Thomas Lindemann, Louise Beaumais, Iris Lambert, Sami Makki, Frédéric Ramel, Eric Sangar (dir.), Quantifying international conflicts: data on war or data for war, Palgrave Macmillan, 2025, 303 p.
Thomas Lindemann, Laura El Makki, Nathalie Wolff, Blanche Cerquiglini, Jean-Christophe Duchon-Doris [et alii], La justice selon Kafka: [Journée d'étude, 7 mars 2024, Paris], Lefebvre Dalloz, 2024, 147 p.
Cent ans après sa mort, le 3 juin 1924, Franz Kafka est l'un des écrivains les plus traduits au monde, l'un des plus vivants aussi, lui qui, pourtant, a tant souffert de ne pas savoir comment exister. Universitaires, magistrats, traducteur, éditrice et artistes se réunissent dans ce livre autour de son oeuvre pour analyser le regard qu'il pose sur la justice, son fonctionnement, son rôle, ses insuffisances, et ce qu'elle dit de notre humanité. La pluralité des contribueurs permet ainsi de découvrir, ou de se réapproprier, l'infinie densité littéraire, juridique et politique de cet auteur.
Thomas Lindemann, Isabelle Davion, Robert M Citino, François Cochet, Bruno Colson [et alii], Les Européens et la guerre, Éditions de la Sorbonne, 2022
Thomas Lindemann, Isabelle Sommier, Claire Andrieu, Christian Le Bart, Pierre-Yves Baudot [et alii], Les dimensions émotionnelles du politique: chemins de traverse avec Philippe Braud, Presses universitaires de Rennes, 2019
Thomas Lindemann, Bilel Ainine, Xavier Crettiez, Romain Sèze, Saisir les mécanismes de la radicalisation violente: pour une analyse processuelle et biographique des engagements violents, Mission de recherche Droit et Justice, 2017, 150 p.
Thomas Lindemann, Charlotte Epstein, Haud Guéguen, La reconnaissance , Presses de Sciences Po, 2016, 173 p.
Thomas Lindemann, Omer Bartov, Jean-Jacques Becker, Philippe Burrin, Bruno Cabanes, Les sociétés en guerre: 1911-1946, Cairn, 2016, Collection U
Thomas Lindemann, Erik Ringmar (dir.), The international politics of recognition, Routledge Taylor & Francis Group, 2016, 239 p.
Thomas Lindemann, Thomas Lindemann, Erik Ringmar, Erik Ringmar (dir.), The international politics of recognition, Paradigm Publishers, 2014, 239 p.
Thomas Lindemann (dir.), Von Erde bist du genommen: Roman, Info Verlag, 2012, Lindemanns Bibliothek, 463 p.
Thomas Lindemann, Causes of War: the struggle for recognition, ECPR Press, 2010, ECPR monographs, 169 p.
Thomas Lindemann, Sauver la face, sauver la paix: sociologie constructiviste des crises internationales, l'Harmattan, 2010, Chaos international (Série Synthèses), 128 p.
Thomas Lindemann, La guerre, A. Colin, 2010, Collection Cursus (Science politique), 190 p.
Thomas Lindemann, Penser la guerre: l'apport constructiviste, Editions L'Harmattan, 2008, Logiques politiques, 230 p.
Thomas Lindemann, François Colombera-Gleize, Approche théorique du conflit libano-israélien de juillet-août 2006: une lecture constructiviste et interactionniste des relations internationales au travers de la guerre des trente-trois jours, 2007, 112 p.
Thomas Lindemann, Michel Louis Martin (dir.), Les militaires et le recours à la force armée: faucons, colombes ?, l'Harmattan, 2006, Pouvoirs comparés, 223 p.
