• THESE

    Improbable cité : Paris et la transition démocratique au début de la troisième république : étude de morphologie politique, soutenue en 1998 à Paris 1 sous la direction de Pierre Birnbaum 

  • Céline Braconnier, Catherine Achin, Éric Agrikoliansky, Philippe Aldrin, Les contextes du vote: l'ancrage social des pratiques électorales, Presses universitaires du Septentrion, 2025, Espaces politiques, 368 p. 

    Céline Braconnier, Louise Gaxie, Hélène Bidard, Alain Obadia, Marion Fontaine [et alii], Les classes populaires à l'écart du politique ?: actes du colloque organisé [par la Fondation Gabriel-Péri] les 11 et 12 mars 2022 à l'auditorium de l'Hôtel de Ville de Paris, Les éditions de la Fondation Gabriel Péri, 2023, 224 p. 

    Céline Braconnier, Lorenzo Barrault-Stella, Brigitte Gaïti, Patrick Lehingue, Éric Agrikoliansky [et alii], La politique désenchantée ?: perspectives sociologiques autour des travaux de Daniel Gaxie, Presses universitaires de Rennes, 2022, 372 p.    

    "Cet ouvrage propose une réflexion de politistes et de sociologues qui s'adosse aux travaux de Daniel Gaxie, qu'il s'agisse de ceux sur la représentation et la professionnalisation politiques, sur la politisation des "profanes", sur le militantisme et ses rétributions ou encore sur les luttes au principe de l'action publique. Les textes réunis posent frontalement la question de l'actualisation des apports de cette sociologie politique et ils interrogent les manières de la renouveler." [Source : éditeur]

    Céline Braconnier, François Ploux, Philippe Aldrin, Julien Beaugé, Michel Offerlé [et alii], La politique sans en avoir l'air: aspects de la politique informelle, XIXe-XXIe siècle [colloque, Lorient, 16-17 décembre 2009, Presses universitaires de Rennes, 2019    

    Politique informelle : l'expression a été rarement utilisée dans le champ des sciences sociales comme si elle était frappée d'emblée d'obsolescence, le politique ne pouvant être que formalisable pour être repérable. Elle occupe pourtant ici le terrain après qu'une vingtaine de chercheurs (des historiens, des politistes, des sociologues) se sont essayés, à partir de leurs objets de recherche - fête populaire, iconoclasme, rumeur, pamphlet, dîner de veuve, charivari, braconnage... - et en fonction de leurs pratiques disciplinaires, à en dessiner les contours pour en éprouver la pertinence. Il ne s'agit donc pas, en nous intéressant à la politique informelle, d'ajouter une expression supplémentaire à un lexique déjà bien fourni au risque de semer un peu plus la confusion et de brouiller un ensemble de définition qui oscille entre sa version maximaliste - tout est en passe de devenir politique - et sa version minimaliste - le politique se réduit à un champ strictement délimité dont les sciences sociales ausculteraient la genèse et les évolutions. Plutôt que de considérer l'élaboration et l'installation d'un ordre politique sous l'angle de ses acteurs/agents et de ses formes de mobilisation les plus classiques (la citoyenneté électorale ou la structuration des formes partisanes), pari a été fait qu'un changement de point de vue - la politique vue des coulisses pour paraphraser Maurice Agulhon - permettrait d'enrichir la connaissance de cet ordre-là. Une tentative de le reconsidérer à travers cette expression volontiers ambigüe qui entend moins être une nouvelle catégorie normative, une définition par le manque, qu'une incitation à une réflexion sur les relations entre le champ politique et son hors-champ, et sur les façons de dire et de faire de la politique sans en avoir l'air

    Céline Braconnier, Olivier Fillieule, Florence Haegel, Camille Hamidi, Vincent Tiberj [et alii], Sociologie plurielle des comportements politiques: je vote, tu contestes, elle cherche…, Cairn, 2017, Académique   

    Céline Braconnier, Éric Agrikoliansky, Philippe Aldrin, Julien Audemard, Lorenzo Barrault-Stella [et alii], L'ordinaire du politique: enquêtes sur les rapports profanes au politique, Presses universitaires du Septentrion, 2016, Paradoxa   

    Céline Braconnier, Nonna Mayer (dir.), Les inaudibles: sociologie politique des précaires, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2015, Fait politique, 291 p.   

    Céline Braconnier, Une autre sociologie du vote: les électeurs dans leurs contextes bilan critique et perspectives, Lextenso éditions, 2010, Collection LEJEP, 207 p. 

    Céline Braconnier, Yves Déloye, Comprendre les comportements électoraux par les approches environnementales,, 2009, 184 p. 

    Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, La démocratie de l'abstention: Aux origines de la démobilisation électorale en milieux populaires, Gallimard, 2007, Folio (Actuel), 464 p.  

    Céline Braconnier, Benoît Verrier, Jean-Yves Dormagen, Non-inscrits, mal-inscrits et abstentionnistes, la Documentation française, 2007, Rapports et documents, 79 p. 

    Céline Braconnier, Sylvia Bataille, L'intégration, Gallimard jeunesse, 1999, Citoyens en herbe, 45 p.  

    Céline Braconnier, Sylvia Bataille, Les institutions, Gallimard jeunesse, 1999, Citoyens en herbe, 44 p.  

    Céline Braconnier, Pierre Birnbaum, Improbable cité: Paris et la transition démocratique au début de la troisième république étude de morphologie politique, Atelier national de reproduction des thèses, Université Lille 3, 1998, Lille-thèses, 1 p.  

