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Les recueils de jurisprudence, miroirs de la pensée juridique française (1789-1914)

Les recueils de jurisprudence, miroirs de la pensée juridique française (1789-1914)

Entre théorie et pratique

Auteur(s) : 7124

Édition : 2022

ISBN: 978-2-275-08850-1

Présentation de l'éditeur

Pionniers des études jurisprudentielles contemporaines, fondateurs des plus célèbres maisons d’édition juridique françaises, inventeurs de nouveaux genres littéraires et doctrinaux, les arrêtistes du XIXe siècle demeurent encore largement méconnus. Au sein de leurs recueils de jurisprudence, Jean-Baptiste Sirey, Désiré Dalloz et leurs nombreux collaborateurs, concurrents et successeurs, ont pourtant été des acteurs à part entière d’une pensée juridique française trop souvent réduite aux seuls auteurs de la doctrine. Entre théorie et pratique, l’« arrêtisme » contemporain a ainsi formé, de la Révolution jusqu’aux années 1870, un mouvement majeur de la littérature et de la pensée juridiques. Sur cette période, arrêtistes et commentateurs de la doctrine se sont en effet âprement affrontés sur le terrain épistémique et éditorial, opposant travaux et discours sur la jurisprudence tout en luttant pour le monopole des études jurisprudentielles. À partir des années 1880 toutefois, l’arrivée massive des universitaires au sein des recueils de jurisprudence va marquer la fin de l’arrêtisme des praticiens. À la Belle Époque, les auteurs de l’« École scientifique » qui entendent renouveler l’étude et la science du droit s’emparent à leur tour activement de la jurisprudence ; présenté comme un rapprochement salvateur entre l’École et le Palais, le « projet jurisprudentiel » des professeurs va toutefois contribuer à détacher les recueils d’arrêts de la culture praticienne dont ils étaient originellement issus. Il ressort de cette étude une relecture de l’histoire intellectuelle des recueils d’arrêts et des arrêtistes, dont l’historiographie classique a brossé un portrait partiel, sinon partial.

Pierre-Nicolas BARENOT est maître de conférences à l’Université Jean Monnet Saint-Étienne.

Histoire des idées Histoire du droit Droit public Histoire du droit Office du juge Histoire de la pensée juridique
Les biens qui échappent à la procédure collective

Les biens qui échappent à la procédure collective

Auteur(s) : 7745

Édition : 2022

ISBN: 978-2-275-11058-5

Présentation de l'éditeur

Le droit de la faillite demeure un droit perturbateur. Pour autant, il ne peut pas empêcher que certains biens lui échappent. L’espace de liberté laissé au droit de gage par le droit de la faillite, dans ce cadre spécifique que constitue la procédure collective qui présuppose l’impossible satisfaction de tous les créanciers, révèle les limites du gage commun. Dans une certaine mesure, le droit de la faillite contribue à améliorer la connaissance des biens qui lui échappent et enrichit en cela la théorie générale du patrimoine.

L’étude des biens qui échappent à la procédure collective révèle l’existence d’une scission patrimoniale qui réduit la portée de l’effet réel de la procédure collective. En effet, la division du risque de défaillance du patrimoine s’opère par sa compartimentation interne. Considérer que le gage commun se différencie du gage général conduit à raisonner en distinguant deux masses de biens du débiteur failli qui coexistent au sein de son patrimoine, celle appréhendée par la procédure collective et celle qui lui échappe. L’identification des biens qui échappent à la procédure collective est conduite dans une seule direction : ils en sont écartés d’emblée. Ils désignent les biens soustraits à la saisie collective et ont un régime peu ou mal défini. L’ambition est alors celle d’esquisser certains traits du régime juridique de ces biens qui échappent à l’emprise de la procédure collective.

Prix de thèse Cyrille Bialkiewicz 2021 pour le droit des entreprises en difficulté

Déborah Sahel est maître de conférences en droit privé et sciences criminelles à l’École de droit de la Sorbonne (Université Paris 1).

Droit des affaires Patrimoine Droit privé Droit des biens
Les actes nuisibles à la vie en société

Les actes nuisibles à la vie en société

Étude sur les exigences de la vie en société à partir de l'article 5 de la déclaration de 1789

Auteur(s) : 7598

Édition : 2022

ISBN: 978-2-275-11028-8

Présentation de l'éditeur

Cette étude prend comme point de départ la lecture qui a été faite de l’article 5 de la Déclaration de 1789 à l’occasion de l’interdiction de la dissimulation du visage dans l’espace public. La première phrase de l’article 5, « La Loi n’a le droit de défendre que les actes nuisibles à la Société », avait alors été largement utilisée, à la fois par le Conseil d’État, dans son étude sur les possibilités d’interdiction du voile intégral, par le législateur, dans les différents rapports rendus publics et enfin, par le Conseil constitutionnel, dans la décision de conformité qu’il rendit lorsqu’il fut saisi du texte. Les « actes nuisibles à la société » ont alors été appréhendés comme le pendant des « exigences minimales et réciproques de la vie en société », expression dont on doit la paternité à la Haute juridiction administrative. C’est pourquoi, le travail entrepris ne s’est pas porté sur une lecture générale de l’article 5 de la Déclaration de 1789, mais il part du postulat que les actes nuisibles sont le négatif des exigences minimales et réciproques de la vie en société. Ce choix explique finalement l’expression retenue en guise de titre, qui ne correspond pas expressément à celle qui figure dans l’article 5.

Philosophie et théorie du droit Droit des libertés Lien social Droits de l'homme Droit privé Droit public Histoire du droit Sciences politiques
Le juge et l'accord collectif de travail

Le juge et l'accord collectif de travail

Emmanuelle Filipetto

Édition : 2022

ISBN: 978-2-275-11079-0

Présentation de l'éditeur

La promotion d’un droit du travail de plus en plus négocié conduit-elle le juge à se mettre en retrait ? Ce problème réfère à la dynamique promue par les pouvoirs publics depuis un certain nombre d’années déjà, qui confie un rôle majeur à la négociation collective – décentralisée en particulier – dans la production de la norme. Cette transformation implique-t-elle que le juge doive s’abstenir de s’immiscer – notamment par son contrôle – dans une convention ou un accord collectif de travail, signé par des acteurs réputés seuls légitimes à apprécier la teneur des normes applicables ? Voilà la question qui se pose aujourd’hui de façon aiguë.

Mais le sujet du juge et de l’accord collectif de travail ne doit pas être limité au carcan du débat contemporain. Le sujet se doit d’être appréhendé dans toutes ses dimensions. Le juge et l’accord collectif de travail est, en premier lieu, une question d’appréhension. Avec un objet : l’accord collectif. Et un acteur : le juge. Comment le juge traite-il l’accord collectif de travail ? Quelle conception s’en fait-il ? De la perspective qu’adopte le juge dépend la position de celui-ci par rapport à l’accord collectif. Quelle posture le juge se doit-il d’adopter dans un modèle de droit du travail qui se place sous la bannière du dialogue social ? La promotion de la négociation collective entraîne-elle (doit-elle entraîner) un retrait du juge par rapport à l’acte collectif négocié ? Seraient-ce là des mouvements irréductiblement liés, selon des dynamiques inversées ?

Pour aborder le sujet sous tous ces aspects dans toutes ses dimensions, c’est une confrontation qui mérite d’être orchestrée : celle du juge et de l’accord collectif. Se joue là une dimension essentielle du nouveau modèle de droit du travail qui émerge.

Prix de thèse Voltaire/Liaisons sociales 2020

Emmanuelle Filipetto est docteur en droit privé.

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