Les rapports successifs du Groupe d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) nous alertent régulièrement sur la situation liée à ce dernier. Ce réchauffement anthropique – d’origine humaine – a des incidences de plus en plus fortes sur l’ensemble des activités de l’être humain. Les enjeux dépassent largement le cadre national et s’inscrivent dans une perspective mondiale à laquelle le droit de l’Union européenne n’est pas étranger. En France, les pouvoirs publics et les acteurs économiques s’organisent pour combattre ce changement climatique et s’y adapter. Le droit de l’environnement n’est pas le seul sollicité, le législateur n’hésitant pas à orienter le droit de la consommation, au point que la multiplication et l’imbrication de textes transversaux donnent le vertige. Le nouveau dispositif donne aussi parfois la sensation de précipitation, illustrée par les nombreux bégaiements d’un texte à l’autre, sans compter des retouches incessantes qui confinent au perfectionnisme, le mieux étant souvent l’ennemi du bien…
De la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte du 17 août 2015, dite loi Royal, à la loi portant lutte contre le dérèglement climatique et renforcement de la résilience, dite Climat et Résilience du 22 août 2021, issue des propositions de la Convention citoyenne sur le climat, le changement climatique est au cœur d’une mutation du monde économique et des modèles comportementaux. Déjà, la loi Hamon du 17 mars 2014 relative à la consommation avait intégré ces évolutions, notamment à travers ses dispositions sur la garantie des produits et la disponibilité des pièces détachées ou ses tentatives expérimentales d’introduire en droit français la notion de valeur d’usage visant à faire payer au consommateur la fonctionnalité des produits qu’il utilise et non leur propriété. Cette politique s’inscrit dans la recherche d’une économie circulaire, fondée sur une consommation sobre et responsable des ressources naturelles ou des matières premières primaires ainsi que sur la prévention de la production de déchets, notamment par le réemploi des produits, et une réutilisation, un recyclage ou, à défaut, une valorisation des déchets. Elle contraste avec le modèle traditionnel de l’économie linéaire consistant à extraire, fabriquer, consommer et jeter. Cette transition s’inscrit dans l’agenda politique de nombreux pays, comme en témoignent la loi américaine de 2022 sur le climat (Inflation Reduction Act) et le pacte vert pour l’Europe.
En matière de lutte contre le gaspillage, la loi Royal du 17 août 2015 et la loi Egalim 1 du 30 octobre 2018 ont posé les premières pierres. Mais surtout, la loi du 10 février 2020 relative à la lutte contre le gaspillage et à l’économie circulaire (dite AGEC) – "porteuse d’une grande ambition" et cherchant à influencer les comportements des consommateurs – entend accélérer le changement des modèles de production et de consommation afin de réduire les déchets et de préserver les ressources naturelles, la biodiversité et le climat. Elle promeut le recyclage et la réparation, s’inscrivant ainsi dans une économie circulaire plutôt que linéaire.
Postérieurement à la loi AGEC, plusieurs textes suivent la même approche convergente entre les intérêts écologiques et la protection du consommateur. Ainsi, l’ordonnance du 29 septembre 2021 relative à la garantie légale de conformité pour les biens, les contenus numériques et les services numériques – laquelle ouvre considérablement le champ de la garantie de conformité et en redéfinit le régime – intègre la dimension environnementale en agissant indirectement sur la durabilité des produits et en promouvant leur réparation. Partant d’une approche écologique, la loi du 15 novembre 2021 – visant à réduire l’empreinte environnementale du numérique en France (loi REEN) – entend orienter le comportement de tous les acteurs du numérique, qu’il s’agisse des consommateurs, des professionnels du secteur ou encore des acteurs publics. Elle contient en ce sens toute une panoplie de mesures destinées à garantir le développement en France d