Yannick Rumpala, Virginie Tournay, Ariel Colonomos, François Schuiten, Luc Rouban [et alii], Dire le futur, c'est faire le présent, PUF, 2023, 230 p.
Yannick Rumpala, Cyberpunk’s not dead: Laboratoire d’un futur entre technocapitalisme et posthumanité, Le Bélial', 2021, Parallaxe, 251 p.
Yannick Rumpala, Marie-Christine Zélem, Christophe Beslay, Rudy Amand, Christèle Assegond [et alii], Sociologie de l'énergie: Gouvernance et pratiques sociales, CNRS Éditions, 2019
Affaire de société, enjeu politique, objet de controverses, l'énergie est devenue depuis une quinzaine d'années un sujet de recherche de première importance pour les sociologues. Alors que les débats autour de la transition énergétique s'animent, ce livre réunit les analyses scientifiques de chercheurs issus d'horizons institutionnels différents. L'objectif est de mutualiser, en un seul ouvrage et pour la première fois, les connaissances et les approches théoriques quant à la gouvernance de l'action publique et aux pratiques sociales dans le domaine de l'énergie. L'ouvrage s'organise autour de six parties. La première est consacrée aux approches conceptuelles et théoriques. Cette partie insiste sur les changements en termes d'action publique, et les reconfigurations qu'implique le choix d'une société bas carbone. La seconde partie traite des conditions et des instruments de la gouvernance en matière de politique énergétique. La troisième partie de l'ouvrage s'intéresse aux dynamiques d'innovation, notamment des territoires en transition et des technologies émergentes. La quatrième partie est centrée sur les usages et les usagers, d'un triple point de vue, celui des conditions sociotechniques de la maîtrise de la demande, mais aussi des situations de précarité énergétique et des pratiques de certains acteurs. Les deux dernières parties proposent une focale sur l'accompagnement au changement par les nouvelles technologies « smart »
Yannick Rumpala, Ecologie, science-fiction et éthique du futur: écologie, science-fiction et éthique du futur, Editions Champ Vallon, 2018, 263 p.
Yannick Rumpala, Développement durable ou le gouvernement du changement total: ou le gouvernement du changement total, Le Bord de l’eau, 2010, Diagnostics, 435 p.
Yannick Rumpala, La décroissance soutenable face à la question du comment ? , 3e éd., Mouvements, 2009, 59, 157167 p.
RésuméQue la planète a ses limites paraît une idée quasiment acquise. Conjointement, les doutes se renforcent sur les possibilités d’une croissance économique continue. Les appels au changement montent, mais oublient souvent de préciser comment faire. C’est un point faible des propositions défendant une « décroissance soutenable ». Comment faire évoluer les mentalités et les pratiques ? Comment renverser les inerties structurelles ? Cet article montre que ces questionnements sont encore à travailler.
Yannick Rumpala, Régulation publique et environnement: questions écologiques, réponses économiques, L'Harmattan, 2007
Yannick Rumpala, Régulation publique et environnement. Questions écologiques, réponses économiques: questions écologiques, réponses économiques, L'Harmattan, 2003, Logiques politiques, 374 p.
Yannick Rumpala, Franck Boutaric, Isabelle Vazeilles, Pierre Lascoumes, L'obligation d'information comme instrument d'action publique: les dispositifs de surveillance et de délibération en matière de lutte contre la pollution atmosphérique, CEVIPOF-CNRS, 2002, 303 p.
