Sophie Delbrel

Maître de conférences HDR
Histoire du droit et des institutions.
Faculté de droit et science politique

Institut de Sciences Criminelles et de la Justice
  • THESE

    La juridiction des Traites de Bordeaux : 1691-1790, soutenue en 2001 à Bordeaux 4 sous la direction de Bernard Gallinato 

  • Sophie Delbrel, Anne-Laure Girard, Adrien Lauba, Damien Salles, François Ost [et alii], Les racines littéraires du droit administratif, Presses universitaires juridiques de Poitiers, 2025, Collection Actes et colloques de la Faculté de droit et des sciences sociales, 247 p.    

    Malgré le succès actuel du courant Droit et Littérature, il n'existait jusqu'alors aucune étude d'ensemble consacrée au droit administratif. C'est ce manque que cet ouvrage entend en partie combler. Ce regard littéraire sur la discipline n'est pas un exercice d'érudition dénué de toute portée. Le décloisonnement des savoirs et l'alliance des compétences de juristes, d'historiens et de lettrés, apportent une authentique contribution à la connaissance de la pensée juridique. Trois thématiques nourrissent cette approche critique des racines du droit administratif : les grands auteurs, les grands récits et les grands procédés littéraires. L'ouvrage explore ainsi les valeurs et les fonctions que la doctrine administrativiste a en vue lorsqu'elle distingue en son sein un corpus spécifique d'auteurs. Il met en outre en lumière des administrativistes qui se sont illustrés par une double vie (juridique et littéraire) et s'enquiert de l'influence de cette incursion dans les lettres sur leur présentation du droit administratif. Il s'empare encore de la puissance instituante des récits du droit administratif et de ceux mettant en scène l'administration afin de rechercher leur sens et leur rôle. Enfin, par ses réflexions et analyses historiques sur les mots, le style, les adages, les métaphores, les genres qui impriment leur marque dans l'écriture du droit administratif, il restaure la littérarité trop longtemps dissimulée de cette discipline. Le présent ouvrage dirigé par Anne-Laure GIRARD (Institut de droit public), Adrien LAUBA et Damien SALLES (Institut d'histoire du droit) de l'Université de Poitiers réunit les travaux de douze contributeurs : Fr. OST (Professeur Vice-Recteur honoraire des Facultés universitaires Saint-Louis Doyen honoraire de la Faculté de droit Université Saint-Louis (Bruxelles)), G. RICHARD (Professeur d'Histoire du droit à l'Université de Paris), S. DELBREL (Maître de conférences en Histoire du droit à l'Université de Bordeaux), A. LAUBA (Maître de conférences en Histoire du droit à l'Université de Poitiers), J.-P. MASSON (Professeur honoraire de l'Université Libre de Bruxelles), M. TOUZEIL-DIVINA (Professeur de droit public à l'Université Toulouse 1 Capitole), H. ORIZET (Maître de conférences en droit public à l'UCO d'Angers), C. CHAUVET (Professeur de droit public à l'Université d'Angers), A. HACHEMI (Professeure de droit public à l'Université Paris 8 Vincennes-Saint- Denis), B. DEFOORT (Professeur de droit public à l'Université de Tours), D. SALLES (Professeur d'Histoire du droit à l'Université de Poitiers) et A.-L. GIRARD (Professeure de droit public à l'Université de Poitiers)

    Sophie Delbrel, Zola, peintre de la justice et du droit, Dalloz, 2021, 445 p. 

    Sophie Delbrel, Josette Rico (dir.), La lettre et la loi: endroit et envers du prétoire, Éditions Cujas, 2015, 151 p. 

    Sophie Delbrel (dir.), Le prix de la justice. Histoire et perspectives: histoire et perspectives [colloque, 11 et 12 mars 2010, à Pessac, Presses universitaires de Bordeaux, 2013, Université Montesquieu Bordeaux IV (Droit), 459 p.  

    Sophie Delbrel, Une histoire de la justice douanière: l'exemple de Bordeaux sous l'Ancien Régime, Pulim, 2012, Cahiers de l'Institut d'anthropologie juridique, 379 p.  

    Sophie Delbrel, Bernard Gallinato (dir.), Les hommes de la vigne et du vin: figures célèbres et acteurs méconnus, Éditions du Comité des travaux historiques et scientifiques, 2011, CTHS Histoire, 206 p.  

