprises jusqu'en 2021 : ils et elles livrent leurs représentations de la politique, leur perception des enjeux de l'élection et, bien au-delà, un saisissant tableau de la société française contemporaine, des (mal)chances objectives de chacun et des imaginaires sociaux qui la structurent. À travers ces portraits, la logique des choix électoraux retrouve sa densité. Fruit d'ancrages sociaux et de fidélités anciennes, elle articule des logiques plurielles. Loin des simplifications des sondages, ces portraits éclairent les ressorts complexes du vote. Ils révèlent un système de goûts et dégoûts politiques et sociaux qui disent autant du système politique que des clivages de la société française.

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, Introduction à la communication politique, Cairn et De Boeck Supérieur, 2021, Ouvertures politiques, 288 p.    

    Par l'importance qu'elle a prise dans le travail institutionnel et politique, la communication est une entrée privilégiée pour comprendre les transformations contemporaines de la conquête et de l'exercice du pouvoir. Dans la conquête comme dans l'exercice du pouvoir, la communication occupe aujourd'hui une place cruciale. Chaînes d'information continue, réseaux sociaux, cotes de popularité, emballements médiatiques et stratégies d'influence des groupes de pression sont le nouvel horizon de l'activité politique. Si l'éloquence et le maniement ritualisé des symboles y sont toujours de mise, « bien communiquer » est devenu un impératif absolu dans les sociétés de l'information… voire de la sur-information. Ce manuel expose tout d'abord le mouvement historique au terme duquel l'espace public, les médias de masse et la mesure de l'opinion sont devenus un enjeu central du jeu politique. En s'attachant à les remettre en contexte, il présente ensuite les évolutions d'une science de la communication politique née au croisement de la recherche universitaire, de la publicité des affaires politiques et de l'économie des médias. Enfin, il propose de suivre l'invention puis la consécration de nouveaux « métiers » – des spin doctors aux community managers – dans la division du travail politique. Ponctué de définitions claires et d'exemples nombreux, cet ouvrage à l'approche inédite donne toutes les clés pour comprendre les formes historiques et immédiatement contemporaines de la communication politique. Pour les étudiants et enseignants des 1er et 2e cycles en science politique et en sociologie ainsi que des formations supérieures en communication et en journalisme

    Philippe Aldrin, Jean-Michel Utard, Nicolas Hubé, Caroline Ollivier-Yaniv (dir.), Les mondes de la communication publique: légitimation et fabrique symbolique du politique, Presses universitaires de Rennes et OpenEdition, 2019  

    La 4e de couv. de l'édition imprimée indique : "Concevoir et analyser la communication comme lieu d'observation des transformations du politique et de l'action publique, en saisissant un double phénomène : ce que le politique fait à la communication et ce que la communication fait au politique. Tel est le propos de cet ouvrage collectif qui réunit des contributions de spécialistes du sujet en science politique ou en sciences de l'information et de la communication. Les auteurs interrogent le travail de légitimation des décisions politiques sous l'angle de la « communication publique ». Cette dernière est aujourd'hui une activité fortement intégrée dans les différentes institutions du pouvoir politique, avec ses équipes de professionnels diplômés et expérimentés, avec aussi des moyens et des compétences à la fois distincts et aujourd'hui pleinement reconnus comme partie prenante du travail politique. La « communication publique » compte aussi ses acteurs-promoteurs qui, à titre personnel ou au nom des associations professionnelles du secteur, tendent à en imposer une définition fonctionnaliste. Portée par l'exigence d'information des citoyens (« publics », « usagers », « administrés », « ressortissants »), cette activité serait ainsi indemne de tout calcul ou intérêt politique. Contre cette définition « indigène », les contributions proposées dans cet ouvrage analysent l'espace professionnel de la communication politique institutionnelle comme un « monde » multiple, hiérarchisé, traversé de tensions et concurrences diverses et, articulé à d'autres mondes (médias, lobbys, défenseurs de causes, experts, etc.) investis dans les affaires publiques. À partir de situations concrètes étudiées au plus près des acteurs, les auteurs réunis ici mettent au jour les rapports institués et négociés mais aussi les interdépendances qui se nouent entre ces mondes. Au-delà de leurs spécificités sociales et historiques, ces situations donnent à voir l'agencement des univers de discours, de pratiques et de relations où se produit la « communication publique ». Il en ressort que la compréhension du travail de légitimation de l'action publique ne peut désormais faire l'économie d'une approche empirique et pluridisciplinaire, également attentive à la sociologie des acteurs et à l'analyse des pratiques discursives ou sémiotiques, tant les manières de faire des acteurs sont indissociables des discours qui les fondent

    Philippe Aldrin, Éric Agrikoliansky (dir.), Faire avec la politique: Novices, amateurs et intermittents en politique, De Boeck, 2019, 205 p. 

    Philippe Aldrin, Lucie Bargel, Nicolas Bué, Pina Christine, Christine Pina (dir.), Politiques de l'alternance: Une sociologie des changements (de) politiques, Éditions du Croquant, 2016, Sociopo, 412 p. 

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, Caroline Ollivier-Yaniv, Jean-Michel Utard (dir.), Les médiations de l'Europe politique, Presses Universitaires de Strasbourg, 2014, Sociologie politique européenne, 371 p. 

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, Caroline Ollivier-Yaniv, Jean-Michel Utard (dir.), Les mondes de la communication publique: légitimation et fabrique symbolique du politique, Presses universitaires de Rennes, 2014, Res Publica, 189 p.  

    La 4e de couv. indique : "Concevoir et analyser la communication comme lieu d'observation des transformations du politique et de l'action publique, en saisissant un double phénomène : ce que le politique fait à la communication et ce que la communication fait au politique. Tel est le propos de cet ouvrage collectif qui réunit des contributions de spécialistes du sujet en science politique ou en sciences de l'information et de la communication. Les auteurs interrogent le travail de légitimation des décisions politiques sous l'angle de la « communication publique ». Cette dernière est aujourd'hui une activité fortement intégrée dans les différentes institutions du pouvoir politique, avec ses équipes de professionnels diplômés et expérimentés, avec aussi des moyens et des compétences à la fois distincts et aujourd'hui pleinement reconnus comme partie prenante du travail politique. La « communication publique » compte aussi ses acteurs-promoteurs qui, à titre personnel ou au nom des associations professionnelles du secteur, tendent à en imposer une définition fonctionnaliste. Portée par l'exigence d'information des citoyens (« publics », « usagers », « administrés », « ressortissants »), cette activité serait ainsi indemne de tout calcul ou intérêt politique. Contre cette définition « indigène », les contributions proposées dans cet ouvrage analysent l'espace professionnel de la communication politique institutionnelle comme un « monde » multiple, hiérarchisé, traversé de tensions et concurrences diverses et, articulé à d'autres mondes (médias, lobbys, défenseurs de causes, experts, etc.) investis dans les affaires publiques. À partir de situations concrètes étudiées au plus près des acteurs, les auteurs réunis ici mettent au jour les rapports institués et négociés mais aussi les interdépendances qui se nouent entre ces mondes. Au-delà de leurs spécificités sociales et historiques, ces situations donnent à voir l'agencement des univers de discours, de pratiques et de relations où se produit la « communication publique ». Il en ressort que la compréhension du travail de légitimation de l'action publique ne peut désormais faire l'économie d'une approche empirique et pluridisciplinaire, également attentive à la sociologie des acteurs et à l'analyse des pratiques discursives ou sémiotiques, tant les manières de faire des acteurs sont indissociables des discours qui les fondent."

    Philippe Aldrin, Sociologie politique des rumeurs, Cairn et Presses Universitaires de France, 2014, Sociologie d'aujourd'hui  

    La présence persistante de rumeurs en politique témoigne de circuits clandestins et incontrôlés de l'information. Cet ouvrage analyse cette question des rumeurs sous l'angle politique. Il se fonde sur des entretiens, des analyses de situations « rumorales », des sources publiées... ou des informations échangées entre acteurs sociaux dont la véracité est douteuse. Dire la rumeur c'est faire usage d'un répertoire d'énonciations contournant les ordres et les contraintes qui pèsent sur la prise de parole en public

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, Caroline Ollivier-Yaniv, Jean-Michel Utard (dir.), Les mondes de la communication publique: Légitimation et fabrication symbolique du politique, Presses Universitaires de Rennes, 2013, 190 p. 

    Philippe Aldrin, Dorota Dakowska (dir.), Promouvoir l'Europe en actes: une analyse des petits entrepreneurs de la cause européenne, L'harmattan, 2011, 267 p. 

    Philippe Aldrin, Sociologie politique des rumeurs, Presses universitaires de France, 2005, Sociologie d'aujourd'hui, 289 p. 

  • Philippe Aldrin, Eric Agrikoliansky, Catherine Achin, Lorenzo Barrault-Stella, Kévin Geay [et alii], « Conclusion. Contextes et habitus. Quelques propositions pour les sciences sociales du vote »: La socialisation politique au et par le travail chez les moyens et petits-moyens, in Eric Agrikoliansky, Catherine Achin, Lorenzo Barrault-Stella, Kévin Geay (dir.), Ordre social et désordre électoral. Une sociologie du vote de 2017, Presses universitaires du Septentrion, 2023, pp. 335-351   

    Philippe Aldrin, Éric Agrikoliansky, Catherine Achin, Lorenzo Barrault-Stella, Kévin Geay, « Introduction. Une sociologie du vote à hauteur d’électrices et d’électeurs », Ordre social et désordre électoral. Une sociologie du vote de 2017, 2023, pp. 9-21 

    Philippe Aldrin, Catherine Achin, Martin Baloge, « Le travail du vote. La socialisation politique au et par le travail chez les moyens et petits-moyens », Ordre social et désordre électoral. Une sociologie du vote de 2017, 2023, pp. 181-227 

    Philippe Aldrin, Eric Agrikoliansky, Catherine Achin, Lorenzo Barrault-Stella, Kévin Geay, « Contextualiser les dispositions électorales : enjeux théoriques et questions méthodologiques », Ordre social et désordre électoral. Une sociologie du vote de 2017, 2023, pp. 23-66 

    Philippe Aldrin, Pierre Fournier, Vincent Geisser, Yves Mirman, « Introduction. Chercheur de terrain : une profession à l’autonomie menacée », L'enquête en danger, Armand Colin, 2022, pp. 23-52   

    Philippe Aldrin, Pierre Fournier, Vincent Geisser, Yves Mirman, « Chercheur de terrain : une profession à l'autonomie menacée », L'enquête en danger. Vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Armand Colin, 2022, pp. 23-52   

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « Trois bureaucraties pour une politique »: Porte-parolat et mise en représentation de "l’Europe" dans ses années de fondation (1952-1967), in Presses Universitaires du Septentrion (dir.), Le porte-paroleFondements et métamorphoses d'un rôle politique, 2022   

    Philippe Aldrin, Nathalie Ferré, « La résistible professionnalisation du tiers secteur de l’action publique transnationale », in Presses universitaires d'Aix-Marseille - PUAM (dir.), La société civile au travail. Le professionnalisme irrésolu de l’action transnationale, 2022, pp. 13-31     

    Philippe Aldrin, Anne-Sophie Petitfils, « Les manifestations discrètes de la domestication partisane »: Regards croisés sur deux enquêtes en immersion au PS et à l’UMP, in Philippe Aldrin, Pierre Fournier, Vincent Geisser, Yves Mirman (dir.), L'enquête en danger. Vers un nouveau régime de surveillance dans les sciences sociales, Armand Colin, 2022, pp. 145-169   

    Philippe Aldrin, Éric Agrikoliansky, Sandrine Lévêque, « Florence, Asma, Stéphane, Lucien et les autres… Portraits de Français en électeurs », Voter par temps de crise, Presses Universitaires de France, 2021, pp. 7-33   

