Portail universitaire du droit

Loger les classes populaires dans la ville

Appel à communication

Loger les classes populaires dans la ville

Date limite le lundi 30 avril 2018

Depuis plusieurs années, différents colloques ont abordé la question du logement social sous l’angle des politiques sociales urbaines[1], des ségrégations urbaines[2], ou encore par le biais des offices d’HLM[3], alors que des recherches récentes interrogent la pérennité du modèle généraliste français dans un contexte de rigueur budgétaire[4].

Ce colloque propose de revisiter la construction du modèle français de logements populaires, depuis les premiers questionnements du milieu du XIXe siècle jusqu’à nos jours. La longue durée doit permettre de réinvestir des sources déjà exploitées, mais aussi d’en présenter d’autres, méconnues, afin d’éclairer plus particulièrement la mise en place puis l’évolution du couple initiatives privées / interventions publiques.

Longtemps hégémonique, l’initiative privée montre les limites de son action, à la fin du XIXe siècle, l’émergence de nouvelles forces politiques invite à imaginer les modalités d’une intervention publique, d’abord restreinte. Cette dernière représente une incitation à l’initiative privée, avant que les collectivités locales ne participent indirectement à la construction des HBM, par le biais des offices publics communaux ou départements. Parallèlement à l’évolution de ce couple naissant, il apparaît, depuis la loi Siegfried (1894), que les nouveaux acteurs du logement social ne s’adressent pas aux plus démunis, posant ainsi la question des publics cibles.

Il est proposé de traiter ce double questionnement par le biais d’une approche diachronique, interdisciplinaire (sociologie, histoire des lettres et du droit, droit public, etc.), mêlant des éléments comparatistes.

Trois grands axes thématiques peuvent se dessiner :

  • Il s’agira tout d’abord de s’intéresser aux hommes et aux idées qui font apparaître le concept de logement ouvrier puis à bon marché : des chrétiens sociaux aux radicaux de gauche, des utopistes à la fondation du Musée social, etc. Dans quelle mesure, leurs réflexions ou leurs expériences interrogent-elles le couple initiatives privées / interventions publiques ? De manière chronologique, ces communications s’intéresseront à la période allant du milieu du XIXe siècle à la loi Siegfried.
  • Une seconde thématique traitera de l’investissement législatif. Depuis le milieu du XIXe siècle jusqu’au années 1970, comment les législateurs successifs envisagent-ils le couple initiatives privées / interventions publiques, de même que les publics ciblés par les textes ? Afin de présenter la montée en puissance de l’action publique et la collaboration entre les deux éléments de notre couple, une première période chronologique s’intéressera au XIXe siècle jusqu’à l’entre-deux-guerres, puis une seconde période développera l’après-guerre jusqu’à la crise des années 1970.
  • Enfin, une troisième thématique traitera des réalisations et des expériences concrètes en suivant le découpage chronologique proposé ci-dessus. Il conviendra de renouveler les exemples locaux afin de présenter des illustrations des logiques en action. Des monographies pourront être proposées.

L’ensemble de ces thématiques sera également traité sous un angle comparatiste dégagé d’exemples étrangers.

Pour conclure, le colloque se terminera par une table ronde permettant de dresser un état des lieux relatif aux problématiques actuelles, le détour par le temps long éclairera ainsi les réflexions relatives à l’avenir du modèle français.

 

Pratique

Les propositions de communications seront adressées avant le 30 avril 2018 à : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.  et assistante administrative du laboratoire CRJ Pothier : Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser. 

Les propositions comporteront un résumé de la communication (3 000 mots maximum).

L’approche se veut pluridisciplinaire et comparatiste : histoire des lettres et du droit, droit public, sociologie.

Le colloque se déroulera, à Orléans, pendant un jour et demi, les 11 et 12 décembre 2018.

 

Comité scientifique

 

Références

[1] J-G Petit et Y Marec (dir.), Le Social dans la ville en France et en Europe 1750-1914, Paris, les Editions de l'Atelier, 1996, 351 p.

[2] A. Fourcaut (dir.), La ville divisée. Les ségrégations urbaines en question. France XVIIIe-XXe siècles, Grâne, Créaphis, 1996, 465 p.

[3]M. Carraz, Y. Jégouzo, Fr. Priet; Du logement social à l'habitat, les offices cent ans après la loi Bonnevay , Les Cahiers du Gridauh, éd. La Documentation française, 2014. Autour des cent ans des offices d’HLM, de la loi Bonnevay à nos jours, 1912-2012, Colloque international organisé par le Centre d’histoire sociale du XXe siècle, Toit et moi et la Fondation Condorcet, 9-10-11 février 2012, Saint-Denis, Hôtel de ville de Saint-Denis.

[4] Cl. Lévy-Vroelant, Ch. Tutin (dir.), Le logement social en Europe au début du XXIe siècle, la révision générale, Rennes, P.U.R., 2010, 250 p. Le chapitre VII interroge : « France : un modèle généraliste en question », p. 123-148. Voir également J.-Cl. Driant, « Le logement social en France : remise en cause d’un modèle généraliste et national ? », Demi-journées d’études Populations japonaises, Logement social: perspectives croisées Angleterre, FranceJapon, 9 janvier 2017, INALCO, Paris.



Document