En raison de la situation sanitaire actuelle, toutes les manifestations scientifiques sont susceptibles d’être annulées ou reportées. Pour en savoir plus, plus nous vous invitons à vous renseigner auprès des organisateurs.

Critique de la raison automatique


Ajouter à mon agenda

 Télécharger au format ICS

Colloque

Critique de la raison automatique

Bêtise(s) et intelligence(s) de la numérisation du monde

Du jeudi 26 mars 2020 au samedi 28 mars 2020

Présentation

 

Le développement du numérique, sous l’impulsion de différents acteurs, ainsi que ses implications dans les territoires et les modifications des comportements qu’il induit, donnent lieu à des discours et des réactions qui divergent souvent de manière fondamentale. Considéré comme étant à l’origine d’une « troisième révolution industrielle » ce « passage » au numérique amènerait un ensemble de transformations se situant dans un registre similaire au passage de l’oral à l’écrit, puis de l’écrit à l’imprimé. Or, si les mutations sont à l’évidence de grande ampleur, les implications sont diverses, contradictoires et difficiles à cerner : mondialisation et relocalisation de l'économie ; désintermédiation et émergence de nouvelles médiations ; reconfiguration des espaces publics et privés ; exigence de privacy et exploitation généralisée des données personnelles par les GAFAM ; annonce d’une société de la connaissance et  fake news  ; gouvernance « augmentée » et contrôle algorithmique ; arrivée de nouveaux entrants tels que les médias alternatifs,  mais aussi de nouveaux monopoles ; économie « immatérielle » ou « virtuelle » et nouvel extractivisme (métaux rares, toxiques, consommation d’énergie et de matière) ; nouvelles formes de travail « libéré » (tiers-lieux, nomadisme, capitalisme cognitif) et de précariat (ubérisation, digital labour, micro-travail). Autant d’éléments dont les registres pluriels laissent entendre la richesse des enjeux et des problématiques soulevés, à tous les niveaux des sociétés contemporaines, mais aussi la nécessité de construire une critique collective, transdisciplinaire et engagée.

Les travaux sont désormais très nombreux, tant sont divers les domaines touchés. Étant capables de faciliter l’intelligence collective, les nouveaux outils numériques sont aussi susceptibles de générer une « bêtise systémique », que ce soit à travers « l’automatisation des existences » qu’ils produisent (Stiegler, 2015) ou l’accélération de la destruction écologique du monde, pour ne prendre que quelques exemples. Le déploiement numérique s’est accompagné de discours sur l’émergence d’une nouvelle forme d’intelligence collective qui n’était pas dénuée de fondements. Mais l’omniprésence récente du thème du smart (smart city, smart nation, smart grid etc.) ramène « l’intelligence » à une formule incantatoire recouvrant diverses tentatives généralement technologiques de transformation et de contrôle des territoires. La soutenabilité des systèmes numériques, la mise en place de nouveaux oligopoles technologiques contraignants, des distorsions majeures dans l’économie et l’écologie de l’attention : autant de phénomènes potentiellement destructeurs de l’intelligence (individuelle et collective) et de la planète. Si l’on réfute une approche purement computationnelle, systématisée et automatisée de l’intelligence, comment faut-il l’approcher ? Dans quelles conditions le collectif peut-il devenir porteur d’intelligence ? L’usage du numérique change-t-il les données du problème ? Comment ? Dans quelles proportions ? Le rôle du numérique a été souligné dans des événements politiques tels que les révolutions arabes, les mouvements « Occupy », les gilets jaunes, etc… ; est-ce à dire qu’il a été un ingrédient nécessaire, sans lequel ces événements n’auraient pas pu se produire ? André Gorz évoquait le numérique comme une technologie-carrefour (1983, 2003, 2008), susceptible de permettre une réappropriation de l’outil de production, pensé comme fondamentalement hétéronome : doit-on le suivre ?

