• THESE

    Le politique du développement : les usages politiques des savoirs experts et de la participation des populations indiennes au Mexique, soutenue en 2013 à Lille 2 sous la direction de Olivier Nay, membres du jury : Camille Goirand (Rapp.), Laurent Jeanpierre (Rapp.), Irène Bellier et Jean-Gabriel Contamin     

  • Raphaëlle Parizet, Jacobo Grajales Lopez, Hadrien Holstein, Marie Saiget, L'aide au développement: une fenêtre sur le politique, L'Harmattan, 2022, 164 p. 

    Raphaëlle Parizet, Cécile Robert, Vincent-Arnaud Chappe, Jean-Baptiste Comby, Audrey Freyermuth [et alii], Confiner la démocratie: les dépolitisations de l'action publique, Presses universitaires du Septentrion, 2021, Espaces politiques, 290 p. 

    Raphaëlle Parizet, Anouk Flamant, Alice Mazeaud, Samuel Goëta, Guillaume Gourgues [et alii], L’action publique saisie par ses publics: Gouvernement et (dés)ordre politique, Presses universitaires du Septentrion, 2019   

    Raphaëlle Parizet, Laurent Bonelli, Laurent Jeanpierre, Vincent Gayon, Frédéric Lebaron, Terrains économiques: savoirs, acteurs, méthodes, L'Harmattan, 2018, 160 p. 

    Raphaëlle Parizet, Les paradoxes du développement: sociologie politique des dispositifs de normalisation des populations indiennes au Mexique, Dalloz, 2015, Nouvelle bibliothèque de thèses (Science politique), 393 p.     

    Raphaëlle Parizet, Olivier Nay, Le politique du développement: les usages politiques des savoirs experts et de la participation des populations indiennes au Mexique,, 2013, 611 p. 

  • Raphaëlle Parizet, « Pascal Bonnard, Dorota Dakowska et Boris Gobille (dir.) Faire, défaire la démocratie : de Moscou, Bogota et Téhéran au Conseil de l'Europe. Paris, Éditions Karthala ; Aix-en-Provence, Sciences Po Aix, 2021, 342 pages. », Critique internationale, Critique internationale, 2023, n°98, pp. 165-170  

    Raphaëlle Parizet, Julien O’Miel, Guillaume Gourgues, Alice Mazeaud, Magali Nonjon, « Une sociologie critique de la démocratie participative est-elle utile ? », Participations, Participations, 2018, n°19, pp. 221-242  

    Raphaëlle Parizet, « Le masque des experts. Puissance des chiffres et impuissance des  pauvres  », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2017, n°108 

    Raphaëlle Parizet, « Pascal Bonnard, Dorota Dakowska et Boris Gobille (dir.) Faire, défaire la démocratie : de Moscou, Bogota et Téhéran au Conseil de l'Europe. Paris, Éditions Karthala ; Aix-en-Provence, Sciences Po Aix, 2021, 342 pages. », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2017, n°108 

    Raphaëlle Parizet, Lucile Maertens, «  On ne fait pas de politique !  Les pratiques de dépolitisation au PNUD et au PNUE », Critique internationale, Critique internationale, 2017, n°76, pp. 41-60   

    « On ne fait pas de politique ! » Cette revendication commune aux organisations internationales (OI) est au cœur du questionnement développé ici. L’analyse comparée entre le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) permet, dans un premier temps, de s’interroger sur la dépolitisation, entendue ici comme une entreprise politique de technicisation produite par les OI, qui s’incarne dans des assemblages de pratiques volontairement présentées comme hors du politique : interprétation et problématisation techniques ; diffusion d’une vision apolitique du travail des OI ; intervention et assistance techniques qui positionnent les OI en experts « neutres » de leur champ. Elle conduit, dans un second temps, à mettre au jour les effets parfois inattendus de ces assemblages de pratiques hétérogènes : contournement des débats bureaucratiques et politiques ; neutralisation au profit du maintien d’un statu quo ; monopolisation d’un champ d’action, avec le soutien, au moins tacite, des États membres. Ce faisant, elle contribue à une meilleure compréhension de la perpétuelle tractation entre le politique et le technique au sein des OI.