Yannick Rumpala, Pierre Lascoumes, Questions écologiques, réponses économiques: les changements dans la régulation publique des problèmes d'environnement au tournant des années 1980 et 1990, une analyse intersectorielle, 1999
Le tournant des années 1980 et 1990 marque en France un élargissement apparent de l'audience des préoccupations environnementales, bien au delà des groupes restreints ou les thématiques écologiques pouvaient auparavant paraître confinées. Le contexte ainsi créé parait aussi produire des effets perceptibles au sein de l'Etat français : l'action gouvernementale réserve alors une place notable à ce secteur d'intervention et les structures ministérielles chargées de l'environnement tendent à bénéficier d'un certain renforcement. Pour peu que l'on change l'angle d'approche, les évolutions intervenues dans le traitement des problèmes d'environnement par l'Etat peuvent toutefois présenter un aspect ambivalent. Si la période apparait favorable à la promotion des considérations écologiques dans l'action étatique, les considérations et impératifs économiques semblent parallèlement tenir une place croissante dans l'élaboration des décisions publiques concernant l'environnement. L'interaction de ces dynamiques incite donc à réexaminer les positions des organes étatiques français lorsqu'ils abordent les questions d'environnement, les programmes d'action qu'ils élaborent, et le rôle qu'ils prennent dans la gestion collective du substrat naturel des activités humaines. A travers les stratégies d'action élaborées aux échelons étatiques centraux, cette recherche vise ainsi à mieux saisir comment évolue le traitement des enjeux environnementaux pris en compte dans la sphère publique. Ce travail prend appui sur une optique comparative, à partir de trois domaines : les transports routiers, les paysages, et les déchets ménagers. Pour pouvoir construire un cadre interprétatif approprie, les tentatives d'éclairage privilégient notamment deux directions : l'insertion des problématiques faisant appel au registre écologique dans le champ d'intervention étatique, et la place des logiques économiques dans la conception des politiques devant répondre aux problèmes environnementaux.
Yannick Rumpala, « La science-fiction comme espace d’exploration des variétés de post-capitalisme ? : Sur les ressources réflexives des imaginaires de transformation systémique », Questions de communication, Questions de communication, 2025, n°46, pp. 321-356
Yannick Rumpala, « Inventer un au-delà du capitalisme par la (science-)fiction ? Comment l’imaginaire trouve des lignes de fuite en déconstruisant », Cités, Cités, 2023, n°95, pp. 113-129
Yannick Rumpala, « Réguler les intelligences artificielles ? De l’intérêt de revenir aux fictions du cyberpunk pour comprendre un défi non résolu », Droit et société, Droit et société, 2023, n°113, pp. 157-179
Au sein de la science-fiction, le sous-genre cyberpunk a été important dans la représentation spéculative des « intelligences artificielles » et de leurs effets. Entre fascination et anxiété, ces récits littéraires offrent aussi un laboratoire réalisant un travail de problématisation et faisant déjà apparaître un ensemble d’enjeux de régulation et de contrôle. Partant des principales œuvres de ce courant, notamment celles des premiers auteurs américains des années 1980, l’article propose d’appréhender ces représentations et ce que ces mises en scène révèlent comme difficultés ou même risques pour les humains dans leurs rapports avec ces entités. Il revient ensuite plus précisément sur les tentatives esquissées pour retrouver des formes de contrôle et, surtout, sur les limites presque inévitables qu’elles permettent de repérer et de penser.
Yannick Rumpala, « Réguler les intelligences artificielles ? De l’intérêt de revenir aux fictions du cyberpunk pour comprendre un défi non résolu », Droit et Société : Revue internationale de théorie du droit et de sociologie juridique, Librairie générale de droit et de jurisprudence (LGDJ) - Lextenso éditions , 2023
Yannick Rumpala, « Représenter le possible devenir de la ville technocapitaliste ? Retour sur l’imaginaire urbain du cyberpunk », Espaces et sociétés, Espaces et sociétés, 2022, n°184-185, pp. 239-256
Cet article propose de réexaminer les dynamiques urbaines et le futur des villes en tirant profit d’un type particulier de fictions, celles de la littérature cyberpunk, retenues ici pour leur potentiel heuristique et leurs capacités à problématiser certaines tendances lourdes dans le contexte d’un technocapitalisme en expansion et de formes diffuses de délitement social. Ce sous-genre de la science-fiction, qui en a renouvelé l’esthétique et certaines de ses thématiques dans les années 1980, peut être considéré comme un véritable laboratoire. L’article commence par dégager les représentations que les œuvres du cyberpunk (celles de William Gibson, Walter Jon Williams, John Shirley, par exemple) donnent des dynamiques semblant imprégner les métropoles de ces mondes futurs, notamment afin de spécifier les conditions et situations qui tendent ainsi à être problématisées. Sont ensuite montrées les tensions que les productions de ce mouvement littéraire permettent de soulever ou de reprendre, mais aussi les ressources qu’il offre pour des discussions autour de l’évolution des rapports territoriaux et sociaux liés à la condition urbaine.
