Présentation de l’éditeur
Des logographes grecs du IVe siècle av. J.-C. aux bouleversements liés à l'Intelligence artificielle, cet ouvrage retrace l'histoire d'une profession en constante mutation, celle d'avocat.
Pétri d'une déontologie aux principes pluriséculaires, l'avocat a toujours été un peu plus que le seul défenseur des parties. Si la protection et la représentation du justiciable est, certes, au coeur de sa fonction, il est aussi, comme auxiliaire de justice, un acteur essentiel de la société et un collaborateur de la paix sociale.
Du patricien soutien de la Cité romaine aux avocats "2.0", l'avocat est à la fois une figure juridique, politique, intellectuelle et économique, parfois même religieuse, du monde judiciaire et de la vie publique. Il en est de même pour les structures auxquelles l'avocat a pu appartenir ou appartient encore, que l'on évoque le premier collège d'avocats sous l'Empire romain, les corporations médiévales ou les barreaux modernes : les Ordres, parfois éclatés, souvent différents, sont tout à la fois des phares, des corps constitués et hiérarchisés, des unités politiques et des secours pour les citoyens. Il n'est dès lors pas étonnant que les avocats, seuls ou unifiés, aient marqué les siècles : de Cicéron à Robert Badinter en passant par les grandes figures médiévales, les parlementaires du Grand Siècle ou encore les résistants de l'époque de Vichy, l'histoire est marquée par les avocats, et les avocats restent marqués par l'histoire.
Ce livre, très richement illustré, principalement à destination des professionnels du droit, des universitaires et des étudiants, propose tant une relecture historique de l'avocature qu'une mise en lumière de l'évolution des pratiques et d'une déontologie qui se veut unifiée malgré les soubresauts de l'histoire, interrogeant aussi les évolutions en cours dans une approche plus prospective.
Sommaire
Préface
Préambule
INTRODUCTION – AVANT ROME, QUID ORDINEM ?
De l’inexistence de l’avocat avant Rome
Démosthène, pseudo-avocat de l’attique
I – DE L’AVOCAT ROMAIN À L’ORDONNANCE DE 1327
1 – L’avocat sous la Rome antique : entre héritage patricien et constitution d’un Ordre
Les fonctions d’avocats de la Monarchie à la République romaine
L’unification de la profession d’avocat : Principat, Dominat et Empire d’Orient
2 – L’avocat de l’époque mérovingienne aux capétiens : un « entre-deux cohérent »
Les premiers temps de l’avocature et l’époque féodale
L’avocat aux xiiie et xive siècles : la naissance de l’Ordre
II – DE L’ORDO MÉDIÉVAL À LA RÉVOLUTION. CONSTRUCTION ET CONSTANCE DÉONTOLOGIQUE
1 – La figure de l’avocat et sa construction de l’époque médiévale aux frondes parlementaires
La figure de l’avocat et l’idée d’avocat
De l’ordonnance de 1327 aux législations modernes
2 – Le rôle des avocats dans les révoltes politiques et parlementaires
L’avocat : un politique de fait
Adrien Le Paige (1712‑1802) et l’historiquement incorrect
III – LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : LIBERTICIDE ET ÉVINCEMENT DE L’IDÉE DE « JUSTICIABLE »
1 – Les avocats et la Révolution
2 – Avocat et Terreur : l’incompatibilité entre l’idée de liberté et celle de tyrannie
IV – DEUX SIÈCLES DE LIBÉRALISME : DU RÉTABLISSEMENT DE LA PROFESSION À LA SUPPRESSION DES AVOUÉS PRÈS LES COURS D’APPEL
1 – Du rétablissement à l’entre-deux-guerres
La re-création de l’Ordre
Du bâillon à la baïonnette : unité d’esprit et unité de l’Ordre
2 – La France de Vichy et les avocats
3 – De la Libération à la suppression des Conseils juridiques
Le libéralisme économique et le barreau : progrès ou déclin ?
Les méta-structures professionnelles contemporaines
Les nouveaux avocats
CONCLUSION – L’AVOCAT DE DEMAIN
L’avenir de l’audience
Avocat et argent. Quand le Droit devient marché
Matière et matériau de demain
L’avocat sans avocat : numérisation, I.A. et robotisation de la profession