    L’histoire de la vigne et du vin est l’histoire d’une quête de la qualité. Elle ne peut être comprise pleinement qu’à travers les parcours des hommes et des femmes qui, face aux menaces pesant régulièrement sur la vigne et le vin, œuvrent à l’amélioration des techniques de viticulture, au perfectionnement des méthodes de vinification et à une meilleure promotion du produit. Nombreux sont ceux qui écrivent cette histoire. Aux côtés des vignerons et des négociants, des scientifiques, des journalistes, des médecins, des architectes ou encore des politiques contribuent à dynamiser l’activité et l’économie de la filière vitivinicole. Le vin, produit dont le prestige n’a cessé de s’affirmer au fil des siècles, est ainsi devenu l’affaire de tous. Inspiré par les recherches présentées lors du 134e Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, cet ouvrage offre une galerie de portraits d'hommes de la vigne et du vin, célébres ou oubliés, dans toute leur diversité.

    Sophie Delbrel, Pierre Allorant (dir.), Conseiller, légiférer, gouverner: actes du colloque d'Orléans des 11 et 12 juin 2009, Presses universitaires d'Orléans, 2010, 227 p. 

    Sophie Delbrel, Bernard Gallinato, Jacques Bouveresse, Jean-Pierre Royer, Gérard Aubin [et alii], La juridiction des Traites de Bordeaux: 1691-1790, 2001, 609 p.  

    En 1691, le pouvoir royal crée à Bordeaux une juridiction des traites. Jusqu'en 1790, elle connaît du contentieux des droits de douanes locaux, dénommés convoi et comptablie. Au-delà de son fonctionnement, il s'agit d'étudier la portée de son action, dans la grande ville de négoce qu'est Bordeaux au XVIIIème siècle. En effet, les décisions du juge des traites interfèrent non seulement avec celles de la Cour des aides, mais aussi avec la vie de l'administration douanière...

    Sophie Delbrel, Bernard Gallinato, Prohibition et liberté dans le commerce des toiles peintes: l'exemple de la généralité de Bordeaux 1709-1789, 1996, 147 p. 

  • Sophie Delbrel, Adrien Lauba, « De la lyre à la pointe sèche. Cormenin célébrité littéraire parmi les administrativistes », in Anne-Laure Girard, Adrien Lauba, Damien Salles (dir.), Les racines littéraires du Droit administratif, Presses universitaires juridiques de Poitiers, 2021, pp. 63-79 

  • Sophie Delbrel, « Au Bonheur des Dames d'Émile Zola : quand travailler se conjugue au féminin », Droit Social, Librairie technique et économique - Dalloz , 2026, n°01, p. 34  

    Sophie Delbrel, « La question sociale chez Zola interviewé », Droit Social, Librairie technique et économique - Dalloz , 2025, n°06, p. 531  

    Sophie Delbrel, « Libérer le monde de l’emprise religieuse : Zola romancier de la laïcité dans Vérité », Revue Droit & Littérature, Revue Droit & Littérature, 2025, n°9, pp. 161-173  

    Sophie Delbrel, « Enquête historique sur la mort du factum », Revue Droit & Littérature, Revue Droit & Littérature, 2024, n°8, pp. 181-190  

    Sophie Delbrel, « La justice à l'aune de l'injustice ordinaire : L'affaire Crainquebille d'Anatole France », Les Cahiers de la Justice, Les Cahiers de la Justice, 2024, n°4, pp. 751-760   

    RésuméL'insulte « Mort aux vaches ! » a trouvé la postérité grâce à Crainquebille. La brièveté et la simplicité de l'histoire concourent sans nul doute à sa connaissance par un large public. Moins connus en revanche sont les liens étroits entre Crainquebille et la cause dreyfusarde, dont Anatole France s'est montré un partisan farouche. La fiction s'inscrit dans une démarche globale visant à enraciner la république dans les mentalités. Ce faisant, Crainquebille est un texte de résonance politique faisant écho aux engagements personnels de l'écrivain, membre fondateur de la Ligue des droits de l'Homme en 1898.

