• THESE

    De l'expérience du racisme à sa politisation : mobilisations et représentation des victimes en France et en Allemagne aujourd'hui, soutenue en 2011 à Technische Universität Darmstadt sous la direction de Nonna Mayer et Ulrich Bielefeld 

  • Soline Laplanche-Servigne, Olivier Fillieule, Florence Haegel, Camille Hamidi, Vincent Tiberj [et alii], Sociologie plurielle des comportements politiques: je vote, tu contestes, elle cherche…, Cairn, 2017, Académique   

    Soline Laplanche-Servigne, Vincent Tiberj, Florent Gougou, Camille Peugny, Les mots des présidentielles, Presses de Sciences Po, 2012, Nouveaux débats, 200 p.   

    Soline Laplanche-Servigne, Nonna Mayer, Ulrich Bielefeld, De l'expérience du racisme à sa politisation: mobilisations et représentation des victimes en France et en Allemagne aujourd'hui,, 2011, 402 p.  

    Fondée sur une enquête de terrain comparative en France et en Allemagne, la présente thèse a pour objectif de comprendre pourquoi et comment se constituent des mobilisations de « victimes de racisme » dans des sociétés « antiracistes », définies ici comme des sociétés ayant mis en œuvre des politiques de lutte contre le racisme et la discrimination raciale depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La thèse analyse le processus de politisation visible dans l’action protestataire de « racisés ». Il s’agit d’acteurs se regroupant en vertu du partage d’un phénotype ou d’origines immigrées et de l’expérience commune du racisme. La figure de « victime » est appréhendée de manière constructiviste : il s’agit d’analyser la production d’un statut de « victime de racisme » par les acteurs mobilisés et leurs différentes manières de devenir des victimes politiquement pertinentes afin de faire valoir leurs demandes. Leur constitution d’identités collectives « racisées », leurs actions menées dans un espace des mouvements sociaux ainsi qu’au sein du champ politique partisan et les répertoires d’action investis, montrent que ces mobilisations de « victimes » sont à la fois des luttes « pour » et des luttes « contre ». Les théories de la reconnaissance permettent en effet de penser ces mobilisations comme des demandes d’égalité mais aussi de visibilité sociale et politique. La demande fondamentale de ces acteurs mobilisés en tant que « racisés » est la reconnaissance de leur appartenance pleine et entière au corps national et le droit à une représentation politique et sociale en son sein – dans les institutions politiques mais aussi dans le récit historiographique de la nation.

    Soline Laplanche-Servigne, Vincent Tiberj, Florent Gougou, Camille Peugny, Les mots des présidentielles, 2007   

    La politique reste t-elle une affaire de spécialiste ? Bon nombre d’électeurs peinent à se repérer dans ce flot de débats idéologiques, de petites phrases pour initiés et de controverses d’experts. Et si la crise de confiance à l’égard du politique tenait aussi à cette incapacité des responsables politiques de « dire le monde » dans des termes accessibles ? à l’approche des élections présidentielles de 2007 et après le séisme de 2002, le débat sur la capacité des Français à s’intéresser et à se mobiliser sur les questions politiques reste ouvert. Ce livre propose dans un langage accessible une centaine de mots clés du discours politique récurrent, sous forme de notices synthétiques, claires et pédagogiques, classées par ordre alphabétique et système de renvois. Chaque entrée propose une définition et des exemples, resitue le terme dans le débat des enjeux de l’élection présidentielle de 2007 et permet à l’électeur de comprendre son rôle. Spécialistes en sociologie électorale, les auteurs font également le point sur l’état de la démocratie en France et rendent compte des débats qui aujourd’hui la traversent. Véritable boîte à outils démocratique, Les Mots des présidentielles permet à chacun de disposer des clés de lecture nécessaires à la compréhension des débats à venir et de se réapproprier la politique. Sommaire : Pages de début (p. 1-9)| Avant-propos (p. 11-13)| 21 Avril 2002 (p. 15-16)| 35 Heures (p. 16-18)| A (p. 18-24)| B (p. 24-25)| C (p. 25-53)| D (p. 53-63)| E (p. 63-80)| F (p. 80-88)| G (p. 89-92)| H (p. 92-94)| I (p. 94-105)| J (p. 105-107)| L (p. 107-110)| M (p. 110-124)| O (p. 124-131)| P (p. 131-151)| Q (p. 151-152)| R (p. 152-161)| S (p. 161-173)| T (p. 173-176)| U (p. 177)| Références (p. 187-192)| Pages de fin (p. 193-197).

    Soline Laplanche-Servigne, Têtes de turc ?: regards croisés sur la perception du racisme par des jeunes d'origine turque en France et en Allemagne, 2005, 179 p. 