    Cette thèse interroge les processus à l'œuvre dans la construction politique de la capitale et en mesure les effets sur la figure du local que Paris constitue également. Elle rend compte du conflit qui, au début de la IIIe république, a opposé les parisiens menés par le groupe d'autonomie communale à ceux, de plus en plus nombreux au fur et à mesure de la démocratisation du régime, qui prétendent présider aux destinées de la ville au nom de la France : représentants de l'état, élus de la nation mais aussi littérateurs ou membres d'associations. Elle montre comment la nationalisation de Paris, dont la consécration évince la démocratie urbaine des enjeux politiques légitimes, devient acceptable pour les parisiens quand, au tournant du siècle, le champ politique et culturel local devient lui-même le relai d'offres identitaires fondées sur le rejet de la citoyenneté. Par le biais d'une exclusion muée en refus de prise de rôle, la surestimation de soi collective de parisiens apprenant à tirer profit de l'identification de Paris à la France comble les frustrations engendrées par leur mort politique.

  • Céline Braconnier, « Introduction : Écouter ceux qu'on n'entend plus », in Nonna Mayer, Céline Braconnier, Nonna Mayer (dir.), Les inaudibles, Presses de Sciences Po, 2015, pp. 15-32 

  • Céline Braconnier, Nonna Mayer, « Les dynamiques du décrochage civique illustrées par la hausse de l’abstention aux scrutins nationaux », Informations sociales, Informations sociales, 2024, n°212, pp. 50-58  

    Céline Braconnier, Pierre-Yves Baudot, Marie-Victoire Bouquet, Ghislain Gabalda, « Does public policy shape voter registration? : People with disabilities and the 2017 French elections », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2020, n°70, pp. 747-772   

    This article examines the results of the first statistical survey on the political participation of persons with disabilities in France. By cross-referencing the data obtained in a random sample of the files maintained by three French welfare agencies specializing in persons with disabilities (MDPH, maisons départementales de personnes handicapées) with voter registration lists and voting records, we shall analyse how situations of disability – described here in terms of the administrative relationships involved – frame access to political citizenship. We shall argue that the gap in political participation occurs at the level of voter registration, in particular for those persons requiring the most assistance; we shall then explain how the intensity and modalities of the assistance provided largely determine the level of electoral exclusion.

    Céline Braconnier, Pierre-Yves Baudot, Marie-Victoire Bouquet, Ghislain Gabalda, « Les politiques publiques façonnent-elles les listes électorales ? Le cas des personnes handicapées en 2017 », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2020, n°6 

    Céline Braconnier, Baptiste Coulmont, Jean-Yves Dormagen, « The heavy variables are still alive and kicking : The drop in voter turnout and the increase in electoral disparities in spring 2017 », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°67, pp. 1023-1040   

    Building on the Voter Turnout Survey 2017 conducted by Insee, and consequently based on data integrity out of selection bias, self-selection or declaration, the authors show that the increase of abstention during the 2017 election cycle – real but relatively contained for the presidential election, dramatic for the parliamentary elections – doesn’t lead to an equal voting process for all the citizens. On the contrary, the socio-demographic inequalities in participation have continued to rise during the last decade. There are first the result of inequalities in education. The continued relevance of the sociological model explaining the participation has been broadly confirmed.

    Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Vincent Pons, « Voter Registration Costs and Disenfranchisement: Experimental Evidence from France », American Political Science Review, Cambridge University Press (CUP), 2017, n°3 

    Céline Braconnier, Maud Navarre, «  La politique peut encore changer des vies  », Sciences Humaines, Sciences Humaines, 2017, n°289, pp. 25-25  

    Céline Braconnier, Baptiste Coulmont, Jean-Yves Dormagen, « Toujours pas de chrysanthèmes pour les variables lourdes de la participation électorale », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2017, n°6 

    Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Ghislain Gabalda, Xavier Niel, « Voter “Misregistration” in France and Its Impact on Voter Turnout : A Sociological Study », Revue française de sociologie, Revue française de sociologie, 2016, n°57, pp. 17-44   

    Drawing on a representative sample of nearly 40,000 registered voters in France, the article measures, for the first time at the national scale, the magnitude of voter “misregistration” — being registered to vote but not at current or main residence address — and the sociological characteristics of the phenomenon. Six and half million persons eligible to vote in the country’s 2012 national elections were misregistered; i.e., they had not re-registered at their new address after moving. The largest groups in this situation are highly mobile — notably students and senior managers; being misregistered undermines their predisposition to vote. Analysis of individual voting records finds that voters not registered in the municipality they reside in are three times more likely than others to abstain consistently.

    Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Ghislain Gabalda, Xavier Niel, « Sociologie de la mal-inscription et de ses conséquences sur la participation électorale », Revue française de sociologie, Presses de Sciences Po / Centre National de la Recherche Scientifique, 2016, n°1, pp. 17-44 

    Céline Braconnier, Antoine Jardin, Léa Morabito, Manon Réguer-Petit, « Les  Inaudibles  : Comportements et attitudes politiques des précaires », Idées économiques et sociales, Idées économiques et sociales, 2015, n°182, pp. 51-61   

    Le 27 mai 2015, des chercheurs en science politique ont donné une conférence au lycée Janson-de-Sailly à Paris devant des élèves de 1re et terminale ES et de CPGE B/L et ECE. Ils venaient présenter l’ouvrage collectif Les Inaudibles, sociologie politique des précaires, publié en mars 2015. Celui-ci présente les résultats d’une enquête réalisée pendant la campagne présidentielle de 2012 sur le rapport à la politique de populations faisant l’expérience de la précarité.

