Stéphanie Guyon, Marine Haddad, « Migrant·es privilégié·es et agent·es de l’État : devenir magistrat·e outre-mer au croisement du personnel et du professionnel », Revue française de sociologie, Revue française de sociologie, 2025, n°65, pp. 373-400
Stéphanie Guyon, Marine Haddad, « Migrant·es privilégié·es et agent·es de l’État : devenir magistrat·e outre-mer au croisement du personnel et du professionnel », Revue française de sociologie, Presses de Sciences Po / Centre National de la Recherche Scientifique, 2024, n°3
Stéphanie Guyon, « Metropolitan Privilege? Magistrates and the Construction of Metropolitanity in French Overseas Territories », Revue européenne des migrations internationales, Revue européenne des migrations internationales, 2024, n°40, pp. 37-58
À partir d’une étude par entretiens, cet article interroge la nature ambivalente et les contours du privilège lié à l’origine, à la race et à la classe des magistrat·es dans les outre-mer. Salaire majoré et impôt minoré, les magistrat·es bénéficient dans les outre-mer d’une élévation de leur niveau de vie qui leur offre des conditions matérielles et un style de vie inaccessibles en métropole. Elles et ils bénéficient aussi d’une présomption de compétence et d’un prestige qu’elles et ils jugent supérieurs à la métropole. Le privilège en migration engage aussi une dimension subjective. Les métropolitain·es blanc·hes qui constituent le groupe majoritaire en France hexagonale éprouvent leur condition blanche d’une manière singulière qui la rend visible et les contraint à se définir et à se justifier. L’article met en évidence la diversité des subjectivités métropolitaines et blanches en contexte de minorité démographique.
Stéphanie Guyon, « Le privilège métropolitain ? Magistrat·es et construction de la métropolitanité dans les outre-mer français », Revue européenne des migrations internationales, Revue européenne des migrations internationales, 2024, n°40, pp. 37-58
À partir d’une étude par entretiens, cet article interroge la nature ambivalente et les contours du privilège lié à l’origine, à la race et à la classe des magistrat·es dans les outre-mer. Salaire majoré et impôt minoré, les magistrat·es bénéficient dans les outre-mer d’une élévation de leur niveau de vie qui leur offre des conditions matérielles et un style de vie inaccessibles en métropole. Elles et ils bénéficient aussi d’une présomption de compétence et d’un prestige qu’elles et ils jugent supérieurs à la métropole. Le privilège en migration engage aussi une dimension subjective. Les métropolitain·es blanc·hes qui constituent le groupe majoritaire en France hexagonale éprouvent leur condition blanche d’une manière singulière qui la rend visible et les contraint à se définir et à se justifier. L’article met en évidence la diversité des subjectivités métropolitaines et blanches en contexte de minorité démographique.
Stéphanie Guyon, « Le privilège métropolitain ? Magistrat·es et construction de la métropolitanité dans les outre-mer français », Revue Européenne des Migrations Internationales, Université de Poitiers, 2024, pp. 37-58
Stéphanie Guyon, « Distance de classe, distance ethnique ? La réception des prétentions à la représentation politique à Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) », Participations - Revue de sciences sociales sur la démocratie et la citoyenneté, De Boeck Supérieur, 2021, n°2, pp. 97-128
À partir d’une enquête ethnographique, et à travers deux figures de candidat·es (le maire créole et son opposante amérindienne), cet article analyse les transformations des relations entre représentant·es et représenté·es des groupes minorisés à Saint-Laurent-du-Maroni (Guyane) dans les années 2000. Il appréhende le rôle de l’homologie sociale dans la perception qu’ont les habitant·es de celles et ceux qui prétendent les représenter et ce qui forge le sentiment d’être bien représenté à l’intersection du genre, de l’ethnicité et de la classe. Il s’intéresse aussi à la politisation des enjeux de représentation de ces groupes et à ses effets sur les relations de clientèle.