    Raphaëlle Parizet, « Lie (Jon Harald Sande) – Developmentality. An Ethnography of the World Bank-Uganda Partnership. – Oxford, Berghahn Books, 2015. VI + 274 p. Bibliogr. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2017, n°66, p. -  

    Raphaëlle Parizet, Lucile Maertens, «  On ne fait pas de politique !  Les pratiques de dépolitisation au PNUD et au PNUE », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2017, n°3, p. 41 

    Raphaëlle Parizet, « Le  pauvre d’abord . Une analyse des dynamiques circulatoires de la participation populaire au développement », Participations - Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, De Boeck Supérieur, 2016, n°1, pp. 61-90   

    Largement critiquées pour avoir imposé des programmes de développement dans les pays dits du Sud dans les années 1970-1980, les organisations internationales de développement adoptent dans les années 1990-2000 une approche participative du développement. L’ensemble des institutions et des acteurs du développement semble converti à l’idée « du pauvre d’abord ». Peut-on qualifier pour autant cet engouement de « tournant participatif mondial » dans les arènes internationales ? À partir de l’analyse de la littérature grise produite par la Banque mondiale et le PNUD et d’un programme de développement participatif du PNUD mis en œuvre sur le terrain mexicain, cet article propose d’analyser le rôle d’acteurs spécifiques et des instruments qui font circuler l’argumentaire participationniste et les représentations qui y sont liées au sein des organisations internationales de développement ainsi que les moyens qui sont utilisés au service de la production de la norme participative au sein de ces espaces. Explorer les dynamiques circulatoires du développement participatif permet de retracer l’évolution des modalités d’intervention des organisations internationales et de lever le voile sur le renforcement de puissantes arènes internationales à travers l’intégration de l’approche participative dans leurs interventions de développement.

    Raphaëlle Parizet, Alice Mazeaud, Magali Nonjon, « Les circulations transnationales de l’ingénierie participative », Participations, Participations, 2016, n°14, pp. 5-35   

    À partir d’une lecture croisée des articles rassemblés dans ce dossier, cette introduction interroge l’existence d’un « tournant participatif mondial » en analysant les dynamiques transnationales de circulation verticale (de l’international vers le national ou le local) et horizontale (territoires entre eux, acteurs appartenant aux mêmes espaces institutionnels et sociaux) de l’ingénierie participative. En situant l’analyse de ces dynamiques circulatoires au croisement des travaux de sociologie et d’anthropologie (circulation des formes démocratiques et sociologie fine des acteurs de la circulation), de sociologie des sciences (circulation des innovations) ainsi que ceux de science politique (transnationalisation des politiques publiques), cet article invite d’une part à relativiser la dimension coercitive exercée par les organisations internationales développée par les approches critiques de la « tyrannie » de la participation. D’autre part, à rebours d’une vision trop déterministe qui fait de l’appropriation du discours et des pratiques participatives par les acteurs locaux le signe mécanique de leur adhésion à la rhétorique participative, l’article met en exergue la pluralité des investissements, plus ou moins intéressés, dans la participation. Enfin, la valorisation systématique de « bonnes pratiques » et d’expériences modèles dans les processus circulatoires étudiés conduit à mettre l’accent sur le rôle des réseaux professionnels et les usages stratégiques de l’international dans le cadre de la compétition entre les territoires.

    Raphaëlle Parizet, Lucile Maertens, « Penser le développement comme un mythe : croyances, engagements et (in)cohérences de l’engagement coopératif au Chiapas (Mexique) », Critique Internationale, Presses de Sciences Po, 2015, n°1, pp. 79-94 

    Raphaëlle Parizet, « La fabrique dépolitisée des élites locales : Les dispositifs de développement participatif dans le Chiapas (Mexique) », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2014, n°20, pp. 77-101   

    Associant une perspective de sociologie critique et de socio-anthropologie du développement, cet article analyse les dispositifs de développement participatif destinés aux populations autochtones dans le cadre de l’accompagnement de dynamiques de développement rural dans le Chiapas. Dans un contexte où la spécificité de la problématique autochtone renvoie à une conflictualité entre l’État mexicain et les populations, des dispositifs de « renforcement des capacités » sont mis en œuvre. L’accent est d’abord est mis sur l’usage de la participation comme moyen de renforcer la légitimité d’un État fortement contesté dans cet État fédéré. Ensuite, l’article met en évidence les processus par lesquels ces dispositifs participatifs nourrissent en fait des dynamiques de sélection et de renforcement d’une élite locale prompte à devenir les interlocuteurs de l’État et finalement des militants institutionnels. Dans un dernier temps, l’encadrement de la participation comme moyen de contrôler et d’éviter les registres contestataires du politique est exploré.