    Céline Braconnier, Antoine Jardin, Léa Morabito, Manon Réguer-Petit, « Les Inaudibles . Comportements et attitudes politiques des précaires », Idées économiques et sociales, Réseau Canopé, 2015, n°182, pp. 51-61 

    Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, « Une démocratie de l'abstention. Retour sur le non-vote et ses conséquences politiques lors des scrutins municipaux et européens de 2014 », Hérodote, Hérodote, 2014, n°154, pp. 42-58   

    L’abstention a constitué un facteur déterminant des scrutins de 2014. D’abord par son ampleur. En progression constante aux municipales, elle affecte aujourd’hui presque un citoyen sur deux. Elle s’est stabilisée à un niveau très élevé aux européennes puisque moins d’un Français sur trois y participe désormais. Cette situation produit de fortes inégalités sociales de participation électorale. Les plus jeunes, les moins diplômés, les plus instables professionnellement sont nettement sous-représentés dans les urnes, en 2014 comme, déjà, en 2008 et 2009. Enfin, la mobilisation différentielle, traditionnellement défavorable au camp qui gouverne, a été particulièrement marquée cette année, expliquant largement la défaite historique de la gauche qui a échoué à faire voter nombre des segments de son électorat sociologiquement composite.

    Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Daniella de Castro Rocha, Alexandra Harwood, « When the Working-Class Go to the Polls », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°63, pp. 487-518   

    This article reports the results of a field study on mobilization and electoral choice in a poor neighbourhood of Brasilia during the 2010 elections. The main purpose of the article is to explain the very high participation rate recorded in this highly populated area where people are weakly politicized. The ‘compulsory’ dimension of the vote is an essential factor and a powerful incentive for candidates to attract even the less-politicized citizens. Our in-situ observations show that very high participation rates result in large part from intense campaigning based primarily on clientelist transactions, face-to-face interactions, and the presence of more or less professionalized ‘election agents’ who are well integrated into local society.

    Céline Braconnier, « Ce que le terrain peut faire à l'analyse des votes », Politix, Politix, 2013, n°100, pp. 99-112   

    L’analyse électorale se nourrit surtout, aujourd’hui, de données de sondages atomistiques. Le modèle explicatif de l’électeur rationnel produisant ses votes seul à partir d’une étude de l’offre politique s’en trouve encore renforcé. En prenant appui sur des expériences de recherche par plans d’observation localisés, il s’agit ici de souligner l’intérêt scientifique que présente un retour au terrain pour comprendre plus en profondeur ce dont les votes sont faits. D’une part, l’étude de cas, par le cumul et le croisement de données variées dont la solidité est contrôlée, permet de dessiner des logiques fines de comportement dont d’autres enquêtes peuvent ensuite établir la distribution dans l’espace social. D’autre part, elle ménage une appréhension des électeurs dans leurs environnements – familiaux, amicaux, résidentiels – qui autorise l’analyse de la nature collective du vote. Les caractéristiques socio-démographiques des individus, leur parcours scolaire, professionnel, résidentiel, sont alors appréhendés comme des prédispositions incorporées à s’abstenir, à voter ou à le faire dans un certain sens dont le chercheur saisit l’actualisation dans des pratiques ou au contraire la neutralisation par les environnements. Faire du terrain conduit donc à penser le vote autrement.

    Céline Braconnier, « With Several Voices: What in situ Group Interviews Can Contribute to Sociology of Voting », Revue française de sociologie, Revue française de sociologie, 2012, n°53, pp. 61-93   

    In situ group interviews, to be distinguished from focus groups and face-to-face individual interviews, have not yet found their rightful place among the tools available to social science researchers. This article, based on research experience in sociology of voting, points up the specificity of information produced in the in situ group framework and its particular usefulness in accounting for the contextual determinants of individual behavior. Questioned together in spaces where they habitually meet, couples and small groups of friends, colleagues and neighbors are willing to speak of or admit to political behavior they do not mention in other survey situations. But above all, this situation makes visible the relationships between respondents, including influence, pressure, and the bandwagon behavior those relationships may induce. In situ group interviews are thus a fitting tool for improving our understanding of what is implied today in the collective dimension of the act of voting.

    Céline Braconnier, « Le vote et l'abstention en temps de crise », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2010, n°13, pp. 57-64  

    Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Simon Jackson, « Does an ethnic divide structure voting behaviors in working-class neighborhoods? », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°60, pp. 663-689   

    This article presents the results of a field study carried out over seven years in a social housing complex in the northern suburbs of Paris. One of the conclusions of the study is that individual and collective identities as well as social relations are, in a neighborhood of this sort, largely structured by categories of race and ethnicity. We find that ethnicity itself, as understood and produced by voters, is one of the determinants of identity-based voting. The subjective relationship to national origin, and, more broadly, the “ethnicization” of cognitive frameworks, are keys to understanding why French citizens of African origin (who make up about half the population of the housing project in question) vote almost exclusively for the left, while a significant proportion of “native” French voters vote for the National Front or, in the most recent presidential election, for Nicolas Sarkozy.

    Céline Braconnier, « Muxel (Anne) – Toi, moi et la politique. Amour et convictions. – Paris, Seuil, 2008. 288 p. Bibliogr. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°60, p. -  

    Céline Braconnier, « Les sages interpellés : Quelques usages profanes du Conseil constitutionnel », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2008, n°58, pp. 197-230   

    RésuméLe Conseil constitutionnel a conquis, au cours des 30 dernières années, une place de premier plan dans l’espace institutionnel français. Sa visibilité dans l’espace public s’en est trouvée accrue, suscitant des interpellations spontanées de la part de citoyens ordinaires. À partir d’un échantillon de courriers adressés aux juges de la rue Montpensier au cours des années 1990, cet article dresse un premier répertoire des usages profanes dont l’institution fait l’objet. Via les figures de l’expert, du justiciable et du citoyen prenant la plume, il montre qu’au moins trois types bien différenciés sont mis en œuvre, qui se comprennent par référence aux perceptions que les auteurs entretiennent des neuf sages, aux ressources qu’ils investissent dans l’acte d’écriture et aux rétributions attendues de leur démarche.

    Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, « Le vote dans les périphéries urbaines. Constantes et évolutions », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2007, n°1, pp. 65-77  

    Céline Braconnier, « MASCLET (Olivier) – La gauche et les cités. Histoire d’un rendez-vous manqué. – Paris, La Dispute, 2003 », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2004, n°54, p. -  

    Céline Braconnier, « Paris en revues la production de communautés imaginées au café-concert au tournant du xxe siècle », Sociétés & Représentations, Sociétés & Représentations, 2004, n°17, pp. 211-245   

    RésuméL’auteure analyse la contribution d’un genre très codifié de divertissement citadin, la revue d’actualités, comme production d’un imaginaire local parisien au tournant du xixe et du xxe siècles. Elle rend compte d’une offre identitaire en mouvement qui, en fonction des périodes, entre ou non en cohérence avec celles produites dans d’autres sphères de la vie locale. Paris est d’abord mis en scène comme communauté politique intégrative : l’imaginaire revuesque contribue alors au renforcement et à la diffusion des valeurs exaltées depuis l’Hôtel de Ville. La figure centrale du citoyen disparaît toutefois progressivement derrière celle de l’habitant d’une communauté parisienne de plus en plus définie à partir de critères sociaux, culturels et comportementaux dont les revues seraient les productrices autonomes.

    Céline Braconnier, « Traquer le politique : le repérage policier à la fin du XIXe siècle », Association Espaces Temps, Paris : Association Espaces Temps et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2001, pp. 124-138   

    Les logiques qui président au repérage du politique par les agents de la Préfecture parisienne à la fin du XIXe siècle dépendent de la mission qu 'ils ont à mener et des enjeux particuliers qu'elle charrie. Elles relèvent, d'une part, du bricolage généralisé de normes ambiguës, visant à pallier l'absence de définition par le législateur. Mais elles renvoient aussi à une qualification plus maîtrisée, dans laquelle se joue l'affirmation de l'autorité de la police alors mise à mal.

    Céline Braconnier, « Braconnages sur terres d'État. Les inscriptions politiques séditieuses dans le Paris de l'après-Commune (1872-1885) », Éditions Belin, Paris : Éditions Belin et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1999, pp. 107-130   

    ■ Céline Braconnier: Braconnages sur terres d'État. Les inscriptions politiques séditieuses dans le Paris de Paprès-Commune (1872-1885) Dans les rapports de police qui en rendent compte au jour le jour, ce qui : s'inscrit illégalement sur les murs de Paris dans la décennie qui suit la Commune est lu comme le signe d'une immaturité politique propre aux gamins, aux fous, aux barbares. L'étude - systématique tend à invalider cette hypothèse en consacrant l'inscription - comme : élément d'un : répertoire : d'action politique. Comme tel. il prendrait sens par référence au contexte particulier d'une transition démocratique à la fois porteuse d'incitations à prendre la parole et d'interdits sur la manière dont elle doit l'être. L'attention prêtée à la répartition temporelle et spatiale des inscriptions comme à leur contenu discursif révèle en effet deux types de logique d'action régulièrement à l'œuvre. La première est une logique contestataire: la confiscation : de la rue par l'État est à la fois dévoilée et dénoncée au nom des valeurs de . liberté et/ou d'égalité. La seconde est une logique de résistance: à travers des mises en scènes gestuelles et discursives d'eux-mêmes, les auteurs anonymes se réapproprient la rue et l'inventent comme espace d'un pouvoir citoyen imaginaire.

  • Céline Braconnier, Caroline Arnal, Florence Haegel, Nonna Mayer, Une vie citoyenne pour les plus démunis, La Direction scientifique de Sciences Po, 2016 

  • Céline Braconnier, « Le droit à... l’éducation », le 23 juin 2022  

    Colloque organisé sous la direction de Pascale Bertoni et Raphaël Matta-Duvignau

    Céline Braconnier, « Le vote en contexte(s) », le 23 septembre 2021  

    Organisé par l'Université Paris Dauphine -PSL

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Camille Chopart, Genre, prison et aménagement des peines, thèse en cours depuis 2021  

    Cette thèse intitulée « Genre, prison et aménagement des peines » sera l'occasion de se demander comment les aménagements de peines sont donnés selon le genre, qui obtient des aménagements de peine, est-ce que leur genre a de l'importance dans cette obtention, comment est vécu l'aménagement de peine selon le genre et enfin les objectifs recherchés de l'aménagement de peine sont-ils les mêmes selon le genre des justiciables ? Pour l'instant, peu de recherches se sont intéressées aux manières dont sont données les aménagements de peine que ce soit après la condamnation, ou lors de l'incarcération selon le genre des individus. Nous aurons à tenir compte du genre des professionnel.les de justice et l'institution carcérale, ainsi que le genre des justiciables. Notre sujet relevant du genre des individus, on cherchera à savoir si les normes de genre ont des répercussions sur les attentes quant aux justiciables ; le contrôle diffère-t-il si le justiciable est une femme ? Le vécu de l'aménagement est-il similaire selon le genre des justiciables : les possibilités sont-elles les mêmes pour tous les individus (le type de travail d'intérêt général proposé, etc.)? Qu'en est-il du corps des condamné.es ? Est-ce similaire entre hommes et femmes ? Comment la personne condamnée appréhende-t-elle la peine en milieu ouvert ? On se demandera ce qu'est la réalité d'un aménagement de peine (sa matérialité, les règles à respecter, ce que cela produit au quotidien) ? Et enfin, lorsque la peine arrive à sa fin, on interrogera le ressenti des individus, leur perception de l'aménagement de peine, ce que cela leur a apporté, leur évolution au cours de leur peine, etc.

