Les relations entretenues entre le parlementaire et son assemblée ont marqué les différents régimes parlementaires en Europe dès leur instauration en réaction aux atteintes perpétrées par les monarques représentant à la fois le pouvoir exécutif et législatif au sein des monarchies absolues. Le développement des premières instances parlementaires, dans le système britannique ainsi que dans le système français, à la suite de la Révolution de 1789, a ouvert la réflexion quant à la place et aux garanties à attribuer à l'organe législatif afin d'en assurer la protection par l'affirmation de son indépendance et autonomie. L'étude ici présentée se concentre sur les relations qu'entretiennent les parlementaires à leur chambre et sur les divers mécanismes de protection de l'organe législatif au sein des régimes parlementaires face à la diversité des atteintes qui, sous ce rapport, peuvent se produire. Sera à cet égard précieuse pour la compréhension de ces mécanismes, l'analyse comparatiste entre deux systèmes — français et italien — qui, bien que très similaires en raison de la réception italienne du modèle français pour plusieurs aspects, s'avèrent néanmoins divergents à certains égards et permettent de mettre en relief les moyens saillants de ces mécanismes de protection. L'objectif est donc de procéder à une analyse détaillée desdits mécanismes, mettant ainsi en lumière aussi bien les points de convergence que de divergence, produits d'une évolution historique, politique et juridique spécifiques à deux républiques proches géographiquement mais aussi culturellement. Les mécanismes de protection sont examinés suivant deux ordres de réflexion essentiels. D'une part, il s'agit de considère les mécanismes mis en œuvre visant la protection du Parlement par le biais de la protection de ses membres, c'est-à-dire par les immunités parlementaires, lesquelles recouvrent les prérogatives constitutionnelles de l'inviolabilité et de l'irresponsabilité. D'autre part, il convient d'analyser les mécanismes corollaires, qui tendent à assurer la protection du Parlement contre les atteintes que l'on pourrait dire « intérieures », provenant de ses propres membres, mécanismes mis en œuvre, non seulement mot proprio, c'est-à-dire à l'initiative même de l'organe législatif, sur le fondement de la discipline et de la déontologie parlementaire, mais aussi par les autres autorités du système, notamment en matière de transparence et d'accès au mandat.Bien que la réflexion au sujet des immunités parlementaires a fait l'objet d'un certains nombres d'études de la doctrine française et italienne, il est intéressant de procéder à une analyse se détachant de l'optique traditionnelle focalisée sur les prérogatives attachées au statut du parlementaire, pris individuellement, mais de mettre en perspective ces prérogatives au sein d'une analyse qui a comme référence le point du vue général du Parlement, ce qui implique ainsi — ce que se propose d'apprécier la seconde partie —, de prolonger l'étude vers les autres mécanismes de protection des assemblées parlementaires prévus par les deux régimes. De plus, aux vues de l'actualité aussi bien politique que juridique, cette étude vient approfondir des thématiques encore très controversées notamment au sein de l'opinion publique. En effet, que ce soit en France ou en Italie, le mécontentement et le manque de confiance demeure vis-à-vis de la classe politique et il n'est pas inutile, bien au contraire, d'identifier la raison d'être des mécanismes de protection ici présentés, mais aussi leurs limites.