Thomas Lindemann, Omer Bartov, Bruno Cabanes, Jean-Jacques Becker, Antoine Prost [et alii], Les sociétés en guerre, 1911-1946, Armand Colin, 2003
L'histoire des deux guerres mondiales a été profondément renouvelée depuis une vingtaine d'années. Les processus de décision des milieux dirigeants ont été décrits avec des outils d'analyse empruntés à d'autres disciplines et replacés dans l'histoire des représentations collectives. L'histoire de la violence, des combats vus « d'en bas », la question de l'émergence d'une « culture de guerre », la mémoire des soldats ont permis de comprendre combien l'on pouvait prolonger des tendances qui naissent au cours de la Première Guerre mondiale jusqu'au second conflit déclenché deux décennies plus tard. Tout aussi cruciales, la confrontation entre les soldats et l'arrière comme l'étude des sorties de guerre ont fait comprendre que les pays européens ne vivent pas la même histoire dans l'entre-deux-guerres : les projets fascistes et totalitaires se glissent dans les fractures mémorielles ou matérielles, plus importantes au centre et à l'est de l'Europe qu'à l'ouest. La nouvelle guerre totale que fut la Seconde Guerre mondiale fit des civils des cibles au même titre que les combattants, processus qui prit une forme génocidaire
Thomas Lindemann, Omer Bartov, Jean-Jacques Becker, Philippe Burrin, Bruno Cabanes, Les sociétés en guerre , 2003
L'histoire des deux guerres mondiales a été profondément renouvelée depuis une vingtaine d'années. Les processus de décision des milieux dirigeants ont été décrits avec des outils d'analyse empruntés à d'autres disciplines et replacés dans l'histoire des représentations collectives. L'histoire de la violence, des combats vus « d'en bas », la question de l'émergence d'une « culture de guerre », la mémoire des soldats ont permis de comprendre combien l'on pouvait prolonger des tendances qui naissent au cours de la Première Guerre mondiale jusqu'au second conflit déclenché deux décennies plus tard. Tout aussi cruciales, la confrontation entre les soldats et l'arrière comme l'étude des sorties de guerre ont fait comprendre que les pays européens ne vivent pas la même histoire dans l'entre-deux-guerres : les projets fascistes et totalitaires se glissent dans les fractures mémorielles ou matérielles, plus importantes au centre et à l'est de l'Europe qu'à l'ouest. La nouvelle guerre totale que fut la Seconde Guerre mondiale fit des civils des cibles au même titre que les combattants, processus qui prit une forme génocidaire.Sommaire : Pages de début (p. 1-4)| Avant-propos (p. 5-12)| Chapitre 1 - Aux origines de la Première Guerre mondiale (p. 13-28)| Chapitre 2 - Les entrées en guerre (p. 29-46)| Chapitre 3 - La violence à l'œuvre: combattants, mémoire, histoire (p. 47-64)| Chapitre 4 - Les civils dans la guerre (p. 65-78)| Chapitre 5 - Sortir de la Première Guerre mondiale (1918-début des années 1920) (p. 79-98)| Chapitre 6 - Brutalisation des sociétés et brutalisation des combattants (p. 99-112)| Chapitre 7 - La société russe en guerre (p. 113-150)| Chapitre 8 - Fascisme, nazisme et génocide (p. 151-174)| Chapitre 9 - Hitler, les Allemands et la guerre génocidaire (p. 175-212)| Chapitre 10 - De la guerre-éclair à la guerre totale : image et historiographie (p. 213-246)| Cartes (p. 247-258)| Chronologie (p. 259-268)| Document (p. 269-274)| Bibliographie commentée (p. 275-282)| Pages de fin (p. 283-288).
Thomas Lindemann, Les doctrines darwiniennes et la guerre de 1914, Commission française d'histoire militaire, 2001, Hautes études militaires, 363 p.
Thomas Lindemann, Die Macht der Perzeptionen und Perzeptionen von Mächten, Duncker & Humblot, 2000, Beiträge zur politischen Wissenschaft, 317 p.
Thomas Lindemann, La puissance des perceptions et perceptions de puissances: le nationalisme völkisch (ethno-culturel) et la crise de juillet 1914, Atelier national de reproduction des thèses, Université Lille 3, 1998, Lille-thèses
Thomas Lindemann, Jean Klein, La puissance des perceptions et perceptions de puissances: le nationalisme vo͏̈lkisch,ethno-culturel, et la crise de juillet 1914, 1997, 401 p.