    Philippe Aldrin, Eric Agrikoliansky, Sandrine Leveque, « Leçons de 2017 : ce que les portraits nous apprennent d’une élection singulière », Voter par temps de crise, Presses Universitaires de France, 2021, pp. 333-363 

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « From Democracy by Proxy to Stakeholder Democracy. The Changing Faces of an EU Founding Value », in François Foret and Oriane Calligaro (eds) (dir.), European Values: Challenges and Opportunities for EU Governance, Routeledge, 2018   

    Philippe Aldrin, Lucie Bargel, Nicolas Bué, Pina Christine, « Une sociologie politique pour les alternances au pouvoir », Politiques de l'alternance. Sociologie des changements (de) politiques, Editions du Croquant, 2016   

    Philippe Aldrin, Marine de Lassalle, « Ce que faire parler de politique veut dire - Remarques sur la relation d’entretien et le parler politique à partir d’une enquête sur le rapport ordinaire à l’Europe »: Remarques sur la relation d'entretien et le parler politique à partir d'une enquête sur le rapport ordinaire à l'Europe, in François Buton, Patrick Lehingue, Nicolas Mariot, Sabine Rozier (dir.), L'ordinaire du politique: enquêtes sur les rapports profanes au politique, Presses universitaires du Septentrion, 2016, pp. 297-320       

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « La politique n'est plus ce qu'elle était, la communication non plus.Pour un changement de perspective sur le travail de légitimation politique. », Les mondes de la communication publique. Légitimation et fabrique symbolique du politique, Presses Universitaires de Rennes, 2014   

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « Parler au nom de l'Europe », Les médiations de l'Europe politique, Presses Universitaires de Strasbourg, 2014   

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « Les affaires publiques européennes, un monde de médiations ? », Les Médiations de l'Europe politique, Presses Universitaires de Strasbourg, 2014, pp. 15-31 

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « Parler au nom de l'Europe. Luttes d'institutions et conflits de légitimités pour le porte-parolat de « l'Union » », in Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, Caroline Ollivier-Yaniv, Jean-Michel Utard (dir.), Les médiations de l'Europe politique, Presses Universitaires de Strasbourg, 2014, pp. 49-75     

    Philippe Aldrin, « Le problème de la représentation des groupes sociaux », Pratiques de la représentation politique, Presses universitaires de Rennes,, 2014   

    Philippe Aldrin, « " La " société civile européenne ", entre idéal démocratique et contingences politiques »: De Maastricht à Lisbonne, les mises à l'agenda parlementaire de l'ouverture aux lobbys et à la société civil, in Larcier (dir.), Le Parlement européen après Lisbonne, Larcier, 2013, pp. 183-226   

    Philippe Aldrin, « The World of European Information »: An Institutional and Relational Genesis of the EU Public Sphere, in Palgrave MacMillan (dir.), The Field of eurocracy. Mapping the EU Staff and professionals, Palgrave, 2013, pp. 72-98   

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « La politique n'est plus ce qu'elle était, la communication non plus », Les mondes de la communication publique. Légitimation et fabrication symbolique du politique, Aldrin P., Hubé N., Ollivier-Yanniv C., Utard J.M., Dir., Presses Universitaires de Rennes, 2013, pp. 17 

    Philippe Aldrin, Christine Pina, « Aux origines perdues du consentement populaire en France. Quelques réflexions de politiste sur le vote d’avril 1860 à Nice », in Bruno Berthier, Marc Ortolani (dir.), Consentements des populations, plébiscites et changements de souveraineté, Serre Éditeur, 2013 

    Philippe Aldrin, « Producteurs, courtiers et experts de l'information européenne »: Sociogenèse d'un champ professionnel dans le monde des affaires européennes, Le champ de l'Eurocratie. Une sociologie politique du personnel de l'Union européenne, Economica, 2012, pp. 151-181   

    Philippe Aldrin, « Un ministère de l'imprévisible ? », in Presses Universitaires de Rennes (dir.), La politique sans avoir l'air. Aspects de la politique informelle, XIXe-XXIe siècles, Presses Universitaires de Rennes, 2012, pp. 103-116   

    Philippe Aldrin, « Les Eurobarometres, entre science et politique »: Retour sur la fabrique officielle de l'opinion européenne, in Daniel Gaxie (dir.), L'Europe des Européens. Enquête comparative sur les perceptions de l'Europe, Economica, 2011, pp. 20   

    Philippe Aldrin, « The eurobarometer and the making of european opinion », Perceptions of Europe, EPCR, 2011, pp. 17-34   

    Philippe Aldrin, Marine de Lassalle, « Talking About Europe: Techniques and Resources in the Formulation of Opinions on the EU », in Daniel Gaxie, Nicolas Hubé, Jay Rowell (dir.), Perceptions of Europe. A Comparative Sociology of European Attitudes., ECPR Press, 2011, pp. 119-142     

    Philippe Aldrin, « From an Instrument To The Instrumentalization of "European Opinion" »: A historical sociology of Community instruments for the measure of opinions and management of the public space, in Manchester University Press (dir.), A Political Sociology of The European Union. Reassessing Constructivism, Manchester University Press - Palgrave MacMillan, 2010, pp. 206-224   

    Philippe Aldrin, Marine De Lassalle, « Façons de parler d'Europe », in Economica (dir.), L'Europe des Européens, Economica, 2010, pp. 149-174   

    Philippe Aldrin, « Les permanents dans le monde des socialistes. Economie symbolique et désenchantement des emplois salariés au siège national du PS », in LEFEBVRE (R.), SAWICKI (F.) (dir.), Sociologie des socialistes français, Economica, 2007, pp. 15-23 

  • Philippe Aldrin, « Le mouvement des Gilets jaunes : un apprentissage en pratique(s) de la politique ? », Politix , 2020, n°  128, pp. 143-177    

    À partir de novembre 2018 et pendant plusieurs mois, la vie politique et médiatique en France a été marquée par le mouvement dit des Gilets jaunes. Initialement dirigé contre la hausse du prix des carburants, ce mouvement social s’est développé à travers des blocages de routes, l’occupation permanente de ronds-points et des manifestations hebdomadaires dans les grandes villes françaises. Par ses traits atypiques, le mouvement des Gilets jaunes questionne la sociologie de la politisation, des mouvements sociaux et de l’apprentissage des activités militantes. L’objectif de ce débat est de réunir des chercheurs (Z. Bendali, R. Challier, M. Della Sudda et O. Fillieule) ayant mené des enquêtes sur les actions et les collectifs des Gilets jaunes. Ces enquêtes permettent de comprendre les modalités d’apprentissage pratique de l’action collective et de politisation dans et par la participation au mouvement des Gilets jaunes.

    Philippe Aldrin, « Des petits actionnaires du système », Actes de la Recherche en Sciences Sociales, 2020, n°2, p. 50 

    Philippe Aldrin, Zakaria Bendali, Raphaël Challier, Magali Della Sudda, Olivier Fillieule [et alii], « Le mouvement des Gilets jaunes : un apprentissage en pratique(s) de la politique ? », Politix, 2019, n°128, pp. 143-177 

    Philippe Aldrin, Éric Agrikoliansky, « Faire avec la politique. Novices, amateurs et intermittents en politique », Politix, 2019, n°128, p. 7 

    Philippe Aldrin, Marie Vannetzel, « Dans les lisières. Une sociologie des acteurs secondaires de la politique dans?deux petites villes françaises », Politix, 2019, n°4, p. 31 

    Philippe Aldrin, Eric Agrikoliansky, « Faire avec la politique »: Novices, amateurs et intermittents en politique, Politix, 2019, n°4   

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « L’État participatif : Le participationnisme saisi par la pensée d’État »: Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique , 2016, n° VOL. 5, pp. 9-29        

    Ce texte introductif au dossier expose les raisons et gains heuristiques d’introduire de la notion de participationnisme d’État pour étudier l’introduction d’ingénierie participative dans l’activité décisionnelle des exécutifs publics. En s’affranchissant des catégories d’entendement des spécialistes de la « démocratie délibérative » ou des promoteurs de la « gouvernance », cette notion permet de concentrer toute l’attention de l’observateur sur ce que font les autorités détenant le monopole légitime d’édiction du bien commun et de l’intérêt général quand elles s’équipent de dispositifs participatifs. Saisi par la pensée d’État, le participationnisme reflète assez fidèlement les transformations des rapports gouvernants-gouvernés qui ont cours dans la société actuelle. Alors qu’il se réfère à des principes de la théorie démocratique, le participationnisme, quand il prend les traits d’un participationnisme d’État, demeure toujours un prolongement du régime qui le met en œuvre. C’est ce que confirme l’analyse des situations présentées dans le dossier et qui correspondent à des régimes où l’ordre démocratique prend des formes inédites (Union européenne), paroxystiques (Suisse), enchantées (conseil régional de Rhône-Alpes), purement procédurales (Burundi), post-autoritaires et dynastiques (Corée du Sud) ou usurpées (Tunisie benaliste). Saisi par la pensée d’État, l’ordre participatif reproduit toujours dans des espaces procéduralisés de concertation l’ordre politique et social en place. Pour explorer les conditions politiques et intellectuelles de félicité du gouvernement participationniste, cette introduction trace un cadre analytique qui en propose une sociologie relationnelle et multi-sites.

    Philippe Aldrin, « L’Union européenne, une démocratie de stakeholders : Des laboratoires du participationnisme à l’expérimentation démocratique », Gouvernement et action publique , 2016, n° VOL. 5, pp. 125-152    

    Comme d’autres organisations gouvernementales et intergouvernementales, l’Union européenne a opéré dans les années 1990 une mue participative de sa matrice décisionnelle et communicationnelle. L’instauration officielle de la « nouvelle gouvernance européenne » (définie dans un Livre blanc publié en 2001 et mûrie au sein de la Cellule de prospective de la Commission européenne) visait à proposer une réponse institutionnelle à la nécessité croissante de contrôler le « management de l’interdépendance » entre les décideurs européens et les experts ou les représentants d’intérêt. La période de crise ouverte avec l’échec du processus référendaire de ratification du traité constitutionnel a imposé de dépasser le modèle « néo-corporatiste » de la gouvernance en développant la participation directe des citoyens aux processus décisionnels. Fondé sur une enquête lancée en 2005, cet article se propose d’analyser les genèses (politique et intellectuelle) et les conditions de possibilité du participationnisme d’institution mis alors en œuvre pour corriger la « démocratie européenne ». Pour ce faire, les auteurs explorent les laboratoires de la réforme où a été imaginée cette théorie procédurale du pouvoir européen, d’abord orientée vers une meilleure prise en charge des intérêts sectoriels et territoriaux puis vers les « citoyens ». Ils suivent les formes d’institutionnalisation d’un participationnisme européen, de sa généalogie gouvernancielle jusqu’à sa consécration par l’Initiative citoyenne européenne, en observant plus particulièrement le rôle joué par les social scientists experts en innovation démocratique.