    Raphaëlle Parizet, « Mesurer le développement pour gouverner les peuples autochtones », Revue Tiers Monde, Revue Tiers Monde, 2013, n°213, pp. 143-160   

    Quinze ans après les premiers indicateurs de développement, face à la permanence des inégalités dans le monde et aux demandes croissantes de reconnaissance des spécificités sociales, politiques et culturelles, des « indicateurs avec identité » concernant les peuples autochtones sont élaborés au Mexique. La production de ces indicateurs invite à interroger le processus de technicisation de l’action publique à travers le recours aux savoirs experts. L’objectif de cet article est d’explorer le recours aux savoirs experts comme mode de légitimation de l’action publique, contribuant à techniciser le problème autochtone. En tant que mode d’imposition d’une représentation, celui-ci écarte les registres de l’argumentation politique de la question autochtone.

    Raphaëlle Parizet, « Mesurer le développement pour gouverner les peuples autochtones », Revue Tiers Monde, Armand Colin, 2013, n°1, p. 143 

    Raphaëlle Parizet, « La fabrique dépolitisée des élites locales », Revue internationale de politique comparée, De Boeck, 2013, n°4, p. 77 

    Raphaëlle Parizet, « Gros (Christian), Dumoulin Kervran (David), dir. ­ Le multiculturalisme  au concret . Un modèle latino-américain ? ­ Paris, Presse Sorbonne Nouvelle, 2011. 460 p. Bibliogr », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2012, n°62, p. -  

  • Raphaëlle Parizet, « L'Etat et l'ESR, l'état de l'ESR », le 12 février 2026  

    Séminaire organisé par le LIPHA, sous la co-tutelle de l'Université Paris-Est Créteil et l'Université Gustave Eiffel sous la direction scientifique de Natália Frozel Barros, IEP de Fontainebleau-UPEC, LIPHA et Raphaëlle Parizet, IEP de Fontainebleau-UPEC, LIPHA

    Raphaëlle Parizet, « Le gouvernement associatif des personnes vulnérables », le 22 mars 2024  

    Journée d'études organisée par l'UPEC avec le soutien du LIPHA EA7373 et du Mesopolhis UMR 7064 sous la responsabilité scientifique de Lucas Faure, Sciences Po Aix, AMU, CNRS, Mesopolhis UMR 7064 et Raphaëlle Parizet, IEP Fontainebleau-UPEC, LIPHA EA7373

    Raphaëlle Parizet, « La crise et l'urgence comme politique », le 16 décembre 2021  

    Organisé par l'EEP, le LIPHA et le réseau REGIMEN, UPEC

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Charles Wilfried Tikena Boutora, Le panafricanisme, une construction afro-européenne ? Une histoire politique des réceptions des idées nées Outre-Atlantique dans trois pays francophones (Sénégal, Côte-d’Ivoire, Togo) entre 1939 et 1963., thèse soutenue en 2025 à Paris 12 sous la direction de Yves Palau et Essohanam Batchana présidée par Sergiu Mişcoiu, membres du jury : Mamadou Bamba (Rapp.), Nadine Machikou Ndzesop (Rapp.), Fabrice Hamelin et Hélène Tessier   

    Cette thèse de doctorat porte sur l'histoire du panafricanisme, envisagé à la fois comme une contre histoire de l’Europe et comme une construction afro-européenne. Elle présente une perspective originale et multidimensionnelle sur ce mouvement politique et social. Nous explorons comment les expériences historiques de domination coloniale, d'esclavage et d'impérialisme européen ont façonné les fondements du panafricanisme en tant que mouvement de résistance et de revendication de l'autodétermination africaine. Nous étudions les dynamiques d'échange et de circulation des idées, des personnes et des cultures entre l'Afrique et l'Europe, en mettant en évidence les moments de collaboration, de solidarité et de dialogue interculturels qui ont façonné le panafricanisme en tant que mouvement transnational et transcontinental. Cette thèse est traitée à travers une double dimension : politique et historique. L'analyse porte sur une approche théorique fondée sur l'histoire des idées politiques et sur une histoire des intellectuels. Cette étude se concentre sur trois pays francophones : Sénégal, Côte-d'Ivoire, et Togo. L'objectif visé est de comprendre comment l'idéologie et le mouvement panafricain qui prennent naissance outre-Atlantique se cristallisent ensuite sur le sol africain. De déterminer les diverses valeurs et situations qui ont permis cette construction et les différents idéaux occidentaux qui y ont participé.Cette recherche vise à combler une lacune historiographique parmi les plus importantes des études africaines en France - l’histoire du panafricanisme-, mais elle s’inscrit aussi dans les renouvellements les plus récentes de l’historiographie africaniste : sortir l’Afrique de son exceptionnalisme en l’inscrivant dans une histoire globale de circulations, et de territorialiser l’histoire de l’identité africaine pour montrer qu’en Afrique comme partout ailleurs dans le monde, les identités politiques se construisent dans les Etats-nations qui sont des constructions héritées de la colonisation, mais appropriées par les individus et leurs gouvernements dans la période postcoloniale.

