Rafaël Cos

Professeur
Science politique.
Faculté de droit et science politique

  • Rafaël Cos, Peut-on faire de l’État un enjeu  stratégique  ?, 2e éd., Mouvements, 2024, 117, 3647 p.   

    Alors que l’État est, d’une manière ou d’une autre, situé au cœur de la plupart des perspectives critiques actuelles, tout se passe comme s’il demeurait relégué à l’arrière-plan des débats stratégiques qui traversent les différents mondes de l’anticapitalisme. Cet article explore les raisons de ce paradoxe et esquisse certaines des pistes permettant de réinscrire la question de l’État au sein des mobilisations émancipatoires.

    Rafaël Cos, Karim Fertikh, Nicolas Azam, Damien Boone, Nicolas Bué, Les programmes politiques: genèses et usages, Presses universitaires de Rennes, 2019, Res publica (Online)   

    Rafaël Cos, Les programmes du parti socialiste: sociologie politique d'une entreprise programmatique (1995-2012), Dalloz, 2019, Nouvelle Bibliothèque de Thèses, 642 p.      

    Présentation de l'éditeur : "Une entreprise partisane peut apparaître démobilisée si on la considère du point de vue de ses activités programmatiques. En suivant le fil de cette hypothèse, l'idée d'une désinstitutionnalisation des mobilisations programmatiques socialistes apparaît. Cette désinstitutionnalisation renvoie à une logique de désinvestissement chronique du travail partisan d'élaboration programmatique. Ainsi, le travail intellectuel ou d'expertise conduit, au sein du parti, est globalement peu valorisé ; les activités programmatiques sont beaucoup moins centrales que par le passé dans les jeux partisans. Ce désinvestissement des instances, à la fois intellectuelles et décisionnelles, où se fabriquent des idées programmatiques donne à voir une sorte d'"intellectuel qui ne pense pas", en ce sens qu'il apparaît peu soucieux de mobiliser les sources dont il dispose. La désinstitutionnalisation se traduit ensuite par des formes de décomposition des mobilisations en matière programmatique. Le PS n'a pas en soi de problèmes d'accès à des ressources intellectuelles et expertes. Mais travaillé par les luttes opposant les différentes écuries présidentielles, ce milieu a progressivement contribué à légitimer le fait que les mobilisations programmatiques puissent prendre place en dehors du parti lui-même. La désingularisation idéologique renvoie à une plus grande difficulté pour le PS à se distinguer de l'adversaire, tant dans le choix des thèmes que dans la manière de les traiter. À travers la fiscalité, le PS a moins investi l'impôt comme un instrument de de réductions des inégalités que comme un levier pour la compétitivité internationale de la France, puis comme un outil de réduction des déficits"

    Rafaël Cos, L’évidement idéologique du Parti socialiste, 1e éd., Mouvements, 2017, 89, 2231 p.   

    Le sombre bilan du quinquennat de François Hollande ne peut être imputé au seul contexte économique international. Il résulte aussi des recompositions idéologiques du Parti Socialiste depuis la fin de l’ère mitterrandienne et du désinvestissement du travail programmatique par ses responsables. L’absence de corpus doctrinal original, la dépendance croissante aux schémas de l’adversaire et l’intrication croissante des élites partisanes avec le champ du pouvoir économique constituent autant de facteurs qui ont abouti à vider le mot « socialisme » de tout contenu identifiable.

  • Rafaël Cos, « L’horizon du pensable, ou les promesses de l’épistémologie politique : À propos de Haud Guéguen et Laurent Jeanpierre, La perspective du possible (La Découverte, 2022) », Raisons politiques, Raisons politiques, 2024, n°95, pp. 205-215  

    Rafaël Cos, « Bidaux (Mathieu) – La fabrication des billets en France. Construire la confiance monétaire (1800-1914). Préface de Gilles Vaysset. – Paris, Presses de Sciences Po, 2022 (Académique). 432 p. Annexes. Bibliogr. Tables. », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2024, n°73, pp. 363-364  

    Rafaël Cos, Daniela Gabor, Frédéric Lebaron, Wolfgang Streeck, « D’une crise à l’autre : les nouvelles interdépendances entre l’État et la finance globale », Critique internationale, Critique internationale, 2022, n°94, pp. 171-193  

    Rafaël Cos, « Jalons d’une sociologie politique du capitalisme : À propos d’Antoine Roger, Le capitalisme à travers champs. Étudier les structures politiques de l'accumulation, Lormont, Le Bord de l'eau, coll.  Documents , 2020, 408 p. », Revue Française de Socio-Économie, Revue Française de Socio-Économie, 2021, n°27, pp. 223-229  