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « L’Union européenne, une démocratie de stakeholders », Gouvernement & action publique, 2016, n°2, p. 125   

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « L’État participatif », Gouvernement & action publique, 2016, n°2 

    Philippe Aldrin, « Lutter contre les rumeurs : mission impossible ? », La revue des médias, 2016   

    Philippe Aldrin, « La société civile au microscope »: Du macrologique à l'étude de cas... et réciproquement ?, Revue Française de Science Politique, 2012, n°6, pp. 114-121   

    Philippe Aldrin, « Légitimer l'Europe sans Bruxelles ? : Un regard sur les petits entrepreneurs d'Europe, entre décentrement et recentrages », Politique européenne , 2011, n° 34, pp. 7-35   

    Philippe Aldrin, «  Devenir les ambassadeurs de l'Europe  : Une lecture politique de la première expérience de démocratie délibérative européenne », Politique européenne , 2011, n° 34, pp. 95-134    

    À partir de l’observation in situ du « premier sondage délibératif paneuropéen » – Tomorrow’s Europe  – qui s’est déroulé dans les bâtiments bruxellois du Parlement européen un week-end d’octobre 2007, les auteurs se proposent d’analyser les conceptions des divers entrepreneurs d’Europe qui ont imaginé, organisé et opérationnalisé par cette expérience un échantillon physique de l’espace public européen. Pendant trois jours, ils ont regardé comment les quatre cents citoyens venus des vingt-sept États membres de l’Union européenne s’y prenaient pour « discuter de l’Europe de demain » dans un dispositif présenté comme scientifiquement éprouvé. Au-delà du débat intellectuellement et politiquement toujours signifiant sur l’artificialité ou la non-représentativité de cette incarnation de la citoyenneté européenne, les auteurs s’intéressent surtout aux représentations d’institution – ici les institutions de l’Union européenne, les think tanks et d’autres partenaires des affaires publiques européennes – relatives aux perceptions populaires de l’Europe. En rapprochant dans une même analyse les emprunts aux théories et aux méthodes de la science (et en premier lieu de la science politique), le protocole prescrit pour la « délibération », la mise en scène de l’interculturalité europhile et la stratégie médiatique de Tomorrow’s Europe, l’expérience apparaît davantage sous le jour d’un instrument politique au banc d’essai ; un instrument politique capable de figurer la société civile européenne et de rendre son opinion prédictible.

    Philippe Aldrin, Dorota Dakowska, « Légitimer l'Europe sans Bruxelles ? »: Un regard sur les petits entrepreneurs d'Europe, entre décentrement et recentrages, Politique européenne, 2011, n°34, pp. 7-35   

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « Devenir les ambassadeurs de l'Europe »: Une lecture politique de la première expérience de démocratie délibérative européenne, Politique européenne, 2011, n°34, pp. 95-134   

    Philippe Aldrin, « Elle se plaisait à inonder les peuples de mille rumeurs diverses », Geste, 2011, pp. 78-87   

    Philippe Aldrin, Dorota Dakowska, « Promouvoir l’Europe en actes »: Une analyse des petits entrepreneurs de la cause européenne, Politique européenne, 2011, n°2   

    Philippe Aldrin, « L’impensé social des rumeurs politiques. Sur l’approche dominocentrique du phénomène et son dépassement », 2010  

    La trame de la vie politique est aussi faite de rumeurs. Avec leur charroi de révélations, elles courent un temps les cafés, les diners en ville et les rédactions, défrayent la chronique et s’accrochent parfois à la réputation des hommes publics comme des insignes déshonorants, malgré le silence ou les démentis. Pierre Mendès-France agent des « deux cents familles », les époux Pompidou intimes du sulfureux Markovic, François Mitterrand atteint dès son élection d’un mal incurable, Jacques Chir...

    Philippe Aldrin, « L'invention de l'opinion publique européenne : Genèse intellectuelle et politique de l'Eurobaromètre (1950-1973) », Politix , 2010, n° 89, pp. 79-101    

    RésuméCréé en 1973, le programme Eurobaromètre de la Commission européenne constitue aujourd’hui la source principale et parfois exclusive des études portant sur l’opinion des Européens à l’égard du processus d’intégration. Par leurs analyses secondaires des données Eurobaromètre mais aussi par leur collaboration directe au programme, les chercheurs universitaires ont largement contribué à lui assurer ce quasi-monopole d’expertise sur l’analyse empirique des attitudes européennes. Malgré cette proximité avec les milieux académiques, le programme de la Commission n’a jamais cessé d’être un instrument politique ; d’abord comme appareil de mesure de la « météorologie de l’opinion » au service de la politique d’information communautaire, puis comme dispositif de prospective au service de la mise sur agenda et de la publicisation de l’action communautaire. En retraçant la double genèse intellectuelle et politique des « sondages européens », cet article entend montrer que leur ambivalence fondatrice trouve ses raisons sociologiques au-delà même des coordonnées institutionnelles, sociales et chronologiques de l’EB. En suivant les transformations d’un monde des sondages d’opinion transcommunautaires qui s’organise dès les années 1950 autour d’agents communautaires, de spécialistes académiques et de professionnels des sondages et qui permettra l’invention de l’« opinion publique européenne », l’analyse rend compte d’une autre histoire du rôle (et de l’enrôlement) des scientifiques dans la construction de l’Europe politique.

    Philippe Aldrin, « L'impensé social des rumeurs politiques »: Sur l'approche dominocentrique du phénomène et son dépassement, Mots: les langages du politique, 2010, n°92, pp. 23-40   

    Philippe Aldrin, « L'invention de l'opinion publique européenne »: Genèse intellectuelle et politique de l'Eurobaromètre (1950-1973), Politix, 2010, n°89, pp. 79-101   

    Philippe Aldrin, « Les permanents sont-ils des militants ? », L'OURS. Hors-série Recherche socialiste, 2009, n°4647, pp. 67-81   

    Philippe Aldrin, « L'UNION EUROPEENNE FACE A L'OPINION »: Construction et usages politiques de l'opinion comme problème communautaire, Savoir/Agir, 2009, n°7, pp. 13-23   

    Philippe Aldrin, « Si près, si loin du politique »: L'univers professionnel des permanents socialistes à l'épreuve de la managérialisation, Politix, 2007, n°89, pp. 25-52   

    Philippe Aldrin, « Il n'y a pas que la vérité qui compte », Sciences humaines, 2005, n°163, pp. 15-23   

    Philippe Aldrin, « Les parfums du scandale. Les questions que la rumeur pose à la science politique (et inversement) », Les Cahiers du CREDAM, 2004, n°4, pp. 15-23 

    Philippe Aldrin, « Penser les rumeurs »: Une question discutée des sciences sociales, Genèses. Sciences sociales et histoire, 2003, n°50, pp. 126-141   

    Philippe Aldrin, « Penser la rumeur Une question discutée des sciences sociales », Genèses , 2003, n° 50, pp. 126-141    

    RésuméCe texte a pour objectif de faire un état des lieux du traitement scientifique des rumeurs. En retraçant à grands traits l’histoire de la production scientifique sur cet objet, on découvre d’une part que les rumeurs ont accompagné les principaux courants et débats qui ont animé les sciences sociales au cours du demi-siècle écoulé, restant de ce fait sans statut sociologique établi. D’autre part, que cette indétermination scientifique a favorisé jusqu’à aujourd’hui la permanence d’un intérêt pluridisciplinaire pour l’objet. À partir de la dernière génération de travaux publiés sur la question, l’auteur tente de relever les derniers points d’accords qui pourraient constituer une nouvelle étape dans l’approche des rumeurs.

    Philippe Aldrin, « S'accommoder du politique »: Économie et pratiques de l'information politique, Politix, 2003, n°64, pp. 177-203   

    Philippe Aldrin, « S'accommoder du politique. Economie et pratiques de l'information politique », 2003, pp. 177-203    

    S'accommoder du politique. Economie et pratiques de l'information politique Philippe Aldrin A partir d'une enquête menée auprès d'une population villageoise sur une séquence étirée du temps social (couvrant deux élections municipales), cet article propose une autre façon de faire de la sociologie électorale. La méthode d'observation choisie permet d'interroger les différents niveaux d'interaction politique en restituant les multiples pans du lien social qu'ils engagent et mettent en jeu. L'analyse des formes et des rythmes de l'échange des informations politiques locales montre à quel point la conceptualisation des enjeux électoraux présents s'enracine dans les structures de la sociabilité et dans le travail commun sur la « mémoire » des épisodes politiques précédents. Mais, au-delà des résonances que ce terrain présente avec des configurations sociales similaires, l'enquête nourrit plus largement la sociologie des électeurs et plus particulièrement la question de leur rapport au politique. Au prisme des relations villageoises, se font jour toutes les techniques d'accommodement à un événement politique (la précampagne, la campagne et le scrutin). La politisation de la conflictualité sociale, le redimensionnement des enjeux politiques et la personnalisation de la compétition électorale composent ici la part informationnelle du répertoire des tactiques ordinaires d'ajustement à l'ordre politique.

  • Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « État participatif », in Guillaume Petit, Loïc Blondiaux, Ilaria Casillo, Jean-Michel Fourniau, Guillaume Gourgues, Samuel Hayat, Rémi Lefebvre, Sandrine Rui, Stéphanie Wojcik, Jodelle Zetlaoui-Léger (dir.), Dictionnaire critique et interdisciplinaire de la Participation - DicoPart, 2022   

    Philippe Aldrin, « Espace public européen », in Larcier (dir.), Dictionnaire encyclopédique de la gouvernance européenneDir. Véronique CHARLÉTY, Michel MANGENOT, Christian MESTRE, Sylvain SCHIRMANN (dir.),, 2017   

    Philippe Aldrin, « Eurobaromètre », in Larcier (dir.), Dictionnaire des acteurs de l’EuropeDir. Hélène MICHEL, Élisabeth LAMBERT ABDELGAWAD, 2015   

    Philippe Aldrin, « Rumeur », Encyclopaedia Universalis, 2006   

  • Philippe Aldrin, Jean-Michel Utard, The ambivalent politicisation of European communication: Genesis of the controversies and institutional frictions surrounding the 2006 White Paper, 2008   

    Philippe Aldrin, Jean-Michel Utard, La résistible politisation de la communication europénne: Genèses des controverses et des luttes d'institutions autour d'un Livre blanc, 2007   

    Philippe Aldrin, Julien O’miel, Imaginer le Visual Turn de la science politique: Pour une approche visuelle du politique, 2023   

    Philippe Aldrin, Pierre Fournier, Yves Mirman, Vincent Geisser, La recherche empêchée... Quand l’autonomie des universités menace l’autonomie des universitaires, 2022   

    Philippe Aldrin, Eric Agrikoliansky, Sandrine Lévêque, Dans l’angle mort des sondages ou ce que voter veut (encore) dire: AOC Analyse Opinion Critique, 2022   

    Philippe Aldrin, Les rumeurs et notre nouveau régime médiatique: Ce que nous dit aussi l'affaire de l'« Affaire Nicolas Hulot », 2018   

  • Philippe Aldrin, Catherine Achin, Martin Baloge, « Socialisations professionnelles et dispositions politiques. Ce que veut dire sociologiquement la variable “profession” », Journée d’études ANR Alcov Analyse Localisée et comparative du Vote, Paris, le 01 novembre 2020 

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « La quadrature du triangle. Pourquoi et comment les institutions du pouvoir européen se disputent le porte-parolat de ‘la communauté’ (1957-1967) », Colloque « Porter la parole », Lille, le 11 janvier 2018 

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « Genèse du « moment participatif » européen. La politique européenne de l’opinion saisie par le participationnisme », Congrès de l'Association française de Science Politique, Aix-en-Provence, le 22 juin 2015 

    Philippe Aldrin, Nicolas Hubé, « La communication, une science de gouvernement comme les autres. Jalons pour un renversement paradigmatique de l’analyse des acteurs et dispositifs de légitimation », 6e Congrès international des associations francophones de Science politique, Lausanne Switzerland (CH), le 06 février 2015 

    Philippe Aldrin, Thierry Barboni, « Ce que la professionnalisation de la politique fait aux militants », Identifier, s'identifier - Faire avec, faire contre, Lausanne Switzerland (CH), le 20 novembre 2006   

    Philippe Aldrin, « Les permanents dans le monde des socialistes », Sociologie des socialistes français Journée d'études organisée par Rémi Lefebvre et Frédéric Sawicki (CERAPS, CNRS-Lille 2), Institut d'Études Politiques de Lille, Lille, le 06 avril 2007   

    Philippe Aldrin, « Du militant professionnel au salarié encarté. L'identité partisane des collaborateurs salariés du siège du PS », Identifier, s'identifier – Faire avec, faire contre, Lausanne Switzerland (CH), le 01 janvier 2006 