Ce colloque sera donc le moment de réfléchir à l’entrelacs entre différentes strates problématiques de la « numérisation du monde », sans négliger un élément central : toutes ces intelligences ont toujours besoin d’exister d’une manière ancrée, ce qui nous conduit à mettre en évidence le concept de territoire. Celui-ci ne sera pas entendu au sens simplement physique, mais aussi écologique, administratif, politique, éthique et existentiel (Guattari, 1989), de l’ordre du milieu (Berque, 2000) ou du transindividuel (Simondon, 2017). Il s’agira donc d’explorer ces nouveaux territoires et leurs intelligences (à l’aide des outils de l’architecture, de l’urbanisme et du design) pour aller au-delà des smart territories, au sens plat et « bête » de déploiement massif de toutes sortes de devices numériques. L’objectif de ce colloque est de nous permettre de mieux nous positionner dans ce vaste champ de recherches académiques et industrielles en nous appuyant sur une multitude d’expériences, compétences, expérimentations qui viendront de cette communauté critique que nous souhaitons contribuer à faire émerger.

Le colloque se donne une dimension inaugurale, dans la mesure où il aspire à être la première étape en vue de la constitution d’une communauté épistémique internationale et transdisciplinaire sur le sujet.

 

Programme

 

Jeudi 26 Mars

(Gaîté lyrique)

 

8h30 : Accueil des participants / Café

9h30 : Introduction
Manola Antonioli - LAA UMR 7218 LAVUE CNRS/ENSAPLV
Antonella Corsani - IDHES UMR 8533/ISST-Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Fabrice Flipo - Laboratoire de Changement Social et Politique EA7335-Université de Paris/Institut Mines-Telecom BS

9h45 : Peau planétaire. Sensibilités cartographiques/expériences incarnées
Guest speaker : Brian Holmes - Artiste et chercheur indépendant

 

Session N°1 - Numérique et territoires : entre dispositifs de contrôle et appropriations créatives

 

10h30 : Ouverture et modération
Manola Antonioli et Gabriel Périès - Lynx-École Polytechnique/Institut Mines-Telecom BS

 

La Banque des Territoires : enjeux, actions et questions autour de la transition numérique des territoires français
Bastien Champion - Investisseur Senior dans les infrastructures numériques à la Banque des Territoires
Chloé Friedlander - Chargée de mission Smart City à la Banque des Territoires

11h10 : Habiter l’extérieur comme un intérieur. Réflexions à partir du parc climatique de Taichung
Caroline Laurent - Centre d’anthropologie sociale/Université Toulouse Jean Jaurès

21°C partout dans le monde, ou le conditionnement smart des existences
Fabienne Martin - CNRST-LISST

11h40 : Pause

11h50 : De l’enthousiasme technologique à la sociologie impliquée
Guillaume Drevron - LASUR-EPFL Lausanne

12h20 : Questions/Débat

 

12h40 : Pause déjeuner

 

14h00 : Vigilance et attention
Elsa Novelli - Université Lyon III

Des systèmes de surveillance dans la ville : une analyse organologique de leur fragilité et de leur nécessaire dépassement
Claude Paraponaris - Ars Industrialis et CNRS-L LEST/Université Aix-Marseille

 

Table ronde - La Smart city, entre utopie et dystopie

 

14h30 : La Smart City, entre services et unité de contrôle, quelle(s) évolution(s) pour la mobilité urbaine ?
Meryam Benabdeljelil - LAA UMR 7218 LAVUE CNRS/ENSAPLV

Emergence et “Elégance”, au-delà du formalisme paramétrique
Maxime Geny - LAA UMR 7218 LAVUE CNRS/ENSAPLV

La transformation numérique des organismes d’habitat social dans un contexte de ville intelligente : une utopie ?
Antoine Gherardi - LEMNA-IMT Atlantique

15h15 : Pause

 

Session N°2 - Territoires intelligents et pratiques de la conception

Modération : Manola Antonioli et Maryse Carmes - Dicen/CNAM

 

15h30 : Des sociétés de contrôle aux territoires apprenants ; penser les enjeux politiques des technologies numériques
Anne Alombert - IRI Centre Pompidou/Université Paris Nanterre

16h00 : Smart City/Intelligent Citizen
Colette Tron - Auteure et critique, directrice artistique d’Alphabetville

16h30 : Penser comme une ville
Carola Moujan - École Camondo

17h00 : Pause

 

