Céline Braconnier, Catherine Achin, Éric Agrikoliansky, Philippe Aldrin, Les contextes du vote: l'ancrage social des pratiques électorales, Presses universitaires du Septentrion, 2025, Espaces politiques, 368 p.
Céline Braconnier, Louise Gaxie, Hélène Bidard, Alain Obadia, Marion Fontaine [et alii], Les classes populaires à l'écart du politique ?: actes du colloque organisé [par la Fondation Gabriel-Péri] les 11 et 12 mars 2022 à l'auditorium de l'Hôtel de Ville de Paris, Les éditions de la Fondation Gabriel Péri, 2023, 224 p.
Céline Braconnier, Lorenzo Barrault-Stella, Brigitte Gaïti, Patrick Lehingue, Éric Agrikoliansky [et alii], La politique désenchantée ?: perspectives sociologiques autour des travaux de Daniel Gaxie, Presses universitaires de Rennes, 2022, 372 p.
"Cet ouvrage propose une réflexion de politistes et de sociologues qui s'adosse aux travaux de Daniel Gaxie, qu'il s'agisse de ceux sur la représentation et la professionnalisation politiques, sur la politisation des "profanes", sur le militantisme et ses rétributions ou encore sur les luttes au principe de l'action publique. Les textes réunis posent frontalement la question de l'actualisation des apports de cette sociologie politique et ils interrogent les manières de la renouveler." [Source : éditeur]
Céline Braconnier, François Ploux, Philippe Aldrin, Julien Beaugé, Michel Offerlé [et alii], La politique sans en avoir l'air: aspects de la politique informelle, XIXe-XXIe siècle [colloque, Lorient, 16-17 décembre 2009, Presses universitaires de Rennes, 2019
Politique informelle : l'expression a été rarement utilisée dans le champ des sciences sociales comme si elle était frappée d'emblée d'obsolescence, le politique ne pouvant être que formalisable pour être repérable. Elle occupe pourtant ici le terrain après qu'une vingtaine de chercheurs (des historiens, des politistes, des sociologues) se sont essayés, à partir de leurs objets de recherche - fête populaire, iconoclasme, rumeur, pamphlet, dîner de veuve, charivari, braconnage... - et en fonction de leurs pratiques disciplinaires, à en dessiner les contours pour en éprouver la pertinence. Il ne s'agit donc pas, en nous intéressant à la politique informelle, d'ajouter une expression supplémentaire à un lexique déjà bien fourni au risque de semer un peu plus la confusion et de brouiller un ensemble de définition qui oscille entre sa version maximaliste - tout est en passe de devenir politique - et sa version minimaliste - le politique se réduit à un champ strictement délimité dont les sciences sociales ausculteraient la genèse et les évolutions. Plutôt que de considérer l'élaboration et l'installation d'un ordre politique sous l'angle de ses acteurs/agents et de ses formes de mobilisation les plus classiques (la citoyenneté électorale ou la structuration des formes partisanes), pari a été fait qu'un changement de point de vue - la politique vue des coulisses pour paraphraser Maurice Agulhon - permettrait d'enrichir la connaissance de cet ordre-là. Une tentative de le reconsidérer à travers cette expression volontiers ambigüe qui entend moins être une nouvelle catégorie normative, une définition par le manque, qu'une incitation à une réflexion sur les relations entre le champ politique et son hors-champ, et sur les façons de dire et de faire de la politique sans en avoir l'air
Céline Braconnier, Olivier Fillieule, Florence Haegel, Camille Hamidi, Vincent Tiberj [et alii], Sociologie plurielle des comportements politiques: je vote, tu contestes, elle cherche…, Cairn, 2017, Académique
Céline Braconnier, Éric Agrikoliansky, Philippe Aldrin, Julien Audemard, Lorenzo Barrault-Stella [et alii], L'ordinaire du politique: enquêtes sur les rapports profanes au politique, Presses universitaires du Septentrion, 2016, Paradoxa
Céline Braconnier, Nonna Mayer (dir.), Les inaudibles: sociologie politique des précaires, Presses de la Fondation nationale des sciences politiques, 2015, Fait politique, 291 p.