  • Philippe Aldrin, "Populisme et Constitution - Approche politiste (Philippe ALDRIN, Professeur, Sciences Po Aix) et Approche théorique (Xavier MAGNON, Professeur, Aix-Marseille Université, ILF-GERJC) 

Actualités Publications ENCADREMENT DOCTORAL
  • Paul Cerdan, La rénovation des écoles marseillaises, thèse en cours depuis 2024 en co-direction avec Magali Nonjon  

    La thèse, réalisée en Cifre, aura pour mission principale d'apporter à la direction de la SPEM une expertise ciblée, éclairée par les dernières avancées de la sociologie de l'action publique, pour concevoir et mettre en œuvre un nouveau cadre de coopération et de concertation avec les différentes parties prenantes du Plan Ecole. Fondamentalement, l'enjeu consistera à mobiliser les savoirs et techniques issus de la recherche sur les expériences de politiques publiques participatives pour proposer une nouvelle culture de la concertation au service des écoles marseillaises. Celle-ci s'adossera à un principe central : garantir la mise en discussion permanente du projet entre les différentes instances décisionnelles d'une part et avec les divers usagers d'autre part, en tâchant d'ouvrir les écoles sur les quartiers et leurs habitants à chaque fois que cela est possible. Le travail du doctorant servira également à laisser le témoignage détaillé d'une expérience de projet inédite mêlant une multiplicité d'acteurs et d'enjeux notamment liés au plan présidentiel « Marseille en Grand ». Il s'agit aussi de profiter de ce projet structurant à l'échelle de la ville pour tirer les potentiels nombreux enseignements qui surgiront de l'expérience et ainsi capitaliser pour les futurs projets menés localement. La thèse pourrait donc être en mesure d'apporter de nouveaux éléments de réflexion à la sociologie du pouvoir local et plus généralement aux études urbaines en tâchant toujours de réinscrire Marseille au sein de dynamiques urbaines, sociales, économiques et politiques qui la dépassent largement. Elle permettrait également d'apprécier plus finement les ruptures comme les continuités dans la fabrique contemporaine de la ville en s'attardant par exemple sur les ajustements d'un pouvoir politique local désormais tenu de s'insérer dans une gouvernance urbaine regroupant une coalition d'acteurs publics comme privés toujours plus large.

    Léa Nivoix, Habiter la frontière, recomposer le borderscape. Le rôle des ONG de sauvetage en Méditerranée dans la politique migratoire européenne., thèse en cours depuis 2023  

    Cette thèse proposera une analyse de pourquoi et comment, les ONG sont devenues des acteurs centraux dans la mise en œuvre de l'action publique internationale en matière de migration. Le cas des ONG de sauvetage en Méditerranée permettra ainsi de rendre compte des modalités d'interactions entre les ONG et les différents groupes qui administrent la frontière (dans cette zone : garde-côte italiens et libyens, centres régionaux opérationnels de surveillance et de sauvetage [MRCC], navires de marine marchande, autres ONG, etc.). En prenant comme observatoires privilégiés, dans une approche comparative, les navires de deux organisations aux référentiels politiques distincts, il s'agira de proposer une étude des acteurs qui habitent la frontière, une analyse des pratiques qu'ils en font et des liens qui s'y nouent.

    Romain Damien, Représenter la cause palestinienne à l’international, 1964-2018 : de la prétention à représenter à la professionnalisation des diplomates palestiniens, thèse soutenue en 2023 à AixMarseille en co-direction avec Aude Signoles, membres du jury : Pénélope Larzillière (Rapp.), Aude Merlin (Rapp.), Delphine Placidi et Virginie Dutoya  

    L’objet de cette thèse porte sur la professionnalisation des diplomates palestiniens et questionne la « genèse » puis l’étatisation de la diplomatie palestinienne depuis la création de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) en 1964. À partir d’une approche socio-historique de ces acteurs, nous avons cherché à comprendre les conditions d’émergence d’une diplomatie à vocation étatique, c’est-à-dire visant à parlementer avec les États, mais issue d’un mouvement de libération nationale, partiellement reconnu et évoluant hors des institutions officielles. Notre enquête nous a ainsi poussé à sortir d’une définition de la diplomatie restreinte au cadre inter-étatique et institutionnel pour nous tourner vers les réflexions issues de la représentation politique. Nous interprétons les origines d’une diplomatie comme l’internationalisation d’une prétention à la représentation politique des Palestiniens, performée à l’international par ces diplomates qui n’en portent pas le nom. Avec la reconnaissance progressive de l’OLP, qui conduit aux accords de paix avec Israël en 1993 puis à l’établissement d’une Autorité nationale palestinienne dans les Territoires occupés, cette prétention devient celle à une diplomatie d’État. Cette nouvelle configuration favorise alors la professionnalisation d’un corps diplomatique palestinien avec les instaurations d’un ministère et de dispositifs visant à la formation de nouveaux diplomates. Notre travail se situe ainsi au carrefour de la sociologie des relations internationales, de la représentation politique et des professions, et articule plusieurs échelles d’analyse : internationale, institutionnelle et microsociologique

    Sarah Sajn, Sarajevo coeur de l'Europe ? : fabrique, performances et ambivalences de l'européanité en Bosnie-‐Herzégovine, thèse soutenue en 2022 à AixMarseille, membres du jury : Florian Bieber (Rapp.), Laure Neumayer (Rapp.), François Foret et Cécile Jouhanneau    

    A l’approche du centenaire de la Première Guerre mondiale et l'assassinat de l'archiduc François-Ferdinand, une multitude d’acteurs se mobilise pour commémorer ces événements en Bosnie-Herzégovine. La fondation « Sarajevo cœur de l’Europe », regroupant des institutions de pays membres de l’UE et la mairie de Sarajevo, promeut une communauté européenne de destin et suggère le rôle positif du processus d’intégration européenne dans la réconciliation et la pacification des sociétés. Cette intervention mémorielle est contestée par d’autres acteurs qui soutiennent d’autres conceptions de l’histoire et de la communauté́ politique, au premier rang desquels le parti de gouvernement en Republika Srpska. En utilisant les outils de la sociologie de la mémoire, de l'action publique et de l'international, cette thèse s’intéresse à la configuration transnationale d’acteurs que l’enjeu mémoriel de 2014 cristallise. Ces acteurs, situés dans différents espaces (politiques, culturels), luttent et jouent de leurs ressources internationales et/ou locales dans la fabrique et la performance de l’européanité. La thèse montre les rapports de domination inhérents à l'exercice du pouvoir et à la définition du collectif aux frontières de l'Europe. Ce travail est basé sur une enquête qualitative multi-sites entre Bruxelles, Sarajevo et Višegrad, combinant analyse d'archives, entretiens et séances d'observation des coulisses et de la scène de la commémoration

    Fatima Khemilat, Quand "l'islam de France" entre en scène : entre permanence et résistibilité de la représentation des musulmans en France des années 80 à nos jours, thèse soutenue en 2022 à AixMarseille, membres du jury : Valérie Amiraux (Rapp.), Yves Déloye, Delphine Dulong, Claire de Galembert et Haoues Seniguer    

    Depuis 1986, les tentatives d’institutionnalisation de la représentation des musulmans en France se sont multipliées. Impulsées par les autorités publiques, ces dernières se sont peu à peu imposées comme les véritables « faiseurs de représentation » (Saward 2010). Les différentes séquences de politiques publiques ainsi que les configurations d’acteurs publics et leurs partenaires musulmans à l’œuvre à chaque étape de celles-ci, donnent de précieuses indications sur les conditions d’émergence d’un champ de la représentation musulman. À travers l’étude des conditions de félicité de « l’islam de France », cette thèse propose de revenir sur les actes de la représentation ; les conditions historiques de création de cette politique publique ; la galaxie des acteurs étatiques, des représentants musulmans et ce qu’ils entendent représenter ; la nature des missions assignées aux représentants officiels (courtage, gouvernance et gouvernementalité) ; les différentes scènes publiques où se déroulent la représentation et la réception de celle-ci par les publics musulmans. Depuis les attentats de 2012, un changement paradigmatique est survenu dans la politique publique musulmane de la France et a participé à modifier les termes du contrat de représentation. De cette façon, la structuration de « l’islam de France » est passée d’une question confinée dans les arènes politico-administratives entre 2005 et 2012 à un problème public directement lié à la lutte contre la radicalisation. Les interlocuteurs musulmans officiels ont ainsi été amenés à sous-traiter la mise sous surveillance et le contrôle tant des ministres du culte que des populations musulmanes en elles-mêmes

    Pierre Arene, L'institutionnalisation de l'impératif délibératif au sein de l'État français ?Analyse comparative entre trois structures participationnistes de l'Etat (CESE, CNDP et DITP), thèse en cours depuis 2022  

    Ce travail académique a comme ambition d'interroger les institutions, les acteurs et les pratiques par lesquels l'Etat recourt aux dispositifs de la participation citoyenne dans la régulation aux projets territoriaux, la fabrique des politiques publiques et des législations. Le grand intérêt de cette recherche réside dans sa dimension sociohistorique puisqu'elle va s'attacher à retracer les origines et les conditions de possibilité d'un participationisme d'état en France. Une telle étude n'a jamais été conduite et porte donc la promesse d'éclairer la science politique sur les modalités précision du "tournant délibératif et participationniste" de l'Etat francais.

    Jessy Bailly, Les citoyens-contrôleurs de la dette publique, en France, en Espagne et en Belgique, années 2010, thèse soutenue en 2022 à AixMarseille en co-direction avec François Foret, membres du jury : Cécile Blatrix (Rapp.), Éric Agrikoliansky, Jean-Benoît Pilet et Magali Nonjon  

    Cette thèse porte sur la comparaison de six collectifs d’audit citoyen de la dette, en France, en Espagne et en Belgique. Mobilisés à partir de la crise de la dette en Europe, à l’aube des années 2010, les auditeurs-citoyens critiquent la manière dont les pouvoirs publics sont intervenus dans la gestion de la crise, assimilant cette dernière à une dépossession de la capacité des pouvoirs publics à agir contre les intérêts les plus lucratifs des acteurs financiers et économiques privés. Ces militants préconisent alors la mise en œuvre de mécanismes de surveillance et de contrôle des gouvernés sur les gouvernants, qui permettent autant de contrôler la forme des décisions financières (décloisonner le débat financier), que leur fond (s’assurer que les décisions publiques contribuent à l’intérêt de la majorité sociale de la population). Par l’audit, ils évaluent ainsi la qualité démocratique de leur système politique, dont l’un des critères est la capacité du gouvernement à favoriser le progrès social des administrés. Dans cette thèse, on a fait le choix d’analyser les mobilisations d’audit citoyen par le prisme de la figure du « citoyen-contrôleur », pour mettre en valeur des comportements politiques et des formes de participation politique extra-électoraux, encore insuffisamment étudiés. On est soucieux de réaliser une analyse par contrastes et par similitudes. Il s’agit de mettre en valeur ces militants essayant communément de s’imposer comme intermédiaires entre décideurs et citoyens, participant de fait à la production de l’action partisane comme de l’action publique

    Nathalie Ferré, L'Euro-Méditerranée, de grands projets pour un « petit monde » : sociologie localisée de réseaux réformateurs entre l'Europe et le Maghreb, 1970-2020, thèse soutenue en 2021 à AixMarseille en co-direction avec Mohamed Tozy, membres du jury : Myriam Catusse (Rapp.), Cécile Robert, Éric Cheynis et Elsa Rambaud    