Table ronde - Conception et créativité

 

17h15 : La né-cécité logique et l’outil machinique en architecture
Florence Astrié - LAA UMR 7218 LAVUE CNRS/ENSAPLV

Les bâtiments se construisent-ils comme les bases de données ?
Emilien Cristia - UMR MAP 3495

Concevoir, construire et habiter une maison individuelle : solutions et questionnements liés à l’innovation digitale
Luisa Salieri - Laboratoire Sociologie et Anthropologie, Université de Bourgogne Franche-Comté

Automatiser l’organisation et le marché : quelle créativité à l’ère du capitalisme numérique ?
Jean-Sébastien Vayre - UMR 7321/Université Côte d’Azur

18h00 : Questions/Débat

18h30 : Les fablabs dans un contexte African. Le cas du wakatlab
Guest speaker : Gildas Guiella - Cofondateur et président de « OuagaLab » Ouagadougou, Burkina Faso

19h30 : Fin de la 1ère journée

 

Vendredi 27 Mars

(Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne salle 1)

 

9h00 : Récalcitrances juridiques au nouveau “réalisme algorithmique”
Guest speaker : Antoinette Rouvroy - Laboratoire de recherche Namur Digital Institue, Centre de recherche Information, Droit & Société/Université de Namur-Belgique

 

Session N°3 - Mobilisations et déterritorialisations

 

9h30 : Ouverture et modération
Monique Selim - CESSMA et Wenjing Guo - CESSMA

 

Table ronde - Activismes globalisés entre féminismes et mode

 

9h30 : How the internet advocacies construct the new feminist subjects ?
Quanting Ke - Chercheuse indépendante

L’activisme numérique dans la mode : l’essor d’un nouveau paradigme ?
Margaret Lolley - Chercheuse indépendante

Social media and social change : public advocacy on masturbation discourses proliferation in China
Yuxin Pei - Sun Yat-sen University, Chine

 

Table ronde - Mobilisations politiques entre dé- et re-territorialisation

 

11h00 : Le G8 de Gênes 2001 : contestation et révolution technologique
Benedetto Luigi Repetto - CHCSC-UVSQ/Paris Saclay

L’image numérique de la révolution tunisienne
Samir Zogbi -Laboratoire Philip/Faculté des Sciences Humaines et Sociales de Tunis

 

Table ronde - Management des subjectivités et optimisation des multitudes

 

11h30 : La fin du probable à l’âge des data
Dominique Deprins - ULC Louvain/Saint-Louis de Bruxelles

Globaliser et optimiser le soin par la numérisation et l’automatisation ?
Sonia Desmoulin-Canselier - Laboratoire Droit Social/UMR 6297 CNRS

Le rejet du droit dans la culture numérique
Jérôme Valluy - Costech-UTC/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

12h30 : Questions/Débat

 

13h00 : Pause déjeuner

 

Session N°4 - Digital Labour et mutations du travail à l’ère numérique

 

14h00 : Ouverture
Antonella Corsani

 

Digital labour et plateformisation du travail

Modération : Marc Loriol - CNRS-IDHES/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

14h10 : Platform work as the commodification of social reproduction
Guest speaker : Ursula Huws - Université de Hertfordshire, UK

14h40 : Considérations sur les youtubers brésiliens et le travail à l’ère numérique
Giulianna Bueno Denari - LEST-M, Universidade Federal de São Carlos, Brésil & LISE/CNAM

15h00 : “Call-Box” et “pap padap” : l’informel au service des opérateurs de l’économie numérique au Cameroun et en Haïti
Bengie Alcimé - LCSP/Université de Paris
Alain Boutchang - LISE/CNAM

15h20 : Digital platforms and the resistance of precarious subjectivity. The co-research in the mobilisation of Foodora’s freelancers
Emiliana Armano - Università di Milano, Italie
Daniela Leonardi - Università di Milano, Italie
Annalisa Murgia - Università di Milano, Italie

15h40 : Questions/Débat

16h10 : Pause

 

Nouveaux dispositifs de contrôle, nouvelles stratégies d’autonomie

Modération : Marie-Christine Bureau - LISE/CNAM et Nicole Maggi-Germain - Directrice ISST/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