La littérature sur les responsabilités et les origines du déclenchement de la première guerre mondiale est aujourd'hui tellement abondante qu'il semble hasardeux de vouloir encore éclairer un nouvel aspect de cette "catastrophe originale" (G.F. Kennan). Les historiens ont ramené le "brinkmanship" (politique au bord de l'abime) allemand pendant la crise de juillet surtout à des facteurs "objectifs" - les "structures". En revanche, peu d'attention a été accordée au rôle des mentalités belliqueuses et "nationalistes" dans le déclenchement du conflit. Notre travail démontre que le "jeu de poker" quelque peu désespéré des dirigeants allemands pendant la crise de juillet relevait moins des "contraintes" de la "réalité objective" que des "perceptions fausses" de celle-ci. Les complexes de menace des décideurs allemands et leur vision conflictuelle de la politique internationale s'inspiraient surtout des conceptions "volkisch" (l'unité organique de la nation, l'opposition "naturelle" entre germains, slaves et gaulois) et social-darwiniennes (la guerre en tant que moyen de sélection inéluctable, "puissance mondiale ou déclin", "espace vital", etc.). Ces perceptions les incitèrent à développer un comportement conflictuel en déformant leur vision de la réalité et devenaient ainsi à leur tour des facteurs "objectifs" pour le déclenchement du conflit.
Thomas Lindemann, Des Allemagnes et de l'Allemagne, Fondation pour les études de défense nationale, 1993, Dossier, 94 p.
Thomas Lindemann, La Nation retardataire et la persistance de ses fondements ethniques et régionaux, l'auteur, 1992, 98 p.
Thomas Lindemann, Eberhard Weidenkopff, Dissertatio juridica de actionibus, earum formulis requisitis, quaestionum exinde enascentium, et cotidi ̈occurrentium decisiones utilissimas continens, Feber, 1628
Thomas Lindemann, Thomae Lindemanni... Synoptica exegesis contractus mutui succinctas ac dilucidas decisiones, et resolutiones quaestionum variarum ad hanc materiam pertinentium... exhibens, in bibliopolio hallervordiano, 1624, 8 p.
Thomas Lindemann, Centuria quaestionum juris ex materia contractuum collecta, quam praeside dno. Dionysio Gothofredo,... discutiendam proponit Thomas Lindemannus,..., excudebat Jodocus Martinus, 1599
Thomas Lindemann, Édouard Jourdain, « Aux origines de l’anarchie pacifique : une anthropologie politique », Revue du MAUSS, Revue du MAUSS, 2024, n°62, pp. 235-257
L’anarchie est habituellement perçue comme source de violence internationale. Les relations internationales ont été fondées, en tant que discipline, sur l’idée d’une rupture radicale entre un ordre interne pacifié et hiérarchisé et un désordre international caractérisé par l’absence d’autorité suprême. Nous interrogeons ce lieu commun en examinant les conditions anarchiques qui, au contraire, sont des facteurs de pacification dans les relations internationales. On identifiera deux conditions particulières pour remplir ces conditions anarchiques entre sociétés premières et entités politiques : la pluralité des centres de pouvoir et l’existence de règles non imposées et négociables. De manière idéal-typique, une situation hiérarchique (avec centralisation, homogénéité et rigidité du système des règles) contrastera empiriquement en termes de violence (internationale) avec les sociétés ouvertes avec des règles négociées et une absence de monopole de la violence légitime. En mettant en relation les rapports entre interne et externe dans les sociétés, le concept d’anarchie, notamment à partir des travaux de P.-J. Proudhon, permet de comprendre en quoi les conflits entre les États sont devenus beaucoup moins nombreux que les conflits civils.
Thomas Lindemann, Alain Caillé, « La lutte pour la reconnaissance par le don entre acteurs collectifs (II) », Revue du MAUSS, Revue du MAUSS, 2016, n°47, pp. 321-336
La lutte pour la reconnaissance thématisée par Hegel ne concerne pas seulement les sujets individuels. Elle est tout aussi active entre États, nations et cultures. Mais on ne peut bien la comprendre qu’en croisant l’analyse de Hegel avec les découvertes de Marcel Mauss dans l’ Essai sur le don. Individuels ou collectifs, les sujets luttent pour être reconnus comme des donateurs. Dans la deuxième et dernière partie de cet article, on s’intéresse à la lutte pour la reconnaissance entre les États.
