Alice Mazeaud

Maître de conférences
Science politique.
Faculté de Droit, de Science Politique et de Management (IAE)

Environnement Organisation Législation
  • THESE

    La fabrique de l'alternance : la démocratie participative dans la recomposition du territoire régional, Poitou-Charentes 2004-2010, soutenue en 2010 à La Rochelle sous la direction de Brigitte Gaïti présidée par Pierre Sadran, membres du jury : Loïc Blondiaux (Rapp.), Rémi Lefebvre (Rapp.), Pierre Mazet     

  • Alice Mazeaud, Cécile Robert, Sophie Dubuisson-Quellier, Rémi Lefebvre, François-Mathieu Poupeau [et alii], (In)capacités climatiques urbaines. Les contradictions d’une ville moyenne littorale à l’avant-garde écologique, 2024    

    Les gouvernements locaux, et en premier lieu les villes, sont désormais reconnus comme des acteurs de premier plan dans la lutte contre le changement climatique et l’adaptation à ses effets. En parallèle, les travaux sur les politiques climatiques locales ont connu une croissance exponentielle, en particulier dans la littérature internationale. Pourtant, on manque encore d’outils théoriques et de preuves empiriques pour déterminer dans quelles conditions les autorités locales peuvent concevoir et mettre en œuvre des politiques pour transformer radicalement l’ordre socio-économique urbain de façon à atteindre les objectifs de limitation du réchauffement climatique et de résilience face à ses effets. Tel est l’enjeu de cette HDR. A partir de l’étude d’un cas singulier, une ville littorale qui depuis près de 40 ans bénéficie de l’image d’avant-garde écologique et a récemment été saluée pour un ambitieux projet visant à atteindre la neutralité carbone en 2040, ce travail s’inscrit dans la tradition des monographies urbaines pour analyser la dimension politique de l’action climatique urbaine et éclairer les modalités de la capacité d’action des villes. Pour ce faire, nous replaçons d’une part la prise en charge du problème climatique dans le temps long de la constitution d’un régime urbain vert - notion que nous utilisons pour montrer que le partage de la rente, foncière, politique et symbolique, générée par la mise en valeur environnementale de la ville constitue le socle d’un ensemble de coopérations stabilisées. D’autre part, nous nous attachons à analyser comment les modalités politisées ou dépolitisées de l’action climatique renforcent, ou au contraire, limitent la capacité à définir et à mettre en œuvre des politiques climatiques. Ce faisant, nous mettons en évidence que la dépolitisation est une condition paradoxale de la capacité d’action climatique. D’un côté la dépolitisation, à la fois substantielle et institutionnelle, favorise, voire conditionne la prise en charge du problème climatique par les élites locales et donc la capacité d’action urbaine. De l’autre, elle fait obstacle à la remise en cause et à la transformation de l’ordre socio-économique local, et en ce sens, elle est incapacitante.

    Alice Mazeaud, Rémi Lefebvre, Christian Le Bart, Jonathan Bocquet, David Le Bras [et alii], Politiser l'intercommunalité ?: le cas des élections locales de 2020, Presses universitaires du Septentrion, 2023, Espaces Politiques    

    Si l’intercommunalité a été plus présente dans les débats municipaux que lors des campagnes précédentes, les programmes des candidats restent toujours peu précis sur les prérogatives respectives de la municipalité et de la communauté / métropole. Les propositions de campagne ne se réfèrent que très rarement directement aux leviers d’action des EPCI à fiscalité propre et tendent par conséquent à placer le citoyen à distance de la réalité de l’action publique communautaire. En dévoilant les enjeux et les conséquences pour la commune du renforcement du rôle des institutions intercommunales, les candidats craignent d’affaiblir la croyance en la capacité d’action des maires, et donc de nuire à la mobilisation des citoyens autour du scrutin municipal. Face à la progression de l’abstention, les thèmes de la proximité (« tranquillité », « bien vivre », « sécurité ») sont toujours très présents dans les professions de foi et les programmes des prétendants au pouvoir municipal. La démocratie intercommunale reste évanescente