Yannick Rumpala, « ‘Smart’ in another way: the potential of the Fab City approach to reconfigure urban dynamics », Urban Research and Practice, Taylor and Francis, 2021, n°2
Yannick Rumpala, « Science fiction, reconfigured social theory and the Anthropocene Age: exploring and thinking about planetary futures through fictional imaginaries », Global Discourse: An Interdisciplinary Journal of Current Affairs and Applied Contemporary Thought, Bristol University Press, 2021, n°12
Yannick Rumpala, « Sur le versant sombre des futurs économiques : Les mutations du capitalisme sous le prisme du cyberpunk », L'Homme & la Société, L'Homme & la Société, 2021, n°213, pp. 145-179
Cet article propose de reprendre la question des représentations des futurs économiques en repartant d’un type particulier de fictions, celles du cyberpunk, retenues ici pour leurs capacités à problématiser certaines évolutions du capitalisme. À travers leurs récits et mises en scène, les œuvres de ce sous-genre de la science-fiction déploient en effet un ensemble relativement cohérent de visions sur ce qui peut être perçu comme des tendances lourdes du système économique. S’agissant du poids des méga-firmes, du rôle croissant des ressources informationnelles, des processus de déterritorialisation, des comportements des classes possédantes et des implications de l’amoindrissement des régulations, l’article montre en quoi les productions fictionnelles du cyberpunk peuvent servir de support heuristique pour mettre en lumière et aider à analyser des dynamiques socio-économiques qui paraissent de moins en moins latentes.
Yannick Rumpala, « Problématiser les effets du technocapitalisme par la fiction ? Des marges aux mondes sociaux du cyberpunk », Déviance et Société, Déviance et Société, 2021, n°45, pp. 265-288
Cette contribution vise à montrer l’intérêt heuristique qu’il peut y avoir à appréhender les marges, milieux
interlopes, déchéances et errances, pratiques troubles
et plus généralement les mondes sociaux du cyberpunk
comme des terrains d’enquête aidant, grâce à leur forme
fictionnelle exploratoire, à problématiser et penser des
tendances sociologiques de fond et notamment l’évolution des conditions d’existence dans les sociétés d’un
technocapitalisme en expansion. Derrière l’exubérance
technologique, les récits et les mises en scène de ce
sous-genre de la science-fiction déploient en effet un
ensemble relativement cohérent de visions et de représentations, qui peuvent aussi offrir des ressources pour
réfléchir aux effets de l’insécurité sociale sur les subjectivités, aux formes d’expression des marginalités, aux
prises que des existences rendues fragiles et incertaines
peuvent retrouver dans des sociétés disloquées, et aux
logiques par lesquelles s’adaptent les activités criminelles
dans ce nouveau contexte.
Yannick Rumpala, « The dynamics and conditions of material forms of ‘commons-based peer production’. Towards a reappropriation of living conditions? », Review of Social Economy, Taylor & Francis (Routledge), 2020, n°2
Yannick Rumpala, Ariel Kyrou, « De la pluralité des fins du monde : les voies de la science-fiction », Multitudes, Multitudes, 2019, n°76, pp. 104-112
Des effondrements, la science-fiction en recèle de nombreuses formes et pour une large variété de mondes. Considérer ces immenses productions de romans et de nouvelles, de films, de séries télévisées ou de jeux vidéo comme une simple manifestation d’anxiété ou de désespoir face à notre avenir serait très réducteur. Elles nous familiarisent avec l’éventualité du pire, dans la tradition des « dystopies » ou utopies négatives, mais elles nous permettent surtout d’accorder une visibilité aux conditions d’organisation de collectifs, aux dilemmes moraux pouvant résulter de certaines situations d’effondrement. Le genre SF propose des prototypes et prototopes du futur – de l’ordre de l’exercice de pensée, du dispositif expérimental nous plongeant, via des personnages, décors et situations inventées, dans les si humaines complexités de mondes potentiels de notre « à venir ».