    Sophie Delbrel, « La justice à l'aune de l'injustice ordinaire : L'affaire Crainquebille d'Anatole France », Les Cahiers de la justice, Dalloz , 2023, n°4, p. 751  

    Sophie Delbrel, « 1848 ou la fraternité en héritage : Zola et l'imaginaire ouvrier », Droit Social, Librairie technique et économique - Dalloz , 2023, n°12, p. 1018  

    Sophie Delbrel, « Travailler pour le meilleur et pour le rire ? », Droit Social, Librairie technique et économique - Dalloz , 2023, n°01, p. 4  

    Sophie Delbrel, « Pour  une Justice et une Vérité vivantes  : Péguy saisi à gauche par la presse de son temps », Revue Droit & Littérature, Revue Droit & Littérature, 2023, n°7, pp. 57-67  

    Sophie Delbrel, « Réenchanter la terre malgré l’Affaire : Fécondité d’Émile Zola », Revue Droit & Littérature, Revue Droit & Littérature, 2022, n°6, pp. 165-180  

    Sophie Delbrel, « Symbolique ouvrière et didactique littéraire chez Émile Zola », Droit Social, Librairie technique et économique - Dalloz , 2021, n°11, p. 938  

    Sophie Delbrel, « Thérèse Raquin de Zola », Les Cahiers de la justice, Dalloz , 2020, n°01, p. 123  

    Sophie Delbrel, « Thérèse Raquin de Zola », Les Cahiers de la Justice, Les Cahiers de la Justice, 2020, n°1, pp. 123-137   

    Ouvrage publié en 1867, Thérèse Raquin marque un tournant dans la carrière d'Émile Zola. S'appuyant sur un fait divers survenu quelques années auparavant, l'ouvrage permet à Zola de forger sa manière de composer les romans. Il le conduit également à préciser sa vision de la littérature. Le fait est d'autant plus remarquable, s'agissant du futur maître du naturalisme, que le fantastique a la part belle dans ce roman qui lui apportera enfin la notoriété.

    Sophie Delbrel, « Lire, voir, entendre - Le procès dans La Bête humaine ou Thémis aveuglée sous le Second Empire », Les Cahiers de la justice, Dalloz , 2017, n°02, p. 367  

    Sophie Delbrel, « Le procès dans La Bête humaine ou Thémis aveuglée sous le Second Empire », Les Cahiers de la Justice, Les Cahiers de la Justice, 2017, n°2, pp. 367-375  

  • Sophie Delbrel, « L'avocat et la littérature », le 05 décembre 2025  

    Journée d'étude organisée par l'ISCJ, Université de Bordeaux sous la responsabilité scientifique d'Ugo Bellagamba, Professeur à l’Université Côte d’Azur, Mathilde Briard, MCF à l'Université de Bordeaux et Sophie Delbrel, MCF HDR à l’Université de Bordeaux

    Sophie Delbrel, « Regards criminologiques sur la délinquance lucrative », le 17 octobre 2025  

    Colloque organisé par l'ISCJ, Université de Bordeaux sous la responsabilité scientifique de Marie-Cécile Guérin, Maître de conférences en droit privé et sciences criminelles et Charlotte Claverie-Rousset, Professeur de droit privé et sciences criminelles

    Sophie Delbrel, « Droit social et années 1930 », le 14 mai 2025  

    Colloque organisé par l'IRM, le DETS, COMPTRASEC, l'ISCJ, Université de Bordeaux et l'IUF sous la direction scientifique de Yann Delbrel, Laetitia Guerlain, Sébastien Tournaux et Laurent Willocx.

    Sophie Delbrel, « [Reporté] Irresponsabilité pénale et médias : quelles réponses face à la folie ? », le 13 février 2025  

    Afterwork n°8, organisé par l’ISCJ, Université de Bordeaux sous la responsabilité scientifique de Sophie Delbrel, Maître de conférences en histoire du droit, dans le cadre du cycle 2 "Peine, justice et médias"

    Sophie Delbrel, « L'influence des médias sur la réhabilitation des condamnés », le 11 décembre 2024  

    Afterwork n°7, organisé par l’ISCJ, Université de Bordeaux sous la responsabilité scientifique de Sophie Delbrel, Maître de conférences en histoire du droit, dans le cadre du cycle 2 "Peine, justice et médias"

    Sophie Delbrel, « Que (nous) fait la littérature ? Usages savants de la fiction littéraire en droit et science politique », le 14 novembre 2024  

    Colloque organisé par l'IRM et le DETS, Université de Bordeaux, sous la direction scientifique de Géraldine Cazals, Rafaël Cos et Yann Raison du Cleuziou, tous professeurs à l'Institut de recherche Montesquieu.