    Alice Mazeaud, Marthe Fatin-Rouge Stéfanini, Xavier Magnon, Dimitri Courant, Aurélie Duffy-Meunier [et alii], Les assemblées citoyennes: nouvelle utopie démocratique ?, DICE Éditions, 2022, Confluence des droits      

    Si l'actualité des assemblées citoyennes est relativement récente en France, avec la Convention citoyenne pour le climat, cette technique s'appuie sur de nombreuses et anciennes expériences dans d'autres États. L'étude de ces assemblées a également fait l'objet de nombreux travaux issus de la science politique en France comme à l'étranger. Les juristes demeurent, encore aujourd'hui, largement étrangers à cette réflexion, aussi bien dans sa dimension pratique, l'étude de la pratique des assemblées citoyennes, que dans sa dimension théorique, sous l'angle de l'étude des concepts de démocratie délibérative et de démocratie participative. Dans un tel contexte, le présent ouvrage, Les assemblées citoyennes : nouvelle utopie démocratique ?, résultat d'un colloque international pluridisciplinaire, permet de dresser un état des lieux, sous un angle critique, de ce qu'il convient de penser des assemblées citoyennes. Les assemblées citoyennes constituent-elles le remède miracle à la crise du régime représentatif ? Tel est, sans doute le fil rouge de toutes les questions soulevées au cours de cette journée d'études. Quel est le sens des « assemblées citoyennes » ? À quelle théorie politique est-il possible de les rattacher ? Quelles en sont les expressions concrètes et les différentes expériences pratiques ? Telles sont les différentes questions sur lesquelles les contributions de cet ouvrage ont apporté un éclairage pluridisciplinaire, contemporain et critique. La multiplication des regards disciplinaires, science politique et droit pour l'essentiel, permet ainsi de croiser les regards sur cet objet d'études, de déplacer, parfois, les frontières et, surtout, de penser de manière globale le phénomène des assemblées citoyennes.

    Alice Mazeaud (dir.), Pratiques de la représentation politique: [colloque, 4 et 5 avril 2013, à Bordeaux, Presses universitaires de Rennes, 2019, 307 p.    

    "Succès du Front national, recul des partis de gouvernement, niveau élevé de l'abstention, la "crise de la représentation" fut de nouveau un point de passage obligé de l'exégèse électorale des élections municipales et européennes de 2014. Cet ouvrage entend rompre avec les jugements de valeurs qui alimentent cette thématique récurrente du débat public pour éclaircir les pratiques de la représentation politique. Le parti pris est ici de ré-insérer la représentation politique issue du suffrage universel dans l'espace de la compétition permanente pour la représentation des intérêts sociaux. L'élection est ainsi envisagée comme une modalité et une temporalité, spécifique mais non exclusive, de désignation des représentants et de légitimation des groupes qu'ils prétendent représenter. Ainsi, cet ouvrage construit sur la base de trois partis thématiques - la représentativité de l'élu : discours et pratiques; l'organisation du travail de la représentation politique; la mise en forme des intérêts et des groupes sociaux - offre une analyse globale et actualisée de la représentation politique telle qu'elle se pratique face aux demandes sociales et aux logiques de la concurrence politique. Si les travaux sont centrés sur le cas français, l'attention accordée aux échelles multiples (locale, nationale, européenne) de la représentation politique, les contrepoints apportés par des cas étrangers et la variété des terrains et des méthodes d'enquête (travaux qualitatifs, suivi embarqué d'élus...) permettent un éclairage plus large des "rouages de la représentation politique". " [source : 4e de couv]

    Alice Mazeaud, Guillaume Gourgues (dir.), L’action publique saisie par ses publics: gouvernement et (dés)ordre politique, Presses universitaires du Septentrion, 2019, Espaces politiques, 214 p.   

