Grâce aux nombreuses études prosopographiques, il est possible d’évaluer la situation des préfets du prétoire à la fin du Principat, notamment à l’époque sévérienne qui voit l’apogée de la science des jurisconsultes. Deux tendances émergent de l’analyse de la carrière de ces préfets. Depuis le milieu du IIe siècle, et en particulier sous les Sévères, la préfecture du prétoire marque le point culminant d’une carrière équestre dont les filières, militaire et surtout civile, sont désormais bien structurées et débouchent sur l’accès aux diverses préfectures. Ces préfets forment, avec les haut-fonctionnaires clarissimes, un milieu dirigeant composé d’hommes d’expérience et de fidèles de l’empereur. D’autre part, depuis le règne d’Antonin le Pieux, la préfecture du prétoire reflète la prédominance d’un milieu plus restreint, celui des juristes qui dirigent les bureaux de la chancellerie impériale et dont quelques uns accèdent aux préfectures équestres dont celle du prétoire. L’importance de ce milieu des juristes est attestée par les compétences des responsables du prétoire : au rôle militaire initial s’ajoutent une extension de leurs compétences judiciaires ainsi que leur contribution à l’ élaboration des constitutions impériales, qu’ils invoquent et commentent dans leurs ouvrages et dans lesquelles émergent deux domaines relatifs aux prérogatives de la puissance publique, le droit fiscal et le droit militaire. Hommes de compétence et de confiance du prince, ils sont les serviteurs d’un régime impérial devenu une monarchie administrative.