    Sophie Delbrel, « Les politiques publiques face à la pandémie de covid-19 : enjeux juridiques et sociétaux », le 21 avril 2022  

    Organisé par l'Observatoire des politiques publiques en situation épidémique et post-épidémique (OPPEE), de l'université de Bordeaux

    Sophie Delbrel, « L'erreur judiciaire : de dénonciation en réparation (XVIIIe-XXI-siècles) », le 09 septembre 2020  

    Organisé pour l’ISCJ, Université de Bordeaux par Nicolas Bareït, MCF à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour, Mathilde Briard, MCF à l'Université de Bordeaux et Sophie Delbrel, MCF à l'Université de Bordeaux - Membres de l'ISCJ

    Sophie Delbrel, « Les racines littéraires du droit administratif », le 27 mars 2020  

    Journée d'études organisée par l'Institut de droit public et l'Institut d'histoire du droit, Université de Poitiers.

    Sophie Delbrel, « Les élections européennes et après ? », le 07 novembre 2019  

    Organisé par l'IRM-CMRP et le CRDEI Université de Bordeaux sous la direction scientifique de Carlos Manuel Alves, CRDEI, Bordeaux ; Nathalie Blanc-Nöel, IRM-CMRP, Bordeaux et Thierry Dominici, IRM-CMRP, Bordeaux

    Sophie Delbrel, « La prison au-delà des frontières », le 10 septembre 2019  

    Journées organisées par l'Ecole nationale d'administration pénitentiaire (ENAP).

    Sophie Delbrel, « Le règlement alternatif des conflits dans les pays de l'Ouest », le 14 décembre 2018  

    Colloque organisé par les historiens du droit de la société Jean Yver et l'Institut Demolombe.

    Sophie Delbrel, « Châteaux et justice », le 28 septembre 2018  

    XXVIème Rencontres d’Archéologie et d’Histoire en Périgord

    Sophie Delbrel, « La lettre et la loi : endroit et envers du prétoire », le 31 mai 2013 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Nazlie Aïnouddine Sidi, L'évolution de la contrainte par corps du XVIe au XXe siècle, thèse soutenue en 2020 à Poitiers présidée par Didier Veillon, membres du jury : Thérence Carvalho (Rapp.), Adrien Lauba      

    La contrainte par corps à savoir l'emprisonnement pour dettes est une mesure d'exécution légale qui consiste à appréhender le débiteur afin qu'il respecte le contrat passé avec son créancier. Elle prend au travers des siècles plusieurs formes. Droit de vie et de mort accordé au créancier puis de servitude personnelle à un emprisonnement de la liberté, la contrainte par corps revêt plusieurs formes au cours de l'histoire. Dans les civilisations anciennes, le débiteur était réduit en servitude et devenait l'esclave de son créancier. Elle est une arme redoutable entre les mains des créanciers, un moyen certain de paiement, un outil de persuasion pour lutter contre la mauvaise foi des débiteurs. À partir du XVIIe siècle, son application est réduite à des cas bien définis et dans des délais déterminés. Bien que nécessaire au négoce et défendue par ses sympathisants, le législateur veille au travers des siècles à en restreindre d'avantage son usage. Après plusieurs tentatives de suppression, elle est définitivement abolie en matière civile et commerciale par la loi du 22 juillet 1867. Au XXe siècle, elle ne subsiste que pour les créances du souverain.

    Pinflo Gridnis Gabriègé Peleka, La saisie de l'Ancien Régime au début du XXe siècle : histoire d'une voie d'exécution polymorphe, thèse soutenue en 2017 à Poitiers sous la direction de Didier Veillon présidée par Marc Ortolani, membres du jury : Frédéric Rideau      

    Nous envisagerons la saisie sous l'angle du droit privé, c'est-a-dire les recours dont disposait un créancier à l'encontre d'un débiteur ne respectant pas ses obligations.Après avoir défini le concept de saisie et sa portée au Moyen Âge, nous aborderons tout d'abord l'évolution de cette voie d'exécution dans ses multiples aspects (saisie-exécution, saisie brandon, saisie foraine, saisie-arrêt et la saisie-réelle ou immobilière) du XVIe au XVIIIe siècle à travers la législation les coutumes, mais également la jurisprudence et la doctrine.Nous examinerons ensuite l'apport du Code de procédure civile de 1806 au regard des différents types de saisies et à la lumière des travaux préparatoires de cet ouvrage, ainsi que les commentaires intervenus après sa rédaction. Ainsi poursuivrons-nous cette étude jusqu'au début du XXe.