    Alice Mazeaud, Magali Nonjon, Le marché de la démocratie participative, Éditions du Croquant, 2018, Sociopo, 365 p. 

    Alice Mazeaud, Céline Laronde-Clérac, Agnès Michelot (dir.), Les risques naturels en zones côtières: Xynthia : enjeux politiques, questionnements juridiques, Presses universitaires de Rennes, 2015, L'univers des normes, 210 p.  

  • Alice Mazeaud, « Une gouvernance territoriale du climat « à la française » : territorialisation inachevée de l’action climatique et climatisation en trompe l’œil des politiques sectorielles », in Pasquier R., Simoulin S., Weisbein J. (dir.), La gouvernance territoriale. Processus, reconfigurations, contestations, LGDJ, 2025 

    Alice Mazeaud, « La démocratie participative : un nouveau standard de l'action publique locale », Décentralisation et Territoire(s), LGDJ, 2025 

    Alice Mazeaud, Mazeaud Alice, Bénitez François, Ridel Anaïs, Bringer Arno, « Governance and public policies of coastal water quality in the « Pertuis Charentais » », in Frédéric Muttin, Hélène Thomas (dir.), Marine Environmental Quality : Healthy Coastal Waters, Wiley, 2021   

  • Gilles Pinson, préface à Jessica Brandler-Weinreb, Anne-Laure Legendre, Quartiers confinés: vécus, ressources, territoires, Le Bord de l'eau, 2022, Documents, 164 p. 

  • Alice Mazeaud, Guillaume Gourgues, Magali Nonjon, « Du tournant participatif des administrations à la bureaucratisation de la démocratie participative : étude à partir du cas français », Revue internationale des sciences administratives, IISA (Institut international des sciences administratives), 2022, n°4  

    Alice Mazeaud, Guillaume Gourgues, Magali Nonjon, « From the participatory turn of administrations to the bureaucratisation of participatory democracy: study based on the French case », International Review of Administrative Sciences, SAGE Publications, 2021 

    Alice Mazeaud, « Rénover la démocratie au lycée par le budget participatif », Lyon : Institut français de l'éducation et PERSÉE : CNRS & ENS de Lyon, 2016, pp. 121-124   

    À l’heure où la démocratie lycéenne cherche son souffle, l’expérience du «budget participatif des lycées» ouvre des perspectives qui méritent d’être explorées.

    Alice Mazeaud, Marie Hélène Sa Vilas Boas, Karim Berthome, « Penser les effets de la participation sur l'action publique à partir de ses impensés. », Participations - Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, De Boeck Supérieur, 2012, n°1, pp. 5-29 

    Alice Mazeaud, « Le recours à la justice administrative dans la prévention de la submersion marine en Charente-Maritime : un retour de l’État ? », Norois. Environnement, aménagement, société, Presses universitaires de Rennes    

    Introduction En février 2010, la tempête Xynthia a lourdement frappé le littoral atlantique avec pour conséquence des submersions marines ayant provoqué la mort de 59 personnes et d’importants dégâts matériels (estimés à plus de 2,5 milliards d’euros). Cette catastrophe naturelle, l’une des plus importantes des dernières décennies en métropole, a fortement marqué les esprits et attiré l’attention sur l’ampleur des risques littoraux dans le contexte du changement climatique. Suite à cette cata...

    Alice Mazeaud, « La modernisation participative vue d’en bas : entre militantisme et malaise identitaire », Pyramides. Revue du Centre d'études et de recherches en administration publique, Centre d'études et de recherches en administration publique    

    Dans un contexte de double crise de la représentation et du service public, la découverte d’une « affinité élective » entre modernisation et participation suscite l'enthousiasme des partisans de la démocratie participative (Sintomer et al., 2008). Par cette expression, les spécialistes soulignent que les dispositifs participatifs, et notamment les budgets participatifs qui institutionnalisent l’inclusion des citoyens ordinaires dans les processus décisionnels, sont souhaitables d’un point de ...