Yannick Rumpala, « Dynamiques de la production matérielle entre pairs sur la base de communs. Vers une réappropriation des conditions de vie ? », Sociologie, Sociologie, 2019, n°10, pp. 303-320
Cette contribution s’intéresse à la « production entre pairs sur la base de communs », à la fois pour son fonctionnement et la portée qu’elle peut avoir pour des aspects matériels des activités humaines. Elle vise à comprendre les pratiques et ressorts qui la rendent possible, mais aussi à mieux saisir ce que permettent les ressources rendues accessibles. Ce type de production peut en effet représenter une autre manière de parvenir à des réalisations collectives et d’envisager les moyens de satisfaire des besoins. Deux champs contrastés d’expérimentation sont, dans cette perspective, plus particulièrement examinés : l’un orienté vers la fabrication numérique et ayant permis de développer des projets d’imprimantes 3D (comme la RepRap), l’autre à vocation de production alimentaire à petite échelle (les « Incroyables comestibles »). L’analyse précise d’abord le cadre conceptuel de façon à montrer dans quelle mesure il offre aussi des appuis pour inclure plus nettement des aspects matériels. Avec une attention particulière pour la dimension productive, les deux types d’expérimentations sont ensuite étudiés dans leur genèse, leur mode de fonctionnement et leurs débouchés. Les tenants et aboutissants de cette forme de « faire ensemble » pouvant alors être mieux compris, sa portée est finalement discutée en mettant ces expérimentations en regard avec les conditions dont elles dépendent.
Yannick Rumpala, « Quelle place pour une sobriété heureuse ou un hédonisme de la modération dans un monde de consommateurs ? : Entre (re)construction d’un ethos et tensions non résolues », L'Homme & la Société, L'Homme & la Société, 2019, n°208, pp. 223-248
Face au modèle consumériste dominant, sobriété et modération sont devenues des incitations plus courantes, mais suscitent majoritairement la méfiance, notamment à cause des connotations de sacrifice et de privation qu’elles peuvent véhiculer. Cependant, des discours sont aussi développés pour tenter de recoder ces termes et peuvent trouver une audience : par exemple celui de la philosophe britannique Kate Soper qui repère l’extension d’un « hédonisme alternatif », ou celui plus militant de Pierre Rabhi, qui essaye de promouvoir une « sobriété heureuse ». Cette contribution propose d’analyser les soubas-sements de telles propositions et d’en apprécier la portée sociale, en l’occurrence à partir de trois critères (empruntés à Erik Olin Wright) : leur désirabilité, leur viabilité et leur réalisabilité. Afin de cerner l’ethos promu, il s’agit d’abord de caractériser la nature des conceptions et propositions qui le sous-tendent et qui visent à en faire un modèle attirant pour les individus et la collectivité. Parce que le modèle esquissé entre en tension avec l’ordre économique de la « société de consommation », est ensuite testée la prétention à constituer une alternative individuelle et collective, en l’occurrence à l’aune des trois critères précédents, ce qui offre une autre manière d’étudier ces logiques de défense de la modération et leur robustesse.
Yannick Rumpala, « Quelle démocratie pour une société post-croissance ? »: Éléments pour une cartographie de répertoires de propositions, Politique et Sociétés, Société Québécoise de Science Politique, 2019, n°2
Yannick Rumpala, « Alternative Forms of Energy Production and Political Reconfigurations: Exploring Alternative Energies as Potentialities of Collective Reorganization », Bulletin of Science, Technology & Society, , 2017, n°2, pp. 85-96
Yannick Rumpala, « Que faire face à l’apocalypse ? : Sur les représentations et les ressources de la science-fiction devant la fin d’un monde », Questions de communication, Questions de communication, 2017, n°30, pp. 309-334
Devant l’accroissement notable de récits et représentations (post-)apocalyptiques dans la science-fiction, l’article cherche à savoir s’il est possible de dépasser ce pessimisme apparent et ce qu’il peut avoir de productif pour la réflexion sur le devenir du monde et des conditions d’existence humaine. Pour cela, à partir d’un corpus principalement littéraire et cinématographique, il vise d’abord à repérer les visions qui sont portées et à caractériser les contenus symboliques qu’elles agencent. En pouvant ainsi tenir compte des logiques de sens véhiculées, il s’agira ensuite de distinguer les fonctions qu’elles peuvent remplir. Enfin, en considérant que ce qui se joue d’important dans ces situations apocalyptiques ou dystopiques est le maintien de puissances d’agir, l’argumentation conduira à analyser les façons dont ces puissances d’agir sont déployées et les inspirations qui peuvent ainsi être éventuellement produites.