    À la fin de la guerre froide, des hommes et quelques femmes se sont attelés au projet de refonder les relations euro-méditerranéennes, construisant la Méditerranée en tant que problème public. À une période où la Méditerranée est considérée sous l'angle d'une frontière séparant le « Nord » et le « Sud », source de « menaces » pour la sécurité européenne, ces entrepreneurs d'Euro-Méditerranée élaborent des solutions pour faire face à l'« urgence » : repenser une politique de la Méditerranée en s'appuyant sur des pratiques de coopération des territoires développées en contexte post-colonial. Dans leur entreprise de réforme, ces réseaux s'adossent et tirent leurs ressources des espaces politiques, académiques et administratifs européens et nationaux, formant ainsi un champ faible. Cette thèse porte sur la genèse et l'institutionnalisation d'une « solution décentralisée ». Elle questionne comment les pratiques du non-gouvernementalisme se maintiennent pendant plus de vingt-cinq ans à la faveur du passage d'un projet politique méditerranéen à une « Méditerranée de projets », au sein de laquelle la bureaucratisation et la dimension symbolique prédominent. Dans un contexte politique adverse, le « petit monde » de l'Euro-Méditerranée constitue un refuge politiquement désamorcé où les « grands projets » pour la Méditerranée trouvent une prolongation. L'enquête de terrain suit, à travers des méthodes mixtes, des acteurs entre Barcelone, Bruxelles, Marseille et Tunis et entend ainsi contribuer au renouvellement des approches préexistantes des politiques euro-méditerranéennes par l'étude localisée du « transnational » et la variation des échelles de l'analyse

    Élise Ho-Pun-Cheung, Prophétiser la ville : sociologie d'un champ urbain réformateur aux prises avec la « smart city », thèse soutenue en 2021 à AixMarseille en co-direction avec Magali Nonjon, membres du jury : Antoine Vauchez (Rapp.), Anne-Cécile Douillet (Rapp.), Guillaume Marrel et Mathieu Hauchecorne    

    En s’intéressant à des espaces non-institutionnels saisis de la question de la « smart city », cette thèse interroge les mécanismes de fixation d’un futur urbain souhaitable et les modalités de sa mise en œuvre par des acteurs extérieurs à l’État. À partir de deux principaux cas, un « think tank » de prospective urbaine et un groupe de journalistes spécialisés au sein d’un média généraliste, elle invite à considérer le travail de ces intermédiaires de la réforme urbaine. Ces derniers, qui animent des espaces dans lesquels s’incarnent la relative porosité des frontières entre public et privé, œuvrent à produire une vision prospective de la fabrique urbaine. Celle-ci repose en partie sur des outils numériques et technologiques sans pour autant souscrire aux discours de l’économie de la promesse, promus notamment par les grandes firmes technologiques. Ils contribuent au contraire à produire et à diffuser une vision de l’aménagement et de la gestion urbaine en concurrence avec celle que promeuvent les entreprises de l’économie numérique. En retraçant les déplacements dans l’espace social des controverses entourant la « smart city », puis en se focalisant sur des espaces interstitiels à la frontière du public et du privé, de l’économie, du journalisme, de l’universitaire et du politique, cette recherche retrace dans l’ensemble un processus de qualification et de disqualification des savoirs et des acteurs susceptibles de participer à la production d’une vision légitime de la « ville de demain » et, plus largement, à même de participer à son gouvernement

    Andrea Gallinal arias, La 'fabrique des crises' aux îles frontières de l'Europe, thèse en cours depuis 2021 en co-direction avec Aude Signoles  

    Les recherches en sciences politiques sur le phénomène migratoire en Europe se limitent souvent à une seule dimension d'analyse : les dispositifs de contrôle migratoire, les mobilisations de la société civile, la construction des politiques publiques, les processus de médiatisation… En me différenciant de ces travaux, je propose dans cette thèse une analyse multisectorielle qui viendrait croiser les différents secteurs politiques en jeu dans la production et la gestion d'un événement migratoire. Ce projet de recherche doctoral prend les Îles Canaries comme cas d'étude emblématique de la problématique migratoire en Europe et se propose d'analyser les effets sociopolitiques des flux de migrants (discontinus, mais néanmoins structurants) sur les modalités de gouvernement local, la vie partisane, les discours publics sur le nationalisme et les étrangers, etc. Il se situe, en cela, à la croisée de la sociologie de l'action publique, de la sociologie partisane et de la sociologie des migrations.

    Elen Le Chêne, Frontières de l’État, frontières dans l’État : jeux et pouvoirs bureaucratiques dans le gouvernement des exilés en Turquie, 1990-2020, thèse soutenue en 2021 à AixMarseille en co-direction avec Aude Signoles, membres du jury : Jay Rowell (Rapp.), Élise Massicard, Laurent Bonelli, Cécile Robert et Benjamin Gourisse  

    La démarche générale de cette thèse est d’aller étudier les rapports entre les fonctionnaires et le changement politique en Turquie au prisme d’une sociologie de l’administration et de l’action publique. À partir d’une enquête de terrain basée sur des entretiens, des archives personnelles et de l’observation auprès d’acteurs étatiques et non étatiques, cette étude porte sur l’action publique migratoire de 1990 à 2020. À l’encontre de représentations ordinaires sur le ministère de l’Intérieur turc, peuplés de fonctionnaires passifs et/ou acquis à la cause des partis, cette thèse montre les rapports ambivalents et pluriels de ces fonctionnaires au politique et leurs prises aux jeux socio-politiques à travers l’étude de la trajectoire de réformes : celles de la police, des migrations et des frontières. Elle s’intéresse en particulier à l'appropriation d’un « modèle » européen dit de « gestion intégrée des frontières » et de savoirs qui ont placé le « bon gouvernement des exilés » au cœur de la redéfinition du « bon gouvernement de la sécurité ». Elle nous éclaire sur l’évolution de la trajectoire du régime politique avec la réévaluation du pouvoir de l’institution militaire, le réagencement des institutions de sécurité et le contrôle de l'action publique à l'égard d'« invités indésirables », les Syriens, par le gouvernement AKP. Ce travail invite ainsi à interroger les formes d’engagement des fonctionnaires par l’analyse de dispositions professionnelles et extra-professionnelles au travail. Il est susceptible d’être mobilisé sur d’autres terrains pour penser l’évolution de la trajectoire des politiques de sécurité et des régimes politiques dans une optique comparative

    Yolaine Gassier, Les arènes discrètes du paritarisme régional : dispositifs, acteurs et pratiques du « dialogue social territorial », thèse soutenue en 2020 à AixMarseille en co-direction avec Éric Verdier, membres du jury : Anne-Cécile Douillet (Rapp.), Arnaud Mias (Rapp.), Sophie Béroud et Hélène Michel    

    La décentralisation du système politico-administratif a entraîné à l’échelle régionale une multiplication d’instances de « dialogue social territorial » qui sollicitent la présence de représentants syndicaux et patronaux. Ces dispositifs institutionnels affectent les organisations syndicales et patronales, dans leur mode de fonctionnement interne et du point de vue des activités que leurs membres sont amenés à réaliser (discuter des politiques publiques, administrer des organismes paritaires). À partir d’une enquête ethnographique, la thèse se propose d’étudier les ressorts et les effets du processus d’institutionnalisation de l’action syndicale et patronale, mais aussi les modalités de leur participation à l’action publique régionale. D’un côté, elle entend saisir ce que l’intégration dans ces arènes implique comme ajustements pour les syndicats et leurs porte-parole, en éclairant sous un nouveau jour certains processus qui traversent les univers militants tels que les transformations des répertoires de l’action collective et des compétences militantes. De l’autre, elle nous aide à comprendre ce qui se joue et ce qui se fait au concret dans ces espaces institutionnels peu connus. À la croisée de la sociologie des relations professionnelles, du syndicalisme et de l’action publique, ce travail nous amènera à mieux comprendre ce que les transformations de l’État et des modes de fabrication des politiques territoriales font à la manière dont se reconfigure la représentation syndicale et patronale. Ce travail entend ainsi contribuer à l’analyse des recompositions du système de relations professionnelles français, et de ses rapports au champ politique

    Alice Baudy, Les trajectoires socio-politiques des descendants de harkis à l'épreuve de l'action publique, thèse en cours depuis 2019  

    À définir

    Stefan Waizer, Institutionnalisation d’un rôle politique au sein de la diplomatie internationale : l'ascension du haut représentant de l'UE dans le dossier nucléaire iranien, 2003-2015, thèse soutenue en 2018 à AixMarseille en co-direction avec François Foret, membres du jury : Sophie Vanhoonacker (Rapp.), Yves Buchet de Neuilly (Rapp.), Rostane Mehdi et Christian Olsson    

    Cette thèse analyse l’institutionnalisation du Haut représentant de l’UE dans les négociations sur le programme nucléaire iranien entre 2003 et 2015. En combinant la sociologie de l’UE avec la sociologie des RI, elle interroge les dynamiques qui ont amené le Haut représentant à être reconnu comme légitime par l’ensemble des acteurs de la configuration du dossier nucléaire iranien. À partir de ce questionnement, ce travail propose un cadre d’analyse pour étudier l’institutionnalisation de l’Europe de la politique étrangère. En m’appuyant sur l’hypothèse de la différenciation des espaces sociaux, je prendrai en compte les logiques distinctes structurant l’arène globale de la négociation nucléaire et l’arène de la PESC, tout en les appréhendant comme des arènes enchevêtrées. À partir de l’analyse de l’institutionnalisation du rôle du Haut représentant dans le dossier nucléaire et en s’inspirant de la sociologie de Michel Dobry, ce travail permet de concevoir la variation de l’emprise des différents espaces sociaux sur l’institutionnalisation de l’action extérieure commune. Plutôt que de privilégier l’analyse d’une dimension sur l’autre, il est nécessaire de saisir la trajectoire de leur rapport afin d’appréhender le caractère aléatoire de la construction de l’Europe de la politique étrangère dans toute sa complexité. Au-delà de cela, l’étude de cas questionne l’idée de l’institutionnalisation de l’UE en tant que processus d’intégration. En effet, l’inscription de l’UE dans l’espace global de la diplomatie internationale nous permet de voir qu’il s’agit aussi bien d’une dynamique d’autonomisation, de différenciation et d’exclusion

    Layla Baamara, La contestation institutionnalisée , thèse soutenue en 2017 à AixMarseille, membres du jury : Nicolas Bué (Rapp.), Élise Massicard (Rapp.), Assia Boutaleb, Julien Fretel et Myriam Catusse    

    À rebours des lectures fonctionnalistes et du rôle de « façade démocratique » souvent prêté aux partis d’opposition en contexte autoritaire, cette thèse étudie les logiques endogènes et exogènes des processus d’institutionnalisation de la contestation en Algérie. À partir d’une enquête menée entre 2009 et 2013 auprès de militants et dirigeants du FFS à Alger, Béjaïa et Tizi-Ouzou, ce travail éclaire à la fois les luttes et les conflits qui fragilisent l’organisation et les processus de (re)production du lien partisan qui favorisent sa perpétuation. Fondé au lendemain de l’indépendance de l’Algérie et communément qualifié de « plus vieux parti d’opposition », le Front des forces socialistes (FFS) se maintient depuis plus de cinquante ans. Contraint d’opérer dans la clandestinité sous le régime de parti unique (1962-1989), ce parti a été légalisé après l’adoption du pluralisme partisan en 1989. Depuis lors, il participe – bien que de manière variable – à la compétition politique. En explorant les pratiques partisanes oppositionnelles au concret avec une approche relationnelle, la thèse analyse comment la trajectoire du FFS s’inscrit à la fois dans l’espace protestataire et dans l’espace politique institutionnel. Elle questionne les tensions et les mises à l’épreuve que génère cette double inscription et montre ainsi comment une organisation partisane se perpétue en restant dans l’opposition dans des configurations de pouvoir ne permettant pas l’alternance