    Marie Lamarque, L'avocat et l'argent (1790-1972), thèse soutenue en 2016 à Bordeaux sous la direction de Yann Delbrel présidée par Olivier Serra, membres du jury : Didier Veillon (Rapp.)      

    Depuis l’antiquité, les avocats entretiennent avec l’argent une relation particulière.Jouant à la fois un rôle sur le plan social et professionnel, il constitue un élémentdéterminant de la profession.Le XIXe et le XXe « siècles de l’argent », symboles de la révolution industrielle,des mutations sociales et de l’avènement de la bourgeoisie ne peuvent qu’influencer lesrapports entre l’avocat et l’argent. Toutefois, si elles demeurent toujours très proches, laprofession à travers sa déontologie tente d’éloigner ces deux notions en instaurant leconcept du désintéressement et l’idée de mission sociale.Mais c’est sans compter sur la force et la puissance des transformations sociétales.Refuser de vivre avec son temps expose aux critiques et attise la suspicion. Plus quejamais il est l’heure pour les avocats de considérer leur profession comme un métier etde lever le voile sur des siècles de mystère dans ce lien les unissant à l’argent.

    Eléa Cerdan, La parole libre de l’avocat , thèse soutenue en 2016 à Bordeaux sous la direction de Yann Delbrel  

    L’avocat plaide à l’audience ou prend la parole en dehors du prétoire pour ladéfense d’un accusé qui a contrevenu aux lois essentielles d’une société. Face à lui un pouvoircentral qui a pour mission de punir celui qui a porté atteinte aux normes sociales et qui tentede protéger son autorité. L’avocat apparaît alors comme un contre-pouvoir qui remet en causeune prérogative régalienne, celle de punir. Ainsi, de 1789 à 1830, l’avocat attire la méfiancedes différentes formes de pouvoir qui se succèdent, mais aussi de l’opinion publique avide derépression. Malgré des circonstances peu favorables à la parole de l’avocat, ce dernierparvient à imposer la nécessité des droits de la défense et le respect des libertésfondamentales. Par son éloquence, l’avocat se révèle un acteur politique incontournable. Laliberté de sa parole se trouve alors au service de la défense mais participe aussi à l’élaborationd’une société plus démocratique.

    Eléa Cerdan, La parole libre de l'avocat: (1789-1830), thèse soutenue en 2016 sous la direction de Yann Delbrel présidée par Pierre Allorant, membres du jury : Jean-Christophe Gaven (Rapp.), Christian Charrière-Bournazel    

    L’avocat plaide à l’audience ou prend la parole en dehors du prétoire pour ladéfense d’un accusé qui a contrevenu aux lois essentielles d’une société. Face à lui un pouvoircentral qui a pour mission de punir celui qui a porté atteinte aux normes sociales et qui tentede protéger son autorité. L’avocat apparaît alors comme un contre-pouvoir qui remet en causeune prérogative régalienne, celle de punir. Ainsi, de 1789 à 1830, l’avocat attire la méfiancedes différentes formes de pouvoir qui se succèdent, mais aussi de l’opinion publique avide derépression. Malgré des circonstances peu favorables à la parole de l’avocat, ce dernierparvient à imposer la nécessité des droits de la défense et le respect des libertésfondamentales. Par son éloquence, l’avocat se révèle un acteur politique incontournable. Laliberté de sa parole se trouve alors au service de la défense mais participe aussi à l’élaborationd’une société plus démocratique.

    Najlaa Dabaliz, La faillite du système juridique dans les fabliaux, thèse soutenue en 2014 à Orléans sous la direction de Pierre Allorant et Bernard Ribémont présidée par Didier Veillon    

    Cette thèse traite de la faillite du système juridique dans les vieux fabliaux français. En comparant les fabliaux aux étendues légales de la période, il devient évident que les auteurs des fabliaux étaient en possession d'une connaissance minutieuse et complète du système juridique. Une connaissance qu'ils n'ont pas hésité à incorporer à leurs histoires. Pourtant ce sont les faiblesses inhérentes et les perversions récurrentes du système judiciaire et de la corruption de ses représentants qui se tiennent dans les fabliaux pendant qu'ils présentent une vision d'un monde dans lequel la justice est au mieux incertaine. Ces fabliaux offrent une critique fréquemment amère du système légal, tant laïc qu'ecclésiastique, aussi bien que de ses autorités dont le pouvoir de mains est tenu. Le monde fermé de l'épopée Chrétienne, absolue et immuable, mène dans les fabliaux à l'absence du point de référence qui peut être pris comme un donné.