Yannick Rumpala, « Tester le futur par la science-fiction. Extension du domaine des possibles, mondes préfabriqués et lignes de fuite », Futuribles, Association Futuribles, 2016, n°413, pp. 53-72
Yannick Rumpala, « Science-fiction, spéculations écologiques et éthique du futur », Revue française d'éthique appliquée, Revue française d'éthique appliquée, 2016, n°2, pp. 74-89
Yannick Rumpala, « L'impression tridimensionnelle comme vecteur de reconfiguration politique », Cités : Philosophie, politique, Histoire, Presses Universitaires de France- PUF, 2013, n°3
Yannick Rumpala, « Formes alternatives de production énergétique et reconfigurations politiques. La sociologie des énergies alternatives comme étude des potentialités de réorganisation du collectif », Flux, Flux, 2013, n°92, pp. 47-61
Les choix énergétiques qui sont faits dans une société sont aussi des choix politiques. Cette contribution vise à étudier dans quelle mesure ces choix peuvent être réorientés par les développements technologiques associés aux énergies renouvelables, en contribuant ainsi à une redistribution des possibilités et, corrélativement, à des réorganisations sociales. Pour montrer que le développement des énergies alternatives dépend certes d’avancées technologiques, mais que, dans cette dynamique, elles peuvent aussi révéler des potentialités politiques, trois étapes sont proposées: 1) la première explicite les arguments théoriques qui peuvent être déployés en faveur d’une approche en termes de « potentialisme technologique »; 2) la deuxième prolonge cette approche en dégageant un ensemble de potentialités rattachables aux énergies renouvelables et le modèle qui pourrait prendre corps à travers ces formes alternatives ; 3) la troisième examine comment ces potentialités pourraient trouver des voies d’actualisation.
Yannick Rumpala, « À propos de Bruno Latour, Enquête sur les modes d’existence. Une anthropologie des Modernes, Paris, La Découverte, 2012, 498 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2013, n°Vol.63, p. -
Yannick Rumpala, « L'impression tridimensionnelle comme vecteur de reconfiguration politique », Cités, Cités, 2013, n°55, pp. 139-162
Yannick Rumpala, « Artificial intelligences and political organization: An exploration based on the science fiction work of Iain M. Banks », Technology in Society, Elsevier, 2012, n°1, pp. 23-32
Yannick Rumpala, « De l'objectif de développement durable à la gouvernementalisation du changement. Expressions et effets d'une préoccupation institutionnelle renouvelée en France et dans l'Union européenne », Politique européenne, Politique européenne, 2011, n°33, pp. 119-153
L’objectif de « développement durable » contient une forme d’ambition transformatrice qui, face aux périls planétaires mis en avant, a tendu à élever le changement au rang de but collectif qui serait à prendre en charge et à accompagner par les institutions adéquates. En partant des activités de gouvernement qui ont commencé à prolonger cet objectif, cet article vise à analyser comment s’assemblent des rationalités, des dispositifs et des arrangements procéduraux, contribuant à faire du pilotage du changement un enjeu renouvelé dans la sphère institutionnelle. Pour en saisir les logiques et les orientations, ce processus de « gouvernementalisation » du changement est étudié à partir des initiatives des autorités publiques françaises et de l’Union européenne, en revenant sur cette appréhension du changement comme problème, sur les prolongements à la fois programmatiques et instrumentaux sous la forme de documents qualifiés de « stratégies », et sur les bases procédurales qui commencent à fournir un accompagnement.
