Audric Vitiello, Audric Vitiello, Samuel Hayat, Samuel Hayat, Julien Talpin, Julien Talpin (dir.), Dispositifs de la démocratie. Entre participation, délibération et représentation: entre participation, délibération et représentation, Classiques Garnier Numérique, 2022, Classiques Garnier en ligne (Bibliothèque de science politique), 304 p.
Audric Vitiello, Yves Couture, Marc Chevrier, Stéphane Vibert, Benjamin Boudou [et alii], Démocratie et modernité: la pensée politique française contemporaine, Presses universitaires de Rennes, 2019, Res publica (Online)
Audric Vitiello, Anne-Sophie Chambost, Fausto Garasa, Alfredo Gomez-Muller, L'anarchie et le problème du politique, Archives Karéline, 2014, 354 p.
Audric Vitiello, Institution et liberté: l'école et la question du politique, l'Harmattan, 2010, Diagonale critique, 467 p.
Audric Vitiello, Marc Sadoun, L'institution de la liberté: l'école dans le débat français contemporain l'enjeu de la médiation publique entre crise éducative et crise politique,, 2007, 816 p.
La crise contemporaine de l’école semble interminable. Il s’agit ici de l’éclairer sous un jour nouveau, en déplaçant le prisme analytique du thème de l’égalité à celui de la liberté. Celui-ci suppose de prendre en compte deux questions directement politiques : les rapports entre individu et collectif, les rapports du collectif à lui-même. Cette dualité exige d’analyser l’école en termes d’institution, instance travaillant à l’institution de l’individu et, par là, participant d’un processus plus large d’institution du collectif. Dans ce cadre théorique, les débats contemporains apparaissent grâce à un détour généalogique comme un nouveau moment d’une crise structurelle de la modernité où, à travers l’école, sont en jeu le principe, la fonction et le fonctionnement de la médiation publique. Le débat actuel peut alors faire l’objet d’une typologie selon les rapports que les protagonistes promeuvent entre l’institution scolaire et la liberté individuelle et collective : au courant institutionnel affirmant la liberté par l’école, s’opposent courants contre-institutionnel, exigeant la liberté dans l’école, para-institutionnel, défendant la liberté face à l’école, et anti-institutionnel, affirmant la liberté contre l’école. Le républicanisme se trouve ainsi confronté à un libéralisme plurivoque. Les récentes réformes qu’induit la démocratisation, écartèlent l’école entre deux logiques contradictoires dont la coexistence fonde la crise actuelle. Là où l’insertion donne le primat à la société civile et réduit l’école à un instrument, l’intégration, si elle peut exiger une réforme de son fonctionnement, reconduit sa fonction d’institution publique et le primat du politique.
Audric Vitiello, Stratégies anarchistes: construction et préservation de l'adéquation entre idéalité et réalité, 2001
Audric Vitiello, « L’émancipation au pluriel. Communalisme, autogestion et démocratie des communs », Participations, Participations, 2026, n°42, pp. 151-182
Communalisme et autogestion partagent une même exigence – le contrôle autonome par les êtres humains de leurs propres activités – et dessinent une perspective politique similaire – une conception radicale de la démocratie participative, élargie à tous les domaines de la vie sociale. Mais là où le communalisme privilégie la démocratisation du cadre municipal appelé à régenter les autres sphères de la vie sociale, l’autogestion mise sur la multiplication des lieux du politique, afin de démocratiser les différentes structures de la vie sociale. Il s’agit ici de plaider pour que le communalisme s’inspire de la logique autogestionnaire et adopte une conception pluraliste de la vie sociale et politique, avec comme horizon une démocratie polycentrique : non plus une confédération des communes, mais une confédération des communs.