Stéphanie Guyon, Gérard Collomb, Marie-Hélène Sa vilas boas, « Penser les relations ethno-raciales dans les trois Guyanes : fluidité et performativité des catégories », Cahiers des Amériques Latines, Université Paris 3, Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine (IHEAL / Université Paris 3), 2020, n°93, pp. 13-28
Stéphanie Guyon, Marie Hélène Sa Vilas Boas, « Relations sociales, relations ethno-raciales dans les trois Guyanes », Cahiers des Amériques Latines, Université Paris 3, Institut des Hautes Etudes de l'Amérique Latine (IHEAL / Université Paris 3), 2020, n°93
Stéphanie Guyon, Natacha Gagné, « Les langues de la justice républicaine : interpréter en situation post-coloniale », Outre-Mers, Outre-Mers, 2020, n°406-407, pp. 73-95
À partir d’une double enquête ethnographique par observation et entretien en Guyane et en Polynésie française, cet article s’intéresse à l’interprétation en langues locales au tribunal. Analysant les dispositifs institutionnels et les pratiques ordinaires d’interprétation, l’article entend saisir la manière dont l’institution judiciaire s’adapte au contexte pluriculturel et plurilingue des deux territoires. La dimension langagière du travail de médiation des institutions judiciaires étatiques auprès des justiciables amérindiens, noirs-marrons (ou businenge) et polynésiens permet également d’interroger les rapports de domination dans l’arène judiciaire. La domination judiciaire redouble en effet des distances sociales et linguistiques spécifiques à ces territoires post-coloniaux et les processus d’interprétation de la langue française et juridique dans les langues locales sont heuristiques pour saisir l’asymétrie des rencontres judiciaires.
Stéphanie Guyon, N. Gagné, « Les langues de la justice républicaine: Interpréter en situation post-coloniale », Outre-Mers Revue d'Histoire, Société française d'histoire d'outre-mer, 2020, n°406407
Stéphanie Guyon, « Classe, genre et représentation politique, Saint-Laurent du Maroni, Guyane (1949-1983) », Études rurales, Éditions de l'École pratique des hautes études, 2019, n°204, pp. 22-41
Stéphanie Guyon, Natacha Gagné, Benoît Trépied, « Cultures à la barre : Regards croisés sur la justice civile outre-mer », Ethnologie française, Presses Universitaires de France, 2018, n°1, pp. 15-26
Stéphanie Guyon, Natacha Gagné, Benoît Trépied, « Cultures on the stand. Alternating viewpoints on civil justice in Overseas France », Ethnologie française, Ethnologie française, 2018, n°48, pp. 15-26
Stéphanie Guyon, « Passer devant le juge aux affaires familiales ? : Intermédiaires de la justice et alternatives au tribunal à Saint‑Laurent du Maroni (Guyane) », Ethnologie française, Ethnologie française, 2018, n°48, pp. 107-120
À partir d’une enquête ethnographique par observation et entretien, cet article porte sur le rapport des Amérindiens et des Noirs‑marrons (ou Businenge) de Guyane française à la justice étatique en matière d’affaires familiales (séparation, délégation d’autorité parentale). Il appréhende d’abord les différents intermédiaires qui concourent au travail de médiation des institutions judiciaires auprès de ces groupes, en particulier les travailleurs sociaux qui interviennent dans le cadre de l’allocation des prestations sociales. Il analyse ensuite les logiques sociales du non‑recours aux instances judiciaires étatiques au regard de modes alternatifs de traitement de ces situations familiales et des difficultés d’accès à la justice.
Stéphanie Guyon, « Passer devant le juge aux affaires familiales? Intermédiaires de la justice et alternatives au tribunal à Saint-Laurent du Maroni (Guyane) », Ethnologie française, Presses Universitaires de France, 2018, n°1
Stéphanie Guyon, Natacha Gagné, Benoît Trépied, « Justices ultramarines », Ethnologie française, Presses Universitaires de France, 2018, n°1
Stéphanie Guyon, « Trajectoires post-coloniales de l’assimilation », Politix, Politix, 2017, n° 116, pp. 9-28
Cet article s’intéresse à la singularité de l’appareil d’État dans les Outre-mer. Il appréhende la manière dont se sont historiquement construites et consolidées des formes singulières d’intervention étatique et de domination bureaucratique dans ces territoires. Tout en dressant un état de la littérature, il plaide pour une analyse du legs colonial attentive à la diversité des processus de décolonisation et à la complexité de leurs chronologies dans les Outre-mer. Loin de naturaliser « la spécificité » de l’État ultramarin, il envisage différents types de mobilisations qui construisent cette exceptionnalité et les processus de politisation ou de dépolitisation dans lesquelles elles s’inscrivent. En s’adossant à la sociologie du guichet, il aborde enfin l’adaptation en pratique de l’action publique dans la rencontre administrative ultramarine.