  • Soline Laplanche-Servigne, « Construction et appropriations de la figure de l’ artiste réfugié  dans des dispositifs d’accueil artistique à Berlin », Hommes & Migrations, Hommes & Migrations, 2023, n°1342, pp. 23-30   

    Une enquête réalisée à Berlin en 2019 auprès d’artistes étrangers résidant dans la ville et de responsables de dispositifs de soutien permet de mettre en lumière le rôle des catégories utilisées pour les appréhender. La figure de l’« artiste réfugié » mobilisée par les dispositifs d’accueil artistique est le fruit d’une construction qui comporte des biais symboliques aux conséquences bien réelles. Ces créateurs font ainsi face aux attentes d’un public assignant leur travail à une place : celle d’un artiste fuyant des conflits dont il serait sommé de traiter.

    Soline Laplanche-Servigne, Marie-Hélène Sa Vilas Boas, « Introduction. Les catégorisations des publics minorisés en questions », Participations, Participations, 2019, n°25, pp. 5-31   

    Cet article a pour objectif de faire dialoguer les travaux relatifs à la démocratie participative et délibérative avec la sociologie de la catégorisation. Il se centre sur l’étude d’espaces participatifs réunissant des groupes minorisés sur la base du genre, de l’ethnicité, de la classe ou de la sexualité. Il examine d’abord la circulation des catégorisations de minorisés entre différentes scènes et leurs usages en situation dans les espaces participatifs. Il interroge ensuite les modalités de la représentation des minorisés induites par ces catégorisations de la participation. Il s’achève par l’évocation de la nature des revendications et des publics parvenant à émerger des expériences participatives des minorisés.

    Soline Laplanche-Servigne, « Les tensions de l’affirmative action dans l’Afrique du Sud post-apartheid. Une analyse de la jurisprudence des tribunaux du travail », Critique internationale, Critique internationale, 2018, n°78, pp. 147-166   

    Depuis 1998, le gouvernement sud-africain a mis en place des mesures radicales destinées non seulement à lutter contre les discriminations mais aussi à corriger les inégalités produites par le régime de l’apartheid. L’une de ces principales mesures est la loi d’équité dans l’emploi ( Employment Equity Act, EEA), votée en 1998. On aurait pu penser que cette loi protègerait fortement les bénéficiaires de l’ affirmative action et qu’il serait difficile pour des Blancs, non membres des « groupes désignés » («  designated groups »), d’obtenir gain de cause en plaidant la discrimination raciale injuste. Or il s’avère que dans la majorité des litiges où la discrimination est reconnue injuste par le juge, cette reconnaissance se fait en faveur de plaignants blancs. Sur la base de ce paradoxe, nous examinons la nature des arguments échangés dans les tribunaux du travail et ce qui fonde la distinction établie par le juge entre discrimination raciale juste et injuste. Ces litiges permettent d’appréhender sous un jour nouveau la victime de discrimination post-apartheid, figure dont les contours ne suivent plus forcément une stricte ligne d’opposition entre Noirs et Blancs.

    Soline Laplanche-Servigne, « Quand les victimes de racisme se mobilisent : Usage d’identifications ethnoraciales dans l’espace de la cause antiraciste en France et en Allemagne », Politix, Politix, 2015, n°108, pp. 143-166   

    Cet article s’appuie sur une étude empirique comparative de mobilisations de victimes de racisme en France et en Allemagne. Il montre comment l’« expérience vécue » est devenue ces dernières décennies un mode de mobilisation politiquement pertinent pour se distinguer au sein de l’espace de la cause antiraciste. Dans cet espace, l’expérience vécue est consacrée à travers l’usage d’identifications ethnoraciales, qui convertissent les corps racisés en ressource politique. La comparaison met alors en lumière des processus nationalement contextualisés de cet usage, qui ne vise pas tant à défendre des identités ethnoraciales pour soi qu’à introduire des points de vue racisés au sein d’espaces nationaux de la cause antiraciste.

    Soline Laplanche-Servigne, Marie-Laure Geoffray, Amélie Le Renard, « Comparer a posteriori : retour sur une expérience collective de recherche », Terrains & travaux, Terrains & travaux, 2012, n°21, pp. 165-180  

    Soline Laplanche-Servigne, Marie-Laure Geoffray, Amélie Le Renard, « Comparer a posteriori. Retour sur une expérience collective de recherche », Terrains et Travaux : Revue de Sciences Sociales, ENS Cachan, 2012   

    Soline Laplanche-Servigne, « La lutte contre le racisme des “minorisés” en France et en Allemagne depuis les années 1980 », Hommes & Migrations, Hommes & Migrations, 2009, n°1277, pp. 56-   