Audric Vitiello, « Expérimenter l’alternative : Politique préfigurative, formation des subjectivités et transformation de la société », Raisons politiques, Raisons politiques, 2025, n°97, pp. 39-65
Audric Vitiello, « Raul Magni-Berton, Laurence Morel (dir.), Démocraties directes : Bruxelles, Bruylant, 2022, 550 pages. », Critique internationale, Critique internationale, 2024, n°102, pp. 181-186
Audric Vitiello, « Réjane Sénac – Radicales et fluides : les mobilisations contemporaines : 2021, Presses de Sciences Po, 290 p. », Cahiers du Genre, Cahiers du Genre, 2024, n°75, pp. 314-319
Audric Vitiello, « Federico Tarragoni. L’esprit démocratique du populisme : une nouvelle analyse sociologique. Paris, La Découverte, 2019, 371 pages. », Critique internationale, Critique internationale, 2020, n°89, pp. 201-205
Audric Vitiello, « La démocratie radicale entre action et institution : De la politique adversariale à la politique préfigurative », Raisons politiques, Raisons politiques, 2019, n°75, pp. 63-93
RésuméLa démocratie radicale propose une conception activiste de la politique démocratique, érigeant la participation active à l’exercice du pouvoir en condition nécessaire de l’accès à l’autonomie individuelle et collective. Cet activisme implique le dynamisme d’une démocratie toujours en devenir, marquée par la transformation récurrente, voire continue, des structures comme des acteurs sociopolitiques. L’action politique est ainsi appelée à prendre en charge le processus d’institution des subjectivités démocratiques, soit à travers la confrontation conflictuelle avec l’altérité dans l’espace public, soit à travers l’expérimentation préfigurative de socialités alternatives. Cette perspective théorique fait ainsi écho à la tendance croissante des mouvements sociaux contemporains à adopter des modes d’action préfiguratifs, visant, à travers la création de structures et de relations sociales alternatives, à impulser de nouveaux processus de formation des subjectivités, susceptibles de concurrencer la socialisation antérieure, et de favoriser l’émergence de sujets animés d’un ethos à la fois réflexif et actif, plus favorable à l’engagement dans la pratique démocratique et à l’accès à l’autonomie.
Audric Vitiello, « Canto-Sperber (Monique) – L’oligarchie de l’excellence. Les meilleures études pour le plus grand nombre. – Paris, PUF, 2017. 354 p. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°68, p. -
Audric Vitiello, « Deleixhe (Martin) Aux bords de la démocratie. Contrôle des frontières et politique de l'hospitalité. Paris, Classiques Garnier, 2016 (PolitiqueS. 10). 220 p. Bibliogr. Index. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2017, n°67, p. -
Audric Vitiello, « L’autonomie en devenir. L’émancipation comme (trans)formation infinie », Revue du MAUSS, Revue du MAUSS, 2016, n°48, pp. 211-227
L’émancipation doit être pensée non à l’écart, mais à partir de l’éducation. L’autonomie exige non seulement la libération des dominations extérieures, mais aussi et surtout la formation d’une subjectivité animée d’un certain ethos, d’un certain rapport à soi et au monde, caractérisé par l’activité, la réflexivité et la créativité. Or cet ethos peut être favorisé par divers vecteurs éducatifs, en particulier par la constitution d’espaces sociaux alternatifs, d’hétérotopies susceptibles de produire des effets de décentrement et de contre-socialisation. L’autonomie apparaît alors comme une conquête incertaine et inachevée, toujours à reprendre et à prolonger, à travers un processus dynamique, animé par une tension agonique entre éducation et émancipation, de formation et d’autotransformation de la subjectivité.
Audric Vitiello, « Corinne GOBIN, Geoffroy MATAGNE, Min REUCHAMPS, Virginie VAN INGELGOM (dir.), Être gouverné au XXIe siècle, Louvain-la-Neuve, Academia, 2013 (coll. Science politique n° 16) », Revue internationale de politique comparée, Revue internationale de politique comparée, 2016, n°21, pp. 129-153
Audric Vitiello, « Hommage à Ernesto Laclau (1935-2014). Réinventer l’émancipation démocratique », Revue du MAUSS, Revue du MAUSS, 2015, n°45, pp. 394-396
Cet article, en hommage à Ernesto Laclau, infiniment mieux connu et reconnu à l’étranger qu’en France, rappelle toute l’importance et l’originalité du parcours théorique du philosophe politique argentin.