    Alice Mazeaud, Guillaume Gourgues, Héloïse Nez, Jessica Sainty, « Les Français veulent-ils plus de démocratie ? Analyse qualitative du rapport des citoyens à la politique », Sociologie, PUF  

    Depuis quelques années en France, les aspirations des citoyens à une refonte des institutions démocratiques sont âprement débattues tout en demeurant ambivalentes. D’un côté, la revendication du référendum d’initiative citoyenne (RIC) portée par une large partie du mouvement des Gilets jaunes ou la récente tenue de la Convention citoyenne sur le climat laissent penser que ces aspirations gagnent la population française. D’un autre côté, les chiffres toujours plus élevés de l’abstention électo...

  • Alice Mazeaud, Guillaume Gourgues, Héloïse Nez, Jessica Sainty, Annexes électroniques de l’article  Les Français veulent-ils plus de démocratie ? Analyse qualitative du rapport des citoyens à la politique , PUF  

    En complément des analyses présentées dans l’article, nous avons souhaité mettre à la disposition des lecteurs deux documents méthodologiques (concernant les caractéristiques des focus groups et le guide d’entretien simplifié) qui ne pouvaient pas être intégrés ou joints à sa version papier. Liste des documents Annexe 1 : Caractéristiques des focus groups Groupe Date Lieu Animateur Mode de constitution et composition du groupe FG 1. Militants de gauche 02/10/2014 Roubaix J. Talpin Nous avons ...

  • Alice Mazeaud, « Les transitions agricoles : quelle place pour le droit ? », le 30 novembre 2023  

    Colloque annuel national 2023 de la SFDE organisé par l’Université de Picardie Jules Verne et le CURAPP-ESS sous la direction de Florence Jamay, MCF en droit public, Doyenne de l’UFR de droit et de science politique et Marine Fleury, MCF en droit public

    Alice Mazeaud, « Décentralisation et territoire(s) », le 30 mars 2023  

    Organisé par l'IRJI Rabelais, Université de Tours

    Alice Mazeaud, « Localiser l’épreuve démocratique », le 14 novembre 2019  

    Colloque international du GIS Démocratie et Participation

    Alice Mazeaud, « Humanisme et société », le 12 septembre 2019  

    Colloque international de jeunes chercheurs, organisé par le CEIR, Université de La Rochelle

    Alice Mazeaud, « La démocratie environnementale », le 29 avril 2019  

    Organisé par le CEJEP, Faculté de droit, de science politique et de gestion, Université de La Rochelle.

    Alice Mazeaud, « Les élu·e·s aiment-ils la démocratie ? », le 15 novembre 2018 

    Alice Mazeaud, « Cinquièmes journées doctorales sur la participation du public et la démocratie participative », le 12 janvier 2018  

    Organisé par le GIS Participation du public, décision, démocratie participative. Ces journées vont permettre à l'ensemble des doctorants de se rencontrer, d'exposer leurs travaux, de confronter leurs hypothèses, leurs méthodes et leurs résultats

    Alice Mazeaud, « Ce dont la gouvernance est le nom », le 11 février 2016  

    Quels changements dans le gouvernement des sociétés ? Instruments, rhétoriques et techniques du pouvoir aujourd’hui. Colloque organisé par le CHERPA (EA4261, Sciences Po Aix) avec la participation du CERIC (UMR 7318 DICE, CNRS - AMU) et du GIS « Démocrati

  • Alice Mazeaud, Colloque international Décentralisation et territoires(s) - 31 Mars après midi 

    Alice Mazeaud, La professionnalisation de la participation : une standardisation des pratiques ? 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Marin Minard, Les inégalités environnementales au crible du champ associatif , thèse en cours depuis 2024 en co-direction avec Grégory Salle  