Stéphanie Guyon, Violaine Girard, Audrey Célestine, « L’État Outre-mer », Politix, De Boeck Supérieur, 2017, n°116
Stéphanie Guyon, « L’engagement des transfuges coloniaux en Guyane française : genre, relations coloniales et mobilité sociale », Politix, Politix, 2016, n° 114, pp. 177-201
À partir d’une enquête ethnographique au sein du mouvement amérindien de Guyane française, cet article appréhende les liens entre mobilités sociales et engagement en articulant relations postcoloniales, classe, genre et génération. L’article met en évidence la sexuation des trajectoires de mobilité ascendante : les hommes amérindiens connaissent une réussite scolaire supérieure à celle des femmes, accèdent à des positions de professions intermédiaires, bénéficient d’une mobilité géographique en métropole jusque-là réservée aux créoles et héritent bien souvent de leurs aînés de responsabilités militantes. Si l’école, qui favorise une relative autonomie à l’égard des assignations sexuées traditionnelles, joue un rôle indéniable dans la promotion sociale des femmes amérindiennes, celles-ci bénéficient aussi de dynamiques de socialisation au milieu d’accueil qui se produisent en dehors de l’institution scolaire et, de manière plus informelle, dans l’intimité des couples. Leur mariage avec des hommes créoles ou métropolitains leur fournit ainsi les ressources nécessaires à leur engagement associatif et/ou politique. Cet article montre aussi ce que l’engagement fait à la mobilité en termes d’opportunité de rattrapage scolaire ou de reconversion professionnelle. Là aussi, les chances de reconversions promotionnelles du militantisme sont supérieures pour les hommes que pour les femmes. Toutefois, depuis la réforme paritaire, les femmes ont comme les hommes des opportunités d’entrée en politique au niveau local.
Stéphanie Guyon, « L'engagement des transfuges coloniaux en Guyane française : genre, relations coloniales et mobilité sociale », Politix, De Boeck Supérieur, 2016, n°2
Stéphanie Guyon, « Trajectoires post-coloniales de l’assimilation », Politix, De Boeck Supérieur, 2016, n°4, p. 9
Stéphanie Guyon, « 13. L’engagement dans les associations amérindiennes et businenge de Guyane : Ancrage local de la participation, relation clientélaire et politisation », Questions Transnationales, Questions Transnationales, 2016
Stéphanie Guyon, Benoît Trépied, « Outre-mers indigènes », Genèses, Genèses, 2013, n°91, pp. 2-6
Stéphanie Guyon, « Des Primitifs aux Autochtones : Savoirs ethnologiques et politiques publiques en Guyane de 1946 à nos jours », Genèses, Genèses, 2013, n°91, pp. 49-70
Cet article appréhende les liens entre l’ethnologie et la gestion étatique des populations en Guyane de 1946 à nos jours. Dans une perspective socio-historique, il étudie la genèse des modes de catégorisations de ces différents groupes de « populations primitives » à « peuples autochtones » - et des dispositifs publics dédiés à ces groupes. Il met en évidence la transformation des figures de l’ethnologue engagé dans l’action publique : d’abord fonctionnaires chargés de la protection des « primitifs », puis soutiens militants de la cause autochtone et enfin experts.
Stéphanie Guyon, « Des marges ultra-marines de la République au Parlement : trajectoires de députées guyanaises », Parlement, Revue d'histoire politique, Parlement, Revue d'histoire politique, 2013, n°19, pp. 91-106
Cet article appréhende la socialisation et l’entrée en politique des députés guyanaises de la 13e législature, Christiane Taubira et Chantal Berthelot, au regard de leur génération d’élu.e.s guyanais.e.s en prêtant une attention particulière au caractère sexué des carrières militantes. Il analyse les filières d’accès au mandat parlementaire de ces députés et leur manière d’endosser le rôle.