    Rafaël Cos, Sarah Kolopp, « Quand l’entreprise bancaire connaît la crise. Sur l’effervescence politique de la finance », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2021, n°56, pp. 29-36  

    Rafaël Cos, « La fabrique des biens programmatiques au parti socialiste : Contribution à une sociologie des entreprises de gouvernement », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2021, n°VOL. 9, pp. 77-100   

    La manière dont les partis dits « de gouvernement » anticipent le fait d’avoir à conduire des réformes d’action publique constitue un angle mort de la littérature. En croisant l’exploitation d’archives et de données prosopographiques avec des entretiens conduits auprès de cadres du Parti socialiste et des « experts » ayant collaboré avec celui-ci, cet article explore les dimensions du travail programmatique partisan. En interrogeant la manière dont les politiques publiques s’articulent aux objectifs, contraintes et ressources d’une entreprise de gouvernement, l’article montre d’une part que les politiques publiques existent à la fois comme un horizon légitimateur encastré dans l’ordinaire des pratiques partisanes, et comme une échéance virtuelle orientant la mobilisation des ressources en campagne. Il souligne d’autre part combien ce double ressort se réfracte selon les multiples valeurs d’usage (récolte des suffrages, compétitions intra- puis inter-partisane, mise en jeu de sa crédibilité gestionnaire, fixation de coalitions réformatrices, préparation technique de l’échéance gouvernementale, etc.) dont sont investies les mobilisations programmatiques. C’est à l’intérieur de l’écart pratique entre ces différentes dimensions que les acteurs partisans s’ajustent – en bricolant – à la perspective de gouverner.

    Rafaël Cos, Anne-Cécile Douillet, « Comment les partis politiques travaillent-ils l’action publique ? », Gouvernement et action publique, Gouvernement et action publique, 2021, n°VOL. 9, pp. 9-27   

    Cet article introductif propose une nouvelle perspective dans l’analyse des relations entre partis politiques et action publique. Il ne s’agit plus seulement d’envisager les propositions d’action publique comme l’enjeu de la compétition inter-partisane ou d’étudier l’effet des partis au pouvoir sur l’orientation des politiques publiques, mais d’examiner de près la façon dont les partis, en tant qu’acteurs collectifs, se saisissent de questions d’action publique. Il convient alors de descendre au niveau des pratiques, des rapports de force internes et du travail par lequel les acteurs partisans se mobilisent pour construire, traduire en dispositifs ou faire circuler des contenus relatifs à l’action publique. La perspective envisagée éclaire notamment les ressorts et les modalités de la « fonction programmatique » des partis, en révélant l’existence de divers espaces partisans de construction de « problèmes » et de « solutions » d’action publique. Elle permet aussi de saisir de façon plus réaliste l’effet des partis sur l’action publique, par l’analyse de la mobilisation de positions partisanes dans les arènes de l’action publique : l’importance des clivages qui traversent les organisations partisanes explique la fragilité, la labilité et la pluralité de ces mobilisations. En pratique, l’étude du travail partisan sur l’action publique éclaire une dimension structurante de l’activité partisane tout en donnant à voir les multiples logiques qui viennent fragiliser l’adéquation entre les programmes des partis et leurs réalisations au pouvoir. En ce sens, cette orientation permet de mettre à distance les deux représentations schématiques du lien entre politics et policies, qui appréhendent ce lien comme étant purement artéfactuel ou, au contraire, comme un enchaînement séquentiel.

    Rafaël Cos, « La carrière de  la sécurité  en milieu socialiste (1993-2012). Sociologie d’une conversion partisane », Politix, Politix, 2019, n° 126, pp. 135-161   

    Cet article analyse la conversion, depuis le milieu des années 1990, des socialistes à « la sécurité », longtemps restée un marqueur de la droite et de l’extrême droite. Équipée de la notion de carrière appliquée aux idées politiques, l’enquête vise deux objectifs. En explorant les formes d’objectivation discursives, textuelles et organisationnelles de cette conversion, il s’agit d’une part de rendre compte des conditions de possibilité de ce braconnage en terres adverses. En suivant une approche processuelle des appropriations socialistes de « la sécurité », il s’agit d’autre part de prendre la mesure de leur caractère très erratique. Travaillée par des logiques contradictoires, la conversion du parti est ainsi loin d’exister sous la forme d’une séquence linéaire (prise en charge doctrinale, élaboration programmatique, mobilisation électorale et mise en œuvre gouvernementale). L’institutionnalisation de « la sécurité » se joue et se déjoue selon les différentes aspérités qu’offre l’enjeu pour les acteurs qui s’en saisissent, c’est-à-dire selon que la valeur de cet enjeu peut ou non se monnayer sur des marchés politiques différenciés. L’enquête mobilise des archives publiques et privées, un corpus de presse et une série d’entretiens conduits auprès des acteurs les plus directement impliqués dans cette entreprise de conversion.

