Alors que la pensée juridique française se (re)cherche face aux transformations de l’univers juridique dans lequel elle baigne, la voie de l’empirie apparaît comme l’une des options possibles pour se saisir de la complexité moderne du droit. Si les manifestations scientifiques, les publications collectives et les programmes de recherche se multiplient et s’aventurent toujours plus loin dans l’exercice empirique, l’on ne peut s’empêcher de remarquer le vide laissé par l’éternel grand absent : le comparatiste. Historiquement versé dans les différentes démarches empiriques, le comparatiste aurait, à ce stade encore précoce du (potentiel) développement d’une empirie juridique à la française, des choses à dire et des pratiques à exposer à ceux qui la promeuvent. Il en aurait d’autant plus que cette appétence particulière lui a déjà permis d’aborder les écueils, difficultés et obstacles sur lesquels cette dernière bute aujourd’hui. Sans avoir toutes les réponses à toutes les questions, le refuge créé par les comparatistes à l’empirie juridique apparaît comme l’une des multiples voix à entendre si la pensée juridique française devait, finalement, faire une place à cette voie alternative.