    1 janvier 2009

  • Soline Laplanche-Servigne, « La discrétionnarité en droit des étrangers – Règles, acteurs, institutions », le 03 avril 2025  

    Colloque organisé par les laboratoires LADIE et CERDACFF, Université de Côte d'Azur avec l’IUF et l’ANR

    Soline Laplanche-Servigne, « Les catégorisations des publics minorisés en question », le 06 décembre 2018  

    Organisé pour le laboratoire ERMES par Soline Laplanche-Servigne (ERMES) et Marie-Hélène Sa Vilas Boas (ERMES)

    Soline Laplanche-Servigne, « Racisme et sexisme en procès », le 04 décembre 2018  

    Organisé par la Fac de droit de l’Université Paris Nanterre

    Soline Laplanche-Servigne, « Comparing and Combining Disciplinary Approaches to Migration Issues : The Perspectives of Law and Social Sciences », le 28 juin 2018  

    Co-organisé par le LADIE, ERMES et l’URMIS, il s'inscrit dans le cadre de l'axe 3 de la MSHS et préfigure le lancement du Master Migration Studies.

    Soline Laplanche-Servigne, « La fabrique locale de la frontière : Regards comparatifs et interdisciplinaires », le 26 avril 2018  

    Organisé par le Laboratoire ERMES

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Roman Vareilles, L'antiracisme fragmenté : les mobilisations postcoloniales contre le racisme en France, thèse soutenue en 2023 à Université de Montpellier 2022 sous la direction de Éric Savarese présidée par Christophe Roux, membres du jury : Stéphane Beaud (Rapp.), Corinne Torrekens (Rapp.)   

    Cette thèse étudie les divergences stratégiques qui traversent les mobilisations postcoloniales contre le racisme. Dans une perspective de sociologie de l'action collective, il s'agit d'étudier les usages des références coloniales et raciales comme moyens de mobilisation dans la lutte contre le racisme en France. En comparant les discours et les répertoires d'action déployés par trois groupes actifs de 1995 à 2022, ce travail, basé sur une observation de terrain et des entretiens biographiques, interroge les fondements de la polarisation de l'antiracisme postcolonial autour de deux modèles-types d'intervention : la théorie et le terrain. À partir de la notion d'espace, on constate que l'orientation vers une lecture postcoloniale du monde a une incidence sur le choix des modes d'action et par extension sur la constitution des effectifs militants. Ces dynamiques internes se traduisent par une évolution des liens entre l'espace antiraciste et le champ politique et donnent lieu à des tentatives de dépassement des frontières qui les séparent. La mise en perspective de ces stratégies de mobilisation avec les trajectoires sociales et les carrières militantes des acteurs donne à voir la prégnance des divergences de classe dans les tentatives de mobilisation des victimes de racisme.

    Cloé Ponzo, Prévenir la délinquance par l'apprentissage à la citoyenneté : Analyse d'une politique publique par ses dispositifs territorialisés, thèse soutenue en 2022 à Université Côte dAzur sous la direction de Christine Pina présidée par Éric Savarese, membres du jury : Christian Le Bart (Rapp.), Carole Gayet-Viaud et Julien Talpin    

    La thèse porte sur une analyse ethnographique et comparée de dispositifs de prévention de la délinquance juvénile (DPDJ) par l'apprentissage à la citoyenneté, situés dans un quartier prioritaire au sens de la politique de la ville, et des DPDJ situés dans une commune en zone rurale. La thèse privilégie une analyse des politiques de prévention de la délinquance « par le bas » qui permet d'observer le travail de prévention en train de se faire. En envisageant ces dispositifs comme des « guichets » et en saisissant les interactions entre les encadrants et les usagers de ces dispositifs, la thèse montre comment la perception des usagers comme « délinquants potentiels » conduit les agents à déconflictualiser l'apprentissage à la citoyenneté. Néanmoins, derrière ces logiques de dépolitisation, l'enquête montre un véritable travail de codage puis d'encadrement des usagers, qui, parce qu'ils majoritairement des jeunes issus de l'immigration postcoloniale nord-africaine et subsaharienne, doivent se conformer aux prescriptions véhiculées par ces dispositifs et faire preuve de leur volonté d'intégration. En réalité, l'État, bien qu'il demeure un acteur central dans la régulation du problème public de la délinquance, laisse aux agents de terrain une importante marge de manœuvre dans l'élaboration et le fonctionnement de ces dispositifs. En resserrant la focale, une analyse à l'échelle des territoires permet de souligner le poids des contraintes locales et institutionnelles dans la mise en œuvre de ces dispositifs. L'analyse à l'échelle micro - au plus près des agents du terrain - explique le poids de leurs représentations, leur culture professionnelle et leur trajectoire dans la conduite de ces dispositifs.