Thomas Lindemann, Charlotte Epstein, « La reconnaissance. Lectures hégéliennes », Raisons politiques, Raisons politiques, 2016, n°61, pp. 5-6
Thomas Lindemann, Charlotte Epstein, « Vers une reformulation antagonique de la lutte pour la reconnaissance », Raisons politiques, Raisons politiques, 2016, n°61, pp. 7-25
Les articles réunis dans ce dossier sont presqu’intégralement le fruit d’un workshop international organisé au CERI en juin 2014. Prenant comme point de départ un engagement critique envers la littérature de la reconnaissance, notre propos était de revenir sur les traces de l’Hegel de la Phénoménologie de l’esprit pour reformuler le concept de la lutte pour la reconnaissance. Ce retour nous offre un approfondissement des concepts contemporains de la reconnaissance très largement influencés par une conception consensuelle dans la littérature classique malgré l’accentuation de la reconnaissance comme lutte à l’instar d’Axel Honneth. Centré sur ce retour antagonique de la conception originale d’Hegel, ce workshop réunissait des philosophes, des politistes, des théoriciens du social et des Relations internationales ainsi que des sociologues et des juristes. Dans cet article, nous introduisons des contributions diverses et suggèrerons comment des conversations au-delà des frontières disciplinaires sont susceptibles de reformuler le concept de reconnaissance et de préparer son utilisation dans les analyses critiques des phénomènes politiques et sociaux prenant davantage en compte ses dimensions antagoniques et actionnelles.
Thomas Lindemann, « Levy (Jack S.), Vasquez (John A.), eds – The Outbreak of the First World War. Structure, Politics, and Decision-Making. – Cambridge, Cambridge University Press, 2014. XVIII + 306 p. Figures. Bibliogr. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2016, n°66, p. -
Thomas Lindemann, « Bruter (Michael), Lodge (Martin), eds – Political Science Research Methods in Action. – Basingstoke, Palgrave Macmillan/ECPR Press, 2013 (Research Methods Series). X + 264 p. Figures. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2015, n°65, p. -
Thomas Lindemann, Nicolas Journet, « Pourquoi la guerre ? Rencontre avec Thomas Lindemann », Sciences Humaines, Sciences Humaines, 2014, n°260, pp. 17-17
Thomas Lindemann, « À propos de Josepha Laroche, La brutalisation du monde. Du retrait des États à la décivilisation, Montréal, Liber, 2012, 184 p., glossaire, index, bibliographie. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2013, n°63, p. -
Thomas Lindemann, Julie Saada, « Théories de la reconnaissance dans les relations internationales »: Enjeux symboliques et limites du paradigme de l'intérêt, Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2012, pp. 7-25
Thomas Lindemann, Julie Saada, « Guerre et reconnaissance », Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2012, n°87, p. 192
Thomas Lindemann, « Levy (Jack S.), Thompson (William R.) – Causes of War. – Chichester, Wiley-Blackwell, 2010. VI + 282 p. Bibliogr. Index. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2011, n°61, p. -
Thomas Lindemann, « Reus-Smit (Christian), Snidal (Duncan), eds. – The Oxford Handbook of International Relations. – Oxford, Oxford University Press, 2008 (Oxford Handbook of Political Science). XIV-772 p. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2011, n°61, p. -
Thomas Lindemann, « Richard Ned Lebow, A Cultural Theory of International Relations, Cambridge, Cambridge University Press, 2008. 764 p., bibliographie, index. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°60, p. -
Thomas Lindemann, « JORDAN (David), KIRAS (James D.), LONSDALE (David J.), SPELLER (Ian), TUCK (Christopher), WALTON (C. Dale) – Understanding Modern Warfare. – Cambridge, Cambridge University Press, 2008. 374 p. Index. Glossaire. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2009, n°59, p. -
Thomas Lindemann, « Faucons et colombes. : Le choix stratégique des forces armées entre intérêt corporatiste et identités militaires », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2008, n°15, pp. 55-76
RésuméNotre article se propose de combiner les approches constructiviste et bureaucratique dans l’explication des préférences stratégiques de l’institution militaire. De l’approche « bureaucratique » nous adoptons l’idée simple que toute organisation sociale tente de maximiser ses ressources économiques, son autonomie et son prestige. En revanche, de l’approche constructiviste nous retenons d’abord l’idée que le degré d’identification avec un groupe est variable. Si le désir d’obtenir des ressources est constant, rien ne détermine par nature si la recherche des gains se réalise en référence à l’individu, à un clan, à un groupe professionnel ou à une entité plus large comme la nation voire l’humanité. L’approche constructiviste a pour mérite de problématiser ce que l’analyse « bureaucratique » considère comme « donnée », à savoir l’identité « corporatiste ». Celle-ci ne va pas de soi car il peut exister des institutions militaires possédant une faible conscience de leur particularité et de ce fait peu enclines à défendre les intérêts spécifiques de leur institution.