  • Babak Taghavi, Par-delà l'exception : sociologie d'une entreprise politique atypique le cas de François Ruffin, thèse soutenue en 2022 à Amiens sous la direction de Patrick Lehingue, membres du jury : Annie Collovald (Rapp.), Julien Fretel (Rapp.), Rémi Lefebvre    

    Depuis son entrée dans la compétition électorale, le député étudié présente une série de traits atypiques en politique. Activiste avant de faire irruption dans le champ politique, ce parlementaire entend mener à bien son entreprise représentative en toute autonomie. A l'appui d'une enquête ethnographique menée dans le giron du candidat puis député entre 2017 et 2020, de questionnaires administrés auprès des membres de son mouvement local, et d'une cinquantaine d'entretiens avec son entourage politique, professionnel, militant et familial, la thèse se saisit du cas de cet "électron libre" pour livrer une sociologie politique d'une représentation atypique. Il s'agit de déconstruire l'extraordinaire le plus immédiatement perceptible chez ce nouvel élu (l'attractivité militante, la démesure du travail de mobilisation, le recours à un registre spectaculaire ou bien les performances électorales) tout en réhabilitant une singularité enfin objectivée (le caractère vocationnel de l'aspiration à une vie publique ou bien encore la performativité du travail de représentation). Au-delà du cas étudié, la thèse pose en définitive la question des conditions sociales de l'efficacité politique d'une entreprise représentative parallèle

    Félicien Faury, Vote FN et implantation partisane dans le Sud-Est de la France : racisme, rapports de classe et politisation, thèse soutenue en 2021 à Ecole doctorale SDOSE Paris sous la direction de Éric Agrikoliansky, membres du jury : Philippe Aldrin (Rapp.), Éric Fassin (Rapp.), Abdellali Hajjat, Martina Avanza et Nonna Mayer   

    Adossée à une enquête de terrain réalisée de 2016 à 2019, mobilisant observations et entretiens semi-directifs, la thèse porte sur l'implantation électorale et partisane du Front national (FN, RN depuis 2018) dans un territoire du Sud-Est de la France. Ce travail combine l’analyse de la production ordinaire de votes FN (spécifiquement au sein de la composante non-ouvrière de l'électorat frontiste) à celle de l’offre politique locale (mobilisation partisane et implantation municipale). La thèse analyse les processus concrets par lesquels certaines formes de racisme (et leurs supports : blanchité, nationalisme, islamophobie) s’articulent avec certains types de concurrences sociales (accès aux ressources publiques, conflits d’usage du territoire, styles de vie), participant de la formation de préférences politiques pour l’extrême droite. Elle décrit ensuite les modalités par lesquelles ces conflictualités sociales racialisées se traduisent électoralement et sont travaillées par les structures partisanes frontistes locales.

  • Yassin Boughaba, Citoyennetés populaires en Suisse : Sociabilités et politique à Renens (1945-2013), thèse soutenue en 2016 à Nantes sous la direction de Jean-Noël Retière et Olivier Fillieule présidée par Bernard Voutat, membres du jury : Laurent Tissot (Rapp.), Gianni D'Amato et Cécile Péchu    

    Cette thèse porte sur les citoyennetés populaires en Suisse, c’est-à-dire les formes plurielles d’implication politique des membres des classes populaires. Elle vise à analyser leurs rapports à la politique, à partir d’une étude localisée portant sur les fractions ‘hautes’ des classes populaires, à savoir des ouvriers et des employés subalternes par ailleurs investis dans les lieux de sociabilité qui fondent la vie politique locale et cantonale. En d’autres termes, il s’agit de mettre au jour les rapports de domination qui traversent les classes populaires et les conséquences de cette segmentation sur leur implication politique. Dès lors, j’ai analysé des engagements partisans, syndicaux, associatifs et électoraux dans différents contextes historiques. En m’appuyant sur des investigations archivistiques et ethnographiques ainsi que sur des données statistiques, je montre que, dans les années 1940, le militantisme d’employés des Chemins de fer fédéraux au sein du Parti Ouvrier et Populaire induit une mise à distance des ouvriers du privé ; que la forte division existant dans les années 1960-1970 entre les ouvriers suisses et les ouvriers immigrés se manifeste par des prises de position xénophobes au sein de la Fédération des travailleurs de la métallurgie et de l’horlogerie ; enfin que, dans les années 2000, la participation de résidents d’origine étrangère au sein des lieux de sociabilité liés à la scène politique – le corps des sapeurs-pompiers et la section locale du Parti Ouvrier et Populaire – se fait sur un mode minorisant.