    Isil Turkan, Le métier de chroniqueur politique en Turquie : sociologie d'une activité professionnelle entre dynamiques générationnelles et retournements politiques, 1980-2014, thèse soutenue en 2015 à AixMarseille, membres du jury : Dominique Marchetti (Rapp.), Jean-Michel Utard (Rapp.), Franck Frégosi, Hakan Yücel et Élise Massicard  

    Cette thèse a pour l'intention de définir et d'expliciter l'espace professionnel occupé par les journalistes specialisés en politique en Turquie. L'activité professionnelle journalistique des chroniqueurs existe depuis longtemps tandis que leur devenir des grandes figures de journalisme, s'est réalisé de plus en plus avec les années 1990. L'étude micro-sociologique de l'activité professionnelle des chroniqueurs politiques, a l'objectif de mettre en oeuvre l'énigme macro-sociologique qui réside au sein des relations d'interdépendance entre les médias et la politique en Turquie. Cette recherche est divisée en trois grandes parties : la première partie se concentre sur l'état de lieu du journalisme turc avec un regard socio-historique sur l'économie des médias et la structure de la propriété journalistique avec le but d'expliciter l'évolution du métier de chroniqueur dans le champ journalistique ; la deuxième partie prend en main la notion de génération et étudie les caractéristiques générationnels et sociologiques des chroniqueurs de tendance « gauche-séculaire » et « droit-conservateur » avec les données sur les origines sociales, styles de vie et le capital culturel ; la troisième partie étudie l'approche des chroniqueurs à l'égard des scandales politiques choisies selon la diachronie de la recherche, ainsi que de la démocratisation en transition et de la liberté d'opinion. Nous aurons recours, pour cette thèse, à l'étude des trente dernières années de l'histoire politique de la Turquie (1980-2014) et à un apport à la sociologie politique du journalisme en utilisant les concepts de base : génération, champ et engagement politique

    Marie-Ange Grégory, La cause départementaliste : genèses et réinventions d'une controverse politique française, thèse soutenue en 2014 à AixMarseille, membres du jury : Rémi Lefebvre (Rapp.), Michel Offerlé (Rapp.), Jean-Pierre Gaudin, Stéphane Cadiou et Bruno Dumons  

    Conçu comme une simple circonscription administrative, le département s'est institutionnalisé, il est devenu un cadre d'élection (politics), de structuration de la vie partisane (polity) et d'action publique (policy). Face au constat d'un département « mal connu », délaissé par la science politique, cette thèse propose un examen approfondi du département en tant qu'objet de luttes discursives et institutionnelles. La première partie dévoile l'état des discours autour du département. Trois focus historiques mettent au jour une structure répétitive des controverses révélée par une matrice argumentative (question de la « bonne échelle », des compétences ou encore de l'identité) et des spécificités (cadres prescriptifs). Cette perspective historique atteste les transformations tant de l'institution que de ses défenseurs. La cause départementaliste se recompose en permanence au gré des changements de la société et mutations politiques. La seconde partie dresse quant à elle l'état des forces, s'intéressant aux modes de mobilisation du lobby départementaliste. Ces modes évoluent, s'agrègent : influence sur la législation en cours par les conseillers généraux parlementaires, revues réformatrices, expertise, structure associative... Il s'est agi également de montrer comment les conseils généraux par leurs attributions structurent des intérêts.

  • Nicolas Doduik, Entre renouvellement et reproduction institutionnels, les professionnels des musées à l'épreuve de l'évolution des pratiques culturelles : le cas du Mucem, thèse soutenue en 2022 à AixMarseille sous la direction de Sylvia Girel, membres du jury : Emmanuel Wallon (Rapp.), Vincent Berry (Rapp.), Samuel Coavoux et Lise Renaud    

    Cette thèse démontre comment les professionnels d’un musée, en cherchant à élaborer un nouveau modèle de musée et à renouveler la médiation culturelle, participent à la reconfiguration de la légitimité culturelle. Les professionnels des musées tendent à considérer que l’institution muséale doit se transformer pour s’adapter aux publics contemporains. Les dispositifs numériques et ludiques qui se sont développés au cours des années 2010 dans de nombreux musées incarnent ces tentatives de transformation. Ils soulèvent néanmoins une tension pour les professionnels des publics, entre affichage d’un renouvellement et reproduction de routines institutionnelles. Le cas du Mucem (Musée des civilisations de l’Europe et de la Méditerranée) illustre de manière aiguë les enjeux liés au renouvellement du modèle ancré des musées d’art parisiens, par sa place spécifique dans le paysage muséal français : institution nationale mais décentralisée à Marseille ; musée de société ; établissement ouvert récemment. Nous montrons que le renouvellement de la médiation culturelle s’inscrit dans un cadre institutionnel normé et une conception des publics « misérabiliste ». Les dispositifs numériques et ludiques incarnent une nouvelle norme de légitimité culturelle « éclectique ». Celle-ci, propre aux catégories moyennes et supérieures dont les professionnels des publics font partie, valorise l’altérité culturelle, rejette la forme scolaire et s’approprie de manière distinctive les répertoires populaires. En s’intégrant au musée, ce type de dispositif participe alors finalement au brouillage des hiérarchies culturelles, moins perceptibles qu’auparavant mais persistantes.

    Mounira Chariet, Les transformations de l'Algérie contemporaine au prisme des usages du français, thèse soutenue en 2020 à AixMarseille sous la direction de Françoise Lorcerie, membres du jury : Luis Martinez (Rapp.), Éric Savarese (Rapp.), Abderrahmane Moussaoui    

    Cette thèse de sociologie politique prend la langue comme analyseur pour appréhender la transformation de l’Algérie contemporaine. La langue a été investie d'un rôle majeur après l'indépendance. La politique d'arabisation devait rompre avec l'état colonial, Il fallait défranciser pour algérianiser. Aujourd’hui, cette option n'a pas été abandonnée, mais la société algérienne contemporaine fonctionne dans un plurilinguisme ordinaire, où le français a un rôle complexe : sélection à l’université, langue de l’emploi, distinction sociale, stratégies migratoires. Nous avons mis en évidence deux grandes périodes, de part et d’autre de la guerre civile : celle du projet national caractérisé par un « zèle révolutionnaire » (arabisation, socialisme, récit national autour de la guerre de libération...), qui a bénéficié de l'adhésion relative des populations jusqu'aux événements d’octobre 1988 ; et celle des années 2000 où la société, épuisée, se caractérise par le désaveu politique, l’anomie, le désespoir, le sentiment de hogra. Entre les deux, la guerre civile a mis au second plan les enjeux de la libération. Nous avons restitué la variation du statut du français en multipliant les prises d’information dans différents espaces sociaux, en particulier dans le champ éducatif, et à partir de supports culturels tels que les films. Les usages de langues éclairent le hiatus entre les logiques politiques et les logiques sociales, hiatus qui s'est exacerbé au fil des épreuves de l'histoire algérienne

    Chiara Pettenella, Gouverner les migrations par la vulnérabilité , thèse soutenue en 2019 à AixMarseille sous la direction de Jean-Pierre Gaudin, membres du jury : Alain Morice (Rapp.), Virginie Guiraudon (Rapp.), Mohamed Kamel Doraï    

    Cette thèse propose d'étudier une catégorie d'intervention des politiques migratoires : les mineurs non accompagnés. À rebours d'une vaste littérature qui traite les mineurs non accompagnés en tant que groupe – posant des questions concernant leurs trajectoires migratoires, leur résilience plutôt que leur vulnérabilité, ou l'efficacité des politiques censées les protéger –, cette thèse s'inscrit dans une approche constructiviste et interroge les processus par lesquels la catégorie « mineurs non accompagnés » est donnée à voir. Nous analysons la conception de la catégorie juridico-administrative dans les politiques européennes ; les processus de transnationalisation dont elle fait l'objet, et les pratiques d'identification et de surveillance par lesquelles elles est mise en œuvre. La thèse couvre une période de vingt ans et investit trois terrains d'enquête. Tout d'abord, les forums et les arènes européens à Bruxelles, où se dégagent les représentations compassionnelles, et les logiques sur lesquels reposent les concurrences entre acteurs de la protection de l'enfance, des migrations et de la sécurité pour la définition légitime de la catégorie mineurs non accompagnés. Au delà des frontières européennes, l'Égypte est signalée par les acteurs transnationaux comme un « pays d'origine » de mineurs non accompagnés. Le troisième terrain a été mené à une frontière de l'Union européenne. Il prend en compte le cas de Catane (dans l'est de la Sicile) où sont données à voir les opérations d'individuation des mineurs non accompagnés arrivant par mer par les agents sécuritaires et humanitaires des migrations

    Léa Lemaire, Noir et illégal aux frontières de l'Europe , thèse soutenue en 2017 à AixMarseille sous la direction de Jean-Pierre Gaudin et Andrea Rea, membres du jury : Jacinthe Mazzocchetti (Rapp.), Virginie Guiraudon (Rapp.), Christian Olsson    

    Avec le renforcement des frontières extérieures de l'Union européenne, les îles en Méditerranée sont devenues des lieux clés de la politique de contrôle migratoire. Cette thèse s'intéresse au cas de Malte. A l'appui des « governmentality studies », cette thèse pose les questions suivantes : comment les migrants deviennent-ils l'objet de stratégies gouvernementales depuis l'adhésion de l'île-Etat à l'Union européenne en 2004 et comment y réagissent-ils par leurs pratiques ? La littérature sur le contrôle migratoire tend à étudier soit les décideurs, soit les populations cibles. En cela, ce champ d'étude a tendance à reproduire la déconnexion opérée par les politiques publiques entre gouvernés et gouvernants. Prenant le contre-pied de ces approches, cette déconnexion constitue l'objet de cette recherche. La fabrique du contrôle migratoire est envisagée comme un processus auquel prennent part, tout en étant déconnectés, tant les récepteurs que les concepteurs. Ces derniers exercent leur « agency » dans une relation de pouvoir asymétrique. Dans cette perspective, je proposerai le concept de « gouvernementalité » transnationale à partir de l'étude de la construction des migrations subsahariennes à Malte comme problème européen, de l'enfermement des migrants sur l'île et des politiques de relocalisation et de réinstallation. Je montre que la « gouvernementalité » transnationale des migrations repose en partie sur l'exercice de la violence. Si l'enfermement systématique à l'arrivée peut être prolongé jusqu'à 18 mois, les migrants sont néanmoins mobiles. A ce titre, ils constituent les véritables acteurs transnationaux de cette forme particulière de « gouvernementalité »

    Nofret Berenice Hernandez Vilchis, Etre journaliste en Palestine. : Esquisse d'une profession dans un terrain en conflit., thèse soutenue en 2015 à AixMarseille sous la direction de Bernard Botiveau, membres du jury : Abaher el Sakka (Rapp.), Vincent Romani (Rapp.), Véronique Bontemps et Aude Signoles  

    Cette enquête a pour objectif d’exposer le développement du journalisme palestinien et les conditions actuelles du travail des journalistes palestiniens. Plusieurs questions ont motivé cette recherche. Est-il possible de faire du journalisme dans un contexte marqué par la violence physique et psychologique ? Est-il possible pour un journaliste palestinien de faire un travail « objectif » et professionnel dans un tel contexte ? Les journalistes palestiniens rencontrent-ils plus de difficultés pour réaliser leur travail ? Quel type d‘institutions sont chargées de la protection des journalistes dans les Territoires palestiniens ? Quel est le cadre légal du journalisme palestinien ? Quelles sont les formations suivies par les Palestiniens pour devenir journaliste ? Il existe une « tradition journalistique » dans la région et spécifiquement palestinienne, qui est encore mal comprise. Cet héritage est le résultat de l’histoire de la région et des conditions politiques, économiques et sociales. La lutte pour un État indépendant explique la récurrence des journalistes palestiniens dans l’engagement politique. Par ailleurs, les jeunes générations de journalistes demandent un niveau de « professionnalisation » et de « professionnalisme » de leurs anciens collègues en se détachant de la sphère politique. L’investigation cherche à clarifier la « tradition journalistique palestinienne » et ses éléments pour comprendre pourquoi malgré le militantisme derrière cet héritage, les journalistes palestiniens peuvent faire un travail professionnel. Les journalistes palestiniens sont légitimes porte-paroles de leur société.