Yannick Rumpala, « Ce que la science-fiction pourrait apporter à la pensée politique », Raisons politiques, Raisons politiques, 2011, n°40, pp. 97-113
RésuméLa littérature de science-fiction n'a pas qu'une dimension narrative. Par ses montages spéculatifs, elle peut être un support et un vecteur de réflexivité collective. Cet article part ainsi de l'hypothèse que la science-fiction représente une façon de ressaisir le vaste enjeu du changement social, et derrière lui celui de ses conséquences et de leur éventuelle maîtrise. La science-fiction offre, certes plus ou moins facilement, des terrains et des procédés pour s'exprimer sur des mutations plus ou moins profondes, plus précisément sur les trajectoires qu'elles semblent pouvoir prendre. En considérant cette forme d'expression artistique comme un travail de problématisation, l'article propose donc d'examiner comment l'appréhension du changement social est travaillée par cette médiation littéraire et surtout de montrer comment cette appréhension pourrait nourrir des réflexions relevant d'une forme de pensée politique. Ce lien entre l'expression artistique et ses potentiels prolongements politiques est mis à l'épreuve à partir de l'exploration de courants généralement considérés comme porteurs de positions engagées (cyberpunk et postcyberpunk, biopunk, fiction spéculative, anticipation sociale, etc.).
Yannick Rumpala, « Ce que la science-fiction pourrait apporter à la pensée politique », Raisons politiques, Presses de Sciences Po, 2010, n°4
Yannick Rumpala, « Recherche de voies de passage au développement durable et réflexivité institutionnelle. Retour sur les prétentions à la gestion d'une transition générale », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2010, n°6, pp. 47-63
RésuméLa concrétisation d’un « développement durable » tend de plus en plus souvent à être pensée sous l’angle d’une nécessaire transition à réaliser. L’article vise à analyser les modalités de pénétration de cette perspective dans les sphères institutionnelles et à montrer comment elle est le produit et le vecteur d’une forme de réflexivité collective qui a aussi des répercussions dans les activités de gouvernement. Il s’agit alors de saisir en quoi la transition vers un « développement durable » est devenue un objet de réflexion, mais aussi un objet d’énonciation et un objet de gouvernement.
Yannick Rumpala, « Développement durable : du récit d'un projet commun à une nouvelle forme de futurisme ? », A contrario, A contrario, 2010, n°14, pp. 111-132
RésuméLes multiples ralliements vers la thématique du « développement durable » peuvent donner l’image d’une dynamique collective de construction d’un large projet de réorganisation sociale, voire d’un projet de société à part entière pour les versions les plus ambitieuses. Cette contribution propose de revenir sur ce qui semble ainsi représenter un nouveau projet commun pour tous les compartiments de la collectivité, et de saisir les lignes directrices structurant sa formation. Pour cela, ce projet est d’abord analysé à partir de la vocation corrective sur lequel il est construit. Sont ainsi examinées les conditions d’étayage discursif qu’il a pu trouver et la mise en forme sociodiscursive d’un métarécit qui tend à s’effectuer dans le même mouvement. On verra que c’est par la même occasion le bien commun qui se trouve reformulé, dans un processus où se mêlent en fait de multiples voix. On soulignera enfin que la problématique du « développement durable » traduit aussi une représentation temporelle différente quant à la nature des problèmes à traiter et que cela peut amener une évolution dans la manière de concevoir les interventions institutionnelles.
Yannick Rumpala, « Mesurer le développement durable pour aider à le réaliser ? »: La mise en indicateurs entre appareillage de connaissance et technologie d’accompagnement du changement, Histoire & Mesure, EHESS, 2009, n°1
Yannick Rumpala, « La consommation durable comme nouvelle phase d'une gouvernementalisation de la consommation », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2009, n°59, pp. 967-996
RésuméAvec la montée des enjeux d’environnement et de « développement durable », les institutions publiques ont manifesté notamment depuis les années 1990 un intérêt renouvelé pour la sphère de la consommation, afin d’en éliminer les effets jugés négatifs. Les initiatives engagées ont en fait visé principalement le consommateur en tant qu’individu censé prendre conscience de la nécessité d’adapter ses habitudes. Cet article propose de saisir le cadre discursif et programmatique qui sous-tend cette dynamique, les rationalités orientant les stratégies d’intervention, et les dispositifs institutionnels privilégiés pour cela. Au final tend à se déployer une gouvernementalité, mais sous une forme porteuse par la même occasion de tensions potentielles.