    Indicateurs et classements démontrent que la région Hauts-de-France est fortement touchée par les inégalités environnementales et plus largement le dérèglement climatique, tant sur le plan intrarégional qu'interrégional. Bien que thématisée précocement dans notre région, la question des inégalités environnementales peine à s'imposer en tant que telle comme un enjeu saillant, y compris au sein de la société civile organisée. Pour mieux le comprendre, cette thèse portera sur le rôle du monde associatif dans la formulation, le cadrage et la lutte contre les inégalités environnementales, dans le contexte de la transition écologique. Elle consiste en une recherche qualitative et quantitative (entretiens individuels et collectifs, observations directes et participantes, enquête par questionnaire), adossée à une comparaison interrégionale entre la MEL (Hauts-de-France) et Bordeaux Métropole (Nouvelle-Aquitaine). L'investigation porte sur cinq facettes du secteur associatif : centres sociaux et socioculturels, associations d'éducation populaire, collectifs d'habitants ou de riverains, associations engagées dans la « fresque du climat » et assimilées, associations impliquées dans l'économie circulaire. Réinterroger l'influence des corps intermédiaires qui structurent la société civile dans la « démocratie environnementale » permettra d'éclairer un pan crucial de l'éducation environnementale et de mieux saisir les clivages et contradictions qui entravent la conversion écologique.

    Paul Davanne, Initiatives citoyennes et offres publiques de participation dans la production de la ville (littorale) durable., thèse en cours depuis 2023 en co-direction avec Nicolas Becu  

    A partir d'une analyse localisée sur le territoire rochelais, la thèse visera à cartographier et à analyser dans une perspective comparative les différentes formes de participation citoyenne (mobilisations conflictuelles, offres publiques de participation, expérimentations citoyennes) qui contribuent à la production urbaine afin de comprendre si et en quoi elles font système et favorisent, ou pas, une transition vers un ordre urbain plus durable.

    Anna Guillem, Construction et déconstruction du désir de rivage dans un contexte des changements globaux, thèse en cours depuis 2023 en co-direction avec Didier Vye  

    En France, le « désir de rivage » (Corbin, 1988) s'est progressivement construit autour de la mise en tourisme des littoraux (Duhamel et Violier 2009), des lifestyle migrations (Benson et O'Reilly 2009) et des politiques d'aménagement du territoire (Mazé et Vye 2020). Cela a conduit à une forte attractivité touristique et résidentielle des zones côtières. Parallèlement, l'exposition croissante des côtes aux risques dans le contexte du dérèglement climatique n'a, pour le moment, que des effets limités sur les marchés fonciers et immobiliers (Cazaux 2022). Cependant, le principe de « relocalisation des activités et des biens » (Cousin 2011), discuté à défaut d'être réellement concrétisé, est devenu une modalité possible de l'action publique nationale et locale dans le cadre de politiques d'adaptation au changement climatique. Dans le champ du tourisme, des stratégies de démarketing territorial émergent ces dernières années afin de réguler la fréquentation d'espaces écologiquement sensibles (ex : île d'Aix, Calanques). Ces évolutions récentes visent de manière plus ou moins explicite à déconstruire le désir de rivage. De plus, la saturation des marchés de l'immobilier en bord de mer engendre des stratégies de repli résidentiel vers l'intérieur des terres (Grandclement 2020) que la crise sanitaire a peut-être amplifié au nom du « désir d'espace » et de la recherche des « lieux à l'endroit » (Latour 2021). Ces inflexions plus ou moins prononcées questionnent le fait d'habiter à proximité de la mer et plus largement le processus de littoralisation des sociétés.