    Liao Liao, Déconcentration et transferts des compétences économiques en Chine, 1992-2010, thèse soutenue en 2015 à AixMarseille sous la direction de Jean-Pierre Gaudin, membres du jury : Weiqing Guo (Rapp.), Denise Pumain (Rapp.), Éric Verdier  

    Parallèlement à son développement économique, la Chine connaît à l'heure actuelle une évolution de son organisation territoriale, la réforme des « districts provinciaux ». Mais de quel type de réorganisations territoriales s'agit-il ? Et quels en sont les enjeux ? Cette thèse s'attache à analyser le mouvement de décentralisation en Chine à partir de l'étude de ce processus dans deux provinces, à savoir celle du Zhejiang et du Sichuan. L'hypothèse développée est que la déconcentration de l'État et le mouvement de décentralisation locale constituent un nouveau mode gouvernance locale en Chine. Cette thèse repose sur la combinaison de plusieurs perspectives d'analyse : une perspective nationale et historique d'abord, centrée sur les évolutions du système centralisé et la genèse de cette réforme ; ensuite, une autre perspective visant à rendre compte du changement de la relation intergouvernementale au sein de la province et de la formation d'une confrontation entre les partisans de la croissance effrénée du pays faisant face à de plus en plus de résistance de la part du mouvement « anti-croissance ». Ces deux types d'analyse permettent de montrer que le mode de gouvernance dépend non seulement du système national, mais plus particulièrement du mode d'action publique associée à un territoire. Les niveaux administratifs : districts/régions, zones urbaines/rurales, les acteurs sociaux comme les entreprises et les associations de protection de l'environnement ainsi que les dynamiques individuelles jouent un rôle de plus en plus important dans ce mouvement de déconcentration

    Amin Allal, L'autoritarisme participatif : politiques de développement et protestations dans la région minière de Gafsa en Tunisie 2006-2010, thèse soutenue en 2013 à AixMarseille sous la direction de Mohamed Tozy, membres du jury : Béatrice Hibou (Rapp.), Olivier Fillieule (Rapp.), Jay Rowell et Michel Camau  

    L’injonction à la "participation" des populations n’est pas propre aux démocraties. Dans des situations autoritaires comme en Tunisie, des politiques de développement affichent aussi la "participation de la société civile". Cette thèse analyse ces dispositifs participatifs et leurs appropriations à partir d’un matériau ethnographique et proposopographique recueilli dans la région minière de Gafsa entre 2006 et 2010, via une démarche inductive et une "description dense" des rapports ordinaires au politique. Les politiques "participatives" contribuent à la construction des figures symétriques des "bons pauvres" et des "bons experts", rôles auxquels les acteurs tendent à se conformer. Ici, la "participation" n'est pas tant l’objet de la recherche qu’un analyseur des effets de la domination du régime et des capacités des acteurs à la contourner (ou pas). Sortir des référentiels cognitifs de la "participation démocratique" – implique alors d'analyser les (contre-)conduites des acteurs et organisations concernés autant au sein qu'en dehors de ces dispositifs : le choix d'un nombre relativement réduit d'enquêtés permet une étude longitudinale des variations de ces rapports au politique. L'oxymore d'autoritarisme participatif désigne ici à la fois le type de domination autoritaire analysé et les formes des différents registres de participations politiques que cette domination tend à encourager, cadrer et canaliser, ou au contraire à interdire et à réprimer. Nous contournons par cette démarche deux oppositions par trop naturalisées : d'une part, la dichotomie entre consentement et révolte ; d'autre part, une opposition d'échelle entre individus (ou petits groupes) et structures

  • Félicien Faury, Vote FN et implantation partisane dans le Sud-Est de la France : racisme, rapports de classe et politisation, thèse soutenue en 2021 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Éric Agrikoliansky, membres du jury : Éric Fassin (Rapp.), Abdellali Hajjat, Martina Avanza et Nonna Mayer  

    Adossée à une enquête de terrain réalisée de 2016 à 2019, mobilisant observations et entretiens semi-directifs, la thèse porte sur l'implantation électorale et partisane du Front national (FN, RN depuis 2018) dans un territoire du Sud-Est de la France. Ce travail combine l’analyse de la production ordinaire de votes FN (spécifiquement au sein de la composante non-ouvrière de l'électorat frontiste) à celle de l’offre politique locale (mobilisation partisane et implantation municipale). La thèse analyse les processus concrets par lesquels certaines formes de racisme (et leurs supports : blanchité, nationalisme, islamophobie) s’articulent avec certains types de concurrences sociales (accès aux ressources publiques, conflits d’usage du territoire, styles de vie), participant de la formation de préférences politiques pour l’extrême droite. Elle décrit ensuite les modalités par lesquelles ces conflictualités sociales racialisées se traduisent électoralement et sont travaillées par les structures partisanes frontistes locales.

    Mäeva Durand, Les invisibles : enquête localisée sur le rapport au politique des femmes de classes populaires, thèse soutenue en 2021 à Bourgogne FrancheComté sous la direction de Julian Mischi et Catherine Achin, membres du jury : Isabelle Mallon (Rapp.), Christelle Avril et Violaine Girard  

    Cette thèse analyse le rapport au politique des femmes de classes populaires à travers une démarche empirique soucieuse d’appréhender la formation des attitudes politiques en contexte. Ce travail se situe au croisement du champ des études politiques et de la sociologie des classes populaires en explorant l’impact de l’évolution du style de vie et de la situation au travail des femmes populaires sur les formes de leur politisation. La question du genre et des inégalités propres aux rapports sociaux de sexe est au cœur de cette étude qui explore le monde des femmes des fractions instables des classes populaire.Cette thèse repose sur une enquête de terrain menée de 2016 à 2018 au sein d’un réseau d’interconnaissance de trente personnes (liées par des liens amicaux, familiaux et de voisinage) situé sur le Territoire de Belfort.Investir une zone d’étude structurée autour d’une ville moyenne et parsemée de bourgs ruraux permet d’aborder le cas typique d’une configuration socio-spatiale caractérisée par une présence importante des classes populaires. Ces dernières sont en effet surreprésentées dans les espaces éloignées des grandes métropoles urbaines.Marquée par la désindustrialisation, un tel terrain permet en outre d’analyser les effets des restructurations du tissu économique et du développement du chômage sur les familles populaires et leur rapport au politique.Il apparait que le travail, l’école et les mobilités résidentielles tout comme la prise en charge étatique sont décisifs dans la construction du rapport au politique, dans un contexte de mise en concurrence entre fractions des classes populaires, propice à l’émergence d’une conscience sociale triangulaire.

    Mélodie Beaujeu, La "cause des migrants" , thèse soutenue en 2019 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Virginie Guiraudon, membres du jury : Éric Agrikoliansky (Rapp.), Antoine Pécoud et Colleen Thouez  

    Cette thèse porte sur l’émergence de coalitions transnationales de plaidoyer pour la « cause des migrants » entre la fin des années 1990 et le milieu des années 2000. Elle cherche en particulier à élucider un paradoxe : l’apparente contradiction entre, d’une part l’intensité et l’ampleur atteintes en peu d’années par les mobilisations sur ce thème, et d’autre part le recul relatif, non moins rapide, de ces mobilisations. Pour rendre compte de ce qui fait figure de mobilisations éphémères, notre recherche combine trois approches, peu présentes dans la littérature relative à ces objets : une approche historique, une réflexion poussée sur mon expérience de « professionnelle-militante », et la perspective théorique ouverte par Christian Topalov avec la notion de « champ faible ». L’objectif est d’interroger le caractère « nouveau » de ces mobilisations transnationales de plaidoyer, en les envisageant comme des points d’entrée sur un champ ancien de mobilisation qui connaitrait, à partir de la fin des années 1990, une nouvelle mutation; mutation que la thèse a pour objet de caractériser. A cette fin, j’adopte une stratégie de recherche « en entonnoir » : A partir d’un point de vue à la fois historique et très « macro », centré sur l’analyse des contextes et des modalités d’émergence de coalitions d’acteurs divers – religieux, élites administratives, ONG - dans une première partie, je resserre ensuite la focale sur un échelon franco-européen-africain de formation d’alliances transnationales. L’observation de la place qu’occupe l’enjeu migratoire au sein des trajectoires individuelles et organisationnelles permet de rendre compte du caractère éphémère des coalitions.

    Kevin Geay, Enquête sur les rapports au politique des classes supérieures, thèse soutenue en 2015 à Paris 9 sous la direction de Brigitte Le Grignou et Éric Agrikoliansky, membres du jury : Nicolas Mariot (Rapp.), Stéphane Beaud et Céline Braconnier  

    Cette thèse s’appuie sur une série d’enquêtes qualitatives et quantitatives pour proposer une analyse systématique du rapport au politique des classes supérieures françaises. Notre hypothèse est que l’on peut mieux spécifier la manière dont les mieux dotés participent, opinent, et font valoir leurs intérêts, si l’on prend au sérieux tous les comportements qui ne collent pas avec la description usuelle d’une classe supérieure compétente, investie et intégrée politiquement. Ainsi, s’intéresser aux formes bourgeoises de scepticisme et de relâchement dans la participation conventionnelle autorise une compréhension plus fine du lien entre statut social et politisation. De même, être attentif aux ratés de la reproduction des préférences politiques révèle en creux ce qui, dans le fait d’appartenir aux classes supérieures, dispose au vote de droite. Enfin, nous préciserons les conditions de possibilité du pouvoir des classes supérieures en prenant pour objet les rendements incertains du capital social spécifique que constitue la proximité aux élus, d’une part, et les tentatives malheureuses de contrôle territorial, d’autre part.

    Vera Fritz, Contribution à l’histoire de la Cour de Justice de l’Union européenne à travers des biographies historiques de ses premiers membres (1952 – 1972), thèse soutenue en 2014 à AixMarseille sous la direction de Philippe Mioche, membres du jury : Antonio Varsori (Rapp.), Rostane Mehdi  

    Cette thèse s'inscrit dans la nouvelle histoire du droit européen en proposant les résultats de recherches biographiques sur les premiers juges, avocats généraux et greffier qui ont fait fonctionner la Cour de Justice de l'Union européenne pendant les vingt premières années de son existence (1952 - 1972). Il s'agit tout d'abord de mettre en lumière les parcours professionnels et personnels des pionniers de la juridiction et des hommes qui ont prononcé certains de ses jugements les plus connus, ceux qui ont lancé le processus de « constitutionnalisation » de l'ordre juridique communautaire. Ensuite, il s'agit d'utiliser les résultats de ces recherches biographiques pour apporter, sur trois points précis, des éléments de réponse à une question qui intéresse depuis deux décennies en particulier les politistes - et de manière plus récente, les historiens: comment cette institution réussit-elle, à partir des années 1960, à autant limiter la souveraineté des Etats membres, en posant notamment le principe de primauté du droit européen, et cela sans semble-t-il être confrontée à de sérieuses résistances de la part des dirigeants des Etats membres ? Cette thèse analyse tout d'abord le processus de nomination des juges et des avocats généraux, afin de savoir si les gouvernements tentent, ou non, via le mécanisme de sélection de mettre un terme à sa jurisprudence audacieuse. Puis, elle étudie les convictions européennes des membres de la Cour et leur vision du rôle qu'ils doivent jouer dans le processus d'intégration. Enfin, elle s'intéresse au réseau politique des hommes de la juridiction européenne et leurs interactions officieuses avec les dirigeants des Etats membres.