    Nordine Kireche, Garder le contrôle : les politiques municipales à Nanterre de l'après-guerre à nos jours face à la désindustrialisation, aux conflits avec l'Etat et aux transformations du peuplement de la ville, thèse soutenue en 2014 à Paris Institut détudes politiques sous la direction de Patrick Le Galès présidée par Marco Oberti, membres du jury : Anne-Cécile Douillet (Rapp.), Emmanuel Bellanger    

    Cette thèse est une contribution à l'analyse de décennies de recompositions sociales et politiques dans les anciens espaces industriels aux portes de Paris. La question qui a structuré ce travail est celle des manières dont plusieurs générations d'élus communistes de la région parisienne ont pu se maintenir au pouvoir dans le temps, malgré un ensemble de déstabilisations internes (via les transformations de la base sociale de leurs villes), et externes (à travers la dépendance de ces territoires à Paris ainsi qu'à un ensemble de transformations économiques, institutionnelles et politiques de portée nationale). Ce travail a été mené sous la forme d'une monographie de Nanterre. Cette ville, de par son histoire sociale, politique et sa géopolitique particulière constitue en effet un cas propice à l'étude de ces villes comme des systèmes sous pression, contraints aux changements. La direction de cette ville a certes été reconduite sous les couleurs du P.C.F jusqu'aux élections municipales de 2008, mais elle a également muté, en témoigne le départ du maire de la ville du P.C.F en 2010. Nous avons montré au fil de ce travail, grâce au passage par la sociologie de l'action publique, que ce changement d'étiquette politique n'est qu'un aspect d'un ensemble plus vaste d'adaptations des pratiques de ces élus. Les données produites permettent en effet de suivre près d'un demi-siècle d'adaptation de la stratégie électorale et des politiques municipales des différentes générations d'élus issus du P.C.F qui se sont succédées, dans le but de s'adapter aux changements d'environnement de la ville et ainsi conserver sa direction.

    Jessica Sainty, Les fabriques territoriales du raisonnement politique : analyse contextualisée dans quatre territoires de l'Isère, thèse soutenue en 2012 à Grenoble sous la direction de Bernard Denni présidée par Alain Faure, membres du jury : Nonna Mayer (Rapp.), Michel Bussi      

    Le territoire a-t-il une influence sur le raisonnement politique des individus ? C'est à cette question, en apparence classique, de la science politique que cette thèse entend répondre. A partir d'une enquête menée dans le contexte de l'élection présidentielle française de 2007, nous proposons d'aborder les voies théoriques et méthodologiques d'une étude de l'effet du « territoire » sur les raisonnements et les arguments mobilisés par les individus lorsqu'ils « parlent » de politique. En prenant successivement en compte le territoire comme agrégat de données quantitatives (territoire objectif) puis comme construction sociale opérée par les individus (territoire subjectif), nous proposons de revenir sur les apports d'une approche « écologique » et « processuelle » du raisonnement politique, permettant de comprendre les rouages et l'ampleur de la mobilisation du « territoire vécu » par les individus. La « politique » apparait à la fois comme le résultat d'un repérage des problèmes territoriaux et comme une série de thèmes définis a priori (l'Union Européenne, la mondialisation, le vote lors de l'élection présidentielle), donnant à voir deux aspects distincts de l'influence du territoire sur la politisation des individus. Nos résultats plaident pour le prolongement d'une analyse qualitative et contextualisée des compétences et des raisonnements politiques individuels.

  • Camille Amilhat, Apprendre le métier de citoyen : contribution à l'étude de la socialisation politique scolaire, thèse soutenue en 2021 à Paris 1 sous la direction de Daniel Gaxie présidée par Julien Fretel, membres du jury : Bertrand Geay (Rapp.), Stéphane Beaud (Rapp.), Stéphane Bonnéry et Julie Pagis    

    En 2015, à la suite des attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, le ministère de l’Éducation nationale a doté l’école française d’un nouvel enseignement moral et civique (EMC), du CP à la terminale. Jusqu’alors, et malgré la valorisation internationale de l’éducation à la citoyenneté face aux tensions démocratiques croissantes, cette dernière était peu enseignée dans les classes. Depuis l’instauration de l’EMC, dans quelles conditions le système scolaire français participe-t-il à équiper les futurs citoyens d’une compétence politique et civique ? En prenant ancrage dans la sociologie politique, les sciences de l’éducation et l’analyse des politiques publiques, notre recherche propose de comprendre ce processus de socialisation politique scolaire à partir de l’observation directe de cours d’EMC sur les institutions publiques dans sept classes de primaire et de secondaire de deux villes franciliennes entre 2016 et 2019, de la conduite d’entretiens approfondis avec les élèves et leur enseignant, et de l’étude des documents officiels du Ministère concerné. Bien que la dimension civique de l’EMC soit mise au second plan par le contexte d’action de la réforme et ses implications matérielles, certains professeurs, mus par un idéal démocratique, font quand même le choix de l’enseigner. Les effets de cette inculcation scolaire sur la familiarisation des élèves avec l’univers politique et judiciaire peuvent alors être forts et inattendus par rapport aux modèles sociologiques connus. Au-delà de l’influence des contextes scolaires, ils révèlent en effet des mécanismes de transmission et d’appropriation d’une nouvelle espèce de capital culturel : le capital culturel civique.

    Jérémie Moualek, A la recherche des voix perdues : contribution à une sociologie des usages pluriels du vote blanc et nul, thèse soutenue en 2018 à Université ParisSaclay ComUE sous la direction de Jean-Pierre Durand présidée par Frédéric Lebaron, membres du jury : Yves Déloye (Rapp.), Isabelle Sommier (Rapp.), Jean-Gabriel Contamin et Patrick Lehingue    