  • Antoine Police, Construire les filières marines entre sciences, écologie et territoires : une comparaison Bretagne, Québec, Nouveau-Brunswick, thèse soutenue en 2024 à Université de Rennes 2023 sous la direction de Romain Pasquier et Renaud Hourcade présidée par Patrick Hassenteufel, membres du jury : Caitriona Carter (Rapp.), Yann Fournis et Ulrike Lepont    

    Cette thèse s’intéresse à l’action publique servant au développement, à l’intervention et au gouvernement des filières économiques rattachées à « l’économie bleue ». Ce domaine renvoie à l’exploitation des ressources naturelles dans un milieu marin dont la fragilité est de plus en plus reconnue. La thèse s’appuie sur une comparaison de filières émergentes issues du domaine de l’aquaculture marine dans trois régions maritimes situées dans deux pays : en Bretagne (France), au Québec Maritime et au Nouveau-Brunswick (Canada). L’enquête qualitative réalisée de 2019 à 2024 repose sur un matériau constitué d’entretiens semi-directifs et d’observations ainsi que sur le recueil de documents de politiques publiques et d’archives. Mobilisant les cadres d’analyse de la sociologie politique de l’économie, de l’action publique et des territoires, cette thèse interroge les dynamiques de construction des filières et en particulier ses composantes scientifiques et territoriales. La démonstration se déroule en deux parties. Premièrement, en proposant puis en mobilisant le concept de « régime territorialisé de filière », la thèse montre que l’institutionnalisation d’un soutien public aux filières aquacoles dépend de la capacité des promoteurs à inscrire leur projet économique dans un territoire régional et dans ses particularités écologiques, productives et politiques. Deuxièmement, l’analyse montre que les acteurs de l’économie bleue sont en concurrence pour affirmer un leadership dans les filières. Leur capacité à s’approprier les injonctions à l’innovation et à l’écologisation ainsi que leur faculté d’adaptation aux reconfigurations de la gouvernance multiniveau conditionnent leur accès aux ressources publiques.

  • Marie Segonne, Les pratiques collaboratives face aux injustices socio-spatiales : [Re]panser les quartiers précaires dans l'Aire Métropolitaine de Lisbonne, thèse soutenue en 2024 à Paris 8 sous la direction de Agnès Deboulet présidée par Virgílio Borges Pereira, membres du jury : Marion Carrel (Rapp.), Emmanuel Matteudi (Rapp.), Alessia de Biase   

    Ces dernières décennies, des initiatives « collaboratives », reposant sur le travail conjoint d’habitants et d’universitaires ou professionnels, émergent dans les quartiers précaires de nombreux pays. Le Portugal présente une situation intermédiaire entre les pays du sud, où les quartiers précaires dominent la production urbaine, et d’autres pays européens, où ils demeurent un phénomène marginal. Au cours des dernières décennies, les quartiers précaires de l’Aire Métropolitaine de Lisbonne sont devenus un terrain d’expérimentations collaboratives diverses. Ces expériences reposent sur l’action collective de différents acteurs, jouant chacun un rôle actif dans la conception ou l’élaboration d’un projet commun. …/…Suivant une approche pragmatique, cette thèse analyse l’engagement d’acteurs issus de groupes sociaux a priori éloignés dans des formes d’actions collectives. Elle interroge également l’influence des structures relationnelles sur le développement des pratiques collaboratives ainsi que leur capacité à répondre aux injustices socio-spatiales dont témoignent les quartiers précaires. …/…L’émergence des pratiques collaboratives est d’abord analysée à partir d’une enquête de terrain localisée au sein de l’AML, portant sur l’histoire de ses quartiers précaires, le recensement des expériences contemporaines et leur insertion dans des réseaux locaux et transnationaux. Deux expériences d’aménagement d’espaces publics et une recherche citoyenne menées au sein d’un même quartier sont ensuite comparées suivant trois axes : l’engagement des acteurs, les modalités de collaboration ainsi que leur valorisation au sein des sphères politique, universitaire et professionnelle.