    Isabelle De Geuser, Les consultants internationaux et la circulation transnationale des normes éducatives : des idéaux-types aux micromondes sociaux de la consultance en Afrique subsaharienne., thèse soutenue en 2024 à Paris 12 sous la direction de Xavier Pons présidée par Anne Barrère, membres du jury : Romuald Normand (Rapp.), Luís Miguel Carvalho et Abdeljalil Akkari   

    La recherche porte sur les acteurs transnationaux que sont les consultants internationaux en éducation en contexte francophone. Nous interrogeons leurs trajectoires, leurs interactions et leurs représentations dans l’action publique en éducation et formation, spécifiquement dans les politiques et les actions de coopération internationale. Par ce questionnement, nous cherchons à comprendre les bouleversements des professions en cours pour redéfinir une nouvelle activité professionnelle transnationale, ainsi que les recompositions de la gouvernance en éducation, particulièrement des pays du continent africain et de sa région subsaharienne. En quoi les consultants internationaux en éducation et leurs micromondes sont-ils le reflet de transversalité, de mouvements transnationaux et de brouillages des frontières de la gouvernance de l’éducation dans les pays d’Afrique subsaharienne ?Par l'aspect transnational de l'activité des consultants, ces acteurs sont difficilement saisissables et, de ce fait, notre positionnement est contraint à une ouverture théorique et empirique. Nous nous inscrivons alors dans la lignée des théories de la sociologie de l'action publique, qui ont émergé dans un contexte de complexification de la gouvernance avec l'adoption d'une interdisciplinarité nécessaire pour comprendre les recompositions à l'œuvre. Afin d’observer les opérations de coopération et de collaboration entre les acteurs, l'interactionnisme symbolique guide cette recherche dans une conception de mondes sociaux (Becker, 1982). Cette métaphore de monde représente les interactions entre les acteurs d'une activité collective, leurs trajectoires et leurs représentations. Enfin, la sociologie politique de l’international permet de dépasser les dichotomies entre le micro et le macro et de lier l’analyse du politique, du social et de l’international.L’enquête est multisitu, hors et en ligne, pour s’adapter à la modalité d’exercice transnationale de ces acteurs. 75 entretiens semi-directifs ont été menés auprès des consultants, couplés à plusieurs centaines de documents numériques et de traces ethnographiques en ligne. NVivo a aidé à l’analyse de cette quantité de données qualitatives. Ainsi, à partir des données et de notre approche transdisciplinaire de sociologie politique interactionniste des groupes professionnels transnationalisés, trois idéaux types des consultants internationaux en éducation ont été conceptualisés : les entrepreneurs, les équilibristes et les puristes. Cet outil typologique des consultants et de leurs rapports aux normes formelles, sociales et surtout pratiques (Olivier de Sardan, 2021a) se révèle dans l’analyse des micromondes des consultants en éducation : dans l’évaluation des politiques de coopération internationale en éducation, dans les actions de formation des enseignants financés par la coopération française et dans un projet de coopération européenne pour l’enseignement supérieur angolais.À ces différentes échelles, l’analyse de ces cas au regard de cette typologie idéale démontre des tendances normalisatrices et harmonisatrices des consultants. Néanmoins, elle amène aussi à procéder à une révision et à une tempérance de la thèse de la consultocratie, parce que les consultants n’ont pas tant de pouvoir, si ce n’est par des effets de réseaux. Finalement, des idéaux types aux micromondes, nous concevons la consultance internationale en éducation comme une activité professionnelle transnationale participant aux mouvements des normes éducatives.