    Pourquoi l'électeur, s'il sait que son vote ne sera pas pris en compte, s'attache-t-il quand même à voter blanc et nul ? Plus globalement, comment le vote blanc et nul a-t-il pu persister et même augmenter, en dépit de son absence de prise en compte dans les suffrages exprimés ? C'est à ce double questionnement qu'est consacrée cette thèse.En prenant appui sur l'analyse de 52 entretiens semi-directifs avec des électeurs ayant déjà votés blancs et nuls ainsi que sur des archives de bulletins annulés issus des scrutins présidentielles et législatifs de 2007 et 2012 (près de 16 000) et des réponses à un questionnaire diffusé en ligne (1632), notre démarche est donc d'allier le comment au pourquoi (et au « pour quoi ? ») et d'étudier le vote en acte davantage que le vote comme choix ou orientation. Le tout, en interrogeant le vote blanc et nul, non pas seulement comme un refus conjoncturel de choisir – lié essentiellement à un défaut conjoncturel de l'offre politique –, mais en mettant en évidence une autre lecture du phénomène. Plus précisément, nous abordons le vote blanc et nul comme un ensemble d'usages et significations socialement différenciés.Ainsi, dans une Partie n°1, nous étudions l'apparition de la catégorie « blanc et nul », la variation historique de ses normes (explicites et implicites) et les luttes dont sa définition a été l'objet. Le tout, pour comprendre comment une certaine définition du vote blanc et nul s'est imposée au point de faire sens commun (notamment la binarité manichéenne « blanc » versus « nul »). Dans une Partie n°2, il s'agit alors d'analyser la façon dont ce sens commun peut être l'objet de réceptions (voire de réappropriations) individuelles ou collectives – légitimes et illégitimes – par les agents sociaux. Et ce, au point de faire du vote blanc et nul une pratique aux usages pluriels, car socialement différenciés. Enfin, loin d'être réduits aux rôles de « récepteurs », des électeurs peuvent apparaître aussi comme des contributeurs dans la construction – toujours mouvante – de la définition de ce vote, au point d'en faire, par exemple, un outil d'action collective.

    Guillaume Petit, Pouvoir et vouloir participer en démocratie : sociologie de l'engagement participatif la production et la réception des offres institutionnelles de participation à l'échelle municipale, thèse soutenue en 2017 à Paris 1 sous la direction de Loïc Blondiaux, membres du jury : Nonna Mayer (Rapp.), Rémi Lefebvre (Rapp.), Guillaume Gourgues et Frédéric Sawicki      

    Les élus locaux veulent associer les citoyens, qui veulent pouvoir être entendus et peser dans les décisions. Ces propositions résument les enjeux d'une démocratie participative, à la fois comme idéal de gouvernement et comme norme de l'action publique locale. La thèse revient sur la mise à l'épreuve de l'impératif délibératif à l'échelle municipale, depuis les années 1990. L'enquête repose sur l'analyse des conditions sociales de la production et de la réception d'offres institutionnelles de participation, dans trois communes de 20 000 habitants. Au travers d'une approche inductive et pluri-méthodologique, nous proposons une sociologie de l'engagement participatif, entre études sur la socialisation politique et sur l'action publique locale. L'attention portée aux contextes, aux acteurs et aux formats de l'offre de participation, permet d'en constater l'institutionnalisation inaboutie et les appropriations socialement situées. Nous argumentons en faveur d'une compréhension dispositionnelle et situationnelle des parcours de participation et de non-participation, pour élaborer une théorie ancrée de l'engagement participatif, entre pouvoir et vouloir. Dans ce cadre, la possibilité intermittente d'une participation réalisée ne se comprend qu'au regard d'un engagement distancié, critiqué, empêché ou évité. En toute fin, si elle est une voie d'intéressement à un intérêt local commun, l'offre de participation voit sa portée sociale et politique fondamentalement limitée par l’encastrement de la participation dans la représentation.

    Kevin Geay, Enquête sur les rapports au politique des classes supérieures, thèse soutenue en 2015 à Paris 9 sous la direction de Brigitte Le Grignou et Éric Agrikoliansky présidée par Stéphane Beaud, membres du jury : Philippe Aldrin (Rapp.), Nicolas Mariot (Rapp.)    

    Cette thèse s’appuie sur une série d’enquêtes qualitatives et quantitatives pour proposer une analyse systématique du rapport au politique des classes supérieures françaises. Notre hypothèse est que l’on peut mieux spécifier la manière dont les mieux dotés participent, opinent, et font valoir leurs intérêts, si l’on prend au sérieux tous les comportements qui ne collent pas avec la description usuelle d’une classe supérieure compétente, investie et intégrée politiquement. Ainsi, s’intéresser aux formes bourgeoises de scepticisme et de relâchement dans la participation conventionnelle autorise une compréhension plus fine du lien entre statut social et politisation. De même, être attentif aux ratés de la reproduction des préférences politiques révèle en creux ce qui, dans le fait d’appartenir aux classes supérieures, dispose au vote de droite. Enfin, nous préciserons les conditions de possibilité du pouvoir des classes supérieures en prenant pour objet les rendements incertains du capital social spécifique que constitue la proximité aux élus, d’une part, et les tentatives malheureuses de contrôle territorial, d’autre part.

    Samir Hadj Belgacem, Représenter les quartiers populaires ? : une socio-histoire de l'engagement électoral et partisan dans les cités d'une municipalité communiste, thèse soutenue en 2015 à Paris Ecole normale supérieure sous la direction de Stéphane Beaud et Bernard Pudal, membres du jury : Éric Agrikoliansky (Rapp.), Sylvie Tissot (Rapp.), Annie Collovald   

    Au croisement d’une histoire sociale du pouvoir local, d’une ethnographie des mobilisations électorales et d’une sociologie des porte-parole, cette thèse se consacre à l’étude des conditions de représentation électorale des habitants des cités dans une ancienne municipalité communiste de la banlieue parisienne. Elle s’intéresse aux processus de production de porte-parole et à leur accès au pouvoir municipal. L’enquête s’appuie sur des entretiens approfondis et croisés avec les différents protagonistes, sur des observations directes, sur l’analyse d’archives ainsi que sur des statistiques descriptives. La thèse montre que la faible représentation des porte-parole de cités parmi les élus n’est pas tant liée à une crise des vocations qu’à une crise des débouchés dans un marché électoral fermé et dans un contexte de dévaluation du militantisme partisan. La première partie rend compte du déclin du modèle ouvriériste de représentation des classes populaires et du creusement de la distance sociale entre les élus de la gauche municipale et les fractions minoritaires des classes populaires. La seconde partie explique comment les métiers « d’éducateurs » deviennent une filière propice au porte-parolat et offrent un modèle alternatif de militantisme, faisant de l’encadrement de la jeunesse populaire, un nouvel enjeu de luttes dans l’espace du pouvoir local. Enfin, la dernière partie envisage les logiques d’importation de ces conflits associatifs et professionnels dans le champ électoral. La mobilisation des éducateurs de cités aux élections se déroule en plusieurs étapes, passant de la recherche d’alliances avec la gauche municipale à des logiques de concurrence partisane, puis d’opposition.