Yannick Rumpala, « Mesurer le développement durable pour aider à le réaliser ? : La mise en indicateurs entre appareillage de connaissance et technologie d'accompagnement du changement », Histoire & mesure, Histoire & mesure, 2009, n°XXIV, pp. 211-246
Avec les enjeux du « développement durable », la production d’informations formalisées, organisées, chiffrées, a trouvé un nouveau domaine où elle est devenue stratégique. Les « indicateurs de développement durable » sont censés compléter les capacités de régulation publique pour sortir d’évolutions dommageables pour l’humanité et la planète. Cet article, à partir notamment des démarches des instances françaises et européennes, remet au jour les dimensions et dynamiques qui jouent dans le déploiement de ces indicateurs. Ils bénéficient en effet d’un réseau institutionnel et épistémique qui marque un degré d’organisation croissant dans une forme de surveillance à distance. Ils participent aussi à la structuration des cadres d’appréhension des problématiques et des enjeux en discussion. Forme de mesure mais aussi de perception, ces indicateurs se rapprochent d’une tentative de saisie du monde et constituent en quelque sorte des prises pour cette opération. Au-delà donc d’un simple aspect d’aide décisionnelle, ils peuvent alors être appropriés d’une manière qui en fait des technologies de gouvernement du changement.
Yannick Rumpala, « De l'objectivation des risques à la régulation des comportements : L'information sur la qualité de l'air comme instrument d'action publique », Réseaux, Réseaux, 2004, n°126, pp. 177-212
L’information est devenue un outil d’usage courant dans l’appareillage
d’intervention publique. Au niveau institutionnel, la gestion de la qualité de
l’air tend de plus en plus à s’appuyer sur un ensemble de dispositifs de ce
type. En France, la loi sur l’air de décembre 1996 et ses prolongements
réglementaires ont en effet promu dans ce domaine une obligation
d’information à destination des populations. Cet article s’intéresse à la mise
en œuvre des prescriptions ainsi établies, notamment aux productions
auxquelles elles sont censées correspondre. Il s’agit d’éclairer le rôle que
joue cette information dans les modalités de gestion de ces problèmes
environnementaux. L’analyse met en évidence les logiques et tensions
traversant les contenus dans lesquels s’incarne l’ambition informative, et
caractérise les modalités de contact avec les populations par l’intermédiaire
de différents supports et canaux de communication. Elle montre que cette
activité informative passe aussi par une assimilation des règles du monde de
la communication et la construction d’une crédibilité.
Yannick Rumpala, « Expertise économique et gestion publique des problèmes environnementaux »: Mobilisation et utilisation d'un savoir particulier dans un champ de l'univers politico-administratif français, L'Année de la Régulation, , 2004, n°8
Yannick Rumpala, « Le réajustement du rôle des populations dans la gestion des déchets ménagers. Du développement des politiques de collecte sélective à l'hétérorégulation de la sphère domestique », Association française de science politique, Paris : Fondation nationale des sciences politiques (France), Paris : Association française de science politique et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1999, pp. 601-630
Cet article s'intéresse à la place prise depuis la fin des années quatre-vingt par le tri et les collectes sélectives dans la réorientation de la gestion des déchets ménagers. Le développement de ces pratiques suppose en effet une adhésion des populations qui touche non seulement le rapport qu 'elles entretiennent avec leurs ordures, mais aussi tout un ensemble de relations avec les sphères institutionnelles, tant administratives qu 'économiques. Il s'agit donc de revenir sur cette participation des usagers pour saisir comment une telle solution a pu devenir apparemment consensuelle. Pour cela, l'analyse proposée remet au jour les problèmes t'.t les enjeux à partir desquels a été engagée cette évolution dans l'amont de la prise en charge collective des déchets ménagers. Examiner les dispositifs utilisés pour modifier les attitudes et les comportement permet également de mieux saisir les conditions d'installation de cette nouvelle organisation. Dans le prolongement de ces perspectives, le recours à ce type de programme d'action amène à s'interroger sur les logiques sous-jacentes, dans la mesure où celles-ci peuvent apparaître non seulement comme une voie de rationalisation, mais surtout comme une voie de colonisation du monde vécu par des impératifs portés par les systèmes administratif et économique.