    Thibault Boughedada, Terre, foncier et environnement : matérialité, transversalité et action publique de développement au Bénin, thèse soutenue en 2022 à Université de Lille 2022 sous la direction de Bruno Villalba présidée par Allison Loconto, membres du jury : Andy Smith (Rapp.), Magalie Bourblanc (Rapp.), Isabelle Bruno et Philippe Lavigne Delville      

    Cette thèse, à la croisée de la sociologie politique de l'action publique et de la political ecology, prend pour objet de recherche le nexus terre-foncier-environnement et analyse les perceptions, représentations, pratiques et usages politiques qui lui sont adossés. L'enquête repose sur des entretiens semi-directifs, complétés par des observations ethnographiques et une immersion sur près de 12 mois échelonnées entre 2016 et 2018 sur trois terrains principaux : le département des Collines, la commune de Cotonou et les institutions de pouvoirs et de développement. Cette recherche souligne d'une part l'ambivalence du concept de foncier et l'importance à articuler ensemble construction sociale et caractéristiques matérielles autour de ce dernier ; et d'autre part, la thèse insiste sur la place centrale que tient l'imaginaire d'une modernisation du cadre légal de gestion administrative par des changements organisationnels et instrumentaux impulsés par l'ingénierie sociale du développement. De manière plus générale, la thèse analyse en quoi toute une somme d'enjeux transversaux à la gestion des terres se voit dépolitisée, reléguée ou invisibilisée par les dispositifs techniques et experts de mise en œuvre de la politique foncière, entraînant l'absence de débats autour de ces questions.

    Camille Al Dabaghy, La fabrique transnationale d'une échelle de gouvernement : la commune à Madagascar et à Diégo-Suarez sous la Troisième République (1993-2010), thèse soutenue en 2019 à Paris EHESS sous la direction de Philippe Lavigne Delville et Laurent Fourchard présidée par Anne-Cécile Douillet, membres du jury : Thomas Bierschenk (Rapp.), Sylvain Laurens et Faranirina V. Rajaonah   

    Réformes de décentralisation, gestion de l’eau, gestion des ordures ménagères, voirie, marché, état civil… : sous la Troisième République, l’aide au développement a pris pour objet la plupart des politiques ou des services qui comptent dans le processus de la reconstruction de l’institution communale, introduite par l’administration coloniale à la fin du XIXe siècle mais supprimée entre 1973 et 1993. L’enquête porte sur cette transnationalisation croissante et conjuguée de la politique de décentralisation et de l’action publique communale dans les années 1990 et 2000. Sur la base de matériaux archivistiques et ethnographiques, elle réinscrit ce processus dans le temps moyen du gouvernement colonial, examine ses modalités récentes et interroge ses effets sur le double plan de la figure de l’institution communale et de la capacité politique des communes, telles qu’elles se dessinent au centre, pour l’ensemble des communes, et à Diégo-Suarez, pour une commune urbaine en particulier. La thèse d’abord décrit le travail de production de l’aide et de l’action publique aux interfaces toujours plus nombreuses et fragmentaires entre organisations d’aide et administrations domestiques. Elle montre que l’aide s’est inscrite dans la division interne du travail administratif et politique de gouvernement, que se sont arrimées les luttes entre acteurs de l’aide et acteurs publics malgaches et les luttes domestiques entre acteurs politico-administratifs malgaches pour la maîtrise de l’action publique, que ces luttes sont réglées par une grammaire partagée de la décision souveraine sous régime d’aide. L’enquête montre par ailleurs le jeu répété et démultiplié de l’aide s’est traduit par la prééminence acquise progressivement dans la reconstruction de la commune, à l’échelle nationale comme à l’échelle locale, par d’élites politico-administratives malgaches qui cumulent, diachroniquement ou symboliquement, des positions dans l’aide et des positions dans les administrations publiques. Ce sont des élites qui incarnent, légitiment et défendent la transnationalisation de l’action publique. Elle montre enfin que les édiles municipaux d’une ville comme Diégo-Suarez se sont bien engagées dans des stratégies de construction de leur capacité d’action sur la mise en dépendance à l’égard de l’aide. Mais que, si les interventions d’aide ont affecté la figure de l’institution communale, le fonctionnement même de l’organisation municipale, c’est sans accroître significativement sa capacité politique. Rien ne s’institutionnalise véritablement de l’accès des acteurs municipaux aux ressources qui leur permettraient de décider et d’agir en conséquence.