Thomas Lindemann, « STEPHEN PETER ROSEN
War and Human Nature
Princeton, Princeton University Press, 2005,
216 pages. », Critique internationale, Critique internationale, 2006, n°31, pp. 203-207
Thomas Lindemann, « CANAL + ET LES MAJORS AMÉRICAINES. UNE VISION DÉSENCHANTÉE DU CINÉMA-MONDE, Josepha Laroche et Alexandre Bohas, Paris, Pepper, coll. Chaos international , 2005, 272 pages », Politique étrangère, Politique étrangère, 2006, n°Pritemps, p. -
Thomas Lindemann, « Identités démocratiques et choix stratégiques », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2004, n°54, pp. 829-848
Résumé
L’article met en question les explications dominantes de la paix démocratique en mobilisant une problématique identitaire inspirée à la fois des approches réaliste et constructiviste. Selon l’hypothèse proposée, c’est la menace soviétique et la bipolarisation de la politique internationale après la Seconde Guerre mondiale qui éclaire la formation d’une identité démocratique commune. Cependant, contrairement à l’approche réaliste, nous pensons que la menace soviétique n’a pas simplement changé le comportement des démocraties occidentales, mais aussi leur identité. Les menaces peuvent durablement structurer les mentalités même après leur disparition.
Thomas Lindemann, « Les guerres américaines dans l'après-guerre froide. Entre intérêt national et affirmation identitaire », Raisons politiques, Raisons politiques, 2004, n°13, pp. 37-57
Résumé
L’article tente d’expliquer les guerres américaines les plus récentes en combinant l’approche réaliste avec le constructivisme et l’analyse perceptuelle. L’hégémonie américaine et les coûts élevés d’une posture purement défensive dans la lutte antiterroriste constituent un terrain favorable au recours à la force. Toutefois, aucune guerre américaine n’était inévitable. Ce sont des facteurs plus subjectifs comme l’identité américaine de protecteur des libertés mondiales, les perceptions faussées de la menace irakienne ou la faible identification de l’administration Bush avec les alliés européens qui ont, en dernière instance, incité les dirigeants américains à préférer parfois la guerre à la paix. Si l’approche réaliste éclaire les opportunités du recours à la force armée, c’est l’approche constructiviste qui explique le mieux pourquoi et contre qui ces opportunités peuvent être exploitées.
Thomas Lindemann, « Faire la guerre, mais laquelle ? Les institutions militaires des États-unis entre identités bureaucratiques et préférences stratégiques », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2003, n°53, pp. 675-706
Résumé
Cet article s’attache à expliquer la réticence des hauts responsables militaires américains à s’engager dans des opérations autres que la guerre et leur préférence pour des guerres peu meurtrières, en combinant des approches rationalistes avec celles dites réflexives. La radicalisation de la tendance à l’évitement des pertes se laisse comprendre par la menace des intérêts corporatistes de l’institution militaire américaine dans l’ère post-soviétique. La finalité de « la moindre mort » offre à l’armée américaine des perspectives budgétaires considérables. C’est toutefois l’approche constructiviste qui éclaire pourquoi l’institution militaire américaine a choisi, parmi toutes les options disponibles pour la défense de ses intérêts budgétaires, l’option de la minimisation des pertes. La plupart des alternatives – comme une participation accrue aux opérations de maintien de la paix – ne correspondaient pas à son référentiel identitaire exaltant la spécificité combative du métier des armes. En d’autres termes, à côté des intérêts corporatifs stables d’une institution militaire, il existe des intérêts malléables et dépendants d’une identité organisationnelle, comme le type de mission auquel une institution militaire aspire.
Thomas Lindemann, « LUTTWAK (Edward N.) – Le grand livre de la stratégie. De la paix et de la guerre. – Paris, Odile Jacob, 2002. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2003, n°53, p. -
Thomas Lindemann, « Vers une dé-réification de l’intérêt dans l’analyse des conflits », Cultures & Conflits, Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité
Si on regarde trente ans en arrière, on constate qu’encore plus qu’aujourd’hui, les interprétations dominantes des conflits armés partaient du principe qu’il était possible de découvrir des régularités, voire des lois, dans la réalité sociale, et ce à condition de la mesurer adéquatement, avec des instruments appropriés, essentiellement la compilation des données et la mesure de leurs corrélations via leur mise en forme quantitative. On retrouve cette ambition d’une explication nomothétique d...