    Rafaël Cos, « Understanding the non-fulfillment of election pledges: The case of the Jospin government’s privatizations (1997-2002) », Revue française de science politique, Revue française de science politique, 2018, n°68, pp. 239-263   

    The left-wing coalition “Gauche plurielle,” led by Socialist Prime Minister Lionel Jospin between 1997 and 2002, was the government which developed the greatest number of privatisation policies in the Fifth Republic. However, this finding contrasts with statistical analyses, according to which the number of privatisation policies is negatively correlated to a left-wing and/or coalition government. In an attempt to shed light on this contradiction, this article suggests, however paradoxically, that “parties matter.” Analysing the way programmes and manifestos were used within the Socialist Party allows us to show that the outcome of the “plural left“ coalition government was conditioned less by purely external constraints than by shifts within the Socialist Party itself.

    Rafaël Cos, « Un emblème en trompe-l’œil : La fiscalité au Parti socialiste », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2018, n°42, pp. 39-45  

    Rafaël Cos, Thomas Alam, Guillaume Courty, Antonio Delfini, « Pour une sociologie politique de la nuit »: Introduction, Cultures & conflits, CECLS - Centre d'études sur les conflits - Liberté et sécurité, L’Harmattan, 2017, n°105106   

    Rafaël Cos, Thomas Alam, Guillaume Courty, Antonio Delfini, « Comment vit un orchestre sans chef ? Retour sur une enquête collective », Ethnographiques.org : revue en ligne de sciences humaines et sociales, Institut d'ethnologie (Neuchâtel), 2016, n°32  

    Rafaël Cos, Julien Talpin, « Le  supporter de l'Algérie  et ses doubles : Enjeux locaux de la coupe du monde à Roubaix », Savoir/Agir, Savoir/Agir, 2015, n° 30, pp. 47-55  

  • Rafaël Cos, « Que (nous) fait la littérature ? Usages savants de la fiction littéraire en droit et science politique », le 14 novembre 2024  

    Colloque organisé par l'IRM et le DETS, Université de Bordeaux, sous la direction scientifique de Géraldine Cazals, Rafaël Cos et Yann Raison du Cleuziou, tous professeurs à l'Institut de recherche Montesquieu.

    Rafaël Cos, Sarah Kolopp, « Sous les pavés, la place. La fabrique de l’universel dans le plan de soutien aux banques françaises lors de la crise financière de 2008 », 16ème Congrès national de l’AFSP, Lille, le 05 juillet 2022 

    Rafaël Cos, « Sociologie d'une entreprise politique émergente : Emmanuel Macron et le macronisme », le 11 janvier 2018  

    Organisé par le CERAPS, Université Lille 2 et le CESSP, Université Paris 1 sous la responsabilité scientifique de Bernard Dolez, CESSP, Julien Fretel, CESSP, Rémi Lefebvre, CERAPS et Pierre Mathiot, CERAPS

    Rafaël Cos, « Des idées et des partis », le 23 mai 2017  

    Sous la responsabilité scientifique de Thibaut Rioufreyt, Docteur en science politique, Laboratoire Triangle/Lyon

    Rafaël Cos, Thomas Alam, Guillaume Courty, Antonio Delfini, « Un orchestre sans chef ? Un exercice de réflexivité collective autour d’une enquête sur les Politiques de la nuit », Enquêtes collectives en sciences sociales, Dijon, le 26 juin 2014 

ActualitésPublicationsENCADREMENT DOCTORAL
  • Lucas Bleriot, Prendre et exercer le pouvoir. Une comparaison des rapports politiques de LFI et du RN à l'Etat., thèse en cours depuis 2023  