Céline Braconnier, Une autre sociologie du vote: les électeurs dans leurs contextes bilan critique et perspectives, Lextenso éditions, 2010, Collection LEJEP, 207 p.
Céline Braconnier, Yves Déloye, Comprendre les comportements électoraux par les approches environnementales,, 2009, 184 p.
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, La démocratie de l'abstention: Aux origines de la démobilisation électorale en milieux populaires, Gallimard, 2007, Folio (Actuel), 464 p.
Céline Braconnier, Benoît Verrier, Jean-Yves Dormagen, Non-inscrits, mal-inscrits et abstentionnistes, la Documentation française, 2007, Rapports et documents, 79 p.
Céline Braconnier, Sylvia Bataille, L'intégration, Gallimard jeunesse, 1999, Citoyens en herbe, 45 p.
Céline Braconnier, Sylvia Bataille, Les institutions, Gallimard jeunesse, 1999, Citoyens en herbe, 44 p.
Céline Braconnier, Pierre Birnbaum, Improbable cité: Paris et la transition démocratique au début de la troisième république étude de morphologie politique, Atelier national de reproduction des thèses, Université Lille 3, 1998, Lille-thèses, 1 p.
Cette thèse interroge les processus à l'œuvre dans la construction politique de la capitale et en mesure les effets sur la figure du local que Paris constitue également. Elle rend compte du conflit qui, au début de la IIIe république, a opposé les parisiens menés par le groupe d'autonomie communale à ceux, de plus en plus nombreux au fur et à mesure de la démocratisation du régime, qui prétendent présider aux destinées de la ville au nom de la France : représentants de l'état, élus de la nation mais aussi littérateurs ou membres d'associations. Elle montre comment la nationalisation de Paris, dont la consécration évince la démocratie urbaine des enjeux politiques légitimes, devient acceptable pour les parisiens quand, au tournant du siècle, le champ politique et culturel local devient lui-même le relai d'offres identitaires fondées sur le rejet de la citoyenneté. Par le biais d'une exclusion muée en refus de prise de rôle, la surestimation de soi collective de parisiens apprenant à tirer profit de l'identification de Paris à la France comble les frustrations engendrées par leur mort politique.
Céline Braconnier, Nonna Mayer, « Les dynamiques du décrochage civique illustrées par la hausse de l’abstention aux scrutins nationaux », Informations sociales, Informations sociales, 2024, n°212, pp. 50-58
Céline Braconnier, Pierre-Yves Baudot, Marie-Victoire Bouquet, Ghislain Gabalda, « Does public policy shape voter registration? : People with disabilities and the 2017 French elections », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2020, n°70, pp. 747-772
This article examines the results of the first statistical survey on the political participation of persons with disabilities in France. By cross-referencing the data obtained in a random sample of the files maintained by three French welfare agencies specializing in persons with disabilities (MDPH, maisons départementales de personnes handicapées) with voter registration lists and voting records, we shall analyse how situations of disability – described here in terms of the administrative relationships involved – frame access to political citizenship. We shall argue that the gap in political participation occurs at the level of voter registration, in particular for those persons requiring the most assistance; we shall then explain how the intensity and modalities of the assistance provided largely determine the level of electoral exclusion.
Céline Braconnier, Pierre-Yves Baudot, Marie-Victoire Bouquet, Ghislain Gabalda, « Les politiques publiques façonnent-elles les listes électorales ? Le cas des personnes handicapées en 2017 », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2020, n°6
Céline Braconnier, Baptiste Coulmont, Jean-Yves Dormagen, « The heavy variables are still alive and kicking : The drop in voter turnout and the increase in electoral disparities in spring 2017 », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°67, pp. 1023-1040
Building on the Voter Turnout Survey 2017 conducted by Insee, and consequently based on data integrity out of selection bias, self-selection or declaration, the authors show that the increase of abstention during the 2017 election cycle – real but relatively contained for the presidential election, dramatic for the parliamentary elections – doesn’t lead to an equal voting process for all the citizens. On the contrary, the socio-demographic inequalities in participation have continued to rise during the last decade. There are first the result of inequalities in education. The continued relevance of the sociological model explaining the participation has been broadly confirmed.