Stéphanie Guyon, « III. Du gouvernement colonial à la politique racialisée. Sociologie historique de la formation d'un espace politique local (1946-2008), Saint-Laurent-du-Maroni, Guyane », CNRS Editions, Paris : CNRS Editions et PERSÉE : Université de Lyon, CNRS & ENS de Lyon, 2012, pp. 813-822
Guyon Stéphanie. III. Du gouvernement colonial à la politique racialisée. Sociologie historique de la formation d'un espace politique local (1946-2008), Saint-Laurent-du-Maroni, Guyane. In: Droit et gestion des collectivités territoriales. Tome 32, 2012. Transports et politiques locales de déplacement. pp. 813-822.
Stéphanie Guyon, « Politisation et hiérarchies coloniales : Amérindiens et Noirs-marrons à St-Paul (Guyane française, 1946-2000) », Critique internationale, Critique internationale, 2011, n°50, pp. 21-37
Politicization and Colonial Hierarchies : Amerindians and Maroons in St-Paul (French Guyana, 1946-2000) How did the Amerindian and Maroon populations of a French Guyanese administrative district appropriate democratic institutions – in particular, electoral institutions – from the 1960s through the late 1990s ? Voter participation and the development of partisan loyalties first took place thanks to mediators in contact with these populations via Catholic patronage (ecclesiastic personnel, charitable organization volunteers) and, subsequently, the patronage-based distribution of public goods (village “captains”, electoral agents, locally elected representatives). Over the course of the 1980s, associational participation – whether in the Amerindian movement or in local maroon associations – allowed alternative spaces of politicization founded on the defense of group identity and group interest to be constructed. This new activist generation challenged the established Creole elites but remains marginalized in institutional political space, in particular due to social hierarchies inherited from the colonial period and reproduced after the territory was granted the status of an administrative département. ■
Stéphanie Guyon, Marie-Emmanuelle Pommerolle, « La transformation des registres de légitimation politique en Guyane », Pouvoirs dans la Caraïbe , L'Harmattan, 2010, n°16, pp. 37-66
Stéphanie Guyon, Alexandra Oeser, Lucie Bargel, Céline Bessière, Magali Della Sudda, « Appropriations empiriques du genre. Introduction », Sociétés & Représentations, Éditions de la Sorbonne, 2007, n°24, pp. 5-13
Stéphanie Guyon, Lucie Bargel, Céline Bessière, Magali Della Sudda, Sibylle Gollac, « Appropriations empiriques du genre », Sociétés & Représentations, Sociétés & Représentations, 2007, n°24, pp. 5-10
Stéphanie Guyon, « Supporterisme et masculinité : l'exemple des Ultra à Auxerre », Sociétés & Représentations, Sociétés & Représentations, 2007, n°24, pp. 79-95
RésuméCet article s’appuie sur une enquête de terrain menée de 2001 à 2006 auprès des membres de deux clubs de supporters ultra d’Auxerre. L’enquête ethnographique a permis d’observer la construction masculine du rôle de supporters ultra à Auxerre. D’une part, les pratiques de supporterisme ultra sont assignées au masculin : elles s’ancrent dans un corps construit et désigné comme masculin et les Ultra manifestent leur opposition aux supporters des club de football adverses à travers des activités viriles. D’autre part, la sociabilité des supporters, en particulier pendant les déplacements en car, est genrée. L’appartenance au groupe de jeunes supporters ultra structure en effet une vie sociale dense dans laquelle ces jeunes hommes affirment leur identité masculine, en particulier en manipulant un répertoire sexiste et homophobe de chants et de blagues.La masculinité du rôle de supporter fonde des rapports de pouvoir au sein du collectif auquel il appartient. On a ainsi pu y observer un partage sexué des tâches, excluant classiquement les filles, pourtant présentes dans le groupe, d’un certain nombre de pratiques valorisantes. Mais outre cette division sexuée du travail, cette enquête révèle l’existence d’un capital de masculinité qui ordonne la division du travail et la réussite entre hommes. Les garçons les moins virils sont également dominés et cantonnés aux tâches les moins gratifiantes.
Stéphanie Guyon, Lucie Bargel, Céline Bessière, Magali Della Sudda, Sibylle Gollac, « Appropriations empiriques du genre », Sociétés et représentations, , 2007, n°24, pp. 5-10