    Julien Audemard, Influences interpersonnelles : comment les contextes structurent les opinions et les votes, thèse soutenue en 2013 à Montpellier 1 sous la direction de Jean-Yves Dormagen, membres du jury : Loïc Blondiaux (Rapp.), Florence Haegel (Rapp.), Daniel Gaxie et Nonna Mayer      

    « Les gens qui parlent ensemble votent ensemble ». En écrivant ces quelques mots, le sociologue britannique William Miller résumait, à la fin des années 1970, une tradition de recherche déjà ancienne : le vote, en tant qu‟expérience de groupe, se joue d‟abord dans les rapports que les citoyens ordinaires entretiennent avec ceux avec qui ils vivent quotidiennement. La recherche présentée dans cette thèse propose de réinterroger cette hypothèse par l‟intermédiaire d‟une enquête visant à saisir comment le contexte social d‟appartenance – entendu comme l‟entourage relationnel d‟un individu - structure la pratique des échanges politiques, et en quoi cette pratique peut-elle impacter les comportements électoraux individuels. L‟enquête en question a donc consisté à adapter la technique de l‟échantillonnage en boule-de-neige à la passation de questionnaires de personne à personne. Partant d‟un échantillon de base de dix personnes mobilisées à trois reprises – en 2009, 2010 et 2012 – il m‟a ainsi été possible d‟identifier des chaînes de relations grâce à la circulation de questionnaires au sein des cercles d‟interconnaissance des participants. En plus de données statistiques, l‟enquête s‟appuie sur une analyse ethnographique de la phase de construction des différents échantillons. Ce travail repose sur le postulat selon lequel les questionnaires élaborés constituent des "objets politiques", avec pour conséquence que les échanges de questionnaires au sein des populations étudiées instaurent de fait un cadre d'interactions présentant une dimension "politique". L‟étude ethnographique de la mise en oeuvre de cette passation offre ainsi l‟occasion de porter un regard original sur les moyens par lesquels des citoyens ordinaires organisent des échanges à dimension politique au sein de leurs réseaux d‟appartenance. Les résultats de cette analyse, confrontés à celle des échanges politiques plus ordinaires pratiqués au sein des contextes identifiés au cours de l‟enquête, montrent que le politique, loin d‟obéir à des logiques autonomes, prend sa source et prolonge les normes et les identités sociales produites par les groupes. La structure sociale du contexte – notamment son degré de cohésion – et sa composition en termes de ressources économiques, culturelles et politiques, déterminent le déroulement des échanges politiques et leur capacité à créer de la mobilisation et à faire en sorte que les identités collectives se traduisent en choix électoraux.

    David Gouard, La banlieue rouge face au renouvellement des générations : une sociologie politique des cités Maurice Thorez et Youri Gagarine à Ivry-sur-Seine, thèse soutenue en 2011 à Montpellier 1 sous la direction de Jean-Yves Dormagen, membres du jury : Florence Haegel (Rapp.), Michel Hastings (Rapp.), Olivier Masclet et Bernard Pudal    

    Durant plusieurs décennies, au sein de ce qui s'est appelé la « banlieue rouge », Ivry-sur-Seine faisait figure de « bastion » modèle pour le Parti Communiste Français. Le communisme municipal ivryen avait fait de ses cités ouvrières des espaces laboratoires au service d'un creuset d'affiliation sociopolitique particulièrement efficace. Jusqu'au tournant des années 1980, aux cités Maurice Thorez et Youri Gagarine, les résultats électoraux enregistrés par les différents représentants communistes en ont attesté. Avec la remise en cause du modèle de politisation fondé sur l'écosystème industriel, le renouvellement des générations pose avec acuité la question des conditions de reproduction d'une affiliation sociopolitique favorable aux représentants communistes. Une approche ethnographique sur la longue durée a permis de renseigner cette question. Depuis le milieu des années 1980, la trajectoire sociopolitique contrastée des deux quartiers atteste des ruptures infra-communales touchant ce type de territoire de la banlieue parisienne. Dans le quartier Youri Gagarine, la majorité des anciennes familles ouvrières a été remplacée par les nouveaux milieux populaires essentiellement composés de populations issues de l'immigration. Entretenant une historicité tout à fait différente à l'égard de l'étiquette « communiste(s)», les nouvelles générations participent, parfois activement, d'une contestation de l'ancienne autorité politique locale. À l'inverse, dans le quartier Maurice Thorez, situé au cœur du centre-ville, les descendants des familles ivryennes les plus proches de l'appareil partisan et/ou municipal ont maintenu résidence. Dans ce quartier, autour d'une endocratie politique locale, se maintiennent des liens communautaires fonctionnant de manière relativement indépendante de l'ancien encadrement partisan. Pour de nombreuses familles ivryennes appartenant à la classe moyenne, le maintien d'une certaine autorité communiste facilite leur accompagnement social, politique et électoral des métamorphoses contemporaines du communisme municipal.