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Vincent Pons, « Voter Registration Costs and Disenfranchisement: Experimental Evidence from France », American Political Science Review, Cambridge University Press (CUP), 2017, n°3
Céline Braconnier, Maud Navarre, « La politique peut encore changer des vies », Sciences Humaines, Sciences Humaines, 2017, n°289, pp. 25-25
Céline Braconnier, Baptiste Coulmont, Jean-Yves Dormagen, « Toujours pas de chrysanthèmes pour les variables lourdes de la participation électorale », Revue Française de Science Politique, Presses de Sciences Po, 2017, n°6
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Ghislain Gabalda, Xavier Niel, « Voter “Misregistration” in France and Its Impact on Voter Turnout : A Sociological Study », Revue française de sociologie, Revue française de sociologie, 2016, n°57, pp. 17-44
Drawing on a representative sample of nearly 40,000 registered voters in France, the article measures, for the first time at the national scale, the magnitude of voter “misregistration” — being registered to vote but not at current or main residence address — and the sociological characteristics of the phenomenon. Six and half million persons eligible to vote in the country’s 2012 national elections were misregistered; i.e., they had not re-registered at their new address after moving. The largest groups in this situation are highly mobile — notably students and senior managers; being misregistered undermines their predisposition to vote. Analysis of individual voting records finds that voters not registered in the municipality they reside in are three times more likely than others to abstain consistently.
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Ghislain Gabalda, Xavier Niel, « Sociologie de la mal-inscription et de ses conséquences sur la participation électorale », Revue française de sociologie, Presses de Sciences Po / Centre National de la Recherche Scientifique, 2016, n°1, pp. 17-44
Céline Braconnier, Antoine Jardin, Léa Morabito, Manon Réguer-Petit, « Les Inaudibles : Comportements et attitudes politiques des précaires », Idées économiques et sociales, Idées économiques et sociales, 2015, n°182, pp. 51-61
Le 27 mai 2015, des chercheurs en science politique ont donné une conférence au lycée Janson-de-Sailly à Paris devant des élèves de 1re et terminale ES et de CPGE B/L et ECE. Ils venaient présenter l’ouvrage collectif Les Inaudibles, sociologie politique des précaires, publié en mars 2015. Celui-ci présente les résultats d’une enquête réalisée pendant la campagne présidentielle de 2012 sur le rapport à la politique de populations faisant l’expérience de la précarité.
Céline Braconnier, Antoine Jardin, Léa Morabito, Manon Réguer-Petit, « Les Inaudibles . Comportements et attitudes politiques des précaires », Idées économiques et sociales, Réseau Canopé, 2015, n°182, pp. 51-61
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, « Une démocratie de l'abstention. Retour sur le non-vote et ses conséquences politiques lors des scrutins municipaux et européens de 2014 », Hérodote, Hérodote, 2014, n°154, pp. 42-58
L’abstention a constitué un facteur déterminant des scrutins de 2014. D’abord par son ampleur. En progression constante aux municipales, elle affecte aujourd’hui presque un citoyen sur deux. Elle s’est stabilisée à un niveau très élevé aux européennes puisque moins d’un Français sur trois y participe désormais. Cette situation produit de fortes inégalités sociales de participation électorale. Les plus jeunes, les moins diplômés, les plus instables professionnellement sont nettement sous-représentés dans les urnes, en 2014 comme, déjà, en 2008 et 2009. Enfin, la mobilisation différentielle, traditionnellement défavorable au camp qui gouverne, a été particulièrement marquée cette année, expliquant largement la défaite historique de la gauche qui a échoué à faire voter nombre des segments de son électorat sociologiquement composite.