    Hamid Al Mahmoud, La philosophie du droit chez Montesquieu : l'exemple de la justice, thèse soutenue en 2013 à Poitiers sous la direction de Éric Gojosso présidée par Anthony Mergey, membres du jury : Didier Veillon et Ahmed Slimani    

    Comme la justice est le principe sur lequel la société humaine doit être fondée, dans quelle mesure Montesquieu est-il le philosophe de la justice ? Telle a été la question fondamentale de cette thèse : envisager la place de l'auteur de l'Esprit des lois et son rôle dans l'élaboration de la conception de la justice. Nous avons essayé de mettre en exergue quelles ont été sa contribution et son incidence dans le développement de l'idée de la justice, à la fois vis-à-vis du droit naturel et du droit positif. D'une part, son oeuvre a permis de comprendre que la justice naturelle est universelle, antérieure et supérieure aux lois positives. Dès lors, parce que l'esclavage est contraire au droit naturel, c'est au nom de cette justice immuable que Montesquieu l'a condamné. D'autre part, en examinant le rapport entre la justice et la liberté, l'auteur a indiqué comment cette justice peut s'épanouir en droit positif. Ce rapport implique la condamnation du despotisme et la nécessité de disposer de mécanismes efficaces visant à garantir la justice et la liberté contre ce danger.

    Bruno Lamiges, L'asseurement , thèse soutenue en 2013 à Limoges sous la direction de Pascal Texier  

    Dans le royaume des Capétiens et des Valois, tout homme offensé éprouve l’impérative nécessité de se venger, alors que le roi est investi de la mission d’assurer la paix à ses sujets. Comment concilier ces deux devoirs antagonistes ? Le système vindicatoire comporte des moyens de régulation de la violence et d’apaisement des tensions entre groupes ennemis qui offre au roi et à sa justice des possibilités nouvelles d’accomplir la mission régalienne de maintien de la paix publique. A partir de la suspension de vengeance qu’est l’asseurement, en fait une promesse de non-agression, les agents du roi, dès la seconde moitié du XIIIe siècle, s’inspirant du modèle communal de l’institution, vont élaborer un système mixte associant ce mode de gestion des conflits, issu des pratiques sociales à la mise en oeuvre d’une politique d’expansion de la justice royale. Désormais, les juges du roi disposent d’un moyen de contrôler la violence soit en la prévenant, soit en la réprimant. Au XIVe siècle, le traitement contentieux de l’asseurement brisé, susceptible alors de constituer un crime de trahison dont le juge royal peut se saisir, illustre l’instrumentalisation de l’asseurement par la royauté. Les officiers royaux ont cherché à employer l’asseurement remanié par leurs soins hors de son aire originelle entre Somme et Escaut. De fait, l’enracinement de ce modèle suit l’expansion du domaine royal et participe, en tant qu’instrument de coercition, au développement de l’emprise politique opérée au nom de la paix du roi, sur un ensemble territorial toujours plus vaste. Cependant, l’activisme des officiers du roi s’est heurté à des critiques, principalement celles des seigneurs hauts justiciers, et à des résistances opposées par des institutions ayant même fonction que l’asseurement, notamment dans le Midi. Face à cette situation le roi et le Parlement ont dû mettre un frein aux menées des agents royaux et prendre en compte des pratiques régionales de régulation de la violence. Malgré ces limites, l’asseurement judiciaire mis au service de la paix du roi a contribué à sa propagation dans une large moitié nord de la France médiévale, participant ainsi à la mise en oeuvre du principe de souveraineté judiciaire royale. Dans la seconde moitié du XVe siècle, alors que le pouvoir royal sort finalement renforcé des vicissitudes de la guerre de Cent Ans, la pratique de l’asseurement judiciaire entre en désuétude. Le processus d’instrumentalisation par la royauté de l’asseurement est arrivé à son terme. En effet, la justice royale commence à disposer d’un appareil répressif de type étatique et peut maintenant se dispenser de faire souscrire des asseurements à d’éventuels fauteurs de troubles. Désormais, l’Etat émergeant se trouve pourvu de moyens suffisants pour réprimer directement les atteintes à la paix publique.