Résumé Cet article est tiré d’une thèse qui explore l’histoire des procès filmés en France, avec notamment la loi Badinter du 11 juillet 1985 instituant les archives audiovisuelles de la justice. Née du « moment Barbie » et de l’opportunité offerte par l’élan réformateur des années Mitterrand, cette loi opère une mutation à la fois symbolique et concrète. À la visibilité de la justice s’ajoute un processus de patrimonialisation non exempt de paradoxes. L’étude des archives révèle les perpétuelles tensions entre histoire et mémoire, transparence et sacralité, diversité et omniprésence du modèle pénal. Le filmage des procès témoigne d’un devoir de mémoire, tout en s’attachant à satisfaire l’impératif d’efficacité. Cette loi, entre passé, présent et futur, tente de répondre à la crise de confiance que subit l’institution.