Les notions d’environnement et de développement durable se sont insinuées progressivement dans les études et documents d’urbanisme ; elles renvoient à des préoccupations et des thèmes dont il faut préciser la genèse au cours du temps. La montée du développement durable est analysée à travers la production de textes dans le domaine du droit de l’urbanisme et de l’environnement et à travers les politiques urbaines développées dans les Alpes-Maritimes depuis un demi-siècle. Nombreux sont les thèmes constitutifs de la notion de développement durable qui étaient présents dans le discours de l’urbanisme bien avant que celle-ci apparaisse ; sa signification ressort d’autant mieux que l’on compare les pratiques urbaines au cours de deux périodes bien distinctes : celle qui précède l’émergence du développement durable et celle qui intègre explicitement cette norme. La problématique qui est développée place le pouvoir politique au centre de l’analyse : la norme sociale « développement durable » a des effets juridiques et constitue un élément essentiel d’une stratégie politique au service des classes moyennes. Depuis un demi-siècle, une fraction importante de celles-ci a pu passer du rêve d’un mode de vie organisé autour d’une maison individuelle à sa réalisation : il importe désormais de protéger cet « acquis » plutôt que de continuer à « gaspiller » l’espace. Deux éléments apparaissent particulièrement significatifs dans cette stratégie du développement durable : les transferts de pouvoirs et l’intercommunalité, d’une part, les conceptions nouvelles des densités urbaines, d’autre part ; ils donneront lieu à des analyses relatives à l’agglomération « Côte d’Azur », notamment à la basse vallée du Var qui comporte une Opération d’Intérêt National (OIN/ Eco-Vallée). Ce sera l’occasion de constater que le pouvoir local de l’Etat, bien loin de se renforcer, s’estompe au contraire ; dans la redistribution qui s’opère grâce à l’intercommunalité, le pouvoir des grandes communes ne cesse de croître au détriment des petites. Dans le même temps, le succès croissant du thème de « l’urbanisme de projet » souligne l’orientation libérale, prise depuis longtemps, dans le domaine de l’urbanisme.