 

16h20 : Los wearables y su implementacion en el entorno laboral
Olga Garcia Coca - Universidad Pablo de Olivade, Sevillade, Espagne

16h40 : Le droit français et l’automatisation des décisions : de la défiance originelle à un outil de lutte
Liane Huttner - IRJS/Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne

17h00 : Diffusion des makerspaces : enquête sur deux lobbies du “Faire”
Flavie Genatio - PACTE/Université de Grenoble-Alpes

17h20 : Faire disparaître le travail : faire disparaître l’extraction. De l’évanouissement des frontières laborales à l’euphémisation de l’hétéronomie
Guest Speaker : Patrick Cingolani - LCSP/Université de Paris

17h50 : Questions/Débat

18h20 : Pause

18h30 : Computation, or the end of modernity
Guest Speaker : Mario Carpo - Reyner Banham Professor of Architectural History and Theory, the Bartlett School Of Architecture/UCL London

19h30 : Fin de la 2ème journée

 

Samedi 28 Mars

(Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne salle 1)

 

Session N°5 - Écologie politique et sobriété numérique

 

9h00 : Ouverture
Fabrice Flipo

 

Modération : Camille Rondot Gripic, CELSA Sorbonne-Université

 

9h15 : Quel avenir pour le numérique dans l’anthropocène ?
Alexandre Monnin - Origens Medialab/ESC Clermont
Sophie Quinton - INRIA

9h45 : La décroissance comme retour au raisonnable versus le virtuel comme aboutissement du rationnel : l’exemple de la ville
Guest Speaker : Serge Latouche – Université de Paris Sud

10h15 : Smart cities : a sustainability paradox
Guest Speaker Pushpa Arabindoo - University College London

10h45 : Questions/Débat

11h00 : Pause

 

Modération : Maura Benegiamo - Collèges des Études Mondiales

 

11h15 : Geek heresy, Rescuing Social Change from the Cult of Technology
Guest Speaker : Kentaro Toyama - School of information at University of Michigan

11h45 : Le numérique dans la perspective de l’économie-écologie-monde
Fabrice Flipo - LCSP/IMT-BS

12h05 : Sobriété(s) numérique(s) : pratiques et représentations de la sobriété autour de deux applications mobile “écolos”
Lorreine Petters - Université de Rouen Normandie

12h25 : Questions/Débat

 

12h45 : Pause déjeuner

 

Session N°6 - Communs et communication

 

14h00 : Ouverture et modération
Haud Gueguen - CRDT EA 4132/CNAM
Pierre Sauvêtre - SOPHIAPOL EA 3932/Paris 10

14h10 : Quels communs pour une démocratie numérique ?
Guest Speaker : Clément Mabi - Costech/Université technologique de Compiègne

14h40 : L’action sociale à l’épreuve de la financiarisation et l’alternative des communs sociaux
Lisiane Lomazzi - CRICIS/UQÀM Montréal

15h00 : Pour une généalogie critique du Commun
Marco Assennato (ACS UMR AUSser 3329 CNRS/ENSA Paris Malaquais

15h20 : Questions/Débat

15h45 : Pause

16h00 : Architectures distribuées de l’internet : les “nains” du réseau et l’opportunité du commun
Guest Speaker : Francesca Musiani - CIS/CNRS

16h30 : Les hétérotopies du ‘‘faire’’ numérique
Pierre Le Quéau - UMR PACTE 5194 CNRS/Université Grenoble-Alpes

16h50 : Images communes : ce que le post-media fait au cinéma
Gala Hernandez - ESTCA/Université Paris 8

17h10 : Questions/Débat

17h30 : Clôture du colloque

 

 

Événement ouvert au public, dans la mesure des places disponibles.
Inscriptions conseillées
 : https://cra.sciencesconf.org/registration

Site internet du colloque : https://cra.sciencesconf.org


La Gaîté lyrique
3 bis, rue Papin
75003 Paris
Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne
Salle 1
12 place du Panthéon
75005 Paris

Document


Copyright © 2020 Portail Universitaire du droit - Tous droits réservés
Une réalisation Consultech