  • Nadia Hachimi Alaoui, Gouverner l'incertitude : les walis de Casablanca, 2001-2015, thèse soutenue en 2019 à AixMarseille sous la direction de Mohamed Tozy et Béatrice Hibou, membres du jury : Irene Bono (Rapp.), Aziz Iraki (Rapp.), Jean-Michel Eymeri-Douzans et Laurent Fourchard    

    Cette thèse interroge les transformations de l’art de gouverner au Maroc dans les années 2000-2010 à partir de la figure du wali, représentant territorial de l’État, et d’un lieu stratégique, la ville de Casablanca. En centrant l’observation sur les pratiques plus que sur les discours et en variant et combinant les échelles d’analyses, la démarche a consisté à saisir le wali « par ses actes », par ses « pratiques » et par ses « technologies de pouvoir », inscrivant ainsi ce travail dans une perspective wébérienne qui aborde l’État et les modes de gouvernement de façon relationnelle. Les deux parties de la thèse privilégient ainsi chacune une échelle d’analyse et un découpage temporel qui leur est propre. La première partie est consacré à la redéfinition du wali et de ses compétences dans une perspective socio-historique en opérant une généalogie de la lettre royale de janvier 2002 sur la gestion de l’investissement qui leur est consacrée. Cette partie souligne tout à la fois l’indéfinition de la fonction wilayale et la centralité du wali, les transformations des compétences jugées importantes et la permanence de la technocratisation, ce faisant elle montre ce que la raison économique fait à la raison d’État. La seconde partie me permet d’observer à l’œuvre les six walis qui se sont succédé à Casablanca entre 2001 à 2015 à partir d’un lieu précis, les transports urbains et leurs transformations. Elle met en évidence la diversité des ethos, des styles et des manières de faire des walis, qui explique aussi, au-delà de la personnalité des représentants de l’État, la possibilité de gouverner différemment selon les circonstances et selon les configurations socio-politiques

    Ece Baykal Fide, Les générations des chroniqueurs de la Turquie et la construction médiatique du charisme du leader au miroir du mouvement de Gezi, thèse soutenue en 2018 à AixMarseille sous la direction de Gérard Groc et Hakan Yücel, membres du jury : Ceren Sözeri (Rapp.), Hamit Bozarslan (Rapp.), Christophe Traïni    

    Cette thèse étudie les générations politiques des chroniqueurs, membres de l’élite journalistique sous le gouvernement de l’AKP, tâchant de définir les rôles qu’ils tiennent et les discours qu’ils produisent lors des crises politiques, dans notre cas celle qui est suscitée par le mouvement de Gezi. En s’appuyant sur la sociologie des crises politiques de Michel Dobry et étudiant le champ journalistique, les trajectoires militantes et professionnelles des chroniqueurs, ce travail avance l’hypothèse principale selon laquelle le rôle d’intermédiaire/médiateur politique est celui dont s’approprient ces derniers lors des crises politiques. La construction médiatique du charisme d’un leader, Erdoğan en l’occurrence, par les chroniqueurs au travers du mouvement de Gezi fait également l’objet de notre recherche

    Wissam Al Nasser, Les usages politiques de Facebook , thèse soutenue en 2017 à AixMarseille sous la direction de Guy Drouot, membres du jury : Sandrine Roginsky (Rapp.), Stéphanie Wojcik    

    L'usage politique d'Internet et des réseaux socionumériques (RSN) ne cesse d'augmenter depuis plus d'une décennie. Le recours à des réseaux tels que Facebook, Youtube, Twitter, Skype, Instagram etc., se manifeste comme un passage obligatoire, tant pour les acteurs politiques que pour les citoyens « ordinaires ». La présente recherche retrace l'usage politique et les logiques de mobilisation et de la production de parole politique sur les RSN dans le contexte de la crise syrienne en 2011. Elle questionne, à travers l'analyse de cas de la page The Syrian Revolution 2011, les possibilités que ces RSN offrent aux usagers dans l'instauration d'espaces de mobilisations et d'interactions collectives. Notre analyse s'est organisée pour couvrir deux périodes : la première s'étale de 18 janvier au 14 mars 2011, quant à la seconde, elle s'étend du 15 mars au 30 avril 2011. Ce découpage permet de comprendre le passage d'un mode opératoire à un autre en fonction du changement du contexte politique et de la dégradation de la situation dramatique en Syrie. Notre recherche question également la place de la discussion politique en ligne dans l'élaboration des cadres d'action collective. Elle montre que ces derniers sont, activés, adoptés et diffusés à travers des logiques propres aux pratiques sociotechniques offertes par les RSN. Ainsi, notre étude peut apporter une contribution, nous l'espérons, originale dans le champ de l'analyse des RSN. Elle montre comment ces derniers peuvent constituer un espace de mobilisation d'information à travers duquel les usagers peuvent développer différentes pratiques communicationnelles.

    Marine Poirier, Le bon parti , thèse soutenue en 2016 à AixMarseille sous la direction de François Burgat, membres du jury : Rémi Lefebvre (Rapp.), Élise Massicard (Rapp.), Gilles Dorronsoro et Jillian Schwedler  

    La démarche générale de cette thèse est d’aller étudier le politique ailleurs que dans les oppositions, en explorant les ressorts de l’engagement et les logiques d’action au sein d’un parti hégémonique au pouvoir. A partir d’une enquête de terrain menée au Yémen entre 2008 et 2011 dans différentes sections locales du Congrès populaire général (CPG – al-mu’tamar al-sha‘bî al-‘âmm), j’interroge les pratiques militantes ordinaires et les investissements dont le parti fait l’objet. Le CPG constitue un observatoire privilégié pour interroger l’exercice de la domination – ses modes d’imposition et de contournement – dans un contexte où le régime autoritaire se trouve contesté. Au pouvoir depuis sa création en 1982 et fondé sur l’accommodation historique d’acteurs politiques divers, le parti forme un cadre dans lequel opèrent et se déploient les réseaux de patronage du président Ali Abdallah Saleh (1978-2012). La structure de l’échange politique qui en résulte favorise le développement de dépendances matérielles qui n’excluent pas, si ce n’est entretiennent, des formes multiples d’attachement affectif et idéologique au parti au pouvoir. Je souligne dans cette thèse les ambivalences du soutien au régime autoritaire, l’évolution du régime d’obligations et de contraintes qui en découle, ainsi que l’ambivalence et la réversibilité de l’obéissance et du consentement. Ce travail invite ainsi à interroger les ressorts du fonctionnement et de la résilience d’un régime autoritaire et à dépasser les lectures fonctionnalistes réduisant le parti hégémonique soit à un instrument de reproduction du régime autoritaire, soit à celui de son irrésistible réforme

    Jean-Baptiste Chabert, Construire la politique foncière en Provence-Alpes-Côte d'Azur, 1974-2014 : analyse des interactions au sein d'une action publique, thèse soutenue en 2016 à AixMarseille sous la direction de Jean-Pierre Gaudin, membres du jury : Emmanuel Négrier (Rapp.), Gilles Massardier (Rapp.), Frédéric Sawicki  

    L’objet de cette thèse est de questionner les modes de construction d’une action publique décentralisée. Plus spécifiquement, ce travail s’intéresse aux modalités d’institutionnalisation d’une politique foncière régionale volontariste en Provence-Alpes-Côte d’Azur au-delà du bloc de compétences transférées à la Région en 1983. Dans cette perspective, il s’agit d’étudier une forme originale de régionalisation à la marge du noyau dur des compétences régionales, jouant cependant un rôle important dans la construction de la Région et la structuration d’un domaine d’action. Adoptant une démarche de recherche croisant sociologie de l’action publique et sociologie politique, on appréhende les règles de cet espace d’action publique régional en privilégiant l’étude d’un champ d’action constitué au-delà du cadre fixé par la loi. L’on fait ainsi l’hypothèse que la politique foncière, à la croisée de multiples secteurs et de niveaux d’action déjà institutionnalisés, constitue un espace d’interactions privilégié pour l’analyse des processus de construction et d’institutionnalisation de la Région au travers d’une politique à laquelle elle participe. En adoptant une perspective diachronique et multi-niveaux, c’est-à-dire en privilégiant l’analyse du changement en longue durée au sein de l’espace régional, et en attachant une attention particulière aux jeux sociaux interdépendants qui interconnectent différents niveaux d’action publique, la thèse ambitionne de contribuer à l’étude sociologique des processus de régionalisation de l’action publique sous dynamique de décentralisation

    Maya Collombon, Les bâtisseurs de Mésoamérique , thèse soutenue en 2012 à AixMarseille sous la direction de Olivier Dabène, membres du jury : Isabelle Sommier (Rapp.), Salvador Martí i Puig (Rapp.), David Garibay  

    En mai 2001, un mouvement social transnational connecte des acteurs indigènes du sud mexicain et d'Amérique centrale qui s'opposent à une politique publique de développement le Plan Puebla Panama (PPP). L'étude de la promotion et de la contestataion du PPP au Mexique et au Nicaragua vise à interroger le concept de transnationalisation appliqué à l'action publique comme à la protestation collective. La thèse montre que les acteurs indigènes mis sur le devant de la scène par les acteurs contestataires, puis par les acteurs publics en réponse aux mobilisations, ne sont pas les acteurs centraux de la transnationalisation. La sociogenèse de la contestation au PPP permet de saisir les configurations localisées où d'anciennes allégeances continuent de primer sur l'allongement des réseaux à l'international. Ce sont des enjeux agraires, des liens notabilaires et religieux, ou encore le legs zapatiste, qui forgent la matrice du mouvement. Le Chiapas constitue à ce titre un condensé d'une topographie rurale et indigène des luttes dont les connexions à l'international ne sont finalement que secondaires pour une majorité d'acteurs. De même, la transnationalisation de la politique publique ne dépend pas simplement du poids des institutions financières internationales fortement impliquées dans le développement régional mais surtout de reconfigurations élitaires mexicaines qui s'assurent domination sur leurs partenaires centraméricains et maintien de leurs positions politiques, au lendemain de l'alternance de 2000. Ces configurations réticulaires différenciées entre promoteurs et opposants aux politiques de développement n'opèrent pas de connexions explicites.

    Anne-Sophie Petitfils, Sociologie d'une mobilisation partisane modernatrice : la refondation de l'UMP saisie "par le bas" (2004/2008), thèse soutenue en 2012 à Lille 2 sous la direction de Frédéric Sawicki, membres du jury : Annie Collovald, Florence Haegel, Rémi Lefebvre et Michel Offerlé    

    Comment un parti de gouvernement, comme l’UMP, qui se revendique comme moderne, professionnalisé et désidéologisé, parvient-il à mobiliser à grande échelle ? Au croisement d’une sociologie des partis et des mobilisations politiques, cette thèse est dédiée à l’étude de la genèse et des effets de la campagne de recrutement menée par la direction sarkozyste de l’UMP de 2004 à 2008, qui a fait usage d’une rhétorique modernisatrice et de pratiques managériales. Elle montre que la « modernisation managériale », en tant qu’idéologie institutionnelle, a constitué un ressort essentiel de cette mobilisation. Ce résultat ne peut se comprendre indépendamment de la sociographie des « nouveaux adhérents », qui, comparés aux membres de formations fondatrices de l’UMP appartiennent davantage aux milieux entrepreneuriaux. L’engagement de ces nouveaux entrants à l’identité et aux attentes distinctes a suscité une résistance infrapolitique de la part des anciens et a eu des effets paradoxaux sur l’institution (conflictualisation des relations internes, réactivation des identités gaullistes et libérales et idéologisation des membres). Au niveau théorique, ce travail plaide pour l’usage d’une approche culturelle des institutions partisanes qui apparaît paradoxalement la plus à même de rendre compte des logiques qui conduisent certains partis de gouvernement à apparaître de plus en plus comme des entreprises rationnelles.