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Daniella de Castro Rocha, Alexandra Harwood, « When the Working-Class Go to the Polls », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2014, n°63, pp. 487-518
This article reports the results of a field study on mobilization and electoral choice in a poor neighbourhood of Brasilia during the 2010 elections. The main purpose of the article is to explain the very high participation rate recorded in this highly populated area where people are weakly politicized. The ‘compulsory’ dimension of the vote is an essential factor and a powerful incentive for candidates to attract even the less-politicized citizens. Our in-situ observations show that very high participation rates result in large part from intense campaigning based primarily on clientelist transactions, face-to-face interactions, and the presence of more or less professionalized ‘election agents’ who are well integrated into local society.
Céline Braconnier, « Ce que le terrain peut faire à l'analyse des votes », Politix, Politix, 2013, n°100, pp. 99-112
L’analyse électorale se nourrit surtout, aujourd’hui, de données de sondages atomistiques. Le modèle explicatif de l’électeur rationnel produisant ses votes seul à partir d’une étude de l’offre politique s’en trouve encore renforcé. En prenant appui sur des expériences de recherche par plans d’observation localisés, il s’agit ici de souligner l’intérêt scientifique que présente un retour au terrain pour comprendre plus en profondeur ce dont les votes sont faits. D’une part, l’étude de cas, par le cumul et le croisement de données variées dont la solidité est contrôlée, permet de dessiner des logiques fines de comportement dont d’autres enquêtes peuvent ensuite établir la distribution dans l’espace social. D’autre part, elle ménage une appréhension des électeurs dans leurs environnements – familiaux, amicaux, résidentiels – qui autorise l’analyse de la nature collective du vote. Les caractéristiques socio-démographiques des individus, leur parcours scolaire, professionnel, résidentiel, sont alors appréhendés comme des prédispositions incorporées à s’abstenir, à voter ou à le faire dans un certain sens dont le chercheur saisit l’actualisation dans des pratiques ou au contraire la neutralisation par les environnements. Faire du terrain conduit donc à penser le vote autrement.
Céline Braconnier, « With Several Voices: What in situ Group Interviews Can Contribute to Sociology of Voting », Revue française de sociologie, Revue française de sociologie, 2012, n°53, pp. 61-93
In situ group interviews, to be distinguished from focus groups and face-to-face individual interviews, have not yet found their rightful place among the tools available to social science researchers. This article, based on research experience in sociology of voting, points up the specificity of information produced in the in situ group framework and its particular usefulness in accounting for the contextual determinants of individual behavior. Questioned together in spaces where they habitually meet, couples and small groups of friends, colleagues and neighbors are willing to speak of or admit to political behavior they do not mention in other survey situations. But above all, this situation makes visible the relationships between respondents, including influence, pressure, and the bandwagon behavior those relationships may induce. In situ group interviews are thus a fitting tool for improving our understanding of what is implied today in the collective dimension of the act of voting.
Céline Braconnier, « Le vote et l'abstention en temps de crise », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2010, n°13, pp. 57-64
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, Simon Jackson, « Does an ethnic divide structure voting behaviors in working-class neighborhoods? », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°60, pp. 663-689
This article presents the results of a field study carried out over seven years in a social housing complex in the northern suburbs of Paris. One of the conclusions of the study is that individual and collective identities as well as social relations are, in a neighborhood of this sort, largely structured by categories of race and ethnicity. We find that ethnicity itself, as understood and produced by voters, is one of the determinants of identity-based voting. The subjective relationship to national origin, and, more broadly, the “ethnicization” of cognitive frameworks, are keys to understanding why French citizens of African origin (who make up about half the population of the housing project in question) vote almost exclusively for the left, while a significant proportion of “native” French voters vote for the National Front or, in the most recent presidential election, for Nicolas Sarkozy.