Audric Vitiello, « Foucault (Michel) – Du gouvernement des vivants.Cours au Collège de France. 1979-1980. – Paris, EHESS/Gallimard/Seuil, 2012 (Hautes Études). 388 p. Index », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°64, p. -
Audric Vitiello, « L'exercice de la citoyenneté. Délibération, participation et éducation démocratiques », Participations, Participations, 2013, n°5, pp. 201-226
La conception délibérative de la démocratie appelle une réforme des institutions politiques, mais aussi une redéfinition conceptuelle de la logique démocratique. En plaçant la formation au cœur de la pratique civique, la délibération entraîne les opinions et les subjectivités sur la pente dynamique d’une citoyenneté processuelle. Cette interpénétration des logiques éducative et politique ne va pas sans difficultés : d’abord, les effets de la délibération ne sont pas univoques, mais dépendent de l’interaction de dispositifs et de publics toujours singuliers ; ensuite, la participation démocratique paraît animée d’une logique complexe, pratico-poiétique, suivant un schéma dialectique où d’une hétéronomie formatrice doit émerger l’autonomie civique. D’où une imperfection essentielle aux dispositifs délibératifs, qui constituent moins un nouveau modèle démocratique qu’une nouvelle façon de concevoir la démocratie : une réalisation expérimentale, toujours singulière, sans cesse perfectible.
Audric Vitiello, « La démocratie agonistique. Entre ordre symbolique et désordre politique », Revue du MAUSS, Revue du MAUSS, 2011, n°38, pp. 213-234
Plutôt que comme un ordre social ou politique identifié à certaines caractéristiques juridiques ou institutionnelles, la démocratie agonistique doit être appréhendée de façon dynamique, comme un processus infini de désorganisation et de réorganisation de la réalité sociale-historique. En effet la démocratie, en affirmant la liberté et l’efficacité de l’action humaine, induit un conflit récurrent portant sur la légitimité du monde présent et à venir, sur la manière dont il convient d’agir et de transformer le monde. C’est ce caractère agonistique de la démocratie à elle-même et au monde qui, par sa puissance critique et créatrice, impulse et entretient le déploiement de l’autonomie politique – un déploiement logiquement interminable, puisque toujours susceptible de remettre en question l’ordre des choses au nom de l’autonomie humaine.
Audric Vitiello, « L'itinéraire de la démocratie radicale », Raisons politiques, Raisons politiques, 2009, n°35, pp. 207-220
Audric Vitiello, « L'éducation à la citoyenneté », Raisons politiques, Raisons politiques, 2008, n°29, pp. 169-187
RésuméNotion récente, l'éducation à la citoyenneté se présente comme une inflexion de la formation civique, visant un renouvellement de sa forme pour mieux assurer sa fonction institutionnelle d'intégration des individus au collectif. Mais, l'éducation ôtant une praxis où moyens et fins sont interdépendants, une modification des modalités de l'éducation induit logiquement celle de la finalité. De fait, l'éducation à la citoyenneté s'indexe à une conception originale du politique pensé non plus comme lieu, mais comme moment spécifique dédié à la régulation de tout collectif. Le mécanisme d'abstraction civique perdure, mais il s'effectue à partir des situations concrètes dans lesquelles l'individu est inscrit, et par une réflexion à fondement dialogique. Se dessine alors une forme de démocratie générale et dialogique, où le politique est déconcentré et démultiplié mais où la décision prise en commun après délibération reste le mode de structuration privilégié du collectif. Mais la démocratie procédurale et dialogique a des limites, dans la mesure où elle suppose d'être fondée dans un corpus substantiel de valeurs qui lui confère sa légitimité.