    Fanny Rodier, Fabriquer la transition écologique et solidaire entre Etat et projets de territoire : étude de trois Contrats de Transition Ecologique (CTE) en territoire de montagne, thèse soutenue en 2023 à Université Grenoble Alpes sous la direction de Céline Granjou et Gwenola Le Naour présidée par Alain Faure, membres du jury : Gilles Pinson (Rapp.), François-Mathieu Poupeau (Rapp.), Simon Persico      

    La transition écologique constitue un mot d'ordre aujourd'hui largement relayé par les politiques, visant à réarticuler des objectifs de durabilité dans un contexte social et écologique qui s'est profondément modifié depuis l'émergence de l'idée de développement durable dans les années 1980. Les injonctions à la sortie de modèles de production et de consommation fondés sur les hydrocarbures, le développement des mouvements de décentralisation et de territorialisation ainsi que la multiplication d’initiatives citoyennes marquent le contexte de mise à l’agenda de la « transition » dans l’action publique environnementale.Le Contrat de Transition Écologique (CTE) constitue un nouvel instrument d'action publique mis en place à l’échelle des intercommunalités dans l’optique d’accompagner les territoires dans tous les aspects d’une transition écologique voulue, génératrice d’activités économiques et d’opportunités sociales. Il ne s’accompagne pas d’une enveloppe financière dédiée, mais se veut facilitateur des projets portés par les acteurs des territoires.La thèse s’intéresse à la manière dont le dispositif des CTE peut contribuer à construire et concrétiser certaines conceptions de la notion de transition écologique dans l’action publique, et notamment autour des rôles respectifs de l’État et des territoires dans la fabrique de la transition. Nous faisons l’hypothèse que s’opposent au moins deux types de conception de la transition, qui engagent deux visions différentes des relations État/territoire. Tandis que le mouvement des Transition Towns promeut la relocalisation et la création d’une communauté d’appartenance territoriale, l’institutionnalisation de la transition, telle qu’analysée par Semal (2017), témoigne plutôt d’une relation où l’État reste maître de la définition et de la mise en œuvre de la transition. Sans tenter de nous insérer dans l’une ou l’autre de ces conceptions, nous cherchons plutôt à identifier précisément celles à l’œuvre dans les CTE. Nous interrogeons alors : Quelles conceptions de la transition sont construites dans le dispositif des CTE ? Et dans quelle mesure contribuent-elles à renouveler l’action publique, notamment en ce qui concerne les rôles de l’État et des territoires ?Nous nous intéressons à travers cette question de recherche au passage du vocabulaire de développement durable à celui de transition écologique, notamment à travers une analyse de l’évolution du nom associé au ministère de l’environnement ainsi qu’en identifiant les récits de la transition dans la genèse du CTE à l’échelle nationale. Nous montrons que dans les conceptions de la transition, les territoires et leurs relations avec l’État y sont centrales. Ensuite, nous étudions plus précisément trois territoires, leurs caractéristiques, leur récit de la transition et le rôle des acteurs majeurs dans leur CTE : Grenoble Métropole associée au Trièves, le Briançonnais, Écrins, Guillestrois et Queyras et le Royans Vercors. Enfin, nous identifions et décrivons un nouveau type de gouvernement (hybride du gouvernement à distance, à crédit et de la gouvernance territoriale) que nous appelons gouvernement par délégation, dans lequel l’État tente de piloter à distance la transition mais sans moyens et sans définition claire, il tend surtout à déléguer aux territoires qui peuvent alors se réapproprier le dispositif sous réserve d’ingénierie et de portage politique.Pour y répondre, la thèse déploie une enquête incluant une soixantaine d’entretiens semi-directifs avec des représentant·es du ministère de la Transition écologique, des élu·es, des technicien·nes et des parties prenantes nationales et locales (de trois territoires de montagne) ; un travail de revue de presse et des observations de réunions et d’interactions, que nous analysons via une approche par les « récits ».