    Ce projet de thèse portera sur le rapport qu'entretiennent La France insoumise et le Rassemblement National avec l'Etat. Plus exactement, il s'agira d'étudier la manière dont, au sein de ces partis, est conçu, appréhendé et préparé l'exercice du pouvoir. La France insoumise est un parti assez jeune, puisqu'il n'a que sept ans d'existence, mais sa trajectoire électorale le situe virtuellement à la lisière du second tour et le positionne de fait comme un parti aspirant à gouverner. Le Rassemblement National est dans une position similaire : certes plus ancien, il n'a également jamais exercé le pouvoir mais connaît une dynamique électorale ascendante, marquée par sa présence au second tour lors des deux dernières élections présidentielles et une progression électorale continue. Outre leur trajectoire électorale comparable, ces deux partis ont en commun d'être régulièrement l'objet de tentatives de disqualification. Concernant La France insoumise, sa situation à gauche est comparable à celle de certains exemples précédents : il est notamment possible de penser au Parti socialiste de 1981. Comme lui à cette époque, la possibilité de son arrivée au pouvoir suscite de nombreuses inquiétudes dans le champ médiatique, ainsi que des discours véhéments chez ses opposants. En 1981, entre les deux tours de l'élection présidentielle qui vit François Mitterrand devenir le premier président de la Vème République se revendiquant de la gauche, des tracts agitent la menace de chars russes stationnés sur la place de la Concorde ; en 2022, entre les deux tours des élections législatives, la première ministre Elisabeth Borne évoque face à la possible arrivée au pouvoir de la NUPES une « menace sur les valeurs de liberté, d'égalité, de fraternité et de laïcité. ». Du côté du Rassemblement National, le parti dirigé par Jordan Bardella cherche lui aussi à se doter d'une image de parti de gouvernement dont le manque lui a souvent été reproché – on pense par exemple à la manière dont l'image de Marine Le Pen a souffert des faiblesses affichées à l'occasion des débats d'entre-deux-tours des élections présidentielles. Dans les deux cas, ces partis cherchent par conséquent à mettre en avant des ressources supposées neutraliser les critiques dont ils sont l'objet. On pense ici à la lettre adressée par Marine Le Pen aux Préfets en 2021 les assurant de son soutien face à une réforme de la haute fonction publique ; au fait qu'elle ait choisi Christophe Bay, énarque, passé par différents cabinets de plusieurs ministres de l'Intérieur et ancien Préfet de Dordogne, comme directeur de campagne pour l'élection présidentielle de 2022 ; à la mise en avant au sein du parti de Jean-Paul Garraud, président depuis 2012 de l'Association professionnelle des magistrats, s'étant vu attribuer une place éligible aux élections européennes et la tête de liste en Occitanie aux élections régionales ; ou à l'affichage d'un groupe de hauts fonctionnaires anonymes, les « Horaces », supposés accompagner le travail programmatique du RN. LFI a également mis en avant un groupe comparable, « Article XV », dont les membres sont censés alimenter la préparation de L'Avenir en Commun, le programme du mouvement. Ces différents aspects posent ainsi la question de savoir comment ces partis pensent la façon dont ils exerceraient le pouvoir s'ils parvenaient à l'Elysée : dans quelle mesure, et comment ces deux formations politiques cherchent-elles d'une part à pallier leur absence relative de ressources au sein de l'Etat, et d'autre part à préparer l'exercice du pouvoir ?

  • Raphaël Morisset, L'illibéralisme, aboutissement ou lendemain du néolibéralisme ? : une enquête sur le concept d'illibéralisme, thèse soutenue en 2024 à Bordeaux sous la direction de Patrick Troude-Chastenet et Frédérique Rueda, membres du jury : Marlène Laruelle (Rapp.), Benjamin Boudou (Rapp.), Luca Tomini      

    Notre thèse vise à interroger la pertinence d’une notion – l’illibéralisme – qui fait l’objet d’appropriations contradictoires et rivales. Pour ce faire, ce travail de recherche prend la forme d’une enquête, qui vise à évaluer de manière critique les usages de la notion, et à proposer une nouvelle approche pour appréhender un phénomène illibéral aux contours mouvants. Afin de rendre intelligible l’existence de contradictions et de malentendus dans la conceptualisation de l’illibéralisme du fait de la nature « essentiellement contestée » du libéralisme, cette thèse mobilise les outils théoriques de la théorie politique « wittgensteinienne » d’ Hanna Pitkin et Michael Freeden. La mobilisation de ce cadre conceptuel permet de défendre l’emploi du concept d’illibéralisme comme idéologie, afin de décrire la continuité entre la remise en question du libéralisme initiée par la révolution conservatrice (et néolibérale) des années 1970-1980 et les assauts contemporains contre les différents composants d’un libéralisme « progressiste ».