Céline Braconnier, « Muxel (Anne) – Toi, moi et la politique. Amour et convictions. – Paris, Seuil, 2008. 288 p. Bibliogr. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2010, n°60, p. -
Céline Braconnier, « Les sages interpellés : Quelques usages profanes du Conseil constitutionnel », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2008, n°58, pp. 197-230
RésuméLe Conseil constitutionnel a conquis, au cours des 30 dernières années, une place de premier plan dans l’espace institutionnel français. Sa visibilité dans l’espace public s’en est trouvée accrue, suscitant des interpellations spontanées de la part de citoyens ordinaires. À partir d’un échantillon de courriers adressés aux juges de la rue Montpensier au cours des années 1990, cet article dresse un premier répertoire des usages profanes dont l’institution fait l’objet. Via les figures de l’expert, du justiciable et du citoyen prenant la plume, il montre qu’au moins trois types bien différenciés sont mis en œuvre, qui se comprennent par référence aux perceptions que les auteurs entretiennent des neuf sages, aux ressources qu’ils investissent dans l’acte d’écriture et aux rétributions attendues de leur démarche.
Céline Braconnier, Jean-Yves Dormagen, « Le vote dans les périphéries urbaines. Constantes et évolutions », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2007, n°1, pp. 65-77
Céline Braconnier, « MASCLET (Olivier) – La gauche et les cités. Histoire d’un rendez-vous manqué. – Paris, La Dispute, 2003 », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2004, n°54, p. -
Céline Braconnier, « Paris en revues la production de communautés imaginées au café-concert au tournant du xxe siècle », Sociétés & Représentations, Sociétés & Représentations, 2004, n°17, pp. 211-245
RésuméL’auteure analyse la contribution d’un genre très codifié de divertissement citadin, la revue d’actualités, comme production d’un imaginaire local parisien au tournant du xixe et du xxe siècles. Elle rend compte d’une offre identitaire en mouvement qui, en fonction des périodes, entre ou non en cohérence avec celles produites dans d’autres sphères de la vie locale. Paris est d’abord mis en scène comme communauté politique intégrative : l’imaginaire revuesque contribue alors au renforcement et à la diffusion des valeurs exaltées depuis l’Hôtel de Ville. La figure centrale du citoyen disparaît toutefois progressivement derrière celle de l’habitant d’une communauté parisienne de plus en plus définie à partir de critères sociaux, culturels et comportementaux dont les revues seraient les productrices autonomes.
Céline Braconnier, « Traquer le politique : le repérage policier à la fin du XIXe siècle », Association Espaces Temps, Paris : Association Espaces Temps et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2001, pp. 124-138
Les logiques qui président au repérage du politique par les agents de la Préfecture parisienne à la fin du XIXe siècle dépendent de la mission qu 'ils ont à mener et des enjeux particuliers qu'elle charrie. Elles relèvent, d'une part, du bricolage généralisé de normes ambiguës, visant à pallier l'absence de définition par le législateur. Mais elles renvoient aussi à une qualification plus maîtrisée, dans laquelle se joue l'affirmation de l'autorité de la police alors mise à mal.
Céline Braconnier, « Braconnages sur terres d'État. Les inscriptions politiques séditieuses dans le Paris de l'après-Commune (1872-1885) », Éditions Belin, Paris : Éditions Belin et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 1999, pp. 107-130
■ Céline Braconnier: Braconnages sur terres d'État. Les inscriptions politiques séditieuses dans le Paris de Paprès-Commune (1872-1885) Dans les rapports de police qui en rendent compte au jour le jour, ce qui : s'inscrit illégalement sur les murs de Paris dans la décennie qui suit la Commune est lu comme le signe d'une immaturité politique propre aux gamins, aux fous, aux barbares. L'étude - systématique tend à invalider cette hypothèse en consacrant l'inscription - comme : élément d'un : répertoire : d'action politique. Comme tel. il prendrait sens par référence au contexte particulier d'une transition démocratique à la fois porteuse d'incitations à prendre la parole et d'interdits sur la manière dont elle doit l'être. L'attention prêtée à la répartition temporelle et spatiale des inscriptions comme à leur contenu discursif révèle en effet deux types de logique d'action régulièrement à l'œuvre. La première est une logique contestataire: la confiscation : de la rue par l'État est à la fois dévoilée et dénoncée au nom des valeurs de . liberté et/ou d'égalité. La seconde est une logique de résistance: à travers des mises en scènes gestuelles et discursives d'eux-mêmes, les auteurs anonymes se réapproprient la rue et l'inventent comme espace d'un pouvoir citoyen imaginaire.